Au moment où le trio venait de quitter la demeure, Ruvik quitta le canapé péniblement alors que Leslie venait de le rejoindre. Le jeune albinos vit la main du scientifique trembler un peu.

-Ru...Ruvik ! Tu as mal ? Ca fait mal?

-Ce n'est rien, j'ai juste besoin de dormir un peu… Cette nuit va être un peu courte pour moi…

-...? Courte ? Pourquoi ? Pourquoi courte ?

-Parce que. Ne cherche pas plus loin… Tu veux bien me réveiller dès que tu les vois revenir ?

Leslie regarda un instant le scientifique en penchant la tête sans mot dire. Le grand brûlé avait vraisemblablement prévu de faire quelque chose, seul. Tout ce que pouvait faire l'autiste était donc de répondre à sa demande sans insister.

Avec enthousiasme, il déclara :

-Oui! Surveiller… Leslie va surveiller pour Ruvik !

[...]

Quelques heures plus tard, Sebastian conduisit enfin Kidman là où elle le désirait avec son 4x4 rouge en compagnie de sa fille qu'il ne voulait plus perdre de vue.

Avant les séparations, la jeune femme sortie un cadeau de sa veste : une poupée à l'effigie de Myra réalisée au crochet.

-Tu es sûre de ne pas vouloir que je…

-Je t'enverrai régulièrement de l'argent sur ton compte pour payer une partie des charges de Leslie, coupa-t-elle en se redressant avec un sourire en coin sans répondre à la question. Ce ne sont pas des adieux Sebastian, je te le promet.

-...D'accord. Prends soin de toi Kid.

-Toi aussi Sebastian, tu peux me joindre à tout moment s'il se passe quoi que ce soit d'accord ? Ses yeux lavandes descendirent ensuite jusqu'à Lily dont elle tapota la tête avec douceur. Surveille ton papa pour ne pas qu'il fasse de bêtises d'accord ?

-Hi hi oui! A très vite July !

La jeune femme quitta donc les deux autres après avoir effectué des courses de dernières minutes. Elle caressa sa nouvelle écharpe couleur crème autour de son cou puis fit au revoir à la famille Castellanos de la main. En se retournant, elle regarda celle-ci qui était marquée du sceau de l'organisation : la cicatrice semblait enfin disparaître un peu. La jeune brune s'éclipsa avec le regard déterminé, décidée à achever les dernières menaces existante pour le grand brun et sa fille ainsi qu'à retrouver leur ancien camarade asiatiques disparu depuis trop longtemps.

[...]

-Les voilà! Les voilà! Les voilà!

Au retour du père et sa fille, l'albinos fonça droit dans la chambre de Sebastian pour réveiller comme promis Ruvik, ce dernier ayant du mal à émerger. Il parvint néanmoins à se lever et à se rendre en cuisine un peu avant que n'entre le grand brun chargé d'un sac de vêtements : ceux de Kidman avant qu'elle ne se change.

-Elle aurait quand même pu les prendre avec elle… Rouspéta-t-il en déposant le sac dans un placard

-Peut-être que c'est sa façon à elle de te dire qu'elle va revenir et qu'il ne faut pas s'inquiéter ? Proposa sa fille qui serrait sa peluche, le cadeau semblant grandement lui plaire alors qu'elle regardait de ses grand yeux son père avec amusement.

Elle semblait être très mature et capable de comprendre ce genre de signe ou d'attention mieux que son propre père.

Celui-ci n'eut pas le temps de répondre qu'une bonne odeur de crêpe ressortait de la cuisine :

-J'espère que vous avez fait des courses, déclara le scientifique qui était en train de tout faire avec une seule poêle pendant que Leslie mettait la table. Maintenant qu'on a doublé les effectifs on a presque plus rien…

-Ouais, j'ai pris de quoi tenir au moins une semaine mais il est 15h… vous nous avez attendu pour manger ?

-Oui! On a attendu, on a attendu pour manger ! Répondit joyeusement Leslie en posant différentes garnitures pour que chacun personnalise sa crêpe comme il le désire.

-C'est plus simple de s'attendre plutôt que de manger chacun de son côté non ? J'ai presque fini de toute façon et j'avais pas faim avant...

