Hello!
J'espère que vous avez passés de bonnes vacances et que la reprise n'a pas été trop rude.
Voilà le dernier chapitre de cette histoire. Il restera cependant l'épilogue, donc gardez bien cela en tête lorsque vous aurez fini votre lecture^^
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Les non logés trouveront une réponse à leur review en fin de chapitre.
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Je suis toujours à la recherche d'une nouvelle bêta, ma chère Aïzhi ne pouvant plus assurer le service. Ce chapitre n'a donc pas été corrigé par une pro mais juste par moi. Si des erreurs persistent, n'hésitez pas à me le faire savoir!
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Chapitre 18 : Eternité
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« Relisons maintenant le paragraphe trois, alinéa… 2, poursuivit Lucius en déroulant un peu plus le parchemin. »
Harry commençait à ne plus rien y comprendre. Les mots qu'ils avaient écrits ne faisaient plus sens. Il avait clairement besoin de faire une pause. Mais il savait qu'ils n'avaient plus beaucoup de temps et que d'autres tâches l'attendraient encore après ça.
Sa tasse de café ne quittait plus sa main, détail qui n'avait pas échappé à l'attention de Lucius. Il la porta une nouvelle fois à ses lèvres. Au début, il n'aimait pas spécialement ça et faisait préparer du chocolat chaud à sa secrétaire. Maintenant, ce n'était pas qu'il aimait ça, mais il ne pouvait plus se passer de café.
Il prit le parchemin de son autre main et commença à lire, fronçant les sourcils pour maintenir sa concentration.
« Le personnel des Ecoles de la Petite Enfance Sorcière devra être composé pour moitié de sorciers nés-moldus… »
Harry posa sa tasse pour se saisir de la plume trempant dans son encrier. Il en essuya la pointe sur le rebord du pot avant de rayer « nés-moldus » et d'écrire au dessus « d'ascendance moldue ». Ils avaient décidé de ne plus utiliser ces mots dans les textes émanant du Ministère pour en finir avec une terminologie dont la connotation était devenue péjorative.
« Pour un tiers de sorciers…d'ascendance…sorcière, continua-t-il en rectifiant « non nés-moldus » Pour un sixième de Créatures Magiques de … »
« Attendez, Harry. Ici, dit Lucius en pointant « d'ascendance sorcière », il serait judicieux d'ajouter « au sens de l'article 2 du code de la famille », pour éviter toute tentative de discrimination. »
« Hum… Oui, vous avez raison. Je vois d'ici fleurir des écoles dont la réputation serait meilleure que d'autre grâce à la présence de professeurs au sang pur, approuva Harry en écrivant ce que Lucius venait de lui dicter. »
L'article 2 du code de la famille stipulait que tout sorcier était considéré d'ascendance sorcière dès l'instant où ses deux parents étaient des sorciers, eux même d'ascendance sorcière ou non. Cela ne voulait pas dire qu'ils avaient plus de droits que les sorciers d'ascendance moldue. Cet article était au contraire nécessaire non seulement pour éviter les discriminations, mais aussi pour régler certaines affaires de succession.
« Donc, reprit Harry, le personnel des Ecoles de la Petite Enfance Sorcière devra être composé :
Pour moitié de sorciers d'ascendance moldue
Pour un tiers de sorciers d'ascendance sorcière, au sens de l'article 2 du code la famille
Pour un sixième de Créatures Magiques de Première Catégorie et / ou de Cracmols.
Ne faudrait-il pas préciser « au sens de l'article 2 du code des créatures magiques et de l'article 3 du code de la famille » ? »
Lucius hocha la tête, analysant les tenants et aboutissants de chaque mot.
« Je n'aime pas ces termes : « Créatures Magiques de Première Catégorie », admit Harry en se laissant aller dans son fauteuil. »
Les Créatures Magiques de Première Catégorie étaient les loups-garous, les elfes, les banshees, les centaures, les sirènes, les veelas, les vampires et d'autres encore. Venaient ensuite les Créatures Magiques de Catégories 2, comme les hippogriffes et les dragons. Enfin, les Créatures Magiques de Catégorie 3 rassemblaient toutes les autres créatures « mineures » telles que les scroutts à pétards ou les doxis.
