Salut, Salut!

Bon, j'ai pas d'idée, je ne sais pas comment introduire ce chapitre. Je ne sais même pas faire de claquettes vous savez, alors introduire un chapitre... (Pardon à tous ceux qui auraient pris la peine de lire ces quelques lignes).

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Les non logés trouveront une réponse à leur review en fin de chapitre.

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Toujours mille mercis à Aizhi, ma bêta à langue fourchue!

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! ATTENTION !

CE CHAPITRE CONTIENT UNE SCÈNE POUVANT HEURTER LA SENSIBILITÉ DES CŒURS LES PLUS TENDRES


Dans le chapitre précédent : Voldemort embrasse Harry pour la première fois avant qu'il ne soit introduit auprès de ses mangemorts les plus proches. Harry déteste immédiatement Bellatrix et son comportement équivoque envers le Seigneur des Ténèbres. Bellatrix offre Luna à Harry mais Severus intervient à temps pour que Luna ne révèle rien à Harry de la manipulation dont il est victime. L'Ordre du Phénix fait le point sur leur situation : les vampires et les loups-garous sont alliés à Voldemort et la population sorcière se tourne de plus en plus vers le Seigneur des Ténèbres depuis qu'elle sait que l'Ordre a perdu Harry. Cependant, Hermione secoue tout le monde et donne ses instructions : recruter de nouveaux membres, faire échouer les plans de Voldemort pour Gringotts, se procurer des dragons et aller à Pendle pour en apprendre plus sur l'Avada Memomagia. Voldemort et Harry se disputent au sujet de Bellatrix et Voldemort dit à Harry qu'il ne partagera plus son lit durant quelques temps. Voldemort met en garde Rabastan sur le comportement de Bella et l'informe qu'il se chargera lui-même de la remettre dans le droit chemin. Lucius apprend à Voldemort les traitements que les Dursley ont fait endurer à Harry durant son enfance.


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Chapitre 5 : La délicieuse langue des serpents

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Harry n'avait pratiquement pas touché à son repas lorsque Bidule vint le chercher pour l'accompagner à son premier cours avec Rodolphus Lestrange. Il n'avait cessé de repenser à sa conversation avec Lord Voldemort, à la façon dont il lui avait parlé, à la gifle qu'il avait reçue.

Ce n'était pas l'humiliation qui lui tenaillait le cœur. Non, à ce niveau-là, il avait connu bien pire. Mais il souffrait du fait que cela soit la personne qui était censée l'aimer et avec qui il était censé avoir de forts liens qui l'avait rejeté. Il en voulait à cet homme d'avoir bafoué ses sentiments. Comment son fiancé pouvait-il le traiter ainsi ? Comment pouvait-il ne pas voir que Bellatrix était la seule fautive dans tout ça ?

Harry ne se souvenait pas avoir jamais eu quelque chose qui ne soit rien qu'à lui, ni une personne pour qui il aurait été au centre de tous les intérêts. Et il désirait cela plus que tout autre chose. C'était ainsi que devait être l'amour, se disait-il. Et il n'était pas du tout prêt à pardonner son fiancé de l'avoir traité comme il l'avait fait, lui préférant une autre personne. Une femme. Belle et redoutable, s'il en croyait ce qu'il lui avait dit.

Tout à ses sombres pensées, il fut surpris lorsque Bidule transplana, le laissant devant une porte de bois gris.

C'est une sorcière redoutable qui a gagné ses privilèges avec moi en étant ma meilleure mangemorte.

Les mots tournaient en boucle dans sa tête, comme un venin qui viendrait se diluer dans son esprit, pourtant déjà bien malade, compte tenu des pans entiers de sa vie qu'il avait oubliés.

Tentant de mettre fin à ses tourments, il toqua résolument à la porte.

« Entrez, l'invita la voix légèrement râpeuse de Rodolphus. »

Il pénétra dans une salle au mobilier plus que sommaire, étant donné qu'il n'y avait qu'une table de taille moyenne pourvue de deux chaises. Il n'y avait rien d'autre que des murs vides, et un sol nu. Au plafond pendait un petit lustre qui avait dû connaitre des jours meilleurs.

« La décoration vous convient, Mon Prince ? »

La raillerie était-elle génétique chez les Lestrange ? Harry aurait bien voulu lui dire sa façon de penser, mais la vérité c'est qu'il n'était vraiment pas rassuré de se retrouver seul avec cet homme. Déjà, sur les photos, il lui avait fait l'effet d'un prédateur.

« C'est parfait, oui. Par quoi commençons-nous ? »

« Les sorts de magie noire. »

Harry n'était pas particulièrement enchanté par cette perspective. Il aurait aimé savoir comment changer un oreiller en boîte de mouchoirs, par exemple. Cela lui semblait bien plus utile, surtout qu'il prévoyait de se morfondre encore ce soir.

« Mais…c'est-à-dire que…je n'ai pas de baguette, précisa-t-il, gêné. »

« Et vous n'en aurez pas besoin pour le moment, Mon Prince. Asseyez-vous. »

Harry fit comme on lui demandait. D'un coup de baguette, Rodolphus fit apparaitre devant lui un rouleau de parchemin ainsi que deux plumes et un encrier. Voilà un autre sort qu'Harry aimerait apprendre. Faire apparaitre des trucs, ça c'était chouette. Les sorts de magie noire semblaient bien moins amusants.

« Nous allons commencer par la théorie. Je vais vous dicter une série de sortilèges et vous en expliquer les effets. Vous n'aurez pas votre baguette tant que vous ne connaitrez pas cette liste par cœur. Ordre du Maître, précisa-t-il pour couper toute envie de protestation à Harry. »

Celui-ci hocha la tête, sans oser dire qu'il doutait savoir écrire avec une plume.

« Les sortilèges de métamorphose sont-ils des sortilèges de magie noire ? hasarda-t-il, plein d'espoir. »

« Non. Mais vous les étudierez, ainsi que tous les sortilèges mineurs, avec Lucius. Moi, je m'occupe de vous former à l'art subtil de la destruction, l'informa-t-il, semblant se délecter de ses derniers mots. »

Pour Harry, il semblait bien plus intéressant de savoir construire que détruire. Mais cela devait aussi être plus compliqué. C'était peut-être pour cela qu'il commençait ses cours avec Rodolphus et non Lucius.

« Nous allons procéder par ordre alphabétique, lui précisa son professeur en s'installant sur la chaise en face de lui. Ecrivez, Mon Prince. »

A quoi cela servait-il d'être Prince s'il devait obéir aux ordres sans broncher ? Harry saisit une plume et la trempa dans l'encrier. Il se débattit un instant afin de garder son rouleau de parchemin bien à plat. Pendant ce temps, Rodolphus avait étendu ses jambes et posé ses pieds sur la table.

« Avada Kedavra, énonça-t-il placidement en attrapant la deuxième plume. »

Avec la pointe, il commença à se curer les ongles, tandis qu'Harry avait toutes les peines du monde à écrire quoi que ce soit de lisible avec la sienne.

