BÉNÉVOLENTS - 5 PACIFIEURS
17 Réminiscences
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Il faisait déjà nuit quand la Triade regagnât ses quartiers à bord du vaisseau de T'Rau. Ils auraient pu rester sur Éliséa, mais ils ressentaient un puissant besoin de se ressourcer dans un endroit où ils se sentaient chez eux. Le holodeck Gamma que T'Rau leur avait donné remplissait toutes les conditions.
La journée avait été très (trop) riche en émotions fortes et en révélations. Jim et Leonard étaient épuisés. Les effets de l'anti-virus se faisaient encore sentir, alors qu'ils n'avaient été que peu infectés par le virus Than'tos. Sans un mot, ils prirent une rapide douche sonique. Ils se retrouvèrent dans le bureau qui faisait office de pièce principale.
─ Jouons au dieu, puisque nous en sommes des Avatâra. Grommela Jim
Il se concentra. La pièce s'agrandit à vue d'œil, une table basse apparut, entourée de coussins confortable, le tout posé sur un large tapis Silicien. Il y avait même cette tache brune que Naële y avait faite enfant, en y renversant de la confiture...
─ Parfait. Approuva Leonard en commandant son repas au réplicateur
─ Il ne s'agit pas d'un pouvoir divin, Jim. Le contredit Spock. Mais de notre connexion mentale avec certains des systèmes informatiques de T'Rau qui contrôlent le fonctionnement de ce holodeck. De plus, je ne pense pas que les pouvoirs des Lh'mh'thl soient de cette nature.
Leonard posa son plateau, et prit place sur l'un des coussins :
─ Je trouve cela rassurant, de savoir que nous ne sommes pas les seuls à partager cette particularité, je veux dire d'être des Avatâra.
Jim alla chercher son dîner. Le médecin ne fit aucune remarque vis à vis du contenu de celui-ci : trop gras, trop sucré, trop salé. Il se contenta d'un froncement de sourcil réprobateur auquel l'intéressé ne répondit que par un demi-sourire moqueur.
Spock contint un soupir face à ces enfantillages, et s'assit à son tour.
Jim voulut parler, mais un souvenir déchirant revint brutalement parasiter son esprit et le figea sur place : celui de la mort de Spock. Presque aussitôt, celui du sacrifice de Jim vint perturber Spock. Leonard frissonna de mal-être en revoyant à son tour ces deux événements douloureux. Jim tendit la main pour la poser sur le visage de Spock, comme pour vérifier que le présent était bien réel. Spock posa sa paume sur la main de Jim.
─ J'ai la sensation d'avoir la tête encombrée par les souvenirs des vies des autres moi. Ronchonna Leonard. Et certains sont plus que désagréables. Combien de fois nous sommes-nous battu contre Kahn ?
─ Je dénombre au moins deux vies. Répondit Spock qui avait presque retrouvé sa neutralité psychique. Sans compter celles, plus floues, où il me semble que Kahn ait réussi à conserver le pouvoir... la Fédération des Planètes Unies y avait une autre forme.
─... oui. J'en ai des réminiscences. Nous y avions des missions semblables, à bord d'un vaisseau identique. Et j'y étais là aussi le médecin-chef! Ces mondes étaient plus rudes que le nôtre, mais ils n'étaient pas sans pitié... je dirais, en cours d'évolution vers plus de pacifique.
Jim hocha la tête, il avait les mêmes traces mémorielles que Leonard :
─ En tout cas, en ce monde dans lequel nous vivons, Kahn m'a toujours semblé l'air déterminé à conserver des relations pacifiques avec nous. Je ne pense pas que cela changera à son réveil. C'est tout ce qui compte. Nous aurons probablement besoin de lui pour mettre fin à cette malédiction. J'ai l'intuition qu'il était un Lh'mh'thl puissant.
─ Il n'aura guère le choix. En décidant de concevoir une société qui privilégie la paix et la protection des plus faibles, il va à l'encontre des.. hum... principes de Κακόç. Supposa Spock
─ Son peuple n'est donc pas à l'abri d'une nouvelle attaque virale ou bactériologique.
─ Tout comme l'Empire Klingon. Ajouta Leonard avec un frisson
Il avait appris à aimer ces bon sang de «brutes épaisse»...