« Nous en avons déjà discuté. Il n'y a jamais de belle façon de créer des catégories. Et vous ne voulez pas que les sorciers montent à nouveau au créneau pour revendiquer le fait que les scroutts à pétards ne devraient pas jouir des mêmes droits qu'eux. »
« Non. Mais ça ne me plait pas. »
Le bout des ses doigts se posa doucement sur le corps d'AIzih, enroulé autour de son cou. Il la caressa doucement.
« Vous avez garanti la sécurité de toutes les créatures magiques. Personne n'avait fait ça avant vous. C'est déjà, en sois, un progrès énorme. »
« Oui, mais quand je ne serai plus là… rien ne permet de dire qu'il n'y aura pas de dérives. »
« Quoi que vous fassiez, quelques soient les lois que vous ferez voter, rien n'est immuable, Harry. »
Harry renversa sa tête sur le dossier de son siège en poussant un gros soupir. AIzih resserra son emprise, soutien silencieux.
« Et si je restais pour toujours ? »
Lucius eut un sourire indulgent.
« Vous n'êtes pas éternel. »
Il ferma les yeux pour ne pas penser que peut-être, il l'était.
C'est à ce moment là que l'on toqua à sa porte. Harry se redressa et donna l'ordre d'entrer. Sa secrétaire, Dramodia, apparut dans l'embrasure de la porte.
« Monsieur Drago Malfoy demande à vous voir, monsieur Potter. »
Harry consulta Lucius du regard. Il avait vraiment besoin d'une pause.
« Je vous laisse, déclara celui-ci. Profitez-en pour commander à manger. Je reviens dans une heure et nous en finirons avec ceci, décréta-t-il en pointant le parchemin du doigt. »
« Merci, Lucius, fit Harry avec soulagement. »
Quelques minutes après le départ de Lucius, on toqua à nouveau à sa porte et Dramodia introduisit Drago dans son bureau. Harry l'accueillit avec un grand sourire.
« Tu es venu me débusquer au Ministère ! s'exclama t-il. »
« Il le faut bien. Tu me délaisses, s'appitoya Drago de façon peu crédible. »
Ses yeux balayèrent le bureau du Ministre dans lequel Harry s'était installé. Il était bien plus grand que celui de Morsonge. Bien plus vide aussi. Un portrait de Merlin était accroché derrière Harry.
« C'est pas un peu surfait, ça, se moqua Drago en le désignant. »
« Une idée de ton père, éluda Harry. »
« Une façon de plus de légitimer ton pouvoir aux yeux de la communauté sorcière. »
Harry opina.
« Tu as une mine affreuse, Potter. »
« Trop aimable, Malfoy. Certains travaillent, vois-tu. Ils ne passent pas leurs journées à se prélasser dans un fauteuil en s'empiffrant de sucreries. »
« Comment le sais-tu ? Tu trouves que j'ai grossi ? fit mine de s'alarmer Drago. »
« Ah j'en peux plus ! se plaignit Harry. Ton père aura ma mort ! »
Drago se retint de dire que c'était lui qui l'avait voulu. Ce n'était pas spécialement réconfortant. Aussi préféra-t-il changer de sujet.
« Je sais que tu es débordé et que c'est une période difficile. Mais je t'ai attendu, Harry, tu sais, fit-il d'un ton dramatique avec une main sur le cœur. »
Puis il se redressa en croisant les jambes et enchaina, mortellement sérieux :
« Je veux tout savoir. »
« A quel sujet ? demanda Harry d'une petit voix. »
Et ses joues rougissantes prouvaient qu'il savait parfaitement de quoi Drago parlait.
« Ne te fais pas prier s'il te plait. J'ai abandonné mon sofa et mes sucreries pour toi, je te le rappelle. »
« C'était….incroyable ! confia Harry, un sourire niais s'étalant sur son visage. »
« Mais encore ? »
« Nous avons passé une soirée merveilleuse. Au début, c'était un peu…tendu entre nous. Mais au restaurant, nous avons pu discuter et je crois qu'il a aimé l'orgue de mer. »
« L'orgue de mer ? Peu importe, je m'en fiche en fait. Il t'a embrassé ? »
Harry lui envoya un regard noir.
