Bonsoir!

Le voici, le voilà, le chapitre 16!

C'est bref mais je suis en mode zombi, je ferais mieux la prochaine fois...

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Les non logés trouveront une réponse à leur review en fin de chapitre.

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Aizhi, le véritable héro de cette histoire, en est également la fabuleuse correctrice!

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Dans le chapitre précédent : Voldemort rentre à Morsonge victorieux après la prise du Ministère et Harry fait son possible pour lui cacher qu'il a retrouvé la mémoire. Comme il l'a promis à Severus, Harry attend le moment propice pour tuer Voldemort, allant jusqu'à jouer le jeu en torturant Fred et Georges. Mais, lorsqu'il en a enfin l'occasion, Harry est incapable de le tuer. Il lui lance alors un Avada Memomagia.


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Chapitre 16 : On a toujours besoin d'un serpent plus venimeux que soi

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La chambre était plongée dans l'obscurité et Severus dut attendre que ses pupilles s'adaptent à ce manque de luminosité pour avoir une vision plus précise du lieu.

Potter était vivant. L'immense soulagement que ressentit Severus - de façon assez inattendue - libéra sa poitrine du poids qu'elle portait depuis qu'Albus lui avait révélé que le garçon ne pourrait tuer Voldemort qu'en mourant lui-même. Cependant, Albus se trompait rarement. Alors, comment avait fait Potter ? Que s'était-il passé dans cette chambre dont l'atmosphère encore si intime lui donnait le sentiment de violer un sanctuaire en y pénétrant?

Il rangea sa baguette. Ses interrogations devraient attendre. Il devait sortir le garçon de là. Ça ne serait pas facile, cramponné qu'il était au cadavre de Voldemort, au milieu de leur lit défait. Il le tenait contre lui et le berçait doucement en chantonnant, ses lèvres closes posées sur son front. Au moins, il savait pourquoi Potter ne les avait pas rejoints. Pourtant, il faudrait bien qu'il le suive. A présent que le Seigneur des Ténèbres était mort, Morsonge n'était plus un endroit où Potter serait en sécurité, bien au contraire.

Severus s'avança, hésitant. Cela attira le regard du garçon sur lui. Ses yeux verts lui semblèrent briller d'une lumière irréelle, les rendant presque effrayants. Il resserra son étreinte autour du corps sans vie de l'homme qu'il avait tué. Severus s'arrêta. Il devrait apprivoiser Potter avant d'espérer aller plus loin. Mais le temps pressait. Dans quelques heures, l'aube serait là et Morsonge s'éveillerait.

« Potter, il ne faut pas rester là, commença-t-il d'une voix douce. »

Potter l'observa un instant, comme s'il était un inconnu qu'il jaugeait pour la première fois. Puis il reporta son regard sur le visage cireux de Voldemort. Il embrassa une dernière fois son front avant de le libérer de son étreinte, le plus délicatement possible. Severus le laissa installer sa tête sur un oreiller et le border, comme s'il était simplement endormi. Mais son repos serait éternel.

Enfin, Potter se redressa. Et, à l'instant où Severus aperçut cette étincelle de farouche détermination dans son regard, il pressentit le cataclysme qui allait s'abattre sur lui.

« Il n'est pas mort, déclara Potter dans le silence religieux de la chambre. »

Severus plissa les yeux. Ils n'étaient pas encore dans la tempête, mais il la sentait, toute proche.

« Sortez, Potter. Je me charge du reste, énonça-t-il calmement en dégainant sa baguette. »

« Je vous l'interdis, répondit Harry sur le même ton, en imitant son geste. »

« Vous êtes fou si vous pensez pouvoir vous mesurer à moi. »

« Et vous êtes tout aussi fou si vous pensez que je vous laisserai le tuer. »

Quelques secondes s'égrainèrent, le temps de leur affrontement silencieux.

« Vous l'aimez et je vous assure que, bien que cela me révolte, je vous comprends. Mais vos sentiments ne doivent pas vous aveugler sur ce qu'il est, plaida enfin Severus en montrant du doigt le corps étendu dans le lit. »

La scène était à la fois glauque et surréaliste. Il était là, à débattre de la nécessité de tuer un homme endormi, dans la pénombre d'une immense chambre à coucher.

« Voldemort, prononça Severus, comme si ce nom était le contre-sort qui rendrait ses esprits à Harry. Un monstre n'ayant pas hésité à mutiler son âme en tuant et torturant des innocents. Des centaines de moldus, de nés moldus et de créatures magiques. Des enfants. Des bébés même, qu'il n'a eu aucun remords à livrer vivants à Nagini pour qu'elle s'en repaisse. Des bébés, Potter, relégués au rang de simple pâture. Sans parler de vos parents. Et il vous aurait tué, vous aussi, sans le sacrifice de votre mère. Alors, est-ce ainsi que vous voulez rendre hommage à son geste ? En protégeant son meurtrier !? »

« J'ai tué cet homme-là. Il ne reste que celui que j… Il ne reste que Tom. »

« Qu'avez-vous fait ? demanda Severus dans un murmure empli de craintes. »

Mais la réponse, il la connaissait déjà… Potter avait utilisé l'Avada Memomagia. Ce sort qui n'aurait jamais du être exhumé de l'oubli.

« Faisons un serment inviolable, lui répondit-il sans plus d'explications. »

« Un serment inviolable ? Ecartez-vous de là, Potter. Ou je ne réponds plus de rien ! commença à s'énerver Severus, les inepties qu'il venait d'entendre mettant sa patience à rude épreuve. »

« NON ! claqua la voix de Potter, impérieuse et inébranlable. »

Il avait donc appris à parler ainsi, avec une force péremptoire capable de vous saisir tout entier. Il faut dire qu'il avait eu de bons professeurs à Morsonge, à commencer par Voldemort lui-même. Pour un peu, Severus aurait presque décelé un éclat rubis dans son regard assombri.

