Chapitre 15 : Agir contre sa volonté.

Warning : Présence de non-con et lemon.

Elle tremblait.

Elle aurait aimé que les choses puissent bien se passer, mais là où elle allait, seul l'horreur l'attendait.

Le château de la Vallée d'Émeraude, devenu le château de la terrible reine Christelle, si il avait pu être synonyme de joie et d'heureux moments pour Blanche-Neige, le roi Conrad, et l'ancienne reine Isabelle, ne signifiait que douleur et terreur pour la pauvre Lilith.

Cet endroit, pour elle, était l'enfer sur terre, où elle n'avait que souffert.

Et elle allait y retourner, de son plein gré, ou presque.

L'ordre de la reine avait été très claire, il fallait qu'elle revienne, sans doute pour évoquer sa mission en cours, peut-être aussi parce qu'elle n'était pas satisfaite d'elle, et que ce qu'elle faisait prenait trop de temps.

Pour ça et pour d'autres choses.

Et là, Lilith frissonna.

Parce qu'elle allait réellement souffrir.

§§§§

Une fois qu'elle eut prévenu les autres qu'elle allait partir pendant un moment, afin qu'ils ne s'inquiètent pas (et qu'ils n'essayent pas de savoir où elle allait), elle se décida enfin à partir, la boule au ventre.

Personne ne vit à quel point elle paraissait avoir peur, ou même qu'elle tremblait. Aucun d'eux ne s'aperçut de la lueur d'effroi dans son regard, ou sa douleur.

Elle se refusait qu'ils les voient.

Jack et Blanche-Neige, un peu suspicieux et se demandant bien quel devait être son but, et aussi où elle pouvait bien aller, la suivirent d'une manière qu'ils pensaient discrète, mais qui ne l'était en aucun cas.

Pendant un moment, la jeune elfe s'amusa un peu de cette filature inexpérimentée, et ne put s'empêcher de les faire marcher un peu, avant de finalement les semer avec une grande facilité.

Elle en rit un peu, ravie de les voir un peu perdus, avant que sa mission ne lui revienne en mémoire, et elle grimaça.

Quand elle se trouva devant le château de la reine, elle vit un garde posté devant la grande porte, et qui semblait attendre quelqu'un. Son visage se tendit alors qu'il l'apercevait, et elle réalisa qu'il devait l'attendre elle.

Sans doute avait-il été envoyé par la reine, afin de prendre en charge la terrible tueuse de la reine, revenue pour faire son rapport.

Savait-il seulement qui elle était ? Savait-il pourquoi elle était là, ce qu'elle avait à faire, et ce qu'elle était devenue avec le temps ?

En le voyant sursauter, elle ressentit une sorte de pincement au cœur, n'ayant même plus envie de rire ou de se réjouir de sa peur évidente. Sans même être soulagée d'être devenue l'ennemie des gardes, qui la craignaient tous pour sa soi-disant cruauté.

Et la reine alors ? Elle est bien pire que moi.

Sans doute était-ce pour cela qu'ils ne se révoltaient pas, parce qu'elle leur faisait beaucoup trop peur, avec sa sévérité et sa magie.

« Elfe Lilith ? »

Appelez-moi par mon prénom seulement pour une fois bordel ! Je ne suis pas juste une elfe, je suis plus que cela.

Oui… tu es une tueuse.

Pas seulement !

« Oui c'est moi. »

Il cachait assez bien sa peur et parlait d'une voix ferme, assuré, mais la jeune elfe pouvait percevoir l'hésitation dans ses paroles.

Apparemment, il paraissait réellement pressé de se débarrasser de sa mission et parler loin d'ici, loin d'elle. Lilith le suivit dans le château, jusqu'à la chambre de la reine, alors qu'il la guidait, sans même se poser de questions, sans même se demander ce que la reine lui voulait bien.

