C'est la crise, trop de taf, les études, tout ça, bref. Je n'ai pas eu l'occasion d'écrire depuis cet été, mais je vous livre quand même l'un des deux chapitres que j'ai sous le coude.
Beaucoup de blablah et pas d'action dans ce chapitre, mais c'était nécessaire. J'espère qu'il ne vous ennuiera pas trop.
One Piece ne m'appartient pas, excepté mes OC.
Chapitre 6 : Première traversée et choix
« Quand tu ne sais pas où tu vas, souviens-toi d'où tu viens. » – Proverbe Africain
Le contact de la main de Kahan me fait l'effet d'un électrochoc, une prise fragile sur la réalité : moi pendue au-dessus des flots, et lui penché sur la rambarde, presque plié en deux sur celle-ci, ne me retenant que par le poignet. Mon seul lien avec le navire, ma seule chance de remonter pour me hisser à bord. Il en a déjà beaucoup fait depuis notre évasion, courant à un rythme soutenu, affrontant des soldats, puis semant ceux à notre poursuite. Et pourtant je le vois donner toutes ses forces pour me hisser et m'amener à lui. Je parviens à m'accrocher à la rambarde, le soulageant en partie de mon poids, avant qu'il ne m'aide à passer par-dessus. Je me laisse tomber sur le ventre sur le plancher, haletante et épuisée, ne prenant même pas la peine de me retourner sur le dos.
« … Merci. »
Merci, et pas seulement pour m'avoir hissé sur le bateau. C'est un merci pour tout ce qu'il a fait pour moi en un laps de temps record. Mais Kahan ne répond rien. Il ne me regarde même pas. Sans doute commence-t-il à en avoir assez de me sauver la mise pour la 10ème fois de la journée. A sa place, je comprendrai… C'est lui qui a tout fait pour nous sortir de là. Pas une seule fois je n'ai pu lui rendre la pareil ou me montrer utile. Je n'ai été qu'un poids mort sur toute la ligne, et je réalise qu'il aurait très bien pu quitter l'île sans l'aide de qui que ce soit finalement. Et cela me rend profondément mal à l'aise, d'autant que si je m'écoutais, je lui réclamerai bien encore son aide pour un moment.
« Faut pas qu'on reste là. Il faudrait qu'on arrive à se glisser dans la cale et s'y planquer, histoire d'être tranquille jusqu'à ce que le navire atteigne une autre île. »
Son ton est sans chaleur, et reflète la fatigue ou la lassitude qui doit commencer à finalement le gagner. Nous nous levons malgré notre envie semble-t-il commune de rester là et de nous reposer en attendant que le temps passe. Le soleil décline lentement, comme s'il allait volontairement se laisser engloutir par l'étendue d'azur salé qui s'étale sous mes yeux. Je commence à avoir vraiment faim, mais ce n'est rien comparé à mon envie de dormir. La fatigue commence à me coller à la peau comme l'odeur de sueur provoqué par mes efforts physique et le stress de ces dernières heures. Pourtant, je sens que je suis loin d'être au bout de mes peines, que tout ceci n'est même que le début. Je n'arrive même plus à mettre de l'ordre dans mes pensées, et la question de savoir ce que je vais faire maintenant me trotte dans la tête sans trouver de réponse, rebondissant mollement contre les parois de mon cerveau exténué.
A ce que je vois, Kahan trouve encore la force d'être aux aguets, et je le suis alors qu'il se glisse telle une ombre vers le pont. Malheureusement, la chance insolente que nous avons eue jusqu'à maintenant semble s'être brutalement tarie, car on nous repère aussitôt. Et ici, pas question de fuir, c'est pas au beau milieu de l'océan, coincés sur un bateau, qu'on trouvera une échappatoire.
« Qui êtes-vous ? Et comment êtes-vous arrivés sur ce navire ? » nous lance un grand gaillard aux bras recouvert de tatouages, tandis qu'un autre homme l'accompagnant ordonne à Kahan de se délester de son sabre. Chose qu'il fait, à mon grand étonnement, moi qui l'imaginait plutôt leur foncer dans le lard comme il l'avait fait jusqu'à présent depuis notre évasion, alors que nous étions encore dans la base navale.
