Bonsoir tout le monde!

Ouf! J'ai vraiment cru que je ne parviendrai pas à publier ce chapitre ce soir. Mais il est là et nous sommes le 28, comme promis^^

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Les non logés trouveront une réponse à leur review en fin de chapitre.

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Aïzhi est au son et lumière, heu, je veux dire à la correction! Aïzhi, ma douce, douce Aïzhi, si tu passes par là, sache que j'ai un peu modifié un (tout petit) morceau d'une réplique de Bella, dans la scène de la Salle des Douze sièges. Je veux dire que je viens juste de le faire. Donc je ne pouvais pas te demander de relire. Bref, tout ça pour dire que si il y a des vilaines fautes, faut pas me mordre! Mais si il y en a et que tu as la grande bonté de me le dire, je les corrigerai ensuite :)

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Dans le chapitre précédent : Hermione et Ron se lancent sur les traces de la famille Chattox, sans succès. Voldmort tue Grindelwald à la suite de quoi il parvient à contrer le sort de l'Avada Kedavra par un autre Avada Kedavra, démontrant ainsi que, contrairement à ce que pensait Ollivander, la seule volonté d'un sorcier ne peut rien contre la Baguette de Sureau. Charlie parvient à monter Norberta tandis qu'Harry échoue encore et encore à lancer le sort du Patronus. Il se dispute avec Aizih avant de se faire réprimander par son fiancé. Les relations entre Voldemort et Harry sont de plus en plus poussées et Bellatrix continue à attiser la jalousie d'Harry. Harry décide d'étudier de plus près les golems.

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Chapitre 8 : Ainsi soit-il

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Le drap qui recouvrait le corps nu d'Harry disparut brusquement, terminant efficacement de le réveiller. Il protesta bien en peu, mécontent de se voir ainsi tiré du sommeil. Mais ses récriminations furent étouffées par la main froide qui se posa sur ses fesses. Conciliant, il se blottit un peu plus contre le torse ferme de son fiancé.

La main inquisitrice serpenta sur ses reins puis remonta lascivement dans son dos, se réchauffant contre son corps alangui.

« Lève-toi, A Chuisle. N'oublie pas que tu as rendez-vous avec Macnair, Rosier et Drago ce matin. »

Harry aurait largement préféré un Bonjour, A Chuisle. Que dirais-tu de prendre notre petit-déjeuner au lit ce matin ? , mais il avait compris depuis un certain temps que Lord Voldemort n'était pas ce genre d'homme. Qu'à cela ne tienne, il aurait tout de même un réveil digne de ce nom.

Il se redressa sur ses bras, surplombant son fiancé à qui il adressa un petit sourire coquin. Les yeux rouges se posèrent immédiatement sur sa bouche. Harry s'humidifia rapidement les lèvres avant de fondre dans le cou de l'homme, qu'il se mit à embrasser tandis que, d'une main sûre, il commençait une lente caresse le long de sa cuisse.

« Petit démon, murmura Lord Voldemort dans un rire de gorge. »

Les doigts d'Harry, un peu moites, s'enroulèrent bientôt sur son sexe et entreprirent de le faire durcir. De sa langue mutine, il lécha l'arête de sa mâchoire, jusque derrière son oreille.

« Touchez-moi, y gémit-il. »

Harry était déjà dans un état d'excitation avancé, comme tous les matins.

« Comme ça ? demanda l'homme en faisant descendre ses mains sur ses flancs. »

« Noooon, protesta-t-il. »

« Comment, alors ? »

Plutôt que de perdre son temps en paroles inutiles, Harry préférait de loin l'action. Aussi délaissa-t-il un instant le sexe maintenant érigé de son fiancé pour prendre sa main et la guider entre leurs deux corps, jusqu'à sa propre érection. Il était loin le jeune homme timide qui s'était réveillé amnésique dans le lit de Lord Voldemort.

Ce dernier ne se fit pas prier plus. Il empoigna la verge tendue et, d'un habile coup de hanche, échangea leurs positions.

Harry sourit, conscient que tout ce que voulait l'autre était de le dominer. Mais il avait totalement confiance car depuis quatre mois Lord Voldemort n'avait pas dérogé à sa promesse. Il n'avait jamais tenté d'aller plus loin dans ses explorations intimes avec lui.

Cependant, le Seigneur des Ténèbres était loin d'avoir renoncé à gagner son pari. Il saisissait toutes les occasions pour attiser le désir du garçon, ainsi que sa jalousie maladive vis-à-vis de Bellatrix. Il voulait que sa victoire sur lui soit totale. Qu'il lui donne tout : sa confiance, son cœur, son corps, sa fidélité, son engagement dans sa cause et contre l'Ordre du Phénix. S'il devait pour cela contenter la libido d'un adolescent bourré d'hormones comme Potter, il le ferait. Et rien ne l'empêchait d'y trouver une certaine forme d'exutoire.

Il ne pouvait nier, en effet, qu'il commençait ses journées de bien meilleure humeur depuis que le garçon avait cessé de jouer les vierges effarouchées. Et, lorsque le désir de jouir dans un corps se faisait trop fort, la bouche de Bellatrix ne manquait jamais de le combler. Sa bouche, oui, car s'il lui arrivait de pénétrer sa vulve, il ne prenait jamais le risque de la mettre enceinte. Et la sodomisation devait rester une punition. Pour elle tout du moins, car il comptait bien en faire un jour un instrument de plaisir pour Potter. D'ailleurs, tout était différent avec Potter. Jamais il ne laissait Bellatrix le toucher ainsi et lui-même gardait avec elle une sorte de distance infranchissable. Les corps à corps étaient pour Potter. Les baisers étaient pour Potter. Potter qui s'abandonnait à lui comme Bellatrix ne le ferait jamais : avec une émotion désarmante plus propice à combler ses pulsions sadiques que n'importe quelle démonstration de débauche fanatique dont la mangemorte avait le secret. Il était terriblement jouissif de pervertir le corps inexpérimenté de l'innocente idole du monde sorcier. Le garçon qui était en train de le branler. Potter. Son fiancé.

« Haaannn, gémit justement ce dernier en faisant onduler ses hanches. »

Lord Voldemort repoussa sa main, s'attirant un regard noir de son supplicié.

« Tu vas aimer, lui promit-il avant de saisir ensemble leurs deux érections. »

Et en effet, Harry fut comblé de sentir ce sexe épais pressé d'une main ferme contre le sien, moins imposant. Haletant, il agrippa les fesses de l'homme et donna de petits coups de reins désordonnés.

Quelques minutes de ce traitement eurent raison de lui et il se rendit dans un cri. Il avait honte de la rapidité avec laquelle il venait parfois. Mais Lord Voldemort ne s'en formalisait jamais.

Ce matin, encore. Il continua simplement de se masturber au-dessus de son corps, ne le quittant pas des yeux. Ce regard troublait toujours Harry. C'était comme s'il se repaissait de son image, non pas à la manière d'un admirateur transi, mais plus comme un charognard affamé. Il le gardait captif, englué dans sa dévotion pour cet homme.

La main de Lord Voldemort imprima des vas-et-viens plus vifs sur sa verge.

« Venez… Venez pour moi, mon amour, le pria Harry. »

Le souffle du Seigneur des Ténèbres se coupa un instant, avant qu'un grognement ne lui échappe, la jouissance le frappant sans sommation. Son sperme s'écoula abondement sur le ventre du garçon. Et il pressa son sexe jusqu'à la dernière goutte. Potter l'avait appelé « mon amour ». C'était la première fois qu'il le faisait. Bien que cela ne soit pas une déclaration en bonne et due forme, cela y ressemblait tout de même beaucoup. C'était une nouvelle victoire. Et il s'en sentit bien plus grisé qu'il ne l'avait imaginé.