Cela allait être long, pensèrent-ils tous les deux.

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Nous étions au milieu de la nuit et nul doute que quiconque ayant été témoin de la scène aurait trouvé le comportement de Lord Voldemort quelque peu étrange.

En effet, voilà plusieurs minutes qu'il restait immobile, la main posée sur la porte d'une chambre, non loin de ses appartements. Et, malgré cette porte, il pouvait sentir l'anxiété teintée d'impatience de celle qui l'attendait de l'autre côté. Il caressa une dernière fois le bois verni avant d'enclencher la poignée. La porte tourna sur ses gonds sans émettre le moindre son. Le Seigneur des Ténèbres pénétra dans la pièce et elle se referma dans un petit claquement sec.

Bellatrix était là, étendue sur un grand lit à baldaquin. Sa poitrine se soulevait fébrilement, engoncée dans son corset. Des ombres, projetées par la lumière vacillante des bougies éternelles, dansaient sur sa gorge offerte et dans ses grands yeux sombres.

« Maître, pantela-t-elle pitoyablement. »

Un sourire concupiscent lui répondit alors que Lord Voldemort détachait sa cape, la laissant tomber à ses pieds dans un bruit de tissu froissé.

Il la sentit s'agiter d'avantage, espérant probablement qu'il se dénuderait un peu plus, comme la dernière fois. Mais ce soir, il n'était pas là pour la récompenser. Non, pas tout à fait.

Il s'approcha d'elle et posa sa main tout près de sa tête. Il se pencha au dessus de son visage et murmura.

« Ma chère Bella… Ce soir, comme toujours, tu es en beauté. »

Elle tendit ses lèvres vers lui, bien inutilement car il ne l'embrassait jamais. Mais le geste l'amusa et il lui caressa le visage avant de saisir durement sa mâchoire et de monter sur elle à califourchon, la dominant totalement.

« Maître ? articula-t-elle avec difficulté. »

Il lui offrit son pus beau sourire en sortant de sa manche sa baguette, dont il posa la pointe contre sa gorge frémissante.

« Peut-être es-tu trop belle, Bella… poursuivit-il en traçant un chemin sanglant jusqu'à l'arrondi de son sein, comprimé dans son corset. »

La mangemorte gémit de douleur, le sort de découpe entaillant profondément sa chair. Tout autre qu'elle aurait hurlé, mais elle était de celles qui se repaissent de la douleur. Celle des autres, bien sûr. Et la sienne. Celle qu'un homme pouvait lui infliger. Surtout cet homme-là.

« Ou peut-être es-tu trop STUPIDE ! cracha-t-il en mettant plus de force dans son geste, tranchant le bustier en même temps que la peau de Bellatrix. »

Elle laissa échapper un cri d'agonie, cette fois. Peut-être avait-elle mésestimé la fureur de son Maître. Celui-ci ne s'arrêta pas là, tranchant son jupon après avoir ouvert la peau fragile de son ventre. Puis il rangea sa baguette et écarta de ses mains les pans découpés de sa robe, révélant sa nudité. Sur son corps blanc comme l'ivoire coulait une rivière de sang, de son cou à son pubis.

« Maître, le supplia-t-elle. »

Et il pouvait dire qu'elle ne demandait pas grâce. Non, elle demandait plus, ses petits seins se tendant vers lui et son ventre grouillant du désir d'être possédé.

Il se pencha sur elle et sa langue pointue vint lécher sa plaie vive, de son estomac au creux de sa poitrine. Puis elle s'enroula autour d'un de ses tétons durcis, le barbouillant de sang. Cette stimulation électrisa Bellatrix et lui arracha un gémissement de désir.

« Maître, sanglota-t-elle en écartant largement ses cuisses. »

L'invitation était claire. Et l'envie n'était pas simulée, s'il en croyait l'odeur piquante de la cyprine dont s'était gorgée sa vulve, dans l'unique but de le recevoir.

« Tu m'as beaucoup déçu aujourd'hui, Bella. »

« Je vous demande pardon, Maître ! »

« Et comment penses-tu que je m'occupe des petites chattes désobéissantes ? »

Ses grands yeux humides vacillèrent un instant.

« Maître…non…s'il vous plait, le pria-t-elle pour de bon. »

« Non ? Il me semble pourtant que je suis le Maître ici. Et toi, qu'es-tu, Bella ? »

« Rien ! Je ne suis rien Maître ! »

« Exactement, tu n'es rien, asséna-t-il avant de la retourner sur le ventre. »

D'une main, il repoussa sa lourde jupe, révélant sa croupe un peu maigre. Puis il tira sur ses hanches, la forçant à se mettre à genoux. Il ouvrit son pantalon et en dégagea son sexe gonflé d'excitation.

Lorsqu'il voulut se rapprocher du corps de la mangemorte, cette dernière eut un mouvement de dérobade, qui fut immédiatement sanctionné par la main qui s'abattit sur sa fesse.

« Maître…non…protesta-t-elle sans plus se débattre. »

« Non ? demanda-t-il en frottant son gland contre son sexe humide. »

« Oh siiiiii…. Ouiiii, gémit-elle alors, extatique. »

Mais le sexe qu'elle désirait tant au plus profond de son ventre ignora sa supplique et continua de se frotter lascivement à elle, jusqu'entre ses fesses, où il s'arrêta tout contre son anus.

« NON ! cria Bellatrix en comprenant que ce qu'elle craignait allait finalement se produire. »

Mais c'était inutile. Le sexe la perfora, sans aucune préparation ni aucune aide pour rendre cela supportable. Son Maître adoré resta sourd à ses cris de douleur et la posséda entièrement par cet endroit bien trop étroit pour accueillir son imposante érection.

Quand il fut entièrement en elle, il s'arrêta un instant et posa une main caressante sur son ventre ensanglanté. Ses doigts tâtonnèrent un peu avant de se glisser dans la plaie qu'il lui avait infligée avec sa baguette, rendant tout cela encore plus insupportable pour la mangemorte.

« Je n'accepterai plus aucun dérapage de ta part, Bella, murmura-t-il à son oreille alors qu'il se mouvait en elle. Si Potter devait m'échapper par ta faute, je plongerai cette main bien plus profondément encore dans tes entrailles et je te les arracherai, lui expliqua-t-il en enfonçant un peu plus ses doigts dans la plaie de son ventre. »

Bellatrix suffoqua, s'étranglant avec ses hurlements de détresse. Des larmes ravageaient son visage. Son corps ne lui appartenait plus, mais cette douleur était bien sienne. Son ventre qu'on déchirait et ce sexe qui la brûlait encore et encore. Les coups de reins qu'il lui assénait devinrent de plus en plus brutaux, ébranlant son corps frêle, secouant douloureusement ses mamelons. De plus en plus de sang imprégnait les draps, exhalant une odeur ferreuse un peu écœurante.