Le grand brun regarda faire l'ancien psychopathe sans mot dire, celui-ci étant en train de retourner une crêpe alors que Leslie et Lily s'amusait à faire des mélanges étranges pour manger en douce les quelques bouts loupés du scientifique en rigolant.

Cette atmosphère de calme et de paix fit douter le détective qui se croyait encore dans un rêve. Cette situation idyllique encore improbable il y a quelques jours était vraiment en train de lui arriver! Tout allait bien, ils étaient enfin heureux et libres de toutes menaces...

-Tu pleures papa ?

A ces mots, tout le monde se retourna vers le grand brun qui avait les larmes aux yeux. Ce dernier se passa une main sur le visage qu'il baissa en disant avec le sourire :

-Non ma puce, papa est juste un peu fatigué, mangez, moi je vais me reposer d'accord ?

Il fila rapidement à l'étage en se mordant la lèvre. Dire qu'il allait tout gâcher alors que tout le monde était dans une ambiance si chaleureuse… En s'asseyant sur le lit, les larmes coulèrent toutes seules sans qu'il ne puisse rien contrôler. Une légère brise dans ses cheveux ainsi qu'un bruit fugace lui fit comprendre qu'il n'était soudainement plus seul dans la pièce : Ruvik s'étant téléporté.

-Tout va bien Seb ? Demanda-il en le voyant de dos, silencieux. Qu'est-ce qui ne va pas ?

-... Dis-moi Ruvik… tout ceci n'est pas un de tes petits tours de passe-passe hein ? Sa voix commença à trembloter. On est bien dans le monde réel, et tout ce que je vis est vrai …? J'ai vraiment pu sauver ma fille ? Est-ce qu'on a vraiment vaincu Mobi…!

Le scientifique venait de se déplacer face à lui et l'embrassa brusquement en posant une main derrière sa nuque pour l'empêcher de fuir, ses lèvres pressant les siennes avec force quelques instants avec de se détacher de lui.

Ses yeux ambrés le fixèrent un instant en regardant son partenaire déboussolé. En ayant perdu tellement de monde, vu tant de souffrance et d'horreurs, Sebastian avait finit par douter de cette réalité et c'était bien normal.

-Ceci est réel Sebastian, vraiment réel… Tu as réussi encore une fois à t'en sortir et tu as sauvé ta propre fille. Déclara-t-il sans hésiter.

-Je… Comment être sûr de ça Ruvik ? On est peut-être en train de vivre une illusion et si ça se trouve on est encore coincé dans le premier STEM… Le grand brun sentit les larmes lui monter à nouveau et se cacha le visage dans ses mains, n'arrivant pas à supporter le regard si déterminé de Ruvik dans ses propos. Comment pouvait-il être si sûr de lui ? Je ne sais plus sur quoi me baser...

-"Le réel dépasse toujours ce que nous pouvons imaginer", répondit le scientifique en se rappelant d'une citation de Paul Auster, Myra ayant dans sa bibliothèque pas mal de romans de cet auteur qu'il avait consulté par curiosité. Tu pense que les choses étaient plus authentiques quand tu étais seul dans cette maison peut-être ?

L'homme au cheveux blond lui prit les mains pour qu'il le regarde, les larmes de son amant ruisselant alors le long de ses joues. Il avait comprit que Sebastian avait l'habitude de se protéger avec ses mains quelques soit la situation, afin de mettre une distance naturelle à ce qui le blessait. Ruvik se devait de briser cette manie et lécha les gouttes de tristesse du détective avant de reprendre avec calme :

-Tu doute simplement d'être dans le vrai simplement parce que tu pense ne pas avoir le droit d'être heureux Sebastian…Même si à notre échelle la réalité n'est qu'une histoire de perception, je pense que je peux t'aider à prendre conscience que l'on est bien ici et non dans une illusion.

-Je ne vois pas de quelle manière tu peux me le faire prendre consci...QUE! Le grand brun vit soudainement son pantalon ouvert, le scientifique extrayant son sexe hors du boxer en seulement quelques secondes. Ru...Ruvik! Qu'est-ce que tu fous putain ?! Sérieux, j'ai vraiment pas la tête à ça là!

