SUUUUURRRPRRRIIIIIIISEEEEE!
C'est pour la fête des amoureux, je publie avec 10 jours d'avance sur l'horaire :) Ne vous y habituez pas, hein, c'est exceptionnel! Parce que j'aime l'amour et les amoureux, même si j'en ai pas. Fêter l'amour est un super truc, si on ne tombe pas dans l'effet commercial de la chose. Bien sûr, parfois c'est plus facile de dire "je t'aime" avec un cadeau qu'avec des mots, mais il ne faut pas que ce soit une habitude! Alors faites vous des mamours, des petits repas, des petites ballades main dans la main, pelotez vous au ciné, mettez vous une mine à deux pour refaire le monde, riez ensemble... voilà ce que doit être la fête de l'amour. Bref, comme tous les jours mais avec une conscience aiguë que vous êtes amoureux, comme une piqûre de rappel.
En parlant de rappel, voilà le chapitre trois: Rapeltout!
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Pour la correction, c'est toujours la fabuleuse, merveilleuse, incroyable, épatante AIZHI!
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La personne non loguée qui a laissé une review sur le chapitre précédent trouvera une réponse en fin de chapitre :)
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Dans le chapitre précédent : Harry se réveille amnésique dans le lit de Voldemort. Il a tout oublié de la magie et de l'existence des sorciers. Voldemort lui fait croire qu'il est son compagnon. Severus révèle à l'Ordre du Phénix le sort réservé à Harry et informe ses membres qu'à sa connaissance, il n'existe aucun contre-sort à l'Avada Memomagia. Voldemort désire mettre la main sur Gringotts. Pour cela, il charge Lucius d'éliminer Bill Weasley qui leur fait obstacle. Rodolphus, quant à lui, tente de rallier les vampires à la cause du Seigneur des Ténèbres. Voldemort apporte à Harry un album photo afin de pouvoir lui raconter son histoire. La première photo est celle des parents d'Harry. Voldemort lui fait croire qu'ils ont été tués par deux membres de l'Ordre du Phénix : Sirius Black et Peter Pettigrow. Puis il lui dit que justice à été en partie faite car il a tué Sirius Black pour lui.
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Chapitre 3 : Rapeltout
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Ce matin-là, la première chose que vit Harry dans la pénombre du petit jour fut une boîte de mouchoirs posée sur la table de chevet. Une boîte de mouchoirs qui aurait dû être un oreiller. La veille, cette pensée lui aurait semblé complètement incongrue. Et bien qu'il ne soit pas encore très à l'aise avec tout ça, il l'acceptait.
Il se frotta les yeux et bailla. Il s'était endormi comme une souche hier soir, après toutes ces émotions. Il se demandait si l'album contenait d'autres photos de ses parents.
Un bras entoura sa taille et un corps nu se serra contre le sien. Harry se crispa. Des lèvres chaudes embrassèrent son épaule et sa nuque tandis qu'une main caressait son ventre. Paniqué, il se saisit de cette main pour la repousser et se retourna pour faire face à son assaillant, réveillant la douleur dans son abdomen.
« Lord Voldemort ! Mais qu'est-ce que vous faites ?! demanda-t-il de façon un peu hystérique. »
« Je te dis « bonjour », A Chuisle, lui répondit-il en se penchant sur sa bouche. »
Mais Harry le repoussa de ses mains avant qu'il ait pu l'embrasser.
« Arrêtez ! Je… Je… »
Le visage de l'autre homme s'était fermé et ses yeux le fixaient avec une telle férocité qu'il crut se liquéfier entre les draps.
Lord Voldemort lui tourna le dos et quitta le lit. Sans plus le regarder, il se revêtit comme la veille de sa grande cape noire. Harry trouva cette attitude insupportable. Cet homme était la première personne au monde à lui avoir témoigné un peu d'affection. Et c'était une sensation qu'Harry n'était pas prêt à perdre. Il allait se disloquer sinon, il en était sûr. Cette angoisse était insupportable.
« Non ! Pardon ! Restez s'il vous plait ! supplia-t-il, complètement affolé. »
L'homme s'arrêta, ce qui le soulagea un instant. Mais il lui tournait toujours le dos, lui cachant un sourire des plus malveillants.
« Tu semblais pourtant vouloir que je m'éloigne de toi, fit-il d'une voix peinée. »
« Non ! C'est juste que…tout ça…c'est…nouveau pour moi. Je ne connais plus rien de nous et j'ai du mal à réaliser que je suis marié à un homme. »
« Fiancé, le corrigea Lord Voldemort en lui faisant finalement face, un air triste sur le visage. Nous devions nous marier le mois prochain. Mais je suppose que ce n'est plus d'actualité. »
Il semblait si malheureux qu'Harry fut tenté de lui dire que non, qu'il l'épouserait comme prévu, demain même s'il le souhaitait. Oui mais voilà, Lord Voldemort était un homme. Et dans ses maigres souvenirs, Harry aimait les femmes. Les seins, les cheveux longs, les hanches un peu rondes et les mains délicates.
« Et bien, peut-être faudrait-il que j'apprenne à vous connaître. Je vous demande juste un peu de temps… S'il vous plait, Lord Voldemort… »
L'homme sembla hésiter. Et, finalement, un petit sourire s'esquissa sur ses lèvres.
« Tu as raison, admit-il en venant se rasseoir au bord du lit, près d'Harry. »
Comme à son habitude, il referma sa main sur la sienne.
« J'ai peut-être été un peu trop vite. Mais j'ai du mal à réaliser que tu m'as oublié, ainsi que tout ce que nous avons partagé ensemble. Tu as oublié que tu m'aimes et cela me rend impatient et malheureux, avoua-t-il. »
Ses mots touchèrent Harry qui sentit son cœur s'emballer. Après tout, ce ne serait peut-être pas si difficile de tomber amoureux d'un homme. Surtout de cet homme-là.
