Salut à tous, voilà la suite ! De mon côté, j'ai une petite avance dans les chapitres, même si ce n'est pas grand-chose. J'entame la rédaction du 7ème à l'heure où j'écris ces lignes. Je compte sur les vacances (enfin ce qu'il en reste) pour prendre un maximum d'avance, car je sais qu'à ma rentrée en DUT, j'aurais fatalement beaucoup moins de temps pour écrire. A ce moment-là, peut-être devrais-je vous faire patienter non pas une, mais deux semaines entre deux chapitres. J'aviserai le moment venu en fonction de mon avance.

One Piece ne m'appartient pas, excepté mes OC.


Chapitre 3 : Un mauvais départ,
ou quand vous essayer de fuir, il est préférable de regarder droit devant soi plutôt que derrière pour voir où en sont les autres, et se prendre le décor en pleine face comme dans Mario Kart.

Non d'un kiwi !
Je suis sur le cul, littéralement.
J'ai fini par poser mon fessier contre les pavés, me retrouvant d'avantage surplombée par l'immense potence qui se dresse devant moi, cinquante mètres plus loin. Et le déclic se fait : Loguetown, mais oui bien sûr ! La ville où tout se commence, et tout se termine ! Je n'ai pas réalisé tout de suite lorsqu'on m'a dit le nom de cet endroit, mais maintenant tout est clair. Je suis dans la ville où est née, puis mort, Gol D. Roger… NON MAIS ATTENDEZ ! MIEUX QUE ÇA ! JE SUIS DANS… One Piece ? Je lâche malgré moi un cri mi-hystérique, mi-horrifié, obtenant l'attention des passants qui doivent se demander si j'ai toute ma tête. Puis je me relève et me dirige vers la potence, aussi près qu'il m'est permis de l'approcher, alors que les questions jouent au bowling dans ma tête, se heurtant encore et encore dans un fracas tel que j'ai bien du mal à ne pas me mettre à penser à voix haute. Je me retiens tant bien que mal, sachant que ça ne fera qu'attirer l'attention sur moi. Oh bon sang, mais c'est totalement dingue !

Je me fige dans mon excitation mêlée à la panique, mes états d'âme retombant tout aussi vite. Puis je glisse doucement une main dans mon sac, laquelle se referme avec lenteur sur l'artéfact de pierre que j'ai acheté un peu plus tôt chez un antiquaire. Tout ceci est arrivé après que je me sois mise à tripoter cette sphère, puis qu'elle se soit ouverte dans un flash lumineux. C'est cet objet qui m'a amené ici, je ne vois pas ce que ça serait d'autre, donc… Peut-être bien qu'il est aussi la clef pour me permettre de rentrer chez moi. Mais pourtant elle n'a plus réagi après ce qui s'est passé à l'hôtel. Et son contact est si froid, maintenant… Je l'expose de nouveau à mon regard, cherchant à trouver des réponses qu'elle ne me donne pas bien sûr, avant de lâcher un soupir. J'ai entre mes mains la clef de ma venue ici, et probablement celle de mon retour, car après tout si le voyage est possible dans un sens, pourquoi pas dans l'autre ? Et pourtant, j'ai la sensation que faire le chemin inverse ne va pas être aussi aisé. Je choisis de replacer la sphère dans mon sac, préférant attendre de trouver un endroit et un moment au calme, isolée, pour retenter ma chance plus tard.

