Chapitre 14 : De la difficulté de ressentir des émotions.

Lilith ne savait pas par où commencer. Le regard furieux que Jack lui lançait n'aidait en rien.

« Je… débuta-t-elle d'un ton incertain. »

Mais que pouvait-elle dire ?

Je suis désolée.

J'aurais voulu que les choses se passent différemment.

Je tiens à toi.

« Je ne la tuerais pas ! »

Ce n'était pas un mensonge, en fait, Lilith ne savait pas elle-même ce qu'elle ferait à ce sujet.

Jack la regardait avec suspicion, n'osant pas vraiment y croire.

« Pourquoi nous avoir menti ? »

L'elfe ne put s'en empêcher. Elle éclata de rire, d'un rire fort, éclatant, et véritable.

Amusé.

« Que pouvais-je faire d'autre Jack ? J'étais supposée être votre ennemie ! (Et le mot lui fait mal, d'un seul coup, parce qu'elle sait qu'il n'a plus aucun sens pour elle. Mais qu'il en a sûrement désormais un pour son ami). Envoyée par la reine pour tuer Blanche-Neige. Comment aurais-je pu vous dire qui j'étais ?

- Pourquoi as-tu accepté en premier lieu ? »

Et Lilith le regarde. Lui, Jack. Jack et sa malice. Jack et son innocence. Jack qui sait sûrement, très certainement même ce qu'est la douleur, mais qui n'a jamais connu sa douleur à elle.

Jack qui ne sait rien de la reine et de sa cruauté, si ce n'est ce qu'il a déjà entendu par le passé.

Jack…

Et alors qu'il la regarde, les yeux emplis d'une rage aveugle, elle réalise qu'elle ne peut pas le perdre.

« Tu ne sais rien de moi Jack, fit-elle avec une douleur sincère. Ma vie, mon enfance, ce que la reine m'a fait… Tu connais les grandes lignes, mais en vérité, tu ne sais rien. Et ce, parce que je ne t'ai rien dit.

- Je t'écoute dans ce cas.

- La reine Christelle a décimé une grande partie de mon peuple, et a réduit ce qu'il en restait en esclavage. Et elle a fait de moi sa tueuse personnelle, son esclave. Elle a détruit ma vie, murmura-t-elle, n'osant pas évoquer tout le reste, tout ce que ces quelques mots signifiaient.

- Pourquoi ne t'es-tu jamais enfui ? »

Si la douleur de ses souvenirs de retour à la surface ne l'avait pas saisie, elle aurait souri à nouveau.

« Ma famille, mes parents… sont ses prisonniers. Et elle les tuera si jamais j'échoue dans ma mission, mais, en revanche… si jamais je réussis, elle… elle les délivrera. »

Jack commençait peu à peu à comprendre, alors qu'il entendait Lilith déballer toute son histoire, à nouveau sans aucune difficulté.

« Je pensais que Blanche-Neige serait comme les autres. Comme tout les autres humains que j'avais pu rencontrer auparavant. Mauvaise, le cœur sombre, qui ne manquerait à personne. Mais j'avais tord.

- Que comptes-tu faire maintenant ? »

Au fur et à mesure qu'il écoutait la jeune fille parler, il sentait sa colère progressivement redescendre, comprenant qu'elle n'avait pas eu le choix. Et bien sûr, il la croyait, car, après tout ce qu'elle lui avait révélé, elle n'aurait eu aucune raison de lui mentir.

Lilith haussa les épaules, alors que des larmes se formait au coin de ses yeux.

« Je n'en sais rien, hoqueta l'elfe. Je ne sais pas, je… je voudrais pourvoir trouver quelque chose, un moyen de ne pas accomplir ma mission. Je ne veux pas perdre ma famille, mais Blanche-Neige ne mérite pas de mourir non plus. Je… je suis perdue. »

Sans attendre, tout comme elle l'avait fait dans le monde réel, Jack se dirigea vers elle, et il l'enlaça, tandis que les sanglots de la jeune femme continuaient de la secouer.

§§§§

Lilith souriait désormais, comprenant que Jack acceptait ses explications. Elle se sentait bien, dans ce monde des rêves, où elle pouvait être elle-même, où elle avait ses ailes.