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Si Macnair avait été l'ami des animaux, cela se serait su. Lorsqu'on était le bourreau des créatures magiques condamnées à mort par le Ministère de la Magie, il valait mieux posséder un cœur hermétique à toute sensiblerie de cet ordre. Mais pour ce qui était des serpents, cela allait bien au-delà d'une simple indifférence. Macnair les avait en horreur. Raison pour laquelle il n'avait jamais tenté de faire partie des mangemorts du premier cercle du Seigneur des Ténèbres, Nagini étant sans arrêt en train de roder dans le coin. Et maintenant que cette affreuse bestiole avait disparue, il fallait que Potter se pavane à tout moment avec sa maudite vipère. Cette dernière était en ce moment même lovée dans le cou du garçon, semblant dormir. Mais Macnair n'était pas dupe. Ces animaux-là étaient sournois et il ne doutait pas que la bête fasse simplement semblant de dormir, prête à planter ses abominables crocs dans sa jugulaire.

« Je vous parle, Macnair ! l'invectiva Potter en faisant claquer sa main sur son Encyclopédie Universelle des Créatures et Peuples Magiques. »

Il sursauta, détachant enfin ses yeux du serpent. Il était difficile de faire abstraction de sa présence, avec le vert citron de ses écailles...visqueuses…et froides. Mais il s'égarait encore. Il avait été convoqué par Potter qui prenait très au sérieux son rôle de coordinateur des relations entre les mangemorts. Et, bien que cette charge soit purement fictive, tous les mangemorts devaient jouer le jeu depuis plus d'un mois et demi. Que l'on joue un rôle ou que l'on obéisse réellement à Potter, il n'en reste pas moins que l'on s'exécute, lui avait fait remarquer Greyback, amer.

« Excusez-moi, mon Prince. Je crains d'avoir eu un moment d'absence. »

« Oh… Et bien, peut-être devriez-vous prendre un peu de repos. J'ai juste quelques points à voir avec vous, je vous libère dès que possible. »

Néanmoins, Potter était gentil. Vraiment gentil.

« Merci, mon Prince. Cela ne se reproduira plus. Que disiez-vous ? »

Harry hocha la tête et attrapa le rapeltout sur son bureau, qu'il se mit à faire tourner entre ses doigts, comme il en avait pris l'habitude. La petite balle se remplit instantanément de volutes rouges.

« Je revenais sur votre réussite à nouer une alliance avec les géants. J'ai lu votre rapport et, bien que ces êtres soient dépourvus de tout sens commun, ils vous ont suivi sans rechigner. Ils ont d'ailleurs été un atout non négligeable lors de la bataille de Poudlard. Mais il est aussi mentionné dans certains rapports qu'ils s'en sont également pris à nos troupes. C'était à prévoir, lorsque l'on sait que leur faible mémoire les rend incapables de comprendre une phrase de plus de trois mots. Ils ont simplement oublié en cours de route qui étaient leurs alliés. Aussi Lord Voldemort les a-t-il renvoyés dans leurs montagnes, estimant à juste titre que nous n'avons pas besoin de nigauds dans nos rangs. »

Les renvoyer dans leurs montagnes n'était pas exactement ce que le Maître avait fait. Il les avait fait parquer et avait donné l'ordre qu'on les abatte. Quant à sa remarque sur les nigauds dont on se passerait bien dans leurs rangs, elle arracha un sourire à Rosier qui, pour sa part, estimait que plus d'un imbécile se trouvait parmi ses paires.

Drago, lui, était toujours médusé de voir ce nouveau Potter. Un jeune homme sûr de lui, qui prenait des décisions et donnait des ordres afin de mener le Seigneur des Ténèbres à la victoire. La seule chose qui le consolait était son absolue certitude que, si le Maître n'avait pas été là, Potter ne se serait jamais fait aussi bien obéir. Car il restait un agneau au milieu des loups. Et il espérait bien qu'il garde encore un peu cette innocence.

« Ceci étant dit, je voudrais qu'au vu de vos talents de négociateur, vous coopériez avec Rosier pour tenter d'approcher les banshees. »

Macnair, lui, préférait affronter une armée de banshees plutôt qu'un seul serpent. Mais ce n'était pas le cas de Rosier, qui avait blêmi.

« Les banshees ? répéta-t-il.»

« Oui. J'ai tout de suite pensé à vous pour seconder Macnair dans cette tâche. Les banshees sont, certes, plus intelligentes que les géants. Elles n'en demeurent pas moins très sensibles aux charmes masculins. Vous êtes un maître en matière de séduction. Et Macnair en connait un rayon sur les créatures magiques dangereuses. Je pense donc que vous formerez l'équipe idéale pour cette mission. »

« Le Maître a-t-il expressément demandé que nous tentions d'approcher ces horribles démones ? insista Rosier. »

Harry cessa de faire tourner le rapeltout entre ses doigts et Aizih, sa vipère, ouvrit ses petits yeux noirs.

« Le Maître attend de moi que je renforce son armée en utilisant au mieux les ressources et les capacités de chacun. Et je pense que vous êtes tout indiqué pour cette mission, Rosier. »

Le ton était polaire et n'envisageait pas la réplique.

« Oui, mon Prince. »

« Bien, puisque nous sommes d'accord, vous pouvez tous les deux disposer. »

Après s'être respectueusement inclinés, ils quittèrent la pièce comme on le leur avait demandé, sans plus discuter.

« Chiens, siffla Aizih à leur encontre. »

Harry se tourna vers elle et lui sourit, amusé. Puis il déposa un petit baiser dans son cou.

« Garçon stupide ! se hérissa-t-elle en plongeant sa petite tête dans le col de son compagnon. »

Drago l'observa disparaitre lentement sous la tunique de Potter.

« C'est nouveau ces boucles d'oreilles ! Un cadeau ? lui demanda celui-ci, le sortant de sa contemplation. »

Il arborait en effet une paire de dormeuses serties de deux gros diamants. Leur éclat était remarquable, témoignant de leur grande pureté.

Drago se contenta de hocher la tête.

« Ton anniversaire ? demanda Harry, craignant de l'avoir raté. »

« Non, mon Prince. Un simple témoignage d'affection. »

« Oooooooh, je vois, s'amusa-t-il. Assieds-toi ! l'invita-t-il ensuite en délaissant le rapeltout sur son bureau. Nous sommes seuls à présent. »

« Merci, mon Prince, répondit-il avec le sourire de marionnette qu'Harry lui connaissait maintenant. »

Si Drago acceptait ces petites marques de favoritisme lorsqu'ils étaient seuls, il refusait cependant toujours de l'appeler par son prénom ou de le tutoyer. Cela avait chagriné Harry, mais il avait fini par s'y habituer.

« Tu as vu ça ? demanda ce dernier en pointant du menton la porte par laquelle Macnair et Rosier venaient de disparaitre. »

« Oui. Mon père serait fier de vous, approuva Drago. »

En quatre mois, Harry avait fait de nombreux progrès, dont il se sentait fier. Son assiduité lors des cours dispensés par Lucius et Rodolphus ne s'était pas démentie. Il maîtrisait à présent tous les sortilèges de défense ainsi que ceux de la vie quotidienne. Tous, ou presque. Car l'un d'eux restait parfaitement hermétique à toutes ses tentatives : le sortilège du patronus. Mais Lucius l'avait rassuré en lui disant que peu de mangemorts parvenaient à lancer ce sort. Son travail avec Rodolphus était resté aussi rébarbatif que depuis leurs premiers cours. Harry avait appris par cœur tous les sorts de magie noire, ainsi que leurs effets. Mais il n'avait toujours pas eu l'occasion de les tester, pas même sur Bellatrix. Pour pallier à cette frustration, Aizih lui avait proposé maintes fois de planter ses crochets venimeux dans la mangemorte, mais il avait toujours refusé, sachant pertinemment que son fiancé ne le lui pardonnerait pas, les Lestrange faisant beaucoup pour leur cause. Bref, non seulement il s'était montré à la hauteur des attentes de son fiancé, mais aussi de celles de Lucius en ayant restauré son statut de Prince de Morsonge.

