Bonjour tout le monde :)
Un grand merci à ceux qui m'ont laissé leurs impressions, bonnes ou mauvaises, sur le premier chapitre de cette histoire. J'espère que cette suite, plus douce, vous plaira (mais ne vous y habituez pas trop quand même lol)
.
C'est toujours super Aizhi qui se charge de la lourde tâche de corriger mes chapitres! (Aizhi, si tu passes par là, j'ai pas avancé... :( . Mais j'ai eu de brillantes idées (enfin je crois lol), me manque juste un peu de temps!)
.
Artmis trouvera la réponse à sa review à la fin de ce chapitre!
.
Bonne lecture!
.
Dans le chapitre précédent : Harry est capturé par Rodolphus Lestrange qui le livre à Voldemort. Mais Voldemort, au dernier moment, décide de ne pas tuer Harry. Il demande à Severus de le soigner. Celui-ci profite de ces soins pour faire comprendre à Harry, avec l'aide de Lucius, que tout n'est pas perdu et qu'il a des alliés au sein même du château du Seigneur des Ténèbres. Pendant ce temps, Voldemort demande à Drago de lui rapporter du Ministère de la Magie le livre des Lois de Pendle et Samlesbury. Pour s'acquitter de cette mission, Drago fait appel à l'aide d'Ombrage. Voldemort tue Nagini et ressort transformé de ce crime. Il a retrouvé une apparence humaine. C'est ainsi qu'il va trouver Harry dans son cachot où il le torture avant de lui lancer le sort de l'Avada Memomagia.
.
Chapitre 2 : Les Lois de Pendle et Samlesbury
.
Ses paupières se froissèrent. Il ignorait pourquoi, mais il avait beaucoup de mal à ouvrir les yeux ce matin. Sûrement à cause de cet atroce mal de tête. Il essaya de bouger et sa bouche se tordit dans une plainte, un mal cuisant se faisant sentir dans son abdomen.
Des doigts froids se posèrent sur le côté de son visage et glissèrent dans ses cheveux.
« Doucement, Harry, murmura une voix qu'il ne connaissait pas. »
C'est cela, plus que le reste, qui lui donna la force d'ouvrir les yeux.
Qui pouvait donc lui parler de manière aussi douce ?
Son premier réflexe, lorsqu'il tomba sur un regard rouge, fut de vouloir fuir. Il eut bien un mouvement de recul, mais son ventre lui fit alors bien trop mal. Aussi se laissa-t-il retomber sur son oreiller. Paniqué, ses yeux firent rapidement le tour de la pièce, baignée dans le rayon de lumière que laissaient filtrer les rideaux d'une grande fenêtre. Il se trouvait dans une chambre immense, au milieu d'un lit immense. Chaque meuble, chaque objet criait son luxe.
Mais où était-il ?
Il reporta son attention sur l'homme à ses côtés. Ils se trouvaient dans le même lit et l'homme ne portait pas de t-shirt. Harry paniqua un peu plus lorsqu'il réalisa que lui non plus ne portait pas de t-shirt. Ni de pantalon. Ni de caleçon.
Tout à ses réflexions, il laissa l'homme se pencher sur lui et embrasser ses lèvres, le faisant loucher un instant.
« Bonjour, A Chuisle, lui dit-il. » (1)
« Je… Je m'appelle Harry, répondit-il en remontant le drap sur sa poitrine nue. »
Et ce simple geste élança la douleur dans le milieu de son corps.
« Oui, je sais, répliqua l'autre comme si Harry venait de dire une chose particulièrement inutile. »
Et c'est vrai qu'il l'avait déjà appelé « Harry » lorsqu'il s'était réveillé. Mais il avait beau chercher, il ne connaissait pas cette personne. Son regard fut attiré par une tâche sombre sur le bras de l'homme. Il s'agissait d'un tatouage pour le moins…hideux, représentant une tête de mort et un serpent.
« Qui êtes-vous ? demanda-t-il. »
Cette fois, l'homme fronça les sourcils. Il posa la main sur son front avec un air préoccupé.
« Tu n'as pourtant pas de fièvre, murmura-t-il comme s'il se parlait à lui-même. Te souviens-tu de ce qui est arrivé hier ? l'interrogea-t-il. »
Et Harry eut beau essayer, non, il ne se rappelait de rien. Il ignorait où il était et ce qu'il faisait ici, nu dans un lit avec un autre homme. Et il espérait que l'autre homme en question porte quelque chose sous le drap.
La réponse, il la lui donna en quittant le lit sans rien pour le vêtir, laissant Harry totalement figé. Le garçon était tellement obnubilé par la nudité du corps face à lui qu'il ne remarqua pas le petit sourire cruel qui passa sur le visage de l'homme, alors qu'il se drapait d'une sorte de grande cape noire.
« Je vais chercher Severus pour qu'il t'examine, lui dit-il en attrapant une longue tige de bois sur la table de chevet. Tu as dû recevoir un mauvais sort hier. »
Puis il traversa la pièce pour gagner deux grandes portes en bois, qui s'ouvrirent sur son passage.
« Oh, et pour répondre à ta question, Harry, précisa-t-il en se retournant une dernière fois vers lui, je suis Lord Voldemort. Ton compagnon. »
.
