Hello evri badi :)

Un grand merci pour vos réactions: craintes, remarques, applaudissements, tomates (bien mûres c'est mieux, ça fait moins mal!). Plus sérieusement, vos petits mots me font toujours très plaisir et me galvanisent pour la suite :)

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Artmis trouvera une réponse à sa review en fin de chapitre!

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Merci à Aizhi pour sa correction, ses mails qui me donnent la patate, ses petits et grands conseils :)

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Dans le chapitre précédent : Voldemort raconte à Harry l'histoire de sa vie, qu'il réinvente complètement afin d'en faire son allié. Il explique, entre autre, qu'Harry est celui qui a tué Dumbledore. Il lui apprend également qu'ils sont fiancés. Lucius évince Bill Weasley de Gringotts mais sans le tuer. Harry rencontre Drago qui tente de lui faire retrouver la mémoire avec le rapeltout pour lequel ils s'étaient affrontés plus jeunes. Voldemort demande à Lucius de lui rapporter tout ce qu'il pourra apprendre de la famille moldue d'Harry. Harry confie à Voldemort que Drago semble avoir perdu le sourire à cause de son amnésie et qu'il aurait peut-être besoin de quelques jours de repos. La nuit suivante, Harry « rêve » qu'il torture Drago pour lui apprendre à sourire.


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Chapitre 4 : Le monde merveilleux de Morsonge

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Harry se regardait dans la psyché de la chambre. Il avait enfilé la tenue que Bidule avait laissée pour lui ce matin, sur les ordres de Lord Voldemort. Il portait les mêmes bottes de cuir que ce dernier, souples mais résistantes. Le pantalon noir était simple mais parfaitement coupé, galbant ses cuisses. Sa sobriété mettait en valeur sa tunique en soie, beaucoup plus travaillée. D'un beau vert-menthe, elle se fermait de façon asymétrique avec une interminable rangée de boutons, laissant son cou dégagé. Le tissu avait de magnifiques reflets, mettant en valeur son regard. Et les manches, longues, tombaient parfaitement sur ses mains, contrairement à celles des vieux vêtements de son cousin qu'il devait porter et avec lesquelles il devait souvent se battre pour ne pas être gêné. Harry ne se reconnaissait pas. Il regardait ses cheveux en bataille et ses grands yeux verts un peu trop brillants.

Je ressemble à un démon.

« Tu es magnifique, lui dit son fiancé. »

Il se plaça derrière lui, posant sur ses épaules une lourde cape noire pour compléter sa tenue. Elle était épaisse et chaude et tombait parfaitement sur lui, jusqu'à ses chevilles.

« C'est un présent. Je l'ai faite venir de Prague. J'espère qu'elle te plait. »

Harry fit glisser l'étoffe incroyablement douce entre ses doigts.

« Elle est splendide. Merci, Lord Voldemort. »

Ce dernier lui offrit un petit sourire en serrant dans ses mains ses frêles épaules, le couvant d'un regard appréciateur.

« Tu as toujours adoré les capes. Celle-ci viendra compléter ton impressionnante collection. »

Le miroir renvoyait à Harry l'image d'un couple harmonieux. Si on omettait le fait qu'ils soient deux hommes… Leurs capes et leurs bottes étaient assorties. Ils étaient tous les deux bruns et pâles et avaient tous les deux des yeux particulièrement saisissants. Emeraudes et rubis.

Le regard d'Harry se posa sur les doigts de Lord Voldemort.

« Vous ne portez pas de bague de fiançailles, constata-t-il. »

L'homme le fit se retourner et passa un de ses bras autour de sa taille, le gardant ainsi tout contre lui. Cette proximité était troublante pour Harry qui pouvait sentir son cœur battre plus fort. Il repensait aux baisers d'hier et se demandait si cela allait se reproduire. Peut-être en avait-il envie, ce qui le rendait d'autant plus fébrile.

« Je n'appartiens à personne, Harry. Mais toi, tu es tout à moi, ronronna-t-il en se penchant sur ses lèvres. »

Harry se sentit frissonner. Il savait que l'autre allait le faire. Il allait l'embrasser.

Mais, lorsque leurs lèvres se touchèrent enfin, il n'en fut pas moins transi par un maelström de sentiments contradictoires. Ce n'était pas comme la veille. Il ne s'agissait pas de pressions fugaces… mais de baisers tendres et chauds. Ses lèvres étaient tour à tour baisées et l'étreinte de Lord Voldemort se fit plus vigoureuse. Il avait même passé une main dans ses cheveux, maintenant fermement sa tête.

Harry ferma les yeux. Il se sentait étourdi et ses jambes étaient comme du coton. Il eut conscience de la langue qui glissa contre ses lèvres mais fut incapable de réagir. Il était enivré et sa bouche s'ouvrit d'elle-même. Il sentit son fiancé sourire dans le baiser mais cela ne fit qu'amplifier le tourbillon d'émotions qui faisait rage en lui.

Etre embrassé ainsi, c'était incroyable. La langue de Lord Voldemort étreignait la sienne avec tant de passion. Son corps était solidement maintenu, ne lui laissant aucune échappatoire. Il avait chaud. Son cœur n'avait plus de rythme. Sa respiration devenait laborieuse.

Il étouffait.

Pris de panique, il repoussa son fiancé avec toute la force dont il était capable, ne le faisant pourtant reculer que de quelques pas. Essoufflé, il ne put soutenir le regard plein de ressentiment de l'autre homme. Il l'observa se lécher les lèvres. Sa langue lui sembla étrangement pointue et il se sentit malade.

