Coucou tout le monde ! Voici le chapitre 4 qui est presque à l'heure pour une fois )
C'est un chapitre où il y a relativement peu d'actions mais beaucoup de réflexion, j'espère qu'il vous plaira quand même, car il est essentiel à l'histoire afin que leurs relations soient crédibles.
Un grand merci à ceux qui me lisent, et à ceux qui décident de follow/fav cette histoire, et surtout au reviewer vous êtes géniaux !
Rated : T
Warning : Cette histoire contient une romance homosexuelle, donc homophobes s'abstenir, vous avez le droit de ne pas aimer mais respectez ceux qui aiment. De plus, elle ne suit pas le déroulement des livres à partir du 5, dans cette histoire la guerre s'est terminée en 6ème année et Dumbeldore/Fred/Lupin/Tonks/Rogue sont encore en vie.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de JK Rowling, mais l'histoire est de moi.
Bonne lecture !
Chapitre 4 : Réfléxion
On pourrait trouver étrange qu'Hermione se soit aventurée aussi loin dans la forêt, seule et sous la pluie qui plus est. Cependant, elle avait une excellente raison de se trouver là. En effet, après son petit déjeuner, elle était retournée dans la salle commune, et avait terminé son devoir de Métamorphose. Le problème est qu'ensuite, elle n'avait plus rien à faire. Tous ses devoirs étaient terminés, et elle avait deux semaines d'avance sur le programme. Ron et Harry dormaient encore. Quant à Ginny, elle était partie s'entrainer en dépit du mauvais temps.
Elle avait alors eu l'idée d'aller chercher dans la forêt de l'aconit. Car bien que l'année vienne de commencer, elle était déjà à court de cette plante, à cause de Ron entre autres, qui lui avait vidé tout son stock à force de recommencer la potion tue-loup, leur principal sujet d'étude du trimestre. Elle avait Potion le lendemain matin, et même par hibou-express, elle n'aurait pas reçu sa commande à temps.
Elle était alors remontée dans son dortoir, avait revêtu sa cape, lancé un impervius sur ses vêtements, puis elle avait pris ses gants en peau de dragon avant de se diriger vers les serres. Là, elle avait trouvé le professeur Chourave occupé à entretenir des plants de mimbulus mimbletonia. Elle lui avait alors demandé où elle pouvait trouver de l'aconit dans la forêt, ainsi que les précautions à prendre afin de les cueillir.
Elle s'était alors mise en route pour la forêt interdite, et s'était efforcée de récolter un maximum de plants. Elle avait presque fini lorsqu'elle avait vu Drago Malefoy avancer à grands pas vers les profondeurs de la forêt, l'air contrarié. « Qu'est-ce qu'il fait là ? » se demanda Hermione.
Elle n'était pas spécialement suspicieuse, elle avait même été la seule à défendre Malefoy en 6ème année, lorsque Harry avait commencé à le suspecter d'avoir rejoint les mangemorts.
En revanche, elle était curieuse, elle aimait aller au fond des choses. C'est cette curiosité qui l'avait poussé à suivre Harry et Ron dans leurs aventures et c'est cette même curiosité qui la poussa à suivre Malefoy. Il marcha longtemps, tandis qu'Hermione le suivait à bonne distance, remerciant la pluie de couvrir le bruit de ses pas. Lorsqu'enfin il s'arrêta, elle l'imita, interloquée, qu'est-ce qu'il pouvait bien faire ici ? Il n'y avait rien autour d'eux, que des arbres. Lorsque soudain, elle l'entendit hurler. C'était un hurlement déchirant, qui lui glaça le sang. Un mélange de rage, mais surtout de douleur, s'en dégageait. Quels que soient les problèmes du Serpentard, il en souffrait.
Puis elle le vit abattre son poing contre un arbre à plusieurs reprises. Elle se sentit étrangement touchée par sa souffrance. Bien qu'il l'ait fait souffrir par le passé, en l'insultant, la méprisant, la faisant même pleurer, face à un tel mal-être, elle ne pouvait que compatir.
