Salut!
Aaaah la plage, le soleil, les fruits de mer, les garçons en short de bain... Que du bonheur! On en oublierait presque d'écrire ou de publier quoi que ce soit lol
Mais je suis là! (En fait, il pleut aujourd'hui.)
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Une lectrice trouvera la réponse à sa review en fin de chapitre.
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Aïzhi a corrigé ce chapitre pour que son orthographe ne heurte la sensibilité de personne. Un grand merci à elle!
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Dans le chapitre précédent : Harry exprime sans ambigüité ses sentiments envers Voldemort en l'appelant « mon amour ». Il assoit clairement son autorité auprès des mangemorts et prend son travail de coordinateur très au sérieux. Voldemort charge Dolores Ombrage de rallier les centaures à leur cause, en échange de quoi elle aura l'honneur de recevoir sa marque. Sur ordre de Voldemort, Bellatrix attise tant et si bien la jalousie d'Harry qu'il finit par céder et coucher avec celui qui se prétend son fiancé. Après cette union, il dépasse ses fonctions de simple coordinateur en proposant une stratégie pour renforcer l'armée de Voldemort : que chaque mangemort façonne un golem. Harry lance son premier sortilège impardonnable, un Doloris, pour régler ses comptes avec Bellatrix.
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Chapitre 9 : Nici mort, nici al fiintei (1)
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« M'as-tu apporté ce que je t'avais demandé ? »
« Oui, Maître, répondit Rabastan en s'avançant. »
Il s'arrêta devant le bureau du Seigneur des Ténèbres et fouilla la poche intérieure de sa cape. Il en sortit une petite bourse de velours rouge, dont il dénoua le lacet. Une émeraude magnifique, grosse comme un gallion, tomba dans sa main. Il la présenta à Voldemort.
Celui-ci la regarda un instant. C'était une pierre remarquable, aussi bien par sa taille que par sa pureté. Mais ce n'était pas ce qu'il attendait. Aussi sortit-il sa baguette, faisant se tendre le mangemort.
« Peux-tu me répéter exactement ce que je t'avais demandé de me rapporter, Rabastan ? lui demanda-t-il. »
« Une émeraude, Maître. »
« Non, ce n'est pas exactement ce que je t'avais demandé. Je t'avais demandé une émeraude de la couleur des yeux de Potter. A-t-elle la couleur des yeux du garçon ? »
Rabastan n'en savait rien. Pour lui, une émeraude était verte. C'est donc que les yeux du garçon devaient l'être aussi. Mais il imaginait bien que ce n'était pas la bonne réponse.
« J'ai cru que c'était le cas, Maître. »
Le Seigneur des Ténèbres se leva et contourna son bureau à pas mesurés.
« Tu as cru que c'était le cas, répéta-t-il en posant la pointe de sa baguette sur le front de Rabastan. Et bien, tu aurais dû le vérifier, avant de te présenter devant moi et de me faire perdre mon temps, cracha-t-il en infligeant une coupure sur le visage du mangemort, passant sur son sourcil gauche et sa pommette avant de s'arrêter au milieu de sa joue. »
Rabastan grimaça mais ne broncha pas. Le sang coula sur sa tunique en cuir. Il garda son œil fermé. Le Seigneur des Ténèbres n'avait fait qu'effleurer sa paupière. Mais le reste de l'entaille était profond et la douleur irradiait sur tout le côté de son visage.
« Je vous demande pardon, Maître. Je ne commettrai plus cette erreur et vous ramènerai une émeraude de la couleur des yeux de Potter. »
« Ce serait préférable, si tu tiens à garder figure humaine. »
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Le garçon était là, face à lui. Ses yeux trop verts, qu'il aurait bien arrachés de leurs orbites, le fixant avec étonnement. Il savait que Rodolphus était celui qu'il attendait. Mais non, son frère ainé avait dû s'absenter pour une mission autrement plus importante que de jouer les apprentis sorciers avec Potter. Pourtant, « Que faites-vous là ? » ne fut pas la question qu'il lui posa.
« Qu'est-il arrivé à votre visage ? demanda-t-il, l'air réellement préoccupé par son état. »
Foutu gosse trop gentil. Drago l'avait prévenu. Mais c'était tout de même déroutant.
« Une rencontre malheureuse avec un hippogriffe enragé, mon Prince. »
Potter le jaugea un instant.
« Oh, vraiment ? Un hippogriffe enragé ? Et bien, il faut croire que Lucius est tombé sur le même hippogriffe que vous, la semaine dernière, après être revenu de Gringotts sans les accords des gobelins, fit-il remarquer. »
« C'est possible, répondit-il, stoïque. »
Il n'en était pas vraiment certain, mais il lui semblait que la vipère de Potter, enroulée autour de son cou, venait de rire.
« Peut-être devriez-vous parler de cette blessure à Severus. Il a fait des merveilles avec celle de Lucius. A moins que, tout comme Bellatrix, vous affectionniez de parader avec les marques de cet hippogriffe enragé. »
« Je verrai Severus, mon Prince. Merci de votre sollicitude. »
Potter lui adressa un petit sourire.