Sans même sans doute penser qu'elle pouvait être innocente et moins dangereuse que ce que l'on disait d'elle. Ce soldat anonyme ne voulait que fuir, il aurait voulu ne jamais accepter cette mission, ne jamais venir ici, dans ce château maudit.

Elle était belle et semblait inoffensive, mais apparemment, elle était exactement comme la reine, mais en bien plus sournoise.

Lui n'aurait pas dit cela, il l'aurait plutôt qualifiée de… mélancolique.

Mais peut-être avait-il tord, après tout, la reine aussi avait bien su cacher son jeu pendant un moment, avant que le roi ne parte à la guerre.

Alors, qui sait ?

Mais il avait quelques doutes, après tout, jamais elle n'avait fait preuve de méchanceté ou de cruauté vis-à-vis des gardes. D'ironie et de sarcasme, certes, mais rien de plus.

(Bon, d'un autre côté, elle ne pouvait pas faire grand-chose. Prisonnière et sans magie ou presque, elle était plus ou moins inoffensive, même si elle savait se battre.

Bien sûr que la reine l'avait entraînée pour ça aussi.)

Les pensées du soldat furent brusquement interrompues alors qu'ils arrivaient tout deux dans les appartements de la reine, et il poussa un soupir de soulagement. Le visage de l'elfe était pâle, un peu comme si elle s'était retrouvée face à son pire cauchemar, ce qui était d'ailleurs le cas.

« Votre majesté ! Appela l'homme d'une voix forte et faussement assurée.

- Quoi ! Qu'y a-t-il ?

Il trembla légèrement, avant de se reprendre, et de répondre :

- Je vous ai amené l'elfe Lilith, celle que vous vouliez voir. J'ai pensé vous l'amener ici, chez vous. »

Ils ne voyaient pas la reine, cette dernière se trouvait son paravent, se changeant probablement en même moment. Le soldat, inquiet du léger silence, crut que la colère de la reine allait tomber sur lui, avant que sa voix ne retentisse à nouveau.

« Ah, très bien ! Vous pouvez y aller, votre travail est terminé, vous avez bien fait.

- Merci votre majesté ! » Répondit rapidement le soldat avec soulagement, avant de se préparer à partir.

Avec tristesse, Lilith le regarda, se demandant qui il pouvait bien être, chose qu'elle n'avait jamais fait auparavant, pas avant d'être arrivé au village.

Pas avant de comprendre que tout les humains n'étaient pas des monstres, maintenant, elle tentait de déterminer qui était ce soldat choisi par la reine pour l'amener à elle.

Qui était-il ?

Était-il heureux de ce travail ? Heureux de travailler pour la reine ? Ou bien la méprisait-il autant que la plupart des habitants du royaume ? (Ou la craignait-il ?)

Avec rapidité, elle se saisit fermement du bras du soldat, l'empêchant de partir, plongeant son regard douloureux et plein de tristesse dans le sien.

Il se figea, interdit et surpris, ne pensant même pas sur le moment à hurler, abasourdit à la fois par l'étrange attitude de l'elfe, ainsi que par son air de tristesse.

« Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être… chuchota-t-elle d'une voix pleine de gravité.

- Pardon ? S'exclama-t-il d'une voix tout aussi basse, comprenant d'instinct qu'elle ne voulait pas être entendue de la reine, et par ailleurs, lui non plus.

- Je ne suis pas comme elle… je ne suis pas un monstre… beaucoup moins qu'elle en tout cas. Je ne suis pas ce que je parais être. »

Puis elle le relâcha, et il partit, quelque peu perturbé par cette étrange discussion.

Là, alors qu'elle se retrouvait seule, elle se mit réellement à trembler.

Quelques secondes plus tard, la reine surgit devant ses yeux.

§§§§

La reine ne portait aucun vêtement, chose à laquelle Lilith était plus ou moins habituée, vu qu'elle avait d'une certaine manière une relation avec la reine.