Lord Voldemort convoqua Bidule, l'elfe de maison, afin qu'il leur apporte le petit déjeuner. Il avait décidé qu'il resterait avec lui ce matin, pour qu'Harry puisse en apprendre plus sur son passé et sur leur relation. Le garçon avait voulu commencer par regarder les photos réunies pour lui dans l'album par Drago Malefoy, un mangemort de son âge avec qui il était ami, apparemment. Le jeune homme avait appris ce qui lui était arrivé et il était inquiet. Il avait pensé que les photos l'aideraient peut-être à regagner sa mémoire. Harry trouva que c'était une gentille attention. Il faudrait qu'il pense à le remercier quand il le verrait. Peut-être cet après-midi, avait dit Lord Voldemort, s'il n'était pas trop fatigué.
« Là, c'est Rodolphus et Bellatrix Lestrange, était-il en train de lui expliquer en lui montrant un très beau couple. »
Sur la photo, Harry se voyait entouré de six autres personnes, sous une tonnelle dans un parc. Cette femme, Bellatrix, avait un bras passé autour de ses épaules et souriait comme une enfant terrible. Quant à son mari, il avait une lueur dans le regard qui lui donna froid dans le dos. Il lui fit penser à un prédateur.
« Et ici, c'est la famille Malefoy. Il y a Lucius, Narcissa et leur fils, Drago, dont je t'ai parlé tout à l'heure et avec qui tu es très ami.»
Et il voulait bien le croire. Le jeune homme blond se penchait vers lui pour lui murmurer un secret, le regard plein de malice.
« Vous étiez à Poudlard ensemble, précisa-t-il. »
« Poudlard ? »
« Oui. L'école de sorcellerie de Grande Bretagne. Tu y as étudié durant six ans. »
Tour cela frustrait énormément Harry. Il ne se souvenait de rien. Absolument de rien.
La dernière personne sur la photo était Severus. Il l'avait reconnu. L'homme sombre se tenait près de Narcissa, inexpressif, comme à son habitude. Narcissa souriait, mais ses grands yeux marron semblaient tristes. Lucius avait posé sa main sur son épaule, comme un soutien silencieux.
« Qui a pris la photo ? C'est vous, Lord Voldemort ? »
« Non, je ne participe jamais à ce genre de garden-party. Elles sont organisées, tout comme les bals en hivers, pour féliciter mes mangemorts lors de nos victoires. »
« De quelle victoire s'agissait-il ce jour-là ? »
« De la tienne, répondit-il, amusé. L'année dernière, avec ton aide et celle de Drago, mes mangemorts ont pu pénétrer dans Poudlard, dont le directeur, Albus Dumbledore, était le principal pilier de l'Ordre du Phénix. Il en était par ailleurs le fondateur. Il était crucial pour nous que Dumbledore soit éliminé, afin de pouvoir soustraire Poudlard et les jeunes sorciers y étudiant à son influence néfaste. Cet homme était un amoureux des moldus, au mépris du danger qu'ils représentent pour son propre peuple. »
Lord Voldemort et Severus lui avaient expliqué hier que les moldus étaient dangereux car ils appauvrissaient la magie en mélangeant leur sang à celui des sorciers, mais aussi parce que certains d'entre eux détestaient les sorciers et n'hésitaient pas à s'en prendre à eux. Et, en cela, Harry ne pouvait pas vraiment leur donner tort, son oncle, sa tante et son cousin l'ayant toujours traité d'une horrible façon parce qu'il était, selon eux, un « anormal ». Savaient-ils qu'Harry était un sorcier ? Probablement. Cela expliquerait leur comportement à son égard.
« Et, qu'est-il arrivé ? demanda Harry. »
« Tu as tué Dumbledore. »
Ses yeux s'écarquillèrent de stupeur.
Lui ? Il avait tué quelqu'un ?
Ses mains se mirent à trembler.
« Grâce à toi, Severus est devenu le directeur de Poudlard, mettant ainsi un terme à des décennies d'endoctrinement des jeunes sorciers par Dumbledore, ce traître à son sang, cracha l'homme avec véhémence. »
Harry tourna précipitamment la page de l'album. Il ne voulait plus penser à ça. Il ne voulait plus savoir quel genre d'homme, de meurtrier, il était avant de perdre la mémoire.
« Ah, te voilà avec Drago, Pansy et Théodore chez Floriant Fortarôme, lors d'une de vos escapades sur le chemin de Traverse. »
Harry se vit attablé avec les trois autres personnes devant d'énormes coupes de glaces. On voyait Drago piquer la cerise confite de Pansy. Celle-ci tentait de se défendre en brandissant sa cuillère, projetant des gouttes de vanille sur le nez de Théodore. La tête de ce dernier ainsi que les mines contrites de Drago et Pansy le faisait éclater de rire.
Il tourna les pages de l'album et écouta les explications de Lord Voldemort durant près de deux heures. Les photos défilèrent et autant d'images de bonheur s'imprimèrent sur sa rétine, racontant l'histoire de cet inconnu qui lui ressemblait. Il apprit qu'il savait voler sur un balai et jouer au Quidditch qu'il était doué en sortilèges, surtout ceux de magie noire, mais qu'il n'entendait rien aux potions. Il put voir qu'il avait eu des Noëls et des anniversaires où l'on pensait à lui. Et il se rendit compte qu'il était un Prince, pour de vrai. Le Prince des mangemorts.
Mais surtout, il apprit qu'il avait des amis et des gens qui l'aimaient. Et que si Lord Voldemort ne souriait jamais sur les photos, il le regardait toujours avec possessivité.
