Salut!
Me revoilà avec le chapitre 7, plus soft que le chapitre 6, mais pas non plus de tout repos^^
Bravo aux courageux qui sont allés au bout du chapitre 6 et qui m'ont même laissé une tite review: ça m'a évité de trop me morfondre en me disant que je vous avais sûrement tous traumatisés et que je ne vous reverrai jamais lol
Certains le savent, il y a eu un bug avec les reviews la semaine dernière. Même si tout est rentré dans l'ordre depuis, j'espère que tout le monde a reçu une réponse!
PUB: Il y a de bons auteurs sur ce site. Mais de très bons, il n'y en a pas tant que ça^^ Je vous invite à aller lire les histoires de Sigognac, sur le fandom de Naruto. Elle écrit vraiment trop bien et ses histoires sont super! En ce moment elle publie L'Un à l'autre inconnus, qui traite aussi de la mémoire, mais d'une façon très différente d'Avada Memomagia. Vous m'en direz des nouvelles!
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Les non logés trouveront une réponse à leur review en fin de chapitre.
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Aizhi est la merveilleuse bêta qui vous épargne les lemons au flamby. C'est aussi elle qui a trouvé le titre de ce chapitre. Merci à elle!
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Gros clin d'œil à Mandy Mandala7338 dans ce chapitre! Si elle passe par là^^
! ATTENTION !
LE CONTENU DE CE CHAPITRE PEUT HEURTER LA SENSIBILITÉ DES CŒURS LES PLUS TENDRES.
Mais bon, ça va^^
Dans le chapitre précédent : Voldemort informe Harry de son rôle en tant que coordinateur des mangemorts et l'invite à en apprendre plus sur l'Histoire des sorciers en lui donnant le livre de Bartus Cafteur sur la chasse aux sorcières. Quelques jours plus tard, Harry est très affecté par cette lecture et annule son cours de l'après-midi avec Rodolphus. Apprenant cela, Voldemort le rejoint dans son bureau où ils ont une conversation sur les mages, ces sorciers vénérant la fée Viviane et refusant de se servir des baguettes magiques. Suite à cela, Voldemort fait un parallèle entre la situation des mages et celle des enfants sorciers livrés à eux-mêmes dans le monde moldu. Cette discussion fait ressurgir les peines d'Harry au sujet de son enfance chez les Dursley. Il est bouleversé et s'effondre dans les bras accueillants de Voldemort.
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Chapitre 7 : Plimbare pe cer (1)
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Une vieille dame se tenait devant la maison dont leur avaient parlé les habitants du village. Elle semblait les attendre, ce qui inquiéta Ron. Il en avait assez de suivre des pistes ne menant nulle part si ce n'est sur de nouvelles pistes encore plus improbables. Après Pendle, ils étaient allés à Samlesbury où ils avaient bien failli mourir noyés dans la petite bibliothèque municipale après avoir ouvert le mauvais livre. Suite à cette nouvelle déconfiture et alors qu'ils s'apprêtaient à rentrer bredouilles, ils avaient rencontré, par un hasard douteux, le fantôme d'une jeune sorcière errant entre le rayon des poètes du XVIIème siècle et celui des Arts de la Table. Edwina – c'était son nom – leur avait assuré que ce qu'ils cherchaient se trouvait à Jurmalciems, un petit village côtier de Lettonie où avait migré le reste de la famille Chattox après les tragiques évènements de l'année 1612.
Ron avait tout de suite senti le plan foireux. Qui irait volontairement s'installer en Lettonie, même au XVIIème siècle ? Mais, tout comme Hermione, il voulait quand même tenter le coup. On ne savait jamais.
Arrivés sur place, grâce au portoloin que Percy leur avait fourni, ils avaient appris que plus personne dans le village ne portait le nom de Chattox. Les villageois leur avaient dit que la vieille Ada Berzins saurait les renseigner. Mais là, tout de suite, Ron se disait qu'il faudrait déjà qu'elle le veuille. Et son regard noir n'était pas franchement engageant. Petite et voutée, elle avait toutes les caractéristiques que les moldus attribuent généralement aux sorcières. Un foulard sombre noué sous son menton en galoche cachait en partie sa chevelure grisonnante. Son visage fripé comme un vieux pruneau et son nez surmonté d'une grosse verrue complétaient le tableau. Sans oublier le balai posé derrière elle, contre le mur. Peut-être venait-elle de nettoyer son palier ?
Hermione se serra d'avantage près de lui. Cela lui donna le courage nécessaire pour se lancer.
« Bonjour ! »
Aucune réponse ne leur parvint, mais le menton de la vieille avait glissé de la gauche vers la droite.
« Etes-vous Madame Ada Berzins ? »
Toujours rien. Ron et Hermione échangèrent un coup d'œil incertain.
« Je m'appelle Hermione Granger, se présenta-t-elle. Et voici Ronald Weasley. Nous sommes aussi des sorciers. Nous cherchons des informations sur la famille Chattox afin de venir en aide à un ami. »
« … »
« C'est… Il… Il a subi le sort de l'Avada Memomagia et… »
Ron n'eut jamais le temps de terminer sa phrase. Vive et alerte comme une jeune fille, la vieille Ada avait sorti sa baguette.
« Ejiet prom ! Ejiet prom ! leur cria-t-elle avec colère. Ferus Sagittas, ajouta-t-elle, faisant sortir une salve de flèches de sa baguette magique. » (2)
Hermione et Ron durent se baisser puis s'éloigner en courant pour éviter plusieurs tirs. La petite vieille renouvelait sans arrêt son sortilège et une flèche se planta dans la fesse de Ron, malgré le protego qu'Hermione avait lancé un instant plus tôt.
« Le portoloin ! lui hurla-t-il dans une grimace de douleur. »
Complètement paniquée, Hermione fouilla son sac bandoulière avec frénésie, cherchant le petit peigne de femme, procuré par Percy, difficile à identifier au milieu de son fatras. Pendant ce temps, Ron tentait de les défendre en alternant les sortilèges de protection et les expelliarmus, ces derniers n'atteignant jamais leur cible.
Alors que de nouvelles flèches leur arrivaient dessus, Hermione trouva enfin leur portoloin et l'actionna en empoignant le bras de Ron. Ils disparurent alors que trois flèches se plantaient à l'endroit même où ils se tenaient une seconde auparavant.
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« Espero Potranus ! »
Au bout de son bras, la baguette d'Harry resta parfaitement inanimée. Il jeta un regard à Lucius, cherchant une quelconque indication.
« Spero Patronum, le corrigea-t-il. « Potranus » n'est pas vraiment une formule agréable à l'oreille, fit-il remarquer d'un air emprunté. »
Harry se mordit les lèvres pour tenter de dissimuler son amusement. Mais cela n'échappa pas à l'œil critique du mangemort qui le gratifia d'un de ses levers de sourcil sarcastiques.
« Excuse-moi, Lucius, se reprit Harry. »
Puis il tenta de se reconcentrer. Prenant une inspiration décisive, il articula :
« Espero Patronum ! »
« Spero ! Non pas « Espero ». Spero, répéta Lucius.»
« Oui… Désolé, s'excusa une nouvelle fois Harry. »
« Quelque chose ne va pas, mon Prince ? s'enquit Lucius. Vous semblez perturbé. »
Harry souffla, frustré. Il jeta un regard noir à sa baguette.
« Sais-tu si j'étais capable de faire de la magie sans baguette, avant ? »
Avant qu'on ne me lance l'Avada Memomagia.
« Pas que je sache, non. La magie sans baguette demande des années d'entrainement, même pour les sorciers les plus doués. Vous êtes encore bien jeune, mon Prince. »
« Mais… Il arrive que des enfants y parviennent, pourtant. »
« Eh bien, les enfants n'utilisent que peu, voire pas du tout la magie, commença Lucius en invitant Harry à s'installer avec lui à la petite table de bois, dérisoire au milieu de la vaste salle qu'ils occupaient pour leurs cours. Tout du moins, pas intentionnellement, précisa-t-il. D'abord parce que, dans un premier temps, ils n'ont pas accès à la parole qui permet d'en avoir une première maîtrise. Ensuite parce qu'ils n'ont pas de baguette avant l'âge de onze ans. Ils n'en ont par ailleurs pas vraiment l'utilité, leurs parents étant tenus de pourvoir à tous leurs besoins. »
Harry hocha la tête. C'était effectivement le rôle de tous bons parents.