.
Severus Rogue venait de transplaner dans une ruelle non loin du 12 Square Grimmaurd. Comme toujours, la petite place était déserte. Aussi se dirigea-t-il sans attendre entre les numéros 11 et 13. Il attendit un instant et les deux bâtisses s'écartèrent pour laisser place à la maison de l'illustre famille Black.
A peine avait-il posé un pied sur le perron que la porte s'ouvrit et qu'il se retrouva une baguette plantée sous le menton. Puis, dans la pénombre de l'entrée, Remus Lupin se dévoila.
« Oh, c'est toi Rogue. »
« Cette maison n'apparait que pour les membres de l'Ordre, siffla Severus. Pourrais-tu donc m'expliquer ce qui me vaut un tel accueil, Lupin ? »
Remus baissa sa baguette et le laissa entrer. Dans son tableau, la vieille Walburga Black n'émit pas un son. Seuls ses yeux bougèrent, suivant du regard celui qu'elle pensait fidèle aux Sang-Pur et à Voldemort. Il jouait son rôle d'espion, se disait-elle.
« Excuse-moi. Nous sommes tous un peu à cran depuis…Poudlard. »
Depuis que nous avons perdu Harry.
« Comment va-t-il ? demanda le lycanthrope. »
Lupin semblait fatigué, pensa Severus. Tout du moins, plus fatigué que d'habitude, sa condition de loup-garou ne lui permettant jamais d'être totalement reposé. Son visage était marqué par des nuits trop courtes. Ses cheveux châtains, habituellement flamboyants, étaient ternes et une barbe de trois jours avait fleuri sur ses joues émaciées.
« Il est en vie, lui répondit-il. »
Et ce n'est pas comme s'il pouvait dire autre chose.
« Nous t'attendons tous dans la cuisine, l'informa Remus. »
Autour de la table se tenaient effectivement une douzaine de membres de l'Ordre du Phénix. Les Weasley étaient en majorité, une fois n'est pas coutume. Arthur, Molly et leurs enfants Bill, Fred, Georges et Ronald, se tenaient tous les uns à côté des autres, dans des dégradés de chevelures rousses.
Severus ne put refouler la pointe de culpabilité qui le saisit lorsqu'il aperçut l'oreille mutilée de Georges, résultat de son Sectumsempra lors de la Bataille de Poudlard. Et même si son sort ne l'avait atteint que par accident, il n'en demeurait pas moins que sans lui, Georges Weasley aurait encore ses deux oreilles.
Près de Ronald était installée Hermione Granger. Ils étaient les deux amis inséparables de Potter. Et si Severus fut étonné de les voir assister à cette réunion, il n'en dit rien. Ils étaient majeurs, après tout.
Rémus Lupin repris sa place entre Minerva McGonagall et Nymphadora Tonks. Venaient ensuite Kingsley Shacklebolt, Alastor Maugrey, Sturgis Podmore, Hestia Jones et Dedalus Diggle, chacun affichant un air grave de circonstance.
Severus salua tout le monde d'un simple mouvement de tête, que certains, accoutumés à ses manières froides, lui rendirent. Il n'était pas ravi de devoir s'asseoir à côté de Dedalus, bien que celui-ci semble moins agité que d'habitude. Mais il s'installa tout de même à la seule place libre, entre ce dernier et Arthur.
« Severus… Comment va Harry ? demanda Molly. »
Et la même question se lisait sur tous les visages.
« Il est vivant. Physiquement, tout du moins, répondit de nouveau Severus. »
« Physiquement ? releva Hestia. »
« Comment ça, « tout du moins physiquement » ? lui fit écho Arthur. »
« Que voulez-vous dire, professeur ? l'interrogea Hermione. »
« Ce que je veux dire, mademoiselle Granger, c'est qu'à l'heure actuelle, Harry Potter est très probablement atteint d'une profonde amnésie, révéla-t-il. »
« Très probablement ? Vous n'en êtes donc pas sûr ? supposa Alastor, son œil de verre roulant frénétiquement dans son orbite. »
« Je veux dire que je n'ai pas encore pu le constater par moi-même. Mais les intentions de Voldemort étaient très claires à ce sujet. »
« Que vous a-t-il dit ? Harry a-t-il reçu un trop gros choc ? s'enquit Bill. »
« Non, il ne s'agit pas de cela. La dernière fois que j'ai vu Potter, je vous assure qu'il avait toute sa tête. »
Quant au reste, inutile d'en faire étalage, et surtout pas devant Granger et le cadet des Weasley.
« Mais alors, que voulez-vous dire, Severus ? Qu'il a l'intention de rendre Harry amnésique ? le pressa Kingsley. »
« Il va lui jeter un oubliette, affirma Sturgis avec colère. »
« Harry va devenir comme Lockhart ? s'inquiéta Ron. »
« Parlez, Severus ! lui intima Minerva, au comble de l'inquiétude. »
« Si vous m'en laissez l'opportunité ! s'impatienta Severus, ramenant instantanément le silence. Bien, poursuivit-il. Vous connaissez tous l'histoire des sorcières de Pendle et Samlesbury, j'imagine ? »
« Oui. Les sorcières des villes de Pendle et Samlesbury ont été dénoncées et condamnées par des moldus à périr sur le bûcher lors de l'Inquisition, en 1612, récita Hermione. » (2)
Foutue Miss-je-sais-tout, pensa Severus.