« Lord Voldemort m'a assuré que vous étiez tout aussi doué que votre frère en magie noire et que, tout comme lui, vous parliez couramment le roumain. »
« Oui, mon Prince. »
« Suivant les méthodes de votre frère, j'ai appris par cœur la formule d'invocation d'un golem. Cependant, ce sortilège requiert certains gestes techniques dont je ne suis pas sûr d'avoir saisi les détails, dans les descriptions faites par les livres. Aussi, avant de me lancer dans une tentative qui pourrait s'avérer périlleuse, je voudrais voir comment se lance ce sortilège. Si vous vouliez bien m'en faire la démonstration, je vous en serai très reconnaissant. »
Les yeux noirs de Rabastan parcoururent l'espace dans lequel ils se trouvaient. Bellatrix lui avait dit que c'était là que le garçon venait régulièrement s'entrainer à pratiquer les sortilèges enseignés par Lucius. C'était un petit coin du parc de Morsonge, légèrement en retrait, entre trois platanes. Un bel endroit où l'on était toujours sûr de trouver un brin de soleil. Des oiseaux chantaient et quelques cyclamens éparses fleurissaient la pelouse. Invoquer le mal ici n'était pas quelque chose qu'il avait envie de faire. Mais il s'accroupit dans l'herbe et enfonça profondément les doigts de sa main droite dans la terre pour en arracher une motte. Il ferma les yeux en sortant sa baguette magique du petit fourreau fixé à la ceinture de son pantalon de cuir. Et sans plus attendre, il commença à blasphémer.
« Nici mort, nici al fiintei. Creatura mea…. »
De gros nuages noirs s'amoncelèrent instantanément au-dessus d'eux. Harry se tendit, sur ses gardes. Il sentit Aizih resserrer ses anneaux autour de son cou. La main de Rabastan laissait la terre s'effriter entre ses doigts.
« …Este blestemul ghidat de mâna mea. Asa sa fie ! Asa sa fie ! poursuivit Rabastan sans s'arrêter ni ouvrir les yeux. »
Un éclair parcourut les nuages avant que le tonnerre ne gronde. Aizih se redressa, ouvrant sa gueule pour siffler un avertissement.
« Acum ! Acum ! termina le sorcier en jetant au sol le reste de la terre qu'il avait ramassée.» (2)
Puis il se remit debout et attendit, le regard rivé sur la pelouse endommagée. Dans le ciel, des éclairs s'entrechoquaient. Un vent glacial se souleva, arrachant quelques feuilles de platane dans ses bourrasques. Le sol trembla très légèrement sous leurs pieds avant qu'un monticule de terre ne pousse à l'endroit où Rabastan avait lancé le sortilège. Il se craquela et ce qui semblait être une main de boue émergea, bientôt suivie d'un bras. Prenant appui sur le sol, la main aida un corps noueux, difforme et sans visage à s'extirper de terre. Aussitôt que la créature se tint devant eux, le vent s'éteignit. Le tonnerre se calma petit à petit, jusqu'à ce que les éclairs disparaissent. Les nuages noirs, eux, restèrent au dessus de leurs têtes, occultant une partie du soleil. Rabastan se tourna vers Potter. Ses grands yeux reflétaient une innocence désarmante à cet instant.
« Vous allez bien, mon Prince ? »
« Oui… Oui, répondit Harry sans détacher les yeux du golem immobile. Il est…immense ! »
Il faisait bien deux mètres de haut pensa Rabastan. Avec des poings gros comme des chaudrons. Des touffes d'herbe éparses ornaient son corps cagneux.
« Leur taille dépend-elle de l'invocateur ?demanda-t-il en caressant sa vipère pour la rassurer. »
Mais elle ne cessait de siffler en se ramassant sur elle-même. Potter lui répondit en fourchelangue. Elle se tut enfin, mais resta tapie contre l'épaule du garçon, prête à mordre.
« Non, mon Prince. Tous les golems sont semblables. Même taille, même poids, mêmes capacités. »
« Une armée de clones… » (3)
« J'ai cru comprendre que c'est ce que vous projetez. »
Harry observa un instant Rabastan, hésitant.
« Effectivement. Mais une armée de golems nous sera parfaitement inutile si elle monopolise les forces de nos mangemorts. C'est pourquoi j'ai besoin de vous. Lord Voldemort m'a assuré que je pouvais compter sur votre collaboration. »
« Oui, mon Prince, répondit-il en s'inclinant de nouveau. »
« D'après ce que Lucius m'a expliqué, la Marque des Ténèbres lie chaque mangemort à notre Maître. Mais je ne comprends pas très bien comment ce sortilège fonctionne et jusqu'où va ce lien. Pourriez-vous m'éclairer ? »
« Je vous dirai tout ce que je sais, mon Prince, lui répondit-il. »
Le mangemort remit sa baguette dans son étui et commença.
« La Marque des Ténèbres crée un lien entre le marqué et son maître. Grâce à elle, le maître peut appeler ses marqués, où qu'ils soient. De la même manière, les marqués peuvent appeler leur Maître. »
« Vous avez le pouvoir de faire venir le Maître jusqu'à vous ? s'étonna Harry.»
«Non, mon Prince. D'un côté comme de l'autre, l'appelé peut ignorer la demande. Il ne s'agit pas d'une invocation. Juste d'un appel. Si le sorcier appelé décide d'y répondre, il pourra alors transplaner à l'endroit précis où se trouve le Maître, sans avoir besoin de connaître cette destination. De même que le Maître sera toujours en mesure de rejoindre un de ses marqués s'il est appelé par lui. Et seulement s'il est appelé. »
« Ce n'est donc ni un sort d'invocation, ni un sort de localisation. Mais le Maître peut-il vous manipuler grâce à la Marque ? »
« Nous manipuler ? Qu'entendez-vous par là ? »
« Vous savez, comme avec le sortilège de l'imperium. »
« Non, mon Prince. La Marque ne peut permettre cela. Nous serions bien peu à l'avoir volontairement prise si c'était le cas. En revanche, le Maître peut nous punir à travers elle.»
« Vous punir ? Comment ça ? »
« La Marque peut devenir aussi cuisante qu'une brûlure, aussi douloureuse que si des dizaines de poignards vous traversaient le bras. C'est un bon moyen de persuader ses mangemorts renégats de venir jusqu'à lui. »
Le garçon sembla choqué.
