Petit papa noël,
Quand tu descendras du ciel,
Avec, la paix pour l'humanité,
Je n'aurai, plus rien à demander!
Oh Oh Oh! Mes chers petits, comme tous les ans voici venir la terrible soirée du réveillon. Chez moi on jouera à devine-tête pour éviter les conversations sensibles. Avec un grand adolescent (20 ans passés quand même) susceptible à table, c'est une mesure de sûreté indispensable!
Malgré cette folle soirée en perspective, je ne vous oublie pas! Et, si vous venez vous égarer ici en cette veille de noël, vous trouverez, non pas de la dinde aux marrons (on ne mange pas les animaux, c'est mal mes chers petits), mais un chapitre plein d'actions et de rebondissements qui vous fera passer, je l'espère, un agréable moment.
En vous souhaitant à tous de très bonnes fêtes de fin d'année!
En se retrouve l'an prochain!
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Les non logés trouveront une réponse à leur review en fin de chapitre.
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J'attire votre attention sur le fait que le correction de ce chapitre m'a été livrée parAizhiH-5, en ce jour du 24 décembre. Vous en connaissez beaucoup, vous, des bêtas qui travaillent un 24 décembre? #aizhidéchire
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Dans le chapitre précédent : Severus aide Hermione et Ron pour la traduction des lettres léguées par les sœurs Ada Berzins et Maija Kalnins. Harry et Voldemort se marient Ad vitam aeternam, à la suite de quoi Harry se rend compte qu'il est capable d'appeler les mangemorts à lui. Rosier et Kaanie partagent le même lit. Harry participe au saccage de la ville de Jurmalciem avec Voldemort, quelques mangemorts et jeunes recrues. Il tue un moldu et sauve Torki, une jeune recrue touchée par balle. Il devient alors la mascotte d'une grande partie des partisans du Seigneur des Ténèbres. La gazette du sorcier relate ses exploits et fait de lui un héros au grand cœur. Alors que tout espoir semble perdu, Severus apporte à Hermione la solution : le contre sort à l'Avada Memomagia se trouve être le prénom des descendantes des familles Chottox et Demdike.
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Chapitre 14 : Adda Magia
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8h02
A huit heures ce matin-là l'alerte fut donnée au Ministère de la Magie. Les cheminées d'entrée de l'Atrium, pourtant scellées la veille par sécurité, venaient d'être pulvérisées. Sans surprise, la Brigade de la Police Magique (1)et l'Ordre du Phénix, déjà présents sur place, virent une horde de golems sortir des décombres. Ils s'étaient organisés pour que chaque cheminée soit gardée par l'un d'eux alors que quatre Tireurs de Baguette Magique d'Elite (2) étaient chargés de protéger les portes d'or menant aux ascenseurs.
Très vite, ils furent débordés, leurs efforts contre les golems restant vains. Si l'un de ces monstres explosait sous le coup d'un Destructum, ses morceaux s'aggloméraient à nouveau, de façon anarchique, créant des corps de boue difformes. Les autres sortilèges semblaient sans effet sur eux. Les stupéfix les ralentissaient à peine un instant, le feu ne leur faisait pas plus d'effet et l'Avada Kedavra était parfaitement inutile, ces choses n'étant pas vivantes.
Pourtant, ce n'était pas faute de déployer des trésors d'ingéniosité, notamment pour deux membres de l'Ordre du Phénix. Fred et Georges Weasley s'étaient postés entre la Fontaine de la Fraternité et l'entrée des visiteurs, aux côtés de deux brigadiers de la Police Magique. Si ces derniers combattaient de façon toute protocolaire mais néanmoins honorable, les jumeaux Weasley se démenaient comme de beaux diables, gesticulant en tous sens, hurlant des sortilèges de leur invention ou lançant des projectiles contre les monstres de terre.
« Prends ça, scroutt galeux ! cria Fred en jetant un sortilège au rayon jaune moutarde sur l'un des golems. »
Nul ne savait exactement ce qu'il était censé produire, mais le résultat fut que les bras du golem s'allongèrent et s'entortillèrent pour former de nombreux nœuds entre eux. Mais, deux secondes à peine s'écoulèrent avant que la terre ne se rassemble et se sépare à nouveau en deux bras cagneux et destructeurs.
« Et que dirais-tu de ça, sac de bouse ! répliqua Georges en lui balançant une fiole, qui explosa sur le torse de la créature. »
A l'endroit de l'impact, la terre se gonfla en grosses bulles qui éclatèrent, projetant une boue nauséabonde. Des éclaboussures arrivèrent au visage de l'un des brigadiers qui resta un instant figé, une moue écœurée sur le visage.
Georges était sur le point de s'excuser lorsqu'il entendit son frère hurler son prénom.
Trop tard : le poing gros comme un chaudron d'un autre golem venait de le frapper à la tête. Il s'écroula, inconscient. La créature se contenta alors de l'enjamber pour rejoindre trois autres golems à l'entrée des visiteurs où ils s'alignèrent, empêchant toute entrée mais aussi toute sortie.
Fred s'était précipité auprès de son frère. Il le tenait à présent dans ses bras. Sa tête était ensanglantée. Il le berçait en lui demandant de se réveiller, de ne pas le laisser. Georges restait inerte. Il voulut alors appeler à l'aide.
Mais, lorsqu'il releva son visage en larmes, ses mots restèrent coincés au fond de sa gorge. Autour de lui, tout n'était que désolation. L'Atrium du Ministère de la Magie était aux mains des golems. Ils étaient en train de rassembler les survivants qu'ils avaient fait prisonniers pour les confiner entre l'entrée des visiteurs et la dernière cheminée.
Une ombre se découpa devant lui et il entendit le craquement que fit sa baguette lorsque la créature l'écrasa sous son pied. Il leva les yeux sur l'immense silhouette. Le monstre de terre ouvrit sa main de géant pour le saisir et l'emmener lui aussi.