« Quel rapport avec Harry ? demanda Remus. »
« J'y viens, Lupin, le tança Severus. Après ces évènements, le Ministère de la Magie, en Angleterre, a pris une série de mesures pour le moins…drastiques, afin de protéger la population sorcière de notre pays. Ces mesures sont connues sous le nom des Lois de Pendle et Samlesbury. »
Severus fit une courte pause pour s'assurer que tout le monde suivait, y compris Ronald.
« Un certain nombre de ces mesures avaient pour but d'effacer totalement l'existence des sorciers au sein de la société moldue, comme la loi ordonnant l'abandon systématique des enfants cracmols et l'enlèvement pur et simple des Sang-Mêlé et des nés-moldus à leurs familles. C'est d'ailleurs à cette époque que les nés-moldus ont été pour la première fois qualifiés de « Sang-De-Bourbe » par la population sorcière traumatisée des exactions commises à leur encontre par l'Inquisition. Le mot « moldu » était devenu tabou et tout contact avec leur monde était formellement interdit aux sorciers, sous peine d'emprisonnement dans les geôles d'Azkaban… Plus aucun moldu ne devait connaitre l'existence des sorciers. C'est dans ce but que le sort de l'Avada Memomagia avait été créé par le mage Chattox, dont la femme et la fille avaient été brûlées sur les buchés de Pendle, termina-t-il. »
« Et…quel était l'effet de ce sort ? demanda Nymphadora, rompant le silence qui avait suivi l'exposé de Severus. »
« Ce sort permettait ni plus ni moins d'effacer de la mémoire d'un individu absolument tous ses souvenirs du monde magique, lui faisant ainsi oublier l'existence de la magie et de la communauté sorcière. »
« Et c'est ce sortilège que Voldemort destine à Harry ? »
« Oui, mademoiselle Granger. »
La terrible sentence venait de tomber, laissant chacun dans l'atterrement le plus total.
« Mais…pourquoi ? demanda Bill, attirant l'ensemble des regards sur lui. Je veux dire, on pensait tous, même si personne n'en parlait, qu'Harry serait mort quelques heures à peine après avoir été livré à Voldemort. C'était le sort qui l'attendait, il y avait peu de doutes là-dessus. Alors, pourquoi ? Pour quelle raison Voldemort voudrait effacer des souvenirs d'Harry son existence en tant que sorcier, puisque c'est bien de cela dont il s'agit ? »
« Bill a raison, approuva Remus. Ce n'est pas…logique, dit-il, bien que cela lui fasse mal de parler de la mort d'Harry comme d'une chose allant de soi. »
« D'après ce qu'il a expliqué, son plan consisterait à faire de Potter son allié, révéla Severus. »
« Son allié ? répéta bêtement Dedalus, intervenant pour la première fois. »
« Oui, son allié, réitéra-t-il avec agacement. Il a eu une sorte d'illumination. D'après la prophétie aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. Mais elle ne dit pas s'ils pourraient survivre à la mort de l'autre. Tout du moins, la mort physique, précisa-t-il. »
« Il a donc décidé de tuer Harry d'une toute autre façon, réalisa Minerva. »
« Oui, mais pourquoi vouloir faire d'Harry son allié ? Pourquoi ne pas simplement effacer sa mémoire et le laisser croupir au fond d'un cachot ? souleva Remus.»
« Ça, je l'ignore, avoua-t-il. »
« Réjouissons-nous simplement qu'il ait pour lui des plans à long terme, intervînt Nymphadora en prenant dans la sienne la main de Remus. Cela nous laisse encore une chance. »
« Le problème c'est qu'il nous est parfaitement impossible de faire sortir Potter de Morsonge. Et qu'à ma connaissance, il n'existe aucun contre-sort à l'Avada Memomagia. »
.
.
Harry était plongé dans une intense réflexion. L'homme était parti. Les portes s'étaient automatiquement refermées derrière lui, comme celles des grands magasins de Londres.
Oui, il se souvenait parfaitement de ce jour où il avait été faire les magasins avec sa famille, les Dursley, pour trouver de nouvelles chaussures et un nouveau manteau pour Dudley qui allait intégrer un collège privé à la rentrée. Harry devait porter les vêtements que sa tante Pétunia choisissait pour son cousin, jusqu'à ce qu'ils aillent dans les cabines d'essayage et que Dudley essaye le tout. Puis il devait porter les sacs une fois sortis des magasins. Il se rappelait d'Oxford Street et de son oncle Vernon pestant contre « tout ce monde ».
Il se souvenait qu'on était la veille de son anniversaire. Il allait avoir 12 ans. Mais comme tous les ans, on n'achèterait rien pour lui et il ne soufflerait aucune bougie.
En y réfléchissant bien, il se souvenait parfaitement de tous ses anniversaires. Ou plus précisément, il se souvenait très bien de tous les mois d'été passés avec sa famille. Il se souvenait de son enfance aussi. Il en était sûr, son placard sous l'escalier lui revenant nettement en mémoire. Mais à part ça, il ne se souvenait de rien. Il était même incapable de dire pourquoi les Dursley lui avaient finalement donné une chambre à l'étage. Peut-être était-il devenu trop grand pour dormir dans le petit lit du placard ?