« Cependant, les enfants, comme n'importe quel sorcier, produisent en continu de la magie pure, au sens de matière. Lorsque celle-ci s'accumule de trop, elle doit être évacuée par le corps. Le plus souvent, ce phénomène se produit durant le sommeil de l'enfant. La magie s'échappe librement du corps au repos en de très légers flux et elle retourne à la nature. Mais il arrive, lorsqu'un enfant ressent de fortes émotions, qu'elle se libère sous la forme d'un sortilège répondant au besoin immédiat de l'enfant. Ce n'est donc absolument pas quelque chose de maitrisé, comme la pratique de la magie sans baguette. C'est un phénomène parfaitement hors de contrôle. »
Harry resta pensif un instant, sous le regard attentif de Lucius. Il était tendu, les poings serrés sur ses genoux, le visage tourmenté.
« Alors… un enfant sorcier ne peut vraiment pas se défendre contre des moldus malveillants, finit-il par dire. »
« Malheureusement, non. »
« Pourquoi…pourquoi ne faisons-nous rien contre ça ?! s'écria Harry. »
Le cœur de Lucius se serra un peu. Il savait ce qu'avait enduré Potter. Il l'avait lu directement dans l'esprit de ses tourmenteurs et il était loin de cautionner de telles choses, quoi que l'on pense de sa façon d'éduquer Drago.
« Des mesures ont déjà été mises en place, mais elles n'ont pas été suivies, les relations entre le Ministère de la Magie et le gouvernement moldu n'étant pas toujours simples. Les moldus acceptent avec beaucoup de difficultés que nous nous octroyons le droit d'intervenir dans la vie de leurs enfants sorciers. Et on les comprend : ce sont leurs enfants. Nous, sorciers, serions les premiers à nous opposer à toutes mesures visant à nous déposséder de notre autorité légitime sur nos enfants ainsi que du droit de faire pour eux les choix que nous estimons les meilleurs. »
« Oui, mais…et les orphelins ? »
« Il leur reste parfois de la famille moldue. Des grands-parents, des oncles et des tantes qui les aiment… »
Harry devint sombre à cette évocation. Mais sa pudeur lui interdisait de parler de son passé.
« Ceux qui n'ont plus du tout de famille devraient être recueillis par nos orphelinats. »
« Je suis d'accord avec vous. »
« Et les autres enfants sorciers de parents moldus devraient au moins faire l'objet d'un suivi. Pourquoi n'y a-t-il pas d'écoles sorcières pour les jeunes enfants ? Je ne comprends pas. »
« La question de l'école est une des grandes choses qui distinguent les modes de vie des sorciers et des moldus. Chez les sorciers, ce sont les parents qui éduquent leurs enfants et leur enseignent les bases de la magie, la lecture, l'écriture, le calcul, la conduite en société. Chez les moldus, ces apprentissages se font dans des écoles dès le plus jeune âge. Ce genre d'écoles n'existe pas chez les sorciers, raison pour laquelle les enfants sorciers nés-moldus n'entrent dans notre monde qu'à l'âge de onze ans. »
« C'est stupide ! Il faudrait changer ça ! »
« Ce n'est pas stupide, mon Prince. Il est très important pour les familles sorcières de léguer à leurs enfants leurs valeurs, de les aider à se forger leurs propres armes avant de les voir introduits dans une institution où le groupe prime sur l'individu. »
« Eh bien, il faudrait au moins changer ça pour les sorciers nés-moldus, s'entêta Harry. »
« Certes. N'êtes-vous pas Harry Potter, Prince des Sangs-Purs de Grande Bretagne ? Qui mieux que vous pourrait faire changer les choses ? »
Dans les grands yeux verts, la lumière se fit. Un poids immense venait de lui être ôté de la poitrine. Il n'était plus ce petit garçon impuissant qui avait été martyrisé par son cousin et ses amis. Il était Prince. Il pouvait faire changer les choses.
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Ils étaient passés devant la cellule qu'avait occupée Potter. Bellatrix aurait aimé y jouer à des petits jeux malsains, mais le Maître n'y avait pas même jeté un œil. Comme si l'endroit n'existait pas.
Ils avaient continué à s'enfoncer dans les cachots. Là où les barreaux des cellules s'effritaient. Là où le jour n'existait plus depuis longtemps. Quelques squelettes anonymes, oubliés, étaient parfois révélés par la lueur de leurs baguettes.
Un passage, qu'une porte avait probablement condamné un jour, apparut. Elle ne le vit qu'à portée de bras, surprise que le Maître disparaisse quand il s'y était engouffré. Elle n'osa pas poser de questions. Elle le suivrait jusqu'en enfer s'il le voulait. Et ils s'en rapprochaient, à n'en pas douter, s'enfonçant toujours plus dans les entrailles de Morsonge tandis qu'ils descendaient un interminable petit escalier en colimaçon.
Lorsqu'ils eurent atteint la dernière marche, ils se retrouvèrent dans un couloir juste assez large pour laisser passer une personne. Le sol était en terre battue les murs taillés à même la roche. Ils dépassèrent une première porte en bois. Un cri se fit entendre, provenant de derrière celle-ci. Quelqu'un appela :
« Maître ! Maître, je vous en supplie ! »
Mais Lord Voldemort poursuivit son chemin.
« Qui était-ce, Maître ? gloussa Bellatrix. »
Il se retourna, lui offrant un demi-profil sur lequel elle devina l'esquisse diabolique de son sourire.
« Ça, ma chère, il s'agit d'une surprise pour ton Petit Prince Chéri, comme tu te plais à l'appeler. »
Elle gloussa de plus belle.
« Pardonnez-moi, Maître. Mais c'est si drôle d'agacer la susceptibilité de bébé Potter. »
« J'en conviens. »
Lord Voldemort se stoppa devant la porte suivante.
« Je t'ai demandé de m'accompagner afin que tu mettes en œuvre tes talents de tourmenteuse, annonça Voldemort à sa mangemorte.»
« La fille ? demanda-t-elle avec espoir. »
« Bella, gronda-t-il. Veux-tu que nous reparlions de cela ? l'interrogea-t-il en glissant le bout de ses doigts le long de la cicatrice qu'il avait laissée sur sa gorge. »
« Maître, pantela-elle en retour. »
« Infernale petit chatte, s'amusa-t-il. Tu es ici pour le marchand de baguettes. Je veux que tu le rendes fou de douleur, prêt à tout pour mettre un terme à ses souffrances. Je veux pouvoir lire le désir de meurtre dans ses yeux. Penses-tu pouvoir faire cela pour moi ? »
« Oui, Maître, souffla-t-elle en lovant sa joue dans sa paume. »
Il la caressa, comme on flatte un animal de compagnie.
« Je te retrouve ici dans une vingtaine de minutes. »
Il se détourna d'elle et continua à s'enfoncer dans l'étroit couloir. Cinq minutes étaient passées lorsqu'il entendit les premiers cris d'Ollivander.
Il marcha encore, jusqu'à atteindre un cul-de-sac. Mais là, sous ses pieds, il fit apparaitre une trappe, qu'il ouvrit à l'aide d'un sort complexe. Le vieux bois grinça et une forte odeur d'urine et d'excrément s'échappa de l'ouverture. Il souleva le bas de sa cape afin de ne pas trébucher dessus et il s'engagea sur le petit escalier vermoulu menant au sous-sol. A l'intérieur, la noirceur était si dense qu'on ne distinguait pas la moindre chose. Un bruit de chaînes se fit entendre. La baguette de Lord Voldemort se mit à briller, baignant le cachot d'une faible lueur. Un vieillard – ou ce qu'il en restait – était enchaîné à la roche. Maigre et crasseux, l'homme leva son visage cauchemardesque vers le Seigneur des Ténèbres. Ses yeux avait été arrachés de leurs orbites et des coulures de sang séché maculaient ses joues, son cou, et son torse nu. Ses oreilles avaient été coupées, de même qu'il avait été amputé d'un pied et de quelques doigts. Son corps décharné accusait de multiples cicatrices, plus ou moins récentes, témoignant des brûlures et entailles qu'on lui avait infligées.