« Ne me touche pas ! lui hurla-t-il en tentant de se relever. »
Mais il ne voulait pas lâcher Georges. La tête de son frère ballota un peu avant qu'il ne trouve ses appuis. Il réussit à le hisser dans ses bras et à se relever. La main de la créature le poussa dans le dos et il faillit s'étaler au sol avec son précieux chargement. Il parvint à se stabiliser de nouveau et à avancer avant qu'elle ne revienne à la charge. C'est à peine s'il osa regarder le visage des autres prisonniers. Voir la défaite dans leurs yeux n'était pas ce dont il avait besoin. Il avait besoin de pouvoir y croire encore. Les Aurors attendaient leur heure.
Cependant, alors qu'il s'était coulé contre le mur avec son frère, il vit des dizaines et des dizaines de mangemorts envahirent l'Atrium. A présent que leurs marionnettes de terre avaient accompli leur sale besogne, ils entraient par vagues depuis les cheminées détruites.
Mais c'est quand il le vit, lui, que la réalité le frappa de plein fouet. Il était pourtant masqué, comme n'importe quel mangemort, mais la puissance de son aura et la révérence que les autres lui témoignaient ne laissait aucun doute sur son identité. Voldemort venait de faire son entrée.
Sans même leur accorder un regard, il se dirigea vers les portes d'or, à l'autre bout de l'Atrium. L'un de ses sbires marcha sur la main du pauvre Eric Munch, l'agent de sécurité chargé de l'enregistrement des baguettes de tous ceux qui désiraient pénétrer dans les bureaux du Ministère. Il avait défendu les portes jusqu'à son dernier souffle. Et maintenant qu'il était mort, on le foulait du pied comme si son sacrifice ne signifiait rien.
Fred ferma un instant les yeux pour en appeler à Merlin. Ils avaient besoin d'un miracle.
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Harry sortit de leurs appartements. Il ne supportait pas d'être là à ne rien faire, la peur au ventre. Il en voulait à Lord Voldemort d'avoir exigé qu'il reste ici, même s'il comprenait pourquoi. Il fallait qu'il reste hors de tout danger afin de pouvoir parer à un éventuel échec de la prise du Ministère. S'il arrivait quelque chose à Lord Voldemort, leurs partisans ne pourraient plus compter que sur lui, Harry. Mais il ne préférait pas songer à cette éventualité. La simple évocation de la mort de son amant lui soulevait le cœur.
Mais il lui obéirait. Il ne ferait rien d'inconsidéré et attendrait à l'abri des murs de Morsonge, en sécurité. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Et, même lorsque Severus apparut dans son champ de vision, le faisant sursauter alors qu'il se croyait seul dans le couloir, il ne prit pas conscience du danger. Pourquoi l'aurait-il fait ? Severus était un proche de Lord Voldemort. Il allait lui demander ce qu'il faisait là, mais il n'eut pas le temps d'émettre le moindre son que la baguette du maître de potion fut pointée sur lui.
« Adda Magia ! articula celui-ci avec force et conviction. »
Harry pensa qu'il ne connaissait pas ce sortilège avant d'être frappé en plein front par un intense rayon, vert Avada.
Severus toisa Potter, inconscient sur les sombres dalles du sol. Puis, effectuant un mouvement de baguette, il murmura un Levicorpus avant de s'éloigner, silencieux comme un chat, le corps de Potter flottant devant lui.
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Sur ordre de Voldemort, Rabastan avait mis hors service huit des douze ascenseurs du Ministère de la Magie. Il entra avec le Seigneur des Ténèbres, son frère et Bellatrix, ainsi qu'une poignée de mangemorts triés sur le volet, dans l'un des quatre ascenseurs restant. Ils allaient au niveau moins un, celui du Département des Lois et Règlements Magiques.
A la tête d'un second groupe de mangemorts, parmi lesquels Greyback et sa meute de loups garous, Lucius prit un autre ascenseur pour se rendre au niveau moins deux, au Département de la Justice Magique.
Le troisième ascenseur encore en service fut investi par le groupe de Rosier et sa horde de banshees. Ils se rendirent au niveau moins six, le Département des Transports Magiques.
Enfin, le dernier groupe de mangemorts, emmené par Dolohov, monta dans le quatrième ascenseur. Ils s'arrêtèrent au niveau moins cinq. Ils avaient pour mission de neutraliser le Département de la Coopération Magique Internationale afin que tout contact soit coupé avec les ministères et royaumes magiques étrangers. Voldemort se doutait que Rufus Scrimgeour, ancien auror et actuel Ministre de la Magie, aurait averti ses alliés de sa popularité grandissante et de l'éventualité d'une prise de pouvoir de sa part. (3)
Un homme sage ce Scrimgeour pensa Lucius alors qu'il entrait au Département de la Justice Magique. Il espérait qu'il n'avait pas joué au héros et avait évacué le bâtiment. Le silence régnant dans les couloirs des services administratifs du Magenmagot rendit tout le monde nerveux, notamment les plus jeunes recrues, déjà effrayées par la présence des loups-garous à leurs côtés. Le niveau avait probablement été évacué et ils n'auraient pas à se battre. C'est du moins ce que Lucius aurait souhaité. Mais il se fit rapidement une raison lorsque Greyback et ses loups se mirent à humer l'air comme des animaux. Ils avaient pourtant tous à peu près forme humaine, mais la pleine lune était dans trois nuits, raison pour laquelle Voldemort avait choisi ce jour pour lancer son assaut.
« Ils sont ici, annonça Greyback de sa voix rocailleuse. »
Oui mais qui étaient-ils ? Il n'y avait pas eu un seul Auror dans l'Atrium. Il y avait donc fort à parier qu'ils soient restés au plus près du bureau du Ministre. Peut-être même étaient-ils tous au niveau un.
Ils traversèrent les salles d'attente vides, aux aguets, avant d'arriver devant les larges portes d'entrée du quartier général des Aurors. Greyback renifla allègrement la porte, goûtant presque la peur, mais aussi le courage et la détermination des sorciers attendant leur arrivée.