« Non. Mais il m'a tenu dans ses bras ! Enfin presque… »
« C'est un début… Et depuis, vous vous êtes revus ? »
« On s'est croisés, oui. »
« Et ? insista Drago. »
« Et rien. Il… Il ne fait pas vraiment comme si de rien n'était. Tu vois, il ne me regarde plus de la même façon… je crois. Parfois j'ai l'impression qu'il veut me dire quelque chose. Mais il ne dit rien… »
« Il est peut-être en pleine réflexion à votre sujet, tenta de le rassurer Drago. »
« Oui…»
« Tu as prévu une prochaine offensive ? »
« Je n'ai pas vraiment le temps de m'occuper de ça en ce moment. Je dois mettre mes « pathétiques petites histoires de cœur au second plan » si je ne veux pas « bêtement mourir d'amour ». »
« C'est de Severus, j'imagine. »
« Une nouvelle allusion à mon serment, oui. »
Drago secoua la tête, navré.
«En parlant d'amour, j'ai des nouvelles de Lovegood, annonça-t-il. »
« Comment va Luna ? »
« Pas beaucoup mieux... Elle était à la boutique avec les jumeaux. Ils te passent le bonjour, d'ailleurs. Ils l'avaient installée au comptoir. Je l'ai surprise en train de parler à la baguette d'Olivander, comme si elle était vivante. J'ai supposé qu'il fallait peut-être la lui enlever mais l'un des Weasley a dit que ça lui permettait de tenir. Je pense qu'ils s'occupent bien d'elle. »
« Je n'aurai peut-être pas du lui donner cette baguette quand elle me l'a demandée… »
« Tu ne pouvais pas la lui refuser. Et si tu te flagelles à chaque fois que je t'apporte des nouvelles du monde, je ne te dirai plus rien. »
« Et que ferais-je sans ma commère préférée ? se moqua Harry en attrapant un parchemin dans un coin de son bureau. »
C'était une liste des choses auxquelles il devait penser. Il mit un nouveau tiret et inscrivit : Ajouter les ronflaks cornus à la liste des Créatures Magiques de Catégorie 2.
« Ça lui fera sûrement plaisir, approuva Drago. »
« J'espère... »
« On commande à manger ? Père m'a demandé de veiller à ce que tu prennes ton repas. »
« Commère, nourrice… tu n'as vraiment pas le temps de t'ennuyer, toi ! »
« Tu oublies psychomage personnel de sa Majesté Potter et Pourfendeur de sucreries, ajouta Drago avec grandiloquence. »
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« Bartolomé Frawyn ? »
« Les sirènes. »
« Pierce Greenbay ? » (1)
« Les loups-garous. »
« Aï Sagawa ? »
« Les vampires. »
« Hermione Granger ? »
« Les elfes de maison. »
« Armand Duprey ? »
« Les créatures magiques de catégorie deux. »
« Sarah Peterson Andrews ? » (2)
« Les créatures magiques de catégorie trois. »
« Pour les autres, tu n'auras aucun mal à les identifier. Mais ce serait tout de même bien que tu connaisses leur nom. Pour les centaures, c'est… »
« Firzen. Lief de la forêt de Parnas pour les elfes, Saaranie pour les banshees et Boleslav Organoff pour les veelas. J'ai tout bon ? lui demanda Tom avec un sourire effronté. »
« C'est Lief de la forêt sacrée de Parnas, précisa Harry. Nous ne voulons pas créer d'incident diplomatique et je t'assure que les elfes ne plaisantent pas avec ces choses-là. »
« Lief de la forêt sacrée de Parnas, répéta Tom en insistant exagérément sur le mot « sacrée ». »
« Et, bien sûr, tu sais que Lucius est le Représentant des sorciers. Il sera là pour t'aider en cas de besoin. Tout comme moi. Donc, ne t'inquiète pas, tout se passera bien ! affirma Harry avec une nervosité palpable. »
« Oui, tout ira très bien, le rassura Tom en passant son bras autour de sa taille. »
Et, avant qu'Harry n'ait pu réaliser ce qu'il se passait, il posa ses lèvres sur les siennes.