« Mais ce n'est pas une chose à laquelle notre Maître a souvent recours, tenta-t-il de le rassurer »
« Non, bien sûr. Vous entailler le visage semble d'avantage lui plaire. »
« Je l'avais mérité, mon Prince. »
« Je n'en doute pas, Lestrange, répondit-il du tac au tac. »
Et bien, l'allégeance de Potter envers leur Maître ne faisait aucun doute. Savait-il seulement qu'un Doloris était bien pire que tout ce que la Marque des Ténèbres pourrait leur faire endurer ? Un silence gênant s'en suivit.
« Vous devriez le faire disparaître, reprit finalement Harry en parlant du golem. »
Bien qu'avec raideur, Rabastan sortit immédiatement sa baguette.
« Nici mort, nici al fiintei. Creatura mea. Născut din pământ, întoarce pe pământ. Asa sa fie ! Asa sa fie ! Acum ! Acum ! » (4)
La créature qui était restée parfaitement immobile jusque-là se liquéfia et se répandit sur le sol, laissant une flaque de boue nauséabonde sur la pelouse du parc.
Harry la contempla un instant. Puis il sembla se redresser et s'emplir d'une volonté tenace.
« J'ai…je dois bien l'avouer…quelques aprioris à votre sujet, Rabastan, dit-il. Cependant, je ne serais pas un bon prince si je laissais de tels sentiments entraver mes actions. Nous nous battons pour la même cause. Et l'on m'a par ailleurs assuré que, si vous n'étiez pas aussi populaire que Rodolphus auprès de notre Maître, c'est que vous ne savez pas aussi bien que lui vous mettre en avant et manier la flatterie. Vous seriez de ceux qui parlent peu et agissent dans l'ombre. Vous n'auriez pas la place que vous méritez. Il est vrai qu'il est quelque peu difficile de rivaliser avec votre frère qui a su contraindre les vampires à devenir nos alliés. Mais cela pourrait changer si mon projet… notre projet, aboutissait. »
La surprise était de taille pour Rabastan. Non seulement il comprenait que si Potter n'avait exprimé aucune surprise quant à sa présence, c'est qu'il savait depuis le début que Rodolphus ne viendrait pas aujourd'hui (et que c'était peut-être bien Potter lui-même qui avait fait en sorte que son frère soit occupé ailleurs), mais aussi qu'il lui proposait une alliance afin d'évincer son frère et Bellatrix du devant de la scène. Cette mise en compétition n'était pas anodine. Diviser pour mieux régner était une pratique signée Malefoy. Drago n'oserait jamais le manipuler ainsi. C'était donc Lucius qui avait conseillé le gamin, voyant probablement là un moyen de renforcer sa position auprès du Maître.
Potter avait changé. Et il avait des alliés au sein de ce château. Voulait-il être l'un d'eux ? Rabastan connaissait trop bien la trahison pour s'y risquer. Son frère et sa compagne étaient les seuls sur qui il puisse compter. Cela dit, il ne risquait pas grand-chose à jouer le jeu du gamin. C'était, après tout, ce que le Maître attendait d'eux.
« Comme je vous l'ai déjà assuré, mon Prince, vous pouvez compter sur mon entière collaboration. Et j'espère, par ailleurs, pouvoir faire tomber certains de vos aprioris à cette occasion. »
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Ça collait, ça sentait mauvais et c'était infesté d'insectes nuisibles et de sangsues. Pas de doute, ils étaient bien dans un marécage.
« Je hais ce foutu gosse ! s'énerva Rosier en écrasant d'une claque un moustique sur sa joue. Pettigrow ne nous aurait jamais envoyé dans ce bourbier ! »
Macnair, qui marchait devant lui en silence, ne lui fit aucune réponse. Il était sur ses gardes, à l'affût du moindre bruit. Ils n'étaient plus très loin du territoire des Banshees. Ils n'avaient pas été invités - si tant est que ces créatures puissent formuler une invitation - et il voulait être prêt à parer toute attaque.
« Donner son poste à Potter et le laisser agir à sa guise… continua à pester Rosier. »
« Pettigrow était un incompétent, répondit finalement Macnair, sans se retourner. Maintenant si tu pouvais te taire, je ne tiens pas à ce que nous soyons repérés. »
« Et pourtant, c'est bien pour cela que nous sommes ici ! Alors qu'on en finisse, et vite ! »
« Crois-moi sur parole quand je te dis qu'il vaudrait mieux que nous repérions les banshees avant qu'elles ne nous repèrent, murmura Macnair en scannant les environs. »
Les effroyables silhouettes des arbres morts ne laissaient qu'un faible champ de vision. Mais le silence quasi surnaturel – si l'on omettait les plaintes incessantes de Rosier – ne laissait aucun doute à l'expert qu'était Macnair : ils étaient à présent sur leur territoire.
« Et quand je pense à Rabastan, ce faquin, qui passe ses journées bien à l'abri à boire du chocolat chaud avec Potter, pour discuter de je ne sais quoi avec lui dans son bureau. Pour sûr, elle est belle la vie des Lestrange ! Entre Bellatrix qui bénéficie de toutes les faveurs du Maître, Rodolphus qui ne reçoit que des missions de première importance et Rabastan qui s'est fait bras droit de Potter, ce n'est certainement pas eux qu'on enverrait dans cet infâme marécage ! »
« Infâme ? répéta une petit voix criarde. »
Immédiatement, les deux mangemorts se stoppèrent, assurant leur prise sur leurs baguettes magiques. Leurs yeux fouillèrent les environs, mais ils ne virent rien.