Il sut qu'il avait été heureux. Et ne pas s'en souvenir lui fit encore plus mal que l'idée de ne jamais avoir connu le bonheur.
« Je sais quel était le but de ce sortilège, réalisa-t-il alors qu'il contemplait la dernière photo de l'album. »
On les voyait, Lord Voldmort et lui, se faire face sous la branche alourdie de kakis d'un plaqueminier en fleurs (1). Et ses yeux brillaient de tant d'amour…
« Quel sortilège ? l'interrogea son fiancé. »
Car il l'était, fiancé. Il avait vu les photos prises le jour de leur promesse d'union. Tous les mangemorts réunis dans la Salle du trône et lui faisant allégeance, une main sur le cœur, alors que leur Maître tenait la sienne en évidence, ornée d'un anneau d'or à l'annulaire.
« Celui qui m'a rendu amnésique. C'était pour m'enlever tous mes souvenirs heureux. C'est pour ça que je ne me souviens que des moments passés dans ma famille moldue. Parce qu'aucun de ces moments n'est un bon souvenir, termina-t-il en posant sa tête contre l'épaule de Lord Voldemort. »
L'homme passa immédiatement son bras autour de sa taille, l'emprisonnant dans son étreinte.
« C'est une théorie intéressante. Il faudra en parler à Severus. Il passera te voir tout à l'heure, murmura-t-il dans ses cheveux. »
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Lucius Malefoy ne manquait pas d'intelligence. De cela, personne n'aurait douté. Aussi avait-il compris depuis longtemps que si les idées de son maître quant à la nécessité de préserver les sorciers des moldus étaient bonnes, en revanche ses méthodes ne l'étaient pas. Il était depuis longtemps persuadé que la violence n'avait jamais converti les hommes en moutons, mais plutôt en loups. C'est pourquoi Lucius n'était pas à proprement parler un mangemort fidèle.
Mais Lucius n'était pas un héro. Loin de là. Lui, il était opportuniste, retors et un peu lâche.
Alors non, vraiment, il n'avait pas envie de tuer Bill Weasley. Mais il tenait à sa propre vie bien plus qu'à celle du jeune homme. Et il ne faisait nul doute que le Seigneur des Ténèbres lui ferait chèrement payer un échec. Il espérait simplement que Severus aurait prévenu l'Ordre du Phénix que le Maître projetait de se débarrasser d'un de leur membre, même si Lucius n'avait rien dit à Severus de ses plans. Il ne fallait pas non plus qu'il perde toutes ses chances. Il avait une femme et un fils dont les vies seraient aussi en danger s'il échouait. Alors il avait bien l'intention de tout mettre en œuvre pour mener à bien sa mission.
Il avait rassemblé quelques mangemorts. Fenrir avait insisté pour l'accompagner, voulant rattraper son échec lors de la Batille de Poudlard. Il n'avait pas réussi à tuer le Weasley, parvenant seulement à le défigurer. Lucius n'était pas ravi de se voir affublé du loup-garou car ce dernier était une sorte d'électron libre dont il se méfiait au plus au point. Nott avait refusé de se joindre à eux, lui tenant encore rancune de sa petite trahison au Département des Mystères. Quant à Mulciber, c'était un spécialiste de l'impérium, raison pour laquelle Lucius ne lui faisait pas confiance. Il n'y avait rien de pire que d'être la marionnette de quelqu'un. Les Lestrange ne se joindraient pas à lui. Ils ne servaient que leurs propres intérêts et travaillaient toujours ensemble. Ne lui restait donc plus que Rosier et Dolohov. Ça, c'était pour les membres expérimentés de sa petite expédition. Venait ensuite un groupe de jeunes recrues, qui seraient placées en première ligne pour leur permettre des attaques plus ciblées.
Le plan était simple. Il n'était pas fait pour éviter les pertes, même s'il avait affirmé le contraire aux plus jeunes. Il était évidement hors de question qu'ils attaquent à Gringott ou au Terrier. S'ils avaient été prévenus par Severus, c'était les endroits que les membres de l'Ordre sécuriseraient en priorité. Il ignorait où logeaient Bill et sa femme. Et quand bien même, leur demeure bénéficierait sans doute des mêmes précautions.
Il fallait attirer la proie dans un endroit de leur choix. Et pour cela, quoi de mieux qu'un otage ?
C'est Rosier qui avait été chargé d'enlever la petite Gabrielle Delacour, en France. Il était un maître en matière de séduction, atout non négligeable dans ce genre de dessein. Il s'en était chargé le matin même. « Un jeu d'enfant » avait-il dit. Puis Lucius avait envoyé un message clair par hibou à Bill Weasley. Il devait se rendre dans une usine désaffectée de la périphérie de Londres ou l'enfant servirait de jouet à Greyback. Ce dernier s'en léchait déjà les babines. La bête avait bien l'intention de récolter le beurre et l'argent du beurre. Il voulait tuer Bill et savourer la chair tendre de la petite Gabrielle.
Lucius la regarda. Elle était terrorisée, les yeux exorbités par la peur. Sa petite robe bleue d'écolière était souillée d'urine. Elle tremblait, recroquevillée contre un mur sale de l'usine, les mains liées par une corde. Voilà près d'une heure qu'elle était leur prisonnière. Vingt minutes qu'ils avaient envoyé leur missive à Weasley.
Dolohov se tenait appuyé nonchalamment contre un pilier et écoutait d'une oreille distraite Fenrir expliquer à Gabrielle comment il allait d'abord la déshabiller avant de la gouter du bout de la langue. Il était accroupi devant la petite et Rosier lui flanqua un coup de pied qui ne le déstabilisa même pas.
« Arrête un peu, Greyback. L'odeur de pisse est déjà bien assez forte sans qu'elle ne se chie dessus en plus. »
L'autre se contenta de répondre par un grognement.