Mais là, il n'était plus chez son oncle et sa tante. Et le lit était largement assez grand pour lui et quatre autres personnes. Il était nu sous les draps et cela ne le faisait pas se sentir très à l'aise. Mais il ne voyait rien qui aurait pu ressembler à des vêtements dans la pièce. Il n'y avait pas d'armoire non plus. Ni de commode. Mais il y avait un grand coffre en bois sous l'une des fenêtres.
Harry voulut se lever pour regarder s'il ne trouverait pas quelque chose pour s'habiller à l'intérieur. Mais il en fut incapable, son abdomen l'élançant impitoyablement. C'était comme s'il avait reçu un coup et qu'un gigantesque bleu lui faisait mal. Mais il regarda de nouveau son ventre et ne vit aucun hématome. Par contre, il remarqua une longue cicatrice au niveau de sa poitrine, sous son téton gauche. Elle était bien rose, comme une blessure récente. Il la toucha du bout des doigts et ne ressentit aucune douleur. Il ignorait totalement comment il avait pu se blesser.
Tout cela allait le rendre fou ! Il se sentait perdu et vide. Vide pour de vrai. Il lui manquait des souvenirs. Beaucoup de souvenirs.
Il se prit la tête dans les mains, voulant hurler ou pleurer, il ne savait pas trop.
« Merde, mais qu'est-ce qui m'arrive ? murmura-t-il. »
Puis, se frottant le visage, il réalisa deux choses qui lui avaient échappé jusque-là. La première : il portait un anneau en or à son annulaire gauche. La seconde : il ne portait pas de lunettes.
Automatiquement, il se tourna vers la table de chevet à sa droite. Elles ne s'y trouvaient pas. Mais il y avait un cadre, avec une photo qui le troubla au plus haut point. Il tendit le bras pour s'en saisir et mieux la contempler. Mais il la relâcha aussitôt, effrayé. Le cadre retomba par terre dans un bruit mat.
Hébété, Harry allongea légèrement le cou vers le sol pour observer de nouveau le phénomène. La photo bougeait. Mais ce n'était pas comme un film, car l'image était bien en papier. On le voyait lui, riant, passer ses bras autour du cou de…Lord Voldemort et embrasser sa joue, avant de se tourner vers le photographe, le regard brillant de joie. L'autre ne bougeait pas. Il ne souriait même pas. Seuls ses yeux rouges se baissaient vers Harry, le couvant d'une étrange façon. La scène tournait en boucle et lui semblait parfaitement irréelle, avec son pâle clair de lune en arrière plan.
Harry reporta son attention sur l'anneau à son doigt. L'homme lui avait bien dit qu'il était son compagnon. Pourtant, il avait toujours pensé qu'il aimait les filles. Bon, c'est vrai qu'il n'avait jamais eu de petite amie. Ou peut-être ne s'en souvenait-il tout bonnement pas. Et puis, Lord Voldemort ? C'était quoi ce nom sinistre ?
Peut-être était-il en train de rêver…
Harry en était là de ses déductions lorsque les deux grandes portes en bois, de l'autre côté de la pièce, s'ouvrirent de nouveau pour laisser entrer deux hommes : celui aux côtés duquel il s'était réveillé ce matin et un autre, légèrement plus petit, mais non moins intimidant.
Arrivé aux pieds du lit, le nouveau venu posa sa main sur son cœur et s'inclina légèrement devant lui.
« Bonjour, Mon Prince. »
Puis il se redressa tandis que Lord Voldemort ramassait le cadre photo pour le remettre en place.
« Le Maître m'a informé que vous ne vous sentiez pas très bien ce matin, poursuivit le nouveau venu. »
Mon Prince ? Le Maître ? Là c'était sûr, il était en train de rêver.
Il détailla un peu mieux le nouvel arrivant. Assurément, il était plus âgé que Lord Voldemort. Et moins…Harry ne savait trop quoi.
« Tu te souviens de Severus, Harry ? »
Le garçon scruta de nouveau le visage impassible devant lui. Le stoïcisme semblait être une marque de fabrique ici.
« Non. Je ne m'en souviens pas, répondit-il. »
Lord Voldemort afficha un air affecté mais l'autre, Severus, ne sembla en aucun cas perturbé par ce qui lui arrivait. Il s'approcha de lui et il le vit sortir de sa manche le même genre de baguette en bois que Lord Voldemort avait emportée tout à l'heure avant de le quitter. Là où Harry prit peur, c'est quand Severus la pointa sur son front.
« Qu'est-ce que vous faites ?! s'écria-t-il en repoussant le morceau de bois d'une main. »
Se faisant, il se crispa de douleur. Le moindre mouvement lui coûtait. Son abdomen lui faisait tellement mal.
« Je veux simplement vous examiner, Mon Prince, lui répondit l'autre avec une sorte de révérence dans la voix. »
C'était quoi ce bordel ?