« Je ne pensais pas pouvoir faire preuve d'une telle autorité, mais j'avoue que j'accepte de moins en moins qu'ils remettent sans arrêt mes décisions en question. Enfin, je ne t'ai pas fait venir ce matin pour te faire entendre ma complainte de pauvre petit prince ! J'ai pensé te confier une mission. Je voulais voir ça avec toi. »

« Je vous écoute. »

« Je sais que tu n'as plus tes entrées à Poudlard, mais tu y as étudié quelques années. Tu connais donc certainement un peu la Forêt Interdite et ses habitants. »

« Bien moins que vous ne les connaissiez, souligna Drago. »

« Vraiment ? »

« Oui, vous… »

« Quoi qu'il en soit, le coupa Harry, je voudrais savoir si tu avais quelques connections avec les centaures. »

Drago ravala ce qu'il avait voulu dire. Il se sentait de plus en plus découragé. Plus ça allait, moins Potter semblait accorder d'importance à ses souvenirs perdus.

« Pas vraiment, non, grimaça-t-il. »

« Oh… Et, penses-tu que tu pourrais les approcher ? Je sais que ces créatures sont très territoriales, alors je me disais qu'un ancien élève de Poudlard serait tout indiqué pour tenter de les aborder. »

« Et bien, en vérité, même les élèves de septième année ne sont pas les bienvenus sur le territoire des centaures. »

Harry sembla contrarié.

« C'est dommage. Ce sont de très bons guerriers. Ils pourraient faire la différence s'ils se battaient pour nous. »

« J'ai peut-être une solution, émit Drago. Je connais quelqu'un qui a eu des contacts prolongés avec eux et qui serait ravi d'être missionné par le Maître pour aller de nouveau à leur rencontre. »

« Vrai ? Qui ? demanda Harry, enchanté par cette nouvelle. »

« Dolores Ombrage, lâcha Drago. Elle travaille pour le ministère. Elle m'a rendu service, il y a quelques mois, en échange de ma promesse de l'introduire à une réunion de mangemorts avec le Maître. Je pense que le moment est venu de payer ma dette, termina-t-il, dans un sourire étrangement démesuré. » (1)

Et pour sûr, Drago jubilait du vilain tour qu'il s'apprêtait à jouer à l'horrible bonne femme. Nul doute que si Potter n'avait pas perdu la mémoire, il serait le premier à se réjouir de la situation, ayant été victime plus d'une fois du sadisme d'Ombrage l'année où elle avait enseigné à Poudlard. Quoi que, le garçon qu'il avait connu se serait peut-être malgré tout inquiété de son sort. Après tout, n'était-il pas Saint Potter ?

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Quelques jours plus tard, Dolores Ombrage attendait aux portes de la Salle du Trône avec les autres mangemorts conviés pour l'occasion. Elle avait revêtu son plus beau tailleur rose et sa mise en plis était absolument parfaite.

« Dernière précision, Madame Ombrage, lui dit Drago. Lorsque votre tour de parole viendra, adressez-vous uniquement au Maître. Ne parlez à notre Prince sous aucun prétexte. »

« Votre Prince ? Voulez-vous dire que… »

« Oui, Harry Potter règne bien aux côtés du Seigneur des Ténèbres. »

« C'est donc vrai ? Il l'a rejoint ? demanda-t-elle, ne semblant pas y croire.»

« C'est vrai, oui. Mais encore une fois, ne lui adressez pas la parole. Contentez vous de le saluer en même temps que le Maître et ensuite, ne vous occupez plus de lui. »

Il terminait à peine ses recommandations que les portes massives de la Salle du Trône s'ouvrirent. Tous les mangemorts s'y engouffrèrent, les Lestrange en tête.

« Mais, Potter ne me tiendra-t-il pas rigueur de nos relations passées ? chuchota Ombrage en faisant son possible pour rester près de Drago. »

« Je vous ai dit de ne pas vous occuper de lui. Et vous devriez cesser de l'appeler ainsi par son nom. Il est votre Prince à présent. Tâchez de lui montrer votre respect ! »

Elle ne sembla pas très bien digérer cette dernière information. Elle, courber l'échine devant cet avorton de Potter ? Elle avait tout de même été invitée par le Maître en personne pour enfin recevoir sa Marque. Elle n'allait sûrement pas lécher les bottes de cet arriviste qui semblait avoir subitement retourné sa veste. Elle était fidèle au Seigneur des Ténèbres depuis des années, elle.

Les portes au fond de la salle s'ouvrirent et Dolores Ombrage redressa fièrement la tête. Enfin, elle le vit. Majestueux dans sa cape sombre. Il était aussi beau qu'on le disait, sa face de serpent ayant laissé place à ce visage d'ange, dont elle ne pouvait détacher les yeux. Avec grâce, il prit place sur son trône. Puis un jeune homme s'installa à ses côtés : cheveux noirs en bataille et grands yeux verts. C'était bien Harry Potter. Mais, avec ce port altier et ses habits de prince, il était bien loin du souvenir qu'elle en avait.

« Ombrage, je présume ? »

La voix chaude du Seigneur des Ténèbres l'avait sortie de son examen.

« Ou-oui, Maître. Dolores Ombrage, pour vous servir, minauda-t-elle. »

« Tu es priée de baisser la tête lorsque j'entre dans une pièce, Ombrage. »

Le petit rire de Bellatrix se fit entendre. Ombrage se retourna et vit avec effroi que tous les mangemorts étaient inclinés, une main sur le cœur. Et n'était-ce pas un sourire moqueur, sur la bouche de Drago ? Quoi qu'il en soit, la petite sorcière replète n'attendit pas plus pour adopter la même position que les autres.

« Voilà qui est mieux. Je serais moins clément si d'aventure tu apparaissais de nouveau devant moi avec tant de désinvolture. »

« Je vous prie de m'excuser, Maître. Mais personne ne m'avait… »

« Tes excuses ne me concernent pas. Commençons. »

Sur ses mots, tous les mangemorts se redressèrent. Mais Ombrage, elle, resta courbée. Jusqu'à ce que Drago ne lui saisisse le bras pour qu'elle relève la tête. Les yeux rougeoyants du Seigneur des Ténèbres étaient vrillés sur elle, se demandant clairement si elle ne méritait pas un ou deux doloris. Mais, après ce qui lui sembla une éternité, il finit par relâcher la pression que son regard exerçait sur elle.

« Tu es ici car tu as émis à de multiples reprises le désir de recevoir ma Marque. J'avoue que, jusque là, j'étais plutôt sceptique quant à l'utilité de te compter dans mes rangs. Mais Drago m'a fait part de ton dévouement à mon égard et il m'a assuré que tu saurais te montrer digne de ton engagement en tant que mangemorte. »

« Oui, Maître. Je ferais tout mon possible pour vous être utile. »

Lord Voldemort se leva et s'avança jusqu'à elle, la faisant trembler.

« Faire tout ton possible ? Ce n'est pas ce que j'attends de mes mangemorts. Je veux une dévotion telle que tu seras prête à engager ta vie pour moi. Tu ne vivras plus pour toi, mais pour moi. Possible et impossible ne feront plus partie de ton vocabulaire. Quoi que je te demande, tu le feras. »

« Oui, Maître, approuva-t-elle, tête basse. »

« Ton bras, intima-t-il en lui tendant la main. »

Fébrile, elle relava sa manche. Quand soudain, des sifflements se firent entendre.

« Lord Voldemort. »

Le Seigneur des Ténèbres se tourna vers son Prince, qui venait de s'adresser à lui en fourchelangue.

« Qu'y a-t-il ? »

« Vous devriez attendre avant de lui apposer votre Marque. »

Les mangemorts présents n'en furent pas surpris le moins du monde. Ce n'était pas inhabituel que leur Maître et Potter communiquent ainsi lorsqu'ils étaient en public et qu'ils souhaitaient que leurs échanges demeurent confidentiels. Mais, pour Dolores Ombrage, c'était une scène surréaliste. Elle avait l'impression d'être en présence de deux divinités, ou de deux êtres supérieurs venus d'ailleurs.