La rouge et or avait toujours cherché à aider les plus faibles, que ce soit les elfes de maison ou les gens qui -comme Malefoy- souffrait. En cet instant, il semblait si vulnérable, si humain, si brisé aussi. Tel un ange désespéré au visage déformé par la rage et la douleur, ses cheveux blonds ruisselant de pluie, et ses mains rougies par le sang s'abattant inlassablement contre l'arbre. Elle n'avait qu'une envie, c'était de se précipiter vers lui et l'arrêter, essayé de l'aider, de l'apaiser. Mais elle savait qu'il n'aurait pas apprécié son intervention, il avait clairement voulu s'isoler, il ne voulait probablement pas que qui que ce soit, soit témoin de son accès de faiblesse, question d'honneur.
Alors elle attendit que le blond reparte avant de retourner à son tour vers le château. A présent elle était inquiète, et elle était bien déterminée -tant par altruisme que par curiosité- à trouver l'origine des problèmes du Serpentard.
.
La semaine suivante, Hermione observa Malefoy à chaque occasion qui lui était donnée, aux repas, aux pauses, et à chaque cours qu'ils avaient en commun. Elle remarqua plusieurs choses, premièrement il n'insultait plus personne, deuxièmement il ne se mélangeait jamais aux autres élèves bien qu'il ne leur parle presque pas, et enfin il évitait Harry.
Pour un observateur moins attentif, cela aurait semblé normal que ces deux-là se parlent peu. Après tout, au cours de leurs six années communes, ils ne se parlaient presque pas, seulement en de rares occasions et généralement pour s'insulter. Cependant, Hermione n'était pas pour rien la sorcière la plus brillante de son époque, elle avait une capacité d'analyse et d'observation exceptionnelle. Ainsi, elle avait remarqué lors de la semaine précédente leurs rapprochements. Elle les avait vus discuter, se sourire mutuellement, sans compter leur discussion dans la tour d'astronomie, ainsi que leur entrainement de quidditch. Elle avait pensé qu'il y avait là un début d'amitié entre les deux garçons mais l'attitude de Malefoy suggérait le contraire. Il faisait beaucoup d'efforts pour éviter Harry. Au repas, il était toujours assis dos à lui, en classe il s'asseyait de façon à ne pas avoir le Gryffondor dans son champ de vision, et enfin à plusieurs reprises elle avait vu Malefoy se dissocier de son groupe d'amis en bifurquant vers un couloir à l'approche de Harry. Tous ces événements la plongeait dans la plus totale des confusions. Comment un début d'amitié, quelques mots échangés auraient pu conduire à une telle souffrance ? Ça n'avait aucun sens, non ça ne pouvait pas être seulement ça, un mal-être aussi profond ne pouvait provenir d'un événement aussi peu dramatique. Mais après tout, le drame est une question de point de vue, murmura une petite voix dans sa tête.
Harry quant à lui n'avait rien remarqué. Entre les cours, les élèves -principalement des filles- qui le suivaient partout en gloussant, ainsi que les élèves de Gryffondor qui venaient lui parler des sélections de quidditch, il était débordé.
Le vendredi, alors qu'il sortait de son cours de Sortilège, il fut interpelé :
- Hé Harry !
Il se retourna et découvrit Peter, le frère cadet d'Olivier Dubois, qui venait d'entrer en première année.
-Salut Peter, répondit-il d'un ton las.
Il savait déjà ce qu'il allait lui demander. En effet, depuis qu'il s'était rencontré, le jeune Gryffondor le suppliait de le prendre dans l'équipe. Il semblait que Dubois avait tellement vanté les qualités d'attrapeur d'Harry, que son frère avait développé une admiration pour lui, saisissant chaque occasion de lui parler, avec cette excitation qui n'était pas sans rappeler celle des frères Crivey. A cette pensée, Harry eut un pincement au cœur, penser aux personnes qui étaient mortes durant la bataille lui faisait toujours cette effet-là. Il fit un effort afin de se re-concentrer sur la réalité, ce n'était pas le moment de déprimer.
- Je me disais que si on demandait une autorisation au professeur McGonagall… commença Peter, mais Harry l'interrompit.
- Je te l'ai déjà dit, les premières années ne sont pas autorisées à posséder un balai, et donc ne peuvent pas non plus jouer au quidditch.
- Mais toi, tu as eu l'autorisation !