« Je te laisse deux minutes pour te reprendre, l'informa froidement Lord Voldemort. Rejoins-moi dans l'anti-chambre quand tu seras prêt. »

Il quitta la pièce dans une envolée de cape, laissant Harry avec un profond sentiment de culpabilité.

Il avait repoussé l'homme qu'il était censé aimé. Mais il avait tout oublié de cet amour et il comprenait combien cela devait être difficile pour son fiancé d'être ainsi rejeté. Il s'en voulait d'avoir réagi aussi violement. Il ne se comprenait pas lui-même car il lui semblait avoir aimé ce baiser.

Il avait eu peur, voilà tout. C'était un sentiment irrationnel qui ne s'expliquait pas. Mais il doutait que Lord Voldemort accepte ce genre d'explication. C'était un homme vraiment intimidant qui semblait attendre beaucoup de lui.

Harry ne voulait pas le décevoir. Il était prêt à suivre tous les cours qu'il voudrait et à lui faire honneur en se comportant de façon exemplaire lorsqu'il le présenterait à ses mangemorts aujourd'hui. Mais il ne se sentait pas prêt du tout à répondre aux besoins plus charnels de son fiancé. Il ne se souvenait même pas avoir déjà eu un vrai baiser avant aujourd'hui !

C'était un peu son premier baiser, réalisa-t-il en touchant ses lèvres du bout des doigts. C'était ce qu'il devait lui dire, décida-t-il.

Il se précipita vers les grandes portes de la chambre qu'il ouvrit manu militari, faisant une entrée fracassante dans l'autre pièce.

« Lord Voldemort ! »

L'autre le gratifia d'un regard critique qui le fit se sentir honteux mais qui eut le don de le calmer instantanément. Il s'approcha tout de même de lui avec timidité.

« Je suis désolé, dit-il en regardant ses chaussures. Je ne voulais pas vous repousser de cette façon. Mais…c'était, en quelque sorte, mon premier baiser et…j'ai été…submergé, je crois… »

Une main se posa sous son menton et lui fit redresser la tête.

« Regarde-moi dans les yeux lorsque tu t'excuses, Harry. C'est la moindre des choses. »

Le visage de son fiancé était toujours aussi froid, mais il lui donnait une chance de se rattraper.

« Pardon, murmura-t-il en se noyant dans les yeux pourpres. »

Un petit sourire lui répondit et Lord Voldemort l'embrassa sur la tempe.

« Je suis désolé, moi aussi. Je t'avais promis d'être patient, mais c'est beaucoup plus difficile que je ne le pensais. Tu me pardonnes ? »

« Oui, répondit-il sans hésitation, ce qui amplifia le sourire de l'autre.»

«Alors allons rejoindre la Salle du Trône, Mon Prince, l'invita-t-il en lui présentant son bras. »

Lord Voldemort le guida hors de leurs appartements. C'était la première fois qu'Harry en sortait mais il ne fut pas surpris de se retrouver dans un couloir exempt de toute décoration. Seuls quelques chandeliers étaient fichés dans les murs de pierres apparentes. Mais aucune bougie n'y brulait à l'heure actuelle, les grandes fenêtres se succédant tous les trois mètres produisant une lumière suffisante.

« Tous vos mangemorts seront là ? demanda Harry qui se sentait tout de même un peu nerveux. »

« Non, seulement ceux de mon cercle le plus proche. Ne leur montre pas que tu es inquiet. Ils savent que tu as perdu la mémoire. Mais ils ne doivent à aucun moment douter que tu es toujours leur Prince. Ils ne doivent jamais penser que tu es faible. Sinon, ils ne te respecteront pas. »

Harry hocha la tête. Lord Voldemort lui avait déjà expliqué tout ça, ce qui n'était pas pour le rassurer. Il ne se sentait pas du tout l'âme d'un meneur. Au contraire, il avait pensé jusque-là que le simple fait d'être le fiancé de leur roi avait suffi à le faire accepter par les mangemorts comme leur prince.

Il semblait qu'il n'en était rien et que, par le passé, il ait dû gagner sa place et le respect de tous. Saurait-il les conserver ?

La seule chose qu'ils respectent, c'est le pouvoir, lui avait dit son fiancé. Mais lui, il ne savait même plus jeter un sort ! On ne lui avait d'ailleurs pas rendu sa baguette, craignant un incident.

Trop tôt, bien trop tôt à son goût, ils arrivèrent devant deux portes sombres et gigantesques.

« Prêt ? lui demanda son fiancé en lui lâchant le bras. »

Harry prit une profonde inspiration avant d'hocher la tête.

« Oui, prêt, confirma-t-il. »

D'un geste de la main, Lord Voldemort fit s'ouvrir les portes. Il les traversa lorsqu'elles furent juste assez entrebâillées pour les laisser entrer. A cet instant-là, Harry fut frappé par son indéniable prestance. Son pas était sûr et il lui suffisait de le suivre avec la même énergie.

Il avait conscience des personnes qui s'étaient prosternées à leur apparition mais ne leur accorda aucune attention, gardant la tête haute comme son fiancé le lui avait demandé. Ce dernier prit place sur un trône aux nobles proportions et lui désigna un autre siège, certes moins grand, mais non moins beau.

Harry s'y installa avec autant d'aisance qu'il le put, mais il dût tout de même se relever légèrement pour réajuster sa cape qui avait failli l'étrangler lorsqu'il s'était assis dessus. Il jeta un rapide coup d'œil à Lord Voldemort et s'aperçut qu'il avait rabattu la sienne sur le côté, la laissant s'étaler sur l'un des accoudoirs de son fauteuil. Il devait retenir cette technique.