Les jeunes recrues se tenaient aux endroits stratégiques où Lucius les avait placées, par groupe de deux. Ils serraient tous nerveusement leurs baguettes entre leurs doigts. Pour certains, c'était leur première mission.
Les bruits de plusieurs transplanages se firent entendre à l'extérieur. Lucius, Rosier et Dolohov se mirent en position.
Un sortilège ne tarda pas à faire exploser la grande porte coulissante en fer, révélant une Fleur Delacourt au visage transfiguré par la haine. A moins que cela ne vienne de ses gènes de vélane ?
Très vite, Bill Weasley se trouva à ses côtés ainsi que Remus Lupin. Ils avaient tous les deux un compte à régler avec Greyback. Allaient-ils tout de même essayer de négocier ? Mieux valait que Lucius s'en assure lui-même.
« Que personne ne bouge, ordonna-t-il à ses hommes, alors que d'autres membres de l'Ordre faisaient leur apparition. Seul Bill Weasley nous intéresse. Qu'il se rende et aucun mal ne sera fait à l'enfant, leur promit-il.»
« La parole d'un mangemort ne vaut rien, cracha Nymphadora Tonks, la bout de sa baguette crépitant dangereusement. »
« Du calme, Dora, la réprimanda Remus. »
« Amenez nous Gabrielle et je me livrerais, affirma Bill. »
« La parole d'un traitre à son sang ne vaut rien, renvoya placidement Dolohov. »
« Nous sommes donc dans une impasse, conclut Rosier en sortant sa baguette. »
Et les premiers sorts fusèrent. Rosier avait ouvert les hostilités et tout s'était enchaîné. Les jeunes recrues, bien que leur servant de bouclier, ne purent éponger tous les maléfices qui leur étaient destinés, mais elles leur permirent comme prévu de cibler leurs attaques sur Bill Weasley qui, malgré le renfort de son épouse, se trouva vite submergé.
Pourtant, Lucius savait que leur temps était compté et qu'il devrait bientôt donner l'ordre de battre en retraite. Ce n'était plus qu'une question de minutes. Minutes durant lesquelles il tenta une percée, sous le couvert de Dolohov et Rosier, Greyback s'étant lancé dans une vendetta personnelle contre Lupin. Il plongea en avant, se réceptionnant habilement avec une roulade. Il ne put cependant pas esquiver l'éclair bleu ciel qui lui vrilla l'épaule. Fleur Delacour ne l'avait pas raté cette fois. Faisant fi de la douleur, il visa les jambes de l'ainé des Weasley et lança un puissant « Feumordeur ». Il vit sa victime s'effondrer dans un cri de douleur.
Ce n'est pourtant pas le nom de son mari qu'hurla Fleur Delacour.
« GABRIELLE ! »
Lucius ne se retourna pas. Il savait déjà que la petite venait de disparaître. La corde avec laquelle il avait lui même lié ses mains étant en fait un portoloin à retardement destiné à la renvoyer à proximité de Beauxbatons, en sécurité.
Aussi transplana-t-il immédiatement, signalant à ses hommes la fin des combats. Les mangemorts disparurent un à un, laissant leur marque macabre s'élever au dessus de l'usine désaffectée. Seules des jeunes recrues restèrent sur place : trois morts et un prisonnier, stupéfixé par Fred Weasley.
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Il avait adoré se prélasser dans la plus grande baignoire qu'il ait jamais vue. C'était la première fois de sa vie qu'il faisait une chose pareille, mais il pensa pouvoir très vite s'y habituer. Chez les Dursley, il ne lui restait bien souvent que de l'eau froide pour prendre sa douche. Ici, l'eau était chaude et parfumée. Et il y avait de la mousse. Comme dans la chambre, les murs étaient en pierre apparentes et la sobriété de la pièce n'enlevait rien à son luxe. Elle était reposante.
Bidule lui avait apporté un caleçon et un pyjama en satin bleu marine. Le tissu était lourd mais étrangement fluide sur sa peau. Il s'était observé un moment dans le miroir mais il avait eu peur que Severus ne trouve sa chambre vide. Il ne savait plus trop quoi penser de lui-même. Il avait tué un homme. Et peut-être même plusieurs. Mais il ne put s'empêcher de penser qu'il se trouvait un peu mieux sans ses lunettes, ce qui le fit culpabiliser. Il ne se reconnaissait plus. Mais c'était bien normal, il était amnésique.
Finalement, il avait regagné son lit avant que Severus n'arrive. Chaque mouvement lui coûtait, mais il souffrait bien moins que deux jours auparavant. L'homme lui avait même dit qu'il pourrait bientôt quitter la chambre. Il lui avait encore prescrit quelques potions. Harry en avait profité pour lui demander comment il pouvait voir aussi bien sans lunettes. Il savait que des opérations existaient chez les moldus, mais ignorait s'il en avait subi une. Severus s'était contenté d'ouvrir le tiroir de sa table de chevet pour en sortir une petite fiole de potion. « Deux gouttes dans chaque œil, une fois par semaine, avait-il expliqué succinctement. » C'était un homme de peu de mots. Quoi qu'il en soit, ce traitement devait être assez récent car Harry se souvenait avoir encore ses lunettes lors de son dernier anniversaire chez son oncle et sa tante.
Vers midi, Bidule lui avait apporté son déjeuner qui, encore une fois, s'était avéré délicieux. Il n'avait jamais rien goûté de pareil. Et, son estomac allant bien mieux, il ne s'était privé de rien. Repu, il avait commencé à somnoler, la tête confortablement soutenue par un oreiller moelleux, étendu dans le lit immense.
Ce monde est merveilleux, avait-il pensé avant de sombrer dans le sommeil.
