Interlude. Interlude très court. Discussion nocturne entre Artemis et Lampadaire. Introspection. La bise !


« Je pense qu'elle a raison, mais que tu as raison aussi.

- Tais-toi.

- Non mais écoute je–

- Non sérieux, Lampadaire, ta gueule. Elle a raison. J'ai été trop égoïste, tellement égoïste que la culpabilité arrive à m'atteindre. Comme avec l'histoire du clochard à qui tu donnes de l'argent. Tu préfères le fait de ne pas te sentir coupable à ton argent. Ben si t'es trop égoïste, finalement c'est auto-destructeur. Tu ne fais rien pour toi, puisque le taux de bonheur que ça t'apporte est inférieur à celui de culpabilité. C'est pas comme si c'était une autre personne. C'est différent. C'est moi. Et elle a peut-être les idées plus claires, puisque tu ne l'as pas corrompue. Ses pensées ont quelque-chose de plus légitime. Je n'ai aucun moyen de savoir si je suis une copie ou pas. Et si j'étais une copie tellement indigne que la moi d'origine me détestait ? Je devrais me détester moi aussi. Mais je ne le fais pas, et je me sens coupable pour ça. Je n'en ai rien à faire, qu'elle soit triste. C'est horrible, d'être si indifférente à son propre sort.

- Non, à toi de m'écouter maintenant. Ça ne l'est pas. Regarde, vous avez évolué différemment, mais vous restez la même personne. Elle aussi se fiche de ton sort, et elle aussi s'en veut pour ça. Mais moins. Et c'est peut-être ce qui fait de toi la plus légitime de deux. Alors, qu'est-ce que tu comptes faire ?

- Rien. Ne plus lui répondre, oublier son existence. Oublier que ce que je vis n'est peut-être pas réel. Si j'ai l'impression que c'est réel, alors je me fiche que ça ne le soit pas. Mais si je commence à douter, tout tombera en pièces. Tu réalises que si ça se trouve en ce moment je suis en réalité dans une camisole de force, démente, et occupée à me parler à moi-même ? Non. Je ne peux pas laisser ces pensées s'insinuer en moi. Et dire que j'ai failli oublier la lettre. J'aurais mieux fait.

- Tu y as cru assez pour créer ce monde, et tu y crois encore, sinon il n'existerait plus. Ou bien, tu as complétement changé de dimension. Dans ce cas-là non plus, tu n'as pas cessé d'y croire. Alors arrête de te plaindre. Tu le souhaiterais bien, que ce soit faux, pour pouvoir te plaindre. Si tu penses que c'est faux, c'est que tu en as envie. Alors arrête. Parce-que tu as envie de penser que c'est faux, mais pas que ça le soit vraiment. »


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