Très vite, il reporta sons attention sur l'assemblée qui leur faisait face. Il y avait effectivement bien moins de mangemorts que sur la photo prise le jour de leurs fiançailles.

« Relevez-vous, ordonna leur Maître. »

Et ils s'exécutèrent, adoptant tous des postures dignes.

Harry reconnut sans peine Severus, Lucius, Rodolphus et Bellatrix, ayant mémorisé leurs visages et leurs noms grâce à son album photos. Il avait cru que Drago et Narcissa seraient là aussi. Mais ce n'était pas le cas.

« Voici mes plus fidèles mangemorts, Harry. Chacun d'entre eux se fera une joie de t'apporter son secours dans les semaines qui vont suivre, afin que tu reprennes tes marques. Tu connais déjà Severus, qui est notre potionniste le plus talentueux. Lucius et Rodolphus seront chargés de te donner des cours afin que tu puisses au plus vite retrouver l'usage de ta baguette. »

Les trois hommes s'inclinèrent, une main sur le cœur.

« Ce sera un honneur, Mon Prince, précisa Lucius. »

« Merci, monsieur Malefoy, répondit maladroitement Harry. »

Un grand éclat de rire se fit entendre, attirant le regard de tous sur la femme de Rodolphus Lestrange.

« N'est-il pas adorable ! s'exclama Bellatrix dans un mouvement théâtral. »

Son sourire ne parvînt pas à trouver un écho en Harry. Il sentait que quelque chose n'allait pas. Peut-être était-ce les regards échangés entre les autres mangemorts. Ou la crispation qu'il sentit chez son fiancé.

« Bella, gronda justement celui-ci, comme un avertissement. »

Le sourire de la brune se fana instantanément et il vit une lueur démente illuminer son regard.

« Maître ! gémit-elle en se précipitant aux pieds de Lord Voldemort. »

Ce dernier lui tendit la main. Elle l'attrapa et y frotta sa joue comme un chaton abandonné.

« Pardonnez-moi, Maître. Mais je suis si heureuse de retrouver mon Petit Prince Chéri, déclara-t-elle, le regard larmoyant. »

Elle jouait la comédie, Harry n'en doutait pas. Pourtant, c'était tellement flagrant qu'il ne sut comment réagir. Et son fiancé qui laissait cette femme se frotter à lui de cette façon presque obscène…

« Allons, tiens-toi tranquille, Bella, susurra Lord Voldemort. Tu ne voudrais pas que je te punisse ? »

Le ton était presque amoureux. La scène rendit Harry incroyablement mal à l'aise.

« Je vous remercie pour les chocolats, madame, intervînt-il tout à trac avant qu'elle n'ait pu répondre. »

Ses yeux fous se posèrent enfin sur lui et il y vit brûler tant de haine que cela lui glaça le sang.

« Ce fut un plaisir, Petit Prince Chéri, roucoula-t-elle. »

Elle se moquait ouvertement de lui. Elle restait là, vautrée dans les robes de son Maître. Il la trouva dégoutante et se détourna d'elle.

Tentant de se reprendre et de ne pas rougir sous l'affront qu'il ressentait, il se concentra sur les autres occupants de la Salle du Trône. Il avait promis de faire honneur à son fiancé. Il n'allait pas flancher. Et surtout pas pour cette femme.

« A qui ai-je l'honneur, monsieur ? demanda-t-il en s'adressant à l'homme qui lui sembla le moins…effrayant du lot. »

Il était en effet le plus frêle du groupe, bien qu'il n'ait pas à rougir de sa stature. Brun, une légère barbe ombrant son visage et un regard franc, l'homme portait une tenue formelle sous sa cape.

« Augustus Rookwood, pour vous servir, Mon Prince. Je travaille au département des Mystères du Ministère de la Magie. Poste que j'occupe, cela va s'en dire, de manière toute dévouée à la cause de notre Maître. »

« J'imagine effectivement qu'avoir un homme tel que vous auprès de lui est un atout non négligeable pour mon Roi, approuva Harry avant de poser ses yeux sur le mangemort suivant. »

Tous purent voir l'immense satisfaction du Seigneur des Ténèbres lorsque le gosse l'avait appelé « son Roi ». Bellatrix avait dû baisser la tête pour dissimuler son amusement. Severus serra les poings. Cette comédie le rendait malade. Lily devait se retourner dans sa tombe.

« Yaxley, se contenta de répondre l'homme auquel s'adressait à présent Harry. »

Le jeune homme lui laissa bien quelques secondes de plus pour développer, mais l'autre se contenta de lui rendre son regard, sans ciller, et légèrement narquois. Harry le trouva parfaitement horripilant avec ses cheveux blonds pisseux tirés en arrière et son petit air d'en savoir plus long que tout le monde.

« Bien, Yaxley-tout-court. Je tâcherais de m'en souvenir, le défia-t-il avec aplomb, faisant encore s'élargir le sourire de son fiancé. »

Puis il reporta son attention sur un homme qu'il trouva indéniablement séduisant, avec sa lourde et longue chevelure auburn et ses sourcils bien dessinés. Impression qui ne se démentit pas lorsque le mangemort lui adressa un sourire enjôleur.