« Nous allons faire un serment inviolable, Rogue. Je vais prêter le serment de rétablir l'ordre dans la communauté sorcière de Grande Bretagne, d'instaurer une société à l'abri des ingérences moldues mais égalitaire pour tous les enfants de la magie. Je vais prêter le serment de rétablir la démocratie, dès que mon œuvre sera achevée, afin que tous les citoyens - sorciers ou créatures magiques - puissent élire les représentants de leur communauté à qui ils souhaitent confier les intérêts du monde magique. Et vous, Rogue, vous allez prêter le serment de tout faire pour que je ne me détourne pas de la tâche qui m'incombe à partir de cet instant. Et vous allez prêter le serment de mettre un terme à mon existence et à celle de Tom s'il advenait que je ne sois pas en mesure de tenir mes engagements, que je renonce à les tenir ou si Voldemort refaisait surface, avec ou sans mon concours.»

« … »

« Votre main, demanda Harry en tendant la sienne, prêt à les lier immédiatement par ces serments. »

« A ce compte-là, ce n'est plus de la folie, Potter, mais de la pure démence ! »

« Votre main, réitéra-t-il sans se démonter. »

« Jamais les sorciers n'accepteront que vous preniez le pouvoir, tenta de le raisonner Severus, sans grande conviction. »

« Ils l'ont déjà fait, Rogue. Et vous le savez aussi bien que moi. »

« Et Voldemort dans tout ça ? Si vous craignez qu'il revienne c'est que vous n'avez manifestement pas l'intention de tout faire pour l'en empêcher. Quelle autre idée lumineuse a bien pu sortir de votre esprit malade, Potter, pour ménager une place au Seigneur des Ténèbres dans votre plan ? »

« Le Seigneur des Ténèbres est mort. Et je ne suis pas fou. »

« Vous l'êtes ! Et je suis encore plus fou que vous d'avoir écouté vos sornettes jusque-là. Ça suffit, Potter. Restez ou partez, mais vous ne m'empêcherez pas de mettre un terme à tout ça ! s'emporta Severus en brandissant sa baguette. »

« Je n'étais ni un prince ni un mangemort, le coupa Harry dans son élan. Pourtant, tous ici m'ont traité en Prince des mangemorts et, si le doute persiste dans l'esprit de certains, d'autres en sont venus à me considérer comme tel. Il en sera de même pour lui, d'autant que le visage qu'il arbore aujourd'hui n'est plus celui d'un monstre. Le monde sorcier finira par oublier Voldemort et par ne voir que Tom. Parce que c'est exactement ce qu'il sera : Tom Jedusor et uniquement Tom Jedusor. Nous sommes ce que les autres pensent que nous sommes, Rogue. Je suis bien placé pour le savoir. »

« Oh et j'imagine que c'est en vous fondant sur votre propre expérience que vous avez choisi de lui lancer le sortilège d'amnésie plutôt que le sortilège de mort ? A quel moment exactement avez-vous pris cette décision ? Sitôt vos souvenirs retrouvés, quand vous me donniez votre parole de le tuer ? Depuis quand exactement vous payez-vous ma tête, Potter ? le martela Severus, acide. »

« Et vous ! Depuis quand savez-vous que je suis un horcruxe !? Depuis quand savez-vous qu'il me faudra mourir pour qu'il meurt aussi !? Depuis quand…avez-vous décidé de me sacrifier !? s'emporta Harry. J'ai choisi la solution qui me permettait de détruire Voldemort tout en restant en vie. Pardonnez-moi si c'est égoïste. J'en prendrai toute la responsabilité. »

Ainsi, le garçon savait…

Severus ne laissa pas sa culpabilité prendre le dessus. Avec une habitude bien rodée, il l'étouffa au plus profond de lui, comme à chaque fois qu'il repensait au fait que si Potter était orphelin, c'était aussi un peu à cause de lui. C'était à cause de personne qui, comme lui, avaient contribué à faire grandir le pouvoir de Voldemort, si sa douce Lily était morte. Cette idée lui était particulièrement insupportable, aussi Potter en avait-il souvent fait les frais.

« Vous en revenez encore à ce serment inviolable. Mais vous êtes bien trop stupide pour comprendre ce que cela implique. Vous voulez que je prête le serment de vous éliminer si vous vous détourniez de votre but, mais c'est l'objet même de votre serment qui suffira à vous emporter dans la tombe si vous ne tenez pas parole ! Vous le sauriez si vous n'étiez pas qu'un insupportable insolent qui se targue de pouvoir diriger le monde sorcier avec d'aussi maigres connaissances de celui-ci ! »

« C'est la raison pour laquelle j'aurai besoin de vous à mes côtés, Rogue. De vous et des autres… »

« La flatterie ne vous mènera à rien, Potter ! cracha Severus. »

« Et pourtant vous restez là à m'écouter, votre baguette mollissant dans votre main. »

« Taisez-vous ! »

« Vous avez raison, je me tais. C'est à vous de parler, répliqua Harry en lui tendant de nouveau sa main. Je vous écoute, Rogue. »

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Ce n'était jamais arrivé jusqu'alors, mais on avait ajouté des chaises dans la Salle des douze Sièges. Certains mangemorts y étaient conviés pour la première fois. C'était le cas d'Alecto et Amycus Carrow, qui se jetaient régulièrement des regards impatients, surexcités qu'ils étaient par ce qu'ils considéraient comme une promotion sociale. Ils y étaient. Ils faisaient partie du cercle intime du Seigneur des Ténèbres. Leur dévotion allait enfin être récompensée. Leur Maître les avait appelés.