Jim saisit une frite dorée. Il la trempa dans la coupelle de mayonnaise, la recouvrit de ce condiment et la goba. Leonard ne parvint plus à se contenir :
─ Sérieusement, Jim! un hamburger-frites ? à minuit ?
─ J'ai besoin de reprendre des forces.
Les yeux bleus du médecin se firent ironiques, et se posèrent avec insistance sur le ventre un peu rond de Jim. Il croisa le regard de Spock, et il comprit que ces rondeurs ne déplaisaient pas au Vulcain, bien au contraire. Jim et Spock échangèrent un glazan'esta [baiser des yeux]
─ J'abandonne. Soupira le médecin, dépité.
Ils passèrent le reste du repas à discuter de ce qu'ils avaient découvert.
Ils s'installèrent sur leur coussin de méditation. Leur Wh'ltri fut longue et éprouvante, régulièrement perturbée par des souvenirs de leurs autres vies, le plus souvent particulièrement douloureux.
Jim se rebiffa et se concentra pour forcer sa psyché à faire remonter dans sa conscience des moments heureux. Leonard et Spock suivirent le mouvement.
Une constante s'imposa alors à eux : la solidarité, l'amour et l'amitié avaient été les maîtres mots de toutes ces vies.
Ils s'étaient toujours retrouvés. Systématiquement. Quelque fut le monde ou l'époque où ils s'étaient réincarnés, ils avaient immuablement été liés par une puissante fraternité.
Ils étaient nés hommes, parfois femmes. Illes avaient aimé leur épouxse respectifves, illes avaient porté ou eu des enfants. Leurs existences les plus heureuses avaient été celles où ils s'étaient retrouvé·es dès l'enfance et avaient grandis ensembles.
Leonard se crispa imperceptiblement: à chacune de ses incarnations, il avait divorcé·e, ou était devenu·e veufve dans les trois ans après s'être marié·e, sans jamais retrouver un·e autre conjoint·e. Le soutien constant de Jim et Spock l'avait à chaque fois aidé à ne pas baisser les bras. Aucun d'eux ne s'expliqua la raison de de phénomène.
Dans toutes ces vies, ils étaient restés indéfectiblement unis. Ils eurent le présentiment que leur serment de Katralar-teraya s'vi ha'kiv [union des âmes par-delà la vie] avait eu un effet à rebours. Ils savaient que leur condamnation au Saṃsāra impliquait le fait qu'ils ne puissent pas se retrouver. Ils auraient dû se réincarner dans des espace-temps différents. Mais leurs amours étaient si puissantes qu'elles avaient brisé cette partie de leur malédiction.
Aux cours de leurs dernières vies, leur amitié s'était muée en un amour profond et passionné, tout d'abord entre Jim et Spock. Puis entre eux-trois. Avec une émotion palpable, ils se souvinrent leur première fois tous les trois en ce monde : elle s'était déroulée sur la planète Elládha, ils se nommaient alors Djim, Spohkh et Leondios. Ils y avaient partagé une vie heureuse et utile.
Leur Wh'ltri n'était pas achevée, et pourtant, Jim ouvrit les paupière. Il avait perçu une puissante douleur dans l'esprit de Leonard, ce sentiment de solitude que ces mémoires du passé avaient réveillées. Déconcentré par cette rupture, Leonard sursauta en voyant les yeux sombres de Spock fixés sur lui, tels ceux d'un prédateur sur sa proie. Le Vulcain était parfaitement calme et déterminé, toutes ses pensées étaient à présent tournées sur lui, au point d'en être presque écrasantes.
Leonard frissonna.
─ Spock ?
La main puissante du Vulcain se posa sur la poitrine du médecin et le força à s'allonger. Il atterrit sur le tapis, qui se transforma en un matelas confortable. Leonard voulut appeler Jim, lui demander ce qu'il se passait mais celui-ci s'empara de sa bouche en un baiser incandescent.
« Cesse de réfléchir» Pensa Jim. «Soumets toi à nous.»
Les mains puissantes de Spock déchirèrent sans effort la tunique de Leonard, puis le reste de ses vêtements, tandis que Jim recouvrait son visage de baisers et de mots d'amour. Les lèvres du Vulcain se posèrent sur sa peau nue, en baisers possessifs et mordants.
─ T'nash-veh [mien]. Grommela Spock d'une voix rauque
─... il... il est tard... Balbutia Leonard. ...il faut... nous reposer...