« Rosier-tout-court, Mon Prince. Je n'ai certes pas le privilège de travailler pour le Ministère mais je n'en reste pas moins influent auprès des vieilles familles de Sang-Pur. Influence qui vous est, par ailleurs, toute dévouée, débita-t-il avec aisance, une main sur le cœur. »

« Les partisans de notre Maître ont tous beaucoup à offrir. Qu'importe leur profession, Rosier, le remercia Harry. »

Il avait compris que le « monsieur » n'était pas une chose à laquelle les mangemorts étaient habitués. Rosier le lui avait fait comprendre avec beaucoup de tact, ce pourquoi il lui était très reconnaissant.

Vinrent ensuite Mulciber, Rabastan, Dolohov et Nott. Les présentations se passèrent sans anicroches et Harry s'était détendu au fur et à mesure. Il lui semblait ne pas avoir commis d'impaire et il espérait que son fiancé serait fier de lui.

« Harry commencera ses cours dès cet après-midi, annonça Lord Voldemort. Il régnera de nouveau avec moi lorsque je l'en estimerai capable. D'ici là, je compte sur vous pour que tous sachent que mon Prince est à mes côtés. Les membres de l'Ordre du Phénix, en particulier, doivent l'apprendre, termina-t-il à l'adresse de Severus, dans un sourire victorieux. »

« Ils en seront informés, Maître, acquiesça le potionniste. »

Et quelle sera leur déconvenue, pensa-t-il.

« Maître ! s'anima tout à coup Bellatrix, sortant de sa position soumise et silencieuse aux pieds du Seigneur des Ténèbres. J'ai le présent idéal pour eux ! annonça-t-elle.»

Elle s'était redressée, pareille à un pantin sur ressort.

Le regard de Lord Voldemort s'alluma dangereusement.

« Qu'es-tu donc allée inventer, Bella ? »

« Cela va vous plaire, Maître ! s'extasia-t-elle, comme une enfant. Apportez la fille ! hurla-t-elle ensuite à deux hommes restés près d'une porte dans un renfoncement de la salle. »

En un instant, elle avait perdu toute sa candeur.

Elle est vraiment effroyable, pensa Harry.

La petite porte fut ouverte et les deux mangemorts de bas étage réapparurent avec une jeune fille, prisonnière. Pourtant aucune peur ne se lisait sur son visage pâle. Ses cheveux blonds étaient emmêlés et ses vêtements déchirés par endroit. Ses mains étaient liées dans son dos.

Bellatrix l'attrapa rudement par le bras et la tira jusque devant le trône.

« C'est la fille de Lovegood, Maître. Une amie Ô combien précieuse des jeunes membres de l'Ordre. Ne serait-il pas merveilleux si notre Petite Prince Chéri la leur renvoyait, quelque peu modifiée ? »

Un sentiment d'horreur s'était emparé d'Harry. Il n'imaginait que trop bien ce que pouvait entendre Bellatrix Lestrange par « modifiée ». Et ce fut bien pire encore lorsque les grands yeux bleus un peu éteints de la jeune fille se posèrent sur lui.

« Harry ? lui demanda-t-elle avec étonnement. »

Cette fille devait avoir son âge et elle semblait le connaitre. Mais il n'eut pas le temps de poser la moindre question que Severus sortit sa baguette et la fit taire d'un « silencio ».

« Personne ne s'adresse à notre Prince de façon aussi familière, siffla-t-il. »

« T-t-t, vilaine petite fille. Tu as mis en colère Severus, la sermonna Bellatrix. »

Mais elle n'y prêta pas attention, continuant de fixer Harry avec une sorte de joie que ce dernier ne comprit pas.

Le Seigneur des Ténèbres observait les diverses émotion traverser le visage de Potter. Et ça n'allait pas du tout. Il allait le perdre si cette folle de Bellatrix persistait. Le gamin n'était pas encore prêt pour ça. Heureusement que Severus avait réduit la fille de Lovegood au silence avant qu'elle ne puisse trop en dire et éveiller les soupçons de son fiancé.

« Il va falloir t'apprendre les bonnes manières, ma tourterelle, poursuivait Bellatrix, toute à son petit jeu malsain.»

Conscient qu'elle allait trop loin, Rodolphus esquissa un geste pour la retenir. Mais c'était trop tard, le « Doloris » fusait déjà sur la prisonnière. Pourtant, il ne l'atteignit jamais. Le Seigneur des Ténèbres s'était redressé avec la rapidité d'un serpent et avait lancé un « Protego » sur la jeune fille.

Bellatrix le regarda, incrédule. Depuis quand son Maître protégeait-il les traîtres à leur sang ? Cette sale vermine de Potter lui avait-elle lavé le cerveau ? Celui-ci semblait terrorisé par ce qui venait de se passer. Son regard épouvanté ne se détachait pas de la jeune fille qui s'était mise à pleurer, mais dont les sanglots étaient inaudibles.

« Je pense que ce privilège doit revenir à ton Prince, Bellatrix, lui fit remarquer Voldemort. »

Ses yeux rouges la brulèrent tant ils étaient furieux. Pourtant, son ton était doux.

« Il se chargera d'elle dès qu'il aura retrouvé l'usage de sa baguette. Et je suis certain qu'à ce moment-là, il sera en mesure d'apprécier ton cadeau, poursuivit-il avec le même calme inquiétant. »

La mangemorte trembla et retomba à genoux.

« Oui, Maître, approuva-t-elle avec le plus de ferveur dont elle était capable. »

« Rodolphus, siffla-t-il à l'attention du mari de Bellatrix. »

Ce dernier s'empressa de rejoindre sa femme pour la relever et la remettre à sa place dans les rangs des mangemorts.

