Réponses aux reviews :

cyclonedragons : Hey mon amour ! Comment vas-tu ? ^^ Ça pour une fanfiction drama... Ça va en être un non de diou. x) J'espère que ce chapitre bien darrrrrrk te plaira. Bisous :)

Rafxsulfuslovestory : Du lourd ? Très très lourd ? Mon dieu si tu savais ma pauvre... C'est très sombre. J'espère que ça ne te dérangera pas trop. ^^ Et oui, du hiccstrid et du gros drama. Ahhh... Bonne lecture ma chérie ! :)

Sweetylya : Mon amouuuuuurrr la dramaturgeeeeeee, heureuse de voir que ça te plait à ce point ! :) Moi aussi j'espère groooos qu'Astrid se sacrifie à la place d'Harold... Mais bon, je suppose qu'il faut pas trop rêver. XD Tu m'as tellement fais rire avec Mala xDD Je sens que tu vas encore plus la détester au fil des chapitres !

Bonne lecture !

Ellisettes : Hey ! Alors déjà, merci beauuucoup. Ça me fait vraiment super plaisir que tu me dises tout ça. :) Encore plus quand tu m'as dis que j'étais la reine des sadiques. Quel joli titreeeee. *w* Voilà la suite pour toi ! En espérant qu'elle te plaise ! Bisous. :*

Guest : Merci beaucoup et bonne lecture ! :)

Helllooooo mes dramaturgeees ! Un nouveau chapitre assez sombre qui qualifie bien l'ambiance de touuuuute la fiction. J'espère qu'il vous plaira, n'hésitez pas à m'en dire des nouvelles. ^^

Ne soyez pas étonner du personnage de Mala. Elle va être l'opposé quasiment de celle dans la série, je crois même qu'elle va vous choquez par moment. xD

Bonne lecture !


Chapitre 1 : L'accord

Je fus réveillé par l'horrible bruit des clés en métal des cellules.

À nouveau, quelqu'un allait y passer.

La seule chose que je parvenais à entendre c'était des cris lointains et des rires sadiques qui traversaient ces murs glacials.

Inutile de vous dire exactement depuis combien de temps nous sommes ici, depuis combien de temps nous sommes torturés et emprisonnés dans ces cages humides sans lumières. Nous avons perdu toute notion du temps. Nous sommes même, devenus fous. À en juger tout de même par la saleté de notre corps et par la maigreur qui se dessine peu à peu, je pense que nous sommes ici depuis plusieurs semaines.

Chaque jour se répète.

Toutes les deux heures exactement, un chasseur est emmené dans l'Agonie. Nous l'appelons comme ça car une fois ressortis de cet endroit… Nous n'en sortons plus pareil.

Blessés, mutilés, totalement sonnés et perdus… Une fois que nous vivons ce qu'il se passe dans l'Agonie, les plus fragiles perdent toute connexion de la réalité.

J'y suis allé plus de 8 fois. Mais je n'ai plus peur.

Je vis la peur. Je vis la douleur et j'ai l'habitude de voir mon sang coulé maintenant. Je vis là-dedans. Alors, rien n'a changé.

La seule chose qui me préoccupe véritablement : c'est Astrid. Pour vous donnez une idée, nous n'avons pas revu les filles depuis ce jour fatal devant le volcan. Mala a emmené Astrid, mais elle a également enlevé Ingrid et Kognedur… Depuis ce jour, nous n'avons plus aucun signe d'elles et nous vivons dans ce manque absolu, cette peur quotidienne.

Varek le vit très mal.

« Toujours… là… »

Il répète ça sans arrêt lorsqu'il se sent seul. Il pense à Ingrid tout le temps. Il s'imagine le pire et attend patiemment sa mort avec impatience.