─ La vie est courte. Répondit Jim en interrompant le suçon qu'il imprimait dans le creux de son cou.
Leonard gémit doucement. L'Amour de ses T'hylara s'écoulait le long de leur Kash-naf en flots bouillonnants, possessifs, se répandait dans les moindres recoins de sa psyché, enveloppait ses pensées, cautérisait ses ressentis résiduels de solitudes.
Il frissonna. Cela allait bien au-delà de l'amour!
Leonard eut une révélation : Spock avait raison quand il affirmait que les Vulcains «n'aimaient pas», leurs attachement n'avait rien de superficiel.
Celui-ci était profond, intense, indélébile… les amant·es Vulcain·es ne réclamait aucune preuve d'amour, ni geste tendre car leur Kash'naf k't'hylara [lien mental des amant·es] unissait leurs cœurs, leurs esprits et leurs âmes... et Jim aimait désormais de façon Vulcaine... il l'aimait, lui, Leonard, de façon Vulcaine!
Leonard prit enfin conscience qu'il n'était pas une "pièce rapportée" au couple Jim-Spock, il était leur tiers, l'un des trois éléments indispensable de leur trouple.
─ Oui! Jubila Jim qui avait suivi l'évolution des perceptions-pensées informulées de Leonard. Notre tiers bien-aimé!
─Taluhk Reh'rak t'nash-veh ! [mon précieux Tiers] Répéta Spock
Leonard ne protesta pas quand, d'un geste ferme, Spock écarta et souleva ses cuisses pour prendre position au-dessus de lui. Son membre brûlant s'immisça aussitôt en lui, par à-coups lents et déterminés. Chaque mouvement de rein était une déclaration de possessivité amoureuse.
─ Ouvre les yeux. Ordonna doucement Jim
Leonard ne s'était pas rendu compte qu'il les avait clos.
Il croisa le regard sombre et intense de Spock... il était d'une beauté surnaturelle : ses cheveux de nuit en batailles, ses yeux de chat en amande... ses oreilles d'elfe. Ses joues et ses lèvres entrouvertes étaient colorées d'un vert délicat... mais surtout, surtout... il n'était plus du tout impassible : chaque centimètre de son visage hurlait son adoration. Leonard avait conscience du merveilleux présent que lui faisait le Vulcain en laissant ainsi s'exprimer ses sentiments. Son cœur se gonfla d'amour. Il gémit de bonheur
─ Ooh ! Spock! HIja'! [oui]. Spock! bangwI' [Mon Amour!]
Kinarra lui avait appris à verbaliser ses sentiments, et c'est naturellement que ces mots lui venaient en Klingon. Spock ne s'en formalisa pas. Les mots en eux-mêmes n'avaient aucune importance, seuls comptaient leurs significations.
Leonard tendit ses bras pour le serrer contre lui et Spock se fit moins agressif.
─ T'nash-veh [mien]... Taluhk Ashayam [précieux Amour]... t'nash'veh ha ? [mien?]
─ HIja'! bangwI'...HIja'... Lu' (à toi) Hu'tegh, ghertlhuD (je suis à toi)
Le temps se suspendit, et il resta plus qu'eux, unis corps et âmes, veillés par l'esprit exultant de joie le Jim. L'orgasme les unit tous les trois dans son incendie.
Leonard retrouvait lentement sa respiration. Spock s'était couché à coté de lui, tout contre lui. Jim rampa sur lui et réclama à nouveau un baiser.
─ Leo. Murmura-t-il simplement
Leonard comprit la question informulée, de toute façon, il le désirait aussi :
─ Jim. tIqwIj (mon cœur) HIja! ghoS (Viens)
L'approbation silencieuse de Spock caressa leur psychés, il leur ordonna de s'aimer.
Jim s'allongea sur Leonard et le pénétra d'un mouvement souple de ses reins. Leurs excitations n'étaient pas retombée, le feu reprit aussitôt, dans un gémissement de contentement. Jim fut plus doux que Spock, plus tendre. Tous deux étaient fatigués, leur étreinte fut lente et lascive, entrecoupée de tendres baisers et de mots d'amour. Spock resta tout contre eux, les caressant l'un et l'autre comme s'ils étaient les Êtres les plus précieux de l'univers, chacune de ses caresses était des mots dévotion et de possessivité.
