Bonjour à tous !

Je vous présente ici mon troisième chapitre de cette romance étudiante, où nous allons nous concentrer sur le pov de notre Magnus New-Yorkais en proie au doute suite à la façon dont s'est terminée sa soirée « flemmarde » avec Alec. Que se cache-t-il vraiment derrière son apparence extravagante et son bon vivant à toute épreuve ?

Merci à tous ceux qui suivent et commentent cette histoire, j'espère sincèrement que ce chapitre vous plaira ! Bonne lecture !


CHAPITRE 3

« La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal. »

-La Rochefoucauld


Un trouble. C'est ce sentiment qui s'éprit premièrement de Magnus Bane lorsque ses yeux s'ouvrirent avec difficulté ce matin, assaillit par la lumière irritante du soleil s'échappant par la fenêtre découverte de rideau. Un trouble certes, mais nullement dû à son sommeil à moitié terminé. C'est lorsqu'il tenta de se lever du sofa et qu'il sentit quelque chose le retenir que l'extravagant asiatique sentit son cœur et son esprit se munir d'un sentiment inexplicable. Lorsqu'il porta le regard à coté de lui et qu'il trouva son colocataire, son ami, endormi sur son épaule les cheveux disgracieusement en bataille, il ne sut d'abord que faire, si bien qu'il se retrouva paralysé par une force surnaturelle, tentant d'évaluer la situation. Et ce n'est pas ses cours d'algèbre qu'il avait suivit pendant trois ans à l'université qui allaient l'aider. Un trouble. Un trouble immense. C'est ce qui précipita sa raison au bord d'un ébranlement inattendu lorsqu'il sentit la main puissante de son colocataire, entrelaçant et empoignant la sienne, comme irrémédiablement attirées l'une à l'autre sous la légère couverture leur aillant servi de protection contre les forces malveillantes de la nuit.

L'impuissance. C'est le mot qui sembla lui convenir le mieux lorsqu'il tenta de se séparer d'Alec, mais que ce dernier semblait maintenir son emprise de plus en plus prenante sur lui. L'impuissance de pouvoir se lever, l'impuissance de pouvoir sortir de cette situation peu confortable, l'impuissance de pouvoir faire face. Il savait dès leurs premiers échanges, qu'accepter un jeune homme si attirant et si envoûtant qu'Alec comme colocataire était du suicide. Mais il l'avait fait, ne pouvant lutter contre la détermination légitime et pure de ce garçon voulant quitter sa campagne pour mener une vie de liberté et de maturité. L'impuissance. C'est la première chose qu'il avait ressentit en ouvrant la porte au nouvel arrivant, il y a de cela un mois. L'impuissance face à son sourire timide, l'impuissance et l'excitation face à l'alchimie qu'il ressentait pour lui depuis son premier mail. Il n'aurait jamais dû réponde, il le savait.

La honte. C'est ce qu'il traînait derrière lui chaque fois qu'il se prenait à admirer les longs cils bruns d'Alec surmontant ses yeux d'un bleu si pur. Une honte qui s'amplifiait lorsqu'il mourrait d'envie de passer sa fine main dans la tignasse sauvage de celui qu'il qualifiait comme son ami. La même honte que celle qu'il ressentit après s'être fait mettre à la rue par ses parents lorsque ces derniers découvrirent que leur fils chéri, leur enfant, aimait les hommes. Magnus avait pourtant préparé le terrain. Il avait fait en sorte d'inviter un peu plus souvent son petit ami de l'époque chez lui afin que ses parents s'habituent à le voir en telle compagnie, mais ceux-ci pensaient seulement que leur enfant, comme tout autre adolescent banal, se contentait d'inviter son acolyte chez lui afin de discuter de leurs dernières conquêtes féminines. Pourtant, lorsqu'à un diner familial, Magnus et son « ami » se montrèrent face à tous, main dans la main, c'est la honte qui prit le dessus sur le père de famille, et qui le poussa à envoyer son fils violemment contre le mur de la cuisine, lui laissant une marque violette sur les omoplates. Puis la honte fit place à la fureur. La fureur et le dégout. Ce sont les dernières choses que Magnus vit dans le regard de ses parents après avoir refermé la porte de sa maison derrière lui. C'est aussi ce dégout qu'il vit dans le regard de son petit-ami, qui décida après mûre réflexion, de l'abandonner à la gare. Ce dernier n'avait jamais osé avouer son penchant pour les hommes à ses parents, et il décida de ne jamais le faire après avoir vu la réaction de ceux de son amant, au grand dam de Magnus qui se retrouva seul dans son train à direction d'une vie meilleure, sans jugement, où il se jura d'emmener ses sentiments illégitimes envers les personnes du même sexe jusque dans sa tombe, pour que plus personne ne se permette de lui faire ressentir une telle honte.

La peur. C'est ce sentiment qui eut raison de lui, et qui le poussa à séparer violemment sa main devenue moite de celle de son colocataire. C'est cette force mystique qui mena son corps à se lever de ce canapé. Non, fuir de ce canapé, pour se diriger avec violence et empressement hors de la vue de son ami, tant elle le faisait souffrir. C'est avec cette peur le tenant aux tripes qu'il courut en direction du parking souterrain de l'immeuble, soutenant sa poitrine, afin de s'engouffrer dans l'obscurité totale de sa voiture, comme pour fuir un monstre démoniaque et extérioriser sa peur en une rivière de sanglots aussi douloureux que déchirants. Puis cette même peur déposa la clé de sa Volkswagen rouge dans l'embout nécessaire pour faire crier le moteur, et appuya lourdement sur l'accélérateur, qui fit un retentir un bruit de terreur dans tout le parking. Cette peur se faisant de plus en plus lourde, emmena Magnus le plus loin possible de la ville, comme accompagné d'une petite voix lui soufflant "C'est cela Magnus. C'est cela que tu chercher à enterrer depuis tout ce temps."


La sérénité. C'est ce sentiment qui s'éprit d'Alec lorsqu'il ouvrit les yeux, et étendit confortablement son corps sur le moelleux sofa lui ayant sans doute servit de lit cette nuit. C'est sous cette paisible matinée qu'il envoya valser la même couverture qui avait protégé les amants d'un soir au bout de ses pieds, comme son âme avait balayé de son souvenir la nuit passée. C'est cette tranquillité d'esprit qui le mena jusqu'à la petite fenêtre du salon, à admirer sa ville sous les rayons du soleil embelli, lui promettant une journée douce et sans compromis. C'est par cette même fenêtre qu'il vit Clary arriver devant son appartement, portant sous son bras une grande pochette remplie de feuilles griffonnées virevoltantes au vent, comme ses boucles rousses dansant sous la cadence saccadée de ses pas. Le brun ne put s'empêcher de sourire en voyant quelques dessins s'échapper de leur enclos et venir s'écraser sur le trottoir faisant face à leur appartement, Clary courant derrière afin de les rattraper, comme une petite fille derrière des papillons. C'est à ce moment que la sérénité s'éprit totalement de son corps et de son cœur, comme une petite voix lui soufflant "C'est cela Alec. C'est cela que tu cherchais à atteindre depuis tout ce temps."


Voici que se termine ce chapitre, je l'avoue assez court, mettant en parallèle les deux esprits d'Alec et Magnus se retrouvant dans des situations bien différentes suite à leur nuit passée ensemble… J'espère que ce chapitre vous aura plu, et je vous dis à bientôt pour la suite !

Prenez-soin de vous !

- Valentine822