Puis tout s'arrêta lorsqu'il se répandît en elle. Elle ne sut même pas s'il avait gémi dans la jouissance, tant ses propres cris l'avaient assourdie.

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Harry se réveilla en sursaut, tremblant de tout son corps, la peau trempée de sueur.

Un cauchemar. C'était un horrible cauchemar. Et, comme la nuit où il avait rêvé de Drago, il avait été dans la tête de Lord Voldemort. Mais cette fois, ce n'était pas son ami qu'il torturait, mais Bellatrix Lestrange. Et d'une toute autre façon.

Il fut pris d'un haut-le-cœur et se précipita hors du lit pour rejoindre la salle de bain. Il rendit son maigre repas dans la cuvette des toilettes. Les spasmes de son estomac lui rappelèrent les douleurs dont il souffrait lorsqu'il s'était réveillé amnésique, il y a presque trois semaines.

Epuisé et vidé de toute force, il tira la chasse d'eau et se rinça la bouche. Il ôta son haut de pyjama imprégné de transpiration avant de se passer un peu d'eau sur le visage.

Puis il regagna sa chambre déserte, Lord Voldemort ayant tenu parole et ne l'ayant pas rejoint ce soir. Et, s'il avait eu du mal à s'endormir il y a quelques heures, cela lui semblait dorénavant impossible. Il regardait son lit avec crainte. C'était un lieu de cauchemar et il ne voulait plus jamais voir de pareilles choses, même si elles n'étaient pas réelles.

Déjà, la dernière fois que c'était arrivé, il avait détesté être seul. Il était resté éveillé jusqu'à ce que son fiancé regagne leur chambre et il se souvenait de combien il avait été soulagé de le voir à ce moment-là.

En y réfléchissant, c'était la deuxième fois qu'il faisait un cauchemar de ce genre et à chaque fois Lord Voldemort n'était pas à ses côtés. Fallait-il qu'il soit à ce point dépendant de son fiancé ? Lui, peut-être pas. Mais l'homme qu'il était avant de perdre ses souvenirs, peut-être bien. Et son esprit essayait de lui envoyer une sorte de message. De lui montrer la direction qu'il devait prendre pour être apaisé.

Mais peut-être aussi se cherchait-il simplement des excuses pour pouvoir se précipiter hors de cette chambre et demander à l'homme de revenir près de lui. Parce qu'il lui manquait et qu'il vivait très mal son rejet.

N'y tenant plus, il enfila sa cape et quitta leurs appartements, bien décidé à trouver son fiancé. Il ne savait pas trop ce qu'il lui dirait, mais il improviserait le moment venu.

Peut-être aurait-il dû prendre le temps de mettre ses chaussures, car les dalles du sol gelèrent ses pieds nus. Mais une quelconque divinité devait veiller sur lui car il n'eut pas à aller bien loin. A peine fut-il sorti qu'il aperçut celui qu'il cherchait, s'éloignant au bout du couloir.

« Lord Voldemort ! l'interpella-t-il. »

L'homme se figea. Que se passait-il avec Potter ? Le gamin l'avait-il surpris en train de sortir de la chambre où il avait laissé Bellatrix ? Il l'entendit courir vers lui et porta instinctivement sa main à sa baguette. Mais alors qu'il se retournait, Potter se jeta sur lui et le serra dans ses bras, enfouissant sa tête dans le creux de son épaule. Il pouvait le sentir trembler légèrement contre son corps.

Pour le moins étonné, et plutôt agréablement, il laissa sa baguette où elle était et rendit son étreinte au gamin.

Harry crut que son cœur allait exploser. Son fiancé ne le repoussait pas. Il releva la tête pour lui faire face, comme l'homme le lui avait enseigné le matin même.

« Je vous demande pardon, Lord Voldemort. Je n'aurais jamais dû vous parler comme je l'ai fait, même si j'étais en colère et… et jaloux, avoua-t-il en rougissant. »

Les perles rouges qui le dévoraient brillèrent intensément et son fiancé caressa gentiment son visage.

« Je suis heureux d'entendre ça, A Chuisle. »

« Alors… Vous voulez bien revenir dormir avec moi ? S'il vous plait ? »

Il y avait tant d'espoir sur ce petit minois que le Seigneur des Ténèbres eut bien du mal à contenir l'expression de pure satisfaction que son visage voulait montrer. Sa main glissa sur le torse nu du garçon.

« Comment pourrais-je ignorer une telle demande ? répondit-il avec une sorte de gourmandise malsaine. »

Harry s'empourpra de plus belle.

« Dormir… Juste pour dormir, précisa-t-il avec crainte. »

Et Lord Voldemort éclata de rire. C'était un son grave et franc, à l'effet communicatif. Aussi Harry ne put-il empêcher un large sourire de s'étaler sur son visage.

« Tu es adorable, murmura l'homme. »

Harry baissa la tête, gêné.

« Je veux bien revenir dormir avec toi, A Chuisle. Mais à une condition. »

« Laquelle ? »

« Et bien, puisqu'une étreinte plus charnelle semble proscrite, je voudrais que tu me donnes un baiser, pour sceller notre réconciliation. »

Rougir ou blêmir, les joues d'Harry ne semblaient pas pouvoir se décider.

« Oh… Heu… »

Il se racla la gorge.

« Vous… vous pouvez m'embrasser. Ça…ça ne me dérange plus, avoua-t-il d'une toute petite voix. »

« Non, Harry. Je veux que cela vienne de toi. Je veux que TU m'embrasses. »

S'il pensait être embarrassé avant cela, ce n'était rien comparé à ce qu'il ressentait à présent. Ses mains devinrent moites et sa bouche sembla chaque seconde s'assécher un peu plus. (1)

Il n'avait jamais embrassé personne. Peut-être ne saurait-il pas s'y prendre correctement. Pourtant, cela ne semblait pas être très compliqué lorsque Lord Voldemort l'avait fait ce matin. Alors pourquoi cela lui paraissait-il être bien plus difficile que de retenir la liste de tous les sorts tordus que Rodolphus lui avait dictés cet après-midi ?

Mais il pouvait dire que, contrairement à la magie noire, embrasser son fiancé était quelque chose de plaisant et qu'il avait envie de faire. Vraiment envie.

Lord Voldemort attendait qu'il se décide, le regard un brin moqueur, la bouche mutine. Alors il se lança, façon tête brûlée. Sa bouche s'écrasa un peu brusquement sur celle de l'autre homme, qui encaissa l'attaque sans broncher. Il tempéra tout de même la fougue de son jeune fiancé en prenant doucement son visage en coupe.

Ce geste apaisa les craintes d'Harry. Lord Voldemort l'avait choisi, lui. C'était lui son Prince.

Alors il ferma les yeux et donna de doux baisers à la bouche contre la sienne, qui lui répondit. Son cœur s'emballa un peu et une bouffée de chaleur embrasa son corps. Il passa ses bras autour du cou de l'autre homme et poussa sur la pointe de ses pieds en même temps que sa langue s'enhardit à caresser les lèvres offertes. Docilement, elles lui cédèrent le passage.

