Chapitre 9 : Sans amour – Partie I
Du point de vue de Felicity :
Mon bureau est rempli de papier, ça n'arrive jamais. Je déteste la paperasse. Je la trouve inutile, tout peut se contenir dans un ordinateur. De nos jours, nous ne devrions plus nous retrouver dans une telle situation, je n'arrive pas à mettre la main sur mon stylo rouge ça me rend folle. Je suis certaine l'avoir vu il y a quelques minutes. Je regarde autour de moi en faisant tourner ma chaise. Mais impossible. Je soulève les papiers devant moi, les froissants et les mélangeant au passage. Je finirais par le regretter d'avoir fait ça que je m'en mords la lèvre inférieure. La colère commence à m'envahir. Si je ne mets pas rapidement la main sur ce fichu stylo je vais commettre un meurtre. Je me laisse tomber de ma chaise pour vérifier sous le bureau s'il ne serait pas tomber. Mais non, je me relève et je trouve une silhouette devant mon bureau en costume gris. Je relève les yeux pour voir Oliver heu non Monsieur Queen attendant les bras croisés et le regard vers moi. Mes lunettes me tombent sur le nez et je les remets en place avant de me rassoir sur mon bureau sans un mot.
Il ne m'a pas adressé la parole depuis quatre jours, depuis la soirée au manoir. Je me demande ce qu'il fait ici mais je ne pose pas de question. Je prends place correctement sur ma chaise cherchant à mettre de l'ordre dans mes affaires.
Oliver : « vous avez perdu quelque chose ? »
Je relève la tête vers lui faussement choqué par sa question et le vouvoiement me semble toujours aussi mal approprié qu'il y a quelques jours.
Felicity : « mon stylo mais ce n'est pas grave » Menteuse … « que puis-je faire pour vous ? »
Il sourit avant de rechercher le moyen de reprendre son sérieux. Il jette sur mon bureau un dossier. Encore des papiers sur ma pile de papier. Je regarde le dossier puis relève les yeux vers lui ne cachant pas la colère qui commence à me monter au visage.
Oliver : « j'ai lu votre rapport. La solution que vous envisagez pour la réalisation d'un réseau unique et coût réduit pour la totalité de l'agence est » il cherche ses mots, ridicule ? Surréaliste ? Aussi délirant que notre vouvoiement ? « Intéressante ».
Ce n'est pas ce que j'imaginais, sa réponse est troublante. Est-ce une bonne chose ? Une mauvaise ? Je relève les sourcils et il continue.
Oliver : « Je suis plus que certain que vous arriverez à vos fins et que vous arriverez à mettre en place ce projet rapidement. Le conseil se réunit dans 6 mois. Je ne vous cache pas qu'il faut donc que ce petit projet soit en place. »
Ce petit projet ? Petit ?
Felicity : « en six mois ? Vous pensez qu'il est possible de revoir l'infrastructure complète de cette tour en six mois et permettre à chaque employé de recevoir internet via une source sans électricité en six mois ? »
Oliver : « c'est certain que dit comme ça cela semble impossible. Mais il me faut quelque chose alors à vous de me dire ce que vous pouvez en ce lapse de temps. »
Felicity : « je pense pouvoir réussir à refuser de vous suivre sur un balcon pendant six mois mais pas revoir le fonctionnement d'internet de votre entreprise. Monsieur Queen. »
Il fait le tour de mon bureau avec un air sérieux et je regrette tout à coup la phrase que je viens de dire. Je me raidis sur ma chaise, sans bouger j'attends. Il se penche vers mon oreille. Son parfum mon rend folle. Il pose sa main sur ma cuisse et je regrette tout de suite le choix de la jupe. Il s'ouvre un accès à ma culotte et je déglutis en réalisant la porte toujours ouverte. Il passe son pouce sur culotte et je laisse échapper un gémissement, il sourit. Le salop je le déteste. Je détourne les yeux vers lui. Il me susurre à l'oreille « tu ne refuseras jamais rien ». Comment peut-il me dire ça ? Maintenant il me tutoie ? Mais à quoi joue-t-il ? Il continue de me caresser et il passe sa main sous ma culotte. Je le supplie d'arrêter mais il continue comme s'il ne m'avait pas entendu ou alors mon corps trahit-il mon désire. Le goût de l'interdit me rend dingue. Je cherche sa main et avance légèrement sur ma chaise ce qui lui permet de me pénétrer de deux doigts. Maintenant je gémis fort, trop fort. « Chut on va t'entendre. Tu veux qu'on t'entende ? ». Il enfonce encore plus ses doigts et me caresse le clitoris de son pouce, je sens l'orgasme arriver. « J'arrive Oliver » je ne sais pas pourquoi je dis ça. Je ferme fort les yeux et de sa main libre il tourne mon visage vers lui depuis le menton « ouvre les yeux et regarde moi ». Ces mots suffisent à me faire jouir, il me regarde encore et me sourit en retirant ses doigts.
