Je n'ai pas tout à fait le même âge que Kidd, mais cela dit, lui et moi partageons la même date d'anniversaire, le 10 janvier. C'est un signe que le destin m'envoie, je vous le dis ! En parlant de Kidd et de sa clique, vous aurez l'occasion de les voir, c'est prévu. Cela dit, si je connais déjà les circonstances, je ne saurais vous dire quand, mais sûrement pas avant un loooong moment, plutôt dans le deuxième arc que je dessine petit à petit dans ma tête. Mais bref.
One Piece ne m'appartient pas, excepté mes OC.
Chapitre 4 : Un début de réponse
ou il y a parfois des vérités dont on se passerait bien, mais si on les ignorait, on serait davantage dans la merde.
Smoker. J'aurais presque pu m'extasier de le voir d'aussi près, en chair et en os. Presque.
Il faut bien reconnaître qu'il est plutôt bel homme selon mes critères, quoiqu'un peu vieux, et de le voir là, à peine séparé de moi par la table, je peux vous dire que ça vaut le coup de se faire enfumer par ses fichus cigares. Enfin ce n'est pas vraiment le moment le plus opportun pour jouer les fangirls à l'esprit mal placé en laissant mon regard s'égarer… D'ailleurs je jette juste un rapide coup d'œil global, pour juger de la carrure imposante du bonhomme. Entre le voir dans le manga, puis en vrai, il y a un tout un monde, littéralement et sans mauvaise blague. C'est fou quoi, j'ai l'air toute fragile à côté de lui, alors que j'ai une corpulence banale. Alors que mon esprit est accaparé par ces pensées et que je ne me focalise plus sur le regard sombre que Smoker me lance, sa main s'abat sans prévenir sur la table, me faisant sursauter. Celle-ci y laisse, ô surprise, ma sphère de pierre, avant de venir se caler dans sa jumelle, toutes deux réunies sous le menton de Smoker.
« Mes hommes ont trouvé ceci dans vos affaires. Je serai curieux de savoir comment cet objet s'est retrouvé entre vos mains. »
Je demeure muette un long moment, m'interrogeant sur le sens de tous ceci. Déjà que je ne m'attendais pas à le voir se mêler de mon cas, une affaire pour le moins banale et sans intérêt, et maintenant voilà qu'il me pose une question toute simple, mais qui pourtant m'étonne et m'interroge. Je me rends compte que quelque chose va rapidement me faire défaut : je ne connais pas le manga sur le bout des doigts, loin de là. Mes connaissances de celui-ci sont imparfaites et incomplètes, il n'y a que certaines choses que je connais, n'ayant pas lu tous les tomes. Et si cette sphère est un objet connu de ce monde ? S'il avait une signification particulière ou je ne sais quoi ? Car après tout, à sa tête et pour qu'il fasse lui-même le déplacement juste pour ça, c'est que quelque chose ne va pas, mais alors pas du tout. Qu'est-ce que ce serait d'autre sinon ? Sentant que Smoker commence à s'impatienter et s'apprête à rempiler avec une nouvelle question, j'ouvre finalement la bouche.
« Je l'ai acheté chez un antiquaire. Mais je ne comprends pas, pourquoi venir me parler de cet objet ?
- Quel antiquaire ? Où ? » me demande-t-il en balayant ma question, ce qui me laisse quelque peu dans l'embarras car je ne sais pas quoi lui répondre. Les premiers mots auxquels je pense sortent aussitôt de ma bouche, tandis que je cherche une échappatoire.
« Alabasta. Mais je ne me souviens plus du nom de la boutique. »
Sur le coup, je me rends compte que j'ai répondu trop vite, bafouillant quelque peu. Je suis capable de plutôt bien mentir quand je prémédite mon coup, mais pas là comme ça, en étant totalement prise au dépourvu. C'est encore pire qu'avec le type d'avant, là je ne sais pas du tout quoi inventer, je ne me suis pas préparée à ça ! Le doute ressort clairement du grognement qu'il émet en guise de réponse, sans doute est-il à peu près aussi convaincu que moi par ma réponse, c'est-à-dire aucunement… Il fallait bien que je dise un truc, mais pourquoi Alabasta ? La couleur de la pierre, qui me rappelle celle du sable, puis le fait qu'elle était chaude auparavant. Le sable et la chaleur, voilà ce qui m'a fait dire Alabasta sans réfléchir.
