Bonsoir !

Ceci est le dernier drabble de ce recueil, et contient des spoilers du l'épisode 11 de la saison 7. Le seul intérêt que j'avais quant à cette série étant parti, je me vois pas continuer surtout si c'est pour produire quelque chose de mauvais. Ce dernier texte est là pour exorciser le final de l'épisode, me convaincre qu'il n'existe pas peut-être, mais surtout évacuer toute la frustration qu'il m'a fait ressentir ^^

Un merci tout particulier à Curtys et Blanche d'avoir pris le temps de commenter la plupart de ces textes, merci aussi à ceux qui les ont lus sans se manifester. ^^ Je sais pas si je reviendrais dans le coin, peut-être que oui mais pas avant longtemps, le temps de finir Dark Places : World on Fire et sa future petite sœur Dark Places : Unbroken (un crossover entre les univers de Twilight et Vampire Diaries, qui se veut original et donc loin, très loin des œuvres originales si jamais y a des intéressées) et mon tout dernier bébé commencé lors du Nanowrimo de novembre dernier.

Bonne lecture de ce drabble :D (maintenant que j'ai fini de raconter ma vie !)


"I'm addicted to the thrill

It's a dangerous love affair."

(Jay-Z, Rihanna & Kanye West- Run This Town)

« Ce n'est plus moi, désormais. »

Menteur. T'es un menteur, Mickey le sait et tu le sais aussi. Ca se lit dans ses yeux, furieux mais désespérés à s'en faire mal. Ian n'a pas les gènes de Frank, mais il reste tout de même un Gallagher. Accro au chaos, accro à l'adrénaline et toutes ces merdes qui leur permettent de se sentir comme autre chose qu'un déchet de South Side. Si ce n'était plus toi, si toute cette adrénaline ne te faisait plus vibrer, fallait pas traverser le pays pour le seul type qui a tout sacrifié pour toi.

Tu sais, celui qui t'a sauvé, qui te sauverait encore un millier de fois si seulement il a la certitude de pouvoir te garder. Celui dont tu fais tourner le monde, et qui fait de même avec le tien. Celui qui a affronté son père pour toi, qui s'est fait abuser pour toi, qui est allé en prison pour toi. Celui qui t'a fait souffrir, mais à qui tu as rendu chaque minute de ton agonie avec une telle force que sa plus grande peur est maintenant celle de te perdre.

Celui qui t'aimait dans l'ombre immense de son père, qui t'aime et t'aimera toujours.

A la maison, à South Side, il y a ta famille. Ton père qui n'en a rien à faire de ton sort, ta mère soi-disant mourante, ta sœur décidée à vivre pour elle quitte à devenir l'égoïste qu'elle n'est pas, ton ainé accro à l'alcool et qui se voile la face, ton frère parti à l'école militaire, ta sœur jeune mère et bientôt mariée, ton tout petit frère qui se débrouille très bien tout seul en bon Gallagher qu'il est.

Et il y a Trevor. Le doux, confortable et sans danger Trevor. Tu es attaché à lui, c'est certain. Tu l'aimes ? C'est beaucoup moins sûr, surtout quand tu le compares à Mickey. Il te touche, t'émeut, avec son passé. Vous passez du bon temps ensembles, mais il ne fait pas vibrer. Pas comme Mickey, non. Chaque regard, chaque toucher de Milkovich te remue jusque dans tes os, tout ton corps l'appelle sans que tu puisses l'en empêcher quand Trevor te procure juste ce sentiment d'être aimé. Mais même ça, est-ce vraiment suffisant face à ce regard qui te fait te sentir comme le centre du monde ?

Bien sûr que non, Gallagher. Et tu vas sacrifier, massacrer cet ouragan, cet homme que tu aimes, pour des gens qui ne feront jamais ressentir la moitié de ce que tu peux ressentir pour lui. Cet autre dont tu as besoin, mais qui a encore plus besoin de toi dans sa vie. Tu peux le lire dans les yeux de Mickey, terrifiés de te perdre à seulement quelques mètres d'une nouvelle vie. Et tu te perds, dans le regard de Mickey. Tu as douté de lui pendant des années, maintenant que les doutes sont devenus certitudes tu sais. Tu sais qu'il en a toujours fait plus pour toi que toi pour lui. Tu sais aussi que son monde tourne autour de toi, que tu as besoin de la folie qu'il met dans ta vie et que tu l'aimes plus que n'importe qui d'autre sur cette foutue planète.

Ian expire lentement, ses mains tremblent sur la peinture verte de leur voiture. Son estomac est noué, plus que jamais. Alors tu me suis ? La question flotte entre eux, dans un silence inhabituel et inconfortable. Le second fils Gallagher est indécis, douloureusement incertain. C'est l'affrontement du cœur face à la raison, d'une vie bien rangée face à une existence de chaos. Et la réponse fuse, créant un sourire qu'il n'a que trop vu sur le visage de Mickey Milkovich : « Oui, j'te suis. »

Jusqu'au bout du monde, s'il le faut.

Et au diable les conséquences.