Alors, euh, oui, j'ai pas posté depuis un petit moment. Ha, ha, rire nerveux, je n'ai pas d'excuse. En espérant qu'au moins, ce chapitre vous plaira. J'essaierai de me rattraper en écrivant un peu plus, mais avec tout ce que j'ai de prévu en ce moment c'est pas gagné.


C'est dans l'après-midi cette fois que ma chouette revient. Elle a mis bien plus de temps que la dernière fois à accomplir son périple. Je lui ouvre la fenêtre, et elle vient se percher sur le bout de mon lit. J'attrape une de ses gâteries et la lui tends.

« Pour toi, Volatile », dis-je en fixant mes yeux dans les siens.

Paf !

Et d'un coup, je me retrouve à m'observer. Je fais face à moi-même. Je – enfin non - mon corps porte la main tenant la friandise à sa bouche, puis agite ses bras tendus sur les côtés. Je me trouve étonnamment grande. Et puis surtout, hors de mon corps. Pourtant, un corps, j'en ai bien un. Deux pieds, deux yeux, deux bras… Des bras ? Non, pas exactement.

C'est à ce moment-là que je comprends. Ce n'est pas mon corps qui est immense, c'est moi qui suis devenue petite.

Enfin plus exactement, je suis devenue Volatile.

Un peu comme un animagus, j'imagine. Sauf qu'à ce qu'il semblerait Volatile est aussi devenue moi.

Ça doit être ça, son pouvoir. C'est génial!

Mais Volatile-Moi continue d'agiter ses « ailes » et risque de finir par casser quelque-chose. En fait, maintenant que j'y fais attention, c'est déjà plus ou moins le cas. Les affaires posées sur mon bureau sont désormais à terre, la corbeille renversée et les papiers voltigent dans la pièce avec l'air que produit Volatile en tournant en rond, sur elle même et de façon générale.

Et je ne savais pas que j'étais capable de loucher comme ça.

J'essaie de bouger mes ailes et m'imagine avoir l'air au moins aussi stupide pour une chouette que ce qu'est Volatile pour une humaine. C'est ma première fois, il faut dire.

Mais outre mon physique, quelque-chose est différent. Quelque-chose manque.

Je réalise enfin que je suis seule ici. Je veux dire vraiment seule. Lampadaire doit être restée dans mon corps.

Alors pourquoi est-ce qu'elle n'essaie pas de calmer cette satanée Volatile ?

En plus du désordre, c'est qu'elle n'est pas silencieuse. À force de tenter de hululer, c'est à dire crier, elle va finir par faire rappliquer tout le quartier.

« Artemis, tout va bien en bas ? » s'inquiète ma mère du haut des escaliers.

Je voudrais pouvoir lui répondre, mais lorsque j'ouvre le bec pour la rassurer il n'y a qu'un cri perçant que j'arrive à lui lancer.

Bon, ça suffit comme ça.

Je décide de reprendre mon corps dans les plus brefs délais. …Mais me rends vite compte que je ne sais pas comment on fait.

Voyons, comment est-ce que ça s'est déclenché ? J'étais en train de lui donner à manger. Je la regardais dans les yeux. J'ai dit son nom.

Mais j'ai déjà accompli chacune de ces tâches plusieurs fois auparavant, et pourtant rien ne s'était produit.

Peut-être faut-il toutes les combiner au même moment ? Mais alors, comment faire pour la nommer puisque je ne peux pas parler ?

Plus j'y pense, moins la perspective de passer le restant de mes jours sous la forme d'une chouette ne me paraît enviable.

Je n'ai rien à perdre à essayer, de toute façon.

Je sautille donc jusqu'aux friandises à la souris de ma chouette, enfin de mon humaine. J'en saisis une dans mon bec, mais le temps de me retourner vers Volatile, elle a déjà disparu au fond de mon gosier.

Saperlipopette, je comprends mieux Volatile maintenant.

Alors j'en mange une autre, puis deux, puis quatre.

Mais le temps presse, et il faut vraiment que je me retransforme. Je me résous à lui en apporter une.

J'en attrape donc une autre, seulement une fois de plus, je la mange. J'essaie encore et encore, mais à chaque fois, je me retrouve avec une nouvelle bouchée dans l'estomac.

Le moment arrive vite où il n'en reste plus qu'une. Ça craint. Je rassemble toute ma volonté avant de la porter à mon bec. Je fais trois pas, et je l'avale.

Ça craint vraiment.

Il ne me reste plus qu'à essayer de faire sans. Je suis totalement stupide.

Je cours, ou titube grotesquement sur mes serres, vers Volatile.

Je me plante face à elle, plante mes yeux dans son strabisme, et essaie de dire « Volatile ». Ce n'est pas le son qui sort de ma bouche, mais Volatile a dû comprendre, car avec un autre « Paf ! » je me retrouve dans mon corps.

J'ai eu peur.

Ma mère arrive ensuite, et je m'efforce de lui expliquer la raison du bazar sans évoquer la cause magique de l'incident tout en faisant mon possible pour calmer l'assaut mental que me fait subir Lampadaire. Mes parents ont toujours du mal avec la magie, et puis autant ne pas dévoiler tous ses atouts lorsque ce n'est pas nécessaire.

Enfin, atout, pas vraiment. Mais avec de la pratique, ça pourrait en devenir un, voire une capacité exceptionnelle.

Je laisse ma mère me gronder 5 minutes, puis après que je lui ai promis de tout ranger, elle me laisse.

Lampadaire est vraiment en colère, cette fois.

C'était horrible ! Et dire que je trouvais que toi tu ne m'écoutais pas ! Cette chouette infernale ne pensait rien de rationnel, et ses pensées partaient dans tous les sens. Tu étais obligée de m'infliger ça, hein ? Et puis tu ne pouvais pas te dépêcher de ré-échanger ? Noooon, tu étais trop occupée à te goinfrer de ces choses infectes.

D'ailleurs, en parlant de ça.

« Qu'est-ce que tu fais ? » me demande-t-elle mentalement, alors que j'attrape une plume et du parchemin.

« J'en commande. » dis-je à voix haute avant de me mettre à écrire ma missive.

…Tu penses sérieusement que ta chouette a besoin de dix boîtes de bouchées à la souris ?

« - Mais qui a parlé de Volatile ? »


Voilà voilà, et j'vous le rappelle, une petite review ça fait pas de mal. :)