« Tu sembles aller bien, s'amusa Voldemort. »
Le prisonnier n'émit pas le moindre son.
« Si tu me voyais, tu constaterais que je suis moi aussi au mieux de ma forme. C'est comme si je vivais une seconde jeunesse. Sauf que je ne suis plus l'idiot que j'étais à l'époque… »
Il se pencha pour se mettre à la hauteur du supplicié et continua :
« Je possède désormais tout ce que tu as toujours rêvé de posséder : la jeunesse, la vie éternelle, la Baguette du Destin. »
« Han…. HAAAAAN ! se mit à crier la bouche béante de l'homme. »
Elle était vide. Plus de dents. Plus de langue. Juste un gouffre de désespoir.
« Non ? l'interrogea Voldemort. »
Le vieux sorcier se mit à secouer frénétiquement la tête.
« Et pourtant, vieil homme, ton précieux Dumbledore a été vaincu. J'ai pris un immense plaisir à le torturer, comme je l'ai fait avec toi. »
« Han…Han…gémit l'autre. »
« Si, murmura-t-il. Je l'ai soumis au doloris des heures durant. Mais tu sais comment il était. Il ne voulait rien dire. Alors j'ai crevé son œil droit avec la pointe de ma baguette, comme je l'ai fait pour toi. Je peux encore entendre ses cris… »
« Han…haaan… sanglota-t-il, de grosses larmes coulant de ses orbites vides sur sa peau ridée. »
« L'amour. Quelle faiblesse, cracha le Seigneur des Ténèbres. Tu sais que j'ai aussi tenté de le faire céder en lui disant que je t'avais tué. Mais il n'a pas versé une seule larme pour toi, lui. Il n'a d'ailleurs pas versé de larmes du tout. Enfin, ça c'était avant que je ne fasse bouillir son sang… »
La respiration du vieillard se faisait de plus en plus difficile. On aurait pu croire qu'il pleurait comme un enfant. Peut-être était-ce le cas. Comment savoir sans ses yeux et sans sa langue ? Bien sûr, tout ce que venait de dire Voldemort au sujet de Dumbledore était un tissu de mensonges : Rogue était celui qui avait lancé l'Avada Kedavra au directeur de Poudlard.
« Ce n'était pas beau à voir, tu sais. Il s'est vidé par tous les orifices. »
« AAAAAARG ! hurla le vieux sorcier en tirant sur ses chaînes. »
Sa détresse, sa douleur et sa colère émanaient de tous les pores de sa peau. Son visage était un masque de souffrance, non seulement physique mais aussi psychologique.
« Chuuuuut, laisse-moi dont terminer. On ne s'entend plus si tu cries comme ça. »
Pourtant, malgré ses dires, le Seigneur des Ténèbres ne lança aucun sort de silence, se repaissant de l'agonie de son prisonnier
« Où en étais-je ? Ah oui, le sang. Il y en a eu beaucoup. Oui, vraiment beaucoup. Je plains ceux de ses amis qui ont retrouvé son corps ! Enfin, ils lui ont fait de belles funérailles, si ça peut te consoler. Malheureusement, tu n'auras pas cette chance. Une fois mort, j'ai prévu de te laisser ici, enchainé à ce mur… Oh ! Oui ! Je ne te l'avais pas dit, mais je suis venu pour te tuer aujourd'hui ! »
Ces mots semblèrent calmer le supplicié. Il continuait de gémir, mais ses plaintes étaient plus sourdes.
« Je n'ai plus besoin de toi. Je sais absolument tout de ce qu'il y a là-dedans, expliqua-t-il en tapotant de son index le front du vieux sorcier. Tu m'as tout montré, se rengorgea-t-il. »
Puis, se penchant un peu plus vers lui, il chuchota :
« C'est ainsi que j'ai su qu'il fallait que j'ouvre la tombe de ton cher et tendre, pour prendre la Baguette de Sureau et en devenir le Maître. »
De nouvelles larmes silencieuses coulèrent sur les joues du prisonnier tandis que la pointe de la baguette en question glissait le long de son visage.
« Inutile de t'émouvoir pour si peu. Tu as toi-même pillé la tombe d'Ignotus Peverell pour devenir le Maître de la Mort. Finalement, ce n'est que justice. »
Mais l'autre ne semblait pas de cet avis, secouant de nouveau la tête en signe de dénégation.
« Allons, ne t'inquiète pas. Tout comme toi, je compte me servir de cette baguette « Pour le plus grand bien ». Et mon premier acte de bonté sera de te tuer, Grindelwald. Avada Kedavra ! » (3)
Le rayon vert percuta le corps malingre de celui qui avait été le plus grand mage noir de ces derniers siècles. Il mourut ainsi, oublié de tous, dans un cachot sordide, tué de la baguette avec laquelle il avait jadis asservi le monde.
Voldemort remonta les escaliers et scella pour toujours la trappe menant à son cadavre.
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Dans le couloir, les cris d'Ollivander résonnaient encore. Jusqu'à ce que la noire silhouette du Seigneur des Ténèbres ne se découpe à la porte de son cachot. Son aura, bien plus suffocante que d'habitude, écrasa littéralement tous les occupants du lieu. Luna cessa de pleurer, posant son regard de chouette lunaire sur le nouvel arrivant. Et elle se mit à trembler de tout son corps. Le Mal. Le Mal en personne était là, ses yeux incarnats luisant dans la pénombre. Même Bellatrix en eut le souffle coupé.
« Maître ? l'appela-t-elle craintivement. »
Mais il l'ignora, ses iris fixant l'homme qu'elle s'était amusée à supplicier. Il était en sueur, ayant manifestement subi le Doloris à plusieurs reprises. Du sang coulait de son front. Mais, pour quelqu'un confié aux bons soins de Bellatrix Lestrange, il était relativement en bon état.
« Un monstre. Voilà ce que vous êtes, articula Ollivander avec difficulté. »
Le Seigneur des Ténèbres ne cilla pas. Son beau visage aux lèvres pleines resta de marbre. Sa main pâle sortit de sa cape une seconde baguette magique, que le marchand reconnut comme la sienne.
« Tu m'as assuré, il y a de cela quelques mois, qu'aucune baguette n'était plus forte que les autres. Que seule la volonté du sorcier et sa connaissance de la magie entraient en compte dans un duel. Que c'était cela, qui déterminait le vainqueur. »
Ollivander le jaugea un instant, cherchant à déterminer où Voldemort voulait en venir.
« J'ai demandé à ma douce Bellatrix de te torturer. Peut-être même que je compte te torturer moi-même. Alors, dis-moi, penses-tu que ta volonté de me voir mort soit plus forte que la mienne ? »
« Il ne fait aucun doute que si j'avais l'opportunité de vous tuer, je ne vous raterai pas ! s'emporta-t-il. »
« Est-ce une promesse ? s'assura calmement le Seigneur des Ténèbres. »
« C'en est une, OUI ! cracha-t-il. »
« Alors vas-y, le poussa Voldemort en lui tendant la baguette qui lui avait été confisquée après sa capture. »
« Maître ! s'affola Bellatrix, se préparant d'ores et déjà à lancer le sort de mort sur Ollivander. »
« Je t'interdis t'intervenir ! lui somma le Seigneur des Ténèbres. Si tu le fais, je n'hésiterais pas à t'égorger. »
Ses yeux rouges étaient des puits sans fond de promesses de morts lentes et douloureuses. Il s'était positionné face à son adversaire, tel un scorpion prêt à abattre son dard. La main d'Ollivander trembla un peu avant de se raffermir sur sa baguette. Au fond de lui, il se disait qu'il était foutu. Mais il abattrait le Seigneur des Ténèbres, ici et maintenant. Il sentit sa baguette répondre à son appel, lui offrant son inébranlable soutien. Il mourrait, probablement de la main de Bellatrix. Et la jeune Luna avec. Cette idée le révoltait. Mais que pouvait-il faire ? Il était seul. Seul dans un cachot face au Seigneur des Ténèbres. Il avait une chance. Une unique chance de sauver le monde magique.