Un sourire plein de dents, pointues et désordonnées, s'étira sur la face velue de l'alpha. Dans un mouvement brutal, il enfonça les portes d'un coup de pied. Elles s'écrasèrent sur les murs de la pièce d'où fusaient déjà les premiers sortilèges. Aussitôt, loups et mangemorts donnèrent la réplique aux Aurors, Tireurs de Baguette Magique d'Elite, et autres mains armées du Ministère rangées en bataillons. Très vite, Lucius reconnut un visage parmi les combattants. Celui d'Arthur Weasley qui, bien que d'un niveau bien en dessous des autres combattants, se battait comme un lion.
Aurors et Tireurs d'Elite étaient également présents au Département des Lois et Règlements, et peut-être même en plus grand nombre encore. Tout comme la salle d'attente des services administratifs du Magenmagot, celle du service des actes civils était vide, sorte de sas de compression menant à l'ennemi. Pourtant, avec Voldemort à leurs côtés, aucun des mangemorts présents ne trembla. Ils allaient au combat comme on se rend au bal, le pas dansant et le cœur en joie. Bientôt, la salle de vote des lois sorcières, le bureau d'impression des lois et la salle de réunion de crise du Ministère résonnèrent du cri des morts. Le rire de Bellatrix lui faisait écho tandis qu'elle sautillait près de son Maître en lançant de vicieux sortilèges.
Voldemort et les Lestrange furent à la porte du bureau du Ministre de la Magie à peine dix minutes plus tard. Obéissant à la volonté du Seigneur des Ténèbres, elle s'ouvrit pour révéler les Aurors formant une barrière autour de Scrimgeour. Il était donc resté. Voldemort n'en attendait pas moins d'un ancien Auror. C'était si prévisible… Et cela arrangeait bien ses plans.
Rodolphus, Rabastan et Bellatrix se chargèrent de la garde rapprochée du futur ex Ministre, lui laissant tout le loisir d'avancer sur sa proie tandis qu'ils se battaient. Voyant cela, Maugrey Fol Œil tenta de s'interposer, mais il fut fauché par le sortilège Videntraille que lui lança Bellatrix. Sa vigilance constante n'avait pas suffi à le sauver du trio infernal que formaient les Lestrange.
Quand Rufus Scrimgeour vit la haute silhouette, sombre, encapuchonnée et masquée se diriger vers lui, il n'eut aucun doute sur son identité. Le moment était donc arrivé et il ne comptait pas laisser la population sorcière aux mains de ce dangereux mage noir. Cependant, alors qu'il s'apprêtait à faire apparaître des cordes enchantées pour maîtriser le Seigneur des Ténèbres, il s'aperçut qu'il était incapable de dire le moindre mot. Voldemort lui avait lancé un sortilège de mutisme, il ignorait à quel moment.
Tel un redoutable félin, il fit alors un formidable bond en arrière et atterrit les deux pieds campés sur son large bureau afin éviter un Incendio lancé par son ennemi. Néanmoins, le bas de sa cape prit feu. Il tenta tant bien que mal d'étouffer les flammes en marchant dessus, mais sa cape était trop courte pour que cela soit efficace. Il crut sa dernière heure arrivée, Voldemort pouvant à tous moment lui lancer un maléfice mortel, alors que son attention était accaparée par le feu embrasant maintenant sa robe.
C'est alors que le sortilège Aguamenti fut hurlé par Percy Weasley et qu'une gerbe d'eau vint arroser ses vêtements enflammés. Le jeune homme avait refusé de quitter le Ministère, comme il le lui avait demandé. Il avait voulu rester pour se battre à ses côtés et le protéger. Cette déclaration n'avait pas manqué de faire rire l'ancien Auror. Mais à présent, il devait une fière chandelle au fils Weasley. En effet, l'attention de Voldemort reportée sur Percy permit à Scrimgeour de retrouver sa voix.
« Expelliarmus ! cria-t-il en brandissant sa baguette. »
Un auror fut projeté sur la table, le déstabilisant et lui faisant manquer de peu le Seigneur des Ténèbres. Tout autour d'eux, les sorts fusaient, Bellatrix, Rabastan et Rodolphus combattant avec hargne les Aurors présents.
Percy était comme tétanisé. Il lui avait semblé apercevoir, l'espace d'un instant, l'éclat rougeoyant des yeux de Voldemort braqués sur lui, à travers les fentes de son masque. Bien sûr, il avait vu dans les journaux le nouveau visage du Seigneur des Ténèbres. Mais sa terreur, bien réelle, l'empêchait de se raisonner. Nourri par les différentes descriptions qu'on lui avait faites de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, il imaginait sa face hideuse de serpent, sa langue fourchue, son absence de bouche et la cruauté de ses traits acérés, alors que sa main gantée de noire pointait sur lui sa baguette. Percy n'arrivait plus à penser, submergé par une terreur sans nom.
Scrimgeour voulut agir pour lui, pour le protéger à son tour. Alors qu'il levait sa baguette, Voldemort étendit son autre main vers lui, sans même le regarder, et c'était comme si une poigne invisible lui serrait le cou. De plus en plus fort.
Le Ministre de la Magie lâcha sa baguette et porta ses mains à sa gorge pour tenter de se dégager. Mais c'était inutile. Il n'y avait nuls doigts autour de son cou. Il n'en demeurait pas moins qu'il ne pouvait plus respirer, son visage devenant de plus en plus rouge et ses yeux semblant vouloir sauter de leurs orbites. Il se sentit mourir.
Il tomba à genoux alors que son ennemi ne le regardait toujours pas. C'est ainsi qu'il rendit son dernier souffle, dans une ignorance et un mépris total. Il s'effondra, tombant de son bureau pour s'écraser au sol.
Sans quitter des yeux la progéniture des Weasley, Voldemort relâcha son étreinte du corps sans vie de Scrimgeour. Puis, avec une délectation inhumaine, il susurra le sortilège de mort. Le rayon vert frappa Percy en plein cœur. Il bascula en arrière sous l'impact. Etendu par terre et les yeux grands ouverts, on pouvait toujours lire sur son visage l'effroi qui l'avait saisi avant de mourir.