« Notre merveilleux marécage, infâme ?! reprit avec colère une autre voix nasillarde et aigüe. »
Puis ce fut un cri perçant, pareil à l'huissement d'un faucon (5). D'autres cris semblables lui répondirent avant que des battements d'ailes se fassent entendre. Trois, quatre puis cinq ombres menaçantes apparurent au-dessus d'eux. Les terribles banshees étaient là, les foudroyant de leurs yeux jaunes. Trois d'entre elles affichaient une position menaçante, dévoilant leurs crocs et leurs mains aux griffes acérées, battant l'air de leurs immenses ailes noires. Deux autres se tenaient sur des branches les bras croisés, le visage fermé.
« Je n'ai pas mesuré mes paroles, mesdames. Votre marécage me semble en réalité tout à fait idyllique, s'excusa platement Rosier. »
« HYPOCRITE ! hurla une des banshees, fondant sur lui. »
Immédiatement, il lança un sort pour la repousser. Mais elle l'évita avec une agilité remarquable. Elle arriva sur lui et saisit son bras entre les énormes serres qui lui servaient de pieds. Elle le tira dans la vase sur plusieurs mètres, maculant son visage, ses vêtements et sa chevelure de cette boue nauséabonde. Puis elle s'éleva dans les airs avec lui. Rosier se débattit, lança quelques sortilèges à l'aveuglette avant d'être désarmé par un Expelliarmus. Sa baguette tomba au sol dans un bruit flasque. Tous les regards étaient tournés vers Macnair, qui avait jeté le sort, et qui rangeait à présent sa baguette avec beaucoup de flegme.
« Veuillez le pardonner, banshees. Il ignore tout de vos usages, et notamment votre goût pour la franchise. Votre marécage n'est certes pas un lieu où nous apprécierions de séjourner. Mais qu'il vous plaise est tout à fait compréhensible : nous aimons tous notre petit chez nous. »
Dans les airs, suspendu par le bras aux pattes crochues d'une des créatures, Rosier émit une plainte de douleur. Du sang coulait sur son épaule et son flanc.
« Et que sais-tu de nos usages concernant les bourreaux de créatures magiques ? rétorqua l'une de celles qui étaient campée sur un arbre. »
Ces mots firent blêmir Macnair.
« Je suis soumis aux directives du Ministère. Les choses seraient différentes si nous avions un dirigeant pour qui le sort de la magie et de ses porteurs comptait plus que celui des moldus et des cracmols. »
« C'est donc à contrecœur que tu répands la mort autour de toi, que tu assassines les enfants de la Magie ? rétorqua la banshee. »
Macnair hésita : s'il mentait, elles le sauraient. Mais s'il disait la vérité, il se discréditerait à leurs yeux.
« Je reconnais que, dans certains cas bien particuliers, il m'arrive d'éprouver de la satisfaction dans mon travail, biaisa-t-il. Par exemple, je peux vous assurer que ma main ne tremble pas lorsqu'il s'agit de trancher la tête d'un centaure, termina-t-il avec plus d'assurance. »
Une cacophonie de piaillements aigus et de grondements menaçants se firent entendre. Les banshees montrèrent leurs crocs et celles qui étaient perchées dans les arbres en griffèrent l'écorce. Rosier fut lâché et il s'écrasa sur le dos, dans la boue.
« Les centaures sont nos ennemis ! Ils nous ont chassées de nos forêts pour se les approprier. Ils méprisent les créatures féminines et enseignent à leurs poulains la culture du viol. Ils n'aiment et ne respectent que leurs frères. Ils justifient leur barbarie par des croyances archaïques. Hypocrites ! Hypocrites ! Hypocrites ! »
« La Magie a honte de ses enfants mi-hommes mi-chevaux, déclara férocement l'une d'elles avant de cracher par terre. »
« Un bon centaure est un centaure mort ! cria une autre. »
« C'est aussi l'avis du Seigneur des Ténèbres, enchaîna Macnair. S'il parvenait à accéder au pouvoir, je peux vous assurer que les centaures seraient exterminés. Vous retrouveriez vos forêts, assura-t-il. »
« Promesse de sorcier, jamais payée ! cita l'une d'elles. »
« Que demande ton Seigneur en contrepartie ? l'interrogea celle qui semblait être leur chef et qui dirigeait leurs échanges depuis le début. »
« Vous êtes de redoutables guerrières. Bien plus redoutables que n'importe quel centaure… »
« La flatterie ne te mènera nulle part, sorcier. Que veut ton Seigneur ? Réponds ! »
« Votre soutien lorsque son armée se soulèvera pour prendre le Ministère de la Magie. »
Un silence suivit sa déclaration. La chef des banshees interrogea les autres du regard, cherchant leur assentiment. Certaines hochaient la tête, d'autres la secouaient. Mais l'une d'elle ne prêtait pas attention à l'échange, les yeux rivés sur Rosier, toujours étendu au sol. Il ne semblait pas pouvoir se relever, sa chute lui ayant probablement causé quelques fractures.
« Kaanie ? l'appela-t-elle pour connaître son avis. »
Mais la créature continua de regarder Rosier.
« Tu le mangeras si on refuse leur alliance, lui promit la chef, faisant gémir Rosier de désespoir. »
Les autres banshees ricanèrent.