« La fille aussi. Donne-moi ton poignard. » me fait le blond trapu qui vient de s'emparer du sabre de Kahan, après l'avoir aussi fouillé pour voir s'il ne dissimulait pas d'autres armes. Je baisse bêtement les yeux à ma ceinture, là où j'ai glissé la dague que m'avait prêté Kahan un peu plus tôt. Tiens c'est vrai, j'avais complètement oublié que j'avais ça. Je la lui tends volontiers, et il me l'arrache presque des mains, me gratifiant d'un regard méfiant et hostile. Je lui remets également le pistolet qui trainait au fond de mon sac, puis m'attends à ce qu'on passe aux explications de notre présence ici, et éventuellement à avoir encore de nouveaux ennuis pour ma part, mais l'homme qui me rôde autour n'en a semble-t-il pas terminé.
Je pensais qu'on me ferait grâce de la même fouille corporelle que Kahan, étant donné que je suis une femme et que ça se verrait comme le nez au milieu de la figure si je portais d'autres armes, vu mes fringues ne permettent pas de dissimuler quoique ce soit, à part éventuellement ma veste en cuir. J'avais plus que tort. Derrière mon dos, je sens les mains du blond tâter, palper mon corps plus que de raison, et remonter sous mon blouson le long de mes hanches. Sous la surprise, je sursaute et fait volte-face tout en amorçant un geste pour lui en coller une, oubliant ma situation. Mais Kahan m'attrape le poignet avant que je ne commette un geste irréparable et m'attire brusquement à lui, me soustrayant à l'autre homme par la même occasion.
« C'est bon, vous voyez bien qu'on n'a pas d'autres armes sur nous. » déclare brusquement mon comparse roux de sa voix profonde. Lui et le blondinet s'affronte du regard pendant un instant, avant que le grand tatoué n'intervienne.
« Oswald, va chercher le capitaine. Il nous dira quoi faire de ces deux-là… »
Son comparse acquiesce finalement et nous fausse compagnie tout en emportant notre armement. Pendant ce temps, Kahan a relâché mon poignet. Je me ferai bien toute petite derrière lui, mais je crois que montrer que je suis mal à l'aise ici ne m'aidera pas à avoir la paix. J'espère juste que le reste de l'équipage n'est pas aussi rustre qu'avait l'air de l'être le blondinet, sinon je sens que cette traversée va être sympathique pour moi… Alors que le grand tatoué nous tient à l'œil sans un mot et que d'autres matelots nous lancent des regards curieux ou méfiants en passant de temps à autre près de nous, le blond trapu et un homme à la bedaine de femme enceinte et au tricorne typique de capitaine nous rejoignent. Ce dernier se poste devant nous, croisant les bras au-dessus du ballon qui lui fait office de ventre. L'image de la tante d'Harry Potter gonflant telle une montgolfière effleure brièvement mon esprit, avant d'être soufflée aussi sec par la prise de parole du capitaine.
« Eh bien, qu'avons-nous là ? Deux misérables sardines échouées sur le pont de mon navire ? Qu'est-ce que vous fichez sur mon navire, les jeunes ?
- On avait besoin de quitter Loguetown rapidement. Mais avec le remue-ménage provoqué par les pirates, notre bateau n'a pas pu quitter le port, alors dès qu'on a vu le vôtre qui partait, on a saisi l'occasion. »
Ou ce garçon a l'habitude de mentir, ou il possède bien plus de sang-froid que moi dans les situations délicates. A sa place, je n'aurais pas été fichue de dire tout ça clairement, et sans bafouiller. Quoiqu'il en soit, je préfère laisser l'entière parole à Kahan, craignant de jouer involontairement contre nous si je venais à ouvrir la bouche.
« Et vous trouvez ça normal peut-être ?
- Capitaine, qu'est-ce qu'on fait d'eux ? On fait demi-tour et on les confie à la Marine ?
- Sûrement pas, vu le retard qu'on a déjà pris avec leurs contrôles et leurs procédures de sécurité pour s'assurer qu'aucun pirate ne s'était réfugié clandestinement sur le navire, il est hors de question qu'on perde encore plusieurs heures. On s'en débarrassera au prochain port. »
Non non non, ça va pas ça ! Tant pis, j'amorce un pas pour m'avancer vers eux et tenter de les convaincre pour trouver un arrangement. Mais alors que j'allais ouvrir la bouche, Kahan me devance.
