BONNE ANNÉE!

Et non, ce n'est pas encore trop tard! Cette année, je ne vais pas vous faire de vœux très originaux. Je pense que notre monde entre dans une période vraiment sombre aussi je ne vous souhaiterais que d'être préservés de cette noirceur. Restez forts, croyez en vous et n'hésitez jamais à vous battre pour les causes perdues si elles sont justes. Je vous souhaite d'être heureux ainsi et en bonne santé!

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Les non logés trouveront une réponse à leur review en fin de chapitre.

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Aizhi est toujours à la correction. Mes jours heureux avec elle comme infaillible bêta sont comptés aussi je profite un maximum de son super travail pour ces derniers chapitres! J'espère que vous savez apprécier ses efforts car je vous assure que sans elle il y aurait pas mal de fautes dans mes chapitres.

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Dans le chapitre précédent : Voldemort réussit à prendre le ministère. Lors de la bataille, Maugrey Fol œil, Percy Weasley et Rufus Scrimgeous sont tués, Fred et Georges sont fait prisonniers après que Georges ait été gravement blessé, Lucius aide Arthur à s'enfuir et Rosier tue Kaanie. Parallèlement, Severus lance le sortilège Adda Magia à Harry, lui permettant de retrouver ses souvenirs. Sous le choc, Harry garde un long moment l'esprit embrouillé, tiraillé entre ses anciens souvenirs et les nouveaux qu'il a construits depuis qu'il est à Morsonge. Mais finalement, il donne sa parole à Severus qu'il tuera Voldemort dès que l'occasion se présentera.


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Chapitre 15 : A Chuisle

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L'heure était au bilan pour les membres de l'Ordre du Phénix, réunis dans le bureau du directeur de Poudlard. Il y régnait bien plus d'ordre que lorsque cette pièce était occupée par Albus Dumbledore, dont le portrait avait rejoint ceux des précédents directeurs sur le mur. Actuellement, Albus dormait dans son cadre, le menton posé sur la poitrine, son chapeau pointu penchant drôlement sur le côté. Ses lunettes en demi-lune avaient glissés sur le bout de son nez.

Severus avait invité Minerva à prendre place dans le siège directorial, disant que cette place lui revenait maintenant que Poudlard était libéré de la présence des mangemorts. Mais elle avait refusé, arguant qu'il était celui qui avait protégé l'école durant ces longs mois d'occupation par l'ennemi.

Les mangmorts avaient été boutés hors du château, pour ceux qui avaient pu s'enfuir. Les autres étaient morts.

Minerva Mcgonagall revoyait un groupe de sorciers masqués courir vers les grandes portes de l'école alors que Ginnerva Weasley, Fleur Delacour et elle-même leur lançaient des slaves de sortilèges : Diffindo, Cracbadaboum, Incendio… Ils avaient réussi à parcourir quelques mètres hors du château avant que Norberta ne les rôtisse sur place.

La bataille était terminée, mais la dragonne continuait à veiller sur l'école, perchée sur la plus haute tour du château, ou volant au dessus de l'édifice en décrivant de larges cercles, tel un vautour au dessus d'une charogne.

Et il est vrai que l'école faisait grise mine. Elle n'était certes plus aux mains de l'ennemi, mais la sécurité du lieu restait précaire, Voldemort pouvant à tout moment lancer une nouvelle attaque pour reprendre Poudlard. Les élèves étaient confinés dans leurs dortoirs et salles communes jusqu'à nouvel ordre. De nombreux dégâts étaient à déplorer ce qui, avec la magie du lieu qui avait été grandement perturbée, rendait certains couloirs tout aussi dangereux que la forêt interdite.

« Severus, as-tu des nouvelles du Ministère ? le pressa Molly Weasley, à peine installée. »

« Pas plus que ce que vous savez déjà tous : Scrimgeour est mort, le Ministère est tombé. »

« Les enfants…insista Arthur Weasley, dont le front était marqué d'une croûte cernée d'un hématome violacé. »

« Tout ce que je peux vous dire c'est que les survivants qui refuseront de prêter allégeance au Seigneur des Ténèbres seront ramenés et enfermés à Morsonge. Je n'en sais pas plus. Croyez bien que si j'avais la moindre information, je vous la communiquerais. Je n'étais pas là-bas. J'étais avec Potter, rappela-t-il avec le peu de patience qui lui restait. »

« Comment va-t-il ? l'interrogea Minerva alors que les Weasley étaient rongés d'inquiétude. »

« Mal. »

« Pourquoi ne l'as-tu pas ramené ici ?! s'indigna Remus Lupin en se mettant difficilement debout. »

Il avait été touché par un maléfice qui lui avait déchiré la jambe. Pomona Pomfresh, l'infirmière de l'école, avait fait son possible pour réparer les muscles de sa cuisse, mais c'était du bricolage comparé aux soins qu'il aurait pu recevoir à Sainte Mangouste. L'hôpital était aux mains de Voldemort, il fallait donc faire avec ce qu'on avait.