Pas une qui était consentie, pas du tout, vraiment pas. La reine était belle, et peut-être que dans d'autres circonstances, Lilith aurait pu tomber amoureuse d'elle, ou du moins l'apprécier, ou au minimum être intéressée par une relation avec elle.

Mais la reine Christelle était cruelle, méchante, elle avait anéanti une partie de son peuple, elle lui avait arraché ses ailes, et avait essayé de la changer en monstre.

Oh, et elle l'avait violée à de nombreuses reprises, aussi.

Cela n'aidait pas du tout.

Avec froideur, Lilith se souvint de la première fois où c'était arrivé, et frissonna, dardant son regard empli de haine sur Christelle, qui ne s'en soucia pas.

La jeune elfe ne pourrait pas lui échapper, notamment à cause de tout ce qu'elle avait contre elle, le fait qu'elle détenait ses parents, et le fait qu'elle était bien plus puissante qu'elle (quoi que, depuis son séjour dans la forêt, la magie de Lilith était remontée. Pas encore assez pour qu'elle puisse rivaliser avec celle de la reine, mais cela viendrait sûrement un jour).

Et aussi parce qu'elle terrorisait la jeune femme, cela, elle le sentait très clairement, et jamais son esclave n'oserait la défier et se dresser contre elle.

Pour l'instant, en tout cas, mais la reine ignorait à quel point son séjour au petit village avait pu la changer.

« Lilith… je suis ravie de te revoir, fit la reine d'une voix douce et presque caressante, semblant presque ronronner alors qu'elle prononçait ces mots.

- Ma reine », fit la jeune femme avec une déférence qu'elle n'éprouvait pas pour son bourreau, qu'elle n'avait jamais éprouvé à aucun moment.

D'elles deux, c'était la reine qui était nue, mais sous son regard, l'elfe avait la sensation de l'être autant, voire plus, se sentant transpercée par la manière dont elle la regardait, la dévorant du regard.

Si il y avait bien une chose que Lilith avait vraiment apprécié alors qu'elle était loin du château et en paix dans le petit village, c'était bien le fait d'être loin de la reine.

Cette dernière ne pouvait pas la toucher là-bas.

Alors qu'ici, elle était libre de faire tout ce qu'elle pouvait vouloir faire, même le pire.

Surtout le pire et l'horreur, en fait, et personne n'aurait rien dit.

Elle aurait même pu la tuer sans que personne ici ne lève le petit doigt ou ne la regrette, si ce n'est ses parents, bien sûr.

Et c'est aussi pour cela qu'elle ne bougeait pas, pour eux, parce qu'elle savait très bien ce qu'il se passerait si jamais elle résistait à la reine de manière aussi directe et violente. Si jamais elle tentait de se défendre face à elle, elle la menacerait sûrement d'aller voir ses parents, et de les torturer.

Encore.

Le corps splendide de la reine était face à elle, et Lilith ne ressentait qu'effroi et peur. Quand la reine s'approcha d'elle, elle ne put empêcher son corps de faire un mouvement de recul à la fois instinctif et par pur instinct de survie. La reine ne dit rien, se contentant de sourire, ravie qu'elle était de produire cet effet sur elle.

De savoir qu'elle la craignait suffisamment pour tenter de la fuir alors même qu'elle ne lui avait encore rien fait. D'une poigne ferme, assurée et même presque violente, elle lui saisit le bras avec force, et Lilith grimaça face à la douleur plus qu'imminente.

Les ongles à la fois longs et tranchants de Christelle se plantèrent dans son bras, avec un véritable sadisme, et l'elfe dut faire un profond effort pour ne pas hurler, alors que le sourire monstrueux de Christelle répondait à son regard chargé de peur.

« Lilith… comment se passe ta mission ?

- Très bien, répliqua-t-elle immédiatement et avec avec difficulté, luttant toujours contre la douleur. J'avance. Ils me font parfaitement confiance à présent, d'ici peu je serais à même d'accomplir ma mission ma reine, ne vous inquiétez pas.