- Oui mais les circonstances était différentes ! L'équipe n'avait pas d'attrapeur, et aucun candidat pour ce poste. Ce n'est pas le cas actuellement : la plupart des joueurs de l'année dernière sont encore là et il y a largement assez de candidats.
- Mais ça voudrait dire que je ne pourrais jamais jouer dans la même équipe que toi !
- Je suis désolé, mais c'est impossible.
Peter, visiblement déçu, s'en alla en trainant des pieds. En revanche, Harry partit rapidement, il était à présent en retard pour son prochain cours, il utilisa un passage secret afin de rejoindre le 3ème étage. Lorsqu'il arriva légèrement essoufflé par la course, le cours de Défense contre les forces du mal n'avait pas encore commencé mais tous les élèves étaient déjà installés. Il balaya rapidement la salle du regard, à la recherche d'une place libre, avant de se diriger vers la dernière place libre à côté de Drago Malefoy.
.
Drago lui, était arrivé en avance et s'était installé seul au fond, comme c'était son habitude depuis le début de la semaine. Blaise et Pansy étaient arrivés peu après et lui adressèrent un léger sourire avant d'aller s'assoir, l'un avec Théodore et l'autre avec Millicent. Drago soupira. Il s'était promis d'arrêter d'inquiéter ses amis, mais il s'était aussi promis de s'éloigner de Potter, visiblement il était incapable de faire les deux. Il n'aurait jamais imaginé que l'absence du Gryffondor puisse lui couter autant. Il était de mauvaise humeur, il dormait mal, manquait d'appétit et était extrêmement irritable. Cependant, il était décidé à tenir sa résolution, même si c'était difficile pour quelques temps, c'était mieux ainsi, il en était persuadé.
C'est alors qu'il arriva, légèrement essoufflé, les cheveux en bataille, les joues rougies par sa course. Drago le vit chercher une place libre, et horrifié il le vit se diriger vers la dernière table libre, à côté de lui.
- Salut, fit Harry en se laissant tomber sur une chaise.
Pour toute réponse, Drago lui adressa un vague signe de tête avant de se tourner vers le tableau et de fixer le bureau -vide pour le moment- du professeur Lupin. Lorsque leur professeur arriva, il s'excusa de son retard et commença son cours sur les Acromentules, visiblement d'humeur joyeuse. A en juger par son sourire, Harry devina qu'il avait du passer à Pré-Au-Lard voir son fils Teddy. Cette pensée le fit sourire, imaginer le meilleur ami de son père heureux et entouré par sa famille le rendait heureux lui aussi.
Drago quant à lui, ne remarqua pas l'engouement du professeur mais il remarqua le sourire qui illumina le visage d'Harry. En effet, bien qu'il soit tourné vers le tableau, il ne pouvait s'empêcher d'épier le brun de l'œil. Il s'efforça tout de même d'arrêter et prit consciencieusement des notes sur le cours, y compris sur les sortilèges permettant de repousser les acromentules ainsi que le remède à leur venin.
Néanmoins, oublier le Gryffondor n'était pas si facile, en particulier lorsque ce dernier se penchait régulièrement vers lui afin de recopier ses notes. Drago lâcha un soupir exaspéré.
- Franchement Potter, tu peux pas prendre tes propres notes au lieu de copier les miennes ?!
- Désolé, mais je n'ai jamais été doué pour écouter en cours.
Le Serpentard lui adressa un regard condescendant.
- Alors le héros de notre monde peut vaincre le plus grand mage noir de notre temps, mais est incapable de suivre en cours ? Il ricana et reprit :
-De plus, Potter, la défense contre les forces du mal c'est ton domaine non ?
- Les duels oui. Mais les araignées, c'est différent. La dernière fois que j'ai croisé une acromentule, elle m'a presque arraché la jambe, alors bon, apprendre à guérir leur morsure pourrait m'être utile.
Harry repensa aux -trop- nombreuses fois où il s'était battu contre une acromentule. En 2ème année bien sur, lors de la troisième tâche aussi, en enfin bien qu'il ne se soit pas directement battu contre elle cette fois-là, lors de la bataille de Poudlard. Il frissonna en pensant au nombre d'élèves qui avaient dû être dévorés ou blessés par les enfants d'Aragog, et que décidément, ce cours était vital.