« Il n'a pas voulu me suivre, cracha Rogue en retour. »

« Mais enfin, ce n'est qu'un enfant ! S'il ne voulait pas te suivre, tu pouvais le ramener de force ! »

L'emportement de Remus réveilla dans un petit sursaut le portrait d'Albus Dumbledore. Tout en redressant son chapeau, il chassa toute trace de sommeil de ses petits yeux bleus couturés de rides.

« Pardonne-moi de te détromper, Lupin, mais Potter n'a plus rien d'un enfant. »

« Attendez, vous dites qu'Harry a retrouvé la mémoire mais qu'il a préféré rester auprès de Voldemort ? énonça Ronald Weasley avec une agressivité à peine voilée. »

Il se tenait debout derrière le dossier du fauteuil de sa mère. Elle posa immédiatement sa main sur la sienne, compatissante. Ron venait de d'émettre l'hypothèse que tous craignaient. Il était à bout. Il n'avait aucune idée du sort qui avait été réservé à ses frères, Percy, Fred et George, et Hermione gisait dans un lit de l'infirmerie, entre la vie et la mort. Elle s'était battue jusqu'au bout avec l'espoir qu'une fois sa mémoire retrouvée, Harry les sauverait tous. Mais Harry semblait avoir choisi le camp des ténèbres.

« Non, Harry ne ferait jamais ça ! contra Hagrid avec toute la conviction du monde. »

Dans son cadre, Dumbledore opina du chef.

« Ce n'est pas ce que j'ai dit, monsieur Weasley, confirma Rogue. »

Et c'était comme si l'ensemble des membres de l'ordre respirait à nouveau.

« Qu'en est-il alors ? demanda Minerva. Pourquoi ne nous a-t-il pas rejoints ? »

« Potter a décidé de jouer au héro. Il compte profiter de sa…position auprès du Seigneur des Ténèbres pour le tuer, dès qu'ils seront en tête à tête. »

« Et tu l'as laissé là-bas, tout seul, pour affronter ce monstre ? reprit Remus avec colère. »

« Il a raison ! Nous ne pouvons pas laisser notre destin aux mains d'un enfant ! approuva Hestia Jones, bien que ce ne fût pas exactement ce qu'avait voulu dire le loup-garou. »

« C'est le destin d'Harry, professa Dumbledore. Lui seul peut affronter Voldemort. »

Les membres de l'ordre lui jetèrent des regards circonspects. On pouvait clairement voir sur le visage de Dedalus Diggle qu'il le prenait pour un fou. Les autres n'en montraient rien. Le portrait du vieux directeur leur souriait avec douceur, le regard pétillant de malice.

« Oui mais comment, Albus ? lui demanda Minerva. »

« Avec son cœur, révéla Dumbledore. L'amour est la plus grande force d'Harry, déclara-t-il de façon mystérieuse. »

Minerva et Severus échangèrent un regard lourd de sens.

« Je pense que Potter a raison, reprit ce dernier. Pouvoir tuer le Seigneur des Ténèbres sans avoir à le combattre est une opportunité qu'il faut saisir. Je ne l'ai pas non plus laissé sans échappatoire. Nous avons convenu qu'il garderait constamment dans sa poche un portoloin, un simple gallion, qui pourra le ramener au manoir des Black dès qu'il sera activé. »

« Mais…ce n'est qu'un enfant… Il ne devrait pas avoir à porter cette responsabilité… souligna Fleur. »

Elle n'était pas beaucoup plus âgée qu'eux mais avait déjà développé un fort instinct protecteur envers Harry, Ron et Hermione. C'était dans ces moments-là que Molly comprenait que son fils Bill l'avait choisie, malgré qu'elle soit si différente d'eux.

« Harry avait onze ans la première fois qu'il a affronté Voldemort, déclara Ron d'une voix dure. Après ça, il a eu affaire à un basilic, des détraqueurs, un dragon magyar à pointes, une horde de mangemorts et j'en passe et des meilleures. Si Harry dit qu'il peut le faire, alors il le fera. Nous devons avoir confiance en lui et continuer à nous battre de notre côté, pour le soutenir en affaiblissant l'ennemi. »

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Installé sur son trône, Harry avait la gorge sèche et les mains moites. Il entendait déjà la clameur des mangemorts victorieux.

Severus était reparti pour Poudlard. L'Ordre du Phénix, avec l'aide de la dragonne de Charlie, avait réussi à reconquérir l'école de sorcellerie. C'est là-bas que se trouvaient ses amis Ron et Hermione, ainsi que toute la famille Weasley. Ils avaient participé à l'assaut. Mais Harry n'en savait pas plus. Il ne préférait pas y penser. S'il leur était arrivé quelque chose…

Il chassa ses sombres pensées pour se reconstituer un visage plus approprié à ce que Voldemort s'attendait.

Harry n'avait jamais été très doué pour jouer la comédie et tempérer ses émotions, raison pour laquelle il avait toujours fait bien attention à garder la tête basse devant son oncle et sa tante lorsqu'il vivait avec eux. Les Dursley… enfermés dans un cachot, sous ses pieds, torturés par ses soins…

Harry ferma fortement les yeux et inspira à fond. Il devait chasser tout ça de son esprit pour le moment.