C'était le Paradis…

Et elle se dit qu'elle aurait voulu y rester pour toujours.

Cela aurait certainement dû lui faire peur, ça aurait été la chose raisonnable à faire, elle s'en doutait. Mais pour l'instant, peu importe.

Tout allait bien, tout allait mieux, en ce moment, même s'il y avait encore quelque chose qui la gênait.

Ils se trouvaient alors tout deux dans la forêt, vagabondant au hasard sans réel but.

« Dis-moi Jack, à ton avis, pourquoi on ne s'est plus revu ici depuis… enfin depuis que je t'ai dit ce que je t'ai dit ?

- Je n'en ai aucune idée… Quelque chose… quelque chose a sans doute dû se briser ce jour-là, quand on s'est parlé.

- Mais alors pourquoi ? Pourquoi maintenant ?

- Je n'en sais rien ! Tu sais, c'est pas moi le spécialiste en magie, c'est toi !

Lilith eu un léger rire.

- Oui, c'est vrai. »

Sans même s'en rendre compte, elle se mit alors à s'envoler, en un mouvement instinctif, faisant une chose qu'elle n'avait pas faite depuis des années (si l'on ne comptait pas son dernier séjour dans le monde des rêves).

Elle volait gracieusement dans les airs, sans avoir conscience du reste, sans se soucier de quoi que ce soit d'autre.

Elle volait.

Elle volait, et se sentait renaître.

Elle était à nouveau une elfe.

Le réveil se fit plus en douceur cette fois-là.

§§§§

Jack ne se souvenait toujours de rien, mais cette fois-ci, la jeune femme n'en souffrit pas.

Enfin, moins, du moins.

Elle avait parlé avec lui après un peu volé, et cette conversation lui avait fait du bien, notamment parce que Jack ne lui avait rien demandé, contrairement à Mylarka.

Il semblait comprendre le dilemme face auquel elle se trouvait, même si la petite fée avait des raisons de vouloir que l'elfe ne fasse rien contre la princesse.

Lilith était toujours perdue et désespérée, mais un peu moins qu'avant. Elle pensait à ses parents, se demandant ce qu'ils penseraient d'elle, perdue ainsi entre son devoir atroce (le meurtre) et ce qui était juste.

Sa magie, peu à peu, redevenait ce qu'elle avait été, que ce soit au contact de Jack ou au contact de la magie de la forêt.

C'est une chose dont elle se rendit compte alors qu'elle se réveillait, sa fièvre ayant complètement disparu.

Tout comme une bonne partie de sa douleur au dos, sa magie ne serait sans doute jamais assez puissante pour briser le sortilège de la reine Christelle, mais du moins, elle lui permettrait de beaucoup moins souffrir.

Le sourire aux lèvres, elle s'étira, ravie de ne presque plus ressentir de douleur, chose qui n'était pas arrivé depuis… depuis presque toujours, en tout cas.

« Lilith ? Tu vas mieux ?

- Oui Maud, merci, je vais beaucoup mieux effectivement.

- Oh, tant mieux, moi et Blanche-Neige nous nous inquiétons beaucoup pour toi.

- Vous n'aviez pas à le faire, fit Lilith avec gêne. Ce n'était pas grand-chose.

- Peut-être, mais peu importe. »

Lilith se sentait mal. Vraiment mal. Parce que même si elle n'avait aucune envie de tuer la princesse Blanche-Neige, elle était toujours ici en mission pour le faire, et sa résolution n'était pas encore ferme et définitive.

Oh, et il y avait aussi tout ce qu'elle avait déjà pu faire avant.

Ce qui lui faisait mal, c'était que Maud n'avait aucune idée qu'elle hébergeait une criminelle.

Une meurtrière.

Un monstre en devenir.

(Sauf si elle faisait le bon choix.

Et c'était ce qui lui faisait peur.

Le pouvait-elle ?)

Elle aurait voulu que Maud et Blanche-Neige soient des égoïstes, qu'elles ne se soucient pas d'elle de cette manière, qu'elles n'en aient rien à faire.

Cela aurait été tellement plus facile ainsi.

« Que comptes-tu faire aujourd'hui Lilith ? Si ce n'est pas trop indiscret, demanda Maud avec curiosité.