A présent, des coups à la porte venaient de le réveiller. Il se redressa, remit un peu d'ordre dans son pyjama, effaça les plis sur le dessus de lit et retourna son oreiller pour cacher l'auréole de salive qu'il y avait laissée.
« Entrez ! »
Les portes s'ouvrirent selon son bon vouloir et Drago Malefoy apparut, une boîte de chocolats entre les mains.
« Bonjour, Mon Prince, le salua-t-il. »
Cela gêna un peu Harry. Ils étaient amis et ils avaient l'air complice sur les photos qu'il avait vues. « Mon Prince » semblait un peu trop formel.
« Bonjour, Drago. »
Le prénom roula avec facilité sur sa langue. C'était peut-être le signe qu'il avait l'habitude de le prononcer.
Le garçon s'approcha de lui et lui tendit la boîte de chocolats, de façon un peu raide.
« C'est de la part de ma tante, Bellatrix. Elle m'a demandé de vous dire qu'elle espérait que son Petit Prince Chéri allait vite se rétablir. »
Ses mots firent plaisir à Harry. « Petit Prince Chéri », c'était bien plus affectueux que « Mon Prince ».
« Tu la remercieras ! C'est vraiment gentil ! »
Drago hocha simplement la tête. Il semblait mal à l'aise.
« Assieds-toi, l'invita Harry en tapotant le matelas près de lui. »
Le blond hésita. Il regarda autour de lui et repéra le large fauteuil sur lequel Lord Voldemort laissait ses habits le soir. Un elfe se chargeait de les récupérer dans la nuit.
D'un coup de baguette, il approcha le fauteuil du lit et s'y installa.
« Severus m'a dit que vous alliez mieux, finit-il par dire après un petit silence inconfortable. »
Harry fit une grimace.
« Tu ne me tutoies pas ? »
« Plus depuis que vous êtes prince, lui confirma Drago. »
« Oh… Et, tu ne voudrais pas recommencer ? »
« Le Maître ne le permettrait pas, répondit-il. »
« Je vois. Merci pour les photos. Ça m'a bien aidé, tu sais ! »
Drago hocha simplement la tête, rendant Harry de plus en plus mal à l'aise. Ce n'était pas du tout le garçon qu'il avait imaginé.
« Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il. »
« Si si ! Tout va bien, s'empressa de répondre Drago. Je suis juste…peut-être un peu mal à l'aise de me dire que vous êtes amnésique. Que vous ne vous souvenez pas de moi. »
« Oui, je comprends. Mais…si nous étions amis avant, nous pouvons encore l'être maintenant. Je suis toujours…Harry. Mon caractère n'a pas changé, je suppose. »
« Oui, vous avez raison. »
Mais il semblait à Harry qu'il répondrait « oui » à n'importe laquelle de ses affirmations. Drago était-il comme ça avant qu'il ne perde la mémoire ?
« Je vous ai apporté quelque chose, lui dit-il cependant, semblant s'animer tout à coup. »
Il sortit de sa poche une petite boule en verre dans laquelle était enfermée une épaisse fumée blanche. Mais, lorsqu'Harry la prit dans sa main, la fumée devint intensément rouge.
« Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il, fasciné. »
« Tu ne t'en rappelles pas…consta Drago avec un air de totale désolation. »
Harry sut alors que ce garçon était quelqu'un avec un très grand cœur. Il était peut-être un peu raide et mal à l'aise en sa présence, il n'en demeurait pas moins très affecté par sa situation.
« Non. Raconte-moi ! lui proposa Harry dans un grand sourire. »
« C'est un rapeltout. Lorsqu'on le prend en main et que la fumée devient rouge, cela veut dire qu'on a oublié quelque chose. Ou…beaucoup de choses, précisa Drago.»
Harry s'abîma complètement dans la contemplation des volutes de fumée pourpre. C'était comme avoir la solution de son amnésie à portée de main et en même temps inaccessible. Et cette couleur, ce carmin irréel, n'était pas sans lui rappeler les yeux fascinants de Lord Voldemort.
« Lors de notre première année, à Poudlard, nous avions fait un pari durant le cours de vol. Je devais te jeter le rapeltout et si tu parvenais à le rattraper, il était à toi. Nous avons enfourché nos balais et nous avons volé, mais pas trop haut. C'était la première fois pour toi. Je voulais tester un peu tes capacités et je l'ai lancé haut dans le ciel. Tu n'as pas hésité un instant ! Tu as foncé comme une comète et j'ai bien cru que tu allais te fracasser contre la fenêtre du bureau du professeur McGonagall, raconta-t-il, complètement emballé. Mais au dernier moment, tu as brusquement fait volteface, le rapeltout serré dans ta main ! »
Drago s'était redressé, mimant le geste avec sa propre main. Il se rendit compte qu'il s'était peut-être un peu laissé emporter lorsqu'il avisa les traits amusés d'Harry.
« Enfin…je veux dire… « votre main », Mon Prince. »
Harry éclata de rire.
« Arrête ! Tu peux me tutoyer, je n'en ai rien à faire. Et puis nous ne sommes que tous les deux ! »
« Oui, mais si le Maître l'apprend… »
« Je ne lui dirais rien, lui assura Harry en lui faisant un clin d'œil. Et puis, il n'est pas si terrible que ça. »
Le silence de son ami lui laissa penser le contraire. Il s'apprêtait à insister quand il se rendit compte que c'était absurde. Tout ce qu'il savait de cet homme était effrayant et lui-même avait ressenti plusieurs fois de la crainte à son égard. Et il imaginait aisément qu'il ne devait pas laisser passer grand-chose à ses mangemorts. Etait-il logé à la même enseigne ? Il n'était pas pressé de le savoir.
« Alors finalement, ce rapeltout est le mien ? »
Mieux valait changer de sujet.