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L'effroi était venu quelques secondes après l'incompréhension, lorsqu'Harry avait ouvert les yeux.
Il était allongé sur le lit de Voldemort, dans sa chambre, dans son château.
Severus se trouvait à son chevet.
Enfin, Rogue.
Sa chambre. Son lit. Leur photo sur la table de chevet, prise au clair de lune.
Non. Un vulgaire montage. Il n'avait jamais vécu cette scène.
Le clair de lune. Comme le soir où Lord Voldemort l'avait demandé en mariage.
Non. Voldemort. Le meurtrier de ses parents.
Le mariage. Sa chambre. Son lit. Son lit.
« J'ai de grands projets pour toi, Harry Potter… » « Je te ferais croire que je t'aime et que tu as toujours été mien… » « Je te ferais croire que tu hais les moldus et les Sang-de-bourbe… » « C'est toi qui me supplieras de te baiser… »
« Prenez-moi, Lord Voldemort…. » « Prenez-moi ! …. Prenez-moi ! Prenez-moi ! … » « Je n'exige rien de vous… je vous supplie… »
Harry se redressa et se précipita vers la salle d'eau. Malheureusement, il n'eut pas le temps de l'atteindre qu'il répandit tout ce qu'il avait dans l'estomac sur le tapis persan. Voldemort l'avait fait mettre ici parce qu'il avait remarqué qu'il avait froid aux pieds lorsqu'il sortait du lit le matin. Cette attention l'avait beaucoup touché, comme tant autres…
« Je te ferais croire que tu m'aimes. Que tu m'aimes follement. »
« C'est la vérité ! Je vous jure que c'est vrai ! Je… J'en tremble tant je vous aime ! »
Harry tomba à genoux et eut un nouveau haut le cœur. C'était douloureux. Il ne rendit qu'un peu de bile alors qu'il lui semblait devoir vomir et vomir encore. Ses yeux brouillés de larmes se posèrent sur l'émeraude à son doigt - son alliance - et son estomac se souleva de nouveau.
« Je vous déclare unis par les liens sacrés du mariage… Ad vitam aeternam. »
Pour l'éternité. Harry enfonça ses ongles dans le tapis, jusqu'à s'en faire mal aux doigts.
« Non… Non… Non… se mit-il à gémir. »
« Reprenez-vous, Potter, le somma Rogue en le saisissant par les épaules. »
Harry le repoussa d'un geste brusque et lui fit face, désirant déverser sa rage et son amertume sur son ancien professeur. Mais il était à terre, s'étouffant dans ses sanglots avortés, misérable, incapable d'articuler le moindre mot ou de pleurer vraiment.
Cette chambre était la sienne. Ce lit était le sien, imprégné de l'odeur de leurs corps amoureux. Severus n'avait rien à faire ici. Il devait être à Poudlard pour protéger l'école d'une éventuelle attaque des membres de l'Ordre du Phénix.
Mais Rogue était là. Il avait trouvé le contre sort à l'Avada Memomagia. Il lui avait rendu la mémoire. C'était qu'il voulait l'aider, non ? Alors pourquoi le regardait-il avec dégoût ? Parce qu'il savait ? Il savait qu'Harry souffrait que tout ait été faux ? De savoir que sa vie de petit prince aimé de tous, aimé de Lord Voldemort, n'était qu'une vaste mascarade ?
Il savait qu'Harry avait préféré être le Prince des Ténèbres plutôt que le Sauveur. Et il le méprisait pour ça. Rogue avait raison. Pourquoi ne l'avait-il pas tué au lieu de lui rendre la mémoire ?
Harry voulait mourir.
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9h34
Au Département de la Justice Magique, alors que Lucius, Greyback et ses loups pensaient enfin prendre le dessus, le mur où étaient épinglés les avis de recherche dans le quartier général des Aurors explosa. Par l'ouverture ainsi pratiquée, de nouveaux agents de la Police Magique ainsi qu'une dizaine d'Aurors entrèrent. Ils s'étaient cachés jusque-là dans le placard à balais du service, attendant le « bon moment ». Plus vifs et frais que le reste des sorciers présents ayant déjà participé à une première bataille, ils donnèrent un nouveau rythme aux combats. Très vite, Lucius et Greyback comprirent qu'ils étaient submergés, une pluie de sortilèges Homomorphus ayant considérablement affaibli les loups-garous. Lucius gardait donc espoir, d'autant plus qu'il avait senti sa chevalière s'échauffer. C'était le signal dont ils avaient convenu avec Severus : Potter avait retrouvé la mémoire.
Au niveau moins six, la difficulté pour Macnair, Rosier et sa horde de banshees résidait dans le nombre de pièces où s'était répartis les membres du Ministère et les brigadiers de la Police Magique, épaulés de quelques Tireurs de Baguette Magique d'Elite. Entre le service de régulation des balais, le bureau des permis saugrenus, l'office du bus magique, la régie autonome des transports par cheminée, le centre d'essai de transplanage, l'office des portoloins et la salle des archives, ils s'étaient complètement dispersés. Se séparer n'était pas la meilleure stratégie, mais Voldemort attendait une victoire rapide, ce qui les avait fait opter pour cette solution. Cependant, la présence des Tireurs de Baguette Magique d'Elite était un problème supplémentaire qu'ils n'avaient pas vraiment envisagé, le Département des Transports Magique n'étant pas la place la plus sensible à sauvegarder. Ils étaient en effet de redoutables adversaires pour les banshees, peu habituées à être menacées dans les airs où elles régnaient en maître. Leur vol était vif, mais les tireurs l'étaient tout autant. A croire que le Ministère avait su que les banshees viendraient ici.