- Je n'en sais rien… t'aider à la cuisine, sans doute, tu en as besoin, tu ne peux pas tout faire toute seule non plus.

- Cookie et Poussin avaient l'intention de m'aider, mais j'imagine qu'on ne sera pas trop de quatre.

- Oui, j'en suis certaine. »

Lilith eu encore une fois un léger rire, et Maud s'en sentie particulièrement heureuse. Elle aimait beaucoup cette petite, elle lui faisait penser par moments à Blanche-Neige.

Elle était un peu ce que la princesse aurait pu devenir si elle avait eu moins de chance, et si elle n'avait pas pu s'échapper du château et de l'emprise de sa belle-mère.

Voir (si l'on peut dire) la nouvelle venue rire de plus en plus et sembler bien s'intégrer dans cet endroit lui causait une immense joie (autant que sa nouvelle amitié avec Beth).

« Et ensuite ? »

Lilith aurait pu s'en formaliser, mais après des années de solitude, apprendre à nouveau par petites touches à reparler aux gens lui faisait du bien.

« Oh, hé bien… j'irais peut-être voir Jack. »

Maud lui lança un regard entendu.

« Jack, hein ?

- Oui, pourquoi ?

L'ancienne servante haussa les épaules.

- Oh, pour rien, répondit-elle avec une fausse innocence.

Ce fut au tour de Lilith de hausser un sourcil.

- Oh, vraiment ? Tu mens très mal Maud. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien du tout. Je suis juste contente que tu fréquentes Jack. C'est un très gentil garçon, et je suis certaine qu'il te conviendra très bien. »

L'elfe cligna des yeux à répétition, n'étant pas sure d'avoir bien entendu.

Attendez, quoi ?

« Maud, ce n'est pas du tout ce que tu crois ! S'exclama-t-elle, dans le but de démentir les paroles de son amie. Moi et Jack sommes juste amis voyons. Il n'y a rien de plus.

- Je n'en serais pas si certaine à ta place… Je suis peut-être aveugle, mais il y a certaines choses que je ne rate pas. Et c'est bien le cas en ce qui concerne ton rapprochement avec Jack. Peut-être que vous êtes seulement amis, mais… de toute évidence, crois en mon expérience, cela ne restera pas toujours ainsi. »

L'autre resta figée quelque secondes, tentant d'assimiler les parole de Maud.

C'était absurde enfin ! Elle n'avait aucun sentiments amoureux pour Jack. C'était de la folie.

Et pourtant…

Elle était proche de Jack, c'était vrai, elle ne pouvait certainement pas le nier.

Mais en tomber amoureuse ?

Cela ne se pouvait pas.

Elle avait une mission à mener, elle…

Tu crois que ce n'était qu'une coïncidence ?

Quoi donc ?

Le fait que ce soit avec lui que tu as eu ta foutue connexion dans le monde des rêves.

Cela n'a rien à voir… Nos magies nous ont liées…

Tu crois cela ? Tu penses que cela ne peut pas être plus que cela ?

Tais-toi !

Tu penses que tu ne peux pas aimer ? Ou être aimée ?

Je… je ne sais pas.

Cette voix était à la fois douce et sévère, ressemblant un peu à celle de ses parents.

Et, lentement, elle laissa les paroles de Maud envahir son esprit, les trouvant un peu moins absurde que précédemment. Non pas qu'elle ait jamais envisagé cela auparavant (parce qu'elle av ait autre chose à penser), mais elle devait admettre que l'autre femme n'avait pas complètement tord.

En tout cas, en ce qui concernait le Jack du monde des rêves, parce que dans la réalité, les choses étaient un peu différentes.

§§§§

Maud n'insista pas, laissant Lilith dans ses pensées et ses doutes. Mais cette dernière ne tarda pas à se venger.

« Et toi Maud, comment avancent les choses avec Beth ? »

Si Maud n'était pas aveugle en ce qui concernait les relation amoureuses, c'était bien le cas avec Lilith, qui n'avait pu s'empêcher de remarquer le rapprochement entre Maud et Beth.

L'autre sursauta alors, et Lilith sourit, ravie de l'avoir déstabilisée.

« De quoi parles-tu enfin ?