L'espoir nous a totalement abandonné. De plus, nos dragons sont également introuvables. Nous savons que Mala aime beaucoup trop les dragons pour leur faire du mal, alors, ils finissent par croire qu'ils sont restés de son côté nous laissant seul, face à Hel, qui attend patiemment de nous prendre avec elle. Mais moi, je n'y crois pas. Je sais que Krokmou ne pourrait pas m'abandonner. En fait, j'imagine surtout Mala l'enfermer éternellement en cage pour éviter qu'il ait toute tentation à vouloir venir me libérer. Mais que pouvons-nous y faire ? Savez-vous comment sortir d'ici ? C'est i-m-p-o-s-s-i-b-l-e. Impossible, littéralement. Un véritable labyrinthe de couloirs et de portes devant lesquelles deux gardes surveillent le moindre mouvement suspect. Nous sommes sans arrêt surveillés et s'en est oppressant.

Varek avait sa cellule à gauche de la mienne. Rustik et Kranedur en revanche, étaient en face de nous, ce qui nous permettait de les observer. Les voir perdre la tête nous rongeait à petit feu, s'en était douloureux. Et le pire, c'était sûrement le jumeau. Loin de sa sœur, il avait la sensation de perdre quelque chose d'important en lui, de perdre une partie de lui, de son âme. Il en est devenu fou. Il n'a rien échappé, il subissait les mêmes horreurs que nous, néanmoins, il semblait plus atteint et le voir sans arrêt se fracasser le crâne à sang contre les murs de sa cellule ça me rendais dingue. Entendre ses hurlements fracassant toutes les heures c'était effrayant. Généralement, les gardes arrivaient en courant et tâchaient de l'isoler une journée entière dans une pièce totalement fermée où la seule chose qu'il pouvait observer de loin, c'est sa jumelle qui se faisait battre jusqu'à ce qu'elle en perde l'usage de la parole. Après ça, il le récupérait et le remettait ici. Il était silencieux et calme mais nous, nous savions pertinemment que le silence chez les Thorston ne pouvait que signifier une attente irréversible de la mort.

La première fois, il était parvenu à nous dire ce qu'il avait vu mais la seconde fois… Il était impossible de lui adresser la parole sans qu'il se mette à hurler à la mort de cesser cette violence alors qu'en vérité, ça faisait plus d'une heure qu'il était sortit de cet isolement.

Moi, ça me tuait. Ils torturaient Kognedur, alors que faisaient-ils à Astrid ? Elle ne pouvait pas y échapper. On est tous considéré comme des pourris de chasseurs. Rien d'autre.

« Prépare-toi. »

Les clés du gardien claquèrent violemment contre mes barreaux ce qui me fit sursauter. On dormait très rarement et surtout, on mangeait quasiment rien. J'étais faible. On l'était tous.

Je suis habitué à cette phrase là. Depuis que je suis ici, je suis sans arrêt juger. Une fois tous les 9 jours, je me retrouve face à Mala et à son assemblée de fanatiques fous. Comme à chaque fois, je suis bombardé de questions inutiles qui diffèrent à chaque jugement comme si elle cherchait à me faire avouer une chose que je n'ai donc, jamais commis. Je savais que c'était bientôt l'heure. Je finis même par espérer qu'ils m'emmènent au plus vite pour qu'on en finisse.

Comme toujours, le silence parcourait nos cellules lugubres et chacun priait intérieurement qu'on puisse tous sortir vivants et surtout… Ensembles.


« Harold Haddock, vous êtes accusé d'avoir comploté avec le chef des chasseurs, Viggo Grimborn, dans le but de nous épargner la disparition du Grand Protecteur, vous confirmez ?

- Non, je soufflai.

- Vous êtes tout de même arrivé sur notre île, armés…

- On en a déjà parlé.

- … En chevauchant de pauvres dragons affamés…

- Vous pouvez répéter ?

- Vous m'avez laissé croire que nous pouvions vous faire confiance…

- Vous le pouvez ! Nous…

- Alors que pendant tout ce temps vous n'étiez rien que des appâts destinés à nous nuire.

