Le jeune Robin se demanda un fois de plus si se lever était une bonne idée. Certes sa servante, une très jolie fillette de 14 ans, viendrait le faire sortir du lit pour la troisième fois rien ne l'empêcherait de repartir bredouille une fois de plus.

L'idée même de sortir de cette chambre le vidait de toute énergie. Il était orphelin, il n'était plus rien. Il s'était lassé de tout ce qui lui apportait un tant soit peu de réconfort. Sa présence même ici n'était qu'une vague obligation qu'il exécutait parce que le jour où on le lui avait demandé, il n'avait pas la force de lutter.

Il était arrivé il y a une dizaine. Le suzerain l'avait accueilli comme la famille le comportement de sa tante avait fait, pour au moins trois générations, la réputation des Tully au Nord. Lui n'avait guère été formé à ces civilités, ces retenus, ces hypocrisies. Il ne voulait faire que ce qu'il désirait. Il serait le seigneur de Val.

Puis il avait vu Jon Snow – le bâtard sur le trône. Le Lord Protecteur lui en avait déjà parlé très brièvement. Le voir était tout autre chose. Il prenait tout le siège, il affichait une stabilité tranquille qui contredisait les cicatrices diverses et l'épée qui pendait à sa taille. Puis il l'avait accueilli comme un ami.

Tout ça parce que sa mère était une fichue Tully.

Trois coups furent frapper à sa porte. Il grogna en guise de réponse. Sa fille entra avec un sourire gracieux.

— Monseigneur, comment vous sentez-vous aujourd'hui ?

— Bien.

— Alors dans ce cas il faut se lever pour continuer votre entraîner, le Lord Protecteur sera fier de vous voir devenir un homme.

Le petit seigneur ne répondit pas. Il ne servait à rien de discuter avec elle. Elle l'aida à s'habiller avec toujours ce même sourire agaçant. Dès qu'il put, il disparut de son champ de vision et se cogna contre Arya.

— Lord Arryn, quelle précipitation.

Faisant croître son air de coupable, il regarda derrière lui pour s'assurer que personne ne l'avait vu.

— Si je puis vous aider, n'hésitez pas, sourit Arya dont les yeux de félins s'amusaient de toute évidence.

— Milady je...

Rien ne lui venait à l'esprit. Le regard d'Arya le fixait et lui cuisait le sang. Elle s'instruisait en lui comme s'il n'existait pas en soi. Il ne pourrait pas lui faire face, tout ce qu'il était, elle l'avait déjà vécu et vaincu. Elle était au-delà.

— Désolé, murmura-t-il avant de s'enfuir.

Les différentes plumes grattaient les parchemins dans la pièce étroite. Les bougies tenaient compagnie aux clercs et nobles présents. Le Roi du Nord les avait tous conviés pour terminer les décrets en ce qui concernait la reprise en main du territoire. Avec la venue de la Khalessi et de ses alliés, il devenait nécessaire de s'assurer qu'ils auraient les ressources.

Ses vassaux avaient accepté sans concession les traités qu'il leur avait tendu. Rien n'avait changé d'autant plus qu'en temps de crise le suzerain voyait ses pouvoirs renforcés. Le pillage de Fort Terreur servirait à réparer le domaine Stark mais aussi à soutenir les commerces nécessaires : les tisserands de Terre-Bourg, les marins de La Veuve, les grandes serres de Quart-Torrhen.

Jon, toujours « corbac », avait décidé de dédier une partie du budget à la garde de nuit ordonnance déjà présente dans les anciennes mais inappliquée depuis le départ des Stark. Tout soldat sur le territoire et sans serment serait envoyé au Mur en soutient aux troupes.

Le Seigneur des lieux était reconnaissant de l'appui qu'il recevait. Lady Sansa et Lady Lyanna étaient restées à ces côtés durant les délibérations. Tormund avait passé la main sur ce sujet mais une partie de ses hommes s'étaient attelés à la tâche ardue d'exhumer les serres de Winterfell. Ser Davos s'occupait de se renseigner sur l'ensemble du territoire y compris la situation de ceux qui portent le noir. Il s'assurait aussi de rependre la nouvelle du retour des Stark afin de permettre éventuellement le retour de tous les soldats désireux de prouver leur fidélité. Lord Snow fut surpris de découvrir que même des paysans et surtout des anciens servants étaient venus à leur porte, des compliments plein la bouche à propos des anciens suzerains, et des promesses grandiloquentes pour les présents.

Pod vint lui rendre les arrêts qu'il avait rédigés selon les dires du mestre qui avait accompagné Lady Lyanna à Winterfell. Jon les ajouta à la pile qu'il avait déjà constituer. Ensuite il les remercia et les congédia. Quand les deux dames eurent à leur tour fini, ils vérifièrent ensemble chaque arrêt pour s'assurer que tous étaient signés par Jon Snow, Roi du Nord. Une fois ceci effectué, ils se répartirent les traités afin de les livrer rapidement aux vassaux concernés ou envoyés au cas échéant.

N'étant pas considérée comme une représentante officielle – contrairement à Lady Lyanna Mormont Premier Conseil du Roi, ce qui équivalait à la Main pour les sudards – Sansa avait pris en charge l'envoi des missives. Dans la volière, elle observa les quelques oiseaux qui avaient subsisté. Une fois qu'elle aurait envoyé toutes les missives, ils n'auraient plus de moyen pour communiquer.

Après cela, Lady Sansa se hâta pour rejoindre la cour où plusieurs groupes s'étaient constitués afin de s'entraîner. Elle tenait à rendre visite à Pod et l'encourageait cette promenade lui donnerait une idée plus précise de l'alliance constituée pour la Khalessi.

Alors qu'elle longeait les parvis, Lady Olenna Tyrell apparut sur son chemin. Elle ressemblait à la femme qu'elle avait rencontré et en même temps elle était bien différente. Sansa était libre de faire ce qu'elle voulait, elle avait la puissance de l'hôte, mais face à Lady Olenna elle voulait d'abord lui montrer le respect et la reconnaissance qu'elle ressentait.


Je reconnais que ce chapitre n'est pas très actif mais je veux bien poser le contexte avant de tout déballer. Je remercie ceux qui sont encore là. Et je remercie Rose-Eliade pour ces petits mots sympas qui me font toujours plaisir. Bonne soirée/journée à tous, Maneeya.