Jim et Leonard s'endormirent enlacés, après les nombreuses répliques de la longue jouissance finale, à bout de force.
Ils avaient partagé leurs Amours parmi les lambeaux des vêtement de Leonard. Spock fit matérialiser une couette duveteuse. Il détacha doucement ses T'hylara l'un de l'autre, pour coucher Jim à coté de Leonard, et fit glisser sur eux cette couverture.
Spock reprit place sur son coussin de méditation, afin de la reprendre. Il contempla longuement ses T'hylara en espérant que Leonard ait enfin compris que sa vraie place était là, et uniquement là : entre Jim et lui.
La sonnerie du réveil les trouva enlacés tous les trois. Ils n'avaient pu dormir que quelques heures.
Leonard soupira doucement, entouré par le corps brûlant de Spock et celui, à peine moins chaud, de Jim. Il se sentait bien, il se sentait à sa place.
«Oui.» Répondit aussitôt l'esprit tranquille de Spock. «Tu es là où tu dois être.»
─ Je tacherai de m'en souven...
Le baiser de Jim l'interrompit.
Spock se leva. Il avait retrouvé toute sa neutralité psychique et son impassibilité physique.
─ Nous devons nous hâter, ou bien nous serons encore en retard
Jim et Leonard le contemplèrent. Les battements de leurs cœurs s'accélérèrent alors qu'ils retombaient amoureux de lui : il était si nu et si beau, si majestueux, si altier. Le temps avait moins de prise sur la souplesse de son corps svelte de demi-Vulcain. Spock perçut le cheminement de leurs pensées.
─ Je serai à votre entière disposition ce soir.
Les yeux de velours de Jim se firent tentateur :
─ Même pas un petit...
─ Non. Nous sommes attendus sur Élyséa. Kahn devrait reprendre conscience ce matin. Répliqua le Vulcain en entrant dans la salle de bain
Frustré, Leonard posa la main sur son membre gonflé pour tenter de le calmer et grommela :
─ Bon sang de Gobelin stoïque !
Jim était dans le même état. Il ne put contenir un éclat de rire. Il saisit le visage de Leonard pour lui voler un baiser
─ Bordel comme je t'aime, mon vieux ronchon!
─ Jim! Protesta le vieux ronchon en enlaçant pourtant son amant avec un bonheur sans nom.
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L'injection du VΩU fut faite à Kahn et Marla alors qu'illes étaient encore en stase, afin que l'antivirus puisse passer à l'action dès l'éveil de leurs corps. Illes étaient à un stade si avancé de la maladie de Than'tos que leurs fièvres en furent particulièrement violentes.
Éveille-toi ! Souvient-toi !
Kahn sursauta dans son sommeil lourd, mais resta prisonnier du monde des songes.
Il vit un être vil qui le répugna profondément : un «Être de Pouvoir» sadique, assoiffé de sang et de tueries...
il réalisa avec horreur qu'il était ce monstre...
Non! non! Pas il était, il avait été. Il ne n'était plus!
Il avait été Arès, le sanguinaire dieu de la guerre !
Il n'était plus ainsi! Tout son être rejetait, reniait, maudissait celui qu'il avait été dans ce lointain passé. Pernicieux, cruel, sanguinaire, égoïste.
Une «Être de Pouvoir» avait tenté de lui faire entendre raison, mais il l'avait systématiquement repoussée, avec condescendance. Il préférait écouter les conseils barbares de Κακόç qui méprisaient la bienveillance de Saraswati et flattaient sa cruauté naturelle ...jusqu'à ce qu'il soit condamné à un juste châtiment.
Les cycle morbides du Saṃsāra furent sans pitié.
Il enchaîna une infinité de courtes existences de misères, de faim, de souffrances et de deuils, dans des mondes en proies à des guerres interminables. Des vies d'orphelins de guerre et d'enfant-soldat dans un nombre incalculable de pays. Il n'atteignait jamais l'âge adulte. Et toujours, Saraswati vivait et mourrait à ses cotés, partageait son infortune. Sa présence était tellement réconfortante. Elle était sa lumière dans les ténèbres, son ange gardien, sa porteuse d'espoir.