« AVADA KEDAVRA ! hurla-t-il en brandissant sa baguette. »
Mais en face, la riposte s'était faite à peine un quart de seconde plus tard. Les deux rayons verts s'entrechoquèrent avec une violence inouïe. Et, très vite, celui émanant de la Baguette de Sureau se fit plus gros, plus menaçant. Jusqu'à repousser sans difficulté celui de la baguette d'Ollivander, pour finalement foudroyer son cœur. Le vieux marchand s'effondra comme un pantin dont on aurait coupé les fils.
« Noooon ! cria Luna. »
Elle cacha son visage dans ses mains et se mit à sangloter.
Bellatrix était bouche bée. Son Maître venait de contrer l'Avada Kedavra par un autre sortilège de mort. C'était…impossible…
Le Seigneur des Ténèbres avait vaincu la Mort.
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Le vent, fouetté par les grandes ailes de la dragonne, harcelait sa chevelure rousse. Ses jambes, solidement harnachées à la selle qu'il avait lui-même conçue, étaient campées de chaque côté des larges flans de la bête. Cependant sa protégée ne semblait guère apprécier d'être ainsi sanglée. Elle avait tenté à plusieurs reprises de le désarçonner. Mais Charlie, le deuxième né de la fratrie Weasley, avait tenu bon grâce à la bride à laquelle il s'était accroché. Il n'était pas le plus jeune chef d'équipe de la réserve de dragons de Roumanie pour rien. Et il avait fait le pari osé de parvenir à dresser cette Norvégienne à crête. Or, depuis deux mois, il devait essuyer les railleries de ses subordonnés et collègues.
Comme toutes les créatures ailées, les dragons ne se roulaient pas sur le dos. On comprend aisément pourquoi. En revanche, agiter ses ailes, se cabrer, se tortiller comme un ver (un très gros ver), se tordre le cou pour tenter de lui arracher la tête à coups de crocs… ça, Norberta ne s'était pas privée de le faire. Mais, voyant que rien de cela ne pouvait déloger l'homme sur son dos, elle avait fini par se calmer, faisant toutefois ronfler le feu dans sa gorge avec une panoplie de grondements plus menaçants les uns que les autres. Si elle avait su, elle n'aurait jamais laissé le dresseur l'approcher aussi facilement.
« Este bine, frumoasa mea. Este bine, lui murmura Charlie en sortant de sa besace la carcasse d'un lapin. » (4)
Il émit ensuite un petit « Eke eke » avant de la lui lancer. Au signal, la dragonne avait déjà levé le museau. Avec précision, ses naseaux incendièrent l'animal mort. Vif comme une anguille, son cou s'étira et sa gueule réceptionna la « friandise ».
Cette petite attention l'ayant mise dans de meilleures dispositions, Berta avança de quelques pas en direction de la lisière de la forêt. Ce à quoi l'humain sur son dos répondit par une série de jurons et de tensions sur les rênes de sa bride.
En effet, la perspective d'une balade dans les bois à dos de dragonne était loin d'enchanter Charlie. Il risquait au mieux d'en ressortir avec quelques griffures de branches. Au pire, il finirait éborgné, voire éventré. Il n'osait même pas penser à la crise que lui ferait sa mère s'il revenait avec un œil en moins. Déjà que Georges avait perdu une oreille et que le visage de Bill portait les stigmates de sa rencontre avec Greyback, le loup-garou dément… Remarque, ils formeraient un sacré trio, pensa-t-il avec un petit sourire.
« Stânga ! Stânga ! tenta-t-il en tirant de toutes ses forces sur les rênes afin de faire tourner la tête cornue de la grosse Berta vers la gauche. » (5)
Mais « toutes ses forces » ce n'était pas assez pour faire céder cette femme têtue. Tant pis, il ne servait à rien de s'énerver. Mais il ne voulait pas déjà abandonner. Depuis deux mois, toutes ses tentatives avec les autres dragons de la réserve s'étaient soldées par des échecs cuisants. On ne chevauchait pas un dragon. Il n'y avait que Norberta qui se laissait assez approcher pour qu'on puisse lui grimper dessus. Bon, aujourd'hui cela avait été plus difficile. C'était la première fois qu'il lui mettait la selle et elle n'avait pas apprécié, loin de là. Mais il devait progresser. Il l'avait promis à Hermione et aux autres. Il devait le faire pour Harry, pour le bébé de Bill et Fleur, pour la paix.
La forêt ne cessait de se rapprocher, aussi tenta-t-il le tout pour le tout. Il resserra ses jambes contre les flancs de la dragonne et tira fortement sur les deux rênes.
« La ceruri ! La ceruri ! » (6)
Mais il n'y avait rien à faire : Norberta continuait d'avancer vers les bois, à pas tranquilles. Elle signifia même son agacement en donnant un petit coup de tête, faisant lâcher un instant la bride à Charlie.
« Femeie încăpățânată! La ceruri ! La ceruri ! continua-t-il avec urgence. » (7)
Déjà, Norberta frottait ses cornes couleur bronze contre l'écorce des troncs des premiers arbres, faisant grincer et craquer le bois. Charlie hésita une fraction de seconde à sauter du dos de la dragonne pour sauver sa vie. Il l'entraverait ensuite pour la ramener dans son enclos. Mais cette idée le fit bouillir de rage. Il ne voulait pas encore échouer.
« La ceruri ! La ceruri ! cria-t-il une nouvelle fois, ses talons martelant les côtes de la créature. »
Les renforts de métal sous les semelles de ses bottes percutèrent à plusieurs reprises les écailles noires et dures comme la pierre, faisant naître des étincelles qui électrifièrent les flans de la dragonne. Surprise, celle-ci releva la tête avec impétuosité, arrachant quelques branches d'arbres au passage. Puis, après une puissante impulsion de ses pattes arrière, elle prit son envol.
Tout ceci se déroula en un rien de temps. Charlie, que le brusque décollage de sa protégée avait déstabilisé, faillit bien passer par-dessus bord. Ses réflexes d'attrapeur et de dragonnier lui permirent de se rétablir rapidement. Il s'accrocha de toutes ses forces tant que dura l'ascension de la norvégienne à crête, son cœur battant à cent à l'heure. Lorsqu'elle eut pris une altitude que Charlie jaugea entre cent cinquante et deux cents mètres, elle cessa sa montée et se stabilisa, permettant au dragonnier de retrouver une position assise, beaucoup plus confortable. Mais Charlie sans souciait comme de sa première baguette.
Il l'avait fait.
Il chevauchait un dragon. Pour de vrai. Il était installé sur le dos d'une norvégienne à crête, en plein vol. Il avait réussi. Abasourdi, il jeta un coup d'œil interloqué aux talons de ses bottes. Mais bien vite, son regard fut attiré encore plus bas, puis plus loin, toujours plus loin devant. Il planait au-dessus de la réserve, et c'était merveilleux ! Il pouvait en distinguer le cadastre, chaque parcelle de chaque enclos, le point d'eau et même le petit village, au loin sur la gauche. En se retournant, il voyait la forêt et, sur la droite, les bâtiments de recherche ainsi que les locaux administratifs.
Fou de joie, Charlie lâcha les rênes pour lever les mains au ciel. Euphorique, il poussa un long cri victorieux.
En contrebas, les autres dragonniers s'étaient tous arrêtés dans leur travail pour regarder cette dragonne noire montée par Weasley, dont la chevelure rousse s'épanouissait dans l'air comme une flamme vacillante. Le spectacle était renversant et serait conté encore et encore, se répandant dans toute la réserve en quelques minutes seulement.
Charlie Weasley, l'homme qui chevauchait des dragons.
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Au même moment, dans le petit salon du Roi des Sangs-Purs de Grande Bretagne, au château de Morsonge, une autre créature écailleuse était à deux doigts de voler si elle ne cessait pas de rire ainsi des échecs de son jeune maître. Ou plutôt, de son énervement face à ses échecs.