« Mulciber, Nott, montrez donc à notre invitée ses nouveaux quartiers, ordonna-t-il. »

Les deux hommes se saisirent de la jeune Lovegood et l'emmenèrent. Harry ne put détourner les yeux des portes qui s'étaient refermées derrière eux après leur départ. Ses mains étaient crispées sur les accoudoirs de son siège.

« Où l'emmènent-ils ? demanda-t-il dans un murmure angoissé. »

« Pas maintenant, Harry. N'oublie pas où tu te trouves, se fit-il rappeler à l'ordre par son fiancé. »

Pour Harry, c'était la douche froide. Il n'était plus si sûr de trouver cet endroit merveilleux.

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La matinée était déjà bien avancée lorsqu'Hermione se leva ce jour-là. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes de dormir si tard, mais la veille la nouvelle de l'enlèvement de Luna l'avait accablée et elle avait longuement pleuré dans les bras de Ron avant de réussir à s'endormir. Les cheveux plus ébouriffés que jamais, elle rejoignit l'escalier dont elle commença à descendre les marches à pas lents, ses jambes semblant peser une tonne.

La porte de la cuisine était ouverte et des bribes de conversation lui vinrent aux oreilles.

« …ne se rallieront jamais à nous. Et quand bien même, ils sont bien trop lourds et patauds pour rivaliser contre une armée de loups-garous et de vampires, disait Remus. Tu as essayé, Hagrid, mais il est inutile de risquer une nouvelle fois ta vie pour rien. »

Elle s'assit sur l'avant-dernière marche pour pouvoir écouter.

« Graup nous a quand même bien aidés, bougonna le demi-géant. »

« Oui, je ne dis pas le contraire, admit Remus. Mais nos pertes ne cessent de s'accroitre. Nous ne devons plus prendre de risques inutiles. »

« Et avec Bill qui ne peut plus travailler à Gringotts… Les gobelins grossissent les rangs de Voldemort par dizaines, annonça Arthur, accablé. »

Le sort du feumordeur que Bill avait reçu de Lucius Malefoy était un maléfice terrible qui rongeait les tissus atteints pendant des mois, provoquant de terribles douleurs qui empêchaient les membres touchés de se mouvoir. Les jambes de Bill étaient soumises à des soins constants pour réparer les dégâts aussi vite qu'ils se propageaient et pour atténuer ses souffrances. C'était épuisant, physiquement et moralement, y compris pour son entourage.

« Remus n'a pas tort, repris la voix de Molly. Nous avons déjà perdu trop de monde. Albus, Emmeline, Elphias… »

« Sirius, ajouta la voix de Ron. »

« Oui, Sirius. Et maintenant, Luna. »

« Elle n'est peut-être pas morte ! se fit entendre la voix de Neville, pleine d'espoir. »

Personne ne lui répondit. Le cœur d'Hermione se serra et elle appuya sa tête contre les barreaux de la rampe d'escalier. Si seulement Harry était encore avec eux, ils ne seraient pas si découragés.

« Sans Harry, la population sorcière ne sait plus vers qui se tourner, reprit justement le professeur McGonagall. Depuis la Bataille de Poudlard, le nombre de partisans de Voldemort ne cesse d'augmenter. Ils pensent tous que c'est sans espoir et préfèrent choisir le camp de la mort pour sauver leurs vies. »

« Qui pourrait le leur reprocher ? soupira Remus. »

Tous prenaient la mesure de leur impuissance. Pourtant, une voix se fit entendre, une voix qui rendit à Hermione toute sa volonté et son courage.

« Moi je leur reproche ! s'insurgea Ron. Cette bande de sales lâches ! Ils ont été les premiers à nier le retour du Seigneur des Ténèbres et à calomnier Harry. Ils ont été les premiers à vouloir le livrer lorsqu'ils pensaient que cela pourrait sauver leurs vies. Ils ont été les premiers à espérer qu'il les sauverait tous malgré leur trahison. Et aujourd'hui, ils sont les premiers à se ranger bien sagement du côté de ce psychopathe. Et bien je peux t'assurer, Remus, que lorsque nous auront enfin gagné cette foutue guerre, JE serais le premier à leur cracher leur lâcheté au visage. Et je n'aurais absolument pas honte de le faire ! termina-t-il, hors de lui. »

Le cœur d'Hermione se mit à battre à tout rompre. C'est vrai qu'il ne s'agissait pas du discours le plus intelligent et le plus constructif, loin s'en faut. Mais il y avait tant de conviction dans ses mots qu'elle ne put que se relever.

Elle entra dans la cuisine, les joues rouges, et déclara :

« Ron a raison. Et il est hors de question que nous restions là à nous lamenter. Nous n'allons pas baisser les bras ! Et nous allons gagner cette guerre. C'est fichu avec les géants, peu importe. Ça ne l'est pas encore avec les gobelins. Fleure, tu travailles toujours à Gringotts. Tu n'as peut-être pas un poste aussi important que celui de Bill, mais il ne tient qu'à toi de remédier à cela. Montre nous ce dont est capable une demie vélane. Quant à toi, Charlie, tu es un dresseur de dragon ! Un dresseur de dragons, par Merlin ! Pourquoi n'avons-nous pas eu de dragon à la Bataille de Poudlard ? Je suis sûre que tu dois pouvoir remédier à ça. Il nous FAUT un dragon. Même deux ou trois. Neville, Luna a déjà passé plusieurs mois dans les cachots du manoir Malefoy. Il y a donc de grandes chances pour qu'elle soit encore en vie. Sa mort ne leur apporterait rien. Vivante, ils pourraient tenter d'en obtenir quelque chose, comme ils l'ont fait avec Gabrielle la semaine dernière. C'est vrai que nous avons perdu de nombreux membres de l'Ordre. Et bien, recrutons ! Professeur McGonagall, votre réputation n'est plus à faire. Allez en Europe, dans toutes les écoles sorcières de votre connaissance et demandez de l'aide ! Abelfort vous accompagnera. Quant à Harry, je n'ai peut-être pas avancé dans mes recherches, mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Je vais avoir besoin d'un généalogiste, d'un très bon historien ainsi que d'un portoloin. Ron, c'est décidé, nous partons sur le champ pour Pendle ! »

Tous les membres présents de l'Ordre du Phénix la regardaient, incrédules.