« Et pourquoi ça ? répliqua Lord Voldemort, qui n'aimait pas du tout qu'on lui dicte sa conduite. »

Fort heureusement, le garçon était malin et il avait vite compris que ses paroles seraient tolérées tant qu'elles resteraient incompréhensibles pour tout autre que lui.

« Elle ferait n'importe quoi pour avoir l'immense honneur de recevoir votre Marque. Sa dévotion confine au fanatisme. Ne serait-ce pas un avantage que d'exploiter cela ? Votre Marque serait la récompense idéale pour tempérer sa couardise. »

Oui, le garçon était très malin. Non seulement ses propositions ne manquaient pas d'intérêt, mais en plus il les formulait toujours de façon à donner l'illusion qu'il n'était pas vraiment en train de lui dire ce qu'il devrait faire.

Lord Voldemort lui adressa un petit sourire amusé avant d'accorder de nouveau son attention à Ombrage. Il l'observa un instant. Son tailleur rose étriqué, ses cheveux impeccablement coiffés, ses grosses joues tombantes et son regard énamouré. Rien ne trouvait grâce à ses yeux.

« Mon Prince vient de me rappeler, à juste titre, que tu avais été envoyée comme enseignante à Poudlard par le Ministère de la Magie afin de faire taire les rumeurs de mon retour. Mais il semblerait que tu ais échoué. »

« Mais, c'était à cause de… »

« Doloris ! »

Le sortilège la frappa et sa masse s'écroula au sol, sur les dalles de pierres froides. Ses cris de douleur étaient particulièrement insupportables, plus aigus encore que les miaulements d'un chaton qu'on écorcherait. Le Seigneur des Ténèbres dut mettre fin au sort pour se faire entendre.

« Tes justifications m'indiffèrent. Il me semblait déjà te l'avoir dit. »

« Oui, Maître, murmura-t-elle, incapable de se relever. »

Elle était percluse de douleur et publiquement humiliée. On était loin du grand moment de gloire qu'elle avait espéré.

« Je ne suis plus aussi sûr que tu sois digne de recevoir ma Marque. Mais, dans mon immense clémence, je vais te laisser une chance de me prouver ta valeur. Drago m'a confié que tu avais des relations privilégiées avec les centaures de la Forêt Interdite. »

Elle aurait voulu protester, hurler à la trahison, se rappelant l'enfer qu'elle avait vécu auprès de ces animaux. Plus jamais… Plus jamais elle ne voulait endurer de telles choses… A ce souvenir, une douleur aiguë lui traversa le bas ventre. Mais elle resta silencieuse, terrorisée à l'idée de recevoir le deuxième doloris de sa vie. (2)

« Si tu parviens à convaincre tes amis de se joindre à notre cause, je ferais de toi une mangemorte. Il va de soit que si tu échoues, je ne manquerais pas de t'octroyer une toute autre récompense. Sommes-nous d'accord ? »

« Oui, Maître, répondit-elle. »

Elle haïssait les centaures. Elle haïssait Drago Malefoy. Et, par-dessus tout, elle haïssait Harry Potter.

Sur son trône, le Prince de Morsonge eut un sourire satisfait.

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Il faisait un temps superbe pour un mois de Novembre. Harry avait quitté son bureau afin se rendre dans le parc de Morsonge, pour pouvoir profiter des quelques rayons de soleil avec Aizih.

La vipère paressait, enroulée autour de la branche d'un platane. Elle observait d'un œil morne les tentatives de son compagnon pour lancer le sortilège du patronus. Elle aurait voulu se moquer mais voulait éviter une autre dispute avec lui. Il avait abandonné sa cape au pied de l'arbre et remonté ses manches, tant l'exercice lui donnait du fil à retordre. Mais il avait beau s'échiner, sa baguette ne faisait apparaitre, au mieux, qu'un pauvre filet de brume blanchâtre.

« Raaaaah ! Mais c'est pas possible ! se mit-il à pester après un nouvel échec. »

« Attention, siffla Aizih en se redressant. »

Harry se retourna, baguette au poing. Bellatrix Lestrange sortit alors de derrière un arbre, les mains dans le dos, comme une petite fille prise en faute. Elle s'avança vers lui, son jupon se balançant au rythme de ses hanches.

« Spero Patronum, lança-t-elle dans un grand sourire. »

Aussitôt, une épaisse brume argentée apparut derrière elle avant de se matérialiser sous la forme d'un chat aux pattes fines. Il marcha avec nonchalance jusqu'à Harry, contre les chevilles duquel il se frotta, avant de disparaitre.

« Bonjour, Petit Prince Chéri, le salua Bellatrix dans une révérence qui révéla sa baguette, jusque là dissimulée dans son dos. »

« Bonjour, répondit Harry, plus sèchement qu'il ne l'aurait dû. »

Mais c'était plus fort que lui, dès qu'il voyait la mangemorte, il perdait son calme.

« Le sortilège du patronus semble vous causer quelques difficultés, Petite Prince Chéri. Puis-je vous donner quelques conseils ? »

« Faites donc. »

Harry croisa les bras et s'appuya contre le tronc du platane, le visage sombre. On avait connu mieux comme invitation.

« Je suppose que Lucius vous a expliqué qu'il vous fallait invoquer un souvenir heureux pour parvenir à lancer votre patronus. »

Harry acquiesça.

« En ce qui me concerne, je pense que ce n'est pas le souvenir qui compte, mais la personne qui y est attachée. »

Cette garce, elle le faisait exprès, Harry en était sûr. Elle devait bien se douter que ses souvenirs les plus heureux étaient ceux en lien avec Lord Voldemort. Et pourtant, cela ne semblait pas suffisant pour réaliser un patronus. Sa perte de mémoire se rappelait à lui de façon douloureuse, bien qu'il fasse tout pour ne plus y penser ces derniers temps. Il voulait avancer. Ne plus se torturer en regrettant une chose que personne ne semblait pouvoir lui rendre.

« Savez-vous pourquoi mon patronus prend la forme d'un petite chatte ? lui demanda-t-elle. »

« Est-ce intéressant pour le problème qui m'occupe ? »

Bellatrix eut un grand sourire. Plus le gosse était désagréable avec elle, plus elle se sentait victorieuse. Et plus elle affichait son amusement, plus Potter perdait son sang froid. C'était presque trop facile.

« Cela pourrait vous mettre sur la bonne voie, Petit Prince Chéri. »

« Je suis tout ouïe. »

Durant ces quatre derniers mois, Harry avait aussi appris à être sarcastique. Et, quoi qu'en dise Lucius, cela ne lui allait pas si mal.

« Dans l'intimité, c'est ainsi que m'appelle le Maître, ronronna-t-elle. »

Harry abandonna sa posture nonchalante et se redressa, les poings serrés. Il n'était pas certain d'avoir bien compris.

« Que veux-tu dire ? la questionna-t-il avec agressivité. »

« Ce que j'ai dit, Petit Prince Chéri. Mon patronus est une petite chatte car c'est ainsi que le Maître me surnomme dans l'intimité. Petite chatte. Et ce simple souvenir me donne le pouvoir de lancer ce sort, termina-t-elle, rêveuse. »

Harry bouillait de rage. Il était à deux doigts de l'explosion, les sortilèges les plus venimeux sur le bout de la langue.

« Patience, siffla Aizih, aux aguets. Viendra le moment, Harrrry. »

« Je suis à bout de patience, répondit-il sans quitter la mangemorte des yeux. »

Ce fut à ce moment précis que, pour la première fois, Bellatrix eût peur de Potter. Bien sûr, elle n'identifia pas ce sentiment comme tel. Il n'empêche que, imperceptiblement, elle avait tressailli sous le regard perçant. Vert poison. Vert douleur. Vert Avada.

Le garçon se mit brusquement en mouvement et elle dut se retenir pour ne pas bondir en arrière. Mais il se contenta de passer à côté d'elle, mâchoires serrées.

Il regagna le château au pas de charge, bousculant le mangemort gardant l'entrée sud. A ce moment-là, rien n'aurait pu le raisonner. Et de toute façon, il ne croisa personne d'assez proche de lui pour se permettre de l'interpeler alors qu'il traversait les couloirs de Morsonge.