A l'inverse, au Département de la Coopération Magique internationale, les Mangemorts avaient définitivement pris le dessus. Dolohov avait mené ses hommes d'une main de fer et la désorganisation des différentes ambassades internationales avait joué en leur faveur. Les seuls leur ayant donné un peu plus de fil à retordre furent les membres de l'organisation internationale du commerce magique. Mais là où l'argent était en jeux, les hommes se montraient toujours plus belliqueux. Comme tout était sous contrôle, Dolohov envoya certains des mangemorts sous ses ordres au niveau moins deux pour prêter main forte au groupe de Lucius et Greyback, comme il en avait été convenu avec le Maître.
Cette dizaine de mangemorts supplémentaires suffit au groupe de Lucius pour finalement prendre le dessus sur les forces du Ministères de la Magie. Les derniers opposants qui n'avaient pas été tués furent faits prisonniers et on les escorterait le moment venu jusqu'aux cachots de Morsonge où ils attendraient de connaitre leur sort. Lucius était en train de ranger les baguettes magiques qui avaient été saisies dans la sacoche prévue à cet effet lorsqu'il entendit Greyback grogner.
« Celui-là est pour moi, disait-il à une jeune recrue qui emmenait Arthur Weasley. »
Lucius observa la scène. Greyback avait pris le bras du roux filasse. Celui-ci accusait une énorme bosse violacée sur le haut de son front dégarni. Un petit filet de sang s'en échappait et coulait le long de son visage blafard. D'énormes cernes accentuaient son regard hagard. Il semblait ne pas réaliser ce qui se passait. Comme si le mal ne pouvait pas avoir gagné.
Dans une grande inspiration, Greyback se gorgea de l'odeur du sang sur sa joue avant que sa langue monstrueuse ne vienne lécher la trainée rougeâtre.
« Ta chair ne sera pas aussi tendre que celle de ton rejeton, Weasley, mais je m'en contenterai avant de pouvoir lui remettre la main dessus. Je rêve toutes les nuits de pouvoir le dévorer. Je sucerai même la moelle de ses os quand je l'aurais retrouvé… »
« Bill est déjà loin d'ici. Tu ne l'auras jamais, répondit Arthur, mais avec un tel manque d'assurance que sa voix tremblotait. »
Et Greyback pouvait dire que l'homme mentait. Il sentait sa peur pour son enfant. Il avait toujours aimé se gorger de la peur des parents pour leur progéniture. Il n'y en avait pas de plus pure, de plus vraie.
« Allons mon tout beau, tu vas adorer expérimenter par toi-même tout ce que je vais lui faire, assura le loup-garou en le tirant à sa suite. Je vais nous offrir un peu plus d'intimité, je n'aime pas qu'on me regarde manger, lui expliqua-t-il alors qu'ils se dirigeaient vers le trou que l'explosion avait provoqué. »
Greyback enjamba lestement les débris mais Arthur trébucha sur un gros éclat de pierre. Il se cogna durement les genoux sur le sol avant que l'autre le redresse et le colle contre lui.
« Allons mon tout beau, ne traine pas les pieds, lui susurra-t-il à l'oreille avant de l'entrainer dans le couloir. »
Il regarda des deux côtés avant de tourner sur la droite. Ils passèrent devant la salle des archives et continuèrent jusqu'à une toute petite porte au fond du couloir. On pouvait lire « Service des détournements de l'artisanat moldu » sur l'écriteau. C'est ici que Greyback voulait le tuer, dans son bureau, là où il avait tant aimé se plonger dans l'étude des objets moldus.
Ils entrèrent et le loup-garou ne prit pas la peine de fermer la porte. Personne n'oserait venir déranger le fauve en train de se repaitre. Il le tira jusqu'à son bureau duquel il vira tout son bazar organisé. Puis il le saisit à la gorge et le balança dessus.
La douleur dans son dos arracha un gémissement à Arthur. Mais il ne chercha pas à se débattre ou a à se défendre. Il avait perdu tout espoir et se sentait juste comme un enfant prêt à fondre en larmes. D'ailleurs, lorsque Greyback arracha sa chemise, il se mit à pleurer pour de bon.
« Ta peau est flasque, constata Greyback. Elle va me rester entre les dents, grimaça t-il. J'espère au moins que tes cris me feront bander. »
Sur ses dernières paroles, il attrapa les hanches d'Arthur et plongea ses crocs dans son ventre pour le déchirer.
La morsure fit mal à Arthur, mais pas autant que ce qu'il avait imaginé. D'ailleurs, Greyback se redressa et le regarda d'un air hébété. Arthur toucha son ventre. Il était humide là où le monstre l'avait mordu et il sentit la trace de ses dents.
« Pour l'amour de Merlin, Weasley, dépêchez-vous ! entendit-il depuis la porte. »
Lucius Malfoy se trouvait là et semblait l'attendre. Il se redressa et hésita un instant entre le loup-garou et le mangemort. Définitivement : le mangemort. Il jeta un œil sur Greyback. Celui-ci observait sa main, qui n'avait plus rien de lupine. Arthur vit que son visage aussi avait repris forme humaine. Il avait perdu tout ce qui faisait de lui un loup-garou non transformé : sa pilosité, ses griffes, ses crocs et sa force physique. Lucius lui avait probablement lancé un Homomorphus. Mais cela n'expliquait pas son air perdu. Peut-être un sort de confusion.
Arthur s'en moquait. Il se remit debout et suivit Lucius. Ils passèrent la salle des archives et alors que le rouquin pensait que le blond le ramenait avec les prisonniers, il bifurqua pour emprunter le couloir longeant le quartier général des Aurors par la gauche. Ils remontèrent le service des usages abusifs de la magie avant d'arriver dans le couloir des ascenseurs. Lucius en appela un et les portes s'ouvrirent immédiatement. Il le poussa à l'intérieur et demanda le niveau moins six.