- Laisse-moi parler Mala ! »

Aussitôt, Throk arriva par derrière et me frappa violemment l'arrière du crâne, me forçant à me mettre à genoux.

« Respecte notre reine l'unijambiste ! »

Mala affichait un sourire de convaincante.

« Urg… -Je grognai- Votre majesté ! Nous n'avons aucuns liens avec Viggo Grimborn ! Nous nous battons contre lui !

- Alors comment expliquez-vous, Harold Haddock que cette carte lui appartenant était sur vous ?

- Mais ! Je… Nous avons juste…

- C'est bien ce que je pensais !

- Mais laisse-moi parler bon sang ! »

Cette fois, Throk me frappa de son long bâton dans l'estomac ce qui me fit instinctivement tousser violemment, une horrible sensation de contraction dans mon ventre. Les mains au sol, je crachai par terre quelques gouttes de sang alors qu'au même moment des murmures parcouraient l'Assemblée : Mala s'avança lentement vers moi. Throk aggripa alors violemment mes cheveux, me faisant pousser un grognement de douleur et me força à regarder la reine dans les yeux.

« Tu ne te décideras donc jamais à avouer… ? Après toutes ces séances que nous avons passé… ?

- Je n'ai rien à…

- Si vous étiez seulement innocents pourquoi vos dragons ne vous ont-ils pas défendus lorsqu'on vous a emmené ? Pourquoi ne réagissaient-ils pas ? »

Je ne trouvais aucune raison valable à cela en vérité. Pourquoi Krokmou n'a t-il montré aucuns signes de vie depuis ? Je ne savais plus quoi dire pour la convaincre. Si selon les fanatiques, elle était digne d'une reine, pour moi elle était aussi têtu qu'une foutue bourrique !

« Mala, s'il te plait ! Réfléchis !

- Ne m'appelle pas par mon nom, traître ! »

Son sabre était à quelques centimètres seulement de ma gorge, ses yeux explosés de rage pénétraient les miens.

« Je crois que je suis entrain de comprendre ton sale petit jeu… Tu ne dévoiles rien pendant tout ce temps… Tu attends que Viggo intervienne… Mais laisse-moi te dire d'avance Harold Haddock, que nous préparons déjà un plan d'avance pour ton ami !

- Mala vous allez vous faire tuer !

- SILENCE ! N'essaie pas de me faire changer d'avis sur ton jugement avec tes préventions idiotes ! Ça ne te fera pas changer de camp !

- Je n'ai rien à me reprocher ! Je dois te le dire en quelle langue ?!

- Très bien, je vais t'éclaircir les idées un instant… »

Mala soutint alors mon regard, un sourire de satisfaction aux coins des lèvres. Sans que je puisse comprendre quoique ce soit, un corps fut alors jeté vulgairement en face de moi. La masse se mit à gémir et à trembler de tout son être, se redressant petit à petit alors que des femmes masquées autour d'elle la forçaient à se mettre à genoux. Ses joues étaient légèrement creuses par rapport à la moyennes et mouillées par la quantité de larmes qu'elle déversait. Ses cheveux blonds si beaux habituellement étaient crépus et couverts de saletés.

« Astrid… »

J'en perdais mes mots. Son visage était couvert d'hématomes et de bleus. Elle avait l'air si épuisée, elle manquait de s'évanouir par moment. Ses yeux étaient perdus dans les miens, elle ne paraissait même pas comprendre où elle se trouvait actuellement. Ni même, qui j'étais.

« Astrid ! Est-ce que ça va ?! Réponds-moi !

- Comme c'est magnifique les retrouvailles après tant de temps… Hein ?

- TAIS-TOI ! »

BOUM. Je reçu un coup si violent à la mâchoire que pendant un instant, je cru qu'elle s'était déboitée. Mala venait d'y prendre un plaisir fou pendant que Throk me menaçait de son bâton pointu.