- De votre histoire bien sûr ! Ne me dis pas que tu penses pouvoir faire des allusions à ma potentielle vie amoureuse sans en subir les conséquences ! Tu crois que je n'ai pas remarqué votre petit manège ! »

Maud se mit à rougir imperceptiblement face à « l'accusation » de Lilith.

Si elle avait pu voir, elle aurait remarqué l'air à la fois amusé et attendri de l'elfe.

« Hé bien, finit par avouer avec difficulté Maud. Cela… cela avance, disons le. »

Lilith lui adressa un sourire éclatant.

« Je suis heureuse pour vous Maud ! »

Et elle était sincère.

§§§§

Une autre nuit, un autre rêve.

Et Lilith n'avait aucune idée de comment agir avec Jack.

Les mots de Maud l'avaient troublée plus que de raison, et, alors qu'elle le voyait s'avancer vers elle, le sourire aux lèvres, elle ne savait pas trop quoi en penser.

Ce fut pire quand il la serra dans ses bras.

« Tu m'as manqué, lui murmura-t-il, et ce alors qu'ils s'étaient vus dans le monde réel seulement quelques heures plus tôt. «

Elle se mit à trembler, un peu, non pas parce qu'elle n'était pas habituée à un contact humain (quoi que…) mais parce que désormais, elle remettait presque tout en perspective.

Chose que Jack remarqua par ailleurs, seulement quelques secondes plus tard.

« Hey ! Est-ce que tout va bien ? »

Non Jack.

Je crois que je suis amoureuse de toi.

Et je ne devrais pas.

« OuiJack, bien sûr, mentit-elle avec facilité. Pourquoi cela n'irait pas ?

- Je ne sais pas, à toi de me le dire.

- Je dois t'avouer que je ne le sais pas moi-même…

- Tu peux me le dire, nous sommes amis, après tout…

- Je… Je n'en ai aucune idée à vrai dire.

- Enfin après, si tu veux pas m'en parler, c'est ton choix.

- C'est assez personnel. »

Elle se tut, au final, parce qu'elle ne le connaissait pas assez pour pouvoir discuter de cela.

§§§§

Les semaines passèrent alors à nouveau, tandis que Lilith s'intégrait de plus en plus dans le petit village, soulagée par ailleurs que la reine ne l'ait pas à nouveau recontactée.

(Elle n'avait pas vraiment envie que la douleur revienne, merci bien.)

Que ce soit dans le monde des rêves ou le réel, elle se rapprochait de plus en plus de Jack, et ce malgré les dangers.

Malgré le fait qu'il puisse un jour découvrir la vérité, se souvenir de tout ces rêves qu'ils avaient partagés ensemble.

Malgré cela, malgré sa haine plus que probable et ce, même s'il l'avait pardonnée dans cet autre monde.

Et Lilith avait peur, oui c'est vrai, mais elle avait envie de croire cette fois-ci.

De croire que peut-être, elle pourrait avoir droit à quelque chose de bien cette fois.

Et alors, peu à peu, elle réalisait que Maud avait raison.

Atrocement raison.

Elle était en train de lentement tomber amoureuse de Jack.

Cela ne l'effrayait pas, en fait, depuis qu'elle était arrivée ici, elle n'avait presque plus peur.

La réalité, c'est que cette réalisation la remplit de joie.

Et elle comprit alors également que, sans doute, tout n'était pas perdu pour elle.

Que les ténèbres ne l'avaient pas encore totalement envahie.

Qu'elle pouvait encore être quelqu'un de bien, quelqu'un d'autre que ce que la reine avait voulu faire d'elle. Qu'elle pouvait encore ressentir autre chose que de la haine, ou de la colère, et qu'elle parviendrait encore à être humaine.

L'espoir était réapparu dans sa vie.

Mais cela ne suffirait pas, elle le savait.

C'est pour cela qu'elle ne disait pas Je t'aime à Jack, que ce soit dans le monde réel ou dans l'autre, le fantasmé, celui où elle pouvait être elle-même.

Pas que parce qu'il ne l'aimait pas.

Mais parce que tout cela ne se finirait pas bien, c'était une certitude.

Inutile pour elle d'attendre que quoi que ce soit se déroule bien pour elle.

§§§§

Blanche-Neige avait des défauts.