« Je ne veux pas le manger, répondit-elle. »
Mais elle fondit tout de même sur lui avant de se poser à califourchon sur son corps, repliant ses ailes de corbeau dans son dos. Rosier la détailla avec effroi. Elle était nue, comme les autres. Son corps de femme était lourd sur le sien, plus lourd que celui d'une femme ordinaire, probablement à cause du poids de ses ailes. Il était partiellement recouvert de petites plumes duveteuses, au niveau de ses bras, de son imposante poitrine, en bas de son ventre et sur ses mollets. Ses petits tétons étaient deux pointes roses dans le plumage ébène. Ses pieds était pareils aux pattes d'un aigle et ses mains, bien qu'humaines, étaient dotées de griffes impressionnantes. Pour finir, sur ce corps de diablesse trônait une tête magnifique aux yeux de lune rousse. La noirceur de sa longue chevelure contrastait avec la pâleur de son visage.
« N'aie pas peur, lui murmura-t-elle doucement. »
« Kaanie ? »
« Il est beau ! expliqua-t-elle enfin, amoureusement. »
Certaines banshees levèrent les yeux au ciel, mais leur chef lui demanda très sérieusement :
« Tu veux cet homme, Kaanie ? »
Elle hocha vivement la tête.
« Très bien. Nous acceptons de nous battre pour ton Seigneur, Bourreau. En échange, les centaures devront tous mourir et leurs forêts revenir au peuple des banshees. Et ce sorcier, ajouta-t-elle en pointant Rosier du doigt, devra épouser Kaanie. »
« Marché conclu, approuva Macnair, non sans adresser un dernier regard au couple formé par Rosier et la créature le surplombant. »
A ces mots, le condamné poussa un nouveau gémissement de désespoir.
« Tu souffres ? s'inquiéta immédiatement Kaanie. Je vais bien m'occuper de toi. Tu n'auras plus mal. Plus jamais personne ne te fera de mal, lui promit-elle en caressant son visage, comme s'il était un petit animal de compagnie. »
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Lorsque Rabastan eût récité l'invocation et terminé les gestes rituels, le ciel se déchira en même temps que le sol. Le tonner gronda. Et la terre accoucha d'un golem. A la suite de quoi, le vent se calma. Le mangemort retourna près de Potter, qui lui sembla tout aussi impressionné que la première fois.
« C'est à vous, mon Prince, lui dit-il. »
Harry acquiesça. C'était ce qu'ils avaient convenu : Rabastan invoquerait le golem et lui tenterait d'en prendre le pouvoir en lui apposant la marque des ténèbres. Mais il n'était pas très sûr de parvenir à jeter le sort. Il n'avait pas pu le pratiquer pour s'entrainer, faute de cobaye consentant sous la main. Il se sentait nerveux. D'autant plus qu'il était effrayé par la créature sur laquelle il devait jeter le sortilège. Sa force et son pouvoir de destruction étaient sans égal. Et rien ne pouvait l'altérer. Et lui, du haut de son mètre soixante-dix, il allait imposer sa volonté à ce colosse ?
Il prit une profonde inspiration. Puis il se positionna face au golem immobile. Son absence de visage gêna Harry. Il ne savait pas où le regarder. Aussi se focalisa-t-il sur la poitrine de la créature, là où il voulait apposer la marque des ténèbres. Rabastan lui avait expliqué que la partie du corps importait peu. Dénuder un bras était simplement plus pratique pour les futurs mangemorts. Le golem, lui, était nu.
Il posa la pointe de sa baguette à l'endroit où un cœur aurait dû se trouver, si l'être en face de lui avait été humain. Mais aucun cœur ne logeait dans cette poitrine de terre.
« Morsmordre, prononça-t-il. »
Le mot était guttural. Le dire correctement requérait un parfaite articulation. Harry n'avait pas échoué, un halo noir apparaissant autour de la pointe de sa baguette. Sous ses yeux, une ligne sombre creusa la poitrine insensible du golem, traçant les contours d'une tête de mort. Suivit le serpent, sortant de la bouche du crâne pour former le symbole de l'infini, témoin de l'éternité de l'engagement des mangemorts envers leur Maître.
Il observa un instant son œuvre, semblant ne pas en revenir.
« Bon… Nous y sommes, dit-il enfin. Comment dois-je procéder ? demanda-t-il en se tournant vers Rabastan. »
« Il vous suffit de lui donner un ordre, Mon Prince. N'importe lequel. »
« Sans formule particulière ? »
« Non, Mon Prince. »
Harry fit de nouveau face au golem. Il hésita un instant avant de se lancer.
« Lève le bras ! lui ordonna-t-il. »
Il attendit. Mais rien ne se produisit. La créature resta aussi immobile qu'un bloc de pierre.
« Lève-Le-Bras, articula-t-il exagérément. »
Mais tenter de négocier avec une gargouille endormie aurait sûrement produit plus d'effet.
« Lève le bras ! ordonna Rabastan. »
Et le golem souleva son membre lourd, jusqu'à le tendre bien droit vers le ciel. Du moins, tout aussi droit que son bras pouvait l'être.
« Ça ne fonctionne pas, constata Harry. »
« Effectivement, approuva Rabastan. »
« La marque ne semble pas plus pouvoir asservir un sorcier qu'un être dépourvu de volonté. »
« Je suis pourtant sûr du contraire. Mais quelque chose doit nous échapper. Peut-être que marquer le golem ne suffit pas à vous en rendre maître si un autre en est le créateur. Peut-être que le seul à pouvoir en prendre le contrôle serait celui qui a marqué, non pas la créature, mais son créateur. »
« Autrement dit, Lord Voldemort. »
Rabastan approuva d'un petit hochement de tête.
« Et bien, je préfèrerais que nous soyons vraiment sûrs de la validité de cette hypothèse avant de le convier pour une démonstration. Lui faire perdre son temps ne nous apportera aucun crédit. »
Potter était gentil. Pathétiquement gentil. Il disait « nous » mais en vérité, Rabastan était le seul qui serait discrédité dans cette histoire. Le garçon le savait. D'une certaine façon, c'était une façon de lui dire qu'il pouvait compter sur lui. Mais Rabastan ne comptait sur personne. Il savait que cela n'apportait, au mieux, que des déceptions. Au pire, une mort certaine.