« Je t'interdis… De t'adresser à moi… De cette façon.

- Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! »

Le sourire de la reine « rouge » était revenu.

« Moi ? Je ne lui ai rien fais Harold Haddock… Si tu as des questions à son sujet, ce sera à Throk qu'il faudra les poser. »

Je posai alors brusquement mes yeux brouillés de rage vers le bras droit de Mala qui affichait un air de supériorité. Un duel de regard était lancé et aucuns de nous deux ne semblait déterminé à le briser.

« Ça fait mal ?

- De quoi tu me parles ? Je grognai.

- De la voir dans cet état là ? » Sourit mesquinement le blond.

Derrière mon dos, je serrai les poings noués aux cordes de toutes mes forces pour éviter toute violence instantanée. Mais mon émotion forte s'altéra très rapidement lorsqu'Astrid s'effondra malencontreusement au sol, épuisée. Je criai alors son nom et me débattu pour tenter d'avancer vers elle. Mais lorsque je m'apprêtais à toucher son bras, je fus retenu par trois hommes.

« Je ne t'ai rien autorisé Harold !

- Tu fais une très grosse erreur Mala !

- Tu crois que tes menaces vont me faire un effet soudain ? Je n'en ai que faire… Tu devrais plutôt te préoccuper de ta petite amie mon cher Harold… »

D'un pas très lent, elle s'était avancée vers Astrid qui était toujours aussi déconnectée de la réalité. La reine tira alors sur ses cheveux emmêlés ce qui la fit pousser un gémissement faible mais plaintif.

« Tu ne voudrais pas… Qu'il lui arrive… Pire que ça… N'est-ce pas ?

- Lâche la tout de suite !

- Alors tu vas nous dire exactement ce que prépare Viggo ! Comment l'avez-vous rencontrés et où est-ce qu'il a emmené le Grand Protecteur !

- Je te l'ai déjà dis ! Je n'en sais rien, ok ?! Tu es vraiment bornée !

- Si tu savais… Ce qu'on a du faire pour renforcer nos murs… Empêcher la lave de traverser et d'inonder mon village… Si tu savais ce qu'on est obligé de vivre chaque jour… Tout ça parce que vous l'avez enlevé…

- Nous n'avons… Rien… Fait. Dis-je entre mes dents.

- Tu serais pourtant étonné de savoir ce que ta chérie a divulgué avant d'en prendre pleins son joli visage.

- Quoi ?

- Explique-moi dont Harold… Explique-moi ce qu'est l'œil du dragon ?

- L'œil du dragon ?

- Fais pas l'innocent !

- J'ai…

- Elle murmurait cela au milieu de sa cage.

- De sa cage…

- On a bien été forcé de lui faire cracher le morceau mais elle a rien voulu nous dire…

- Mala… Tu vas le regretter…

- Je suis tendrement désolée de l'apprendre. Alors… »

Elle laissa son sabre effleuré le cou d'Astrid qui laissa échapper un léger filet de sang discret.

« Ok ! Stop ! Je vais tout t'expliquer ! Mais relâche-la ! »

La reine se stoppa, un sourire de satisfaction sur le visage, puis elle lâcha si violemment les cheveux d'Astrid, qu'elle en tomba au sol. Mala rangea alors son sabre puis elle commença :

« Nous la relâcherons… Dit-elle doucement, quand tu nous auras divulgué votre petite histoire… »

Je poussai un juron plaintif, regardant la silhouette d'Astrid au sol. J'avais tellement envie de courir à ses côtés, prendre dans mes bras son corps blessé pour la serrer dans mes bras, si fort… Si fort qu'elle se rendrait enfin compte que je suis là, et que je ne la lâcherai pas.