« Aizih ! hurla Harry en tapant du pied, au bord de la crise de nerfs. »
Il était en nage, les manches de sa tunique relevées et les premiers boutons de son col ouverts. Ses cheveux en bataille, la veine saillante sur son front et la colère dans son regard ne laissaient aucun doute sur son état d'esprit. Mais c'était plus fort qu'elle : le voir enrager ainsi, comme un petit garçon, arracha un nouveau ricanement à la vipère. Et on pouvait bien reconnaitre, à la décharge d'Harry, que son petit rire sifflant était on ne peut plus énervant.
« Je te PROMETS que je te transforme en MOCASSINS si tu continues ! la menaça-t-il en fourchelangue. »
« Aizih préfère les bottes, fit-elle remarquer, amusée. »
« Tu es bien trop chétive pour que l'on puisse ne serait-ce que tirer UNE botte de ta misérable peau, cracha-t-il méchamment. »
Cette fois, la vipère boomslang ne riait plus du tout.
« Garçon méchant, siffla-t-elle en descendant du dossier de fauteuil sur lequel elle était perchée. »
« Où vas-tu ? lui demanda sèchement Harry, bien qu'il ressente du remord de l'avoir blessée. »
« Loin du garçon méchant, se contenta-t-elle de répondre en disparaissant derrière les portes de la chambre. »
A bout, Harry se laissa tomber dans le fauteuil où Aizih se trouvait un instant plus tôt.
« Et merde, souffla-t-il. »
Complètement abattu, il regarda un long moment la baguette magique entre ses doigts.
Pourquoi ? Mais pourquoi n'y arrivait-il pas ? Il avait réussi à maîtriser tous les autres sorts que Lucius lui avait enseignés. Alors qu'est-ce qui n'allait pas avec le sort du patronus ? Ses premiers échecs étaient dus à un manque de concentration et à des erreurs de prononciation. Mais à présent, il disait les mots correctement et il y mettait tout son cœur. Il invoquait ses plus beaux souvenirs, comme le lui avait conseillé Lucius. Sa tête était pleine d'images de son fiancé, de ses moments passés avec lui. Mais pourtant, au moment de lancer le sort, rien ne se produisait. Même lorsqu'il se souvenait du soir magique où Lord Voldemort lui avait offert Aizih.
Aizih… sa compagne était fâchée maintenant. Son cœur s'alourdit encore à cette pensée. Il rangea sa baguette pour enfouir sa tête dans ses mains. Il prit plusieurs grandes inspirations pour tenter de se calmer, mais il fut interrompu lorsque les portes du salon s'ouvrirent pour laisser entrer le maître des lieux, majestueusement drapé dans sa cape noire. Son profond regard pourpre épingla ses grands yeux verts tourmentés.
« Que t'arrive-t-il ? lui demanda l'homme en venant immédiatement près de lui. »
« Je…commença Harry, avant de s'interrompre. »
Ce dont il avait vraiment besoin, là, tout de suite, c'était d'un câlin. Aussi se leva-t-il de son fauteuil pour venir se blottir contre le torse de son fiancé en le serrant dans ses bras. Celui-ci lui rendit son étreinte.
« Rien ne va comme je veux aujourd'hui, commença Harry après un petit moment. Ce matin, j'ai encore échoué avec le sort du patronus. J'espérais vous voir pour le déjeuner, mais vous n'êtes pas venu. Cet après-midi, j'ai envoyé par erreur deux équipes de mangemorts sur la même mission, Rabastan a dû vous en parler… Et là, ça fait une heure que je m'entraine à lancer le sort du patronus et je n'y arrive toujours pas. En plus, je me suis fâché avec Aizih. J'en ai vraiment mare de cette journée ! termina-t-il en bougonnant. »
« Je comprends que tu puisses être quelque peu contrarié. Mais penses-tu que te plaindre ainsi en pleurnichant soit une attitude qui convienne à un prince ? A mon Prince ? »
Avec ces mots, prononcés froidement, Harry constata que son fiancé ne le tenait plus dans ses bras. Aussi se recula-t-il vivement, mortifié.
« Je t'ai posé une question, Harry. »
« Non, Lord Voldemort. Mon attitude ne convient pas, répondit-il sans le regarder, la gorge serrée. »
Les doigts froids de l'homme vinrent lui soulever le menton pour que leurs yeux se croisent.
« Voilà qui est mieux, fit-il remarquer. J'aurais aimé déjeuner avec toi, tu le sais. Mais j'ai été retenu par une affaire qui devait être réglée dans les plus brefs délais. Quant à ta bévue de cet après-midi, ce sont des choses qui arrivent lorsque l'on débute mais qui ne doivent pas se reproduire. Tu as bien fait d'en référer à Rabastan lorsque tu t'es rendu compte que tu avais envoyé deux équipes chez les Gordon. Il a pu rapidement remédier à la situation. Cependant, ce que tu dois te demander à présent, c'est ce que tu aurais pu faire pour éviter cette erreur ou la faire tourner à notre avantage. »
« Je…j'ai mis au point un tableau magique afin de connaitre la répartition des mangemorts pour chaque mission. On ne peut pas y inscrire deux fois le même nom, ce qui permettra d'éviter ce genre de situation à l'avenir, se défendit Harry. »
Lord Voldemort posa sa main sur son épaule et lui adressa un sourire indulgent.
« Je sais que tu es tout à fait capable de remplir tes fonctions, Harry. Tu le faisais très bien par le passé. Il te faut juste retrouver tes marques. Et ne t'inquiète pas pour le sort du patronus. Tu finiras par y arriver. De toute façon, ce n'est pas un sortilège essentiel pour toi. Les seules créatures contre lesquelles il permet de lutter me sont toutes dévouées. »
Harry hocha la tête, bien qu'étant toujours un peu chagriné par tout ça.
« Enfin, en ce qui concerne ta vipère, n'oublie pas qu'elle est un animal de compagnie dont TU es le maître. On ne se dispute pas avec un animal de compagnie. On le soumet. Mais peut-être souhaites-tu que je demande à l'un de mes mangemorts de s'en charger ? »
« Non, Lord Voldemort. Je règlerai ça moi-même, s'empressa de répondre Harry. »
Il était hors de question qu'il laisse qui que ce soit faire du mal à Aizih. Elle était son amie et il l'avait blessée. Il avait eu tort. Il arrangerait les choses à sa manière, quoi qu'en pense son fiancé.
« Parfait ! Puis-je espérer un baiser à présent, A Chuisle ? lui demanda l'homme dans un sourire espiègle. »
Les grands yeux verts s'élargirent d'étonnement. C'était la première fois qu'il voyait un tel sourire sur le visage de son fiancé. Il était habitué aux sourires un peu moqueurs. Mais là, même son regard grenat brillait de malice. Et c'est vrai qu'il ne l'avait même pas salué à son arrivée, lui sautant dessus pour se plaindre de sa journée.
« Pardon, Lord Voldemort murmura-t-il en passant ses bras autour du cou de l'homme pour que leurs lèvres se rencontrent. Avez-vous passé une bonne journée ? »
« Elle commence tout juste à être parfaite, lui répondit-il en fondant à nouveau sur ses lèvres. »
Ses mains vinrent presser le corps du garçon contre le sien et il l'entraina dans un baiser plus profond, exigeant sa reddition. Potter lutta bien un peu, mais très vite il le sentit devenir mou entre ses bras et ses lèvres cédèrent le passage à sa langue conquérante. Embrasser le garçon était un plaisir dont il pensait ne jamais pouvoir se lasser. Sa langue, timide puis intrépide, ses lèvres douces et son souffle sucré... Interrompant leur baiser, Potter lui lança en regard de braise en murmurant contre sa bouche :
« Lord Voldemort, je ne vous ai même pas laissé le temps d'ôter votre cape… »
Et ses doigts défirent les boutons la retenant à ses épaules. Elle s'échoua au sol dans un doux bruit de tissu. Le garçon lui adressa un sourire coquin.