« Que faites-vous Malfoy ? lui demanda Arthur, son assurance en partie retrouvée. »
« J'essaie de vous sauver la peau. »
« Pourquoi feriez-vous une chose pareille ? »
« Ne me le demandez pas, ce n'est vraiment pas le moment. Je vais vous conduire au centre d'essai de transplanage. Débrouillez-vous pour retrouvez vos petits camarades à Poudlard. »
Arthur comprit que Malfoy savait que l'Ordre du Phénix avait été informé que l'attaque du Ministère se produirait aujourd'hui et qu'ils en avaient profité pour tenter de reconquérir Poudlard. Malfoy était l'un des leurs ? Pas si sûr que ça… Il venait de l'empoigner et de lui planter sa baguette dans le dos.
Il le poussa sans ménagement dans le seul couloir accessible depuis les ascenseurs. Il grouillait de mangemorts et il entendit des sortilèges fuser de toute part. Une banshee passa devant eux, sortant de l'office du bus magique en trainant un brigadier de la Police Magique par les cheveux. Un peu plus loin, Lucius vit Rosier et Kaanie entrer dans la salle des archives.
Personne ne les arrêta. Lucius n'avait jamais assisté à une bataille si désorganisée. De la fumée sortait de la régie autonome des transports par cheminée et une banshee était en train de chevaucher un Tireur de Baguette Magique d'Elite en plein milieu du couloir. L'homme poussait des gémissements pitoyables alors qu'elle l'étouffait entre ses cuisses.
Sans perdre de temps, Lucius poussa Arthur à l'intérieur du centre d'essai de transplanage. La confusion régnait aussi ici. Des sorciers étaient désartibulés, çà et là, et Lucius était bien incapable de dire s'il s'agissait de mangemorts ou non. Il y avait même une aile de banshee qui battait pitoyablement sur le sol.
« C'est à vous de jouer, Weasley. Allez rejoindre les membres de l'Ordre et dites leur que Potter a retrouvé la mémoire, lui ordonna-t-il en lui fourrant sa baguette dans la main. »
« Harry ? Il n'est plus amnésique ? »
Une rage froide s'imprima sur le visage du Lucius et il pointa sa propre baguette au milieu du front d'Arthur.
« Dégagez d'ici Weasley avant que je ne vous fasse la peau, le menaça-t-il entre ses dents. »
Les yeux du roux s'agrandirent de peur et il transplana sur le champ.
Quand il se retourna, Lucius vit une jeune recrue qui le regardait. Il le reconnut tout de suite malgré son masque encore en place, grâce à son turban. Il s'agissait de Torki, l'un des petits protégés de Potter. Il avait manifestement assisté à toute la scène. Le blond s'approcha de lui d'un pas conquérant.
« Tout se passe bien ici ? lui demanda-t-il alors qu'il était visible que tout était sans dessus dessous. »
« Vous… vous l'avez laissé partir ? »
« Il semblerait, oui. Mais tu ne t'en souviendras pas, lui assura Lucius avant de brandir sa baguette pour lui jeter un Obliviate. »
Le jeune homme resta sans bouger, un peu perdu.
« Je suis venu vous porter main forte. Mais ce n'est pas une raison pour rester planté là sans rien faire ! lui cria un Lucius Malefoy en colère. »
Puis le blond se détourna pour prendre part aux combats. Torki observa un instant sa dextérité et sa force tandis qu'il échangeait des maléfices tous plus tordus les uns que les autres avec les hommes du ministère. Il n'aurait cependant jamais pensé que le mangemort l'emporterait avec un simple Doximpetum (4). Le sortilège fit apparaitre une nuée de Doxy (5) qui attaquèrent aussitôt tous les sorciers présents avec leurs petites dents pointues et vénéneuses. Cela créa un mouvement de panique qui poussa tout le monde à sortir de la salle. Les forces du Ministère les avaient obligés à se disperser. Rien ne les empêchait de les forcer à se regrouper, comprit Torki. Dès que la salle du centre d'essai de transplanage fut vide, Lucius cella la porte.
« Je m'occupe de l'office des portoloins ! l'informa Torki en détalant. »
Le plus jeune connaissait déjà le sortilège Doximpetum. Il était donc en mesure de le jeter mais jamais il n'aurait pensé à l'utiliser ainsi s'il n'avait pas vu Lucius le faire. Très vite, toutes les salles du Département des Transports Magiques furent vides, hormis le service de régulation des balais où tout le monde s'était rassemblé pour échapper à l'invasion de Doxy.
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« Vous n'avez pas le temps de nous jouer un mélodrame, Potter, le tança Rogue. Le Seigneur des Ténèbres est en ce moment même au Ministère où il tente de prendre le pouvoir grâce à l'armée de golems que vous avez eu la bonne idée de lui fournir. Vous êtes en mesure de l'arrêter. Il n'y a pas de temps à perdre. »
Harry était toujours à terre. Il le regardait, éperdu.
« Vous me demandez de le trahir ? »
Severus serra les poings, se retenant de gifler ce gamin stupide.
« Réalisez-vous, Potter, que nous parlons de Voldemort, le meurtrier de vos parents ?! Il a effacé votre mémoire et vous a trompé durant des mois. Il s'est joué de vous de la pire des façons. Vous savez quel sort il réserve au monde sorcier. Que penserez-vous de vous lorsque Granger sera condamnée à mort et exécutée pour avoir eu le mauvais goût de naitre de parents moldus ? Vous seul avez le pouvoir de l'arrêter. »
« Je ne peux pas… »
« Si, vous le pouvez. De la même manière que vous pouvez utiliser la marque des ténèbres pour faire venir à vous n'importe quel mangemort, vous pouvez l'utiliser pour stopper les golems, grâce à votre lien marital avec lui. »
Harry secoua la tête, un désespoir sans nom peint sur son visage.
« Il ne me le pardonnera jamais ! »
Excédé, Severus s'accroupit en face du gamin et prit son visage entre ses mains.