Ce fameux jugement fut le dernier. Après notre accord, Mala emmena Astrid dans sa cellule respective ou du moins, ses hommes l'emportèrent jusque là-bas car elle semblait vraiment avoir des difficultés à marcher sans trébucher tous les mètres parcourus. Cette vision d'elle m'hanta l'esprit pendant encore les longs jours qui suivirent. J'avais attendu, le cœur lourd, que l'un d'eux vienne enfin m'ouvrir la porte pour que notre accord puisse enfin avoir lieu et qu'Astrid et les filles sortent de ce merdier sans nom. D'ici, je finissais même par psychoter intérieurement, croyant fortement l'entendre à travers ces longs couloirs infinis et ces portes métalliques. Mais lorsque je demandais à Varek s'il entendait la même chose que moi, il me confirmait le contraire.

« Je me demande ce qu'ils attendent pour venir nous chercher… »

L'oreille attentive, j'avançai à quatre pattes jusqu'aux barreaux de ma cellule pour regarder Rustik qui était littéralement en boule dans un coin sombre de la sienne.

« Qu'est-ce que tu as dis ?

- Ils attendent quoi les Beurkiens pour venir nous aider ?

- Au cas où tu l'aurais oublié Rustik, on vient de la Rive pas de Beurk.

- Et alors ? Ils en font quoi de leurs enfants protecteurs ! On s'est tant battus pour eux ! Et maintenant…

- Laisse les prendre conscience lorsqu'ils s'apercevront que leurs lettres aéropostales ne sont pas renvoyées.

- Ça fait je ne sais pas combien de semaines !

- Deux…

- Ah ouais ? Vraiment ?

- Ou trois…

- Tu sais même pas !

- J'avoue avoir arrêté de compter.

- Pfff ! »

Il eut un silence durant lequel on entendit seulement mon long soupire d'impatience. Je savais qu'il avait raison, je voulais juste les rassurer au plus haut point. Mais la question était réellement à se poser, que faisait mon père ? Et Gueulefort ? L'équipe A ? Ils nous avaient promis qu'après trois jours d'inactivités sur notre île, ils tenteraient de nous retrouver ! Mais peut-être n'avaient-ils pas encore trouvé la destination ? Ou ça les importaient ? Peut-être que mon père se disait que nous étions suffisamment grands pour nous débrouiller avec un fury nocturne et un armadas de dragons derrière nous pour nous défendre… Seulement, nous étions seuls à présent.

« Rustik a raison… »

La voix de Varek m'était parvenu tel un murmure.

« Ils nous retrouveront. Dis-je fermement.

- Ça fait une éternité, Harold.

- C'est juste une impression les gars… Roooo aller ! Ne vous découragez pas ! Nous allons sortir d'ici ! Je vous le promets.

- Comment ? Tu peux me dire ? J'ai tout calculé ! »

Varek s'était bizarrement relevé, j'avais entendu ses pas précipités se diriger vers ses barreaux. Sans le voir, je savais parfaitement que son état physique devait être aussi catastrophique que le notre.

« J'ai calculé toutes les heures de gardes, les heures d'ouvertures, chaque porte ouverte, chaque porte fermée, le nombre de pas encore audible jusqu'à la sortie, le changement de tour, les heures d'Agonie, la distance approximative de la surface…

- Surface ?

- On est en sous-sol. Je sais pas si t'as remarqué, mais le quartier de Mala semblait quand même pas aussi grand vu de l'extérieur… Hein…

- … Bien vu Varek.

- Quand ils t'emmènent à l'assemblée pour le procès, tu ne vois rien ?

- Ils me cachent la vue avec un tissu noir, ça m'est impossible de repérer…

- T'as pensé à compter tes pas ?

- J'ai essayé aussi. 3 fois. Mais chaque fois le nombre différait, et pas qu'un peu ! La différence pouvait excéder 15 pas.

- Plusieurs chemins donc ?

- C'est fait exprès, tout est calculé.

- Mala est très maline.

- C'est une idiote. Y a pas d'autres mots.