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Ils faisaient l'amour régulièrement depuis qu'Harry avait cédé. Mais celui-ci ne pouvait s'empêcher de se sentir encore un peu nerveux. Il était nu, allongé sur le ventre. L'homme était comme une ombre planant au dessus de lui, bien qu'il sente le haut de ses cuisses entre les siennes, son bassin contre ses fesses, ses mains sur ses hanches et sa bouche contre son épaule. Il était invisible mais partout à la fois. Harry ne savait jamais où sa peau rencontrerait la sienne. Il ne savait jamais où l'homme le regardait et comment il le regardait. C'était ainsi : il était de dos et il finissait par fermer les yeux pour se détendre et profiter de chaque attention que l'homme lui prodiguait.
Mais aujourd'hui, cela ne fonctionnait pas. Il sentait les doigts de l'homme caresser son anus, sans chercher à aller plus loin. Il inspira et souffla doucement pour tenter de se laisser aller. Il tira l'oreiller sous sa tête et laissa aller ses épaules.
« Détends-toi, A Chuisle. Tu sais que ça va être bon, murmura l'homme. »
« Excusez-moi, Lord Voldemort. »
L'homme cessa tout mouvement et se redressa. Il l'avait appelé « Lord Voldemort », ce qu'il ne faisait plus lorsqu'ils étaient aussi intimes.
« Dis-moi ce qui ne va pas. »
Harry resserra l'oreiller entre ses bras et y enfonça un peu plus la tête. Les mots étaient trop importants pour pouvoir sortir de sa bouche. Il n'était pas assez fort pour les prononcer. Il se sentait si vulnérable ainsi, nu sous cet homme. Pouvait-il seulement se refuser à lui ?
« Inutile de tenter de te dérober, lui dit-il en glissant son sexe lourd entre ses fesses. Tu ne pourras jamais m'échapper. »
Il embrassa sa nuque.
« Tu es tout à moi… »
Faisant écho à ses pensées, ses mots effrayèrent d'autant plus Harry. La bouche tendre ne cessait de l'embrasser, les mains froides de le pétrir, la verge tendue de le harceler…
« Attendez… Non… S'il vous plait… finit par implorer Harry, se sentant étouffer. »
L'homme s'arrêta de nouveau.
« Pourquoi ? demanda-t-il froidement. Tu en as envie pourtant. »
Harry retint un instant sa respiration…avant de tout lâcher.
« Je veux vous voir. Je veux pouvoir vous regarder. »
Il y eut un silence, durant lequel il crut mourir mille fois, avant que son amant ne lui réponde :
« Vraiment ? Et comment imagines-tu pouvoir me regarder te faire l'amour si tu es incapable de me regarder lorsque tu t'adresses à moi ? »
Harry sentit son estomac se ratatiner d'avantage. Pourtant, bravement, il décolla sa tête de l'oreiller et tourna son visage vers l'homme qui le tourmentait. Leurs yeux se croisèrent et Harry se trouva incapable d'émettre le moindre son. Lord Voldemort était beau à couper le souffle. Un petit sourire ourla ses lèvres, en réponse à son trouble.
« Installe-toi sur le dos. Je vais te prendre comme tu le désires. »
Ces mots, susurrés ainsi, firent monter le rouge aux joues d'Harry. Maladroitement, il se retourna complètement, plaçant ses jambes de part et d'autre de son fiancé. Ainsi ouvert, il s'offrait complètement. Lord Voldemort caressa ses cuisses avec paresse tandis que ses yeux rouges dévoraient son sexe et, un peu plus bas, son petit orifice.
« Accio lubrifiant, appela-t-il en tendant la main vers la table de chevet. »
Le petit flacon qui y était posé vola jusqu'à la main du Seigneur des Ténèbres, dans laquelle il se logea. Du pouce il fit sauter le bouchon avant de verser l'épais liquide sur ses doigts. Il laissa ensuite le flacon à proximité, sur le sol. Il souleva une jambe d'Harry et posa son pied sur son épaule.
Le garçon observait chacun de ses mouvements, éperdu. Il avait envie de sourire méchamment à cela. Mais cette position l'obligeait, plus que d'habitude, à jouer l'amoureux attentionné. Aussi déposa-t-il un baiser sur sa cheville. Il flatta son érection en même temps qu'il glissait ses doigts lubrifiés dans son cul. C'était un endroit doux, étroit, chaud et terriblement confortable. Il avait hâte d'y enfoncer son sexe. Il avait hâte de voir le garçon se pâmer sous ses coups de reins. Hâte de prouver une fois de plus qu'il avait réussi : il baisait Potter, avec son consentement, après que celui-ci ait travaillé tout le jour à servir ses intérêts. Il mourrait d'envie de pouvoir le lui cracher à la face. Mais à quoi bon ? Potter n'était plus le-garçon-qui-a-survécu. Il était Harry, le garçon dont les parents avaient été ses plus fidèles mangemorts et qui avait perdu la mémoire suite à une attaque des membres de l'Ordre du Phénix. Pour un peu, cette idée l'aurait fait débander. Mais le cul de son fiancé était bien trop bon pour que de tels détails entament son désir.
« Hummhan ! gémit l'objet de ses pensées. »
Ses doigts venaient de toucher sa prostate tandis que le lubrifiant détendait légèrement les muscles de son anus. Il prodigua une nouvelle caresse sur le petit renflement qu'il sentait dans les entrailles brûlantes de Potter, le faisant cette fois crier de plaisir. Il avait fermé son poing sur les draps et il commençait à onduler du bassin.