« Allons, Harry, laisse-toi faire. Tu as passé l'âge de ces caprices d'enfant, le sermonna Lord Voldemort. Tu sais bien que Severus ne te fera aucun mal. »
« Quoi ? »
Son regard affolé faisait des allers-retours entre les deux hommes.
« Mon Prince ? l'appela Severus. »
« Vous… vous n'êtes certainement pas médecin, s'emballa Harry. D'abord, vous n'avez pas de blouse. Ensuite, où est votre stéthoscope ? Et puis, dans ce genre de situation, le mieux ne serait-il pas de me faire passer une radio ? Je veux dire, j'ai dû faire une mauvaise chute ! Je dois avoir un traumatisme crânien ! »
Harry vit les deux hommes échanger un regard semblant dire : « C'est bien plus grave que ce que nous suspections. Il va mourir, c'est sûr. »
« Qu'est-ce qu'un stépospote ? demanda Lord Voldemort à Severus. »
« Stéthoscope, Maître. C'est un appareil utilisé par les soignants moldus, lui répondit-il. »
Moldu ? Voilà encore un drôle de mot.
Lord Voldemort s'assit alors sur le lit à ses côtés et prit sa main dans la sienne.
« A Chuisle, tu sais bien que jamais tu ne retourneras chez les moldus. Je ne l'autoriserai pas, lui dit-il d'un ton sans appel. »
« Chez les Moldus ? Je ne connais aucune personne du nom de « Moldu », assura Harry. Ou alors, je ne m'en souviens pas… »
« Et de quoi vous souvenez-vous exactement, Mon Prince ? l'interrogea Severus. »
« Je… Je ne suis pas un prince, dit Harry en serrant un peu plus la main dans la sienne. »
Ce contact était rassurant et Lord Voldemort était la première personne au monde à lui témoigner de la tendresse. Il y avait eu la caresse dans ses cheveux ce matin, et la photo sur la table de chevet. Et maintenant, il avait pris sa main. Personne n'avait jamais fait ça pour lui. Pas même sa propre famille.
« Donc, vous ne vous rappelez pas être notre Prince. Vous ne vous souvenez pas de notre Maître, ni de moi. Vous ignorez qui sont les moldus et vous semblez avoir oublié ce qu'est une baguette magique, résuma Severus. »
« Une quoi ? demanda Harry, n'en croyant pas ses oreilles. »
Là c'était sûr : il rêvait.
.
.
A Morsonge, La Salle des Douze Sièges était le lieu où se tenaient les réunions restreintes des mangemorts les plus hauts placés avec le Seigneur des Ténèbres. Restreintes à tel point qu'il était rare que plus de la moitié des sièges soient occupés.
Présentement, ils étaient trois, installés autour de la table dans un silence pesant.
Rodolphus Lestrange avait bien tenté de lancer une conversation. Plusieurs, même. Mais entre le mépris affiché de Malfoy et l'indifférence de Rogue, Rodolphus ne savait lequel des deux il rêvait le plus de tuer.
Il savait que Rogue avait déjà vu Potter, pour la grande scène de l'examen médical. Mais l'autre n'avait rien laissé filtrer. Il avait simplement répondu un petit « oui » sec lorsqu'il lui avait demandé si le sortilège avait fonctionné sur le gosse.
Il en était réduit à chasser une poussière imaginaire sur son épaule, sous le regard blasé de Malfoy et indifférent de Rogue, lorsque la porte s'ouvrit et que le Seigneur des Ténèbres apparut dans une envolée de cape.
Ils se levèrent tous les trois comme un seul homme et s'inclinèrent légèrement, une main sur le cœur, en murmurant des « Maîtres » plus serviles les un que les autres.
Lord Voldemort déposa un grand livre devant lui et leur fit signe de se rasseoir en s'installant lui-même en bout de table pour présider leur petite assemblée.
« Où en es-tu avec les gobelins, Lucius ? demanda-t-il sans préambule. »
Le Seigneur des Ténèbres désirait mettre la main sur les fortunes des nés-moldus et des Sang-Mêlé afin de soutenir son effort de guerre. Lucius avait donc pour mission de faire des gobelins leurs alliés.
« Je progresse, Maître. »
« Je te prierais de ne pas me faire perdre mon temps. Viens-en aux faits, précisa-t-il en faisant tourner sa baguette entre ses doigts. »
Lucius ne montra rien de sa peur, si toutefois il était effrayé.
« Ils se rallient de plus en plus à notre cause, Maître. Et ceux qui ne se sont pas encore déclarés comme nos partisans ne tarderont pas à le faire. La disparition de Potter les a quelque peu…ébranlés, termina-t-il dans un sourire de connivence. »
« Et qu'en est-il de Bill Weasley ? »
« Il reste un problème. Il est très influent à Gringotts où il fait figure de dépositaire des idéaux de Dumbledore. »
« Très bien. Elimine-le dans ce cas, énonça-t-il comme si ça coulait de source. Il est fâcheux de devoir perdre un Sang-Pur, mais celui-ci a eu l'extrême mauvais goût de s'unir à la descendante d'une Vélane. Qu'y a-t-il de pire que de se reproduire avec des animaux ? »
Rodolphus ricana tandis que Lucius approuvait d'un hochement de tête.