« Tu joues avec le feu, Harry, lui fit-il remarquer en glissant une main sur ses fesses. »
« Vous… Vous m'avez fait une promesse, lui rappela-t-il pour s'assurer que les choses n'iraient pas trop loin. »
A cette mention, une lueur dangereuse traversa le regard incarnat. Harry pensa un instant que les choses allaient mal tourner. Mais le visage de l'homme se radoucit, affichant un sourire tendre.
« Bien sûr, A Chuisle. »
Et, sur ses paroles rassurantes, il l'attrapa et les fit transplaner d'un coup, au-dessus de leur lit, sur lequel ils s'écrasèrent. Croyant mourir, Harry avait poussé un cri de frayeur parfaitement ridicule.
« Vous êtes… Vous être horrible ! se défendit-il alors que son fiancé riait de sa déconfiture. »
Puis les battements de son cœur se calmèrent peu à peu alors qu'il le regardait se jouer de lui. Cet homme était déroutant. Parfaitement déroutant, soufflant sans arrêt le chaud et le froid sur son cœur. L'effrayant et le rassurant tour à tour. Semblant le mépriser puis l'adorer la seconde suivante. Mais, autant qu'Harry ait pu en juger jusque-là, il n'y avait qu'avec lui qu'il se montrait si inconstant.
« Que signifie ce regard ? lui demanda-t-il. »
« Rien. Je crois que…que le Harry d'avant tente de me dire combien il vous aimait, répondit-il en lui caressant les cheveux. »
Toute émotion déserta le visage de Lord Voldemort.
« Vraiment ? »
« Oui. Vraiment. »
Le garçon tira son visage vers le sien pour un autre baiser. C'était insensé. Il ne pouvait pas se souvenir l'avoir aimé puisqu'il l'avait toujours haï. Et même cela, il ne pouvait pas s'en souvenir. Le Seigneur des Ténèbres dut étouffer un inexplicable sentiment de colère. Potter était tout simplement un idiot. Un pauvre petit garçon naïf. Et il se ferait un plaisir de le déniaiser. Pour le punir, il lui mordit durement la lèvre, le faisant gémir de douleur.
« Lord Voldemort ! se mit-il à crier en tentant de le repousser. »
Le regard rouge le scruta, empreint de folie.
« Vous m'avez fait mal, lui expliqua Harry en portant ses doigts à sa lèvre ensanglantée. »
L'homme sembla alors réaliser ce qu'il venait de faire.
« Excuse-moi. Tes mots m'ont fait perdre la tête, se justifia-t-il en saisissant sa baguette. »
Sans attendre, il lui lança un sort de guérison, refermant la plaie sur la lèvre d'Harry. Durant l'opération, ce dernier avait eu un mouvement de recul, trahissant sa peur.
« Je ne te ferai jamais volontairement de mal, A Chuisle. J'espère que tu le sais ? s'assura-t-il en posant sa baguette sur leur table de chevet. »
Potter opina. Mais Voldemort n'était pas dupe. Il voyait bien qu'il l'avait effrayé et se maudissait pour ça. Il devait gagner sa confiance et son respect. Non pas l'effaroucher.
Avec douceur, il glissa sa main sur la joue du garçon.
« Souviens-toi que tu m'aimes, A Chuisle. Je deviens fou sans ton amour, lui murmura-t-il avec le ton le plus malheureux dont il était capable. »
Puis il déposa une série de baisers sur ses lèvres, jusqu'à ce Potter lui réponde.
Harry se sentit fondre. Son fiancé s'était laissé déborder par ses sentiments. Il ne pouvait qu'imaginer combien cela devait être difficile lorsque la personne que l'on aime nous a oubliés. Il ne pouvait pas être insensible à la souffrance de cet homme. Ni à la douceur de ses lèvres. Aussi ne tarda-t-il pas à passer ses bras autour de son cou et à répondre à ses baisers.
Leurs langues s'enlacèrent de nouveau et les mains de Lord Voldemort voyagèrent sur son corps avec tant de dévotion que toute crainte déserta Harry. Il se laissa dévêtir entièrement et aida l'homme à se déshabiller à son tour. Les gestes entre eux étaient si tendres qu'il en fut troublé. Alors, ça pouvait aussi être comme ça entre eux ? Sans domination, sans railleries, sans tricherie ?
Le Seigneur des Ténèbres sentit le garçon trembler entre ses bras. Il aima ça. C'était bon. Ça l'excitait.
« Tourne-toi, A Chuisle, lui demanda-t-il à l'oreille. »
Mais Potter sembla hésiter. L'appréhension était clairement lisible dans ses grands yeux innocents.
« Ne t'inquiète pas. Je t'ai fait une promesse, il me semble. »
Harry hocha la tête avant de se mettre maladroitement sur le ventre. Le corps de Lord Voldemort vint se coller au sien et il tira doucement sur sa hanche pour décoller un peu son bassin du couvre lit. Ainsi, son sexe était accessible à la main de son fiancé, qui se montra tout aussi tendre à son égard qu'elle ne l'avait été pour le reste de son corps. Avec patience, elle le fit durcir, ses doigts incendiaires le caressant régulièrement de la base jusqu'au gland, avant de s'enrouler de nouveau autour de lui pour le masturber avec langueur. Pendant ce temps, la bouche et la langue de son fiancé traçaient un chemin humide le long de ses épaules et de sa nuque, se glissant parfois jusqu'à son oreille. Mais le pire, ce qui faisait se déhancher et gémir Harry sans qu'il ne puisse s'en empêcher, c'était de sentir le sexe tendu de Lord Voldemort entre ses fesses.
« Tu veux bien faire encore une chose pour moi, A Chuisle ? entendit Harry dans la brume de son plaisir. »
« Humm… Oui… Ouiii, accepta-t-il sans chercher à en savoir plus. »
Le sexe glissa contre son intimité avant de frayer entre ses cuisses, contre ses bourses. Le corps d'Harry se tordit de désir.
« Là, serre bien les jambes…le guida son fiancé en prenant ses cuisses entre ses mains pour les coller à son sexe. »
Harry réalisa ce qu'il attendait de lui et cette idée, loin de l'effrayer comme une véritable pénétration pouvait le faire, l'excita d'avantage. Il enserra fermement l'érection entre ses cuisses, faisant se crisper les mains de Lord Voldemort sur sa peau.
« Oui, comme ça. Ne bouge plus. »
Comme s'il avait la moindre intention d'aller quelque part ! Non, il était fiévreux, ne sachant plus à quel mage se vouer. Mais par pitié, il ne fallait pas que ça s'arrête !
Bientôt, son fiancé balança ses hanches à sa rencontre, venant contre son cul dans un petit claquement indécent. Puis Harry perçut un petit bruit de succion, qu'il ne comprit que lorsqu'il sentit le pouce humide de Lord Voldemort venir masser gentiment son anus. Cette partie de leurs ébats le gênait toujours un peu, mais il ne protestait jamais. Il aimait bien trop ça. Aussi commença-t-il à se déhancher lui aussi, frottant son sexe contre le matelas et accentuant les pressions contre son intimité. Au fond de lui, il espérait que ce doigt dérape et le pénètre, juste pour voir. Il en ressentait l'envie, de plus en plus forte. Mais le doigt ne dérapait jamais. Il savait que s'il le voulait, il devrait le demander. Et il savait alors qu'aucune dérobade ne serait possible. Alors il endurait son désir dans des gémissements impudiques.
L'érection de son fiancé allait et venait entre ses cuisses de plus en plus moites. Ils avaient chaud. Harry voulait jouir et le tissu contre son sexe tendu commençait à le brûler. Il bascula légèrement sur le côté afin de pouvoir saisir son sexe. Il se masturba en suivant le rythme donné par Lord Voldemort dans ses coups de reins et dans ses caresses à son anus. Ses gémissements s'intensifièrent, annonçant sa proche délivrance.