Harry gémit. C'était indescriptible. Et tellement doux. Tellement bon. Sa langue avait trouvé celle de son fiancé et elles se répondaient l'une l'autre. Leurs lèvres n'avaient de cesse de vouloir s'étreindre, encore et encore. Si bien qu'à peine un baiser prenait fin, un autre débutait.

Les mains froides de Lord Voldemort caressaient son dos et son torse nus avec une langueur grisante, collant son bassin contre le sien. Il sentait son sexe s'éveiller mais ne s'en inquiétait nullement. Il avait enfin toute l'attention de son fiancé et c'est tout ce qu'il voulait. Il commença même à frotter son érection contre la jambe de l'autre homme.

Soudain, ce dernier l'attrapa fermement par les hanches et les fit transplaner au pied de leur lit, sur lequel il jeta Harry. Puis il se délesta de sa cape et commença à grimper sur le matelas.

« Lord Voldemort ! paniqua-t-il en reculant vers les oreillers. »

Mais l'autre le retint par la cheville et le tira sous lui, s'installant entre ses jambes.

« Lord Voldemort ! Vous aviez dit que vous attendriez ! se défendit Harry en tentant de le repousser. »

Mais ses mains furent maintenues au dessus de sa tête dans une poigne ferme.

« Lord Voldemort ! Arrêtez ! Je… »

Mais il oublia ce qu'il voulait dire lorsque les yeux rouges emprisonnèrent les siens.

Il était là, le souffle court, à la merci de son fiancé. Et il n'était plus si sûr de détester ça.

Son regard rivé au sien, l'homme glissa sa main dans son pantalon de pyjama et saisit son sexe. Harry se mordit la lèvre mais refusa de fermer les yeux. C'était bien plus intense comme ça. Bien meilleur.

Quand la main bougea, il haleta. Quand elle se fit plus ferme, il écarta un peu plus les jambes et son bassin accompagna les va-et-vient prodigués sur son sexe suintant de désir. Et quand le pouce de son tortionnaire passa sur son gland, il ne retint plus ses gémissements.

C'était trop bon. Ses poignets, prisonniers d'un étau inébranlable. Son sexe, masturbé par la main d'un autre. Ses cris, raisonnant de façon indécente dans le silence de la chambre. Et ce visage impassible, celui de son fiancé, dont les prunelles rougeoyantes promettaient mille délices à Harry.

Il se tendit dans la jouissance, répandant son sperme dans un gémissement pitoyable.

Déconnecté, il accueillit avec un air béat les baisers que son fiancé lui donna.

« Très bientôt, tu seras tout à moi, A Chuisle. »

« Oui, murmura-t-il en se laissant emporter par le sommeil. »

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Cette fois, il avait retrouvé le chemin tout seul. Il était légèrement en retard et cherchait une bonne excuse pour expliquer cela à Lucius Malefoy. Il se voyait mal lui dire que c'était de la faute de Lord Voldemort, qui l'avait retenu avec ses baisers diaboliques. Il faut dire aussi que ce n'était pas tout à fait exact, car il était celui qui avait initié ce moment câlin entre eux, après que son fiancé lui ait rendu sa baguette magique.

Il ne saurait dire ce qu'il avait ressenti quand il avait eu la fine tige de bois entre les doigts. C'était indescriptible. Comme si, jusque-là, il lui avait manqué un organe vital. Cela avait probablement contribué à son emportement lorsqu'il avait enlacé son fiancé pour happer ses lèvres.

Après ça, il avait été difficile de s'arrêter. C'était tellement délicieux, leurs langues qui se caressaient, se charmaient…

Harry se secoua pour ne plus y penser. Il était déjà bien assez fautif comme ça. Il ne voulait pas aggraver son retard. Il souffla un bon coup pour se calmer et toqua à la porte.

Personne ne lui répondit, mais il entendit rapidement des pas se diriger vers lui, avant que Lucius ne lui ouvre lui-même la porte.

« Mon Prince, le salua-t-il en s'inclinant, une main sur le cœur, lui laissant le passage pour qu'il puisse entrer. »

« Bonjour…Lucius, lui répondit Harry, que ces égards rendaient un peu mal à l'aise. »

Il y voyait plus une sorte de soumission qu'une réelle marque de respect. C'est ce qui le gênait le plus.

Il se dirigea vers la table sur laquelle les parchemins, les plumes et l'encrier n'avaient pas bougé depuis la veille. Il s'installa sur sa chaise, prêt à recevoir sa leçon.

« Qu'allons nous étudier aujourd'hui ? Rodolphus m'a dit que vous vous chargeriez de me ré-enseigner les sorts de métamorphose, ainsi que quelques sortilèges mineurs. »

Le visage de Lucius prit un air affecté.

« Et bien, je suppose que Lestrange a sa propre vision des choses. En ce qui me concerne, j'estime que savoir se défendre est un prérequis indispensable avant de vous envoyer sur le champ de bataille. »

Harry s'en voulut un peu de sa maladresse. La dernière chose qu'il voulait était de froisser le père de Drago.

« Des sortilèges de défense ? Comme celui que Lord Voldemort a jeté sur cette fille avant-hier ? Le…protego ? »

« Je vois que vous savez être attentif, même dans les situations les plus critiques, Mon Prince. Cependant, la première leçon que j'aimerais vous donner est la suivante : Vous êtes Prince. Vous n'avez à toquer à aucune porte de ce château pour entrer quelque-part. Chaque personne ici, hormis notre Maître, est à votre service. Il est impératif que vous en preniez la pleine mesure, afin de vous faire respecter de tous. Trop nombreux sont ceux qui voudraient profiter de votre faiblesse momentanée, due à votre amnésie. Ne craignez pas de prendre le pouvoir. »

Vous nous sauverez tous, si vous vous y prenez correctement, Potter. Vous êtes victime de la plus ignoble des manipulations. Mais il n'est pas dit que vous ne retournerez pas cette situation en votre faveur. S'il y a un coup à jouer, comptez sur moi pour mettre en place toutes les pièces qui vous permettront d'abattre le Roi.

« Merci, Lucius. J'apprécie votre franchise. Il est vrai que je me sens un peu perdu. Mais vous avez raison, il ne tient qu'à moi de ne laisser personne me marcher sur les pieds. »

Les visages suffisants et moqueurs de Rodolphus et Bellatrix auraient pu se refléter dans ses magnifiques yeux verts tant ils étaient vivants dans son esprit.

« Vous avez toujours eu le don de vous tirer des pires situations avec les sorts les plus simples. J'ai donc pensé que nous pourrions commencer ce cours avec le sortilège de désarmement, Mon Prince. Drago m'a assuré que c'était celui dont vous usiez le plus. »

« Comment va-t-il ? s'empressa de demander Harry. »

Lucius prit sur lui pour lui répondre le plus aimablement possible.