En effet, il y avait une différence entre faire profil bas pour ne pas attirer l'attention sur lui et jouer la comédie. Mais il se rappelait de tout. Sa façon d'agir avec Voldemort, de s'adresser à lui, de lui sourire… Tout cela était ancré en lui. Il espérait que ça l'aiderait à dissimuler sa duplicité.

Aizih resserra ses anneaux autour de son cou, soutien silencieux tandis que la clameur se rapprochait toujours plus.

Bientôt, les portes de la salle du trône s'ouvrirent sous les acclamations de liesse. A la tête de cette armée de mangemorts, Voldemort, encadré des Lestrange et de Lucius. Harry observa la pièce se remplir alors que son mari avançait droit sur lui.

Il ne fit pas mine de bouger, restant bien droit et la tête haute. De toute façon, il se sentait bien incapable de se lever de son siège. Il était sûr que s'il avait essayé ses jambes ne lui auraient pas répondu. Son cœur battait si fort… Ce n'était pas possible…

Ce.n'é .possible. Il détestait cet homme. Il le détestait plus que n'importe qui.

Si un cœur bat plus fort, les sentiments sont-ils réels ? se demanda pourtant Harry.

Il décida que non. La seule chose de sûre et de véritable, c'était ce qu'il pensait. Et il savait qu'il haïssait cet homme. Il en était persuadé. Aucun doute possible. Il le tuerait dès qu'il en aurait l'occasion. C'était le plan. Aussi se força-t-il à afficher un petit sourire, fier et digne. Tout du moins c'est ainsi qu'il s'imaginait.

Alors qu'il n'était plus qu'à trois pas de lui, Voldemort souleva son masque, révélant son visage angélique et son sourire de vainqueur.

Harry eut un coup au cœur. C'était de la peur. .peur.

Voldemort prit ses mains dans les siennes et les embrassa avec passion.

« A Chuisle, chuchota-t-il, les lèvres pieusement posées sur ses doigts et les yeux plongés dans les siens. »

Pourtant, malgré le brouhaha ambiant, Harry n'eut aucun mal à l'entendre.

« Le Ministère est à nous. »

Il embrassa une dernière fois ses mains avant de les relâcher.

Harry sentit son cœur dégringoler dans son estomac. C'était de l'effroi. Oui, de l'effroi.

Il n'avait toujours pas ouvert la bouche, incapable de donner le change. Son corps semblait vouloir aller vers cet homme…alors que son esprit voulait trucider ce monstre de toutes les façons possibles et imaginables. Harry pensait devenir fou. Ils étaient deux dans son corps. Et même si l'autre Harry - celui qui avait sincèrement aimé Voldemort - l'avait occupé bien moins de temps que lui, il se débattait pour se faire entendre. Harry, le seul, le vrai, voulait étouffer cet imposteur, ce dupe, cet amnésique dépourvu de tout sens moral.

Voldemort était le meurtrier de ses parents. C'est ce qu'il se répétait en boucle alors que ce dernier le prenait par la main pour qu'il se lève et le rejoigne au centre de la salle.

Harry se sentit mal, environné de toute part par ces sorciers, tout de noir vêtus, arborant des masques effrayants. Mais il devait se reprendre, ne rien laisser paraitre. Il les toisa tous, altier. Son silence avait fini par gagner l'ensemble de la foule. Ses fidèles étaient suspendus à ses lèvres, Torki en tête. Quelques secondes s'égrainèrent ainsi, avant que leur Prince ne leur adresse un sourire éblouissant.

« Vous l'avez fait ! déclara-t-il avec force. Vous avez gagné le Ministère de la Magie ! C'est pour nous que vous êtes allés vous battre, pour notre cause ! Et c'est pour vous que nous reprendrons en main la société sorcière, depuis trop longtemps égarée sur une voie pernicieuse ! Aujourd'hui, je tiens à témoigner mon respect à Lord Voldemort, sans qui rien de cela n'aurait été possible. Mais aussi, plus que tout, je tiens à vous témoigner mon respect et ma fierté à vous, vous que l'on appelle mangemorts sous l'anonymat de vos masques, mais dont je connais chaque visage, chaque prénom, chaque histoire. »

Il s'avança et prit dans la sienne la main du Seigneur des Ténèbres.

« Bravo ! Vous l'avez fait ! répéta-t-il en soulevant leurs mains jointes. »

Et la foule éclata en cris de liesse. Tous ôtèrent leurs masques pour les lever bien haut, faisant une ovation à Harry et Lord Voldemort. Ils criaient et criaient encore, faisant résonner leurs acclamations dans la poitrine d'Harry, l'étourdissant.

Et ce fut bien pire lorsque Voldemort le prit par la taille pour l'embrasser avec fougue. Il ne s'agissait pas d'un baiser intime, juste une intense pression de leurs lèvres. Mais cela suffit….

Harry sentit son cœur au bord de l'explosion. Et ce n'était pas de l'aversion…

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Narcissa avait fait livrer des tonneaux de bièraubeurre. Des plateaux d'argent volaient entre les convives, chargés de pintes mousseuses. Les elfes de maison s'activaient en cuisine pour fournir la quantité phénoménale d'amuses bouches qui venaient garnir le buffet au fur et à mesure que les convives les mangeaient. La fête donnée ce soir-là dans la Salle de Bal de Morsonge durerait probablement jusqu'au petit matin.