- Et nos dragons ? Aucunes nouvelles, aucuns signes, pas un bruit ou un rugissement… Rien. »

Je ne répondis pas et réfléchis aux différentes options probables à leur sujet.

« Vous voulez que je vous dise moi ? Ils les ont buté nos dragons, voilà ce qu'ils ont fait !

- Ne dis pas des choses aussi odieuses Rustik !

- Qu'est-ce que tu veux que je te dises Varek ! Y a tout qui pourrait nous le prouver ! Si tu as une hypothèse bien meilleure commence par répondre à ma question : Où sont-ils?!

- Je n'en sais rien mais ils ne sont certainement pas morts ! J'avoue le fait que Mala est bornée sur les bords mais vu sa passion ultime pour le destin libertin des dragons ça m'étonnerait qu'elle les ait exécuté sans pitié !

- Cinglée. T'as oublié cinglée.

- Elle est juste fanatique c'est tout.

- Écoutez-le, le p'tit Varek ! Il préfère défendre cette illuminée qu'avouez sûrement le sort tragique de sa Bouledogre chérie ! »

Il eut un gros BOUM qui s'expliqua par la violence que venait d'asséner Varek sur ses barreaux.

« Tu dis n'importe quoi Rustik ! Tu ferais mieux de te rendormir avant que ce soit ton tour à l'Agonie.

- J'y suis allé il y a trois jours… » Marmonna t-il.

En effet, de grosses cicatrices parcouraient le visage et le corps de Rustik. Des croutes de sang séchées étaient si présentes qu'on se demandait si elles allaient disparaître un jour.

« Kranedur t'en pense quoi toi ? »

Mais notre ami ne répondit pas à Varek. En fait, il ne bougeait pas d'un pouce et continuait de fixer le mur en tailleur et en silence, comme si notre présence lui était inconnue à présent.

« Je m'inquiète pour lui. Me chuchota t-il à voix basse.

- Nous ne pouvons rien faire, Varek. »

Je fis alors demi-tour et m'installai dans le fond de ma cellule, la faim qui grouillait mon estomac vide et une foutue envie de détruire ces murs pour retrouver les filles. C'était sûrement ça le pire : n'avoir aucune connaissance de ce qu'ils leur font mais le moins que je puisse dire c'est que vu l'état d'Astrid, ils ne devaient pas y aller de main morte…

Mes poings se resserrèrent de rage. Au même moment, un cri parcourait ce couloir de la mort.

« Non… Non… Je vous en supplie…

- Ferme-la et avance.

- Je vous en prie… »

BAM.

En fait, je crois que le plus choquant ce n'est pas le coup que vient de prendre cet homme à l'arrière du crâne –comme tout ceux qui résistent-, c'est surtout cette soumission que les défenseurs des ailes tentent d'instaurer. Croyez-le ou non, à présent, j'ai du mal à croire que nos ennemis soient ces chasseurs aussi prisonniers que nous…

Car bientôt, ce fut ses cris qui se firent entendre derrière les portes de l'Agonie.

Les minutes me parurent plus longues que d'habitude. Cette envie de revoir Astrid et de m'assurer qu'elle allait bien rendait cette attente habituelle plus insupportable. J'avais l'impression de faire plus attention aux respirations saccadées et aux raclements de gorge malade qui m'entouraient en grand nombre. C'était une sensation affreuse qui me donnait envie d'hurler à la mort pour faire taire tous ces bruits.

Et puis, elle arriva. Elle, celle que Kranedur attendait depuis tout ce temps.

Les gardes personnels de Mala arrivèrent au nombre de quatre et la pauvre Kognedur fut jetée dans la cellule de Krane vulgairement comme un sac infecte. Aucun de mes amis, des chasseurs présents ou de moi ne put déterminer leur apparence, trop cachés par leurs vêtements. Ils disparurent aussi vite qu'ils étaient apparus : dans l'ombre et le silence.