« Bien mieux, Mon Prince. Il vous remercie d'ailleurs infiniment d'avoir intercédé pour lui auprès de notre Maître. Ces quelques jours de repos lui ont été…profitables. »

« C'est bien normal. Et j'espère le revoir rapidement, lui confia Harry. »

Et son sourire était tellement sincère ! Mais le sourire de Drago, lui, ne serait plus jamais le même.

Le cœur de Lucius se serra.

« Si nous commencions, Mon Prince, l'invita-t-il pour mettre fin à la conversation. Placez-vous en face de moi, votre baguette à la main. Je vais vous désarmer. Ensuite, vous essaierez de reproduire le sort sur moi. Cela vous convient-il ?»

« Oui. Oui, ça me semble bien. Mais… ça ne fait pas mal au moins ? demanda Harry en se plaçant tout de même devant Lucius. »

« Pas le moins du monde. Expelliarmus ! attaqua-t-il sans autre avertissement, brandissant sa baguette. »

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Cela faisait maintenant quatre jours qu'Harry assistait aux cours que lui donnaient Lucius et Rodolphus. Enfin, lorsqu'il s'agissait de Rodolphus, il subissait plus qu'autre chose. Le mangemort ne l'avait toujours pas autorisé à lancer le moindre sort. Il passait son temps à recopier les noms des sortilèges qu'il devait apprendre, ainsi que leurs effets, puis à tenter de les réciter par cœur. A chaque fois qu'il se trompait, Rodolphus lui disait, avec la voix la plus dégoulinante d'hypocrisie qu'il ait en stock :

« Reprenez, Mon Prince. »

Et Harry n'avait qu'une envie : balancer un de ces foutus sorts sur lui pour enfin en tester les effets. Mais il imaginait aisément que ses premiers essais, qui n'auraient lieu que quand le mangemort l'estimerait prêt, se feraient sur un mannequin et non sur son professeur.

Les cours avec Lucius étaient bien plus intéressants car tout ce qu'il apprenait lui était utile. Apprendre l'expelliarmus s'était révélé facile. Et, s'il ne parvenait que laborieusement à lancer un « protego » ou à métamorphoser une plume en peigne, il maitrisait déjà parfaitement le « lumos » et le «collaporta ». Il ressortait toujours incroyablement satisfait de ses leçons avec Lucius.

Mais il était toujours très irrité lorsqu'il sortait de celles de Rodolphus, comme c'était actuellement le cas. Sa tête bourdonnait de tous les noms des sorts de magie noire et l'insupportable « Reprenez, Mon Prince » tournait en boucle dans son esprit en surchauffe. Aussi s'empressait-il de fuir au plus vite dans les couloirs pour mettre le plus de distance entre la salle de classe et lui.

C'est ainsi que, tête baissée, il percuta quelqu'un. Il ne rencontrait pourtant jamais personne, cette partie du château étant réservée à Lord Voldemort et lui-même. Mais son étonnement laissa rapidement place à l'animosité qu'il ressentait pour celle qu'il avait bousculée : Bellatrix Lestrange.

« Et bien, Petit Prince Chéri, on ne regarde pas où l'on va ? lui demanda-t-elle avec raillerie. »

Harry serra les poings.

« Il me semble que vous m'avez bousculé, lui fit-il remarquer. »

« Vraiment ? s'étonna-t-elle. J'avais pourtant cru que vous m'aviez bousculée. »

« Je suis votre Prince. La moindre des choses aurait été de vous excuser, dans un premier temps, puis de me saluer, dans un second temps, répliqua-t-il sans se démonter. »

Lord Voldemort et Lucius avaient tous deux insisté pour qu'il ne se laisse pas marcher sur les pieds. Il ne voulait pas les décevoir. Et surtout, surtout, il voulait rabattre le caquet de cette…timbrée.

« Oh oh ! Mon Petit Prince Chéri n'est pas de très bonne humeur aujourd'hui. Mais soit, je vous prie de m'excuser, minauda-t-elle en s'inclinant, une main sur le cœur. »

Ce qu'elle pouvait l'énerver !

« Que faites-vous là ? demanda-t-il un peu sèchement. Cette partie du château ne vous est pas autorisée. »

Il ignorait si c'était vrai. Mais il l'espérait.

« Certes, elle ne l'est peut-être pas pour la plupart des mangemorts. Mais je ne suis pas la plupart des mangemorts, Petit Prince Chéri, répliqua-t-elle en dégageant sa folle chevelure de son épaule, révélant une longue estafilade, partant de son cou et disparaissant dans son décolleté. »

Harry blêmit. La cicatrice était rose et boursouflée. Indubitablement récente.

« Le Maître a toute confiance en moi. De plus, je suis venue chercher mon époux qui, je vous le rappelle, vous donne des cours dans une salle se situant dans cette partie du château, Petit Prince Chéri. »

« Le Maître est peut-être dupe, Lestrange, mais je ne le suis pas. »

Le rire de Bellatrix éclata, clair comme du cristal, et raisonna contre les pierres sèches du couloir, se répercutant à l'infini. Il faut dire que pour la mangemorte, la déclaration de Potter avait de quoi être hilarante.

Harry aurait voulu la voir s'étouffer, comme dans son rêve. Comment pouvait-elle avoir cette cicatrice, la même qu'il lui avait infligée dans son cauchemar, lorsqu'il se voyait être Lord Voldemort ?

« Cette blessure, d'où vient-elle ? lui demanda-t-il abruptement, faisant cesser son rire. »

« Le Maître a toujours su récompenser ma dévotion, répondit-elle, le regard un peu vague, caressant amoureusement sa balafre du bout des doigts. »

« S'il vous a infligé ceci, ce n'était certainement pas pour vous récompenser. »

« Et qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Vous n'aimez peut-être pas autant que moi les punitions, Petit Prince Chéri ? lui demanda-t-elle en s'approchant de lui, un sourire torve sur les lèvres. Il faut savoir les recevoir pour les infliger, lui confia-t-elle. »

« Arrêtez-ça immédiatement ! Vous ne me faites pas peur ! s'énerva Harry. »

Elle éclata de nouveau de rire. Il n'y avait pas plus apeuré que celui qui s'en défendait. Et elle le savait parfaitement.

« Bellatrix ! tonna soudain la voix sévère de Rodolphus, les faisant sursauter tous les deux. »

Le regard qu'il posait sur sa femme était un avertissement.

« Petit Prince Chéri, s'inclina-t-elle devant Harry avant de se détourner pour rejoindre son mari. »

Harry les observa disparaître à l'autre bout du couloir, bouillonnant de rage.

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Le soir même, lorsque Lord Voldemort rejoignit leurs appartements à une heure tardive, Harry n'avait toujours pas décoléré. Bien au contraire, il avait eu le temps de ruminer longuement tout ça et de préparer tous ses arguments. Il ne voulait pas de nouveau se disputer avec son fiancé au point que ce dernier le prive de sa présence, aussi avait-il bien étudié la tournure des phrases qu'il voulait employer.