Harry avait échangé quelques regards avec Lucius, mais n'avait pas pu lui parler seul à seul, Voldemort ne le quittant pas d'une semelle. Il ne s'était jamais montré aussi amoureux en public. La victoire le grisait.

Les plus bruyants étaient les loups garous. Ils n'avaient pas la victoire modeste. C'était à celui qui ferait le plus étalage de sa férocité au combat. Ils étaient les seules créatures magiques présentes, les vampires ayant préféré retourner à leur solitude maintenant qu'ils avaient tenu leurs engagements. Quant aux banshees, elles avaient juré de venger la mort de Kaanie. Elles voulaient la tête de Rosier et avaient promis qu'elles s'en prendraient à n'importe quel sorcier tant qu'elles ne l'auraient pas obtenue.

« Il vous faudra rapidement trouver une solution, Mon Prince, insistait Macnair à ce sujet. »

Le bourreau des créatures magiques du Ministère avait été plutôt prompt à enfoncer son partenaire dans cette affaire. Le principal intéressé était rentré chez lui un peu plus tôt, supportant mal la rumeur sur son éventuelle implication dans la mort de sa compagne. On disait qu'on l'avait vu entrer seul avec la banshee dans la salle des archives du Département des Transports Magiques…

« Je me pencherai sur la question dès demain, répondit Harry. Nous ne pouvons pas faire courir le moindre risque à la population sorcière qui verrait alors d'un mauvais œil notre prise de pouvoir. Notre victoire ne doit être entachée d'aucun drame de ce genre. »

« Non, demain je t'emmène au Ministère de la Magie, contra Voldemort. Une conférence de presse est prévue à 15h00 et je tiens à ce que le personnel de l'administration fasse ta rencontre avant cela. Il serait d'ailleurs raisonnable que nous laissions nos mangemorts festoyer et que nous retournions dans nos quartiers. Il se fait déjà tard, Harry. »

Alors on y était ? Le moment était venu ?

Sans mot dire, Harry reposa son verre de bièraubeurre sur le premier plateau volant à sa portée. Une sueur froide lui hérissa l'échine. Il vérifia que sa baguette magique était bien à sa place, fichée dans l'étui le long de son avant bras. Il chercha une dernière fois du regard Lucius, mais ne le vit pas. C'était idiot mais cela lui aurait donné un peu de courage de voir dans ses yeux qu'il savait que tout se jouerait dans quelques instants. Il y a quelques mois de cela, jamais il n'aurait imaginé que les Malefoy étaient ses alliés. Savoir qu'il n'était pas le seul à vouloir faire tomber Voldemort dans ce château lugubre le faisait se sentir moins seul. Même si, au final, il serait seul à lever sa baguette contre lui.

Ils s'éloignèrent sans que personne ne fasse vraiment attention. Bellatrix riait à gorge déployée avec Rodolphus et Rabastan. Sa grossesse ne l'avait pas empêchée de s'enivrer ce soir… Torki, Smith et Aberthold jouaient aux cartes explosives, assis dans l'encadrement d'une des portes fenêtres menant au parc. Yaxley, Rookwood et Mulciber affichaient des mines sombres, complotant il ne savait quoi. Et tant d'autres visages qui se dérobaient à lui tandis qu'il partait seul avec Voldemort.

Trop vite, ils se retrouvèrent dans le couloir silencieux, les bruits de la fête étouffés par les grandes portes de bois qui s'étaient refermées. Comme un automate, Harry prit le chemin de leurs appartements. Il fut cependant arrêté par les bras de Voldemort qui l'enlacèrent par derrière.

« Enfin seul, murmura-t-il dans son cou avant d'y déposer quelques baisers. J'attendais ce moment avec impatience. »

« Moi aussi, articula Harry en posant ses mains par-dessus les siennes. »

Il laissa aller sa tête contre son torse. Il était terrifié à l'idée de devoir le tuer. Serait-il même assez fort ? Bellatrix disait partout qu'elle l'avait vu vaincre le sortilège de mort.

« J'ai un cadeau pour toi, A Chuisle… »

« Encore ? Ne vous ai-je pas dit d'arrêter de me gâter ainsi ? »

« Si. Mais à quoi bon ? Tu sais que je ne t'écoute pas, répondit-il en faisant courir ses lèvres le long de sa mâchoire. »

Il le retourna complètement pour prendre ses lèvres. Et cette fois, le baiser prit une tournure des plus intimes. Pourtant, Harry était loin de le vouloir. Mais la bouche quémandeuse savait si bien y faire, embrassant la commissure de ses lèvres, caressant leur pulpe avant de la mordre doucement. Ce fut ensuite au tour de sa langue de passer dessus cherchant sa campagne. Et la bouche d'Harry s'ouvrit sans même qu'il ne s'en rende compte. De toute façon, il avait oublié tout ce qu'il savait à partir du moment où il avait fermé les yeux. Leurs langues se retrouvaient et se quittaient sans fin. Revenir était meilleur que partir, aussi était-il difficile de mettre fin au baiser. Voldemort semblait toutefois avoir plus de maîtrise qu'Harry sur ce point. A moins qu'il ne soit réellement impatient de lui donner son cadeau.