« Choisis qui tu veux parmi mes mangemorts et réglez le problème Bill Weasley. »
Lucius opina, se demandant déjà comment il allait s'en tirer sur ce coup-là.
« Et toi, Rodolphus ? Où en es-tu ? »
« Moi et mes hommes avons capturé un tout jeune vampire, il y a trois nuits. »
« Oui, Bella n'a pas manqué de me faire ton éloge. Mais un vampire captif est un maigre butin et cela n'en fait pas un allié. »
« Certes, mais cette capture fait partie d'un plan qui amènera sûrement les vampires à reconsidérer votre offre de se joindre à nous. »
« Je t'écoute. »
L'attention du Seigneur des Ténèbres était enfin toute à lui. Ce n'était pas pour rien que Rodolphus Lestrange était arrivé à se hisser au même niveau que Lucius et Severus. Il travaillait d'arrache-pied pour cela. Lucius s'occupait des finances et il était les yeux et les oreilles de Lord Voldemort au sein du Ministère de la Magie. Quant à Severus, il était l'agent double se faisant passer pour un membre de l'Ordre du Phénix afin de l'espionner de l'intérieur. Il avait, en plus de cela, la charge de Poudlard. Que lui restait-il, à lui ? Mais peu importe, même avec peu, Rodolphus avait toujours su tirer son épingle du jeu. La preuve : n'était-ce pas lui qui avait ramené Potter à Morsonge ?
« Voilà déjà trois jours qu'il est en cellule. Il est relativement calme pour le moment, si l'on tient compte du fait qu'aucun repas ne lui a été livré. »
« Les prisonnier manquent-ils à ce point pour que tu ne puisses nourrir notre hôte ? »
« Je ne veux pas le nourrir. Je veux l'affamer. Et quand la faim l'aura rendu fou, je le lâcherai sur le chemin de traverse. »
« Il fera un carnage, nota Severus. »
« Effectivement. Je compte bien créer un vent de panique. Les vampires ne sont pas particulièrement appréciés des sorciers. Mais le gouvernement les laisse tranquilles puisqu'ils ne font jamais parler d'eux. Mais que feront les sorciers et le Ministère de la Magie après un drame de cette ampleur ? »
« La chasse aux vampires, répondit Lucius. »
« Et que ferons-nous ? »
« Nous leur proposerons de les protéger en échange de leur allégeance, exulta le Seigneur des Ténèbres. Brillant, Rodolphus. Brillant. J'aime ce genre d'initiative. »
Rodolphus se rencogna confortablement dans son siège, fier de son petit effet.
« Severus, poursuivit Voldemort, quelles nouvelles de l'Ordre du Phénix ? Ou devrais-je dire, de ce qu'il en reste, s'amusa-t-il. »
« Le vieux Elphias Doge a succombé au sortilège de Rabastan. Mais les autres membres imminents de l'Ordre sont prêts à reprendre la lutte, malgré la perte d'une grande partie de leurs jeunes recrues. »
« Pertes qui ont par ailleurs fait grandement chuter leur estime au sein de la société sorcière bien-pensante, souligna Rodolphus, s'accordant une nouvelle fois l'approbation du Seigneur des Ténèbres. »
« Cela ne manquera pas de jouer en notre faveur en temps voulu. Et que disent-ils, au sujet de Potter ? s'enquit-il de nouveau auprès de Severus. »
« Ils le pensent mort, Maître. »
« Parfait. Absolument parfait. Tout se passe comme je l'avais espéré : l'Ordre du Phénix déprécié par l'opinion publique, il me sera d'autant plus aisé de la rallier à mes idéaux lorsque Potter réapparaitra à mon bras, bien vivant, et tout dévoué à ma cause. »
« Pensez-vous qu'ils nous suivra ? osa demander Rodolphus. »
Le Seigneur des Ténèbres cessa tout mouvement et le prit dans ses insoutenables pupilles rouges.
Rodolphus était brillant, certes, mais il n'était pas le plus avisé. Rester dans l'ombre du Seigneur des Ténèbres, voilà une règle de survie que Lucius et Severus appliquaient toujours à la lettre.
« Il ne vous suivra pas. Il ME suivra, asséna-t-il, une sourde colère faisant crépiter des étincelles de magie autour de lui. »
« Oui, Maître, répondit Rodolphus en baissant la tête. »
« Mon projet se déroule à merveille, comme Severus a dû vous en informer, expliqua-t-il, légèrement radouci. »
Rodolphus se retint de dire le contraire.
« Potter est aussi malléable qu'un nouveau-né. Je me chargerai donc, avec votre aide, de faire son éducation. Je l'introduirai bientôt dans nos rangs en tant que mon Prince. A ce moment-là, la défaite de l'Ordre sera totale. »
.
.
Harry avait passé la majeure partie de sa journée seul. Une créature, un elfe de maison nommé Bidule, lui avait apporté son déjeuner et son diner, avec les potions prescrites par Severus. Harry l'avait détaillé un long moment, ne semblant pas en revenir. Le petit être, grand comme un enfant de huit ans, avait d'énormes yeux globuleux, de grandes oreilles tombantes et un nez pareil à une grosse pomme de terre. Pour se vêtir, il ne portait qu'un marcel trop grand de couleur douteuse. Harry aurait aimé lui parler, mais l'elfe ne s'était pas attardé, si bien qu'il avait passé sa journée seul. Il avait peu mangé, son estomac le faisant souffrir. Mais il avait beaucoup dormi, son corps devant se remettre des blessures que l'Ordre du Phénix lui avait infligées. Et il avait aussi beaucoup pensé à tout ça : ces histoires de magie, de sorciers et de guerre.