Le Seigneur des Ténèbres laissa jouir le garçon, se repaissant de l'expression de pure débauche sur son visage alors que son sperme débordait enfin. Mais sa patience s'arrêta là. Il le plaqua contre le matelas, claquant ses mains sur ses hanches pour venir plus rudement entre ses cuisses. Avoir ce cul sous les yeux…le cul de Potter, et se contenter de cette façon… Cela avait de quoi le frustrer. Il serait si simple de le violer. Il imaginait ses cris de détresse et de souffrance. Il imaginait son visage ravagé de larmes et son regard, blessé, trahi, lorsqu'il en aurait fini et que du sang aurait tâché les draps. Quoi de plus délicieux que de violer Potter quand celui-ci croyait enfin en leur amour ? Il pourrait le faire. Il le pourrait vraiment. Peut-être bien qu'il en avait envie au point qu'il était prêt à foutre en l'air tout son plan.
Il abattit violement sa main sur le cul de Potter, pour s'y accrocher avec ses ongles. Le garçon resserra ses cuisses sur son sexe en criant de douleur. Et ce fut suffisant.
Harry était déboussolé. La douceur venait à nouveau de laisser place à la férocité. Mais loin de lui déplaire, les débordements de Lord Voldemort l'excitaient. Il se sentait désirable au point d'en faire perdre toute contenance à cet homme. Et, bien que la brûlure de la fessée soit désagréable, il fut heureux de sentir le plaisir de son fiancé, humide et chaud, se répandre entre ses cuisses.
Alors qu'il reprenait son souffle et ses esprits, profitant des tendres baisers dans son cou, les yeux d'Harry tombèrent sur Aizih, enroulée autour de la tringle à rideau. Son cou était dressé et sa tête arquée, dans une position menaçante. Sa langue fourchue et effilée se dardait par intermittence, ses petits yeux noirs semblant fixer la nuque de son fiancé. Peut-être l'avait-elle entendu dire qu'il chargerait l'un de ses mangemorts de la « soumettre » si Harry n'y parvenait pas ? Mais les serpents ne comprenaient pas les paroles des hommes.
Soudain, la tête de la vipère eut un infime mouvement et ses petites billes noires le transpercèrent.
« Garçon stupide, lui siffla-t-elle avant de disparaitre dans les plis du rideau. »
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Harry posa un instant sa fourchette, cessant toute activité. Il venait d'être happé par la scène, un étrange sentiment de bien-être fragile s'emparant de lui. Il avait décidé de se joindre aux Malefoy et à Severus pour prendre le repas du midi dans la grande salle à manger de château. Il ne voulait pas attendre une fois de plus Lord Voldemort en vain. Et il ne le regrettait pas. Les gestes étaient simples, les conversations discrètes, mais on sentait la chaleur unissant ces quatre-là.
Il avait eu peu d'occasions de rencontrer Narcissa Malefoy, la femme de Lucius et mère de Drago. Mais il en était charmé à chaque occasion. Son port altier, la fragilité de ses traits, l'ombre de son sourire, la délicatesse de ces gestes, la douceur avec laquelle elle s'exprimait... Et son parfum. Subtile et envoûtant. Ses tenues étaient toujours soignées. Ses chemisiers impeccablement repassés. D'interminables talons fuselaient ses longues jambes sous ses jupes fendues. Elle était femme. Et pourtant, la chaleur avec laquelle elle serrait ses mains dans les siennes lorsqu'ils se rencontraient, comme elle le faisait avec Drago, faisait d'elle la figure la plus maternelle qu'il n'ait jamais connue. Ajouter à cela le regard discret mais bienveillant de Lucius, la complicité de Drago et les piques de Severus, et Harry avait eu le sentiment violent qu'être en famille devait ressembler à cela.
« Quelque chose ne va pas, mon Prince ? lui demanda Narcissa. »
« Au contraire. Tout va parfaitement bien, lui répondit-il dans un sourire éblouissant. Peux-tu me passer les pommes de terre Severus, s'il te plait ? »
Les yeux du potionniste, deux puits d'une noirceur sans fond, le regardèrent comme s'il rêvait de pouvoir l'étouffer avec lesdites pommes de terre. Mais Severus attrapa le plat et le lui passa dans un petit sourire crispé.
Harry Potter, le fils de ce foutu James le tutoyait et lui demandait de lui passer un plat de patates comme s'ils avaient élevé les cochons ensemble. Il se pavanait dans Morsonge comme un prince, couchait avec le mal, apprenait des sorts de magie noire aussi facilement que s'il était le fils d'un démon. Mais après tout, James Potter n'étant pas loin d'en être un, il n'y avait donc rien d'étonnant à cela. Pourtant, jamais James Potter n'avait été aussi corrompu par le mal qu'il ne l'avait été lui-même… Que penserait-il de son rejeton aujourd'hui ? Une simple amnésie pouvait-elle vraiment faire de vous une toute autre personne ? Ou bien restait-il quelque chose de l'ancien Potter dans cette parodie de prince ? Le courage ? Le don de soi ? L'idiotie chronique ? Bien sûr, ces trois choses étaient similaires selon Severus. Il fallait être idiot pour être un héros.
Et Potter était le roi des idiots. Il avait été incapable de voir les manipulations de Dumbledore alors qu'il avait encore toute sa tête. Comment pourrait-il ne pas se laisser prendre par celles su Seigneur des Ténèbres ? Voir que la quasi-totalité des habitants de ce château le méprisait ? Se rendre compte que le sourire de Drago était un masque de terreur ? Potter s'était toujours complu dans le rôle de marionnette et rien ne semblait pouvoir changer ça. Comme quoi, l'amnésie ne l'avait pas totalement dépouillé de sa profonde nature.
« OooOooOooooH ! Mais regardez qui nous fait l'immense honneur de sa présence à notre table ! »
La voix railleuse, le ton théâtral, le rire hystérique…Bellatrix venait de faire son entrée, Rodolphus et Rabastan sur les talons.
« Mon Prince, s'inclinèrent-ils tous les trois dans une parfaite synchronisation. »
« Comment va mon Petit Prince Chéri ? demanda-t-elle en s'asseyant près d'Harry, sur un coin de table. »
Rodolphus et Rabastan s'installèrent à l'autre bout, en compagnie de Dolohov et Rosier.
« Bien, se contenta de répondre Harry. »
La sorcière attendit un instant qu'il développe, mais Harry n'en dit pas plus, la regardant simplement jusqu'à ce que son sourire hypocrite disparaisse.
« Bien, répéta-t-elle. Voilà qui me ravit. Et toi Cissa ? Tu sembles avoir meilleure mine ! »
« Oui, Bella. Je vais bien, merci. Et toi, comment te portes-tu ? Quelles nouvelles extravagances as-tu commises ? lui demanda-t-elle dans un sourire doux. »
Harry avait du mal à croire que ces deux-là étaient sœurs.
« Eh bien, commença-t-elle sur le ton de la conspiration en se penchant vers eux, comme vous le savez tous, mes relations avec le Maître m'amènent très souvent à le suppléer… »
A ces mots, Harry se crispa. De quels genres de relation parlait-elle ?
« Je ne peux pas vous dire grand-chose, je suis tenue au secret. Le Maître m'accorde toute sa confiance et je ne saurais la trahir. Simplement, sachez que lui et moi nous sommes beaucoup amusés ces jours-ci. Le Maître m'a encore une fois prouvé qu'il était le mage le plus puissant au monde ! »
Harry bouillait de rage, serrant les poings autour de sa serviette de table.
« Que veux-tu dire, ma chère ? demanda Lucius. »
« Que notre Maître est aussi celui de la Mort elle-même, assura-t-elle de façon mystérieuse.»
« Mais encore ? insista Narcissa. Tu nous en as trop dit… ou pas assez, Bella ! »
« Tatata ! s'écria-t-elle en se remettant brusquement sur ses pieds. Le Maître vous en fera la démonstration s'il l'estime nécessaire. Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'était tellement bon de faire cela avec lui que mon ventre en vibre encore, susurra-t-elle en se caressant la panse. »
Harry se leva, hors de lui, faisant tomber sa chaise sur le sol.
« Mon Prince ? fit mine de s'étonner Bellatrix. »
« J'ai du travail, articula-t-il difficilement alors qu'il tentait de maîtriser sa colère. »
Il quitta la table et la salle à manger, sans un regard en arrière, sa serviette toujours serrée dans son poing. Détail qui ne manqua pas d'amuser Bellatrix.