« Elle est là ! »

Le cri soudain me fait sursauter, entraînant également une volte-face de ma part. J'aperçois le serveur avec lequel je faisais équipe en terrasse, le doigt pointé vers moi, et flanqué de deux marines qui foncent aussitôt dans ma direction. Je prends peur à la vue de leur fusil, puis comme accessoirement je ne tiens pas non plus à avoir des problèmes avec ces gens-là à peine débarquée dans One Piece, je ne réfléchis pas : je prends mes jambes à mon cou ! Slalomant parmi la foule de manière agile mais tout de même beaucoup moins spectaculaire que dans une bonne scène d'action au cinéma, je parcours une centaine de mètres, tourne la tête derrière moi tout en continuant ma route, puis… Mon visage vient violemment heurter quelqu'un, si bien que je me retrouve encore sur le cul une seconde fois, sonnée par l'impact. Je sens une main me broyer le bras alors que je reprends mes esprits. Le marine m'ayant attrapé me somme de me relever en tirant mon bras, tandis que je vois passer son collègue à toute allure devant moi sans comprendre. Mon regard s'attarde sur un béret bleu marine au sol. Celui de la personne que j'ai percuté peut-être ? Je n'ai pas le temps d'approfondir la question, on m'emmène d'une poigne de fer à travers les rues de la ville.


Sérieusement, pourquoi il faut que ça tombe sur moi ? J'aurai pu vivre une aventure trépidante en compagnie d'un célèbre équipage comme celui du Roux ou de Barbe Blanche, devenir pote avec un maximum de personnages tellement classes, vivre une romance dangereuse mais passionnante avec Kidd ou Law, et pourquoi pas me retrouver avec des pouvoirs trop cheatés comme un Fruit du Démon ou le Haki. Un peu comme toutes ces héroïnes de fanfictions à la noix que j'adore et que je lis sur Internet. MAIS NON. Je n'ai rien de tout ça, et maintenant je me retrouve à poireauter depuis sûrement plusieurs heures dans une cellule puant l'humidité, aux murs gris et tristes à pleurer. Ne pas avoir eu l'occasion d'apercevoir Smoker ou Tashigi ne m'offre même pas un prétexte pour positiver un minimum. D'accord, je suis dans le monde de One Piece, c'est génial, tout ça, et je commence à assimiler cette idée petit à petit malgré le côté complètement fou, barge, improbable et taré de la chose. Mais si ce n'est pas pour profiter un peu des côtés agréables, où est l'intérêt me direz-vous ?

Il faut plutôt que je pense à rentrer chez moi, et cela passe par récupérer mon sac qui m'a été confisqué, avec l'artéfact sphérique dedans. J'ai convenu avec moi-même de lui donner le petit nom de Racaillou, malgré l'absence de ressemblance entre les deux, si ce n'est leur nature minérale. Voilà qui prouve à quel point je sombre dans l'ennui dans cette cellule pour parvenir à penser à des choses aussi ridicules…

Je lâche un soupir, au moins le vingtième depuis que je suis enfermée, pour tenter d'évacuer toutes ces mauvaises émotions. Agacement et inquiétude, le duo qui m'accompagne depuis que je suis dans cette cellule. Je tente de relativiser : c'est pas très grave, un repas non payé, surtout que j'avais déjà bien entamé le remboursement de ma dette, et qu'il serait dès à présent terminé si je n'avais pas perdu mon sang froid sur la terrasse. Je m'en veux un peu plus à chaque fois que je me repasse la scène en boucle dans mon esprit, et je ne peux même pas demander à quelqu'un de se mettre à ma place, de me comprendre. Si je raconte que je viens d'un autre monde, on va me prendre une folle. Enfin bref, pour en revenir à cette histoire, je ne pense pas qu'on me retienne bien longtemps. C'est juste pour l'exemple, pour me faire filer droit par la suite, et me faire un peu peur. C'est ce que j'espère en tout cas, que d'ici demain au plus tard, on me laissera sortir.
Et après… Après, je n'en sais rien.

Des éclats de voix dans le couloir me font sortir de mes pensées, et je vois passer devant les barreaux de ma cellule, un marine conduisant un jeune homme roux et menotté, compliquant la tâche du soldat en se débattant comme il peut. Je me fais brièvement la réflexion que pour le coup, il est vraiment roux lui, pas comme Shanks ou Eustass dont les cheveux tirent plutôt vers le rouge. Son regard croise le mien tandis que le marine menace de le frapper pour qu'il se tienne à carreaux, et ses yeux s'agrandissent sans que je ne comprenne pourquoi. Il est alors entraîné sans que j'en vois d'avantage, et j'entends la porte de la cellule voisine à la mienne s'ouvrir en grinçant, suivie d'un bruit mat, puis refermée et verrouillée. Le marine passe à nouveau devant moi sans me prêter attention, la paire de menotte à la main.