Il mit fin au baiser et le guida sur un chemin qu'Harry, pour son plus grand malheur, connaissait par cœur. Il l'emmenait dans les cachots, encore une fois. Comme si les plus beaux présents qu'il puisse lui faire n'étaient que mort, souffrance et désespoir. C'était d'autant plus vrai aujourd'hui, alors qu'Harry avait de nouveau toute sa tête.

Qui allait-il devoir torturer ?

C'était la question qui tournait en boucle dans la tête d'Harry depuis qu'il avait compris que si son cadeau se trouvait dans les cachots de Morsonge, c'est qu'il ne pouvait s'agir que d'une personne.

Les cellules étaient pleines des prisonniers ayant refusés de se rallier à Voldemort lors de la prise du Ministère. Leurs portes étaient de bois. Seul un judas de fer forgé d'une quinzaine de centimètres de côté permettait aux geôliers de regarder à l'intérieur. Aussi aucun des sorciers présents ne sut qu'Harry Potter, le Survivant, le héros en qui ils avaient placé leurs espoirs, arpentait en ce moment même le couloir desservant leurs cellules pour supplicier l'un d'entre eux.

« Nous y sommes, l'informa Voldemort alors qu'ils s'arrêtaient devant l'une des portes. Je te laisse entrer. Je pense que tu vas adorer. »

Rien n'était moins sûr, pensa Harry. Pourtant, il se souvenait avoir adoré son premier cadeau de ce genre, les Dursley.

On pleure déjà, Dudlynouchet ? La chasse au Dudley n'a pourtant pas encore commencé.

Avec appréhension, il ouvrit la porte du cachot. Les torches du couloir éclairèrent suffisamment l'intérieur pour qu'il distingue et reconnaisse immédiatement les occupants : Les jumeaux Weasley.

Georges était blessé à la tête et le regardait difficilement, le visage penché sur le côté, les yeux mi clos, la bouche ouverte et un peu tordue. Fred le tenait contre lui et le berçait.

« Harry ? murmura ce dernier lorsqu'il le vit. »

Harry avait oublié comment respirer. Il sentait la lourde présence de Voldemort dans son dos, attendant sa réaction. Harry savait que le destin des sorciers de Grande Bretagne était entre ses mains. Il avait déjà beaucoup sacrifié pour ça. Pouvait-il consentir à un sacrifice de plus ? Pouvait-il lever sa baguette sur Fred et Georges ? Les deux grands rouquins, toujours prêts à faire des blagues, avaient ensoleillé sa découverte de Poudlard et du monde magique. Ils lui avaient accordé, comme tous les membres de la famille Weasley, leur confiance et leur amitié.

La main tremblante, Harry sortie sa baguette. Pourrait-il seulement se pardonner ?

« Dorénavant, lorsque vous vous adresserez à moi, il vous faudra m'appeler votre Prince, articula-t-il, la voix trainante, le regard froid. C'est compris ? »

Fred les regardait, tantôt lui, tantôt Voldemort. Peut-être se rendait-il compte de la situation. Toujours est-il qu'il répondit :

« Nous avons bien compris, mon Prince. »

« C'est bien, le félicita Harry. Servile comme tous Weasley devrait l'être. Vous et votre famille de traitres à leur sang, votre place est au même niveau que la vermine que vous défendez, les moldus et les nés moldus. »

« Oui, mon Prince, approuva Fred alors que Georges laissait retomber sa tête, à bout de force. »

« Et que fait la vermine ? demanda Harry, tel un professeur vérifiant qu'une leçon était sue. »

« Elle… elle est servile, tenta Fred. »

« Certes, c'est donc pourquoi ramper est ce que la vermine fait de mieux, expliqua-t-il comme s'il s'adressait à quelqu'un de particulièrement lent. Démonstration : Doloris. »

S'il tremblait au début de cette confrontation, il était petit à petit entré dans son rôle et il avait lancé le sortilège impardonnable sur Fred avec négligence, comme si tout cela ne l'atteignait pas le moins du monde. Il savait pourtant ce qu'il faisait. Il avait visé Fred. Il n'avait pas la moindre intention de s'en prendre à Georges, craignant de le tuer s'il le faisait.

Néanmoins, son apparente maîtrise faillit voler en éclat lorsque Fred se mit à hurler de douleur. Son buste avait basculé en arrière sous l'impact du maléfice, avec celui de Georges, qu'il tenait toujours dans ses bras. Son corps était secoué, comme s'il avait été victime d'une électrocution, et il entrainait celui de son frère dans ses tremblements.

Harry mit fin au sort.

Fred était à bout de fore et il avait terriblement peur pour son frère.

« Georges ? Georges ? Est-ce que ça va ? lui demanda-t-il en pleurant. »

Mais son jumeau resta sans réaction.

Une sourde angoisse s'empara d'Harry. Il n'avait tout de même pas tué Georges ?