Faisant sursauter Amycus, les portes de la Salle des douze Sièges s'ouvrirent. Lord Voldemort et son jeune époux entrèrent. Tous se levèrent. Une main sur le cœur, ils inclinèrent la tête pour les accueillir avec respect. Et c'est seulement lorsque leur Maître et leur Prince furent installés dans leurs larges sièges qu'ils se rassirent. Quatre places restaient vides. Les Lestranges et Rogue étaient absents. Absence que le Seigneur des Ténèbres nota immédiatement. Lui et le Prince échangèrent un regard. Un regard inquiet, selon Greyback pour qui la peur dans toutes ses nuances n'avait plus de secrets. Y aurait-il de la rébellion chez les mangemorts les plus dévoués ?

« Je vous ai conviés ce soir afin de connaître vos intentions, leur exposa de façon énigmatique le Seigneur des Ténèbres. »

Il avait croisé ses mains devant lui et il les sonda un à un du regard.

« Nous avons atteint notre but. Je suis, non plus le roi des Sangs-Purs de Grande Bretagne, mais le roi des sorciers de Grande Bretagne. A cet égard, je souhaite une refonte totale de notre société, qui passera d'abord par une épuration du sang des sorciers. Puis je mettrai en place un système de castes. Tout cela, je ne peux le faire seul. Je vais avoir besoin d'esprits vifs, prêts à servir notre cause : Sauver notre monde. Sauver la magie, qui se détériore de générations en générations. J'ai besoin de vous. Le monde magique a besoin de vous. Me suivrez-vous ? Serez-vous les bâtisseurs de cette nouvelle société ? »

« Oui, Maître, répondirent immédiatement Lucius puis Drago. »

Et ce furent tous les autres mangemorts présents qui affirmèrent leur volonté de rester auprès du Seigneur des Ténèbres. C'était le programme qu'ils attendaient, bien que Greyback n'entende pas d'une bonne oreille cette histoire de caste. Qui serait la lie de cette nouvelle société, sinon eux, les créatures magiques ? Il y aurait toujours les Sangs de Bourbe, bien sûr. Alors, s'il pouvait encore chasser ceux-là… « Chasseur de Sang de Bourbes », voilà qui pourrait être une position prestigieuse dans la nouvelle administration de Voldemort. Il pourrait se faire broder ces initiales, CSB, avec une tête de loup, sur son costume de chasseur. Quelque chose d'élégant, mais qui n'entraverait pas sa sauvagerie. Un uniforme qui aurait du prestige. Oui, Greyback trouverait sa place dans ce nouveau monde.

« Chacun de vous se verra octroyé un poste important pour mettre en place et encadrer ce nouvel ordre, expliqua le Maître, faisant écho aux pensées du loup-garou. Voyez cela comme une sorte de promotion. Vous serez rémunérés en conséquence, termina-t-il avec concupiscence. »

Les mangemorts affichèrent quelques sourires hésitants. Il était rare que le Maître se montre si généreux. Mais les choses avaient changé depuis que Potter était à ses côtés. D'ailleurs, c'était peut-être bien à leur Prince qu'ils devaient cela. Il restait toujours discret et silencieux, mais nul n'ignorait l'importance de son influence. Leur Prince était juste et avait bon cœur. Et il devait être absolument délicieux, de l'avis de Greyback. Une chaire toute tendre qui fondrait sûrement en bouche comme le meilleur des faux-filets, pensa-t-il en se s'humidifiant rapidement les lèvres. Il en avait l'eau à la bouche.

Fort à propos, le Seigneur des Ténèbres fit apparaitre d'un geste de la main une coupe de cristal pour chacun. Greyback se saisit de la sienne pour en humer abondement le breuvage, s'attirant les regards indignés de ses voisins pour ses mauvaises manières. Du champagne, lui appris son odorat. Un bon cru. 1997, peut-être. Ou 1992. Ces deux années se ressemblaient étonnamment en matière de bouquet.

Enfin, Voldemort se leva et porta un toast.

« Buvons à ce nouvel ordre ! dit-il simplement. »

« A ce nouvel ordre ! reprirent en chœur les autres mangemorts en levant leurs verres. »

Greyback, quant à lui, laissa le liquide pétillant envahir sa bouche, inonder sa langue, rouler sous son palais. Les bulles étaient fines, l'alcool doux, le parfum fruité. Vraiment, un très bon champagne. Dommage que cette dégustation soit interrompue par la tête de son voisin, Mulciber, s'écrasant contre la table, à moins d'un centimètre de sa main griffue.

Puis ce furent aux tours d'Alecto et Amycus, suivis de Dolohov, qui s'effondrèrent, Alecto tombant même de sa chaise. Greyback renifla du côté de Muciber, dont le champagne renversé continuait de gouter sur le sol entre leurs deux chaises. Et c'est là qu'il comprit. Un à un, les mangemorts tombaient, foudroyés par le poison contenu dans leurs verres. Un poison mortel, qui agissait instantanément et dont l'odeur presque inexistante échappait à l'odorat humain. Mais pas à celui d'un loup-garou, raison pour laquelle son verre n'avait pas été empoisonné.