Intriguée par l'éclat de surprise que j'ai perçu dans ses yeux, je m'approche des barreaux, puis vient m'asseoir par terre dos au mur qui sépare nos deux cellules, les genoux ramenés vers moi, mes mains dessus. Après un moment de silence hésitant, je finir par me jeter à l'eau.

« Heu, salut… Pourquoi tu as eu l'air étonné en me voyant tout à l'heure ? »

Seul le silence me répond au fur et à mesure que les secondes passent. J'attends encore un peu, avant de toquer au mur derrière moi pour attirer son attention. Il ne peut pas ne pas m'entendre, lui aussi il n'est séparé du couloir que par des barreaux.

« C'est à toi que je parle. »

La gêne vient gagner mes joues en une teinte rose sur celles-ci. Disons-le franchement, je me sens un peu conne à parler toute seule sans recevoir de réponse, alors je finis par me renfrogner et tourner la tête vers le fond de ma cellule.

« C'est de ta faute si je suis là. »

Son timbre est plus rauque que je ne m'y attendais et me laisse songeuse un instant, avant que mon cerveau ne se décide à assimiler le sens de ses paroles.

« Ma faute ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Tu m'es rentré dedans un peu plus tôt, t'as déjà oublié ? ricane-t-il. Un des marines qui te poursuivaient m'a reconnu et m'a pris en chasse aussi. Je pensais réussi à l'avoir semé, mais au final… Me voilà coincé ici.

- Ah, bah… Désolée. »

Sincèrement, je ne vois pas quoi lui dire d'autre, d'autant plus que je ne me sens même pas réellement désolée pour lui en fait. A ce que je crois comprendre, il doit être recherché, et je ne pense pas que ce soit pour une simple affaire de restaurant comme moi.

« Ah ça, tu peux l'être ! A cause de toi mon équipage va se demander où je suis passé…

- Ah, un équipage ? T'es un pirate alors ? Tu crois que tes camarades vont venir te sauver ?

- J'aime autant pas qu'ils l'apprennent, je leur laisserai pas le temps de le savoir…

- Comment ça ? Tu veux essayer de t'échapper, alors que ça grouille de marines ? »

Maintenant que je me souviens, Loguetown est plutôt bien fourni en soldats, vu qu'elle se situe pile avant le passage pour accéder à Grandline. En tout cas, je crois que ma question a été celle de trop, car le rouquin me répond par un soupir dédaigneux auquel vient s'accoler le silence. Celui-ci ne tarde pas à être troublé par de nouveaux bruits de pas. Un marine vient se poster devant ma cellule, puis m'ordonne de reculer vers le fond de celle-ci. Je m'exécute, non sans une certaine impatience. Il me fait sortir comme je m'y attendais, me tenant d'une main ferme par l'épaule, me conduisant dans un dédale de couloirs. Nous finissons par arriver dans un coin du bâtiment qui semble être dédié à des bureaux, et je suis guidée dans une salle pauvre en mobilier et absolument vierge de toute décoration. Deux chaises, séparées par une table. Tout ceci fait très salle d'interrogatoire…

La main sur mon épaule exerce une pression pour m'indiquer de m'asseoir sur la chaise derrière la table et m'empêcher toute retraite, le marine restant derrière moi. Sûrement qu'on va me demander de m'expliquer. Ça ne m'angoisse pas plus que ça. J'ai merdé, et je ne compte pas le nier. En même temps, je pense pouvoir m'expliquer quelques circonstances atténuantes, notamment au niveau de cette histoire d'argent, puis de ma « fuite » du restaurant, en les adaptant un peu sans trop mentir pour autant.