-Au contraire c'est maintenant qu'il faut le faire, contredit le jeune blond avec le plus grand des sérieux en regardant son partenaire. Je sais que je ne suis plus en mesure de demander ça après tout ce que je t'ai fais mais… fais-moi confiance au moins cette fois d'accord ? Je sais très bien ce qu'on s'est dit hier, et j'ai bien conscience que te faire ça ne voudra rien dire quand à notre situation. Tout ce que je veux c'est que tu te laisse faire et que tu ressente simplement les choses… Et après tu me diras si oui ou non tu as l'impression que nous sommes dans une réalité erronée d'accord?

Le grand brun hésita plusieurs secondes avant de rendre réponse, les larmes léchées par Ruvik ayant séchées sur ses joues toujours rouges. Il croisa le regard sincère de Ruvik, celui-ci ne semblait pas être en train de jouer en profitant de sa faiblesse et c'est ce qui le rassura. Le détective finit donc par entrouvrir ses lèvres pour laisser échapper deux petits mots timides :

-Vas-y.

Ruvik de son côté senti son coeur accélérer en contemplant le visage de Sebastian si bouleversé. Jamais encore cette envie de le consoler n'avait été si forte ! Il l'embrassa à nouveau du bout des lèvres en se redressant :

-Tu es si beau Seb, tellement beau, même en larmes...

-Pfff, répondit l'autre en rougissant encore plus, sa tête regardant ailleurs alors que le brûlé s'abaissait de nouveau, ne dis pas de c...HMPF!

Le scientifique l'empêcha de finir sa phrase, ses lèvres capturant le membre encore endormi alors que le grand brun agrippa violemment la couette pour se retenir d'hurler.

La sensation était si intense et ce plaisir si longtemps oublié!

Il pencha sa tête en arrière en sentant l'excitation le gagner rapidement, le petit démon qu'était Ruvik n'avait rien oublié de ses zones les plus érogènes ! Des petits bruits de succions provoqués par ce dernier rendaient le plaisir encore plus concret, son corps se tendant à chaque seconde en l'enveloppant d'une chaleur enivrante. Les sens du grand brun semblaient soudain plus aiguisés alors qu'il fermait les yeux : sentir ces mouvements de va-et-vient ainsi que cette langue humide caresser chaques parties de son pénis de plus en plus dur était déjà très perturbant surtout avec les bruits qui l'accompagnent, mais sa propre respiration haletante lui apportait un ressenti différent, plus intense, comme si l'air était plus chaud et plus pur. Sa propre bouche était en train de lui générer de la salive à cause de la satisfaction que lui procurait son partenaire, le plaisir ayant donc lui-même une saveur.

Il était impossible de créer artificiellement une telle émotion, son corps vibrant jusqu'au plus profond de son âme qu'il vivait dans la réalité du moment.

Le jeune blond accéléra les gestes en sentant le sexe croître dans sa bouche jusqu'à atteindre sa limite et écarta encore plus les jambes du grand brun qui était sur le point de perdre le contrôle.

-Ru...Ruvik! Appela-t-il en ayant beaucoup de difficulté à parler, arrêtes...retires-toi, je ne vais pas tarder à...HAN!

Alors qu'il tentait tant bien que mal de ne pas le salir, le scientifique n'en fit qu'à sa tête et lécha le frein de son pénis avant d'aspirer avec force la zone du gland. L'acte obligea donc le détective à jouir contre sa volonté entre les lèvres de son compagnon qui avala le tout en quelques gorgées. Ce dernier poussa même le vice en attrapant le sexe du bout des doigts, et lécha toute trace de spermes restants jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien, lui-même semblait aimer la jouissance du brun jusqu'à refuser d'en perdre la moindre goutte.

L'inspecteur avait fait de son mieux pour rester silencieux durant tout ce temps, son visage entièrement rouge et couvert de sueur retombant face à son partenaire qui le regarda sans rien dire, ses yeux dorés scrutant le résultat de son travail. Il attendit quelques minutes que Sebastian reprenne son souffle avant de demander :

-Comment tu te sens?

-...Hm...Mieux…

-Tu pense toujours que nous ne sommes pas dans la réalité ?

L'inspecteur mit un certain temps pour répondre, devant mettre le peu de fierté qui lui restait de côté :

-Non, tu avais raison Ruvik. Merci…pour ça...

Sa main caressa gentiment la joue un peu rouge du scientifique après l'effort effectué, ce dernier étant surpris d'un geste aussi affectueux alors que la veille il avait été si froid avec lui. Un sourire de victoire se dessina sur ses lèvres encore humides et il attrapa cette tendre main pour la lui retirer en douceur avant de se lever. Il ne se voyait pas profiter de lui en de telles circonstances, aussi fort qu'il en avait envie.