Smoker reprend d'une voix plus lente, menaçante.
« Vous ne dîtes pas la vérité. J'le sens, et vous le savez aussi. Alors je vais aller droit au but et vous le demander clairement. – il prit ma sphère d'une main, orientant les symboles l'ornant vers moi – Que fabriquez-vous avec cet objet orné des mêmes symboles que ceux des Ponéglyphes, et où l'avez-vous vraiment eu, nom d'un chien ?! »
Je perds la contenance qu'il me reste en entendant ses mots et me sens pâlir, un sentiment d'effarement s'emparant de moi. Des Ponéglyphes ? Leurs symboles ? Bon sang, mais merde… J'ai pas pensé un seul instant que ça pouvait être ça ! J'en ai tellement peu vu dans le manga. La seule apparition de ces espèces de glyphes dont j'ai connaissance, c'est à Alabasta. Coïncidence, quand tu nous tiens…
En attendant, à la tête que je tire et que Smoker ne rate pas, je crois que j'ai perdu tout bénéfice du doute à ses yeux. Je tente quand même de rattraper le coup.
« Je ne savais pas que c'en était ! Et comment j'aurais pu le savoir, j'en ai jamais vu ! Vous savez bien comme moi que le Gouvernement interdit les recherches à ce sujet !
- Exactement, mais dans ce cas je me demande bien pourquoi vous mentez si vous ne saviez pas de quoi il s'agissait. De plus, rien que le fait de détenir cet objet peut vous valoir des ennuis. Vous ne verrez donc pas d'inconvénient à ce que je le mette sous clef…
- NON ! »
Merde ! Je sens la poigne du marin à l'arrière, sur mon épaule, se resserrer pour m'empêcher de me lever dans le même temps où je m'exclame. J'ai réagi trop vite sans réfléchir, acculée par la situation et la pression qu'il me met, alors que j'ai besoin de cette sphère pour comprendre ce qui s'est passé, et peut-être rentrer chez moi. Ajoutons à cela cette histoire de Ponéglyphes qui ne fait qu'amener de nouvelles questions…
Smoker se relève, s'emparant de ma pierre.
« Peut-être qu'un retour dans votre cellule vous donnera l'occasion de réfléchir. Pensez-y. Vous risquez très gros, alors jouez franc jeu la prochaine fois. Mentir davantage ne vous sera pas profitable. Il va falloir vous le fourrez dans le crâne : vous avez déjà des ennuis, n'aggravez pas votre cas. »
Et il me laisse en plan dans la pièce sur cette dernière déclaration, alors que j'enrage au fond de moi. Mon gardien me ramène, comme promis par Smoker, dans ma cellule, et je commence à me résoudre à l'idée que je vais devoir supporter ces murs gris encore un moment. Mais pour combien de temps encore ? Et après ? Comment tout ça va-t-il finir ?
Je ne sais pas beaucoup de choses à propos de ces glyphes, bien que je me sois spoilée un peu, on en apprend très peu à leur sujet. En revanche, je me souviens de l'acharnement que semble avoir le Gouvernement envers les gens qui veulent les étudier, eux et le siècle oublié. Il suffit de se pencher sur le cas de Robin. Et tout cela m'inquiète, car pour le coup, je n'ai plus trop l'espoir de sortir rapidement d'ici. Je crois même que mon futur ici devient incertain… Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir me faire ? Est-ce qu'on va me condamner parce que j'avais cette pierre gravée des mêmes symboles que ceux des Ponéglyphes ? J'essaie de ne pas laisser mon imagination et mon angoisse prendre le dessus. D'être ici, dans One Piece, sur le papier ça a tout du pur bonheur quand on est fan du manga. Pourtant, être ici me stresse profondément. Je connais mal ce monde, je ne vois pas comment je vais réussir à m'y débrouiller seule si je passe le cap de ma détention. Je n'ai d'emprise sur rien, je contrôle que dalle et je suis faible. Ici, je ne suis pas à ma place, et je ne rien y faire car j'ignore comment rentrer chez moi…
« Tu caches bien ton jeu en fait. »
Je sursaute, relevant la tête. Alors que je m'apitoyais sur mon sort, je me suis remise dans la même position que tout à l'heure, dos au mur, repliée sur moi-même. La voix de mon rouquin de voisin de cellule s'élève à nouveau.