Drago, une expression indéchiffrable sur le visage, ne répondit pas mais lui passa ses notes. Il ne l'aurait jamais avoué mais intérieurement, il était admiratif. D'une part parce qu'Harry s'était battu contre une acromentule et était encore en vie, et d'autre part parce que, même si Drago s'était montré volontairement sarcastique et blessant, Harry n'avait pas réagi. C'était inhabituel venant de lui. Généralement, lorsqu'il insultait le Gryffondor, ce dernier réagissait violement, l'insultant en retour ou bien en l'attaquant. Cependant, là il avait réagi avec maturité. Voilà qui rajoutait à la liste -déjà longue- de ses qualités. Comme si il avait besoin d'une autre raison d'apprécier le survivant.
Lorsque le cours se termina, Drago ramassa rapidement ses affaires et, sans un regard pour ses amis, il se dirigea à grands pas vers les cachots. Lorsqu'il arriva dans son dortoir, il enleva d'un geste brusque sa cravate, il avait l'impression d'étouffer. Il se passa nerveusement une main dans les cheveux, et se mit à arpenter la pièce. Merlin ! Qu'est-ce qui lui arrivait ? Pourquoi se mettait-il dans des états pareils ? Il se passa à nouveau une main dans les cheveux et se tourna vers le miroir près de sa table de chevet. Il regarda attentivement tous ses objets bien rangés avant de lever les yeux vers son reflet. Il faisait peur à voir, il était pale et arborait une expression mi-horrifiée mi-enragée. Quant à ses cheveux, habituellement lisses et parfaitement coiffés, ils ressemblaient à présent à un champ de bataille qui n'était pas sans rappeler la coupe de Potter.
Potter …
Penser au Gryffondor lui provoquait d'étranges réactions, il sentait quelque chose d'étrangement agréable au niveau du ventre, ainsi qu'un léger trouble. Lorsque l'image du rouge et or s'imposa à son esprit, un léger sourire se dessina sur ses lèvres.
Cependant, ce soudain calme dans son esprit ne dura pas longtemps. Lorsqu'il prit conscience de ses propres pensées, son sourire se figea. Il ne pouvait pas, il ne devait pas ressentir de telles choses à l'égard de Potter. C'était un Malefoy, sa famille se relevait à peine du scandale dû aux activités de son père, il ne pouvait se permettre d'en rajouter en aimant un garçon, non, un homme, par bien des égards, Potter était déjà un homme. Non, il ne pouvait pas déshonorer sa famille, en étant « gay ». C'était la première fois qu'il employait ce mot pour se qualifier et cela le fit grimacer, il n'aimait pas trop cette idée.
D'un geste rageur, il balaya ses affaires sur la table, envoyant aussi son miroir qui se brisa en tombant sur le sol. Ce soudain accès de rage ne lui ressemblait pas, il était connu pour être impassible, mais là, c'en était trop.
Il se laissa tomber sur son lit, la tête entre les jambes. Il avait envie d'hurler, rage et désespoir se mêlaient en lui. Pourquoi, pourquoi avait-il fallu que ce soit Potter ? Pendant des années, il avait espéré trouver quelqu'un qui l'aiderait à se sentir vivant, quelqu'un qui lui ferait ressentir des choses nouvelles, quelqu'un capable de l'accepter et de lui permettre d'échapper au dogme paternel.
Mais pas un homme, et certainement pas Potter. Il se laissa aller à un bref rire sans joie. Il se trouvait pathétique. Mais c'était tellement injuste … Il avait enfin trouvé quelqu'un qui l'intéressait, non se dit-il, c'était plus que ça. On ne réagissait pas comme ça lorsqu'on était simplement intéressé, il dut se rendre à l'évidence, il l'aimait. Cette constatation qu'il avait repoussé depuis quelques semaines, ou peut-être quelques années, le perturba quelques instants, avant qu'il ne reprenne le fil des ses pensées.
A présent qu'il avait trouvé quelqu'un qu'il aimait, il fallait que ce soit quelqu'un d'inaccessible, à qui il ne pourrait jamais avouer ses sentiments, d'ailleurs ce n'était surement pas réciproque pensât-il amèrement. Et même si par miracle ça l'était, ça ne changerait rien. Ils ne pourraient jamais être ensemble.