Kahn s'interrogea. Pourquoi avait-elle été condamnée elle aussi ? Elle qui n'avait jamais de mal à quiconque ? Le Saṃsāra punitif n'était-il pas sensé n'être qu'une légende Humaine?... D'où savait-il cela ? Pourquoi Saraswati, toujours si douce et si généreuse, subissait-elle, elle-aussi, ces existences cauchemardesques?
Il n'entendit pas la voix qui l'appelait
─ Père!
Ses dernières incarnations le firent naître dans la chair d'un augment. Et là, tout changea. Ces fois-ci, après des enfances douloureuses, il devenait un homme puissant, indomptable, et redouté. Il s'empara du pouvoir à de nombreuses reprises, imposa la paix sur l'entièreté de la planète Terre. Il parvint à conserver cette autorité dans certaines de ces vies. La si Belle et Compatissante et Intelligente Saraswati était toujours là, à ses côtés, elle se nommait Marla. Elle était sa Première conseillère, sa Précieuse Épouse.
Son cœur s'emballa. Il comprenait à présent pourquoi il avait eu la sensation de la connaître lorsqu'il l'avait rencontrée la première fois : Saraswati était Marla !
─ Père !
«Artémis, ma précieuse fille!» Pensa Kahn avec un orgueil bienfaisant.
Il ouvrit les yeux. Il vit sa fille, il vit la Lh'mh'thl en elle. Il reconnut aussi les Commodores Jim Kirk et Spock, et le docteur demi-Klingon McCoy...Gîmel, Bêth et Âleph ! La Triquetra !
Un nouvel afflux de souvenirs lui fit cligner des yeux. Ils avaient tant de fois été ennemis! Ils s'étaient tant de fois haïs, entretués... Mais dans cette vie-là, Jim et Spock étaient intervenus avant la catastrophe de Ceti Alpha. Ils avaient sauvé son épouse enceinte et son peuple. Ils n'étaient plus en guerre, ils ne le seraient plus jamais.
─ Ter. Dit-il d'une voix rauque, alors qu'il avait voulu prononcer le nom de Jim
Kahn les vit se raidir.
─ Vous vous souvenez? Demanda Jim
─ Oui. Répondit l'Augment avec solennité.
Marla ouvrit doucement les yeux :
─ Oui.
─ Oui. Murmura Artémis
Elle avait un peu honte de ce qu'elle avait découvert d'elle-même cette nuit-là. Pourtant, Harimella n'avait pas été une Lh'mh'thl totalement maléfique. Mais, pendant quelques millénaires, elle avait été l'alliée de Κακόç, et éperdument admirative de Arès le Sanguinaire... Comme beaucoup, elle avait réclamé la mise à mort de Ter... Harimella avait cependant réussi à éviter le châtiment du Saṃsāra, elle avait changé, muri. Comme s'il avait deviné le cours de ses pensées, Leonard lui adressa un gentil sourire. Sa loyauté à l'égard de la Triade de Ter augmenta d'un cran.
Marla croisa les prunelles enflammées de son époux.
─ Ma Déesse si fidèle. Lui murmura-t-il avec passion.
Une puissance vague de bonheur traversa le cœur de Marla. Elle avait éperdument aimé Arès, tout en étant consciente de la monstruosité de cet Lh'mh'thl. Elle avait culpabilisé de ressentir de tels sentiments, contre lesquels elle avait lutté en vain. Elle avait tant de fois été tentée de devenir comme lui, afin d'être aimée de lui. Elle estimait avoir mérité cette punition. À présent, elle était aimée de cet Homme dont le cœur était devenu si noble.
─ Nous devons parler. Dit Jim d'une voix grave et solennelle.
Kahn s'assit difficilement sur son lit. Il avait perdu au moins 50% de sa masse musculaire, mais il allait s'employer à la retrouver rapidement. Il fit sortir le personnel soignant et écouta les explications du Trio et de sa fille.
Une fois de plus, son peuple devait d'avoir la vie sauve grâce à eux, mais il était encore sous le joug d'une menace. Il avait entendu parler des surprenantes vagues de pandémies qui s'étaient abattues sur la Nation Klingonne. Cette malédiction menaçait tous les Enfants des Lh'mh'thl qui s'étaient détachés de l'influence nauséabonde de Κακόç.
─ La malédiction de Κακόç. Répéta-t-il pensif. Elle s'est répandue au sein des miens car j'ai rejeté ses principes immoraux.