- Oh, mais je ne m'inquiète pas ma petite chérie, susurra la reine en retirant ses ongles, et commençant à caresser le bras de la jeune femme impuissante et figée sur place par la peur. J'ai toute confiance en toi. »

Ce n'était pas vrai, pas complètement en tout cas. Christelle faisait bel et bien confiance à son esclave, et dans son aveuglement, elle était persuadée que cette jeune personne qu'elle croyait avoir brisé lui appartenait corps et âme.

Elle était donc persuadée que cette lenteur de l'exécution de ce meurtre n'était en aucun cas due à la volonté de Lilith, mais plutôt à la difficulté de la tâche qu'elle lui avait confié (sachant à quel point il lui avait été impossible de tuer la princesse, elle comprenait que cela puisse prendre autant de temps.)

Mais cela ne changeait rien au fait que cela prenait trop de temps, et qu'elle devait faire quelque chose pour accélérer le processus. Lentement, un sourire nouveau se dessina sur ses lèvres, alors qu'une idée faisait le chemin dans son esprit.

Parfait.

De cette manière, Blanche-Neige ne pourrait pas lui échapper !

§§§§

Lilith avait toujours peur.

Elle avait toujours peur quand il s'agissait de la reine Christelle, surtout quand celle-ci était proche d'elle. Mais maintenant, c'était pire, parce qu'elles étaient là, toutes les deux, et que personne ne pourrait venir pour la tirer de ce mauvais pas.

Et ici il y avait tout ses mauvais souvenirs, de tout ce que la reine avait jamais pu lui faire, et ses craintes aussi, par rapport à ce qu'elle risquait encore de lui faire subir, si l'envie lui en prenait.

De ce qu'elle allait lui faire.

Car Lilith n'était pas stupide, elle savait pertinemment que la reine l'avait faite venir pour une raison précise, en plus de vouloir lui parler, et elle savait déjà qu'elle n'allait pas aimer ce qui allait probablement suivre.

La main de Christelle reposait toujours sur son bras, et si elle n'avait pas déjà u que cela aurait été inutile, elle lui aurait très certainement demandé de l'ôter de là. Ce qu'elle fait n'a rien de douloureux cette fois, cela pourrait presque même être plaisant si elle n'était pas cette terrible reine abusive, mais c'est malheureusement ce qu'elle est.

De plus, cette sorcière souriait encore d'un air machiavélique, toute à ses pensées de meurtre et de destruction de sa chère belle-fille, et l'elfe frémit une nouvelle fois.

Depuis qu'elle savait la véritable raison du désir de la reine de voir sa belle-fille morte, Lilith ne l'en haïssait que plus. Ce qu'elle ressentait à son égard était un mélange de peur, de colère, de haine et aussi de dégoût.

Le regard que la reine posait à cet instant sur elle était un regard qu'elle connaissait bien, un regard empli de luxure, et auquel elle avait dû faire face de nombreuses fois.

Un regard qui, à cet instant, la faisait frémir d'horreur.

Le silence régnait entre elles depuis quelques secondes, et imperceptiblement, la reine se rapprocha d'elle.

« Par ailleurs, ajouta-t-elle alors avec malice, tu ne m'as pas dit bonjour, ni ne m'as saluée tout à l'heure en arrivant… Remédions à cela… »

Et alors, elle se jeta sur l'elfe, et l'entraîna dans un baiser qui aurait dû être passionné dans d'autres circonstances, et auquel Lilith ne répondit qu'avec difficulté, mais sans hésitation, étant habituée à ce que la reine lui faisait depuis maintenant trois ans.

Sa haine refit surface, et une pensée lui vint à l'esprit, celle de tuer la reine. Après tout, cette dernière le méritait bien, c'était un monstre sans cœur, sans moral, personne ne l'aimait, et elle-même n'aimait personne, si ce n'est elle-même.