Le regard fou de Greyback fit le tour de la table. Travers, Rowle, Jugson, Avery, Crabbe, Goyle, Macnair, Rosier, Nott, Rookwood, Yaxley… ils étaient tous morts. Tous les mangemorts présents. Sauf les Malefoy. Lucius le regardait froidement. Quant à Drago, ses yeux morts ne le quittaient pas alors que sa bouche s'étirait lentement, dévoilant ses parfaites petites dents blanches pour former ce sourire de pantin qu'on lui connaissait à présent. Le message était clair. Les Malfoy étaient impliqués. Plus encore, le Seigneur des Ténèbres et son Putain de Petit Prince Potter étaient derrière tout ça. Ils le regardaient, prêts à dégainer leurs baguettes pour le tuer lui aussi. Mais Fenrir Greyback n'était pas le genre d'homme – de bête – à se laisser abattre sans combattre. Il n'était pas dit qu'il quitterait ce monde sans que ses crocs n'aient une dernière fois gouté à la chaire tendre d'un jeune cou. Ses petits yeux jaunes injectés de sang se fixèrent sur la jugulaire de Potter et, plantant ses griffes dans le plateau en bois de la table, il se propulsa en avant, dans une impressionnante détente. Avec fracas, grâce à sa vélocité inhumaine, il avait déjà fait trois bons lorsqu'il fut frappé par trois sorts simultanés. Trois Avada Kedavra qui le fauchèrent alors que ses griffes venaient de cramponner le col de la cape de Potter. Il avait été si près du but… Ses puissantes mâchoires se refermèrent dans un claquement alors que la mort l'avait déjà emporté et qu'il gisait devant Harry.

Ce dernier tira d'un coup sec sur sa cape pour la déloger de la poigne du fauve, avant de se lever pour quitter la table.

« Sacrés réflexes, Severus, félicita-t-il le maître de potion qui avait dégainé le premier. »

« Ne me remerciez pas, Potter, lui répondit l'homme qui, suite à l'absorption d'une fiole de polynectar, arborait les traits de Lord Voldemort. Je n'ai fais qu'honorer mon serment. Voir Greyback jouer avec vos entrailles me semblait en réalité une perspective tout à fait réjouissante. »

« Je n'en doute pas, approuva Harry d'un ton affable. »

« Cessez vos palabres inutiles, intervint Lucius d'une voix sèche. Où sont Bellatrix, Rodolphus et Rabastan ? interrogea-t-il, inquiet, en se levant à son tour.»

« Leur absence ne peut signifier qu'une chose : ils savent, reconnut Harry. »

« Oui, mais comment ? Nous étions les seuls à savoir, objecta Lucius. »

« L'attachement de Narcissa pour sa sœur ne lui aurait-il pas délié la langue ? »

« Ma femme ne m'aurait jamais trahi, Severus. Jamais, contra Lucius, sans appel. »

« Je ne dis pas que c'est ce qu'elle a fait. Mais Narcissa aimait Bellatrix plus que… »

« NON, Severus. Cissa n'a rien dit. Que Mordred m'emporte sur l'instant si ce n'est pas vrai ! »

« Permets-moi de douter de ton objectivité. »

« Peu importe ! les interrompit Harry. Ils savent. La priorité est de les retrouver. Et vite ! »

« La priorité est de savoir à qui nous pouvons faire confiance ou non. Je ne condamne pas Narcissa pour sa faiblesse, mais nous devons savoir à qui nous pouvons nous fier ! »

« Pour la dernière fois, Severus, ma femme n'a rien à se reprocher ! »

« C'est moi. »

« Je te dis qu- »

« Quoi ? »

Comme un seul homme, Harry, Severus et Lucius s'étaient tournés vers Drago.

« Que veux-tu dire par « c'est moi », Drago ? lui demanda son père, interdit. »

Tout comme Lucius, Severus ne pouvait croire que Drago, qui haïssait Bellatrix presque autant que le Seigneur des Ténèbres, avait pu lui vendre la mèche.

Le regard du jeune Malefoy se fit fuyant. Toujours assis à côté du cadavre de Yaxley, il joignit ses mains comme pour une fervente prière et expliqua :

« Mère n'y est pour rien. Je suis le seul responsable. C'est moi qui ai parlé…à Rabastan. »

Son aveu fut accueilli dans un silence religieux. Aussi osa-t-il un coup d'œil vers les trois autres.

Son père ne le quittait pas des yeux, atterré. Severus semblait plus méfiant. Sûrement suspectait-il qu'il veuille protéger sa mère en disant être celui qui avait parlé. Quant à Potter, il l'observait pensivement.

« Mais Rabastan est de notre côté ! Et je n'ai rien dit au sujet du Seigneur des Ténèbres. Rabastan pense que c'est une volonté du Maître. Il était…heureux à la perspective d'un nouveau départ. Je vous assure…mourut la voix de Drago quand les visages face à lui se fermèrent. »

« Tuer ses meilleurs mangemorts ? Une volonté du Maître ? Il n'a pas pu croire cela, souligna Severus. »

« Qu'est-ce qui t'a pris, Drago ? demanda Lucius. »

Le cœur du blond dégringola dans sa poitrine. Il avait déçu son père. Et, peut-être bien qu'il avait eu tort de vouloir sauver son oncle. Severus avait probablement raison. Si Bellatrix et Rodolphus étaient absents, c'étaient que Rabastan les avait prévenus. Ils avaient pris la fuite ou pire, ils attendaient de pouvoir les prendre en embuscade, quelque part dans le château.

« Ce n'est peut-être pas si grave, Lucius, tempéra Severus. Il se peut que Drago dise vrai au sujet de Rabastan. »

« Je t'aurais cru il y a quelques mois de cela. Mais il a vendu la vieille Ada après que tu lui ais demandé de traduire ses lettres pour toi. »

« Certes, mais avait-il seulement le choix ? Tu sais bien comment fonctionnent les Lestrange. Aucun secret ne saurait être gardé entre eux. Et il n'a rien dit pour l'autre sœur. Il n'en reste pas moins que les allégeances de Rabastan restent fluctuantes. »

Perdu dans ses pensées, le regard d'Harry restait accroché aux diamants que Drago portait aux oreilles.