Ce matin, après que Lord Voldemort ait changé un oreiller en boîte de mouchoirs, il n'avait put que reconnaitre l'existence de la magie. Il avait tout de même fermé les yeux d'appréhension lorsque Severus lui avait lancé tous ces sorts pour l'examiner. Mais il n'avait pas eu mal.
Apparemment, il avait reçu un sortilège d'amnésie, mais Severus ignorait lequel. Lord Voldemort s'était mis en colère, disant combien les membres de l'Ordre étaient d'ignobles personnes de l'avoir ainsi torturé pour finir par mutiler sa mémoire. Il avait juré qu'il allait leur faire payer, et Harry avait eu peur à ce moment-là. Lord Voldemort était un homme effrayant. Mais il avait embrassé son front avec tant de douceur, au moment de le quitter… Harry avait encore la sensation de ses lèvres à cet endroit. Il y avait pensé toute la journée, en tournant distraitement l'anneau en or à son annulaire.
Ce n'est qu'en début de soirée que Lord Voldemort réapparut dans sa chambre.
« Je t'ai apporté quelque chose, lui dit-il en déposant un grand livre sur ses genoux. »
Harry ne l'ouvrit pas tout de suite. Il regarda Lord Voldemort ôter sa cape et l'abandonner sur un fauteuil. Heureusement, contrairement à ce matin, il n'était pas nu dessous. Il portait un pantalon de cuir noir et une tunique cintrée à col mao en coton noir, brodée de fils d'argent. Harry le trouva intimidant.
« Est-ce que je pourrais avoir un caleçon ou un pantalon s'il te plait ? demanda-t-il tout de même. »
Les yeux rouges s'étrécirent, le faisant tressaillir.
« Je comprends la situation dans laquelle tu te trouves, Harry. Aussi vais-je être indulgent avec toi. J'ai d'ores et déjà demandé à Lucius et Rodolphus de te donner des cours afin que tu réapprennes ce que tu as oublié. Cela prendra le temps qu'il faudra. Je serai patient. En revanche, il y a certaines choses sur lesquelles je ne ferais pas l'impasse. Je suis ton Maître. Le Roi des Sang-Pur de Grande Bretagne. A cet égard, tu me dois le respect. Il est inenvisageable que tu me tutoies. Tu ne le faisais pas auparavant. Tu ne le feras pas maintenant. Me suis-je bien fait comprendre ? lui demanda-t-il en lui attrapant le menton. »
Harry pouvait voir une sorte de folie brûler dans ses prunelles rougeoyantes. Comment cet homme-là pouvait-il être son compagnon ? Il le terrorisait. En cet instant, tout son corps lui hurlait de rester le plus loin possible de lui.
« Oui, répondit-il. »
« Oui qui ? »
Harry s'humidifia les lèvres, nerveux.
« Je ne connais pas votre prénom. Je ne m'en rappelle plus. »
Lord Voldemort le relâcha pour saisir sa main et embrasser ses doigts, geste qui déstabilisa Harry.
« Je n'ai pas de prénom, Harry. Je suis Lord Voldemort. »
Pas de prénom ? Tout le monde avait un prénom !
« C'est ainsi que je vous appelais ? Lord Voldemort ? »
Harry fronça les sourcils. Cette idée le dérangeait. Ils étaient censés être intimes.
« Non. Tu m'appelais Maître, comme tout le monde. »
Mais quel genre de relation avaient-ils ? N'étaient-ils pas censés s'aimer ? Plus ça allait, plus l'homme qui lui était apparu comme quelqu'un de tendre lui semblait à présent d'une froideur absolue.
« Tout du moins, en public, ajouta-t-il avec un petit sourire moqueur. »
Le cœur d'Harry s'arrêta un instant avant qu'il ne relâche enfin un souffle tremblant. Il se sentait mieux, tout à coup, l'autre le faisait simplement marcher.
« Oh...heu...d'accord, approuva-t-il avec un sourire soulagé. Vous vous amusez bien, je suppose ! »
« Excuse-moi, c'était trop tentant. Je sais que ta situation n'est pas enviable. Mais les choses vont s'arranger, je te le promets. Severus cherche un contre-sort et je mets tout en œuvre pour retrouver ceux qui t'ont fait ça. »
Harry approuva d'un hochement de tête.
« En fait, le plus souvent, tu m'appelais « Mon amour » en privé. Mais je pense que c'est peut-être un peu tôt pour ça. « Lord Voldemort » sera très bien, pour le moment. »
Oui, finalement, ça lui allait très bien ! Tout plutôt que de devoir l'appeler « Maître ». Bon, il devrait tout de même le faire lorsqu'ils ne seraient pas seuls. Mais, après tout, tout le monde l'appelait ainsi. Et ce n'était pas n'importe qui. Il était roi !