Il avait toujours sa baguette à la main lorsqu'il arriva aux portes de la Salle des Douze Sièges. Et il n'avait toujours pas décoléré, loin de là.

D'une poussée de magie, les battants s'ouvrirent avec fracas, faisant sursauter tous les mangemorts présents. Le Seigneur des Ténèbres lui-même avait été surpris par cette entrée pour le moins inattendue.

« EST-CE QUE VOUS COUCHEZ AVEC ELLE ?! »

Harry avait crié, laissant enfin exploser sa colère. Le bras tendu, il pointait sa baguette sur son fiancé, de manière plus rhétorique que menaçante, mais tout de même, ce geste était impensable.

D'ailleurs, tous les mangemorts présents retenaient leur souffle, chacun se demandant comment leur Maître allait réagir à cette provocation. Lucius regrettait d'avoir incité Potter à s'affirmer. Severus se disait que, décidément, on ne transformait pas en blaireau un Gryffondor, même amnésique. Les autres, Mulciber, Dolohov, Nott, Yaxley, Rabastan et Rodolphus, espéraient qu'enfin le règne du Prince Potter allait prendre fin.

Le Seigneur des Ténèbres, quant à lui, n'avait jamais eu un teint aussi blafard, rendant son regard vermeil si intense qu'il en était presque insoutenable. Et c'était sur Harry qu'il était braqué.

Celui-ci s'empourpra, et la main tenant sa baguette trembla.

« Sortez tous. Laissez-nous, articula froidement Lord Voldemort, de sa voix d'outre-tombe. »

Les chaises raclèrent sur le sol. Les mangemorts se levèrent et se dirigèrent vers la porte, dépassant Harry les uns après les autres. Et plus la salle se vidait, plus Harry sentait la panique le gagner. Il baissa sa baguette en même temps que ses yeux perdaient la bataille contre ceux de son fiancé. Enfin, les portes se refermèrent derrière Severus, dans un bruit de tombeau.

Lord Voldemort se leva, prenant appui de ses deux mains sur le plateau en bois massif de la longue table qui les séparait.

« Je… »

« SILENCE ! tonna-t-il.»

Harry ravala ce qu'il aurait pu dire. Il ne s'en souvenait même plus de toute façon, son cœur ayant débuté une course affolante. Lord Voldemort s'approchait de lui avec lenteur, sombre et menaçant. Il ne l'avait jamais trouvé aussi effrayant. Et le doute s'insinua en lui. Peut-être bien que cet homme, qui prétendait l'aimer, serait capable de lui faire du mal. Beaucoup de mal. Des flashs de ses cauchemars avec Drago et Bellatrix lui revinrent en mémoire. Et si ce n'était pas des cauchemars ?

« Comment oses-tu venir ici et m'interrompre de cette façon ? Qui penses-tu être pour pouvoir brandir ainsi ta baguette contre moi ? »

Lord Voldemort était presque sur lui à présent et sa voix se faisait de plus en plus tranchante. Mais, malgré sa peur, Harry redressa le menton et répondit :

« Votre fiancé. »

Un nuage passa dans les iris pourpres.

« Mon fiancé… Mon fiancé, répéta l'homme en l'acculant contre le mur. »

Harry ne s'en était pas rendu compte, mais il avait instinctivement reculé alors que Lord Voldemort avançait vers lui. Et maintenant, il se sentait pris au piège. Il commençait à regretter amèrement son emportement. Il aurait dû écouter Aizih et ne pas perdre patience.

« Dans ce cas, puisque moi aussi je suis ton fiancé, tu ne verras aucun inconvénient à ce que je fasse ceci ? dit-il en plantant sa baguette sous le menton d'Harry. »

C'était officiel : il était terrorisé. Il sentait son souffle s'amenuiser alors qu'il luttait pour ne pas éclater en sanglots.

« Je n'ai rien fait de mal, moi. C'est vous qui couchez avec une autre, répliqua-t-il tout de même, des trémolos dans la voix. »

« Et quand bien même ? Fiancé, Fiancé, tu n'as que ce mot à la bouche, dès que je n'agis pas à ta convenance. Mais quel genre d'homme crois-tu que je suis ? Tu viens ici me faire des reproches, m'accuser de t'être infidèle. Mais de nous deux, quel est celui qui ne remplit pas ses engagements ? Bien que tu ne t'en souviennes pas, il n'a jamais été question d'abstinence lorsque nous nous sommes fiancés. Comment crois-tu que je vive cette privation ? T'es-tu seulement posé la question ? N'ais-je pas le droit de chercher ailleurs ce dont tu me prives ? »

A chacune de ces questions, la baguette de Lord Voldemort râpait la délicate parcelle de peau sous son menton. Le visage de l'homme était si près qu'il aurait pu l'embrasser. Mais il ne s'agissait pas d'une scène amoureuse. Les mots étaient bien trop cruels et le cœur d'Harry saignait.

« Non, je ne veux pas, finit-il par répondre alors que ses beaux yeux verts libéraient leurs premières larmes. »

La pression exercée par son fiancé se relâcha un peu et il baissa sa baguette. Une de ses mains vint se poser contre le mur, tout près de sa tête, et il se pencha dans son cou.

« Que ne veux-tu pas, Harry ? lui demanda-t-il à l'oreille. »

Son corps fut pris de tremblements incontrôlables. Sa baguette tinta sur le sol de pierre lorsqu'il la lâcha pour se saisir des pans de cape de Lord Voldemort.

« Je ne veux pas que vous couchiez avec quelqu'un d'autre que moi, répondit-il, des sanglots dans la voix. »

Ses mains tremblaient de plus en plus. L'homme était si proche. Il sentait la chaleur de son corps. Son odeur lui montait à la tête. Et la jalousie lui dévorait le cœur.

« Prenez-moi, demanda-t-il en offrant son visage tourmenté au regard de l'homme qu'il aimait. »

Tu es sûr ?

N'importe quel quidam un temps soit peu romantique aurait pu poser la question. Mais pas Lord Voldemort. Offrir une possibilité de repli au garçon ne faisait définitivement pas partie de ses plans, alors qu'il touchait enfin au but.

« A qui t'adresses-tu ? fut la question qu'il posa. »

Harry ferma les yeux, tarissant ses larmes. Le temps venait de s'arrêter et les mots qu'il s'apprêtait à prononcer seraient irrévocables.

« Prenez-moi, Lord Voldemort. »

« Tes désirs sont des ordres, A Chuisle, lui répondit-il avant de fondre sur sa bouche. »

Le baiser, qui n'avait pourtant rien de tendre, calma Harry. Il se lança d'abord dans la bataille, répondant aussi férocement que son fiancé, le tirant à lui et l'étreignant fortement. Leurs dents s'entrechoquèrent à plusieurs reprises et leurs langues se molestèrent l'une l'autre. Mais, petit à petit, son fiancé étouffa son emportement. Le tenant fermement contre lui, comme si rien ne pourrait jamais les séparer, il prit le contrôle du baiser, qui devint plus voluptueux.

Ses doigts habiles entreprirent alors de déboutonner sa chemise, révélant son torse, qu'une respiration hachée soulevait de façon erratique. Puis ce fut au tour des boutons de son pantalon, qui n'opposèrent pas plus de résistance.

Les mains froides remontèrent ensuite sur son ventre et caressèrent ses pectoraux en mouvements circulaires. Ses tétons furent pincés et roulés entre ses pouces et ses indexes.

Harry mit fin au baiser pour gémir librement. La bouche de Lord Voldemort s'attaqua alors à sa gorge, suçant, léchant et mordant, tandis que ses mains retrouvaient le chemin de sa braguette, dans laquelle elles s'engouffrèrent. Par-dessus son caleçon, elles massèrent son sexe et ses bourses, le faisant bander un peu plus.

Il n'était pas question de les faire transplaner dans leur chambre. Ce serait ici et maintenant. Ou le garçon pourrait reprendre ses esprits et changer d'avis.