Il libéra ses doigts de leur prison de chair et lubrifia son sexe. Potter rougissait de gêne et de plaisir, ne perdant rien de la scène. Et il adorait que le garçon le regarde ainsi, dans l'ombre de ses épais cils noirs.
Avec précaution, il le pénétra enfin, ne perdant rien des expressions de son visage. La petite crispation, le souffle qui se coupe, le halètement de bonheur…
Jusque-là, il avait aimé baiser Potter à quatre pattes. Il trouvait cette position avilissante pour le garçon. Mais peut-être que le plus avilissant n'était pas la position, mais le simple fait que le garçon aime être ainsi possédé par un autre homme. Et ce qu'il voyait en ce moment ne pouvait que confirmer que Potter aimait ce qu'il était en train de lui faire. Il faut dire qu'il s'appliquait à la tâche, pour l'entendre encore gémir, pour sentir son corps trembler contre le sien… Pour capturer cette lueur éperdue dans l'émeraude de ses yeux. Aussi le posséda-t-il avec douceur, laissant ses mains goûter sa peau et sa bouche caresser ses soupirs.
Ces attentions menèrent Harry aux portes du plaisir. Il chavira totalement lorsque son sexe fut pris en main. Son poing tira sur les draps, sa jambe trembla contre le torse de son amant et sa bouche s'ouvrit pour gémir. Les doigts de Voldemort, maculés de sperme, agrippèrent sa nuque et il l'embrassa à en perdre haleine, étouffant ses cris alors que sa prostate était délicieusement stimulée. La voix de son fiancé vibra jusque dans sa propre poitrine lorsqu'il atteignit à son tour la jouissance.
Dans le silence de la chambre, leurs respirations précipitées étaient assourdissantes. Ils les laissèrent se calmer alors que leurs yeux surpris balayaient leurs visages empourprés. Puis Voldemort roula sur le dos, non sans avoir attiré Harry contre lui et refermé un bras possessif dans son dos.
Harry était aux anges. Il lui semblait flotter dans un nuage de plumes en sucre. Distraitement, il déposait de petits baisers sur le torse de son fiancé, le bout de ses doigts suivant les veines saillantes d'une de ses mains, abandonnée sur son ventre. Ils remontèrent sur le poignet, firent le tour de l'os rond, gagnèrent l'intérieur sensible de l'avant-bras. Il se perdit dans la contemplation de la peau pâle, marbrée d'un réseau de veines bleues.
« Sur quel bras apposez-vous votre Marque ? »
Il ne savait pas lui-même comment la question était venue à ses lèvres. Mais à présent qu'elle était posée, elle prenait tout son sens.
« Le bras gauche, répondit Lord Voldemort sans ouvrir les yeux. »
« Pourquoi ? »
« Pour la même raison que tu portes ma bague de fiançailles à l'annulaire gauche. Parce que c'est le côté du cœur. »
Il embrassa ses cheveux.
« Dors, maintenant. Les golems attendront demain. »
Harry ne dit plus rien. Mais il ne s'endormit que bien après son amant.
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Se retrouver de nouveau dans ce coin du parc, témoin de leurs échecs à répétition, commençait à sérieusement entamer leur moral. Ce petit coin de paradis avait été saccagé par leurs multiples essais. Des trous de terre et des flaques de boue, pareils à des cicatrices, grêlaient la parfaite pelouse. Des fleurs arrachées finissaient d'agoniser, ici et là, comme autant de victimes collatérales.
Rabastan avait mis au point une nouvelle formule – encore une.
Suivant les instructions de Potter, il plongea sa main gauche dans la terre mise à nu par l'une de leurs précédentes tentatives. Fermant les yeux, il inspira profondément et, baguette à la main, il commença à blasphémer.
« Nici mort, nici al fiintei. Creatura mea…. »
Comme à chaque fois, de gros nuages noirs s'amoncelèrent au dessus d'eux. Aizih, toujours pendue au cou de Potter, se contenta d'humer l'air, alors que son maître restait impassible. La main gauche de Rabastan laissait la terre s'effriter entre ses doigts.
« …Este blestemul ghidat din mâna stăpânului meu. Asa sa fie ! Asa sa fie ! poursuivit Rabastan sans s'arrêter. » (6)
Les premiers éclairs apparurent et le tonner gronda. Des bourrasques de vent froid s'engouffrèrent dans les cheveux d'Harry, mais il resta de marbre, le regard fixé sur le mangemort en train de s'afférer.
« Acum ! Acum ! termina ce dernier en jetant au sol le reste de la terre qu'il avait ramassée.»
Puis il se remit debout et attendit aux côtés de Potter. Bientôt, ils sentirent le sol frémir sous leurs pieds. La terre sortit de la terre, créant un monticule pareil à celui d'une grosse taupinière. Enfin, semblant faire surface pour reprendre son souffle, la tête cabossée du golem émergea. Puis ce furent ses bras noueux, sur lesquels il s'appuya pour extirper du sol le reste de son corps. Aussitôt que la créature se tint devant eux, le vent s'éteignit. Le tonnerre se calma petit à petit, jusqu'à ce que les éclairs disparaissent. Les nuages noirs, eux, restèrent au dessus de leurs têtes.
« Cette fois, il faut que ça marche, déclara Potter. »
Rabastan savait que ses paroles ne lui étaient pas adressées à lui en particulier. Le gamin émettait simplement un souhait, avec la volonté farouche d'un jeune écolier s'essayant pour la énième fois au sort du Levicorpus. Mais Potter n'était plus un écolier. Et il ne tremblait plus face à la créature infernale qu'il venait d'invoquer. Il tendit la main gauche vers le golem immobile et lui ordonna de lever le bras.