« Nous y allons ? demanda-t-il ensuite avec décontraction tandis qu'Harry restait figé. »
Harry hocha simplement la tête. Puis, voyant que Tom l'attendait, il saisit une poignée de poudre de cheminette.
« Salle de la Grande Assemblée, annonça-t-il clairement en jetant la poudre dans l'âtre. »
C'était une grande salle circulaire qu'Harry avait faite aménager au Département des Lois et Règlements. Derrière les sièges de chaque Représentant du peuple magique était installée une cheminée dont l'accès était déverrouillé à une heure fixe et pour dix minutes seulement. Harry avait programmé sa propre cheminée pour qu'elle s'ouvre un quart d'heure avant celles des autres. Il voulait que Tom et lui soient déjà présents lors de l'arrivé des Représentants de la Communauté Magique de Grande Bretagne.
Un exemplaire du Décret pour la création des Ecoles de la Petite Enfance Sorcière avait été imprimé pour chacun des Représentants. Il était posé sur la table, à côté de la plume à papote que le Ministère de la Magie laissait à la disposition de tous les Représentants. La veille, Harry avait glissé une note personnelle sous celui d'Hermione. Il lui demandait quelques nouvelles et l'invitait à venir passer un après midi à Morsonge en sa compagnie. Elle avait refusé ses invitations précédentes, tout en lui écrivant malgré tout de longues lettres où elle lui parlait des Weasley, parfois de leurs amis de Poudlard, que certains avaient réintégrés, de politique ainsi que des difficultés qu'elle rencontrait dans sa charge de Représentante des elfes de maison. Elle restait discrète au sujet de Ron, probablement pour ne pas le peiner.
« Tu m'as embrassé ? demanda-t-il à Tom, incertain, lorsqu'ils furent installés. »
Il avait chuchoté, bien qu'ils soient encore seuls. La plume à papote devant lui s'agita et se mit à écrire sur un parchemin : « Par la barbe de Merlin ! M'as-tu vraiment embrassé ? Je n'arrive pas à y croire ! Mon cœur bat la chamade. Tes lèvres étaient si douces, tes bras si forts autour de moi… J'ai bien cru défaillir ! Si c'était un rêve, ne me réveille pas ! »
Harry devait absolument demander à Dramodia de lui trouver une plume à papote moins… romanesque.
« Je l'ai fait, lui répondit Tom dans un sourire railleur, après avoir lu ce que cette traitresse de plume à papote venait d'écrire. J'ai pensé que j'en avais le droit, ajouta-t-il en chuchotant à son tour, un regard chaud posé sur Harry. »
Ce que la plume à papota traduisit par : « Oh non, tu ne rêves pas mon tout beau. Et tu ne devrais pas être si surpris : tu es à moi, rien qu'à moi, tout à moi. Poser mes lèvres sur toi est mon droit le plus strict. Te coucher à même le sol et te baiser jusqu'à ce que tu défailles réellement est mon unique prérogative. Et soyons honnêtes, Harry : tu n'attends que ça. »
Après sa lecture, Tom resta interdit… avant de rire franchement, ce qui calma un peu le rougissement d'Harry.
« Saleté de plume à papote, grogna ce dernier tandis qu'une gerbe de flammes vertes explosait dans l'âtre d'une cheminée, annonçant l'arrivée imminente du premier Représentant de la Communauté Magique de Grande Bretagne. »
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La Grande Assemblée n'est plus. Longue vie à la Grande Assemblée Fraternelle!
C'est un message fort qui a été envoyé par le Ministère lors de la réunion des Représentants de la Communauté Magique de Grande Bretagne, qui s'est tenue hier dans la Salle de la Grande Assemblée. Un message de fraternité : celle de tous les enfants de la magie !