Harry était étourdi par tant de précipitation. Mais c'était foutrement bon. Et même s'il savait qu'aujourd'hui les choses ne s'arrêteraient pas là, il s'en moquait. Il ne voulait pas que ça s'arrête. Etre l'objet de cette passion dévastatrice le rendait fou. Fou de désir.

Aussi ne protesta-t-il pas lorsque son fiancé le retourna contre le mur de pierres sèches. Il y plaqua ses paumes et continua de gémir alors que son sexe était enfin pris en main.

Lord Voldemort dévorait son cou. Ses doigts crochetèrent son pantalon et son caleçon pour les baisser, alors que son autre main ne cessait de le masturber.

« Hummm, oui ! »

Habituellement, Lord Voldemort devait cacher le sourire de sarcasme que provoquait toujours les expressions de plaisir du garçon. Mais il n'avait pas envie de rire aujourd'hui. Il détacha sa cape avec empressement pour la laisser tomber au sol. Elle l'encombrait et il voulait plus que jamais être libre de ses mouvements. Il n'avait pas droit à l'erreur.

Sans relâcher l'érection dont il s'occupait, il posa son autre main sur l'arrondi parfait d'une fesse qu'il caressa longuement avec douceur. Puis il porta ses doigts à sa bouche, les enduisant de salive, avant de les glisser contre l'anus du garçon. Il se contenta de le masser tout un moment, comme il lui arrivait souvent de le faire lors de leurs séances de masturbation. Mais cette fois, il ne s'arrêta pas là. Avec précaution, il introduisit un premier doigt dans l'anneau de chair.

Harry eut un accroc dans sa respiration. Mais il ne protesta pas. Ce n'était pas désagréable. Et il se sentait moins gêné qu'il ne l'avait pensé, emporté par la fièvre du moment.

Le doigt le testa, allant et venant, explorant l'intérieur de son intimité. Jusqu'à ressortir complètement...avant de revenir en lui, accompagné d'un de ses comparses.

Lord Voldemort le sentit se crisper un peu. Mais il ne fit aucun commentaire, embrassant simplement le coin de sa mâchoire. Il recommença le même manège qu'un peu plus tôt, tâtant et remuant pour l'assouplir, le détendre. Petit à petit, les doigts purent se mouvoir plus librement et s'écarter légèrement.

Pour faire refouler son malaise, Harry porta une de ses mains à son sexe, entrelaçant ses doigts à ceux de son fiancé pour le guider dans les caresses sur son érection souffrante. Le plaisir revint, étouffant les craintes d'Harry quant à la suite des évènements. Et il oublia tout lorsque les doigts voyageant en lui touchèrent une chose merveilleuse, qui le fit crier d'un plaisir surpris.

« Je l'ai, murmura Lord Voldemort avec une sorte de satisfaction tintée de soulagement. »

Et il poussa de nouveau ces doigts contre sa prostate, le faisant se cambrer et ahaner.

« Oh Merlin, balbutia Harry en passant son bras derrière la nuque de son fiancé, réclamant un baiser. »

Leurs bouches s'unirent de nouveau et un troisième doigt s'introduisit dans l'anus d'Harry, qui ne put réprimer une petite grimace. Il gémit avec une pointe de douleur.

Pour le distraire, Lord Voldemort glissa sa langue dans son oreille, zone très érogène pour Harry. Et il ne perdit pas de temps, faisant bouger ses doigts dans son intimité pour le préparer au plus vite à le recevoir. Il avait accordé le plus grand soin aux préliminaires, voulant à tous prix que le garçon apprécie et en redemande par la suite. Potter devait le vouloir. Le désirer. Il ne devait plus pouvoir se passer de sexe. La luxure, maître de tous les vices, devait faire partie de ceux du garçon.

Quand ses chairs furent enfin prêtes à l'accueillir, Lord Voldemort relâcha le sexe de Potter pour défaire sa braguette et en sortir le sien, gorgé de désir. Il le colla contre l'anus du garçon. Dans un même mouvement, il en retira ses doigts et y enfonça son érection.

Mais Harry ne fut pas dupe. Il sentit parfaitement le membre imposant se frayer un passage en lui. Il tenta d'y échapper en se mettant sur la pointe des pieds. Mais alors ce fut pire car son fiancé attrapa ses hanches pour le tirer vers lui et finir de le pénétrer complètement. Il en eut le souffle coupé. Ils restèrent un instant ainsi, sans bouger. Lord Voldemort avait laissé tomber son front contre son épaule et il ne semblait pas dans un meilleur état que lui.

« Enfin…je te possède, Harry Potter, déclara-t-il, la voix éraillée. »

La formulation sembla incongrue aux oreilles d'Harry, mais il n'eut pas le temps de s'y attarder, son amant commençant lentement à aller et venir en lui. Il pouvait sentir toute la longueur de son sexe s'extirper de son étroitesse avant de pousser de nouveau dans sa chair la plus intime. La sensation était indescriptible. Il enlaça une de ses mains à celle de Lord Voldemort, sur sa hanche. Sa tête roula contre le torse de l'homme. Sa respiration se fit lourde et ses gémissements lascifs.

« J'ai chaud, se plaignit-il. »

Sa poitrine était luisante et de la sueur coulait de ses tempes. Lord Voldemort tira sur sa chemise pour la lui enlever. Puis il passa sa propre tunique par-dessus sa tête. A moitié nu, et malgré la chaleur qu'il ressentait, il ne put s'empêcher de venir coller sa peau à celle du garçon. C'était si bon de le sentir contre lui, son sexe profondément enfoui dans son cul. Il s'était douté que ce serait bon de posséder le garçon. Celui qui avait été désigné pour le tuer. Mais il avait été loin de s'imaginer combien ça le serait. Rien ne pouvait être meilleur.

Harry poussa ses fesses contre lui, le rappelant à l'ordre.

« S'il vous plait, mon amour, le pria-t-il. »

Sa supplique lui fit perdre le peu de raison qu'il lui restait. Il l'agrippa fermement par la taille et se mit à lui infliger de vigoureux coups de reins. Le garçon cria, exultant de plaisir, se mouvant contre lui comme un débauché. Ce rythme effréné allait avoir raison de lui, mais Potter devait jouir, c'était impératif. Jouir de son sexe et de sa main. Aussi recommença-t-il à le masturber, le prenant fermement dans sa paume.

Les cris d'Harry redoublèrent. Il était au bord de l'orgasme, son anus se contractant de plus en plus, rendant fou de plaisir son amant. Alors qu'il ne pensait pas que cela puisse être meilleur, il perdit tout contrôle sur son corps et son sperme s'écoula le long de son sexe et sur les doigts qui le tenaient. Lord Voldemort le plaqua brutalement contre le mur pour pouvoir continuer de le prendre sans qu'il ne s'effondre. Son bassin percuta plusieurs fois ses fesses rebondies et il se répandit à son tour, dans la chaleur infernale de son intimité.

Il leur fallut un petit moment pour retrouver en partie leurs esprits. Lord Voldemort se dégagea en douceur et réceptionna son fiancé dans ses bras. Celui-ci embrassa le haut de son torse avec dévotion. Alors qu'ils reprenaient leurs souffles, Harry frissonna.

« Tu as froid maintenant, murmura Lord Voldemort contre son front. »

Il se détacha de lui pour ramasser sa cape et le draper dedans. Elle était bien trop grande pour Harry mais elle portait l'odeur de son amant. Il observa celui-ci s'éloigner pour s'installer sur une chaise. Cette distance fit naitre en lui une angoisse qu'il ne sut s'expliquer. C'était comme un abandon.

Mais Lord Voldemort lui tendit la main.

Harry n'hésita pas un seul instant pour le rejoindre. Son amant le guida pour qu'il s'installe sur ses genoux. Quand il fut contre son torse nu, il l'enferma dans une étreinte rassurante.

Tout était absolument parfait, pensèrent-ils à l'unisson.