« J'ai de quoi vous payer le trajet. Comme ça chacun y trouve son compte. »
Ah bah forcément, tout de suite ça parle d'oseille, et la lueur de dédain dans le regard du capitaine devient soudainement de l'intérêt.
« 500 000 berrys pour vous deux.
- 300 000.
- Bwahahaha, tu es fou mon garçon ? A moins que ta copine et toi puissiez vivre d'eau salée pendant tout le trajet, vous allez bien devoir manger. Et si on doit vous nourrir, ce sera pas en dessous de 400 000 berrys pour deux bouches.
- 300 000, et on effectuera les tâches que vous nous confierez.
- 400 000, gamin, et c'est mon dernier mot. Autrement je vous balance moi-même par-dessus bord. Et pour ce prix-là, vous vous débrouillerez pour trouver un coin où dormir, on a pas de cabine pour vous.
- Va pour 400 000 berrys. » rétorque Kahan en acquiesçant brièvement. Une poignée de main scelle leur accord, et je vois Kahan lui donner la somme convenue. Sa bourse en a pris un coup, si j'en juge par la taille qu'elle avait avant, et celle de maintenant. Le capitaine et ses deux hommes s'éloignent alors, nous plantant là tous les deux, le rouquin et moi. Puis il se tourne vers moi, et lâche brusquement : « Tu me dois 200 000 berrys, t'as pas intérêt à l'oublier. »
Pendant un instant, je le regarde comme deux ronds de flan, pas totalement sûre de ce qu'il vient de me dire, avant que mon cerveau ne se réveille.
« QUOI ?! Mais où tu veux que je trouve cette somme ?! Bon te méprends pas hein, je te suis très reconnaissante pour tout ce que tu as fait pour moi depuis qu'on s'est rencontré, n'en doute pas ! Mais je sais absolument pas quand, et si j'arriverai à rassembler cette somme. J'ai même pas un seul et misérable berry sur moi…
- Je m'en suis douté. Mais t'inquiète pas, j'ai tout mon temps. Tu me les rendras la prochaine fois qu'on se verra.
- La prochaine fois ?
- Tu crois quand même pas que je vais rester près de toi à te tenir la main encore longtemps ? Dès qu'on accostera, je repartirai aussitôt sur un autre navire. »
Puis sans même me laisser le loisir de lui répliquer, il tourne les talons et s'éloigne vers la proue du bateau. Je le regarde s'éloigner, avec comme un poids sur l'estomac. Bien sûr, je suis bête… Il n'allait pas rester éternellement auprès de moi pour m'aider et me sortir de chaque impasse… Je me sens soudainement très seule, perdue au milieu de cet océan, de ce monde qui n'est pas le mien et où je n'ai pas de place définie. Du haut de mes 20 ans, alors que je commençai peu à peu à m'assumer seule et à apprécier cela, cette liberté que m'offrait ma parcelle d'indépendance que beaucoup d'étudiants obtiennent alors qu'ils doivent partir loin de leur foyer pour leurs études, j'ai subitement peur de tout ceci. Dans mon monde, il y avait mes parents et mes amis pour m'assister en cas de doute ou de problème. Ici, je n'ai rien, ni personne. Je dois partir de zéro et faire moi-même mes choix, et je n'ai aucune idée de quoi faire, ni comment m'y prendre…
Mes pas me reconduisent tel un zombie à la poupe du navire, là où je m'assois contre la rambarde, laissant mes jambes pendre dans le vide, séparées par une barre. Je regarde la mer s'agiter, elle je me fais brièvement la réflexion que s'il fallait illustrer ce qui se passe à l'intérieur de ma tête en ce moment, l'image de cette mer quelque peu agitée sous mes pieds ferait parfaitement l'affaire. Je finis par me perdre dans la contemplation de celle-ci, autant que je me perds dans mes réflexions.
« Ah bah t'es là, toi ! »
Je sursaute, étouffant un couinement de surprise, puis tourne la tête vers l'arrière pour voir le grand tatoué d'un peu plus tôt me regarder de toute sa hauteur.
