Épilogue : Ce qui peut marcher.

Il est maintenant temps de finir notre histoire.

Et oui, je sais, c'est triste, mais toutes les choses ont une fin, cette histoire y compris.

Lilith se trouvait toujours au village, volant dans les airs, dans la forêt, renouant avec la joie et le bonheur d'être de nouveau une elfe, comme avant, comme si jamais la reine Christelle n'avait essayé de la détruire.

Comme si toute sa douleur et sa souffrance n'étaient plus.

Jack et les nains ainsi que les enfants étaient en train de la regarder, se réjouissant que leur amie soit enfin redevenue elle-même et ait été récompensée pour ses bonnes actions.

Elle avait enfin échappé aux ténèbres, elle avait fait le bon choix, celui de la lumière, et enfin, enfin cela lui avait été bénéfique cette fois.

« Dis-moi Lilith, maintenant que tout cela est terminé, que dirais-tu de rester vivre ici avec nous ? Nous pouvons t'offrir un foyer où tu vivrais heureuse.

- Je vous remercie l'Ancien, cela me plairait beaucoup, en effet. Surtout que l'endroit où je vivais autrefois a été mis en pièce par la reine Christelle, et je ne pense pas que je pourrais y retourner.

- Dans ce cas c'est entendu. »

§§§§

La princesse avait tenu à accompagner elle-même les deux elfes, sentant confusément qu'elle devait faire cela pour Lilith, après ce que cette dernière avait fait pour elle et leur royaume.

Quand le regard des deux parents se posa sur Lilith, Blanche-Neige ressentit immédiatement tout l'amour qu'ils ressentaient pour elle, toute leur affection, et aussi leur joie d'avoir enfin retrouvé leur enfant.

Elle pensa avec tristesse et nostalgie à sa mère, la reine Isabelle, qui lui manquait beaucoup depuis sa disparition, et elle repensa à son père, à la guerre depuis ce qui semblait être des années.

Elle sourit, heureuse que son amie puisse enfin être réunie avec ses parents, chose que Christelle lui avait enlevé depuis des années.

Lilith le méritait.

Les deux elfes souriaient, semblants d'un seul coup moins vieux qu'auparavant, et plus apaisés aussi, comme si le fait de savoir que leur fille allait bien suffisait à les rassurer.

Elle discutait avec les nains, paraissant enjouée, heureuse, et épanouie aussi.

Ils se rapprochèrent d'elle, n'osant croire que cela puisse être réel.

« Lilith ? » Demandèrent-ils tout deux avec une forte émotion, les yeux remplis de larmes.

Et l'elfe se retourna.

Elle sursauta, prise par la surprise une nouvelle fois, alors que se trouvaient devant les deux personnes pour qui elle avait presque tout sacrifié, et qu'elle n'avait pas revu depuis plus de six mois.

« Maman, Papa ? » Fit-elle, prise elle aussi par l'émotion.

Aucun d'eux ne put prononcer un seul mot, se contentant de se regarder, souriant alors qu'on leur offrait enfin une possibilité de se retrouver.

Soudain, Lilith finit par réagir, et elle se jeta dans les bras de ses parents, fondant en larmes, tout comme eux, alors qu'ils pleuraient sur leurs années de séparations entrecoupées de courtes retrouvailles, et sur le bonheur futur presque certain, maintenant qu'ils étaient réunis.

Et ils parlèrent, parlèrent , parlèrent.

De leur esclavage qui était terminé, de leur fierté de savoir que Lilith était une héroïne, de leur joie quant au fait qu'elle avait retrouvé ses ailes.

Et elle leur dit ce que le village avait fait pour elle, cette famille qu'elle s'était créée ici, ce bonheur qu'elle croyait ne jamais pouvoir retrouver, mais aussi ses erreurs et faux-pas, réparés par sa résistance contre Christelle.

Elle leur dit à quel point elle était heureuse ici, et que eux aussi pouvaient rester là, que la forêt les aiderait tous à guérir, comme elle l'avait fait avec elle. Et bien sûr, ses parents acceptèrent.

Et elle leur présenta Jack, bien entendu.

« Voici Jack ! Il m'a aidé dans beaucoup trop de domaines et de trop différentes façons pour que je puisse vous les dire, mais sachez seulement que c'est mon ange gardien. Sans lui, je pense que nous n'en serions pas là aujourd'hui. Et je l'aime. »

Les deux elfes posèrent un regard inquisiteur sur l'esprit, qui baissa presque la tête, se laissant examiner.

Puis ils se mirent à sourire.

« Je suis fière de toi, lui dit sa mère. Tu es devenue une elfe merveilleuse et indépendante, amoureuse, et heureuse. Nous t'aimons tout les deux.

- Je suis heureux de savoir que la reine ne t'a pas détruite, acheva son père, et moi aussi je suis fière de toi. Tu t'es battu contre elle, tu as résisté de toutes tes forces, là où beaucoup d'autres auraient abandonné.

- Nous sommes heureux pour toi », firent-ils en cœur, et Lilith se mit à pleurer à nouveau, de joie, cette fois.

§§§§

Il fut décidé que le peuple des elfes du nord encore en vie s'installerait dans la forêt, là où ils se sentaient le mieux, et Lilith, tout comme ses parents, vivraient dans le village même.

Ils furent assez rapidement acceptés, s'adaptant assez vite, bien qu'ayant été tous plus ou moins brisés par leur captivité. Pour certains plus que pour d'autre, cela fut une certaine difficulté, mais, avec l'aide de la nature, de l'Esprit et des habitants, ils purent tous refaire surface.

Ils retrouvèrent leurs pouvoirs, leur ailes, même si il était certain qu'ils n'oublieraient jamais cet enfer, avec le temps, ils guériraient.

Après tout, Lilith l'avait bien fait, eux aussi en étaient capables.

Lilith retrouvait peu à peu ses parents, ravis quant à eux de retrouver eux aussi leur petite fille, non pas aussi innocente qu'autrefois, mais au moins beaucoup plus joyeuse, heureuse, en paix, et surtout, elle était elle-même.

Les habitants du village ne pouvaient pas compter le nombre de fois où les parents de Lilith les remercièrent de ce qu'ils avaient fait. Ils savaient pertinemment que sans eux, ils auraient très certainement perdu leur fille.

Un jour, la mère de Lilith alla parler à Jack.

À un moment, elle lui dit :

« Je ne vous demanderais pas de rendre ma fille heureuse, parce que je sais que vous le faites déjà très bien. Continuez ainsi. »

Jack avait hoché la tête.

§§§§

Six autres mois passèrent. La guerre se termina et le roi Conrad revint. Jamais il ne sut ce que la reine avait fait subir à sa fille, ou à son peuple. Même si, en fin de compte, la princesse avait plus souffert que son peuple, et elle s'en était par ailleurs très bien sorti après la mort de Christelle.

Le roi pleura sa femme, bien sûr, mais la présence de sa fille le consola assez rapidement.

Quand à Lilith, Jack, les nains et tout les autres, me direz-vous ?

Hé bien ils vivent heureux dans le village, sans soucis et problèmes depuis la disparition de la méchante reine Christelle.

Et ce n'est pas près de changer.

FIN.

Voilà, ça y est, c'est fini. Enfin, pas tout à fait, puisque je publierais (quand, je ne sais pas) un recueil de textes relié à cette histoire, des bonus, surtout des UA et des missing moments, qui montreront certains aspects non explorés de cette histoire. Et des choses qui différeront aussi de ce qui est raconté ici.