Mais, face à elle, cette jeune et douce princesse qui faisait tout pour faire ce qui était juste, Lilith se sentait comme l'être le plus misérable au monde. Elle se disait que si Jack devait tomber amoureux de quelqu'un, cela devrait être d'elle.

L'elfe ne percevait pas le regard que Jack pouvait parfois poser sur elle, en rêve ou dans la réalité.

Et ce pour une simple raison.

Elle n'avait presque aucune idée de ce qu'était l'amour, de ce que cela pouvait être.

Prisonnière de la reine depuis toutes ces années, elle n'avait jamais été avec personne (si ce n'est la reine. Et cela ne comptait pas, considérant la monstruosité de cette dernière. Considérant tout ce qu'elle avait pu lui faire.)

Le seul amour sain qu'elle avait jamais ressenti avant cela avait été pour ses parents, et ses amis, les rares qu'elle avait eu, mais cela n'avait rien à voir.

C'est pour cela que, tout d'abord, elle ne considéra pas l'affection grandissante qu'elle avait pour Jack comme de l'amour.

Il lui était déjà assez difficile pour elle de reconstruire des relations saines avec les autres, en sachant à quel point il lui était difficile de faire confiance aux gens, alors penser à l'amour…

Elle avait autre chose à faire…

Comme tuer Blanche-Neige, par exemple.

La jeune elfe ne savait toujours pas quoi faire quant à sa mission. Ce qu'elle avait dit à Jack n'était pas un mensonge, ce n'était juste pas l'entière vérité.

La vérité en question était encore en suspens à ce jour.

Son choix dépendrait de toute évidence d'une seule chose : qu'elle puisse avoir la certitude que sa famille et son peuple seraient en lieu sûr, et que la reine ne puisse jamais s'en prendre à elle.

À eux.

Et elle se savait absurde, n'osant pas parler de sa tâche à ses nouveaux amis mais elle avait peur.

Peur de leur faire confiance.

Peur qu'il ne soit trop tard.

Peur qu'ils ne la haïssent.

Alors elle s'enfonçait de plus en plus dans ses mensonges et ses fausses vérités.

Sauf la nuit, en rêve…

§§§§

« Il faut que tu leur dises Lilith ! S'exclama Jack. Sincèrement. Ils comprendront, je les connais.

- Et toi Jack, comprendras-tu ?

- Bien sûr ! Il faut seulement que tu nous fasses confiance. J'en suis sure. Moi, en tout cas, je suis sure que si tu avoues tout maintenant, tout ira bien.

- Avouer quoi ? Mes projets ? Ma véritable nature ?

- Tu es quelqu'un de bien Lilith… J'en suis sûr.

- Merci d'y croire Jack… merci sincèrement. »

§§§§

L'un des problèmes de Lilith était justement cela. Qu'elle ne parvenait pas toujours à prendre les bonnes décisions au bon moment.

Mais il fallait bien la comprendre. Le sort de tout ce qu'elle aimait ou avait jamais aimé était entre ses mains. Mais tuer Blanche-Neige aurait signifier pour elle tout perdre, ces nouvelles personnes qui l'avaient accueillie sans presque se poser de questions.

Cela aurait signifier les perdre eux, et se perdre elle-même.

Et cela, elle s'y refusait.

Alors que faire ?

Hé bien attendre.

Mieux valait cela que d'agir et de tout faire foirer.

Conserver le statu quo lui faisait moins peur que tout le reste.

Malheureusement, à nouveau, on ne le lui permit pas.

§§§§

Quand elle ressentit l'attaque de la magie de la reine Christelle, l'elfe frémit.

Mais cette fois, ce n'était pas pour la blesser, mais lui faire entendre un message.

La voix de la reine Christelle résonna alors dans son esprit.

« Écoute-moi bien esclave ! Je veux que tu te rendes à mon château demain, vers dix heures. Toi et moi avons à parler de ta mission. Je veux savoir si elle avance bien. Et j'ai besoin de te voir, pour ce que tu sais. »

Lilith eut envie de hurler.

La reine allait encore se servir d'elle, elle le savait, de cette affreuse manière, et même si son corps et son esprit le refusaient, elle savait qu'elle n'avait pas le choix.

Elle savait qu'elle n'était pas assez forte pour y résister. Pour se battre contre elle.

Elle savait très bien qu'elle irait la voir le lendemain.