Les seules choses qui bougèrent, sous l'effet du vent, furent les trois malheureux brins d'herbe plantés en haut du crâne de la créature.
« Bon, c'est déjà bien, tenta de sa rassurer Potter. »
Mais il n'était pas celui qui avait créé le golem. Et il n'avait pas non plus apposé sa marque sur celui-ci. Alors les chances pour que son ordre soit suivi d'un quelconque effet étaient de l'ordre de zéro. Mais Rabastan se garda de le lui faire remarquer. Il s'entendait bien avec Potter. Il…l'aimait bien. Et sa façon de reculer le moment de vérité par crainte d'un nouvel échec était assez…distrayante. Souriant, il leva à son tour sa main gauche.
« Lève le bras, ordonna-t-il. »
Et le bras du golem n'eut pas même un frémissement.
« Lève le bras ! répéta Rabastan plus fermement. »
Mais sans plus de résultat.
Harry sentit son cœur cogner plus fort à mesure qu'il réalisait. Le golem ne bougeait pas. Il ne bougeait pas !
« Ça a marché… ça a marché ! s'écria Harry en empoignant le bras du mangemort. »
Sa voix, son sourire, ses mains cramponnées à lui comme pour s'assurer qu'il pouvait y croire étaient autant de démonstration de sa joie. Rabastan le trouva solaire en cet instant. Et, bien qu'il fut déstabilisé par la soudaine familiarité du gamin à son égard, il lui rendit son sourire, avec un peu plus de retenue.
« Ne vous emballez pas trop, Mon Prince. Il nous faudrait vérifier cela avec le Maître, avant de crier victoire, lui dit-il tout de même. »
Potter le relâcha.
« Oh mais non, Rabastan ! C'est évident que ça a marché ! Nous avons réussi ! »
Et, enfonçant son index dans la poitrine du golem, il poursuivit :
« La seule personne à pouvoir faire bouger ce tas de boue, c'est Lord Voldemort ! »
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« Des golems ? répéta le professeur MacGonagall, hébétée. »
Severus acquiesça. Il avait fait réunir l'Ordre du Phénix en urgence pour les informer de la brillante trouvaille de Potter.
« Bordel de merde ! jura Fol œil. »
« Comme vous dites, approuva le maître des potions. Et ces créatures seront directement assujetties à Voldemort, qui pourra les contrôler à travers la Marque des Ténèbres dont chacun de ses mangemorts est affublé. Le potentiel de destruction d'une telle armée, guidée par une seule et même volonté, atteindra des sommets. Nous devons trouver une solution pour contrer cette menace, ou le monde sorcier en ressortira meurtri à jamais. »
« Et… Tu dis que c'est Harry qui a eu cette idée ? demanda Molly, atterrée. »
« Non, je ne peux pas le croire ! s'écria Ronald. »
« Et pourtant, je peux vous assurer que l'idée vient bien de lui, Monsieur Weasley. J'étais présent lorsqu'il a fait cette proposition au Seigneur des Ténèbres. »
Hermione attrapa la main de son petit ami.
« Il n'est plus vraiment lui-même, Ron, lui murmura-t-elle pour le réconforter. »
« Effectivement, Miss Granger. Celui que vous connaissiez est en train de disparaitre. Il est urgent de trouver une solution ou alors, amnésique ou pas, Potter ne reviendra jamais des ténèbres dans lesquelles il est en train de s'enfoncer. »
(1) Ni mort, ni vivant. C'est du roumain !
(2) Ni mort, ni vivant. Ma créature. Il est le fléau guidé de ma main. Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il ! Maintenant ! Maintenant ! (Inspiré de la formule : « Nici mort, nici al fiintei... Lasa orbita sa fie vasul care-i va transporta, sufletul la el. Asa sa fie ! Asa sa fie ! Acum ! Acum ! » Buffy saison 2 épisode 22.)
(3) Luke, je suis ton père !
(4) Ni mort, ni vivant. Ma créature. Née de la terre, retourne à la terre. Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il ! Maintenant ! Maintenant !
(5)Huissement : cri du faucon, du verbe huir. A écouter sur internet si vous ne connaissez pas )
(6) Ni mort, ni vivant. Ma créature. Il est le fléau guidé de la main de mon maître. Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il ! Maintenant ! Maintenant !
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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)
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Une lectrice : Merci pour cette nouvelle review. C'est vraiment chouette d'avoir les impressions des lecteurs, bonnes ou mauvaises. Tes compliments me font vraiment plaisir ! Il est vrai que le sexe et la violence sont des sujets récurrents, avec la mort. Les artistes d'hier et d'aujourd'hui s'emparent inlassablement de ces sujets. Ils résument l'hommes, même si je préférerait que l'amour à lui seul résume l'être humain. Tu as raison de dire que tout ne peut pas être en noir ou blanc, car je suis une très grande adepte du gris lol Peut être que tes souhaits concernant Harry se réaliseront, mais peut être pas comme tu l'imagines. Voldemort prend beaucoup de plaisir à manipuler Harry. Il se délecte de le voir y croire, de le voir l'aimer vraiment. Il pense qu'il a gagné. Mais tu verras par la suite qu'il a en fait déjà perdu, même s'il continue pour le moment ses « séances » avec Bellatrix. Hermione et Ron n'oublient pas Harry. J'ai fait en sorte de les intégrer à cette histoire mais ils ne sont clairement que des personnages secondaire, même s'ils ont de l'importance compte tenu du fait qu'ils sont les meilleurs amis d'Harry. J'espère que le chapitre 9 t'aura plu ! A très bientôt pour la suite !