- Est-ce que tout va bien ?
Il se releva lentement, se tourna, et découvrit Blaise qui se tenait dans l'encadrement de la porte, hésitant à aller plus loin, la mine inquiète.
Drago, horrifié, se demanda s'il avait assisté à toute la scène. A en juger par son expression, il avait au moins été témoin d'une partie. Peut-être devait-il tout lui dire ? Après tout, c'était son meilleur ami … Par ailleurs, si il lui expliquait sa situation, il pourrait le rassurer, ainsi que justifier ses brusques changements d'humeur. D'un autre côté, lui en parler rendrait la situation bien trop réelle, qui plus est, il n'avait aucune idée de comment il allait réagir, il pouvait très bien trouver ça répugnant … Lui-même avait du mal à l'accepter.
Il se rappela alors la réaction de son ami, lorsqu'Ernie Macmillan avait raconté à tout le monde qu'il avait embrassé Potter. Il avait été mortifié, tout comme Pansy. Non, décidément, ses deux amis ne pouvaient pas comprendre, il valait mieux ne rien ne leur dire.
Pendant qu'il réfléchissait, son ami l'observait attentivement, de plus en plus inquiet. Il n'avait jamais vu le blond aussi vulnérable, l'air aussi perdu. Mais cet accès de faiblesse ne dura pas longtemps, il vit revenir sur le visage de son ami son masque froid d'indifférence, et répondre d'un ton sec.
- Oui, ça va.
Blaise savait qu'il n'aurait pas du insister mais il ne put s'en empêcher.
- Tu es sur ? Il avança d'un pas vers son ami, On ne dirait pas … Si tu as un problème, tu peux m'en parler, tu peux me faire confiance.
- Je te dis que ça va !
-Très bien, je te laisse avec tes pensées alors.
Et il repartit en pestant contre le mauvais caractère de son ami, mais aussi encore plus inquiet qu'avant.
.
Ce soir-là, Drago ne se présenta pas au dîner, ce qui n'échappa pas ni à Hermione, ni à ses amis. A la place, il profita des dernières lueurs du crépuscule pour se promener dans le parc. Il marcha pendant quelques minutes avant d'arriver dans « son coin ». Près du lac, il y avait un endroit légèrement surélevé, ou se trouvait un chêne centenaire, pourvu d'une ramure et d'un feuillage magnifique. Ses nombreux branchages permettaient de l'escalader facilement, et l'on pouvait alors s'allonger sur une branche et se détendre sans être vu depuis le sol. Le Serpentard avait découvert cet endroit lors de sa 6ème année, il avait alors pu s'isoler du reste du monde, quand il en ressentait le besoin, c'est-à-dire dès que sa « mission », son nom, son rôle devenait trop difficile à supporter. Il n'était pas revenu ici depuis le début de l'année, et avait espéré ne plus en ressentir le besoin, cependant il ne put s'empêcher d'apprécier la vue ainsi que le contact familier de l'écorce contre son dos lorsqu'il s'assit. Il eut une pensée pour ses amis, qui devaient encore une fois s'inquiéter par sa faute. Il aurait voulu les rassurer, mais après son attitude méprisable avec Blaise, il n'avait pas eu le courage de les retrouver, surtout pour continuer à leur mentir, à prétendre que tout allait bien. Il savait que c'était minable, même lâche de sa part, mais il avait besoin de temps avant d'accepter sa situation. Il essaya alors de faire le point calmement, sans exploser comme l'après-midi. De quoi était-il sûr exactement ? Premièrement, il était amoureux d'Harry Potter, deuxièmement le dire à qui que ce soit était inenvisageable, et enfin la probabilité que ce soit réciproque était presque nul. Il soupira, ça ne l'aidait pas vraiment d'y penser. Il devait se rendre à l'évidence, ses sentiments ne le mèneraient nulle part, il devait les oublier, les repousser au plus profond de son cœur et faire son deuil.