Elle avait massacré une partie de son peuple, l'avait enfermée et torturée, avait abusé d'elle, bien sûr qu'elle était en droit de réclamer sa vengeance !

Voilà ce qu'elle pensait alors que le corps de la reine se rapprochait d'elle et qu'elle commençait sans aucune hésitation à la déshabiller, et une nouvelle fois, Lilith eut un frémissement, et la peur refit surface.

Elle avait peur, oui, tellement peur, à cause du passé et du présent, parce qu'elle gardait des traces de toute cette douleur, toute cette souffrance.

Pendant un instant, elle voulut le faire.

Mais elle se rendit rapidement compte qu'elle n'en avait nullement la possibilité. Parce que la reine était sur elle, l'enserrant de ses griffes, et aussi parce qu'elle n'avait aucune arme à sa disposition, n'ayant pas jugé utile de prendre ses affaires, souhaitant (et pensant) passer le moins de temps possible au château.

Elle ne pouvait rien faire, au moindre mouvement suspect, la reine s'en apercevrait, et la stopperait. Sa magie ne serait pas suffisante, elle n'était pas encore assez puissante, et…

Soudain, ses pensées furent interrompues par un geste de la reine, qui l'emmenait sur son lit, bien décidée à finir ce qu'elle avait commencé. Sans aucune délicatesse, elle finit par entièrement la déshabiller, alors que Lilith faisait tout pour ne pas s'écarter d'elle.

Afin de ne pas subir de réprimandes de la part de la reine, elle décida de prendre une initiative et initia un autre baiser, tentant alors de ne pas hurler, alors même qu'à cet instant, les mains de la reine la parcouraient.

La reine n'avait aucune douceur quand elle couchait avec ses servantes ou esclaves : elle n'avait pas besoin de le faire, elle était la reine, elle était celle qui avait le pouvoir, qui prenait quand elle voulait le faire, sans aucune représailles contre elle possibles.

Et cela, Lilith le savait parfaitement, c'est pour cela qu'elle ne fit ni ne dit rien contre les gestes de la reine, qui, emporté par la passion et le désir, commençait à la griffer de partout sans se soucier de ses gémissements de douleur.

Les deux femmes étaient désormais collées l'une contre l'autre, pour le plus grand bonheur de Christelle, et au complet désespoir de Lilith, qui ne prenait aucun plaisir à tout cela.

Cela ne s'arrangea pas quand les doigts de la reine, toujours pourvus d'ongles acérés, s'introduisirent en elle sans ménagement, commençant un lent mouvement de va-et-vient, rapide, beaucoup trop rapide, ce qui fit grimacer l'elfe, qui dut lui rendre la pareille.

Sans grand plaisir.

Alors que la reine se pâmait sous ses caresses, Lilith grinçait des dents sous la douleur, les ongles de la reine la faisant horriblement souffrir, et elle eut finalement un cri de protestation en sentant qu'elle commençait à saigner. La reine n'était en aucun cas tendre avec elle, et cette fois-ci, elle lui lança un regard empli de colère.

Que l'autre ne vit pas, jouissant à peu près au même moment, alors que Lilith continuait de souffrir.

Voyant ce qu'elle avait fait, la reine laissa un sourire apparaître sur son visage, retirant ses doigts ensanglantés de l'intimité blessée de la jeune femme, dont la respiration s'était accélérée, et qui faisait tout pour ne pas montrer à quel point elle avait mal.

D'un geste, elle soigna la légère blessure, et posa ses lèvres sur celles de Lilith, presque comme pour la réconforter.

Il restait encore un peu de sang qui avait coulé entre les cuisses de la jeune femme toujours tremblante, et elle ne trembla que plus en voyant le regard de la sorcière se posa sur cet endroit en particulier.

Sans qu'elle s'y attende, elle vit la tête de Christelle se pencher entre ses cuisses, et commencer à boire le sang qui s'y trouvait encore, et ce avec plus de douceur qu'auparavant. Mais, bien évidemment, elle ne s'arrêta pas là, et Lilith s'agrippa au lit en sentant la langue de la jeune femme entre ses cuisses.

