Un froissement de tissus lui apprit que quelqu'un était derrière elle. Sansa se retourna deux Aspics des Sables s'étaient installées de part et d'autre du couloir. Ainsi, la rencontre fortuite avec la Reines aux Épines ressemblait davantage à un guet-apens.

— Lady, les salua-t-elle, j'ai l'impression que vous désirez quelque chose de moi.

Sansa savait pertinemment que Obara Sand, aînée et chef de leur délégation, la fixait durement les mains ancrées sur sa lance. Nymeria avait une attitude moins hostile mais elle n'en était pas moins menaçante : la tête légèrement penchée ses yeux inquisiteurs sondaient la dame pour en extraire les failles.

Soucieuse de ne pas paraître trop impérieuse, Lady Olenna s'approcha d'elle et lui saisit les mains.

— Malgré les circonstances, vous pouvez être sûre que je suis ravie de vous revoir. Vous vous êtes bien renforcée depuis cette triste époque.

— Je vous remercie milady. (Sans le vouloir sa voix avait perdu tout son timbre.)

— Vous avez peut-être eu connaissance des dernières exactions de la reine Cersei. Elle ne s'est guère calmée depuis votre fuite et, comme elle l'a fait pour vous, elle a tué sans aucun respect des êtres qui nous sont très chers. Nous sommes venues jusqu'à vous dans un seul but récupérer Cersei.

Durant ce discours, Sandor Clegane était apparu dans le champ de vision de sa maîtresse. D'un seul coup, ses poumons avaient gonflé d'un coup, plus jamais elle ne devrait reprendre cette voix timide et ses mots d'agenouillé, pas elle et pas au Nord. C'était son territoire, son terrain de chasse, son terrain de pisse comme disait l'autre.

— Et que voulez-vous faire de Cersei Lannister ? La pendre ? La décapiter ?

— Nous avions plutôt l'intention d'utiliser un poison, sourit Obara heureuse d'envisager cette perspective.

— Vous voulez l'assassiner car selon vous elle mérite de mourir. En fait, il y a des chances qu'elle-même n'est plus de raison de vivre mis à part tous nous tuer pour ce que nous avons fait à ses chers enfants et son regretté père. Moi, je n'ai qu'un objectif la concernant : je veux qu'elle souffre jusqu'à souhaiter mourir. Qu'elle se tue elle-même. Qu'elle perde tout espoir. Qu'elle tisse les fils de son piège, creuse le trou de sa chute et noue les cordes de sa pendaison.

Lady Olenna la regardait avec surprise, comme si elle venait d'assister à un tour de magie incroyable. Les deux sœurs par contre se montraient particulièrement intéressées.

— Si vous voulez la souffrance de Cersei Lannister, je vous exhausserai. Cela me ferait même très plaisir. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je dois m'atteler à la tâche.

Lorsque Sansa inspira, l'air glacé lui fit le même effet qu'un verre d'eau-de-vie. La damoiselle rejoignit Sandor Clegane.

— M'accompagnez-vous rendre visible à Lady Lannister ? Je crois avoir fait une promesse à ces lady.

— Oui milady.

— Merci Ser Clegane.

— Je suis pas Ser, répéta inlassablement le Chien alors qu'ils se mettaient en route.

— Entendu Ser, lui répondit-elle avec bonne humeur.

Cersei était bien installée à Wintefell, enfermée dans une des vieilles cellules. La présence de Cersei ici était déjà une victoire pour sa jeune maîtresse. Sandor était là quand le seigneur des lieux avait reçu la très petite délégation des Lannister. Les jumeaux étaient dans un sale état l'avancée des troupes de la Khalessi étaient un vrai danger pour eux. Il était de sens commun qu'elle les aurait écartelés si elle avait pu.

Le plan de la Reine régente avait échoué à tuer la Daenerys. Dépitée, elle avait voulu profiter des dernières personnes debout qui pourrait potentiellement la protéger. Elle allait vivre et reprendre le Donjon Rouge. Ses enfants étaient là-bas elle ne pouvait en rester éloignée trop longtemps. Et c'était déjà trop.

Dès qu'ils étaient arrivés, cette chère Cersei avait commencé son discours destiné à émouvoir cette petite princesse qu'elle avait toujours honnie. Mais Sans n'avait été ni touchée par cette femme de l'âge de sa mère, ni émue par sa peine elle l'avait bien trop pratiquée pour y voir une quelconque sincérité. Dans la seconde, Cersei avait été enfermée, leur délégation envoyée au Mur, quant à Jaime Lannister, il avait bénéficié de la clémence de Brienne.

— Bonjour milady.

Cersei entendit ces mots dans un état second. Elle se questionna brièvement en se demandant si elle était à Winterfell ou dans les sous-sol sinistres du Septuaire. Le froid du sol, des murs, omniprésent aussi bien dans la pièce que dans sa chair l'informait bien assez.

Elle ne souhaitait même pas ouvrir les yeux pour assister au triste spectacle : cette horrible petite princesse. Il lui fallait beaucoup de maîtrise pour ne pas lui sauter au cou et lui arracher la vie.

— J'ose espérer que vous vous nourrissez correctement, nous serions blessés de votre départ.

— J'ai l'habitude maintenant, votre cher frère n'est pas bavard non plus, peu importe la situation.

Robyn se perdait dans les dédales d'étagères de la bibliothèque seigneuriale. Tout une partie était réservé aux archives du territoire : ceux qui provenaient directement de leur vassaux, ceux de la Garde de la Nuit lorsqu'elle était prise à la gorge par le manque de ressource, et ceux de leur propre territoire.

Après s'être caché une bonne partie de la matinée, le jeune seigneur avait trouvé une salle retirée avec vu sur la cour. Il avait vu ses gens continuer à faire à vivre à décider sans même que sa présence soit nécessaire.

Il pourrait se rassurer, se consoler, se dire que faute était à son âge. La vérité, c'était qu'il aurait voulu retrouver les jupes de sa mère. La vérité c'était qu'il n'avait en commun avec sa cousine Arya que son jeune âge elle irradiait lui pouvait à peine servir de chandelle.

Au contraire Jon Snow était appelé de tous les côtés. Ses gens se tournaient naturellement vers lui de la même façon que le faisait Sansa ou Arya. Il n'y avait pas de gêne ou de dépendance mais un respect sincère et mutuel.

Cela le ramenait au temps où son père était en vie. Il s'agenouillait pour être à son niveau et lui parlait « d'homme à homme » comme il aimait dire.

— Ce trône est très grand mais il n'y a qu'un seul homme qui s'y assit. Il faut être un ami pour ses gens, mais aussi un père, un guide. Ce trône est grand et tu aurais du mal t'y sentir à l'aise.

Jon Snow remplissait un trône fait pour tout autre que lui, occupé par des hommes biens différents. Malade, chétif, et inexpérimenté, Robyn l'avait choisi comme mentor. Le Seigneur de Winterfell était un bretteur excellent, un chef expérimenté, un homme de valeurs il lui avait demandé et pouvait ainsi suivre et observer son nouveau modèle.


Toujours présent ? Je vous remercie de me lire et surtout de m'accorder un peu de votre temps en laissant un message. Merci à Miss-Stark99 et Rose-Eliade. A bientôt pour la suite, la marmite va bientôt siffler j'espère ! Bonne journée/soirée, Maneeya.