« Quoi ? Mes paroles auraient beaucoup plus de poids si je ne m'obstinais pas à porter ce ravissant pyjama, c'est ça ? » (1)

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Ils venaient tout juste de regagner le petit salon de leurs appartements lorsqu'Harry ôta sa cape. Jusque-là, il n'avait pas réalisé combien elle pesait sur ses épaules. En l'enlevant, c'était comme s'il se délestait de tout le stress de cette matinée. La présentation aux mangemorts, le sort réservé à Luna Lovegood. Et bien sûr, cette femme… Bellatrix Lestrange. Prononcer son nom, c'était comme régurgiter quelque chose de particulièrement indigeste.

Les mains de son fiancé le sortirent de ses sombres pensées. Derrière lui, il les avait refermées sur ses épaules, encore une fois. Cela semblait être une chose à laquelle il devait être habitué, avant.

« Tu t'en es très bien sorti, A Chuisle. »

« Merci. Ce n'était pas simple…avec Bellatrix. »

Il s'était légèrement tendu en évoquant la mangemorte. Ce fait n'avait pas échappé à son fiancé, qui relâcha ses épaules pour lui faire face.

« Elle voulait simplement te faire plaisir en t'apportant le fille de Lovegood. C'est un cadeau que tu aurais apprécié, si tu n'avais pas perdu la mémoire. »

Harry sentit une bile amère lui monter à la gorge. Il la défendait.

« J'ai pourtant eu l'impression qu'elle se moquait ouvertement de moi. »

« Bella est quelque peu excentrique, il est vrai. Mais je t'assure qu'elle t'apprécie beaucoup. Il faut lui pardonner ses petits écarts de conduite. C'est une sorcière très talentueuse. »

Bella. Ne pouvait-il pas l'appeler par son nom, comme n'importe lequel de ses autres mangemorts ?

« Et le fait qu'elle se frotte à vous comme une… comme ça, c'est un autre écart de conduite que je dois aussi pardonner ? »

Harry était plein d'une colère contenue, qui ne demandait qu'à exploser. Il ne comprenait même pas pourquoi tout cela le mettait dans un état pareil. Aussi se sentit-il terriblement vexé lorsque Lord Voldemort lui répondit, dans un sourire plein de dents :

« Tu es jaloux, A Chuisle ? »

Tout cela semblait beaucoup l'amuser. Mais Harry n'était pas de cet avis.

« Je suis votre fiancé ! s'énerva-t-il. »

« Tu l'es, répondit l'autre instantanément, passant ses bras autour de sa taille. »

« Alors ne la laissez pas se comporter ainsi avec vous, comme si elle était votre maîtresse, s'entêta Harry, boudeur. »

« Ecoute, Harry. Bella a ses petites habitudes avec moi. Des habitudes installées depuis bien avant notre rencontre. »

« Oui, et bien je suis là à présent. Et elle ne semble pas l'avoir compris. Peut être devriez-vous mettre les choses au clair avec elle. »

Les yeux rouges s'étrécirent en deux fentes et Harry savait à présent ce que cela voulait dire. Il en eut d'ailleurs la confirmation quand son fiancé s'écarta de lui.

« Personne ne me dit ce que j'ai à faire. Pas même toi. Je te conseille de ne pas l'oublier et de changer de ton. »

« Bien sûr, c'est moi qui dois changer de ton. Mais votre précieuse petite Bella, elle, elle peut se permettre de me manquer de respect sans que cela ne pose le moindre problème ! »

« Libre à toi de te faire respecter, Harry. Il me semble déjà avoir été clair sur ce point. Mais je te déconseille vivement de te mettre Bella à dos. Tu n'es pas de taille face à elle. C'est une sorcière redoutable qui a gagné ses privilèges avec moi en étant ma meilleure mangemorte. Et elle n'oublie jamais le respect qui m'est dû, elle, asséna-t-il avec colère. »

Harry avait envie de pleurer. Jamais encore Lord Voldemort ne l'avait dénigré de la sorte. Etait-il donc un sorcier si minable ? Pour quelle raison avait-il fait de lui son Prince, dans ce cas ?

« Et bien vous n'avez qu'à l'épouser ELLE, puisqu'elle est si MERVEILLEUSE ! cria-t-il, hors de lui. »

En deux pas, Lord Voldemort fut de nouveau sur lui et lui assena une gifle retentissante.

Effaré, Harry porta la main à sa joue brûlante.

« Tu as peut-être perdu la mémoire, Harry, mais je pense qu'il te reste assez de cervelle pour savoir que ce n'est pas le genre de chose que l'on dit à la légère à son fiancé. Par ailleurs, si tu as oublié comment me respecter, je tâcherais de te le rappeler. »

Son ton était tellement froid... Harry sentit son cœur se déchirer. Lord Voldemort ne l'aimait pas. Il n'en avait rien à faire de lui. Il se fichait de son avis et de ce qu'il pouvait ressentir à voir une femme lui faire les yeux doux. Et il l'avait giflé comme un enfant désobéissant.