D'un geste à la fois précis et rapide, la reine profita de ce moment pour renverser entièrement la jeune elfe sur le lit, la dominant complètement. Se sentant soudainement faiblir, n'étant pas habituée de passer de la douleur au plaisir aussi rapidement, elle ne se débattit pas.

La reine, cette fois-ci, était bien plus douce, et l'elfe se maudit pour oser apprécier ce qu'elle était en train de lui faire subir. Et pourtant, comment aurait-elle pu faire autrement, alors que, pour la première fois depuis une éternité, elle ne souffrait presque plus ?

Elle se décida donc à entourer la tête de la reine de ses jambes, dans un mouvement presque involontaire, afin de lui donner un meilleur accès. En réponse à son geste, la reine plaqua ses mains sur ses seins, les caressant lentement et avec beaucoup plus de douceur qu'auparavant.

Presque sans le vouloir, la jeune femme soupira de plaisir, s'abandonnant totalement à ce qu'elle ressentait, bien que se demandant pourquoi Christelle était d'un seul coup bien moins agressive que d'habitude.

Mais le fait est qu'à cet instant précis, elle n'avait pas vraiment le temps d'y réfléchir. Ni même les moyens, ou l'envie.

Cela ne lui faisait cependant pas oublier la monstruosité de cette femme, ce n'était pas parce qu'elle ne la faisait pas souffrir que ce qu'elle lui faisait n'était pas condamnable. Elle n'aimait pas cette femme, elle aurait aimé ne jamais croiser sa route, et ce n'était pas ce bref instant qui allait tout effacer.

Quand, quelques instants après cela, l'orgasme la foudroya, ce fut la même chose avec une certaine pensée qui lui traversa l'esprit.

Je ne pourrais jamais lui échapper.

Elle se mit à pleurer alors, sur son sort, sur son désespoir et son impuissance, alors que, avec une fausse douceur, la reine essuyait ses larmes de son pouce, en profitant pour lui caresser la joue.

Christelle l'entraîna alors dans un autre baiser, et Lilith comprit que les choses n'étaient pas encore terminées.

§§§§

L'elfe était à présent prête à partir, la reine ne lui avait pas donné de nouvelles instructions, puisqu'elles savaient toutes deux ce que la jeune femme avait à faire.

La reine paraissait satisfaite d'elle-même, et Lilith avait encore plus conscience de son impossibilité à s'arracher des griffes de la terrible reine.

Elle était complètement perdue, ne sachant plus vraiment quoi faire, et quoi choisir.

Christelle n'avait pas accepté qu'elle aille voir ses parents, arguant que, une fois qu'elle aurait tué Blanche-Neige, elle les retrouverait alors pour toujours, et que d'avoir cette certitude lui permettrait de tenir sans leur parler, et lui donnerait la motivation pour agir plus vite.

Lilith aurait pu être d'accord avec elle, si elle avait eu la volonté d'agir selon la volonté de la reine, et de tuer Blanche-Neige, ce qui n'était en fin de compte pas le cas, en tout cas, pas totalement.

En fait, elle savait parfaitement ce qu'elle voulait. Ne pas tuer Blanche-Neige, parce que la jeune princesse ne le méritait pas. Faire en sorte que ses parents ne meurent pas, ni ne soient plus jamais torturés, et qu'ils puissent être libres.

Comment réussir à faire coïncider ces deux visions sans ruiner quelque chose, elle n'en avait aucune idée. Elle avait de la chance que la reine ne se soit pas encore rendue compte de la réticence de sa jeune esclave à tuer la princesse.

Ou peut-être qu'au contraire, elle voyait que quelque chose clochait, et qu'elle comptait faire quelque chose afin d'accélérer le processus.