Il lui laissa tout de même le temps d'enlever sa cape, conscient que par ce geste le sorcier se soulageait du poids de sa journée et de ses nombreuses responsabilités.

« Lucius m'a fait part de tes progrès aujourd'hui. Je suis fier de toi, lui dit-il en s'approchant pour l'enlacer. Il s'emblerait que ton corps ait gardé certains réflexes, malgré ta mémoire défaillante. »

Harry passa ses bras autour de son cou et accepta avec enthousiasme le baiser qu'il lui donna.

« Peut-être bien, oui. Mais il faut dire aussi que Lucius est un très bon professeur. Rien à voir avec Rodolphus. »

Le sourire de Lord Voldemort se fana un peu.

« La magie noire est un sujet délicat, biaisa-t-il. »

« Je ne pense pas que cela soit le sujet même qui me pose problème, contra immédiatement Harry, à la surprise de son fiancé. Lucius est simplement plus doué pour enseigner. Avec lui, je peux pratiquer tous les sorts qu'il m'apprend. Rodolphus se contente de rester vissé sur sa chaise à attendre que je fasse correctement mes récitations, bougonna-t-il en croisant les bras. C'est ennuyeux à mourir. »

« Je comprends cela. Tu as toujours préféré l'action, lui confia son fiancé en l'attrapant par la taille pour coller leurs bassins. »

Il se frotta à lui de façon suggestive, faisant prendre un tout autre sens à ses propos.

Harry s'empourpra.

« Ne pourriez-vous pas lui dire qu'il serait temps pour moi de passer à la mise en pratique des sortilèges qu'il me fait étudier ? »

Lord Voldemort se recula pour le regarder avec sérieux.

« Harry, la pratique de la magie noire ne peut se faire que sur des sujets… vivants. Bien sûr, la fille Lovegood est toute à toi si tu désires t'exercer au doloris, au sectumsempra, ou à tout autre sort que ce cher Rodolphus a la difficile mission de t'enseigner. »

La réaction d'Harry ne tarda pas. Son fiancé le vit pâlir, un sentiment d'horreur se peignant sur son visage. Pourtant, il ne savait même pas ce qu'était un sectumsempra, n'étant encore qu'à la lettre D de l'ordre alphabétique imposé par son professeur. Deux lettres par cours, c'était déjà bien suffisant…

« Et bien, je pensais que le sujet étudié n'était pas vraiment le problème ? se moqua-t-il. Je constate pourtant que tu ne te sens pas encore prêt pour approfondir la question. »

« Peut-être pas avec cette fille, Lovegood. Mais je suis sûr de pouvoir y arriver si Bellatrix était mon cobaye, répondit-il sans se démonter. »

Bien sûr, il n'avait pas prévu d'amener le sujet de cette façon. Dans sa tête, il avait tout planifié pour que tout se passe bien. Cette entrée en matière n'était définitivement pas le meilleur moyen de ne pas se fâcher avec son fiancé. Cependant, ce dernier lui offrit pour toute réponse un magnifique éclat de rire.

« Quoi ? Je suis très sérieux ! répliqua Harry, vexé. Je rêve de lui tordre le cou à cette...détestable garce ! »

« A Chuisle, tu es adorable, murmura Lord Voldemort en caressant sa joue. »

Mais lorsqu'il se pencha sur lui pour un nouveau baiser, Harry se déroba, ce qui lui donna, l'espace d'un instant, l'envie folle de sortir sa baguette pour régler une bonne fois pour toutes le compte du-garçon-qui-a-survécu. Mais le gamin était trop précieux.

« Je ne suis pas en train de vous faire un caprice, Lord Voldemort. Cette femme est amoureuse de vous ! »

« Non, pas un caprice. Cela ressemble d'avantage à une crise de jalousie. Et bien que cela me réjouisse de provoquer de tels sentiments en toi, je n'ai pas envie de revenir sur le sujet en ce qui concerne Bellatrix, répondit-il froidement. »

« Mais, ne pourriez-vous pas simplement lui dire que son comportement n'est pas correct vis-à-vis de moi ? Nous sommes fiancés ! Quel genre de personne serais-je si j'acceptais qu'une femme, ou un homme même, flirte ainsi avec vous ? »

Harry était plutôt fier de sa tirade. Il avait rattrapé le coup et la conversation prenait enfin la tournure qu'il avait espérée. D'ailleurs, Lord Voldemort sembla réfléchir un instant avant de lui répondre :

« Comme je te l'ai déjà dit, Harry, j'apprécie ta possessivité à mon égard. Mais il va aussi falloir que tu apprennes à me faire confiance. Bellatrix ne m'intéresse pas. Tu es le seul qui éveille en moi ce…genre de sentiments. Mais je suis le Roi des Sang-Pur de Grande Bretagne. Il est important que je sache m'attacher certains de mes mangemorts les plus compétents, voire même les plus dangereux. En laissant penser à Bellatrix qu'elle est ma favorite, j'entretiens son dévouement à mon égard. Est-ce que tu comprends ? lui demanda-t-il en soulevant son menton. »

Harry détourna un instant le regard.

« Oui mais… Aujourd'hui, elle avait cette cicatrice dans le cou ! argumenta-t-il, sentant la situation lui échapper de nouveau. Au même endroit que la blessure que je lui avais infligée dans mon rêve ! »

« Quel rêve ? l'interrogea Lord Voldemort en le relâchant. »

Harry détourna la tête, honteux d'aborder un sujet si futile. Il n'avait pas prévu de parler de son cauchemar. Il pensait que son fiancé se moquerait de lui s'il le faisait. C'était tellement fou de penser qu'il y avait un lien entre ça et la cicatrice qu'il avait vue sur la mangemorte.

« Rien… C'est juste complètement stupide. »

« Je t'ai posé une question, Harry. Quel rêve ? réitéra Lord Voldemort, une menace dans la voix. »

Harry délibéra un instant avec lui même, mais il voulait à tout prix éviter de contrarier plus son fiancé.

« Il y a trois nuits, j'ai fait un cauchemar. Je torturais Bellatrix, avoua-t-il difficilement. Enfin, c'était vous qui…qui lui faisiez toutes ces choses. Mais c'était comme si j'étais vous. Comme si votre corps était le mien. Ce n'est pas la première fois que je fais ce genre de rêve. Mais là, en voyant cette cicatrice sur Bellatrix… ça m'a un peu effrayé. »

Voldemort avait oublié ce détail. Potter avait toujours eu cette capacité de pénétrer son esprit. Il allait devoir manœuvrer avec subtilité et être plus prudent à l'avenir. Eviter les émotions trop fortes lorsque son fiancé dormait semblait la meilleure solution.

« Viens par-là, A Chuisle, l'invita-t-il en s'asseyant sur leur lit. »

Harry n'hésita pas longtemps avant de s'installer contre lui, dans ses bras accueillants. L'homme l'enlaça et embrassa sa tempe.