C'est alors que je lève un peu le nez, apercevant un escargophone de surveillance en haut de la pièce, que la porte s'ouvre sur un marine. Celui-ci est d'une taille banale pour un homme, les cheveux coupés très courts, un air sévère sur le visage qui le fait paraitre quelque peu ridicule et peu crédible avec son gros pif en trompette. Ça lui donne plus l'air coincé qu'autre chose. Je n'ai jamais fait trop attention s'il y avait des signes d'instinctifs pour distinguer les différents grades entre eux, si ce n'est que certains marines portent des manteaux avec un symbole voulant dire « justice » dans le dos, si ma mémoire est bonne. Celui devant moi n'en a pas, mais à son maintien et son regard, soit ses chevilles devraient être aussi épaisses que ses cuisses, soit ce n'est pas un simple bidasse. Il prend place face à moi, pose ses coudes sur la table et croise ses mains au-dessus de celle-ci.

« Sergent Kain, en charge de cette première partie de l'interrogatoire. Vous êtes ici suite à une plainte déposée à votre encontre, on vous accuse de ne pas avoir payer votre repas pris au Gamanla, puis de vous être enfuie. Présentez-vous, puis expliquez-vous. »

Ce que je fais. Puis je lui explique que j'avais bien de l'argent pour payer, mais pas dans la monnaie utilisée sur cette île. Que j'étais arrivée ici par hasard par bateau, sans donner de détails, et que je ne savais pas vraiment ou j'avais atterri. Que lorsque j'avais appris que j'étais à Loguetown et que la place où était mort le Seigneur des Pirates se trouvait à deux pas du restaurant, que je n'avais pas réfléchi en l'apprenant et que je m'étais empressée de m'y rendre pour voir cet endroit symbolique de mes propres yeux.

Je me débrouille pas trop mal pour improviser dans mon récit, et plus je progresse dans celui-ci, plus je me rends compte des limites de mes mensonges visant à garder mon secret. S'ils poussent jusqu'à fouiller dans les registres des bateaux arrivés récemment, ils se rendront compte que je n'étais sur aucun d'entre eux. Déjà que le sergent ne comprend pas très bien mon histoire d'argent vu que le Berry est répandu partout… Nous sentons tous les deux les failles de mon discours, mais je reste la plus sereine possible. Je conclus en lui disant que j'ai conscience de mes actes, et que je m'en repends sincèrement. Sur ce point-là au moins, je pense qu'il n'en doute pas. Me toisant une dernière fois d'un regard parfaitement impénétrable et indéchiffrable, le sergent finit par se lever puis par quitter la pièce dans le même mouvement, sans un mot. Je reste là un moment, pensant tout d'abord que mon gardien et moi allons partir aussi, mais sa main se fait toujours pesante sur mon épaule. La porte s'ouvre à nouveau, mais ce n'est pas le sergent Kain cette fois-ci. Mes instincts enfouis de fangirl refont brutalement surface, pourtant presque aussitôt étouffée par une certaine angoisse à voir cet homme-là, simplement pour mon petit cas de pas grand-chose. Face à moi, sur cette foutue chaise de métal qui doit être à peu près aussi confortable que la mienne, prend place le colosse alors qu'une désagréable odeur de tabac me parvient.
Je sens alors le regard pesant de Smoker sur ma personne…


J'ai coupé plus tôt que ce que j'avais prévu initialement, mais le moment me semblait bon. Sinon le chapitre aurait été deux fois plus long. Au moins, ça vous donne une certaine régularité, je sais que certains lecteurs n'aiment pas trop quand les chapitres sont trop longs ou inégaux entre eux en termes de longueur. A mes yeux, c'est un détail, mais bon…

Dans le prochain chapitre, vous saurez (enfin) le prénom de notre miss, et celui du rouquin en prime !