« Dépêche-toi d'aller donner un coup de main aux cuisiniers, ils ont besoin de quelqu'un pour peler les patates. La cuisine c'est la deuxième porte à droite quand tu rentres. »
Je me relève lentement, me dirige sur le pont puis pénètre à l'intérieur du navire. Maintenant que j'y pense, j'aurais peut-être mieux fait d'en faire le tour pendant qu'on me laissait tranquille, notamment pour me repérer. Mais aussi, pour trouver un coin tranquille où l'on ne viendra pas m'importuner pour dormir. Je débarque alors dans la cuisine, plus grande que je ne m'y attendais. Deux hommes s'y attèlent, l'un s'occupant de légumes, l'autre de poissons. Le premier me hèle et me désigne un espace où m'attendent déjà les patates à éplucher. Magnifique. C'est non moins deux sacs entiers de pommes de terre dont je vais devoir venir à bout à moi toute seule. Au moins, une tâche comme celle-ci était dans mes cordes, contrairement à sauver ma peau par mes propres moyens…
Je me faisais discrète parmi la foule, me faufilant entre les marins avec mon assiette dans les mains. Le repas a été terminé de préparer et servi depuis peu, mais je n'ai pas l'intention de manger dans la grande salle faisant office de réfectoire, en compagnie de parfaits inconnus avec lesquels je ne me sens absolument pas à ma place. Surtout que je n'ai repéré aucune femme dans le lot. D'habitude, être en compagnie masculine ne me dérange pas, loin de là. Mais ici, ce ne sont pas mes camarades de classe, ni des gens de mon âge ou de mon établissement. Ce sont tous des hommes, dont quelqu'un aux manières plutôt rustres, sans vouloir faire ma bourgeoise. Alors je m'éclipse et me glisse hors de la salle. De toute manière, la personne que je cherche n'y est pas. Je finis par m'aventurer sur le pont en compagnie de mon assiette de poisson et de petits légumes, me dirigeant vers la proue. Peut-être que c'est un peu naïf de ma part de penser qu'il y est encore, ou y est retourné après s'être servi. Et pourtant non. Je le vois là, assis en tailleur à même le sol, tourné vers l'océan. C'est sans un bruit que je m'approche de lui et vient m'asseoir à ses côtés.
« Dis, tu sais où va ce navire ?
- A Water Seven. Mais on ira pas jusque-là. Il y a plusieurs haltes de prévue pour ravitailler le navire, et leur vieux capitaine ne démord pas, il veut qu'on s'en aille dès le prochain port où ils mouilleront. C'est une petite île, avec une ville de taille moyenne, j'ai oublié le nom. On y sera dans quelques jours. »
Je souris largement, heureuse de constater qu'il est redevenu bavard et qu'il me parle normalement. Soudainement détendue, je commence à manger avec entrain.
« Et toi après, tu sais où tu iras ?
- J'aimerai retrouver mon équipage.
- Sérieusement ? Alors qu'ils t'ont… abandonné, en quelque sorte ? Pourquoi tu n'en rejoins pas un autre, plus simplement ?
- Parce que ça ne se fait pas, idiote. Que je sache, je fais toujours parti de cet équipage, et j'ai juré de servir mon capitaine, alors je ne vais pas baisser les bras si facilement.
- Oui, mais, enfin… » Je baisse piteusement la tête vers mon assiette. « Désolée, c'est juste que je trouve qu'ils n'ont pas été très correct avec toi. Moi à ta place, je crois que je serai en colère d'avoir été manipulé et laissé en arrière… »
Le silence retombe, et je crains un instant d'en avoir trop dit, de l'avoir vexé. Mais à mon grand soulagement, cela ne dure pas.
« Et toi alors ? Tu vas faire quoi ? Refaire ta vie dans cette ville ?
- Non, sûrement pas, je ne peux pas…
- Et pourquoi pas ?
- Parce que je… dois rentrer chez moi.
- Alors fait le. » me dit-il tout en haussant les épaules, comme si c'était la chose la plus simple à faire au monde.
« C'est pas aussi simple… Il faut d'abord que je récupère un objet que la Marine m'a pris. Sans ça, je ne pourrais pas rentrer.