« En te voyant comme ça, on dirait pourtant pas que t'as des choses à te reprocher.
- De quoi tu parles ?
- J'ai entendu deux marines en parler tout à l'heure. Tu t'intéresses aux Ponéglyphes, tout ça ? T'as pas froid aux yeux, si y'a bien un des crimes les plus sévèrement punis, celui-ci en fait partie. »
Je secoue la tête en soupirant.
« Non, tu te trompes, c'est un malentendu…
- Ah oui ? T'as intérêt à vite le dissiper alors.
- Je m'en doute, et puis j'ai aucune envie de croupir des années dans une cellule juste à cause de ça. »
Un long silence accueille ma remarque, et je pense un instant que c'en est terminé pour lui de notre conversation, avant qu'il ne reprenne.
« Ils vont pas t'enfermer pour ça. Ils vont t'exécuter pour faire un exemple, à ce qui paraît. Enfin c'est ce qui avait l'air de se décider. Le Gouvernement rigole pas avec ça.
- Q-Quoi ? Mais n'importe quoi ! Enfin c'est ridicule, on n'exécute pas les gens pour si peu !
- Malheureusement, des fois si. Je les ai entendu, peu après que tu sois partie. Ca avait l'air d'avoir été décidé dès l'instant où ils ont trouvé une preuve contre toi.
- T'en es bien sûr ? Mais… Si tout était déjà décidé pourquoi m'avoir interrogé… ? C'est quand même pas Smoker qui a décrété ça ?
- Qui ça ? Tu parles du Colonel ? Franchement, j'en ai aucune idée. En tout cas, quoique la Marine décide de faire de toi, tu peux être certaine que ce sera pas un sort enviable. »
A vrai dire, je ne prête pas attention à sa réponse. De qui vient l'ordre, je m'en contrefous car je suis en train de réaliser peu à peu que si je reste ici… Soit je m'entête dans mes mensonges, et comme aucun n'est crédible ou du moins assez facilement vérifiable, on finira par me considérer que j'ai acheté cette sphère en pleine connaissance de cause. Donc je serai déclarée coupable d'un crime absurde qui aura été de posséder un vulgaire caillou ancien, et on me tuera apparemment pour cette seule et unique raison. Soit je sauve ma peau en m'évadant d'ici. L'idée d'essayer de leur expliquer mon histoire ne m'effleure même pas l'esprit. Soit on me dira que c'est une affabulation de plus tellement elle est dingue et tellement j'ai du mal à y croire moi-même, soit… Je n'ai pas trop envie de connaître l'autre possibilité, mais tout un tas de scénarios et d'images peu agréables me viennent en tête.
Bon. Quelqu'un a le tome « L'évasion pour les nuls », ou bien un guide du routard de Loguetown et sa base de la Marine, avec les cartes, tout ça ? Non, bien évidemment… Assommer le garde qui viendra me servir à manger, ça peut marcher ? Non, je peux pas le surprendre, il me verra à travers les barreaux alors je peux pas le prendre par surprise, puis j'ai juste mes poings pour ça, aucun objet contondant… Faire le mort ? Feindre d'être subitement et terriblement malade ? Bordel, on dirait quelqu'un qui cherche une excuse pour sécher les cours, pas pour s'évader de taule… Je savais bien que j'aurais dû me passionner pour la série Prison Break, je suis sûre que ça aurait pu me donner des idées plus élaborées que ça, si j'avais su… Oh. Mais bien sûr !
« Hé, le rouquin ! » que je gueule un coup, avant de reprendre sur un ton plus bas et conspirateur. « Tout à l'heure, avant que je m'absente, t'avais l'air de sous-entendre que t'allais t'évader, pas vrai ?
- Ouais. T'inquiète pas, je te ferai coucou en partant.
- Hein ? Hé non mais, attends, si tu sors, tu pourrais me faire sortir aussi, non… ?
- Et pourquoi je ferai ça ? Je te rappelle que c'est à cause de toi si je suis là.