Il respira profondément et serra les poings et gronda avec une détermination farouche.
─ Je ne le laisserai pas faire! Que suggérez-vous ?
Jim prit son communicateur :
─ Jim Kirk pour Nammu.
Le hologramme de la Lh'mhthl fut projeté par son appareil. Un vertige fit trembler Kahn lorsqu'il la reconnut.
Combien de fois avait-elle tenté de faire entendre raison à Arès ? C'était elle qui l'avait condamné au Saṃsāra pour lui épargner la peine de mort. Les autres, tous les autres, avaient réclamés sa morts. Ils avaient accepté ce châtiment à la condition qu'il connaisse la souffrance des victimes de guerre... la punition avait été cruelle. Mais Kahn l'était lui-même encore un peu, et à leur place, il aurait appliqué la même sanction.
Il avait connu les états de dénuements extrêmes et de fragilités absolues. Il allait s'employer désormais à être plus puissant que jamais pour protéger les êtres sans défenses, comme un lion veille sur tous les éléments de sa meute, à commencé par les plus fragile. Telle était la vraie raison d'être des plus forts. Il ne leur en gardait donc aucune rancune.
Arès avait été un être perpétuellement insatisfait, en perpétuel état de frustration, un être qui n'aimait que lui-même.
Kahn avait acquis une stabilité d'esprit, un équilibre, il avait appris à aimer.
Il frémit en entendant la douce voix de son épouse :
─ Arès?
Kahn se redressa et déclara avec orgueil :
─ Arès est définitivement mort. Je suis Kahn. Et voici Marla, mon épouse bien-aimée.
Si douce et surtout si courageuse de m'avoir accompagné tout au long de mes épreuves. Elle a volontairement subi une punition qu'elle ne méritait pas! Pensa-t-il avec fierté et reconnaissance.
Nammu hocha la tête avec approbation.
─ Marla-Saraswati, aucun de nous ne voulait que vous souffriez vous aussi
─ J'ai fait un choix. Répondit-elle. Je l'ai assumé. Je ne le regrette pas.
─ Qu'allons-nous faire pour contrer la malédiction de Κακόç ? Demanda Kahn en s'emparant de la main de Marla.
─ Un grand nombre de Lh'mh'thl sont actuellement en train de se réunir dans holodeck Djêta de T'Rau.
─ Pourquoi nous aideraient-ils ? S'étonna Jim
─ Certains par crainte que cette malédiction n'atteigne leurs planètes, d'autre par devoir envers Ter.
Jim se cabra aussitôt:
─ Quel devoir ?
─ Les paroles de Ter ont fini par atteindre leurs conscience. Celui qui allait devenir Leonard était particulièrement véhément, au point d'en être souvent blessant.
─ Je vois. Murmura Leonard
Son Kash-naf enfla brièvement et répandit en lui les sentiments de ses T'Hylara. Possessivité. Amour. Possessivité. Protection. Possessivité.
─ Leonard a toujours été très franc. Dit Jim avec une tranquillité qu'il n'avait pas.
Il respira profondément afin de faire passer sa bouffée de colère
« Ces salauds ont condamné Bones à la solitude! »
Son esprit vint agripper celui de Leonard.
« Oui, mais vous avez toujours été là pour moi, tout au long de toutes ces vies»
« Notre Katralar-teraya s'vi ha'kiv [union des âmes par-delà la vie] a vraisemblablement en partie abrogé cette malédiction.»
«Vous avez toujours été là» Répéta Leonard
« Depuis toujours, pour toujours!» pensèrent Jim et Spock d'une même voix
─ Bones était trop franc pour ces altesses, c'est bien cela? Et elles lui ont fait payer le prix fort!
─ Oui. Avoua Nammu avec une immense tristesse. Nombreuxes étaient celleux qui lui tenaient rancune pour cette franchise.
─ Tout cela est le passé. Décréta le médecin. Il s'agit aujourd'hui de protéger le futur. Que devons nous faire ?
─ J'ai lancé un appel par delà notre dimension. Les volontaires ne tarderont pas à venir nous aider.
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à suivre
T'Rau fit téléporter à son bord deux doses de vaccin de lymphocytes-Ω. Benth'am et Sevel ne rechignèrent pas à se les faire injecter.