« Potter, vous êtes quelqu'un de bien. Vos idées sont confuses parce que vous venez de retrouver la mémoire. Mais au fond de vous, vous savez que vous n'aimez pas cet homme. Il a tué votre mère. Et votre père aussi. Et des dizaines d'autres innocents. Des centaines d'autres mourront si vous ne l'arrêtez pas. Et je sais que ce n'est pas ce que vous voulez. Je sais que vous ne pourriez jamais vivre avec ça sur la conscience. Vous n'êtes pas seul. Je suis là pour vous aider. Ainsi que Lucius, Drago, et tous les membres de l'Ordre qui vous attendent à Poudlard. »
Harry semblait le regarder sans le voir, incapable de se décider entre le désespoir, la colère ou la folie. Bien d'autres seraient devenus fous à sa place, Severus en avait conscience. Mais le gamin devait tenir le coup jusqu'à ce qu'il ait rempli son rôle dans la prophétie. C'est ce que lui avait appris Dumbledore lorsqu'il était encore en vie. Et même si cette idée l'avait révolté, il savait que c'était la seule solution.
« Harry… Je vous en prie, aidez-nous, murmura Severus à bout d'arguments. »
Jamais Harry n'avait vu son professeur de potion ainsi. La chauve souris des cachots devaient vraiment être complètement désespérée pour s'adresser à lui ainsi. Harry l'était aussi.
Tout était embrouillé dans sa tête. Ses souvenirs revenus ne lui permettaient pas d'accepter les derniers mois qu'il avait vécus, et vis versa. Ça ne collait pas. C'était comme parvenir à mélanger de l'huile et de l'eau. Quand vous pensiez y être parvenu, les deux liquides se scindaient de nouveau.
Le cœur d'Harry était scindé en deux et sa raison ne parvenait pas à recoller les morceaux.
« Ne réfléchissez pas trop. Vous n'avez jamais été doué pour ça et il sera bien temps ensuite de le faire. Demandez-vous simplement ce qui est bien et ce qui est mal. Votre courage de gryffondor fera le reste. »
Il y eut un moment de flottement. Les grands yeux verts d'Harry parcouraient le visage de Severus, comme si la réponse pouvait être inscrite sur ses traits cireux. Et c'était peut-être bien le cas.
« D'accord, souffla-t-il en dégageant son visage des mains du maître des potions. »
Il allait essayer d'arrêter les golems. Bien que ses jambes soient flageolantes, il se remit debout. Au même moment, un hibou cogna son bec contre le carreau d'une des grandes fenêtres de la chambre. Severus, qui avait reconnu l'oiseau, se pressa pour aller lui ouvrir et réceptionner la missive accrochée à sa patte.
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11h27
« Je viens d'en voir un entrer dans cette pièce ! l'informa Rosier. »
Kaanie le suivit et entra avec lui dans la salle des archives du Département des Transports Magiques. Elle n'aimait pas ce qui se passait aujourd'hui. Elle savait qu'elle et ses sœurs avaient promis mais savoir l'homme qu'elle aime ainsi exposé au danger la rendait malade d'inquiétude. Elle ne cessait de fureter du regard dans tous les coins en le suivant, pour assurer ses arrières. La moindre menace, elle l'écartait sans hésitation, comme lorsqu'elle avait égorgé le vieux brigadier avec les serres de ses pattes. Elle avait vu qu'il s'apprêtait à pointer sa baguette sur son compagnon. Elle ne lui en avait pas laissé le temps.
Il faisait sombre entre les allées d'archives. Elle redoublait donc de vigilance. On n'entendait pas un bruit, si ce n'était le pas précautionneux de Rosier et le doux battement de ses ailes.
« Je ne vois et n'entends personne, chuchota-t-elle. »
« Et c'est bien normal, ma chère, puisqu'il n'y a personne, lui répondit-il en se stoppant. »
Elle était si concentrée à le protéger qu'elle ne comprit pas le sens de ses paroles. Rosier se retourna brusquement, sa baguette pointée vers elle.
« Sectumsempra ! lança-t-il. »
Le maléfice la déchira de toute part et elle poussa un terrible cri d'agonie.
Pourquoi ? Pourquoi son compagnon avait-il fait ça ? On lui avait probablement jeté un sort pour l'obliger à agir ainsi. Elle savait que les sorciers pouvaient faire de telles choses. Elle n'avait pas été assez vigilante.
Kaanie glissa dans les airs, comme une feuille morte bercée par le vent. Elle s'échoua au sol dans un bruit d'ailes froissées. Elle avait mal, terriblement mal. Elle se vidait de son sang de toute part. Elle pouvait à peine bouger et respirer était un supplice. Elle entendit son compagnon se rapprocher. Ses yeux de lune rousse baignés de larmes cherchèrent son visage. Il la regardait froidement. C'était probablement ce sort. Il était tellement troublé habituellement lorsqu'il la voyait.
« Finalement, ton sang est rouge, commenta-t-il. Je me disais qu'il serait peut-être vert ou jaune. Un sang monstrueux pour une créature monstrueuse. »
Il lui disait des méchancetés. C'était encore le sort. Elle était triste de mourir et de le laisser. Sans elle pour le protéger, que ferait-il, son fragile sorcier humain ? Elle aurait voulu le rassurer, lui dire qu'il ne devrait pas s'en vouloir car rien de cela n'était de sa faute. On lui avait jeté un sortilège. Elle espérait qu'il le saurait, même si elle ne disait rien. Elle ne voulait pas qu'il vive avec la culpabilité d'avoir tué la femme qu'il aime.
Il ne le lui avait jamais dit, bien sûr, mais elle savait qu'il l'aimait. C'était écrit sur son visage lorsqu'ils faisaient l'amour et qu'il ahanait son prénom, « Ka-a-niiie ».
« Je… t… Je… t'aime… articula-t-elle malgré la douleur que cela lui causait. »
Il la regarda avec un sourire désabusé.
Puis il s'accroupit à ses côtés et passa ses doigts dans sa longue chevelure noire. Il savait se montrer si doux parfois.
« Et moi, je t'ai en horreur, Kaanie. Tout en toi me répugne. Tu es une erreur de la nature. Je n'avais pas d'autre choix que de me débarrasser de toi. Tu comprends ? »
Mais Kaanie ne lui répondit jamais.