- C'est la chose que tu voulais récupérer en restant là-bas, c'est ça ? »
Je hoche la tête silencieusement. Parler à quelqu'un de tout ça me fait du bien, toutefois je ne compte pas entrer dans les détails. Mon incroyable histoire, je la garderai pour moi, même si cela doit devenir un fardeau. Heureusement, Kahan ne cherche pas à en savoir davantage. Il n'essaie même pas de me dire de ne rien tenter d'insensé, ni ne me rappelle ma nullité en combat et mon échec assuré si je me pointai de nouveau à Loguetown pour récupérer mon artéfact, ce dont je le suis reconnaissante. Inutile qu'il remue le couteau dans la plaie, j'ai bien compris qu'actuellement, je ne peux rien faire pour récupérer l'orbe et rentrer chez moi.
« Je ne sais pas encore comment ça va se passer, ni comment je vais me débrouiller, mais… Il faut que j'arrive à atteindre Alabasta. Ou Water Seven. Ou peu importe en fait, tant que j'y trouve une certaine personne.
- Hmpf. Si tu veux mon avis, tu ferais surtout mieux de retourner sur les Blues. Qu'est-ce que t'irais faire à Alabasta ? Tu sais même pas te défendre, et là-bas, c'est un peu au bord de la guerre civile, tu vois le genre ? »
Je serre les dents et ma fourchette, agacée par ses paroles. Finalement, il a pas pu s'en empêcher, il fallait qu'il me rappelle mon incompétence celui-là…
« Je sais bien, merci. Mais je n'ai pas le choix. Il faut que j'aille là-bas. »
L'idée m'est venue alors que j'épluchais les pommes de terre. Qui aurait cru que je serai inspirée par des patates ? Sûrement pas moi. Je me suis rendue à l'évidence : je suis actuellement incapable de récupérer l'orbe. Puis je me suis souvenue que je l'avais prise en photo sous tous les angles, avant de l'acheter. De ce fait, j'ai sous la main et dans les moindres détails… les glyphes qui sont inscrits dessus, et dont j'espère pouvoir tirer des indications sur la façon de réactiver et faire fonctionner cet objet pour rentrer chez moi. Alors, le problème pour traduire ce langage s'est présenté, et j'y ai trouvé la réponse en la personne de Robin. Elle seule peut m'aider à les comprendre. Il faut donc que je trouve le moyen de l'approcher. Heureusement, j'ai encore un peu de temps pour préparer un plan d'approche qui tienne la route, car si Smoker se trouve toujours à Loguetown, c'est que Luffy et sa clique n'y sont toujours pas passé. Ce qui me laisse le temps de choisir le moment opportun pour les approcher une fois que Robin les aura rejoints, car je ne crois pas que la trouver alors qu'elle fait toujours partie du Baroque Works soit une bonne idée. Depuis que j'ai convenu de faire comme ça et qu'un espoir m'est revenu par le biais de ce plan, j'ai quelque peu réussi à me ressaisir. Reste à espérer que tout se passera bien, et que je pourrai en apprendre davantage sur le moyen de rentrer chez moi.
« Tu sais où tu vas dormir, Gigi ?
- Pas encore. Et toi ?
- J'ai trouvé un coin, dans la cale. Y'a de la place si tu veux venir.
- Heu… Quoi ? Non non, je trouverai un coin, t'en fais pas, haha…
- … Idiote. J'allais rien te faire, c'était pour toi que je disais ça. Vu que tu sembles même pas capable de te moucher toute seule, t'aurais été capable de passer la nuit sur le pont et de tomber en pleine mer dans ton sommeil, j'en suis sûr…
- Tu commences à devenir vexant, tu sais ? Enfin merci, je passerai voir ça avec toi. »
Sans doute doit-il penser qu'encore une fois, je préfère la solution facile plutôt que me débrouiller par moi-même. En tout cas, c'est ce qu'une petite voix me souffle au creux de l'oreille, mais je ne me sens pas la force de faire autrement ce soir. D'autant que c'est sans doute le dernier geste qu'il fait pour moi, autant en profiter. Car une fois qu'on sera arrivé sur cette fameuse île et qu'il aura repris un autre bateau…
Je serai seule.