Kranedur se rua vers sa sœur, comme s'il avait reçu un coup de massue sur la tête et que cela l'avait réveillé. Il la prit dans ses bras et se mit à crier :

« NON ! NOOOON ! PITIÉ ! NE LA TOUCHEZ PAS ! NE LUI FAITES PAS DE MAL ! »

Les souvenirs de ces tortures infligées alors qu'il assistait impuissant à ces scènes, semblaient l'avoir rendu totalement paranoïaques. Il donnait des coups en l'air comme si des mains invisibles tentaient de l'attraper, Kognedur et lui. C'était une scène si difficile à voir psychologiquement… Varek, Rustik et moi avions beau lui dire que tout allait bien et qu'il n'y avait plus rien… Il semblait devenir totalement incontrôlable. Seulement, lorsque sa jumelle leva le bras et murmura :

« Kranedur… Kranedur… A-arrête… »

Il s'effondra contre elle et sanglota.

Je ne pouvais pas voir distinctement l'allure de Kognedur, mais ce que je peux vous dire c'est que je voyais une grosse quantité de sang au niveau de son visage et de son abdomen. Ses vêtements paraissaient poisseux et elle tremblait fortement. Mon cœur battait très vite. Voir Kognedur dans cet état ne pouvait rien signifier de bon… Et pourquoi l'avait-il ramené ici ?

« Je suis désolé… Désolé…

- Krane… »

Elle se laissa aller dans ses bras, les yeux fermés.

« Kognedur, qu'est-ce que tu as vu ? » Tentai-je de demander.

Elle ne me répondit pas mais tourna faiblement sa tête vers moi, de petites perles de larmes aux coins de ses yeux.

« Harold… Je… Je suis désolée…

- De quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Ils… Ils ont emmené Ingrid… J'ai tenté d'apprendre des informations… Mais Mala m'a fait comprendre…ARG ! –Elle se recroquevilla, tenant son ventre fermement- Qu-que… Que c'était nécessaire… Et…

- Ils… Ils ont emmené Ingrid ? Couina Varek de l'autre côté de mon mur.

- Oui… Ensuite Astrid est arrivée dans la pièce… I-ils l'ont forcé à se mettre à genoux… J'étais là… En face d'eux…

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Répétai-je avec peur.

- Ils ont tenté de… De… »

Le sanglot dans sa voix voulait tout dire… C'était le plus affreux de tous. Cette douleur incontestable dans ma poitrine, cette rage intense qui parcourait chaque millimètre de ma peau…

« J'ai essayé de l'aider Harold… J'ai essayé… Mais… Mais r-regarde ce qu'ils m'ont fait…

- Ce n'est pas grave frangine… Souffla Kranedur, ce n'est pas grave… Pas grave… Tu as fais… De ton mieux…

- Ils n'ont pas… Ils ont arrêté à temps, Mala les a stoppé… Mais elle ne bougeait plus… Elle n'avait tellement plus la force de se défendre… Ils en ont profité… Et Mala cette perverse… Avait regardé ça comme si c'était la plus belle chose qu'elle ait vue depuis des années. »

Le silence régna parmi les cellules. Même les chasseurs prisonniers avaient fait silence pour écouter. Je suis incapable de vous décrire mes émotions à ce stade. J'espère que vous me comprenez… Tout ce que je souhaitais, là, maintenant, c'était qu'on vienne me chercher… Et qu'ils paient tous pour ce qu'ils ont osé lui faire…

« Mais quand il se trouve que deux personnes sont éperdument amoureuses… Il n'y a rien de mieux que de voir dans les yeux de l'autre la peur les contenir. »

J'étais resté trop aveuglé pendant tout ce temps. Et c'est seulement lorsque le danger nous guette que je me sens forcé de tout dévoiler ?