Il se redressa, et la laissa là, faisant bien attention à ne pas marcher dans son sang répandu.
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« C'est trop tard, Potter, lui annonça Rogue après avoir lu la missive apportée par le hiboux. Scrimgeour est mort. Tout le Ministère est sous contrôle. Voldemort a pris le pouvoir. »
Un frisson traversa Harry. Son corps exprimait ce que son esprit n'arrivait pas à formuler.
« Il sera de retour d'ici ce soir. »
Rogue jaugea Harry de façon critique. Le garçon était défait. En l'état actuel des choses, il ne tiendrait pas deux minutes face à Voldemort.
« Il faut que vous partiez, décida-t-il. Je vais vous faire transplaner. Prenez mon bras, ordonna-t-il en tendant son bras vers Harry. »
« Non ! »
« Ne soyez pas stupide, Potter. Je ne vous donne pas deux minutes avant que Voldemort ne s'aperçoive que vous avez retrouvé vos souvenirs. Et quand il aura compris, il vous tuera. »
« Il ne le fera pas. Il m'aime. »
« PAUVRE FOU ! hurla Severus, à bout de patience. Il vous a fait croire qu'il vous aimait. Tout n'était qu'une comédie grotesque ! Bon sang, réveillez-vous Potter ! »
« Je sais bien que tout n'était qu'une comédie. C'est vous qui ne comprenez pas, lui répondit-il, des trémolos dans la voix. Vous n'avez pas vécu à ses côtés comme je l'ai fait. Vous ne savez pas la moitié de ce qu'il y a entre nous. »
« Peu importe ce que vous pensez, Potter. Dès qu'il saura que vous n'êtes plus sa marionnette, il balaiera tout ce que vous croyez avoir vécu avec lui et il vous tuera. Et si vous pensez le contraire, c'est que vous êtes naïf. »
« Vous n'écoutez rien de ce que je vous dis ! cria Harry en balayant l'air d'un geste de la main. »
Trois carreaux de fenêtre explosèrent sous l'afflux de magie. Finalement, la colère l'avait emportée sur toute autre émotion. Et tant qu'il serait plein de colère, il ne penserait pas. Il ne penserait pas aux attentions, aux mots d'amour, aux caresses.
« Il a confiance en moi, reprit-il plus calmement alors que Severus restait sur le qui-vive, prêt à le maitriser. Il n'y a qu'avec moi qu'il baisse sa garde. Je resterai près de lui et, dès que l'occasion se présentera, je le tuerai, termina-t-il, des larmes de rage dans les yeux. »
« Ne me faites pas rire, Potter. Regardez-vous ! Vous en êtes incapable. »
« J'ai déjà tué. Je sais ce que c'est. Je pourrai le refaire, contra-t-il d'une voix mesurée. »
Mais ses poings tremblaient. L'air était électrique. Une étincelle ferait exploser Potter et sa magie, comme lorsqu'il avait détruit le bureau de Dumbledore à la mort de Sirius.
« Certes, mais vous l'aimez, Potter, répondit-il avec dégout. Et ça, ça change tout. »
« Non. .Hais, articula Harry en détachant chaque mot. Je le hais, même si ça n'a rien de simple. Vous pouvez me trouver méprisable, ça m'est égal. Vous avez raison sur un point : jamais je ne pourrai vivre en sachant que j'avais les moyens de mettre un terme à sa folie et que je n'ai rien fait. Je le tuerai, Rogue. Je le tuerai pour mes parents, pour toutes les autres vies qu'il a prises et pour toutes celles qu'il ne prendra pas une fois mort. »
Et je le tuerai pour avoir violé mon cœur.
« Je vous donne ma parole que je le ferai ! »
Et Severus pouvait aisément le croire, la colère du garçon suintant par tous les pores de sa peau. Mais plus que tout, la détermination farouche d'Harry Potter était de retour dans ses grands yeux verts.
(1) Oui, oui, la Brigade de Police Magique. Je n'ai rien inventé, c'est l'Encyclopédie Harry Potter qui le dit ! Et il y aurait aussi, toujours selon l'EHP, des Tireurs de Baguette Magique d'Elite. Si, si.
(2) Cf (1)
(3) Pour rappel, le Ministère de la Magie se situe sous terre. Il se compose de dix niveaux. L'Atrium se trouve au niveau moins huit.
(4) Doximpetum : sortilège de mon invention.
(5) Doxy : Appelées aussi fées mordeuses car ce sont des petites créatures recouvertes de fourrure noire ressemblant à des fées. Elles possèdent des dents pointues et venimeuses. (Merci EHP).
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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)
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Emma : Contente que le mariage t'ait plu. Je voulais quelque chose de beau et grandiose mais aussi de sombre et inquiétant. Ce n'est pas simple de retranscrire une atmosphère ! J'espère que le chapitre d'aujourd'hui t'aura plu, même s'il est beaucoup moins glamour. A bientôt !
Julie : Tu craignais le pire pour la suite… alors j'imagine qu'après la lecture de ce chapitre, tu trembles ! Mais nous sommes encore loin de la fin de cette histoire. Patience ! A bientôt
Rose : Tu as bien réussi à résumer la situation d'Harry. Et c'est maintenant qu'il est au sommet que tout s'effondre. Tu as déjà, dans ce nouveau chapitre, une partie des réponses aux questions que tu te posais. D'autres viendront dans le chapitre suivant. Je ne peux pas y répondre sans spoiler mon histoire lol A bientôt !
Claire : Tu as très bien compris toute la situation. La tournure de ce nouveau chapitre ne devrait donc pas trop t'effrayer ! Je pense qu'avec ou sans Voldemort, Harry aurait eu envie de se venger des Dursleys et de Peter. Mais il ne serait jamais passer à l'acte. On a tous déjà eu des envies de meurtre, et ce n'est pas pour autant qu'on est passé à l'acte lol Mais Voldemort lui a appris à céder à ses envies. A toutes ses envies. Quant à moi, je ne suis pas versée dans le dramatico-tragique LOL