« C'est nouveau ces boucles d'oreilles ! Un cadeau ? » … « Ton anniversaire ? »

« Non, mon Prince. Un simple témoignage d'affection. »

« Quelle émeraude absolument magnifique ! Lord Voldemort vous gâte, mon Prince. Quel somptueux présent ! N'est-ce pas Rabastan ? »

« Je préfère les diamants, sans vouloir vous offenser, mon Prince. »

« Oh oui ! Les diamants ! Drago en a de superbes aux oreilles. Je veux des diamants ! Tu m'en offriras pour la naissance de notre enfant ? »

La réalité le frappa : Drago était amoureux de son oncle. Et cet amour était probablement réciproque, songea Harry. Et qui mieux que lui pouvait comprendre que le jeune homme ait voulu sauver celui qu'il aime, malgré la noirceur de ce dernier, malgré la possibilité que son choix ébranle toute la communauté sorcière de Grande Bretagne ?

« Si Drago dit que Rabastan nous est fidèle, alors je le crois. Rabastan s'est toujours montré aidant avec moi, finit-il par dire, à la surprise générale. »

« Devons-nous vraiment revenir sur le fait que tout ce que vous avez vécu dans ce château n'était qu'une odieuse mise en scène, Potter ? »

« Pourtant, n'avez-vous pas essayé de me protéger malgré tout, vous, Lucius, Drago et Narcissa ? Alors permettez-moi de laisser à Rabastan le bénéfice du doute, persista Harry. Mais ce n'est pas le moment de nous disputer. Il faut retrouver les Lestrange. Nous jugerons de la loyauté de Rabastan à ce moment-là. »

Il y eut un moment d'hésitation, insoutenable pour Drago. Puis, à son plus grand soulagement, Severus donna des directives sans plus mentionner Rabastan.

« Il faut nous séparer. J'irai dans leurs appartements. Lucius et Drago, allez vérifier s'ils ne sont pas dans les vôtres. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que Bellatrix ait cherché à se rapprocher de sa sœur. Quant à vous, Potter, retournez auprès du Seigneur des Ténèbres. Les protections que nous avons posées sur la porte de votre chambre sont solides et je préfèrerais vous savoir en sécurité à l'intérieur. »

« Non, je refuse de rester caché pendant que vous prenez tous les risques ! J'irai dans l'aile réservée aux mangemorts. Ils y seront peut-être allés pour trouver des alliés. Si c'est le cas, mes fidèles me porteront main forte. Je ne serai pas en danger. »

« Hors de question. Nous avons besoin de vous vivant, Potter. Vous avez un serment à tenir. Ne l'oubliez pas. »

C'était la deuxième fois que Rogue lui rappelait ses engagements pour faire plier sa volonté. Cela lui déplaisait mais il ne pouvait le contrer sur ce point, aussi tempéra-t-il sa colère.

« Très bien. Je vous attendrai là-bas, abdiqua-t-il en se détournant pour ouvrir les portes de la Salle des Douze Sièges. Mais si vous n'êtes pas venus me retrouver d'ici quarante minutes, je viendrai moi-même vous rejoindre. »

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Harry venait d'apparaitre dans le couloir menant aux appartements qu'il partageait avec Lord Voldemort. Il ne pouvait plus transplaner directement dans leur chambre, les sorts de protection ne le permettant pas. Il réfléchissait à toute vitesse, alors qu'il marchait vers la porte gardant l'entrée de leurs quartiers privés.

Il avait dit à Severus qu'il viendrait les trouver s'ils ne l'avaient pas rejoint dans quarante minutes. Mais cette idée lui déplaisait. S'ils se faisaient tuer tous les quatre par les Lestranges, ils laisseraient aux mains de ces dangereux mangemorts un Seigneur des Ténèbres amnésique. Il ne voulait pas imaginer ce qu'il adviendrait alors. Non, si personne n'était venu le retrouver d'ici quarante minutes – voir une heure – il s'enfuirait avec son amant, le temps de se mettre tous les deux en sureté et d'élaborer une nouvelle stratégie. Il avait toujours dans sa poche le gallion portoloin que Severus lui avait donné et qui pourrait les transporter jusqu'au 12 square Grimmaurd. Oui, c'est ce qu'il ferait. C'est ce qu'il y avait de plus prudent.

Résolu, il posa la main sur la poignée de la porte menant au petit salon attenant à leur chambre. Les sorts de protection le reconnurent et Harry put l'ouvrir et entrer. Mais, avant qu'il n'ait pu la refermer, une main gantée de cuire enserra sa gorge tandis que la pointe d'une baguette se posait sur sa tempe.

« Je te déconseille de faire l'idiot, Petit Prince Chéri, murmura la voix de Bellatrix à son oreille. »

Il ne fallut qu'un quart de seconde pour qu'Harry retrouve son sang froid. Tout ce qu'il avait appris lors de son amnésie forcée était toujours là. Il était toujours le Prince du Seigneur des Ténèbres.

« Tu as perdu l'esprit, Bella? Le Maître vous cherche partout, toi et tes hommes. Il est furieux que vous ne vous soyez pas présentés à lui dans la Salle des Douze Sièges. Et il le sera d'autant plus s'il apprend de quelle façon tu oses me menacer ! »

« Allons, allons, allons, Potter. Si le Maître en personne nous avait appelés, nous serions venus. Les Lestrange ne répondent pas à l'appel d'un gamin arriviste, ils ne servent que leur Maitre, lui expliqua Rodolphus en apparaissant dans son champ de vision. Rabastan, ferme la porte, demanda-t-il à son frère cadet. »

Harry entendit la porte se refermer. Ils n'avaient pas pu savoir qu'il était celui qui avait utilisé la marque des ténèbres pour les appeler. A moins que Rabastan ne leur ait raconté tout ce que Drago lui avait confié. Il n'était donc pas leur allié, contrairement à ce que pensait ce dernier.