Felicity : « pourquoi ? »
Ma voix est saccadée, je cherche encore à reprendre mon souffle. Il se relève et s'adosse au bureau. Il regarde. Il sourit. Je le regarde. Je ne souris pas.
Oliver : « pourquoi quoi ? »
Felicity : « pourquoi me toucher ? Pourquoi m'avoir fait l'amour sur le balcon ? »
Oliver : « je n'appelle pas ça faire l'amour »
Cette fois sa voix est dure.
Felicity : « peu importe pourquoi ? »
Oliver : « pourquoi te toucher ? Parce que tu m'as défié. »
Felicity : « je ne suis pas d'humeur ce matin »
Oliver : « pourquoi ? Je vous annonce que vous avez fait du bon travail »
Felicity : encore ce vouvoiement cette fois je me lève de ma chaise arrangeant ma jupe je hurle presque mais pas suffisamment fort pour qu'on entende « parce que vous ne me donnez pas de nouvelles depuis des jours, parce que vous m'avez invité à une soirée pour la passer avec une autre, parce que vous m'annoncer une bonne nouvelle pour minimiser mon travail à petit projet, parce que vous me vouvoyez et me tutoyez quand ça vous prend et parce que je ne mets pas la main sur ce fichu stylo » Je soulève les papiers sur mon bureau et les jettes presque en l'air.
Il marche vers la porte et ferme puis se retourne vers moi et reprend sa place initiale.
Oliver : « vous avez terminé ? »
Felicity : « oui. » Je me rassois sans un mot.
Oliver : « Pourquoi avoir baisé dans le balcon ? C'était la deuxième question ? »
Je fronce les sourcils en le regardant. Ce ne sont pas les mots que j'ai utilisé et je suis inquiète qu'il ne réagisse pas à ma colère.
Oliver : « J'avais envie de vous. Depuis notre première rencontre. J'avoue vous avoir invité avec un but bien précis de vous baiser et baiser encore toute la nuit »
Felicity : « ce n'est pas ce qu'il s'est passé »
Oliver : « je ne veux pas que vous pensez qu'il peut se passer plus »
Je le regarde sans comprendre. Comment ça ?
Oliver : « je ne peux pas vous offrir plus que du sexe. J'ai envie de vous tenir et vous prendre sur ce bureau là tout de suite mais pas de sentiment Felicity je ne peux pas. »
Je me relève. Je ne sais pas ce qu'il me passe par la tête cela ne me ressemble pas du tout.
Felicity : « Et si je te dis que je veux que tu me prennes sur ce bureau et rien de plus ? »
Il sourit pose ses mains sur mes hanches pour me rapprocher de lui. Mon bassin touche son entre jambe et je ressens son désire pour moi.
Oliver : « je ne te dirais rien de plus et je jetterais les papiers que tu trouves si encombrant pour t'allonger dessus et retirer cette culotte en dentelle que j'ai senti tout à l'heure et je te pénétrais sans attendre encore et encore » En disant cela il remue le bassin sur moi et ma respiration s'accélère « et je te ferais crier mon nom jusqu'à ce que tu me supplies d'arrêter. »
Il s'éloigne de moi sur ces mots et me laisse tremblante retomber sur ma chaise. Il fait de nouveau le tour du bureau pour laisser une distance acceptable entre nous. La porte s'ouvre sans attendre sur Chase que je regarde vivement priant pour qu'il ne remarque pas le rouge sur mes joues. Il sert la main d'Oliver et je replace mon attention sur le grand sourire d'Oliver à cet instant. Je ne l'avais pas encore vu si souriant. Il se retourne vers moi et s'avance vers le bureau alors que Chase reste de marbre comme si la situation était tout à fait normale.
Oliver : « je vais vous laisser » dit-il doucement.
Il regarde mes lèvres alors que je trouve à peine la force d'ajouter un « quoi ? » silencieux. Il sourit. Passe une main derrière mes cheveux. Je les ressens qui retombent sur mes épaules. Sa main revient devant mon visage, le stylo planté entre ses doigts.
Je lui prends des mains avec un sourire qu'il me rend. Il caresse le revers de ma main avant de se lever faire un signe de tête à Chase rendu et diriger vers la porte « elle est tout à toi » ajoute-t-il en ouvrant il me regarde une dernière fois pendant que Chase s'assoie en face de moi et il me fait un clin d'œil. Mon cœur répond instantanément à ce geste et je perds presque tout mes moyens incapables de respirer pendant une brève seconde.