N'y tenant plus, des larmes s'échappèrent de ses yeux. Il aurait pourtant voulu les retenir, se sentant encore plus humilié par cette faiblesse.

« Je vais te laisser maintenant, avant que tu n'aggraves encore ton cas. Bidule t'accompagnera à ton cours en début d'après-midi. »

Il se détourna, parfaitement insensible à sa peine. Avant de quitter la pièce, il ajouta même :

« Et ne m'attends pas ce soir. Je pense qu'il serait préférable que je ne partage plus ton lit durant quelques jours. Pour ce que ça change, de toute façon. »

La porte claqua, laissant Harry plus désemparé que jamais. Mais que venait-il de se passer au juste ?

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C'est avec une intense satisfaction que Voldemort se rendit à la Salle des Douze Sièges où il avait convoqué Lucius et Rabastan.

Les choses ne pouvaient pas tourner plus en sa faveur.

Potter ne lui avait même pas parlé de la fille de Lovegood. Et s'il ne l'avait pas fait c'est que son esprit était entièrement tourné vers une seule et unique personne : lui, Le Seigneur des Ténèbres. En fait, la fille avait bien été évoquée, mais Potter ne semblait même pas s'en soucier. C'était absolument parfait.

Le gamin s'était épris de lui bien plus vite qu'il ne l'espérait. Et il le ferait entièrement plier. Potter deviendrait très bientôt une marionnette docile, quémandant ses caresses mieux que Bellatrix.

Au sujet de cette dernière, peut-être devrait-il se montrer plus magnanime qu'il ne l'avait prévu au départ. Elle lui avait été utile, après tout. Et elle pourrait encore l'être, il s'en assurerait. Attiser la jalousie de Potter serait un plaisir dont il ne comptait pas se passer.

Les portes de la Salle des Douze Sièges s'ouvrirent sur son passage, révélant ses deux mangemorts, qui se levèrent pour s'incliner à son arrivée. Il leur fit signe de se rasseoir, prenant lui-même place sur son large fauteuil en bout de table.

« Rabastan, j'imagine que tu connais la raison pour laquelle je t'ai convoqué, commença-t-il sans préambule. »

« Oui, Maître, répondit docilement le mangemort. »

Rabastan Lestrange était le frère cadet de Rodolphus, raison pour laquelle il avait été décidé que Rodolphus serait celui qui épouserait la jeune et prometteuse Bellatrix Black. Cependant, il était admis par tous que Rodolphus, Rabastan et Bellatrix formaient un trio. Ils vivaient ensemble et partageaient la même couche. Ils ne travaillaient en général que tous les trois et les innombrables crimes à leur actif étaient les plus atroces mais aussi les plus imaginatifs, comme lorsqu'ils avaient torturé le couple Londubat jusqu'à la folie.

« Bellatrix est ingérable depuis la Bataille de Poudlard. Probablement exaltée par le fait qu'un de ses hommes ait été celui qui m'a livré Potter. Cependant, si je tolère la plupart de ses débordements, j'attends de vous que vous ayez un minimum de maîtrise sur elle. »

« Oui, Maître. »

« Il s'en est fallu de peu pour que sa petite prestation de ce matin ne ruine tout avec Potter. Le gamin n'est pas encore prêt à torturer qui que ce soit. Et encore moins une jeune fille transpirant l'innocence. De plus, si Severus n'était pas intervenu, la fille de Lovegood aurait pu dévoiler à Potter que ce n'est pas l'Ordre qui est responsable de son amnésie, mais bien moi. Alors je te le demande : comment se fait-il que vous n'ayez pas empêché cela ? »

Rabastan ne montra pas une once d'inquiétude. Lui et son frère avaient été éduqués à coups de doloris par leurs parents. Qu'il en reçoive un de plus ou un de moins… Certes, ce n'était pas agréable, mais ça ne tuait pas.

« Elle nous a habilement manœuvrés, Maître. Ni Rodolphus, ni moi ne suspections quoi que ce soit. Elle a agi seule, sans nous consulter. »

Lorsqu'il brandit sa baguette, n'importe qui aurait pu dire que le Seigneur des Ténèbres était quelque peu lassé de devoir le faire.

« Doloris, prononça-t-il sans entrain. »

Rabastan tomba à genoux, mais resta droit. Il cria cependant, entre ses dents serrées. Mais, lorsque le Seigneur des Ténèbres mit fin au sort, il était à peine essoufflé.

« Je vous pensais assez de deux pour surveiller et dompter cette petite chatte. Je me suis manifestement trompé. Aussi me chargerais-je moi-même de la mater. Tu lui diras de m'attendre ce soir dans la chambre qui jouxte mes appartements. »

« Oui, Maître. »

« Rodolphus étant occupé avec Potter, je te charge de lui transmettre le message. Tu peux disposer, le congédia-t-il. »

Le mangemort se releva et quitta la salle avec tout le maintien d'un Sang-Pur, laissant Lord Voldemort et Lucius Malefoy en tête-à-tête.

« Lucius, j'espère ne pas devoir en venir à de telles extrémités avec toi aujourd'hui, prévint le Seigneur des Ténèbres alors que les portes se refermaient sur Rabastan. Les Malefoy semblent bien moins résistants aux doloris que les Lestrange. »

Lucius bouillait de rage, mais il n'en laissa rien paraitre. Drago était alité depuis trois jours. Il se souvenait encore de l'état dans lequel il l'avait retrouvé après que son Maître en eût fini avec lui. Il était resté inconscient durant deux jours, rendant Narcissa plus malade que jamais. Et depuis qu'il s'était réveillé, un inquiétant petit sourire ne quittait plus son visage tourmenté.