« Où est le maître, Potter ? l'interrogea Bellatrix en écrasant sa trachée dans sa poigne. »

Elle était étonnamment forte pour une femme si frêle.

« Il est encore dans la Salle des Douze Sièges. Tu sais qu'il aime s'entretenir avec certains de ses mangemorts sans ma présence, articula difficilement Harry. »

« Oui mais ça, c'était avant. Aujourd'hui, bébé Potter est de toutes les réunions. Bébé Potter se pavane au bras du Maître en toutes occasions et lui susurre à l'oreille toute sorte d'idées. Penses-tu que je n'ai pas observé ton petit manège ?! Jamais le Maître n'aurait envisagé de nous assassiner. C'est donc que tu l'as ensorcelé ! Tout comme tu as ensorcelé Rabastan ! DOLORIS, hurla-t-elle comme une hystérique. »

Sa baguette était toujours posée sur la tempe d'Harry, aussi le sortilège lui transperça-t-il le crâne de part en part, semblant le lui fendre tant la douleur était insupportable. Il hurla à s'en écorcher la gorge. Des larmes incontrôlables l'aveuglèrent, aussi ne vit-il pas Rodolphus tenter d'ouvrir la porte de la chambre.

Lorsque le sortilège prit fin, Harry se serait effondré si Bellatrix ne le tenait pas toujours par la gorge. Sa prise l'empêchait de respirer alors qu'il avait besoin de reprendre son souffle, l'étourdissant d'avantage.

« Le Maître est dans cette chambre, Potter ? Comment fait-on pour ouvrir la porte ? lui demanda-t-elle. »

« Rabastan ne vous l'a pas dit ? souffla-t-il pour la provoquer. »

Ce n'était certainement pas sa plus brillante idée. Mais il avait toujours été un peu tête brûlée, lui, Harry Potter, le putain de Survivant.

« Parle ou je te transforme en sac de viande ! le menaça-t-elle ».

« Peut-être devrions nous interroger mon frère, intervint Rodolphus. »

Rabastan. Harry réalisa qu'il ne l'avait pas entendu depuis qu'ils l'avaient pris au piège. Pourtant, il était là, quelque part dans son dos. C'est lui qui avait fermé la porte. Et là, son frère et sa compagne parlait de lui comme s'il n'était pas là…

« Rabastan ne pliera pas, quoi qu'on lui fasse. Je pourrais lui arracher les tripes à mains nues qu'il ne dirait rien. Mais le garçon va parler, lui. Il sait ce qui est bon pour lui. Hein, mon tout beau ? lui murmura-t-elle en desserrant sa prise pour caresser sa joue. »

Mais sa baguette le menaçait toujours, s'enfonçant douloureusement contre sa tempe.

« Le patronus, souffla Harry qui avait repris un peu de vigueur. »

« Un Patronus ? C'est le sort qu'il faut lancer pour que la porte s'ouvre ? tenta de clarifier Ballatrix. »

« Non. Mais j'y arrive maintenant. J'ai écouté ton conseil et j'arrive à le lancer maintenant. Il me suffit de penser « A Chuisle » et j'y arrive. »

« Tu débloques, Potter ? Mon doloris aurait-il transformé ta maigre cervelle en bouillie ? »

« « A Chuisle », c'est ainsi que m'appelle ton Maître dans l'intimité, pauvre folle, termina Harry. Jamais je ne te dirai comment ouvrir cette chambre. Plutôt mourir ! »

« Doloris ! cracha-t-elle avec tant de haine qu'Harry su que cette fois, il ne survivrait pas au sortilège. »

Et mourir, c'est tout ce qu'il souhaitait en cet instant, alors que tout son corps se tendait sous la douleur. Il s'écroula au sol lorsque Bellatrix le lâcha soudainement. Il sentit à peine l'impact de sa chute, tant sa chaire, ses os et ses entrailles n'étaient que douleur aigue. Il avait mal partout, y compris dans des endroits jusqu'alors inconnus. Pourtant, sa souffrance refluait et il finit par reprendre pied dans la réalité. Il entendait des cris.

« Sale bête ! Sale bête ! s'époumonait Bellatrix en gesticulant dans tous les sens. »

Folle de rage, elle secouait ses jupons, tapait du pied et tentait de déloger quelque chose d'entre ses jambes. Et tout à coup, elle s'effondra, le regard révulsé. Les yeux épuisés d'Harry ne la quittaient pas tandis qu'il reprenait son souffle.

« Bella ! hurla Rodolphus. »

Et son cri était véritablement déchirant, empreint de peur et de tristesse. Le regard fou, il observa un filet de sang s'écouler de la commissure des lèvres de sa femme, ne laissant plus aucun doute sur le fait qu'elle était morte. Un mouvement sous ses jupons attira son attention. Lentement, la vipère boomslang de Potter apparut, son corps vert citron ondulant sur la sombre robe de sa défunte épouse. L'animal venimeux, attaché à Potter, avait mordu Bellatrix pour le défendre.

« Tu vas me le payer, Potter ! jura Rodolphus en brandissant sa baguette. »

Toujours étendu sur le sol, Harry était au bord de l'évanouissement. Il n'eut pas la force d'esquisser le moindre geste. Il entendit le sortilège de mort résonner et ferma hermétiquement les yeux. Pourtant, rien ne se produisit et il entendit un bruit sourd.