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Harry était un peu nerveux. C'était la première fois qu'il participait à une réunion restreinte dans la Salle des Douze Sièges. Il s'était installé à droite du siège qu'occuperait Lord Voldemort, comme le lui avait indiqué Lucius et il avait posé devant lui, bien en évidence, son Encyclopédie Universelle des Créatures et Peuples Magiques. Pas que cela changerait quoi que ce soit si sa proposition était rejetée. Mais cela le rassurait. Ce livre, écrit par les plus éminents spécialistes, montrerait son sérieux. Il ne voulait pas qu'on le prenne pour un amnésique arriviste. Il avait fait ses devoirs.

Tout le monde était presque arrivé. Ne manquait plus que les Lestrange. Et Lord Voldemort, bien sûr.

Harry ne pouvait s'empêcher de jeter des regards au mur contre lequel Lord Voldemort lui avait fait l'amour pour la première fois. Tout du moins, la première fois depuis qu'il était amnésique. Il se rappelait la scène, et cela le faisait rougir. Pour se distraire de ces pensées honteuses, il vérifia une énième fois que tout était en ordre dans sa tenue. Il était en train de lisser un pli de sa cape quand il reçut un coup de pied sous la table. Ahuri, il se tourna vers Lucius qui leva les yeux au ciel, l'air de dire : « Tu es pire que Drago ». Harry s'empourpra mais se tint enfin tranquille.

Quelques instants plus tard, les portes de la salle s'ouvrirent, laissant passer le Seigneur des Ténèbres, suivi de Rodolphus, Rabastan et Bellatrix.

Comme les autres, Harry se leva afin de s'incliner devant leur Maître, une main sur le cœur. Lord Voldemort prit place à ses côtés avant de les inviter à s'assoir. Les Lestranges s'installèrent sur les chaises disponibles du côté de Severus.

C'est à ce dernier que le Seigneur des Ténèbres s'adressa, sans perdre de temps :

« Quelles sont les nouvelles de Poudlard ? »

« Rien à signaler de ce côté-là, Maître. L'école est sous contrôle. »

« Et l'Ordre du Phénix ? As-tu pu en apprendre d'avantage sur leurs projets ? »

« Oui, Maître. »

Mais je ne vous dirais pas tout.

Severus avait rendu visite à l'Ordre pas plus tard que la veille. Harry était passé du côté obscur de la force aux yeux de la population sorcière qui avait alors rejoint en masse le parti du Seigneur des Ténèbres. Cependant, malgré les victoires et l'influence de plus en plus grande des mangemorts, l'Ordre du Phénix n'était pas en reste. Après de longues semaines, Fleur Weasley s'était imposée à Gringotts comme la nouvelle ambassadrice des sorciers auprès des gobelins, pourtant totalement hermétiques à ses charmes. Elle appliquait à la lettre les conseils de son époux, manœuvrant les gobelins en utilisant à son avantage les règlements dont ils étaient si friands. Elle avait ainsi gagné leur respect et, si ce n'est leur loyauté, du moins leur confiance. De leur côté, Le professeur McGonagall et Abelfort Dumbledore avaient rallié quelques partisans à leur cause, notamment la nouvelle directrice de Beaubâton et son équipe professorale, ainsi que quelques enseignants nord-américains. Tout ceci leur avait demandé du temps, car il avait fallu instaurer des relations de confiance, voire même bien souvent d'amitié. C'était un peu la même chose pour Charlie Weasley qui avait eu la difficile mission d'apprivoiser des dragons afin de les faire combattre pour eux. Finalement, cela n'avait été possible qu'avec Norberta, qui avait connu la main de l'homme depuis toute petite. Mais Charlie restait vigilant à tout ce qui se disait au centre de dressage, au cas où la rumeur d'un œuf abandonné viendrait à ses oreilles. C'était extrêmement rare, mais il se refusait à voler le nid d'une mère. Enfin, Hermione et Ron n'avaient, quant à eux, fait aucune avancée significative, Pendle ayant été désertée par toute sa population sorcière. Samlesbury leur avait bien donné une vague piste, les menant dans un obscur petit village de Lettonie où une vieille sorcière du nom de Ada Berzins leur avait souhaité la bienvenue à coup de Lanceflèches. Le derrière de Ron en garderait longtemps la trace. Mais Hermione ne renoncerait pas, elle se l'était jurée.

« Fleur Weasley continue à saper notre travail à Gringotts, Maître. Mais je pense que sa vigilance devrait se relâcher dans les jours à venir. Les potions de confusion ont en général ce genre d'effet. »

« Ne pouvais-tu pas lui servir l'un de tes poisons mortels, puisque tu en avais l'occasion ? lui demanda Dolohov. »

« Et risquer de mettre ma couverture en péril ? Crois-tu qu'il leur faudrait beaucoup de temps pour comprendre qu'un traitre se trouve parmi eux si l'une des leurs venait à succomber d'un empoisonnement ? Et quel coupable plus parfait qu'un Maître en potions ? Brillante idée, Dolohov. Comme toujours, le railla-t-il. »

« Empoisonne-les tous, alors ! s'exclama Bellatrix, comme s'il s'agissait de l'idée du siècle. J'imagine déjà la scène : l'ensemble des membres de l'Ordre du Phénix portant un toast pour je ne sais quelle minable petite victoire. Et cinq minutes après, ils s'effondrent tous, raides morts ! termina-t-elle en battant des mains. Enfin, sauf toi, Severus, précisa-t-elle sous le regard noir du Maître des potions. »

« Ils ont un loup-garou, contra-t-il. L'odorat de ces animaux est plus aiguisé que les dents d'un basilic. »

« J'apprécie tes envies de massacre, Bella, intervint Lord Voldemort. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. De plus, je trouve cela…amusant, de voir les petits protégés de Dumbledore se débattre contre moi. Nous les écraserons sur le champ de bataille. Ce n'est plus qu'une question de temps. Je crois d'ailleurs savoir que mon Prince a une proposition intéressante à nous faire, termina-t-il en se tournant vers Harry. »

Le jeune homme déglutit difficilement, sa gorge s'étant soudainement asséchée. On y était. Et il comptait bien prouver à tous ces sournois de mangemorts qu'il n'avait pas usurpé sa place auprès du Seigneur des Ténèbres. Et pour cela, Prince des sournois il devait être.

« Personne ici n'ignore, je suppose, ce que sont les golems ? commença-t-il. »

Chacun acquiesça, attendant la suite.

« Une seule de ces créatures, dépourvue de volonté propre, aussi forte que dix hommes, assujettie à son créateur, incarne de mon point de vue le soldat idéal. Alors, imaginez le pouvoir dont vous disposeriez, Maître, en possédant une armée de golems. »

Lord Voldemort resta sans réaction. L'idée du garçon était stupide. Après un bref silence, le rire moqueur de Bellatrix éclata. Elle riait et riait encore, ne semblant pas pouvoir s'arrêter. Mais il ne faisait aucun doute à Harry qu'elle surjouait afin de le ridiculiser.

« Peut-on savoir ce qui vous fait rire, Lestrange ? la coupa-t-il avec agressivité. »

« Aaaah, allons, Petit Prince Chéri, vous ne manquez certes pas d'imagination, expliqua-t-elle en essuyant le coin de ses yeux. Mais une armée de golems ? N'avez-vous donc jamais entendu parler d'Henry Barbuc, le premier mais aussi le dernier sorcier à avoir tenté de créer une armée de golems ? Il s'est fait engloutir par ses créatures avant d'avoir pu réaliser ce qui lui arrivait. Un sorcier ne peut être le maître que d'une seule de ces créatures. De plus, l'attention nécessaire pour manœuvrer le golem rend le sorcier inutile sur le champ de bataille. Les golems ne sont bons que pour les lâches qui aiment rester à couvert. Merci quand même pour cette mignonne proposition, termina-t-elle dans un sourire angélique. »

Harry crispa ses poings. Il sentit Aizih resserrer ses anneaux autour de son bras, avertissement muet. Il jeta un rapide coup d'œil à Lord Voldemort, qui lui adressa un petit sourire en coin.