Oui, c'était la meilleure des solutions, il s'excuserait auprès de ses amis, il leur expliquerait que récemment il était un peu perdu entre le retour à l'école ainsi que la disgrâce de sa famille, cela l'avait éprouvé justifiant ainsi ces brusques changements d'humeur. Ce n'était pas exactement la vérité, mais c'en était au moins -une infime- partie. Il n'aurait plus qu'à retrouver ses anciennes habitudes, ignorer Potter et tous les Gryffondors, et tout irait pour le mieux.
Sur le papier cette stratégie semblait idéale mais bien sur dans la réalité il savait que ce ne serait pas aussi facile. Il ferma les yeux, se laissant bercer par le doux clapotis de l'eau en contrebas. Il finit par s'endormir, épuisé par ses –trop- nombreuses nuits blanches des derniers jours.
.
Lorsqu'il se réveilla, le soleil était déjà levé. Il battit fébrilement des paupières, et mit quelques secondes à se souvenir d'où il était. Il regarda autour de lui hébété, ce n'était ni sa chambre, ni son dortoir, il aperçut alors le château au loin. Merlin ! Il s'était endormi dans le parc du château ? C'était une première et il avait eu beaucoup de chance que personne ne remarque son absence, ou il aurait eu de graves ennuis. Il se leva lentement, courbaturé d'avoir dormi à même le sol. Ses vêtements étaient humides, probablement dus à la rosée du matin, il sortit sa baguette et en fit jaillir un souffle d'air chaud. Puis il se dirigea vers le château avec une seul envie, se doucher.
Cependant, en chemin il croisa un groupe de Gryffondor, en tenue de Quidditch et il se rappela que les sélections avaient lieu ce week-end, Potter devait probablement être déjà sur le terrain…
Il s'arrêta quelques instants, indécis, il avait beau s'être résolu à oublier ce qu'il ressentait pour le rouge et or, il ne pouvait ignorer le pincement au cœur qu'il ressentait à l'idée de ne plus le voir. Si il pouvait au moins une dernière fois l'admirer avant de l'ignorer jusqu'à la fin de l'année, ça serait peut-être plus facile…
Il bifurqua alors et se dirigea à son tour vers le terrain. Il n'avait aucune envie d'être vu ici, cela soulèverait beaucoup trop de questions, alors il utilisa l'entrée du vestiaire des Serpentards avant de s'installer à la dernière rangée d'une des tribunes vides, en espérant que personne ne remarquerait sa présence.
Cependant, Hermione qui était venue encourager ses amis -surtout Ron- remarqua immédiatement, qu'un élève qui portait l'uniforme des Serpentards s'était installé dans la tribune en face d'elle. Intriguée, elle se demanda quel élève des Serpentards avait bien pu venir aux sélections des joueurs de l'équipe des Gryffondors. Elle supposa que c'était peut-être un « espion » qui chercherait à connaitre la composition de leur équipe afin de les contrer. Mais elle se fit la réflexion que si c'était le cas, il ne porterait pas l'uniforme des Serpentards et essaierait de masquer sa présence. Elle remarqua alors les cheveux blonds presque blancs de l'élève et identifia Drago.
Qu'est-ce qu'il faisait là ? A sa connaissance, les sélections de leur équipe n'avaient lieu que le lendemain, et il n'était ami avec aucun des candidats, il n'avait aucune raison de se trouver là. Elle délaissa l'observation du match afin de se concentrer sur Malefoy. Il semblait se concentrer son regard sur quelqu'un, et affichait un air admiratif. Elle suivit son regard, et comprit, il observait Harry. Mais pas comme avant, il ne le regardait pas comme un rival, il le regardait comme elle regardait Ron …
La lumière se fit dans son esprit, grâce à son observation intensive du vert et argent pendant la semaine, elle avait noté plusieurs éléments troublants vis-à-vis de ses réactions envers le survivant. Et à présent le doute n'était plus permis, Malefoy était attiré, voire même amoureux de Harry. Elle se félicita intérieurement d'avoir réussi à trouver l'origine des problèmes du Serpentard, il ne restait plus qu'à trouver comment l'aider…
A suivre ….
Et voilà c'est tout pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plus et je vous promets que le prochain sera riche en rapprochement Drago/Harry ! N'hésitez pas à me faire part de vos impressions sur ce chapitre en review, et à bientôt pour la suite !