Avait-il de nouveau survécu ? C'est en ouvrant les yeux qu'il comprit qu'il était bel et bien en vie. Encore.

Rabastan se tenait là, le visage fermé, la baguette pointée sur son frère raide mort. Lorsque Bellatrix avait cessé de vivre, le sortilège de l'imperium qu'elle lui avait lancé auparavant avait pris fin et il avait pu intervenir à temps pour empêcher son frère de tuer Potter.

« Drago… Il avait raison, souffla ce dernier avant de se laisser tomber dans l'inconscience. »

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Ses paupières se froissèrent. Il ignorait pourquoi, mais il avait beaucoup de mal à ouvrir les yeux ce matin. Sûrement à cause de cet atroce mal de tête. Il essaya de bouger mais il eut la désagréable sensation que son corps ne lui appartenait plus. Comme lorsque cet horrible surveillant les obligeait à rester des heures les bras sur la tête et que ceux-ci se trouvaient tellement engourdis par la suite qu'il avait du mal à les mouvoir comme il voulait. Mais il avait quitté depuis longtemps l'orphelinat.

N'est-ce pas ? pensa-t-il, paniqué.

La luminosité brûla ses rétines sensibles et il dut aussitôt refermer les yeux, la douleur de cette agression se répercutant dans son crâne.

Un doux sifflement attira son attention et il cligna plusieurs fois des yeux pour les habituer à la lumière.

Un serpent. Une vipère s'il se fiait à la forme effilée de sa queue. Elle était entortillée à l'un des montants du lit à baldaquins dans lequel il était allongé. Ses yeux, pareils à deux petites billes noires, ne le quittaient pas tandis que sa langue fourchue se dardait vers lui par intermittence.

Le plus calmement possible et sans quitter la bête du regard, il se glissa hors du lit. Puis il s'éloigna prestement de quelques pas. La tête du serpent avait suivi son mouvement mais il n'avait pas bougé, continuant simplement de le regarder depuis son perchoir.

Il n'était vêtu que d'un simple pantalon de satin noir. Un pantalon de pyjama, donc. Ce qui confirmait l'hypothèse selon laquelle il avait passé la nuit dans ce lit qui n'était pas le sien. Il ne se souvenait absolument pas de ce qu'il avait fait la veille. Ni même les jours précédents, en fait.

Cette constatation augmenta l'angoisse diffuse qu'il ressentait depuis qu'il s'était réveillé dans cet endroit inconnu, nez à nez (oui, presque !) avec une vipère. Cherchant des réponses, il parcourut rapidement du regard la pièce baignée par les flots de lumière que laissaient entrer deux grandes fenêtres. Il se trouvait dans une chambre immense, au milieu de laquelle trônait un lit immense. Chaque meuble, chaque objet criait son luxe. Les braises rougeoyantes dans l'âtre d'une énorme cheminée réchauffaient assez la pièce pour qu'il n'ait pas froid, même si peu vêtu. Les grandes fenêtres laissaient à voir un parc boisé de plusieurs hectares, bien entretenu. Entre les deux, un morceau de son reflet dans une psyché retint son regard. Intrigué, il s'approcha.

C'était…impossible. Il porta sa main à sa bouche, comme le font bêtement les personnes en proie à une grande stupeur. Dans le miroir, il vit briller un anneau en or à son annulaire gauche. Il devait être en train de rêver.

Cette explication le rassura et il observa à nouveau, de la tête au pied, l'homme qu'il voyait dans le miroir : Lui, en plus vieux. Il devait avoir une dizaine d'années de plus. Il était beau et bien bâti. Il y avait une cicatrice rosée sous son pectoral gauche, mais son torse était large et musclé. Ses abdominaux étaient bien dessinés et ses bras robustes. A ce stade de son inspection, il remarqua le tatouage à l'intérieur de son avant-bras : une tête de mort semblant vomir un serpent. C'était vraiment un tatouage hideux et effrayant. Il fit glisser ses doigts dessus et sentit le relief du dessin sur sa peau. Tout cela lui semblait si réel !

« POP. »

Un bruit singulier le fit sursauter et, dans le miroir, il vit une créature derrière lui. Son cœur fit un bon dans sa poitrine.

« Vous êtes réveillé, Maître. Le maître votre Prince sera fou de joie, Maître. Bidule va tout de suite le prévenir, Maître, fit la créature en s'inclinant, son gros nez en forme de pomme de terre touchant pratiquement le sol. »

Il fit volte face, hurlant de peur. Mais la créature se mit à hurler aussi, dévoilant une large bouche, presque complètement édentée. Alors il cria de plus belle, toute raison ayant déserté son esprit. Il était juste complètement terrifié. Et la créature semblait l'être tout autant que lui, tirant de toutes ses forces sur ses oreilles, pareilles à de grandes feuilles de choux. Ses gros yeux globuleux étaient complètement exorbités et elle criait, criait et criait. Tout comme lui.

Et tout à coup…

« POP. »

… elle disparut, le laissant seul et affolé dans cette chambre inconnue.

Mais qu'est-ce que c'était que cette chose ?

Ses mains commencèrent à trembler et une buche à moitié calcinée explosa dans la cheminé, créant un petit nuage de cendre et projetant des morceaux de charbon incandescents.

Il se précipita pour se réfugier dans l'angle formé par le mur et un gros coffre en bois contre lequel il se recroquevilla, à bonne distance de l'endroit où l'horrible petite créature était apparue. Mais il n'oubliait pas non plus le serpent et l'étrange miroir… Il se prit la tête entre les mains, tentant de se raisonner.