« Il est plus que temps que nous mettions les choses au clair, Lestrange, déclara-t-il en sortant sa baguette. »

Et alors que cette dernière esquissait un mouvement pour attraper la sienne, Harry la désarma d'un expelliarmus. La baguette de Bellatrix s'envola et heurta le mur sur lequel elle rebondit avant de percuter le sol.

« Doloris. »

Le sort avait fusé et, sous les regards médusés de l'assemblée, Bellatrix se mit à hurler, se tordant de douleur.

Rodolphus fut le premier à réagir. Il dégaina sa baguette, prêt à en découdre avec Potter. Mais le Seigneur des Ténèbres l'arrêta d'un geste de la main. Le mari de Bellatrix hésita un instant. Pas qu'il s'inquiète pour son épouse, soumise à la torture. Mais il ne pouvait accepter l'affront de voir cet avorton de Potter s'en prendre ainsi aux membres de son clan. Cependant, il choisit finalement d'obéir à son Maître et resta tranquille.

Harry se leva et contourna la table. Il faisait tout pour paraitre assuré, mais sa main armée tremblait. Le temps qu'il la rejoigne, la mangemorte s'était tellement débattue qu'elle était tombée de sa chaise. Elle continuait de hurler en se tordant au sol, comme une anguille. Lorsqu'il fut à ses côtés, il reprit la parole :

« Lever ta baguette contre moi, ton Prince, est un crime pour lequel tu mériterais de mourir, Lestrange. Il est plus que temps que tu comprennes quelle est ta place. Elle se trouve là où tu es présentement, à mes pieds. Tu me dois obéissance et respect, comme n'importe quel autre mangemort. Et puisque tu ne sais pas te montrer reconnaissante des privilèges que l'on t'accorde, tu ne m'appelleras plus jamais Petit Prince Chéri. Tu t'en tiendras à « mon Prince », comme tout le monde. Me suis-je bien fait comprendre ? »

Mais Bellatrix ne répondit pas, criant, le corps secoué de spasmes incontrôlables.

« Me suis-je bien fait comprendre ? redemanda Harry en intensifiant le doloris. »

« OUI ! Ouiiiiiiiiiiii ! hurla-t-elle à s'en déchirer la gorge. »

Immédiatement, il mit fin au sortilège. Il regarda avec indifférence le soulagement sur son visage. Elle reprit un peu son souffle avant de relever la tête vers lui.

« Vous êtes doué, mon Prince, susurra-t-elle, lascive, en se léchant les lèvres. »

« Heureux que tu t'en rendes compte, répliqua-t-il avant de se détourner pour regagner sa place. »

Il avançait la tête haute. Mais, lorsqu'il croisa le regard plein de fierté de son fiancé, ses joues s'embrasèrent.

« Je disais donc, une armée de golems, reprit-il comme si de rien n'était en se réinstallant. Je n'envisage évidement pas, comme le pensait notre chère Bellatrix, la possibilité que vous en soyez l'unique créateur, mon Roi. Mais vous en serez tout de même le Maître, car vous êtes celui de tous ceux qui portent votre marque. Et je ne pense pas me tromper en disant que chacun d'entre eux sera tout prêt à se livrer au rituel de magie noire qui leur permettra de créer un de ces monstres. »

« Si je comprends bien, tu envisages de demander à chacun de mes mangemorts de créer un golem ? l'interrogea Lord Voldemort. »

« Un ou plusieurs, selon les capacités de chacun, oui. Indirectement, chacune de ces créatures vous sera dévouée, Maître, au travers de la Marque qui vous lie à tous vos mangemorts. »

« Brillant, approuva le Seigneur des Ténèbres. Si un tel projet s'avère réalisable, je serais alors en possession d'une armée de soldats surpuissants et sans états d'âme. Je veux que tu m'en fasses une démonstration, avant de nous lancer dans cette entreprise à une plus grande échelle.»

« Oui, Maître, répondit-il en inclinant la tête. »

« Et j'attends de chacun de vous que vous l'épauliez dans ce projet, poursuivit-il à l'attention des autres membres présents. »

« Oui, Maître, répondirent-ils en cœur. »

« Bien, vous pouvez disposer. Hormis Bellatrix. »

Harry se tendit. Que pouvaient-ils bien avoir à se dire en tête à tête ? Bellatrix n'en profiterait-elle pas pour se frotter à son fiancé, comme elle en avait l'habitude ?

« Pourquoi ? siffla-t-il à Lord Voldemort tandis que les mangemorts quittaient la pièce. »

« Ne me réclames-tu pas, depuis des mois, que je clarifie avec Bellatrix la nature de mes sentiments à ton égard ? »

Ils étaient si proches et le fourchelangue était quelque chose de si intime entre eux qu'Harry aurait pu se jeter sur son amant pour l'embrasser à en perdre haleine, tant il était transporté par ce qu'il venait d'entendre. Mais il n'oubliait pas où ils se trouvaient. Ce genre de démonstration en public ne faisait définitivement pas partie des écarts que son fiancé tolèrerait de sa part.

« Merci, mon amour, répondit-il simplement, un sourire heureux aux lèvres. »

« Tout le plaisir est pour moi, A chuisle. »

Oui tout le plaisir était pour lui, pensa-t-il en regardant Potter refermer la porte de la salle derrière lui. Le garçon avait lancé son premier impardonnable. Et il s'en était tiré avec brio.

« Maître, ronronna Bellatrix une fois qu'ils furent seuls. »

Il lui adressa un sourire satisfait en reculant un peu son siège. La mangemorte comprit tout de suite l'invitation et vint s'agenouiller à ses pieds. Elle attrapa une des mains du Seigneur des Ténèbres et se frotta la joue dessus.

« Maître… Maître, se mit-elle à gémir. »

« Ma petite chatte semble bien excitée, se moqua-t-il. Est-ce la façon dont Potter t'a punie qui t'a mise dans un tel état ? »

Potter… Lancer un doloris du premier coup n'était pas donné à tout le monde. Mais le garçon n'avait aucune maîtrise sur ses émotions. Ce qui était, somme toute, plutôt pratique.

« Je savais que vous regardiez, expliqua-t-elle, malicieuse. »

« Tu es incorrigible, la sermonna-t-il en défaisant sa braguette. »

Aussitôt, elle engloutit son sexe mou. Elle le téta doucement, le faisant grossir contre son palais.

« Je tenais absolument à te remercier, ma douce Bellatrix. Grâce à la petite scène que tu lui as servie l'autre jour dans le parc, Potter est venu tout droit me livrer son cul. »

La mangemorte suça lentement l'érection du Seigneur des Ténèbres, la faisant entièrement ressortir de sa bouche.

« C'était votre idée, Maître. Et c'est vous qui vous êtes chargé du travail le plus ingrat. Dépuceler cet enfant dégoûtant... »

« Tu parles trop, Bella, la coupa-t-il en poussant son visage contre son sexe. »

Sans se faire prier d'avantage, elle lécha ses bourses à pleine langue avant de remonter le long de son membre tendu.

« Ooooh… soupira-t-il de plaisir. Potter n'a certes pas ta technique… »

Mais il est divinement bon.


(1) Cf chapitre 1

(2) Harry Potter et l'Ordre du Phénix


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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)

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Une lectrice : Coucou ! Merci pour la review ! Il y a peu, ma bêta me disait que mon Harry commençait à l'agacer lol Donc, j'imagine que ce que tu me dis est tout à fait fondé ) Harry va prendre de l'assurance, petit à petit. Il va tenir tête à Voldemort sur certaines choses, frontalement ou dans son dos lol Mais clairement, il s'agit d'une romance entre Voldemort et Harry. Et Voldemort ne se transformera pas en bisounours. Tu dois donc t'attendra à ce qu'Harry se conduise encore d'une façon peu reluisante… Mais son sens de la justice, son courage et sa droiture ne seront jamais très loin et c'est probablement ce qui l'empêchera de devenir un mage noir en puissance. J'espère que ce chapitre 8 t'aura plu !