« Oui. Je suis allé le chercher dans votre bureau avant de venir. Je me disais que peut-être, cela vous aiderait… »
Harry était complètement conquis par ce jeune homme qui exprimait ses sentiments avec pudeur. Il lui avait raconté un souvenir précieux et espérait sans doute que les fortes émotions liées à ce moment réveilleraient quelque chose en lui. Mais le mal dont il souffrait était bien trop profond.
« Merci, Drago. Tu n'imagines pas combien cela me touche et me donne encore plus envie de me battre pour retrouver ma mémoire. »
Le garçon lui adressa un vrai beau sourire pour la première fois. Harry le lui rendit et ils se sentirent de nouveau un peu mal à l'aise.
« Alors…comme ça…j'ai un bureau ? rebondit Harry en ouvrant la boîte de chocolats. »
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Andrew Bibus - Emmanuelle Trohaine - Mickaël Lacerta -Dave Scrown
C'était les noms des quatre jeunes recrues, même pas encore des mangemorts, qui n'étaient pas revenues de la mission. S'ils n'étaient pas morts au combat, ils seraient prochainement envoyés à Azkaban pour y recevoir le baiser d'un détraqueur. Pourtant, à aucun moment ils ne furent mentionnés dans la conversation qui se tenait actuellement dans la Salle des Douze Sièges avec le Seigneur des Ténèbres.
« Donc… Vous étiez quinze et vous déteniez un otage. Ils étaient huit. Malgré ça, Bill Weasley s'en est sorti vivant et l'otage vous a échappé. C'est bien ça ? demanda Voldemort, tenant négligemment sa baguette. »
Lucius resta impassible, bien droit dans son siège, malgré sa douleur à l'épaule. Il savait que montrer sa peur le ferait passer pour d'autant plus coupable aux yeux de son Maître. Dolohov et Rosier le savaient aussi, mais ils avaient moins de maîtrise que lui. Et moins à perdre, aussi. Dolohov resta nonchalant mais il transpirait à grosses gouttes. Quant à Rosier, il faisait battre nerveusement ses doigts contre les accoudoirs de son siège.
« Pour ce qui est de l'enfant, j'avais fait ma part du travail. Peut-être ses liens n'étaient-ils pas assez solides, souligna Dolohov en coulant un regard vers Lucius. »
La traitrise était monnaie courante au sein des mangemorts. La confiance était un mot qu'il fallait rayer de votre vocabulaire une fois que vous vous enrôliez. Aussi Lucius ne fut-il pas surpris.
« Greyback devait la surveiller, répliqua-t-il. »
Le regard rouge se promena sur chacun d'eux. Voldemort sonda leurs esprits. Lucius sut qu'il ne s'en sortirait pas à bon compte, même si rien concernant le portoloin ne filtra de ses barrières mentales. Il avait lancé un « Feumordeur » à Bill Weasley. Pas un « Avada ».
« Accio Lucius. »
Les mots avaient glissé avec volupté sur langue étrangement pointue du Seigneur des Ténèbres.
Lucius se sentit pris par le sort d'attraction qui le tira au-dessus de la table avant de l'y trainer tout le long du plateau. Ça position lui sembla humiliante, étendu ainsi sur le ventre, mais il ne s'y attarda pas plus longtemps quand son avancée se stoppa enfin et que son visage fut emprisonné dans la poigne de fer de Voldemort.
« Cette mission était sous ta responsabilité, Lucius, lui rappela-t-il en plantant sa baguette sous son œil gauche. »
« Oui, Maître. »
La pointe de la baguette s'enfonça en peu plus, lui donnant l'impression que son globe oculaire ne tarderait pas à être arraché de son orbite.
« Et quelle était le but de cette mission ? »
« Tuer Bill Weasley, articula-t-il difficilement. »
« Tuer Bill Weasley, répéta Voldemort. Alors pourquoi n'est-il pas mort? »
Lucius s'humidifia les lèvres.
« Le Feumordeur ne le laissera pas en paix avant des mois. Vous aurez mis la main sur Gringotts d'ici là, Maître. »
« Doloris. »
Le sortilège lui transperça l'œil avant d'atteindre sa boîte crânienne et de se diffuser dans tout son corps. Lucius hurla. Son monde était la souffrance. Aussi ne se rendit-il même pas compte que le Seigneur des Ténèbres l'avait relâché, le laissant s'effondrer sur la table pour soumettre Dolohov et Rosier au même sort. Cela lui sembla durer une éternité. Il se contorsionnait comme un ver, le visage déformé par la douleur.
Quand celle-ci prit fin, il se sentait vidé et plus faible qu'un oisillon. Il essaya de se redresser mais ses bras cédèrent et il s'écrasa de nouveau sur le plateau de la table. Son œil gauche saignait, comme si des larmes rouges ruisselaient sur sa joue. Il avait vaguement conscience des hurlements que poussaient encore les deux autres, jusqu'à ce qu'il sente une main froide se glisser sur sa nuque. La sensation lui fit un bien fou. Pourtant, il savait à qui appartenait cette main.
« Je te donne une chance de te rattraper, Lucius, murmura Voldemort à son oreille. Je veux tout savoir de la famille moldue de Potter et de l'enfance qu'il a eue avec eux. Tout. »
Puis il le relâcha et quitta la pièce, emportant avec lui sa funeste magie. Les portes de la Salle des Douze Sièges claquèrent, les laissant tous les trois, Lucius sur sa table, Dolohov et Rosier sur les dalles de pierre au sol. Aucun d'eux ne songea à bouger avant un long moment.
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Lorsqu'il entra dans la chambre ce soir-là, il trouva Harry debout devant l'une des grandes fenêtres, en pleine contemplation du parc de Morsonge, à la lueur de la lune. Le garçon l'accueillit avec un sourire.