- Mais tu l'as dit toi-même, si je reste là, je risque d'y laisser ma peau ! J'ai rien fait qui puisse justifier ça ! Allez quoi, tu pourras jamais t'évader tout seul, cette ville grouille de marines, tu vas bien avoir besoin d'un coup de main ! »
Seul le silence me répond, troublé par le léger écho de mes chuchotements qui s'amplifient, tantôt pour tenter de convaincre le rouquin, tantôt pour commencer à tempêter après lui. Merde alors ! S'il a les moyens de sortir de là, ça lui coûte rien de me filer un coup de main ! Juste pour me faire sortir de ma cellule, et au pire je me débrouillerai pour la suite, mais je n'irai nulle part si personne ne m'ouvre cette fichue grille ! J'ai rien pour la crocheter. Et puis de toute manière après réflexion, y'a bien que dans Skyrim où j'arriverai à le faire…
Et le temps s'écoule encore, ou plutôt il refuse de le faire. En vrai, ça doit bien faire seulement dix minutes que je suis de retour en cellule, mais j'ai l'impression que ça fait trois longues heures que j'attends tout en me torturant l'esprit sur ce qui va m'arriver ou sur des idées improbables pour me sortir de là. Ça me donne l'impression d'être revenue sur les bancs de l'école, au lycée, où chaque minute de cours passée me donnait l'impression d'avoir vécue une décennie. Puis à la sonnerie, je retrouvais toute ma jeunesse et ma vigueur comme par ma magie. Dire que j'étais tellement heureuse d'être sortie de tout ça pour enfin me tourner vers des études qui m'intéressaient. Me voilà pourtant de nouveau accablée par cette même sensation…
Après un moment passé à attendre sans la moindre notion du temps, j'entends finalement des pas résonner sur le même sol froid où repose mon derrière, lequel commence à trouver désagréable d'être assis par terre. C'est le même type que m'a sorti de ma cellule tout à l'heure, sauf qu'il arrive avec un plateau entre les mains. Rien de bien fou, juste un pichet qui doit contenir de l'eau, un morceau de pain, et un autre qui me semble être du fromage. Hé mais… ET MOI ALORS ?! Je le vois dépasser ma cellule sans se préoccuper de ma personne, visiblement pour apporter le plateau à mon voisin. J'entends un cliquetis suivit d'un grincement, m'indiquant qu'il a ouvert la porte pour donner le plateau de nourriture au rouquin. Sauf qu'au lieu d'entendre à nouveau la même chose indiquant qu'il referme et repart, j'entends un bruit que je n'identifie pas, suivi de brefs sons évoquant une lutte silencieuse, pour se conclure par un grognement. Et plus rien. Alors je le vois, là, tout souriant devant ma cellule, comme pour me narguer et se foutre de ma gueule. Ce fichu rouquin ! Non mais j'y crois pas, il a fait le même coup auquel je pensais, autrement dit assommer le gardien… BORDEL, MAIS CA MARCHE VRAIMENT UN TRUC AUSSI SIMPLE ?!
Son geste me prend de court avant que je ne prononce quoique ce soit. Faisant tourner un trousseau de clefs autour de son index, il s'empare alors de l'une d'entre elle et tente d'ouvrir ma cellule. Chose qui arrive finalement au bout de trois essais de clef infructueux. Je le regarde, à la fois heureuse, reconnaissante, mais avec aussi de l'incompréhension.
« Bon ça va, arrête de me regarder comme ça et amène-toi. Faut qu'on se tire de là. »
J'acquiesce vivement à ses paroles, trop contente de sortir de ma cellule, voir même de cette base de la marine si on ne se rate pas.
« Au fait, je m'appelle Kahan. Et toi ? » me demande-t-il.
« Gillian. Gillian Guibert ! »
En sa compagnie, et en admettant que ma chance allait tourner, je me surpris moi-même par mon regain d'optimisme qui me disait que j'allais peut-être réussir à me sortir de cette situation délicate dans laquelle je m'étais fourrée malgré moi.
Et voilà, vous n'avez plus de prétexte pour appeler mon OC principal « Micheline », ou autres petits surnoms affectifs, n'est-ce pas ? *regarde ses lecteurs parfaitement au hasard*
A la semaine prochaine !