Je ne suis vraiment qu'un idiot. Un idiot qui n'en a fait qu'à sa tête encore une fois…

Kognedur finit par s'évanouir dans les bras de son frère qui continuait pendant tout ce temps à parler tout seul et à rejeter les mains invisibles qui essayaient de l'attraper. J'avais entendu Varek se morfondre au fond de sa cellule, et en tendant l'oreille, de faibles sanglots m'étaient parvenus. Évidemment, Ingrid avait pu être enfermé n'importe où… Mais la question c'était, pourquoi ?

Plus tard, les hommes de Mala cagoulés revinrent et cette fois-ci, c'est ma cellule qu'ils ouvrirent.

« La reine t'attend. »

J'étais loin d'être prêt à garder mon sang froid… Mais il fallait que je tienne pour qu'Astrid me revienne au plus vite. Je sortis sans la moindre protestation alors qu'ils nouaient mes mains. Je lançai un regard de courage à mes amis puis ils me mirent ensuite comme d'habitude un sac noir sur la tête et je parcouru des minutes interminables de mètres. Les portes scellées se refermèrent derrière moi et je fus stoppée au milieu d'un endroit humide qui sentait le sang à plein nez. Lorsqu'on m'enleva le sac, de faibles chandelles éclairaient la pièce et Mala se trouvait en face de moi, le dos droit, essuyant son sabre plein de sang.

« Encore un mort… C'est tellement amusant… »

Elle posa son regard glacial sur moi et s'avança doucement pour venir se mettre à croupis en face de moi.

« On est sur de bonnes pistes Harold… De très bonnes… Viggo commence à se montrer… »

Je ne répondis pas et serrai ma mâchoire furieusement.

« Qu'as-tu donc Harold Haddock ?

- Je sais ce que tu as fais…

- Ohhh… Voyez-vous ça…

- Ce que tu as fais à Astrid.

- Ta copine va très bien, Harold Haddock.

- Elle ne va pas bien.

- Bien-sûr que si… Rien n'a été commis jusqu'au bout. Comme promis, elle t'attend gentiment dans une cellule. Alors… Raconte-moi ton histoire.

- Non… Tu as brisé ta promesse…

- Je n'ai rien cassé du tout.

- Où est Ingrid ? »

Mala esquissa un sourire et soupira, comme si elle ne s'était pas attendue à ce que je pose cette question.

« Ingrid a dut aller là où elle méritait d'aller.

- Où est-elle ?! »

Elle se releva alors doucement et fit un demi tour tout aussi le pour venir chuchoter quelque chose à l'oreille d'une femme masquée qui quitta alors la pièce en courant. C'est comme si la pièce s'était recouverte d'un voile sombre étouffant… Mala murmura dans son ombre :

« Nous avons pratiqué un échange. Ingrid est partit dans les rangs de Viggo, en échange… l'Éruptodon nous revient.

- C'est quoi cette blague encore ?! Viggo n'échangerait jamais une personne contre un dragon qui rapporterait gros dans son commerce !

- Détrompe-toi... »

Elle se tourna face à moi, le teint livide. Je ne sais pas si cette impression était vraie, mais elle semblait elle-même être dégoutée par ce qu'elle avait fait. Et le pire restait à venir. Car ma poitrine se serrait au fur et à mesure que je la voyais inspirer et expirer fortement au rythme des cris qu'on entendait de l'Agonie.

« Ingrid comptait beaucoup pour Viggo à un certain temps… Il compte la récupérer et se venger. Elle le servira et sera son esclave à plein temps jusqu'à ce qu'il soit satisfait de son travail. Lorsque le jour viendra et qu'il sera lassé de la voir, elle sera exécuter de sa main. L'Éruptodon sera pendant tout ce temps nôtre et mon village sera sauvé. »

Il me semblait qu'au même moment mes jambes s'étaient décollées du sol avec la chaise et que je m'étais rué vers elle. Des hurlements se firent entendre de tous les côtés et alors que je tombai au sol, sonné par un coup fatal qu'on m'avait porté… La voix d'Astrid venait enfin de m'appeler.