« Bonsoir, Lord Voldemort. »
Quoi de plus délectable ?
Il s'approcha de lui d'un pas conquérant et le prit dans ses bras pour embrasser son front.
« Bonsoir, Harry. Tu sembles aller mieux. Voilà qui me remplit de joie. »
« Oui. Severus pense que je pourrais quitter la chambre d'ici deux-trois jours. »
« Et commencer tes cours, précisa l'homme en se délestant de sa cape. »
Cette réflexion tira une grimace à Harry. Aller en cours n'était pas une perspective réjouissante pour lui. Surtout quand il y avait tant à découvrir à l'extérieur. Mais il semblait que, de toute façon, il n'ait pas vraiment le choix.
« Drago m'a dit que j'avais en charge la coordination et les relations entre les mangemorts. Je ne suis pas sûr de bien comprendre en quoi cela consiste, et il est resté assez vague sur le sujet. »
« Nous verrons cela en temps voulu. Je veux d'abord que tu te rétablisses complètement et que tu réapprennes avec Lucius et Rodolphus tout ce que tu dois savoir en tant que Mon Prince. »
Il ôta ses bottes, qu'il laissa près du grand fauteuil où gisait sa cape, et commença à déboutonner la tunique qu'il portait ce jour-là. Le noir semblait être la seule couleur présente dans sa garde robe. Mais ses vêtements étaient toujours splendides.
Harry détourna les yeux quand il fit glisser son haut de ses épaules, le laissant torse nu.
« Mais…peut-être que Severus trouvera une solution pour me rendre ma mémoire, d'ici là, fit remarquer Harry. »
Il était contrarié car tout le monde semblait penser qu'il resterait amnésique. Sauf Drago, qui avait tenté tout l'après-midi de titiller ses souvenirs, l'air de rien.
« Oui, c'est une possibilité, concéda-t-il. Mais je ne veux pas que tu te fasses de faux espoirs, A Chuisle. »
Harry se sentit complètement abattu. Il voulait y croire, lui, et retrouver tous les merveilleux souvenirs que l'album photo lui avait fait miroiter.
Lord Voldemort le serra contre lui. Harry se laissa faire comme une marionnette. La peau de l'homme était douce et chaude contre sa joue et il pouvait percevoir son odeur discrète.
« Je sais que c'est difficile. Mais considère que tu ne retrouveras jamais tes souvenirs. Il n'y a que comme ça que tu avanceras. Et, je te l'ai promis, je mettrais tout en œuvre pour que tu redeviennes celui que tu étais. »
Il semblait pourtant à Harry qu'il avait promis qu'il ferait tout pour trouver le remède à son amnésie. Alors pourquoi les mots ne semblaient-ils plus vouloir dire la même chose ce soir ?
Pourtant, il n'arrivait pas à se focaliser sur ça. Pas quand il se retrouvait dans une étreinte de ce genre, lui qui ne se souvenait pas que qui que ce soit avant Lord Voldemort l'ait déjà un jour pris dans ses bras. Cette sensation d'un autre être contre soi… C'était indescriptible. Peut-être se sentait-il comme un assoiffé qui trouve enfin une oasis. Mais cela ne semblait pas aussi bon que ça. Le plus discrètement possible, il emplit ses poumons du parfum de cet autre corps. Et finalement, ne manquant pas de courage, il passa ses bras timides autour du large torse de son fiancé.
En réponse, ses cheveux furent embrassés. Puis les mains froides de Lord Voldemort se glissèrent dans son cou pour prendre sa tête en coupe, le forçant à lui faire face. Il l'observa un instant et se pencha lentement vers lui. Harry ne bougea pas, pris au piège de son magnifique regard pourpre. Ses lèvres furent embrassées à deux reprises avant qu'il ne le relâche, lui adressant un petit sourire satisfait.
« Viens te coucher, maintenant. Il est déjà tard. »
Ses paroles tirèrent Harry de sa transe et il s'anima comme un ressort. Complètement affolé par ce qui venait de se passer, il se précipita sur le lit en rougissant. Il s'occupa à tirer les draps, arranger son oreiller, lisser sa veste de pyjama, évitant à tout prix de regarder l'autre ôter son pantalon. Pour autant, il ne manqua pas de remarquer que l'homme ne portait rien dessous ! Là, c'en fut trop et Harry se retourna complètement sur le côté et remonta la couverture sur lui jusqu'à l'oreille.
Dans la pénombre, Lord Voldemort ne se retînt pas d'afficher un rictus moqueur. Nu, il se glissa contre Harry, qui se crispa de plus belle.
« Lord Voldemort ! tenta-t-il de protester. »
« Chuuut, A Chuisle. Estime-toi heureux que je te laisse porter ce pyjama dans notre lit, le taquina-t-il. »
Rougissant de plus belle, Harry cessa de s'agiter, laissant son fiancé le prendre dans ses bras.
Quand il fut un peu plus calme, mais toujours incapable de dormir tant la situation le rendait nerveux, il écouta la respiration régulière de l'homme contre lui.
« Lord Voldemort ? »
« Oui… »
« Je voulais vous demander… Je m'inquiète pour Drago. Il semblait vraiment attristé par ce qui m'arrive. Peut-être pourriez-vous faire quelque chose pour lui ? Lui accorder quelques jours de repos ou faire revenir Pansy et Théodore de Poudlard pour un week-end ? »
« Je n'ai pas pour habitude de dorloter mes mangemorts, Harry. Qu'est-ce qui te fait dire que Drago serait à ce point perturbé ? »
« Et bien, je sais que je ne le connais pas…ou tout du moins que je ne me souviens plus de lui. Mais sur les photos, il semblait tellement heureux ! Il n'a pratiquement pas souri aujourd'hui. Ça m'a fait mal au cœur de le voir comme ça… »
« Je vois… Je ferais quelque chose pour lui, A Chuisle. Je ne peux rien te refuser, susurra-t-il contre sa nuque. »
Rasséréné, Harry se laissa aller contre le torse derrière lui, relâchant le drap prisonnier de ses doigts crispés. Il savait bien que son fiancé ne pouvait pas être aussi terrible que Drago semblait le croire.