« Tu devrais être plus prudente, Bella, lui fit remarquer Narcissa, inquiète. »
« Cesse donc de trembler pour un oui ou pour un non, sœurette. Potter n'est rien de plus qu'une misérable larve. »
« Il est ton Prince, fit remarquer très calmement Lucius. »
Les yeux fous de sa belle-sœur le détaillèrent comme s'il n'était, lui aussi, qu'une misérable larve.
« Il n'est PAS mon Prince. Il n'est que le pantin du Maître ! Nous tous ici ne faisons que jouer la comédie. Il faudrait peut-être que tu t'en souviennes, Lucius. »
Tous les mangemorts de la salle les regardaient à présent, Bellatrix ayant parlé de façon à ce que tous puissent l'entendre.
« Et alors ? Quelle différence cela fait-il ? répliqua Lucius. Qu'il soit réellement prince ou qu'il ne le soit pas, il n'en reste pas moins que c'est le rôle que lui a donné ton Maître. Il serait donc avisé que TU t'en souviennes. »
Bellatrix cligna plusieurs fois des yeux, semblant un instant perdue.
« Je dis ça dans ton intérêt, se radoucit Lucius. Je ne voudrais pas que quoi que ce soit de fâcheux t'arrive. Tu sais combien tu comptes pour Drago et Narcissa… »
Ces mots la tirèrent de sa confusion. Elle regarda tour à tour sa sœur puis son neveu.
« Oh ! Drago-chéri se fait du souci pour sa tatie préférée ! s'exclama-t-elle en lui prenant le visage en coupe, passant ses doigts aux ongles effilés dans ses mèches blondes. »
« Oui, ma tante, répondit-il. »
Ses lèvres s'étirèrent tandis que le reste de son visage restait mort.
« Ho mon petit ange… Mon magnifique petit ange, ronronna-t-elle sans cesser d'enfoncer ses mains dans sa chevelure. J'aime beaucoup ton nouveau sourire, tu sais ? »
.
.
La porte de son bureau claqua violement après qu'il y soit entré.
Harry était dans une colère noire. Comment osait-elle, cette sale…garce !?
Poussant un cri de rage, il lança de toutes ses forces la serviette qu'il tenait toujours dans sa main. Elle s'écrasa mollement contre le mur avant de s'échouer au sol. Le ridicule de son geste le frappa et il se souvint des remontrances de son fiancé quant au fait de s'apitoyer sur son sort. Aussi contint-il ses lamentations en se mordant la bouche.
Bella, Bella, Bella.
Il n'en pouvait plus de la trouver sur son passage, d'entendre parler de ses exploits, de l'entendre, elle, se vanter de sa proximité avec SON fiancé. Il voulait être celui qui secondait Lord Voldemort. Cela devrait être lui. Mais il était aussi peu doué qu'un sorcier à peine entré à Poudlard. Il avait beau faire des efforts... Lucius disait qu'il s'en sortait bien. Mais il voulait que les choses aillent plus vite. Ou qu'elles redeviennent comme avant. Si seulement Severus trouvait le contre sort à l'Avada Memomagia…. Il retrouverait alors sa place aux côtés de Lord Voldemort…
Mais de telles pensées ne le mèneraient à rien. Il fallait qu'il se batte pour regagner ce qu'il avait perdu. Et il y arriverait. Quoi qu'il en coûte. Quoi qu'il doive faire pour cela. Et il évincerait définitivement Bellatrix Lestrange.
Plein de ses bonnes résolutions, il s'installa à son bureau. Drago lui avait procuré quelques ouvrages sur les créatures magiques, comme il en avait fait la demande. Il était bien décidé à trouver de puissants alliés à son fiancé.
Les Banshees et les Centaures avaient particulièrement attiré son attention. Avant le déjeuner, il s'était attardé sur les Gargouilles. Mais ces créatures de pierre ne daignaient s'éveiller qu'en cas d'Apocalypse. Il ne pensait pas que cette guerre irait jusque-là. Et il se voyait mal envoyer un groupe de mangemorts négocier avec un tas de cailloux. L'Encyclopédie Universelle des Créatures et Peuples Magiques dressait ensuite le bestiaire de tout un tas de créatures mineures. Jusqu'au chapitre intitulé « Les Golems : Ni morts, ni vivants ». Il fut rapidement absorbé par sa lecture.
Aussi sursauta-il lorsqu'il sentit le corps froid d'Aizih se glisser dans son cou. Il la laissa s'installer, heureux de la sentir là. Il frotta sa joue contre sa petite tête. Elle siffla. D'agacement ou de contentement, il ne savait jamais trop avec son amie caractérielle.
« Tu n'es plus fâchée ? lui demanda-t-il en fourchelangue. »
«Tssssssssss…. Le garçon stupide pourrait mourir si Aizih ne le surveillait pas. »
« Le garçon stupide t'a offert une portée de souriceaux. »
« Tout tendres, oui. »
Harry lui gratta le dessous de la mâchoire, un petit sourire en coin.
Les Golems étaient des créatures très intéressantes. Des êtres embryonnaires, souvent difformes ou inachevés, mais possédant une force destructrice incomparable. Faits d'argile et dépourvus d'organes vitaux, ils ne pouvaient être détruits. Seul leur créateur, ou la mort de celui-ci, pouvaient mettre un terme à leur existence. Sans libre arbitre, totalement assujettis à la volonté de leur créateur, les Golems avaient tout de l'arme parfaite.
« Qu'en penses-tu, ma belle ? demanda Harry en pointant de son doigt l'illustration de l'encyclopédie. »
Elle figurait un tas de boue à la forme humaine. Courbée, la créature semblait avancer péniblement, dans une nuit sans fin.
« Garçon stupide ! cracha-t-elle avec véhémence. »
« Tu n'as toujours que ce mot à la bouche. Je pense que c'est ta façon de me dire que tu m'aimes. Allez, avoue ! »
« Aizih voudrait mordre le garçon stupide. »
« Et là j'entends : Aizih voudrait finir en mocassins. »
« Aizih préfère les bottes ! »
« On ne va pas recommencer, non ? »
(1) Plimbare pec er : chevaucher le ciel (roumain) Titre by Aizih !
(2) Ejiet prom ! : Allez-vous en ! (roumain) / Ferus Sagittas : sortilège de mon invention qui lance des flèches depuis la pointe de la baguette (latin)
(3) Grindelwald avait en effet pillé la tombe d'Ignotus Peverell pour se procurer la Baguette de Sureau et devenir le sorcier le plus puissant. Il voulait épurer la société « Pour le plus grand bien ». C'est Dumbledore qui a mis un terme à ses projets en 1945. Il était depuis lors enfermé à la prison de Nurmengard, où Voldemort l'a trouvé pour obtenir des informations sur la Baguette de Sureau. Dans l'œuvre de JKR, Voldemort le tue à ce moment là.
(4) Este bine, frumoasa mea : C'est bien, ma belle (roumain)
(5) Stânga ! : Gauche ! (roumain)
(6) La ceruri !: Les cieux ! (roumain)
(7) Femeie încăpățânată! La ceruri ! : Femme têtue ! Les cieux ! (roumain)
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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)
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la personne qui m'a écrit : « Je ne m'attendais pas à un chapitre aussi éprouvant et fascinant ! etc… » : Oui hein, le chapitre 6 était dur-dur ! J'espère que le chapitre d'aujourd'hui aura été plus agréable à lire ! Je te rassure, cette histoire ne va pas partir en vrille, comme tu dis. Je connais la fin depuis le début, je sais donc très bien où je vais lol J'ai même commencé à écrire le chapitre 18, qui sera peut-être le dernier. Pour le moment, Voldemort ne considère Harry ni comme un alié, ni comme un égal. Il n'est qu'un simple pion qu'il manipule pour mieux servir ses intérêts. Mais ça va changer, tout doucement ;)
Patate : Ohlàlà, merci beaucoup ! ça me fait très plaisir de lire ça ! J'espère que ce chapitre t'aura plu tout autant !