« Mort dans les bras de son frère jumeau. N'est-ce pas délectable, A Chuisle ? murmura la voix caressante de Voldemort à son oreille. Je suis toujours émerveillé par ton talent pour ce genre de chose, ajouta-t-il avec un amusement certain. »

Il fit glisser le bout de ses doigts froids le long de la gorge d'Harry.

Tout cela plaisait à Voldemort : la mort, la souffrance, la désolation, les larmes… ça l'excitait. Voldemort était un monstre. Le pire des monstres. Mais combien de fois avaient-ils fait l'amour après qu'Harry aient torturé des innocents ? Il y avait quelque chose en Harry qui devait aussi aimer faire le mal. Une partie de lui que l'éducation et la vie avait su étouffer. Sinon, comment expliquer qu'il se soit jeté ainsi à corps perdu dans le sadisme et la luxure ?

« Ils ne sont pas marrants, se plaignit Harry avec une moue boudeuse. Ils sont déjà à moitié morts. Je demanderai à Severus de venir remettre celui qui reste en état. Je pourrais jouer plus longtemps avec lui la prochaine fois, fit-il mine de se réjouir en enlaçant le Seigneur des Ténèbres. »

Les prunelles brunes le dévisagèrent longuement, avec une sorte de tendresse qu'Harry trouva insupportable en cet instant. Il avait envie de faire disparaitre son sourire doux. Il avait envie de le tuer.

Fred et Georges gisaient sur le sol crasseux d'une cellule. Il avait été obligé de leur faire du mal. Par sa faute. Cet homme était le Diable en personne. Harry devait le tuer, même si pour cela il devait boire le cyanure jusqu'à la lie. Plein de cette rage qui confine au désespoir, il se jeta sur la bouche de Voldemort pour l'embrasser comme un forcené.

Après la torture venait la luxure. C'est ainsi qu'ils avaient fonctionné depuis le début. Harry jouait donc le jeu.

Ne pouvant pas transplaner depuis les cachots, Voldemort les fit reculer à l'aveuglette pour sortir de la cellule et la refermer, sans interrompre leur baiser.

« J'aurai aimé te voir de nouveau enchainé à un mur, à ma merci, mais il y a désormais trop de monde dans les cachots, murmura-t-il pour calmer les ardeurs d'Harry. »

Et aujourd'hui, Harry comprenait le double sens de ces paroles.

« Viens, l'invita-t-il en lui prenant la main. »

Ils longèrent le couloir en sens inverse et remontèrent l'escalier. Le cœur d'Harry battait à tout rompre. A peine la dernière marche fut elle gravie que Voldemort le tirait d'un coup sec contre lui et les faisait transplaner dans leur chambre.

Avec un sourire plein de promesses, il enleva délicatement Aizih du cou d'Harry pour la laisser s'enrouler au montant de leur lit et il commença à le déshabiller. Voulant garder le contrôle de la situation, Harry se montra plus entreprenant encore. Il embrassait Voldemort et tirait sur ses vêtements sans ménagement pour les lui retirer. Lorsqu'il l'eut mis torse nu, il jeta sa chemise au sol et le poussa durement sur le lit avant de grimper sur ses hanches.

Le rire de Voldemort décontenança un peu Harry dans sa hardiesse.

« Et bien, et bien, tu ne cesseras jamais de me surprendre, Harry, se moqua-t-il gentiment en lui caressant la joue. »

Harry ne put s'empêcher de rougir, comme si Voldemort venait de lui faire le plus délicieux des compliments, et comme si cela le touchait vraiment venant de lui. Comme si… comme si…

Peut-être bien que si, justement.

De nouveau en colère, Harry le repoussa contre le matelas et l'embrassa pour le faire taire. Il portait toujours sa chemise, mais elle était entièrement ouverte. Voldemort ne chercha pas à l'en défaire et s'attaqua directement à la fermeture de son pantalon. Avec autorité, il mit fin au baiser et mordit doucement la base du cou d'Harry. Puis il se montra plus doux et traça un chemin de baisers le long de sa gorge. Sa main était à présent dans le caleçon d'Harry et elle emprisonna son sexe.

Voldemort, Voldemort, Voldemort. Le meurtrier de mes parents, se répétait Harry comme une litanie, tentant de retrouver la haine brulante qui l'avait ravagée dans les cachots de Morsonge, lorsqu'il avait lancé le Doloris à Fred.

Il étouffa un gémissement, griffant le torse de Voldemort. Plaisir physique ou souffrance psychologique, il ne savait pas ce qu'il tentait exactement de cacher.

Le meurtrier de ses parents, Harry pensait l'avoir tué lorsqu'il avait lancé un Avada Kedavra à Peter Petigrow. Et ce n'était pas vraiment un mensonge. C'était Pettigrow qui avait dénoncé ses parents à… à Voldemort. Voldemort avait tué ses parents. Et il avait voulu le tuer, lui. Par deux fois, il y était presque parvenu. Pourtant… Il l'avait gardé en vie et lui avait livré Pettigrow. Une partie d'Harry était morte ce jour là, lorsqu'il l'avait tué d'un coup de baguette magique. Et il y avait à présent une cicatrice près du cœur de Voldemort. Il la sentait – résistance infime – là, sous ses ongles.