« Je sais que ce n'est pas facile pour toi en ce moment. Tu as perdu la majeure partie de tes souvenirs et je continue malgré tout à en attendre beaucoup de toi. Mais sache que tu es au centre de toutes mes attentions. Je pense que quelque part, cette certitude est ancrée en toi, même si tu as tout oublié de nous. Après la petite scène de Bellatrix dans la salle du trône, tu as probablement compris, inconsciemment, que je punirais Bellatrix. Et tu en as rêvé. »

« Oui mais… La cicatrice était exactement au même endroit ! »

« A Chuisle, dit-il en prenant son visage entre ses mains froides. Ce n'était qu'une simple coïncidence. Rien de plus. »

Il n'y avait aucun doute possible dans le regard rouge, hypnotique.

« Oui, excusez-moi, Lord Voldemort. Je ne voulais pas vous embêter avec ça. Je crois que je n'arrive tout simplement pas à accepter le comportement ambigu de Bellatrix à votre égard. Vous l'auriez vu caresser cette cicatrice comme s'il s'agissait d'une attention délicate que vous aviez eu pour elle… »

Toute colère avait quitté Harry. La seule chose qu'il voulait à présent c'était que son fiancé continue de le rassurer. Il lui avait dit qu'il était au centre de toutes ses attentions et ces simples mots avaient gonflé son cœur de reconnaissance. Dans un besoin irraisonné de tendresse, il glissa son visage dans le cou de son fiancé. Ce dernier passa ses doigts dans ses cheveux avec complaisance.

« N'y pense plus, Harry. Je ne veux pas que Bellatrix vienne gâcher cette soirée. Aujourd'hui est un jour particulier, n'est-ce pas ? Et j'ai une surprise pour toi, murmura-t-il. »

« Une surprise ? répéta-t-il en redressant la tête. »

« Viens, montre-toi, Aizih, siffla Lord Voldemort. »

Et siffler était bien le mot, même si Harry ne se rendit pas compte que l'autre homme venait de parler fourchelangue. Il se tourna même vers la porte pour voir si le fameux Aizih allait en sortir. Mais son regard fut très vite de nouveau sur son fiancé car quelque chose sortait de sa manche.

La petite tête d'un serpent. Harry avait toujours aimé les serpents. Fasciné, il regarda l'animal, d'un beau vert citron, glisser lentement dans la main que lui présentait Lord Voldemort. Tout en finesse, il mesurait une quarantaine de centimètres. Ses petits yeux noirs semblaient l'inspecter de tous les côtés tandis qu'il dardait vers lui sa langue fourchue.

« Je te présente Harry. Il sera ton compagnon à partir d'aujourd'hui, expliqua son fiancé en s'adressant au serpent. »

Harry trouva ça mignon, venant de cet homme si froid. Le voir s'adresser ainsi à un animal. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsque le serpent répéta en le regardant :

« Harrrrry. »

« Il… il parle notre langue ! s'exclama-t-il, émerveillé. »

« Garçon stupide ? demanda le reptile. »

Ce qui provoqua l'éclat de rire de Lord Voldemort, faisant oublier à Harry qu'il venait d'être traité d'idiot par un serpent. Harry adorait ce son. Profond et doux.

« Non, il ne parle pas notre langue. C'est nous, Harry, qui parlons la sienne, lui apprit-il, les yeux rieurs. »

« Mais… comment ? »

« Toi et moi sommes des fourchelangues. Nous avons le pouvoir de parler aux serpents. C'est une aptitude très peu répandue. Elle n'existe que chez les sorciers les plus puissants. »

« Bellatrix parle le fourchelangue, alors ? »

« Non. A Morsonge nous sommes les seuls. C'est une des choses qui nous ont fait nous rapprocher, après notre rencontre. »

« Elle n'est pas si forte que ça, alors, fit remarquer Harry, provoquant le sourire de l'autre homme. »

Puis il tendit la main vers l'animal. Le serpent se laissa approcher et glissa même son cou dans sa paume. Son corps était froid comme les mains de Lord Voldemort, remarqua-t-il.

« Elle s'appelle Aizih. C'est une vipère boomslang dont le venin a la particularité de provoquer une hémorragie interne généralisée chez ses victimes, lui expliqua ce dernier. » (2)

« Quoi ?! s'horrifia Harry, éloignant prestement sa main du corps du reptile. »

« A Chuisle, penses-tu vraiment que je t'offrirais un présent qui puisse être dangereux pour toi ? »

« Garçon stupide ? redemanda la petite vipère. »

« Non, je ne suis pas stupide ! répliqua Harry. Je veux juste être sûr que tu ne me mordras pas. »

« Garçon stupide, conclut-elle, dépitée. »

« Mais non ! protesta vertement Harry. Et toi alors, tu ne sais dire que ça ? Tu ne me sembles pas très intelligente non plus ! »

La vile bestiole se redressa alors dans une position qui sembla clairement menaçante à Harry. Mais elle tourna la tête vers Lord Voldemort et déclara :

« Aizih aime le garçon. Stupide mais drôle. »

Puis elle rampa tranquillement jusqu'à lui et tenta de s'engouffrer dans sa manche.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? s'inquiéta Harry.»

« Aizih aime la chaleur. Garçon chaud. Plus chaud que le Maître. »

« Je m'appelle Harry, bougonna-t-il en la laissant faire. »

Il la sentit s'enrouler autour de son bras. Il plia le coude pour que son articulation reste mobile, provoquant un sifflement mécontent de la vipère. Mais elle ne bougea plus après ça. Elle était encore petite mais très vite Harry sentit son poids peser sur son bras. Néanmoins, il décida de ne pas la déranger.

« Elle te plait ? lui demanda son fiancé. »

« Elle n'a pas très bon caractère… Mais elle me plait beaucoup, oui, avoua Harry dans un sourire idiot. Merci, Lord Voldemort. »

Il donna un baiser aux lèvres de son fiancé.

« Joyeux anniversaire, A Chuisle, murmura ce dernier. »

Harry se détacha de lui, surpris.

« Mon anniversaire ? »

Et il réalisa. On était le 31 juillet. Et, pour la première fois de sa vie, quelqu'un avait pensé à lui. Et même s'il savait qu'il y avait eu d'autres fois, son émotion resta intacte, car il ne s'en souvenait plus. Il passa ses bras autour du cou de Lord Voldemort pour se serrer contre lui.

« C'est un fabuleux cadeau, déclara-t-il, ému. C'est vrai que cette histoire de venin m'a fait un peu peur. Mais il se pourrait bien que, finalement, je réfléchisse au fait de demander à Aizih de croquer le mollet de Bellatrix, plaisanta-t-il pour ne pas être submergé par l'émotion. »

« Harry, gronda l'autre. »

Mais il pouvait sentir le jeune homme rire contre lui, alors il n'insista pas. Il le bascula doucement sur le lit et commença à parsemer son cou de baisers.