« Réveille-toi. Réveille-toi, murmurait-il comme un mantra. »

C'est à ce moment-là que les rideaux du baldaquin prirent feu, comme ça, d'eux-mêmes. Et c'était quelque chose d'absolument terrifiant.

« Non…non, se mit-il à gémir, terrorisé. »

Les grandes portes en bois de la chambre s'ouvrirent alors, laissant entrer trois hommes. Sous ses yeux, l'un d'eux brandit un bâton.

« Aguamenti ! Prononça-t-il avec force. »

Et une gerbe d'eau sortit du bâton pour éteindre le feu.

Il les observa, interdit. Le plus grand, arborant une longue chevelure blonde, le gratifia d'un regard critique. Celui qui avait éteint le feu, un brun au teint cireux, le toisait avec indifférence. Enfin, le plus jeune se précipita sur lui et vint l'enlacer. Il le regarda ensuite en prenant son visage en coupe. Il pouvait voir l'immense soulagement du jeune homme. Il était beau, avec sesgrands yeux verts et sa bouche gourmande. Il avait cette beauté fragile qui lui plaisait tant chez ses rares partenaires masculins. Un de ces garçons gentiment innocents qu'il aimait particulièrement tourmenter.

« Tom ! Merci, Merlin, tu es enfin réveillé ! lui dit-il avant d'embrasser son front et sa joue. »

Son premier réflexe fut de vouloir le repousser. Pourtant, lorsqu'il vit ses pommettes rosir et ses lourdes paupières commencer à se fermer, voilant de ses longs cils noirs l'éclat de son regard, il ne put rien faire d'autre que laisser sa bouche embrasser la sienne.

Tout juste une pression des lèvres. C'était quoi cette façon de faire ? On ne l'avait jamais embrassé ainsi. Et il n'avait jamais, au grand jamais, embrassé quelqu'un ainsi, avec cette douceur confinant à la tendresse.

« Bonjour, mon amour, lui murmura le jeune homme, ses yeux brillants comme des pierres précieuses. »

Comme… des émeraudes.

Et ce fut comme si le monde venait de se remettre dans son axe.

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Un extrait du prochain chapitre vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)

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La personne qui a écrit : :SADIQUE !:'( :'( S'arrêter à un moment pareil :'(J'espère lire la suite rapidement : C'est pas du sadisme ! C'est juste que la coupure était au mieux à ce moment là avant de passer au chapitre suivant ! LOL J'espère que cette suite t'aura plu

guest de l'emoi : J'ai été super touchée par ta déclaration d'amour ! Vraiment, vraiment ! Bon, apprendre que j'ai perverti ton âme pure est une chose avec laquelle je vais devoir apprendre à vivre, mais ta review m'a vraiment fait très très plaisir. J'espère que la suite de cette histoire t'aura toujours autant plu !

Rose : Heureuse de t'avoir retrouvée sur le chapitre 15 ! Et contente qu'il t'ait plu^^ Pour la suite, je réserve encore quelques surprises, comme tu as pu le constater dans ce chapitre. J'espère que ça te plaira !

Pennyy : Merci pour cette nouvelle review. Contente que le chapitre 15 t'ait plu. L'Avada Memomagia fait oublier tout ce qui concerne la magie. Mais pas le reste. Donc Tom n'a pas 10 ans d'âge mental, comme tu auras pu le constater dans ce chapitre. J'aime beaucoup ton analyse de la situation : « l'ordre a gagné par forfait ». Je n'y ai pas pensé un instant car j'avais déjà la fin de l'histoire en tête quand j'ai commencé à l'écrire. Et puis même si Voldemort n'est plu, il reste encore tous les mangemorts… Bon, il y en a un peu moins à présent LOL Mais quand même !

Laura : Effectivement, les choses auraient très mal pu tourner pour Harry ! C'était la mort ou l'amour. Ce fut l'amour. A présent tout est à refaire. Merci de me suivre et de me laisser tes impressions ! A bientôt !

Rose : Je suis heureuse d'avoir pu te surprendre avec le chapitre précédent, d'autant plus si tu as trouvé ça « splendide » (à chaque fois que je vois ce mot, je pense à « The Mask » lol) ! Merci pour tes reviews, ça me fait vraiment plaisir ! A bientôt !

Xou : Les sentiments contradictoires que tu ressens au sujet de cette histoire me réjouissent car il n'est pas simple de faire apprécier une situation aussi tordue à quelqu'un de rationnel. Et si tu es tiraillée, c'est donc que tu es rationnelle. Effectivement, Harry se montre assez naïf et confiant envers les autres dans le début de cette histoire, mais a-t-il vraiment le choix ? Comment savoir à qui se fier quand on ne connait personne ? Sa naïveté montre que les épreuves qu'il a vécu avec les Dersleys et dont il se souvient ne l'ont pas irrémédiablement « abîmé ». Il en sera autrement de son petit séjour aux côtés de Voldemort. Lorsqu'il retrouve la mémoire, il essaie bien de redevenir celui qu'il était, comme tu le soulignes si bien, mais en vain. Harry n'a plus rien de naïf, comme tu as pu le constater dans ce nouveau chapitre qui, j'espère, t'aura plu !

La personne qui a écrit : je savais qu'il allait faire ça ! après tout un Voldemort qui ne connaît pas la magie n'est pas Voldemort, il n'est donc pas obliger de le tuer. je le SAVAIIIIIIS! lol XDj'aimais bien kaani moi. : Merci beaucoup pour ta review. Tu as tout compris aux intentions d'Harry lorsqu'il lance l'avada memomagia à Voldemort, comme tu as pu le constater dans ce chapitre. Moi aussi j'aimais bien Kaanie. Mais cette histoire manquait de mort dramatiques lol A bientôt !

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