L'ordre du jour, la ratification d'un décret règlementant la création des Ecoles de la Petite Enfance Sorcière, avait laissé la grande majorité du peuple sorcier indifférent, ces écoles devant accueillir les enfants sorciers d'ascendance moldue. Sans s'opposer au projet, les familles sorcières s'étaient senties peu concernées par ce dernier, malgré les nombreux efforts de communication du Ministère sur le sujet. On se souvient notamment du discours enflammé de Lucius Malefoy, actuel Représentant du peuple sorcier au siège de la Grande Assemblée, dans lequel il lançait : « Les enfants du peuple sorcier sont aussi les enfants sorciers d'ascendance moldue ! Au regard de notre histoire, il est impensable qu'ils continuent à être exclus de notre société jusqu'à l'âge de onze ans. Nous devons tirer des leçons de nos erreurs passées. Cette exclusion est le berceau de nombreux maux dans notre société : incompréhensions, intolérances, peurs de l'autre, rejets, violences morales, violences physiques et, au bout de cet engrenage inextricable, la violence magique. »
Après l'émoi suscité par la repentance de ce mangemort aguerri plus que par son discours lui-même, les familles sorcières s'étaient désintéressées des Ecoles de la Petite Enfance Sorcière. A tort, selon Boleslav Organoff, Représentant du peuple veela au siège de la Grande Assemblée.
« Aujourd'hui, nous avons tous répondu présents, ou presque, a-t-il déclaré avec amertume en contemplant le siège vide de la Représentante du peuple vampire, Aï Sagawa. Bien que la création des Ecoles de la Petite Enfance Sorcière ne concerne pas nos propres enfants, nous saluons cette initiative qui s'est trop longtemps fait attendre et nous nous joignons à cette volonté de créer une école ouverte et tolérante où les enfants sorciers d'ascendance moldue pourront découvrir et côtoyer d'autres peuples de la communauté magique. Veelas, centaures ou géants, mais aussi des créatures magiques, qu'ils apprendront à connaître et à respecter. Et c'est une grande peine pour le peuple veela que de constater l'indifférence du peuple sorcier quant à l'intégration des enfants sorciers d'ascendance moldue dans leur propre monde, s'est-il insurgé. Mais le peuple veela n'est pas étonné. Cet égocentrisme et ce nombrilisme sont l'apanage du peuple sorcier depuis des siècles. Il est temps que cela change. Il est temps que tous les peuples des enfants de la magie vivent fraternellement et se préoccupent les uns des autres. Au nom du peuple veela, j'espère que la création des Ecoles de la Petite Enfance Sorcière sera suivie par de nombreuses autres initiatives similaires. »
La déclaration d'Organoff, applaudie par tous les membres présents de la Grande Assemblée, a donné lieu à un vote exceptionnel, à main levée, suite à une proposition de la Représentante des elfes de maison, Hermione Granger, de rebaptiser la Grande Assemblée des Peuples Magiques de Grande Bretagne : Grande Assemblée Fraternelle des Peuples Magiques de Grande Bretagne.
Si l'on présageait qu'une nouvelle ère était en marche, il n'est désormais plus possible d'en douter ! Longue vie à la fraternité des peuples magiques !
Votre dévouée Rita Skeeters.
Dolores Ombrage froissa la Gazette du Sorcier entre ses petits doigts boudinés aux ongles roses parfaitement manucurés.
La semaine passée, elle avait cru s'étouffer en voyant s'étaler en première page la photo de Lord Voldemort tout sourire qui, à l'occasion de la reconnaisse des loups-garous en tant que peuple magique à part entière, échangeait une poignée de main avec Greenbay, ce loup-garou moldu, la fange des sangs de bourbe !
La fraternité des peuples magiques ? C'était une plaisanterie ! Une odieuse farce !
Elle ? Sœur des veelas, des sirènes, des géants et de toutes ces bêtes monstrueuses ? Sœur des centaures ?
Jamais ! Elle préférait encore mourir.
Elle sentit ses palpitations la reprendre. C'était récurent depuis qu'elle était retournée là-bas.