« D'accord. »
Les yeux de l'homme le regardèrent avec insistance. Il semblait attendre quelque chose, mais ne disait rien.
« Oh, excusez-moi ! Je voulais dire « D'accord, Lord Voldemort », se reprit-il. »
« Parfait, approuva-t-il en resserrant brièvement sa main sur ses doigts. Quant à des vêtements, tu n'en as jamais porté dans ce lit. Et, étant donné que tu ne peux pas te lever pour le moment, je ne vois pas l'utilité de t'en faire apporter. »
Harry allait protester, mais l'autre ne lui en laissa pas le temps.
« Si nous regardions ce que je t'ai apporté, à présent ? enchaîna-t-il en ouvrant le grand livre qu'il avait posé sur les genoux d'Harry. »
Mais il ne s'agissait pas d'un livre. C'était en fait un album photos. Sur la première page, l'image montrait un couple avec un bébé, posant devant une maison. L'homme lui faisait un signe de la main tandis que la femme embrassait la joue de l'enfant. Et, sans qu'il sache pourquoi, cette photo le captiva au point qu'il en oublia sa condition de garçon nu.
« Qui est-ce ? »
« Ce sont tes parents, Harry. Et là, c'est toi, dit-il en posant son doigt sur l'enfant dans les bras de la jeune femme. »
Harry était bouleversé. Il n'avait jamais vu ses parents en photo – tout du moins l'avait-il oublié. Jusque-là, il ne savait même pas à quoi ils ressemblaient, car ils étaient morts alors qu'il n'était qu'un bébé. Il caressa doucement le visage de sa mère. Cette belle femme rousse qui semblait tellement l'aimer sur cette photo. Lui qui avait toujours cru n'avoir jamais été aimé de personne.
« Vous savez ce qui leur est arrivé ? Mon oncle et ma tante ne me l'ont jamais dit… »
« Tes parents étaient deux de mes meilleurs mangemorts, commença-t-il. Ils faisaient partie de mon cercle de proches conseillers. Ils étaient un modèle pour les jeunes recrues. Mais ils étaient aussi, de ce fait, les ennemis numéros un de l'Ordre du Phénix, après moi, bien entendu. »
Lord Voldemort lui laissa le temps d'assimiler tout ça.
« Ils… Ils les ont tués ? demanda Harry, la gorge nouée. »
L'homme hocha la tête d'un air grave.
« Sirius Black et Peter Pettigrow, des membres de l'Ordre, ont mis le feu à leur maison. Tu as été le seul survivant de l'incendie, par je ne sais quel miracle. »
Les yeux d'Harry se noyèrent de larmes et il se mit à renifler. Lord Voldemort attrapa alors la boîte de mouchoirs qui ce matin encore était un oreiller. Comme si tout cela avait été calculé à l'avance. Comme quoi, les évènements s'enchainaient parfois de façon favorable, pensa Harry en s'essuyant le nez et les yeux.
« Excusez-moi. Je suis vraiment désolé, Lord Voldemort. »
Ce dernier passa un bras autour de ses épaules et embrassa sa tempe.
« Malheureusement, Peter Pettigrow reste introuvable à ce jour. Mais j'ai tué Sirius Black, A Chuisle. Je l'ai fait pour toi, lui murmura-t-il. »
Et Harry se laissa aller dans son étreinte, posant même sa tête contre son torse. L'homme lui caressa les cheveux.
« Qu'est-ce que ça veut dire « A Chuisle » ? demanda Harry en réprimant un sanglot. »
« Cela veut dire que tu possèdes en toi une partie de moi, Mon Prince. »
Bien qu'il soit un homme effrayant, Lord Voldemort était quelqu'un de romantique, pensa Harry alors que des doigts froids retraçaient la cicatrice sur son front.
(1) «Mo chuisle » est une expression irlandaise qui veut littéralement dire «Mon pouls », mais qui peut aussi signifier « Mon amour », « Ma/Mon chéri(e) ». Cela vient de l'expression «A chuisle mo chroí », « Pouls de mon cœur. ». Quand on s'adresse directement à une personne, on dira «A chuisle ». Quant on parle au sujet de quelqu'un, on dira «Mo chuisle ». Le film Million Dollar Baby écrit incorrectement «Mo cuishle » au lieu de «Mo chuisle ».
Explications fournies par Jacquie38 sur le site .
(2) Ces évènements ont vraiment eu lieu à Pendle et Samlesbury en 1612. Voir Wikipedia pour plus de renseignements.
.
Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)
.
Réponses à la review d'Artmis: Coucou ! Merci pour ta review et ton impatience ! Je n'essaie pas d'être cruelle mais je ne peux pas publier plus vite, même si j'ai pas mal de chapitres d'avances : Je relis, ma bêta relis, je rerelis et rerelis avant de publier, je réponds à toutes les reviews et je dois écrire la fin de cette histoire (et personne n'ignore combien les fins sont délicates, faut pas se foirer sinon tout le travail abattu avant sera vain.) Et en plus, je travaille et j'ai un petit chien… tout mignon… qui me prend tout mon temps (ou presque ;). Enfin voilà, si je pouvais publier plus rapidement, je le ferai, sois en sûre. J'espère que ce second chapitre aura valu la peine d'attendre. A bientôt j'espère !