« J'ai les informations que vous m'avez demandées, Maître. »

Le Seigneur des Ténèbres posa sa baguette devant lui pour joindre ses mains. Puis il se cala confortablement dans son siège.

« Je t'écoute. »

« Les Dursley, les moldus de Potter, sont une famille de classe moyenne vivant dans la banlieue de Londres. Pétunia Dursley était la sœur de Lily Potter. Elle a épousé Vernon Dursley, un petit entrepreneur sans envergure qui possède aujourd'hui un magasin de perceuses. Ils ont eu un fils, Dudley, quelques mois avant qu'Harry ne leur soit confié.»

« Des perceuses ? »

« D'après mes informations, il s'agit d'un outil moldu servant à faire des trous. »

« Viens-en aux faits, Lucius ! s'énerva Lord Voldemort, qui ne voyait pas l'utilité des perceuses dans tout cela. Comment étaient-ils avec Potter ? »

« Mauvais. Ils n'ont jamais voulu s'occuper de lui. Dumbledore les y a incités en leur versant une pension conséquente, dont ils n'ont jamais fait usage pour Potter. Les onze premières années de sa vie, il logeait dans un petit placard sous l'unique escalier de la maison. Par la suite, il a pu avoir une chambre, avec des barreaux aux fenêtres et un mobilier d'occasion. Il n'a jamais eu de jouets étant enfant et n'avait pour se vêtir que les vêtements de seconde main que son cousin ne pouvait plus porter. »

« Rien de très réjouissant, j'en conviens. Mais rien qui ne puisse non plus expliquer la façon dont Potter parle de sa famille. Le maltraitaient-ils ? »

« Et bien, sans aller jusque-là, ils ne le nourrissaient pas convenablement, ce qui explique probablement sa petite taille. Et il était astreint à toutes les corvées de la maison. Il subissait régulièrement les remontrances de son oncle, notamment au sujet de ce que sa famille appelait son « anormalité », ses pouvoirs. Il a bien été secoué un peu rudement parfois et il a reçu quelques gifles. Mais rien de plus. Tout du moins, de la part de son oncle et sa tante. Son cousin, en revanche, avait pour habitude de s'adonner à un sport bien particulier avec ses camarades de classe : la chasse au Harry. »

« La chasse au Harry ? »

Lucius hocha la tête.

« Cela consistait à essayer d'attraper Potter. Et, une fois qu'ils lui avaient mis la main dessus, ils lui faisaient subir toutes sortes de brimades et d'humiliations, allant jusqu'à le battre à plusieurs. »

« Développe. Je veux des exemples. Qu'as-tu extirpé de la cervelle de son cousin et qui soit si humiliant pour Potter ? »

Son Maître jubilait. Sa curiosité malsaine se lisait sur sa bouche au sourire tordu. Lucius en était écœuré. Mais il devait parler, ou c'est sa cervelle à lui qui serait violée.

« Un jour, Potter devait avoir neuf ou dix ans, ils ont baissé son pantalon et lui ont donné la fessée chacun leur tour. Et je peux vous assurer qu'ils n'y ont pas été de main morte. Le gamin n'a pas dû pouvoir s'asseoir durant plus d'une semaine. »

« Ils lui ont mis la fessée ? répéta Lord Voldemort dans un sourire amusé. »

« Oui, Maître. »

« Mais encore ? »

« Quand il était plus jeune encore, ils l'ont isolé entres les buissons d'un parc et l'ont entièrement déshabillé avant de lui pisser dessus. »

Lord Voldemort ne sut trop pourquoi, mais cette image là l'amusa beaucoup moins. Ses mains se crispèrent et sa voix était polaire lorsqu'il demanda :

« Quoi d'autre ? »

Et Lucius raconta tout. Toutes les fois où Harry avait été battu par Dudley et ses grosses brutes d'amis, allant même jusqu'à lui casser une clavicule quand il avait dix ans. Toutes les fois où Harry leur avait servi de cobaye pour manger telle ou telle mixture, dans laquelle ils avaient bien souvent craché ou uriné. Il avait aussi dû manger des insectes ou des vers de terre. Une fois, Dudley l'avait forcé à lécher la boue sur ses chaussures. Et il y avait aussi tous les surnoms dégradants qu'ils lui donnaient : « Tête de cul », « Têtard à lunettes », « Pue la pisse », « Harry pipi »…

Lucius ignorait pourquoi - il avait pourtant effectué sa mission et rapporté tout ce qu'il avait appris au Seigneur des Ténèbres - mais il fut tout de même soumis au sort du doloris, longuement, la colère de son Maître ne semblant jamais pouvoir s'apaiser.


(1) Buffy, Saison 4, épisode 12, Stress.


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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)

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Artmis : Coucou Artmis ! Merci pour ta review :D Pour les anniversaires d'Harry, je pars du principe qu'Harry n'a pas eu de fête d'anniversaire avec sa famille, mais qu'il en aurait eu ensuite à Morsonge, même si ce n'était pas le jour même. Bien entendu, ce n'est pas la cas puisque tout n'est que mensonges ) Je ne sais pas si c'est très clair, mais je ne vois pas trop comment expliquer mieux lol J'espère que ce quatrième chapitre t'aura plu. A bientôt !