De ce fait, elle proposa donc à la tueuse de rester encore ici, dans le château, encore quelques instants afin de se sustenter, la jeune femme, bien que d'ordinaire assez méfiante, accepta sans grande difficulté.

Après tout, elle n'avait pas mangé depuis plusieurs heures, et elle était affamée, et elle ne se doutait pas que la reine puisse encore ourdir un autre plan, en cachette, afin que la situation s'accélère.

« Alors, dis-moi, Lilith, fit la reine avant qu'elles ne commencent à manger. Comment est ce village ? Je suis curieuse de savoir comment peut bien être cet endroit où ma belle-fille a trouvé refuge loin de moi. »

L'elfe prit quelques secondes de réflexion, ne sachant que dire tout d'abord.

« Hé bien… ce sont des gens simples et sans histoire. C'est un endroit calme et paisible, où peu de choses se passent.

- Hum… Un endroit très ennuyeux en somme, répondit la reine avec mépris et condescendance. »

Non, vous vous trompez, fit Lilith en elle-même, pleine de rage. Ce n'est pas un endroit parfait, certes.

Cela n'a rien à voir avec votre parfait château, j'en conviens.

Mais vous ne savez rien d'eux, de ce qu'ils sont, ni même ce qu'est votre belle-fille.

Vous ne savez rien ma reine, rien de ce qui compte.

Eux ne sont pas cruels, ni faux, personne n'y porte de masque.

Et vous avez tord.

Mais elle garda ses réflexions pour elle.

« Assez, oui, mentit-elle avec aisance. Mais au moins, je n'ai eu aucun problème pour m'intégrer là bas, ils sont assez confiants, ce qui m'a permis de les duper avec une grande facilité. »

C'était à la fois vrai et faux, mais l'elfe n'avait aucun scrupule à l'idée de duper elle-même sa tortionnaire.

Un sourire se forgea sur le visage de la reine, satisfaite de ce compte-rendu.

Elles mangèrent alors et burent, en silence cette fois, et Lilith se sentit beaucoup mieux une fois que cela fut fait.

La reine l'accompagna hors du château, lui redonnant quelques instructions, notamment de se dépêcher, étant de plus en plus impatiente de voir sa belle-fille morte.

Quand l'elfe se raidit brusquement, non pas sous le coup d'une grande douleur, mais saisie d'un froid glacial et étrange, la reine eut un air satisfait.

Lilith ne se sentait plus elle-même, quelque chose en elle venait tout juste de changer, un peu comme si elle n'était plus maîtresse de ses actes, tandis que son esprit n'était plus que préoccupé et obsédé par une seule chose : tuer la princesse Blanche-Neige.

Mais, elle le sentait bien, cela ne venait pas d'elle, et voyant le visage ravi de la reine, elle comprit.

L'eau qu'elle lui avait fait boire devait être empoisonnée, ou du moins pleine de magie noire.

« Qu'est-ce que vous m'avez fait ? Hoqueta-t-elle avec peine.

- Oh… rien. Je t'ai seulement donné, hé bien… de la motivation en plus, susurra Christelle. Je t'ai fait boire un élixir qui fera en sorte que ton esprit ne te focalise que sur une seule chose. Ta mission. Ne le prend pas mal, ma chère Lilith, mais tu prends un peu trop de temps. »

Espèce de garce.

« Vous n'aviez pas à faire ça ! Je vous aurais obéi sans que vous en arriviez à cette extrémité.

- Peut-être, mais tu es bien trop longue… Ne t'en fait pas, le sort cessera quand tu auras fait ce que tu as à faire. Va ! »

Impuissante, comprenant que tout était perdu, qu'elle ne pouvait sûrement rien faire contre ce sortilège, elle y obéit.

Elle sentait peu à peu sa volonté s'affaiblir, presque prête à disparaître, et elle serra les poings de colère.

Les jeux étaient faits…

Elle allait tuer Blanche-Neige.

Et personne ne pourrait l'en empêcher.