L'un devra mourir de la main de l'autre car aucun ne peut vivre tant que l'autre survit.

Harry crut bien que son cœur s'était arrêté. Non, ce n'était pas possible. Ils n'avaient pas pu lui cacher ça. Non… Il ne devait pas y penser. Il devait faire ce qu'il devait faire. Ce pourquoi on l'avait sorti de son abominable famille pour qu'il connaisse le monde merveilleux des sorciers.

Le plus discrètement possible, alors que Voldemort continuait à caresser son sexe et à couvrir sa poitrine de baisers, il passa sa main entre eux pour atteindre son poignet gauche, là où était rangée sa baguette magique, dans le petit étui fixé à son avant bras. Il la fit glisser dans sa paume, tout doucement, en embrassant lui-même Voldemort pour donner le change.

Enfin, lorsqu'il l'eut bien en main, il la dégaina avec rapidité et la pointa sur Voldemort. Celui-ci afficha un sourire narquois, sa propre baguette pointée sur Harry.

« Allons, Harry, tu pensais vraiment pouvoir me tromper ? »

La baguette d'Harry trembla.

« J'avais déjà eu des doutes après notre baiser dans le couloir. Il y avait longtemps que tu ne t'étais pas montré si hésitant et si timide avec moi, expliqua-t-il. Doutes qui se sont confirmés lorsque tu as immédiatement reconnu les frères Weasley, alors que tu étais censé ne jamais les avoir rencontrés depuis ton amnésie. »

Comment avait-il pu être aussi bête ? Il n'avait pas su garder son sang froid et avait échoué. Des larmes de rage lui montèrent aux yeux.

« Lâche cette baguette, A Chuisle. »

« NE M'APPELLEZ PAS COMME ҪA ! explosa-t-il. »

« Pourquoi ? lui demanda-t-il, provoquant. »

Il se pencha vers lui et Harry recula sa baguette, même s'il la gardait toujours pointée sur son torse. La main libre de Voldemort alla de nouveau explorer son pantalon, vite rejointe par celle d'Harry qui tenta vainement de l'en empêcher.

« Tu as retrouvé la mémoire mais tu continues à me vouvoyer et à me traiter comme ton roi. Tu as même pu torturer ces deux Weasley et… regarde comme tu te pâmes encore dans mes bras, susurra-t-il en le masturbant plus fermement. Le seul ici que tu es arrivé à tromper, Harry, c'est toi-même. »

« Non…protesta Harry en tentant une nouvelle fois de sortir la main de l'autre homme de son pantalon. »

« Tu es toujours celui que j'aime, continua Voldemort. »

« LA FERME ! Tout ce qui sort de votre bouche n'est que MENSONGE ! réagit cette fois Harry avec bien plus de vigueur.»

Il tenait à nouveau fermement sa baguette et celle-ci crépitait dangereusement.

« Je vais te tuer pour toutes les atrocités que tu as commises. »

« Hum, tu sembles avoir la mémoire courte, Harry. Sans mauvais jeu de mot, rétorqua Voldemort dans un sourire enjôleur. Toi aussi tu as commis beaucoup « d'atrocités », comme tu dis. Veux-tu que je t'aide à t'en rappeler ? »

Cette fois, leurs regards à tous les deux étaient vénéneux. La tension était à son paroxysme. Soit Harry faisait ce que l'autre attendait de lui et il lâchait sa baguette, soit ils s'affrontaient. Il choisit la deuxième option.

« EXPELLIARMUS ! crièrent-ils en même temps. »

Deux forces contraires semblèrent s'opposer entre leurs baguettes magiques. Harry peinait à garder la sienne en main tant la force générée par la magie de Voldemort la poussait à s'envoler. Mais il tint bon et ils furent aussi surpris l'un que l'autre lorsque la baguette de Voldemort lui fut arrachée. Elle vola dans le lustre de cristal, brisant quelques pampilles avant de retomber au sol.

Ils s'observèrent un instant, interdis.

Voldemort ne comprenait pas. C'était lui, le maître de la Baguette de Sureau, ce qui aurait du lui assurer une totale invincibilité. Il l'avait prouvé en tuant Olivander. Alors, où avait-il commis une erreur ?

Tout comme Grindelwald, il avait volé la baguette dans la tombe de son dernier possesseur pour en devenir le nouveau maître. Mais ce qu'il ignorait, c'est qu'à ce moment là, la Baguette de Sureau avait déjà un nouveau maître. C'est Drago qui avait désarmé Dumbledore avant que Rogue ne tue le vieux sorcier, à la demande de ce dernier. Drago avait récupéré la baguette et se l'était ensuite faite voler par Harry, qui l'avait rapportée pour qu'elle soit enterrée avec Dumbledore.

Le véritable maître de la baguette était Drago Malfoy, raison pour laquelle elle avait trahi Voldemort. Harry n'était pas plus puissant que lui. Simplement, la Baguette de Sureau était ainsi : elle trahissait quiconque n'était pas son maître s'il avait moins de volonté que son adversaire, comme n'importe quelle baguette. Or, Voldemort n'avait pas un instant cru qu'Harry s'en prendrait vraiment à lui et avait donc lancé son sortilège avec bien moins de conviction que ce dernier.

