J'ai décidé, de façon tout à fait arbitraire, que cette correspondance ne serait pas un interlude. Parce-que vraiment, celle-ci compte comme un chapitre pour moi. Et, désolée de ne pas avoir posté plus tôt, j'ai eu un festival de théâtre toute la semaine, j'ai vraiment pas eu une seconde pour écrire. ^^'


De la maison, le mercredi 12 août 2015

Artemis,

J'ai reçu ta lettre. Comme tu peux le constater, j'ai pris le temps de réfléchir avant de t'écrire une réponse. Franchement, je ne sais vraiment pas quoi en penser. En fait, je ne sais plus vraiment quoi penser en général.

Il y a deux possibilités : soit le Vlamz a marché et l'une de nous est une copie de l'autre, soit je suis folle.

C'est ce que les médecins affirment.

Pour eux évidemment ça ne peut pas être réel. Mais je me rappelle de Lampadaire, j'ai des souvenirs d'elle. Il est plus que difficile de se convaincre qu'ils ne sont pas réels.

Seulement il y a une chose que j'ai comprise : que ça ait marché ou pas, je suis là.

Si ça a marché, alors je suis une copie, ou bien tu en es une. Mais ça a peu d'importance puisque dans tous les cas, quoi que je fasse ce ne sera jamais réellement pour moi que le Vlamz réussira.

Et si ce n'est pas réel, alors il faut que je sorte de mon délire.

Ils disent que je suis malade. Je n'ai aucun moyen d'avoir la certitude que je ne me suis pas envoyée cette lettre moi-même. Je ne l'espère pas, en tout cas.

Si tout est faux, que j'ai une double-personnalité, alors pour l'instant je suis lucide et j'ai envie de le rester.

Je veux bien que tu comprennes que depuis le Jour du Poulet (le Vlamz c'est trop relatif à la version à laquelle on croit, appelons l'événement comme ça) nous ne sommes plus la même personne.

Si on partage le même corps, alors je suis la vraie Artemis et je veux en avoir le contrôle complet. Si ce n'est pas le cas, je ne veux pas me leurrer dans l'illusion que le Vlamz est une possibilité pour moi.

Je te comprends, Artemis, plus que personne. Et je sais que tu peux comprendre aussi ma décision. À partir de maintenant, je ne veux plus que nous nous écrivions.

Je sais que je ne peux rien faire pour te convaincre que tu es fausse, pas plus que tu ne peux me convaincre que je le suis. Après tout, je ne suis même pas sûre moi-même que tu le sois.

Mais ma vie depuis le Jour du Poulet ne me plaît pas. Je n'aime pas être dans l'incertitude constante de ma propre lucidité.

Pour toi, si tout est réel, ne pas me parler ne devrait pas être gênant. Pour moi, ce serait déjà un soulagement.

Tu sais plus que quiconque que nous sommes égoïstes. Que je suis égoïste. Je ne désire pas particulièrement que tu disparaisses, mais je prévalue ma propre personne à la tienne.

Alors si le Vlamz est réel, bonne chance. Sinon, je souhaite effectivement que tu disparaisse. Alors finalement, bonne chance aussi. Et que la meilleure vive.

Adieu,

Artemis.


Ah, aussi, je voulais vous dire.. Mes titres ne sont pas vraiment toujours, euh, très titresques, ou pertinents, ou quoi que ce soit. Mais je n'ai jamais d'inspiration pour ça. Et si par miracle j'en ai, ffnet n'en veut pas parce-qu'ils sont trop longs. Alors, même si ça ne veut pas dire grand-chose pour vous, j'essaie de dire ce qui doit y être dit. Ouais, c'est plutôt maladroit. C'est comme ça. Les titres pourris, c'est un peu ma marque de fabrique. Et je dis à peine ça pour excuser celui du prochain chapitre, je vous rassure.