« Mais je n'aurais pas à le faire si vous consentez à lui demander de garder ses distances avec vous, poursuivit-il en s'abandonnant sur le matelas, tournant la tête pour mieux exposer sa gorge aux attentions de son fiancé. »

« Harry, l'avertit-il plus fermement en se glissant entre ses jambes. »

Il infiltra sa main sous sa tunique, caressant la peau chaude de son ventre et de son torse. Harry se prélassa dans un soupir et remonta ses bras au dessus de sa tête, s'offrant complètement.

« Il se pourrait même que, si vous le faisiez, mon bonheur soit tel que je vous laisse me faire l'amour sans plus attendre, le provoqua-t-il. »

Le visage de Lord Voldemort se redressa instantanément, ses yeux rouges se braquant sur lui.

Harry n'en menait pas large. D'abord parce qu'il se doutait bien que personne ne faisait de chantage à Lord Voldemort. Ensuite parce qu'il pensait que ses paroles étaient un peu osées. Mais parfois, envers et contre tout, il fonçait tête baissée. Il n'aurait pas été surpris d'entendre Aizih siffler un autre « Garçon stupide », mais elle semblait profondément endormie.

Voldemort observa le garçon, rouge de gène après sa petite tirade. Il était complètement à sa merci, étendu sous lui. Ses incroyables yeux verts luisaient légèrement. Avec ses pommettes écarlates, il semblait un peu fiévreux.

« Desvestido, murmura-t-il sans cesser de le regarder. »

Le visage d'Harry se figea dans une expression de pure stupeur. Il était à présent entièrement nu. Seule restait sa vipère, autour de son bras, ses écailles de couleur vive tranchant sur sa peau claire.

« Et moi, je parie que tu me cèderas avant, lui promit Lord Voldemort en fourchelangue. »

Et, sans qu'Harry n'ait pu protester, il prit son téton entre ses dents et son sexe dans sa main.

La suite ne fut qu'une succession de caresses et de sifflements de plaisir. Harry était pourtant résolu, mais la langue des serpents était délicieuse.

« Tu es si affolant, A chuisle. »

Harry se tordait sur les draps, le souffle court. La main diabolique l'avait fait durcir et ne cessait d'attiser son plaisir. Mais ce fut bien pire encore lorsqu'un doigt vint caresser ses bourses.

« Aaah ! siffla-t-il avec une sensualité dont il n'avait pas conscience. »

Ses jambes s'écartèrent alors que son dos se cambrait.

« Tu aimes vraiment ça, hein, petit allumeur. »

Les paroles sifflées par Lord Voldemort l'excitèrent un peu plus, à sa grande honte. Des perles blanchâtres s'échappèrent de son sexe et coulèrent sur son gland. Il se mordit les lèvres pour ne pas gémir. Cependant, il ne put retenir une exclamation de surprise lorsque les doigts sur ses bources s'introduisirent entre ses fesses pour caresser son anus.

« Non ! Aaah ! »

« Non ? Tu es sûr de ça ? »

Mais Harry ne répondit pas, trop perdu dans ses sensations. Les doigts étaient doux contre lui, ne tentant pas de le pénétrer. Ils titillaient gentiment cet endroit qu'il n'aurait jamais imaginé aussi sensible. Ces attouchements étaient en train de le rendre dingue. Il se mit à secouer la tête. Non, ça ne pouvait pas être si bon, se disait-il, paniqué.

« Tu en veux plus, n'est-ce pas ? insista Lord Voldemort. »

Seul un profond gémissement lui répondit. Il accéléra les va-et-vient de sa main sur le sexe de plus en plus dur d'Harry. Il était proche de la jouissance, ça ne faisait aucun doute. Ses doigts frottèrent un peu plus fermement son anus qui s'était mis à pulser. Il lécha la jugulaire d'Harry et lui susurra :

« Mais ne rêve pas, A Chuisle. Je ne te donnerais rien de plus tant que tu ne me réclameras pas ici à cor et à cris, lui promit-il en massant encore un peu plus ses chairs intimes. »

Et, dans le même temps, il glissa sa langue pointue dans son oreille. Il n'en fallut pas plus pour faire jouir Harry. Toutes ces sensations combinées – la main qui le masturbait fermement, celle entre ses fesses et le muscle humide dans son oreille – avaient fait déborder ses sens.

Alors qu'il reprenait son souffle, Lord Voldemort sema des baisers tout le long de sa mâchoire, jusqu'à la commissure de ses lèvres.

« Alors, qu'en penses-tu ? demanda-t-il. »

« Pari tenu, répondit Harry en attirant sa bouche contre la sienne. »

Leurs langues s'enlacèrent avec passions, comme deux serpents amoureux.


(1) Essayez de prononcer cette phrase. C'est pas de la tarte^^

(2) Toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé serait incroyablement fortuite.


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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)

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Morane : Salut ! Merci pour tes compliments qui me font vraiment plaisir J J'espère que cette suite t'aura plu et que tu auras toujours envie de me suivre. N'hésite pas à me dire ce que tu en penses, si certains personnages te donnent envie de les baffer ou de les serrer dans tes bras ! A bientôt !

Nouxy? : Coucou ! Ayant reçu une review non signée et un follower du nom de Nouxy juste après, j'en ai déduit, peut-être à tort, que cette review anonyme venait de toi. Si c'est bien le cas : un grand merci ! Tu as tout compris de mon histoire. Je l'ai su en lisant les premières lignes de ta review. Ce que cherche Voldemort ? C'est très simple, ce qu'il n'a eu de cesse de chercher tout au long de son existence : rester en vie, éternellement. En ensuite, prendre le pouvoir et régner sur le mooooonde AH AH AH ! lol Alors, par contre, cette histoire n'est pas un Mpreg. C'est déjà une histoire d'amour malsaine, on va pas en rajouter, hein mdr Mais c'est promis, juré, craché : cette histoire finit bien, donc tu peux être de la team Harry sans crainte ;) J'espère que cette suite t'aura plu. A bientôt !

Loan : Bonjour ! Merci beaucoup pour tes encouragements (pitié, tutoyons nous J). Je t'assure que ça fonctionne pour de vrai ! ça me donne toujours envie d'écrire, de me creuser la tête et tout et tout. Mon envie d'écrire une romance entre Harry et Voldemort vient en partie du fait que, tout comme toi, je suis toujours frustrée par celles que je trouve : inachevées, Voldemort qui se transforme en bisounours ou Harry en Mage noir, fins dramatiques…. Bref, j'ai tenté d'en écrire une qui ne soit rien de cela et j'avoue que ce n'est vraiment pas facile ! Mais je tiens le bon bout et j'ai presque terminé (ok, je sors la même rengaine depuis 4 mois, mais ça ne reste pas moins vrai lol). Merci pour tes compliment, ça fait vraiment plaisir :D. J'espère que la suite te plaira toujours autant. A bientôt !