-Reposes-toi Seb, dit-il en tournant les talons, je m'occupe des deux autr….?!

Alors qu'il était sur le point d'ouvrir la porte, Sebastian l'attrapa à la taille d'un seul coup et l'envoya dans le lit sans ménagement, le grand brun se trouvant au-dessus de lui en quelques secondes pour le dominer.

Le grand brûlé n'eut pas le temps de s'exprimer que les lèvres de Sebastian dévoraient son cou pendant que l'une de ses mains glissa sous son pantalon en venant effleurer le membre du blondinet déjà excité par la prestation précédente. Ruvik voulait aller plus loin mais n'avait rien laissé paraître, son but étant bien de consoler le grand brun et non à le forcer à quoi que ce soit de plus. Un sourire de satisfaction apparut sur les lèvres de Sebastian : Ruvik venait de prouver son amour de la plus belle des manières qui soit mais sa fierté l'empêchait de l'exprimer par des mots, ses actes étant toujours plus lourds de sens quand on savait les analyser...

Heureux, l'inspecteur avait retrouvé un certain entrain et lui murmura alors au creux de son oreille :

-Tu croyais vraiment que j'allais me contenter de ça ?

-Seb! Qu'est-ce que tu fais?… Tu n'es pas en état de… HA!

Ruvik ne pût protester plus longtemps, le grand brun masturbant rapidement le pénis déjà dur de son partenaire et l'interdit de s'exprimer davantage en l'embrassant, sa langue plongeant entre ses fines lèvres. Ruvik se sentit jouir peu après, agréablement surprit d'un tel retournement de situation. Il passa ses bras dans le dos de son amant déjà en train de se déshabiller.

En quelques secondes, leur deux corps brûlants étaient déjà en train de se lier, l'acte se faisant aussi naturellement qu'il y a trois ans. C'étaient comme si rien ne s'était passé, les choses reprenant leur place alors que les sentiments émergeaient avec plus de violence. Ruvik agrippa le lit pour ne pas gémir trop fort à chaque coup puissant que lui portait son partenaire en nage. Ses bandages avaient glissés les uns après les autres en dévoilant sa peau maculée de brûlures. Leur coeur battaient à l'unisson tandis que leur langue respective cherchait continuellement à se battre pour trouver le dominant de cette histoire, Sebastian finissant victorieux. Ce dernier profita quelque instant de son statut d'alpha avant de baisser ses lèvres jusqu'au torse de son compagnon. Il mordilla gentiment l'un de ses tétons avant de lui laisser plusieurs marques de suçons, chose qui fit jouir à nouveau le jeune brûlé dans un long râle silencieux.

A la fin de leur union, Sebastian regarda longuement le scientifique encore essoufflé. Malgré tous les malheurs qu'ils avaient subit ensemble, Ruvik avait, depuis son extraction du STEM, toujours cherché à réparer ses erreurs et fait preuve d'une incroyable considération envers lui. Chacune des ses attentions prouvaient sa sensibilité, contrairement au monstre qu'il s'auto-proclamait être.

A ce moment, Sebastian repensa au moment où il avait disparut hors de ce lit et serra son partenaire avec force sans rien dire. Le jeune blond détecta cependant que quelque chose n'allait pas et lui caressa les cheveux du bout des doigts pour en savoir plus :

-J'ai été aussi bon que ça pour que tu doute encore d'être dans la réalité Seb ?

-Ce n'est pas ça, répondit -il avec plus de sérieux. L'inspecteur hésita un instant avant de préférer se taire sur ce sujet pour ne pas tout gâcher entre eux. Je pense à Leslie, et à Lily… tu penses qu'ils nous ont entendu ?

-Je ne crois pas, on les entend encore rigoler en cuisine… Je pense qu'ils sont vraiment fait pour s'entendre car ils ont la même sensibilité et un passif très similaire à présent. Tu n'as pas à t'inquiéter pour eux…

Le détective s'allongea à côté de lui en passant son bras derrière le scientifique pour lui caresser l'épaule la plus proche du vide.