Après cet instant de flottement, Harry posa la pointe de sa baguette magique sur le cœur de Voldemort, juste au-dessus de sa cicatrice encore rose. Mais il tremblait, réalisant que son amant n'avait pas cherché à le tuer mais simplement à le désarmer…

Pourtant, il devait être ferme dans sa résolution.

« Avada… »

Il ne pouvait pas. Il n'arrivait pas à aller au bout de son geste. Mais comment y parvenir quand celui qu'il était censé combattre ne faisait même pas mine de lutter, lui montrant simplement ce visage d'ange tant aimé ?

Voldemort éclata de rire. Et il était si insolemment beau, ne craignant pas la mort si c'était Harry qui devait la lui donner. Mais Harry était bien incapable de le tuer.

« Harry Potter, le garçon-qui-était-tombé-amoureux-malgré-lui, s'amusa-t-il. Une tragédie vieille comme le monde. J'en suis moi-même la victime, je dois bien l'avouer... Alors lâche cette baguette, A Chuisle, murmura-t-il contre ses lèvres en posant simplement sa main sur celle avec laquelle Harry le tenait en joug. »

Il déposa un baiser sur ses lèvres.

« Je vais te faire l'amour jusqu'à ce que tu oublies ta mémoire retrouvée. Jusqu'à ce que tu trembles d'amour entre mes bras. Jusqu'à ce que rien n'existe plus pour toi à part moi. »

Harry se laissa une nouvelle fois embrasser, mais il se mit à pleurer dans le baiser. Voldemort lui mentait. Il ne l'aimait pas vraiment. Ce monstre était incapable d'aimer. Mais lui, Harry, alors qu'il n'aurait pas du avoir une once d'hésitation, alors qu'il aurait du haïr cet homme jusqu'à la fin de ses jours, avait le cœur en lambeau à l'idée de le tuer.

« Chuuuut… tout ira bien maintenant, tenta de le rassurer Voldemort en essuyant ses larmes du bout des doigts. »

Harry hocha la tête dans un reniflement pitoyable.

« Memomagia, souffla-t-il. »

Les yeux du Seigneur des Ténèbres s'agrandirent de surprise alors que le sortilège lui transperçait la poitrine. Le rayon noir chargé d'éclairs sembla le mettre au supplice. Ses yeux se révulsèrent et sa bouche s'ouvrit comme celle d'un fou qui hurlerait. Mais aucun son n'en sortait.

Paniqué, Harry laissa tomber sa baguette pour prendre son visage dans ses mains.

« Mon amour ! cria-t-il, submergé de peur. Mon amour !»

Mais son corps restait inerte. Seul son visage témoignait de l'horreur de ce qu'il était en train de vivre, comme s'il était en proie à un terrible cauchemar, incapable de se réveiller.

Cela dura deux ou trois minutes, tout au plus. Mais ce fut interminable pour Harry. Il déversa toutes les larmes qu'il retenait depuis la veille, lorsqu'il avait retrouvé la mémoire. Et, lorsqu'enfin le visage de Voldemort s'apaisa, il eut peur qu'il ne soit réellement mort. Il douta même de lui avoir lancé un Avada Memomagia. Peut-être l'avait-il pensé très fort mais qu'en réalité, c'était bel et bien un Avada Kedavra qu'il avait prononcé. Non, le rayon n'avait pas été vert. Et il pouvait sentir son pouls sous ses doigts.

Son pouls… A Chuisle… (1)

Tremblant de fatigue, Harry enlaça son mari. Il le berça longuement, jusqu'à ne plus avoir la force de le soutenir. Et même alors, il le garda contre lui.


(1) Petit rappel : «Mo chuisle » est une expression irlandaise qui veut littéralement dire «Mon pouls », mais qui peut aussi signifier « Mon amour », « Ma/Mon chéri(e) ». Cela vient de l'expression «A chuisle mo chroí », « Pouls de mon cœur. ». Quand on s'adresse directement à une personne, on dira «A chuisle ». Quant on parle au sujet de quelqu'un, on dira «Mo chuisle ». Le film Million Dollar Baby écrit incorrectement «Mo cuishle » au lieu de «Mo chuisle ». Explications fournies par Jacquie38 sur le site , cf. chapitre 1.


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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)

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Pennyy : Merci pour ta review ! Je suis heureuse que cette histoire te plaise. Tu sais au moins une chose maintenant : Harry n'a pas tué Voldemort. Quant à savoir si les méchants vont s'en sortir, je ne te dis rien, ce sera pour la suite ! J'espère que ce chapitre t'aura plu. A bientôt !

Liloo : J'espère que tu as survécu Liloo ! Et que tu survivras encore très longtemps lol Merci pour ta review !

La personne qui a écrit : « J adoreMais tellement déçue de harryJe m attendais a une réaction violente contré voldemort mais finalement il me paraît déjà perdu » : Merci pour ta review ! J'espère, après avoir lu la suite de cette histoire, qu'Harry ne te semble plus si perdu que ça ! A bientôt