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Il rêvait. Ou plutôt, il cauchemardait, car ce rêve était horrible.
Il aurait tout donné pour se réveiller. Il lui semblait qu'il luttait autant qu'il pouvait pour y arriver. Mais il n'arrivait pas à se sortir de ce cauchemar.
Il était dans un bureau, avec son ami Drago, qu'il était en train de torturer de ses propres mains, à coups de doloris. Il ne savait même pas ce qu'était un « doloris », mais Drago hurlait, se tordant de douleur sur le sol. Jusqu'à ce qu'il mette fin au sort.
« Redresse-toi, Drago, s'entendit-il dire. »
Sauf que ce n'était pas sa voix. C'était celle de Lord Voldemort. Et, à bien y regarder, ce n'était pas sa main qui tenait la baguette. Mais celle de son fiancé. C'était comme s'il était dans sa tête.
Il vit Drago se remettre péniblement sur ses genoux. Il portait les mêmes vêtements que cet après-midi. Ils étaient juste un peu plus froissés.
« Bien. Sais-tu sourire, à présent ? lui demanda-t-il. »
« Oui, Maître, répondit son ami en tremblant. »
« Montre-moi. »
Et le blond se força à faire un grand sourire. Il ressemblait à l'une de ses marionnettes dont la bouche avait beau s'étirer de manière disproportionnée, elles n'en demeuraient pas moins tristes à mourir.
« Tu n'es pas très convaincant. Potter voudrait que tu aies l'air heureux. Alors je vais t'apprendre à être heureux, Drago. Doloris. »
Un nouveau sort frappa le jeune homme en pleine poitrine. La douleur semblait insoutenable et Harry voulait lui demander pardon, lui dire qu'il ne voulait pas lui faire de mal, que ce n'était pas lui, qu'il ne savait même pas comment jeter un sort. Mais c'était bien lui qui tenait la baguette.
Non ! Ce n'était pas lui ! Jamais il ne pourrait faire une chose pareille. C'était Lord Voldemort. Et ce n'était qu'un cauchemar dont il devait se réveiller ou allait devenir fou.
Son ami hurlait à n'en plus finir quand une nouvelle fois, tout s'arrêta.
« Alors, montre-moi les progrès que tu as fait, Drago. Fais-moi ton plus beau sourire. »
« S'il vous plait, Maître. Je vous en prie… »
« JE T'AI DIT DE SOURIR ! tonna la voix de Lord Voldemort. DOLORIS ! »
Et cette fois, Harry n'entendit rien des cris de Drago car il hurlait lui aussi. Et il pleurait dans son sommeil. Et il suppliait pour que tout s'arrête et qu'il se réveille enfin.
Il ne savait pas ce qui était le pire : voir son ami souffrir le martyre ou ressentir ce plaisir sadique face à ce spectacle. Car il jubilait. Oui, il jubilait. Il était un monstre. Ce n'était pas lui. Mais pourtant, ces sentiments étaient les siens, non ?
De nouveau, Drago reprenait difficilement son souffle. Il releva bravement la tête vers son Maître et, les yeux remplis de larmes, il esquissa un sourire tremblant.
« Tu es vraiment mauvais, fit-il remarquer. »
Et ces mots sortaient de sa bouche.
« Tu es un piètre acteur. »
Et c'était bien vrai. Oui, c'était vrai.
« Doloris. »
Et il le méritait !
Drago retomba au sol, se débattant, criant, pleurant, hurlant. La douleur sembla pourtant s'intensifier et tout son corps se tendit sur le dos avant de s'effondrer au sol, inerte.
Il gisait là, inconscient, son beau visage baigné de larmes…un doux sourire aux lèvres, enfin apaisé.
Harry se réveilla en sursaut. Il était affolé et trempé de sueur. Il ignorait comment allumer la lumière et pourtant, les bougies éternelles du plafonnier s'embrasèrent pour lui. Son regard terrifié fit le tour de la pièce avant de se poser à sa droite, sur le lit.
Mais Lord Voldemort n'était plus là.
(1) Mission accomplie Aizhi !
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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)
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Réponses à la review du guest qui ne s'est pas identifié (Artmis ?): Coucou Tout d'abord, merci pour ta review et tes compliments ! Je suis heureuse que tu ne trouves pas les personnages OOC. J'ai vraiment essayé de les prendre tel que JKR les avait fait et de les faire évoluer avec de nouveaux paramètres. Et donc, oui, il n'est pas vraiment dans le caractère d'Harry d'accepter d'appeler qui que ce soit « maître » lol Tu soulèves la principal question que j'ai tenté de développer dans cette histoire : jusqu'à quel point une amnésie peut-elle nous changer ? Qu'est-ce qui est de l'ordre de la nature de l'être et de ce qu'il construit au contacte des autres ? Je n'avais pas pensé les choses concernant les raisons de Voldemort pour faire d'Harry son allié, mais ce sont aussi e bonnes raisons que tu évoques Effectivement, Harry ne sera pas un esclave sexuel non plus. Car un esclave n'a pas le choix :p Certains diront aussi qu'Harry n'avait pas vraiment le choix, car il a été endoctriné. Je ne dirais pas non plus qu'ils ont tort. Mais bon, nous n'en sommes pas encore là de l'histoire ! J'espère que cette suite t'aura plu!