-Je n'arrive pas encore à croire qu'elle est en vie... en fait, je ne sais même pas si je serais capable d'être un bon père pour elle alors que j'ai pas été foutu d'arrêter définitivement la boisson. J'ai même baissé les bras alors que Myra avait comprit que quelque chose d'anormale s'était passée…

-Arrêtes de te blâmer Seb, répondit sèchement Ruvik et tournant sa tête vers lui. Tu es un héro et un père exceptionnel, tu sauras surmonter ça j'en suis certain. Il parlait tout en caressant la joue mal rasée du brun avant de déplacer tout son corps sur le côté pour être face à lui. Je t'interdis de te dénigrer alors que tu es quelqu'un d'extraordinaire. Après tout, si je t'ai choisi à l'époque c'est bien parce que je voyais quelque chose d'unique en toi…

Le jeune brûlé se redressa ensuite pour l'embrasser, ses joues s'étant soudain couvertes de rouges alors qu'il hésita un instant avant d'ajouter :

-Je n'aime pas te voir souffrir comme ca ni que tu te fasse du mal… parce que je t'aime Seb.

A ces mots, le coeur de Sebastian fut submergé par une vague de bonheur, lui-même se mettant à rougir alors qu'il enlaça son partenaire.

Cependant sa méfiance revint rapidement au galop face à tant de joie encore dure à croire, son regard brutalement sérieux plongeant dans celui de son amant :

-J'ai besoin que tu sois sincère avec moi Ruvik : Est-ce que tu dis ça juste pour me faire plaisir ou bien es-tu vraiment sérieux avec moi, avec nous?

-Que...Évidemment ! S'offusqua le jeune blond, les sourcils froncés en se sentant incompris. Dire qu'il lui avait fallut pas mal de courage pour arriver à se déclarer, quelle injustice après tout ce temps à fantasmer ce moment ! Je te dirais pas ça si je le pensais pas abruti ! Je pensais te l'avoir déjà fait comprendre... Qu'est-ce que je dois faire pour que tu me crois hein?!

-Ne me quitte plus jamais, répondit du tac au tac le jeune brun en le regardant. J'ai besoin de toi Ruvik, si tu pars encore une fois je pense que je ne m'en remettrais pas. Je ne sais pas si tu en as conscience, mais ce fut très dur pour moi de t'accorder ma confiance sans être régulièrement rongé par le doute, je t'ai déjà perdu deux fois et je n'ai absolument pas envie de revivre ça…

Le scientifique resta silencieux un instant, son coeur le faisant souffrir en sachant très bien ce qu'avait dû endurer le grand brun. Lui-même avait une peur folle de l'abandon et il le lui avait brisé le coeur de bien des manières : Que Sebastian lui accorde encore son amour tenait du miracle ! Il s'approcha de lui en l'enlaçant doucement, priant pour que ses mots aient suffisamment de poids pour que le détective sache qu'il les pense vraiment :

-Je te jure de ne plus jamais te quitter quoi qu'il arrive Seb. Si cela doit signifier que je ne dois pas quitter cette maison, ou même d'être attaché pour te rassurer, je l'accepterai sans hésiter.

Le grand brun ne put retenir un sourire à cette réponse, sa main lui caressant une joue en passant son pouce contre ses lèvres :

-Ne me donne pas d'idées que tu pourrais regretter Ruvik…

-C'est pourtant tout à fait quelque chose que je ferais à ta place, répondit-il en léchant le doigt du détective du bout de sa langue.

-Tout ce que je te demande, c'est que tu me prévienne dès que tu sors ou que tu prends la moindre décision importante d'accord ?

-Je te le promets Seb, sur ma vie.

Le couple s'embrassa à nouveau, cette promesse se concluant de la plus belle des manières pour le grand brun tandis que les regrets venaient d'envahir le coeur du scientifique dès qu'il donna sa parole :

Comment avait-il pu faire une telle promesse alors qu'il n'était pas sûr de rester en vie à cause de ses pouvoirs non-maîtrisées ? Il avait bien du mal à contrôler son corps régulièrement prit de tremblement depuis deux mois alors jurer d'être toujours à ses côtés ne pouvait pas être plus absurde et cruel !

Tandis que Sebastian plongeait en lui en offrant tout son amour dans chacun de ses gestes, Ruvik se devait de les accepter en transformant chaque coup comme des sévices agrandissant ses peurs enfouies au plus profond de son corps.

A présent il ne pouvait plus faire marche arrière.