Avec difficulté, elle s'extirpa de son fauteuil Poteau en tissu rose. Elle se dirigea en boitant jusqu'à sa commode au plateau de marbre rose. Malgré toutes les tentatives des médicomages de Sainte Mangouste, sa jambe ne s'était jamais remise de la flèche qu'elle avait reçue ce jour-là. Elle ouvrit une petite boite de porcelaine ornée d'un chaton rose et en sorti une petite pilule - blanche - qu'elle s'empressa d'avaler. Très vite, elle respira mieux et ses palpitations se clamèrent.
Elle retourna s'assoir, sa lèvre et sa paupière droites agitées par un tic nerveux. Elle se laissa choir sans grâce sur l'assise de son fauteuil, déjà bien éprouvée par les longues heures qu'elle y passait depuis qu'elle était sortie de l'hôpital.
Son monde était à la dérive, les sorciers se vautrant sans honte dans leur propre déchéance. Bientôt, on accorderait le droit de vote aux loups-garous et les banshees enfanteraient des bâtards sorciers. Les mariages mixtes deviendraient à la mode et des sorcières toute de blanc vêtues donneraient leur virginité à des centaures en rut. La pureté du sang ne serait plus alors qu'un lointain souvenir. Qui sait ce que de telles dérives auraient comme conséquences ? La Magie y survivrait-elle seulement ?
Pourtant, Lord Voldemort ne s'était-il pas engagé à préserver la pureté du sang des sorciers de tous ces êtres abjects ?
Mais le Maître avait changé. Il n'était plus le même. Et tout ça…. TOUT ÇA !
C'était la faute de Potter.
Elle aurait du s'en douter la première fois qu'elle avait vu ce garçon insupportable au côté de son Maître. Rien que cela, c'était une aberration. Potter avait du ensorceler Lord Voldemort. Sans quoi il n'aurait jamais pu tolérer cette petite ordure à ses côtés. Si seulement elle connaissait le sort qui lui avait été lancé, alors elle pourrait l'en libérer. Elle serait celle qui l'aurait sauvé. Sa reconnaissance en serait éternelle. Et peut être même qu'il…
Mais non. Inutile de se laisser aller encore une fois à rêver. La déception avait été trop grande lorsque Selwyn avait épousé une petite secrétaire du Ministère sans importance.
Elle ne pouvait rien faire. Elle ne connaissait pas le maléfice que Potter où l'un de ses alliés avait lancé à son Maître. Dans ses conditions, elle ne pouvait pas trouver de contre sort. Tout était perdu.
Mais, si c'était bel et bien Potter qui avait ensorcelé Lord Voldemort, alors il lui suffirait de le tuer pour que le charme soit rompu. Et quand bien même le garçon ne serait pas l'ensorceleur, ce serait un grand bien pour la communauté sorcière que d'être débarrassée du poison qui l'infectait : Harry Potter.
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Après une journée de lourde chaleur, en ce mois de juin finissant, Harry se prélassait dans un bain frais sans se douter qu'au même moment une sorcière aux sombres dessins rêvait de lui infliger une mort lente et douloureuse.
De là où il se tenait, Torki pouvait voir quelques gouttes d'eau dégouliner de ses cheveux et se perdre le long de sa nuque. Il y avait aussi l'arrondi de son épaule, indéniablement masculin, et pourtant si sensuel. Torki détestait assurer la garde de son Prince dans cette salle de bain. Et, ce jour-là, il détesta détester qu'elle soit ainsi interrompue.
Harry sursauta, faisant clapoter l'eau du bain, lorsque Bidule apparu. Immédiatement, l'elfe de maison se courba en deux, son gros nez frôlant le sol.
« Maître Harry Potter, veuillez pardonner Bidule de vous déranger, Maître. Mais Bidule a une communication de la plus haute importance pour le Maître Harry Potter. »
Harry poussa un gros soupir.
« C'est ton jour de congé, Bidule. Alors j'espère vraiment que cette communication te concerne personnellement. »
Alors qu'il s'apprêtait à se redresser, Bidule resta figé. Il avait oublié ce détail, encore une fois. Tout comme il oubliait régulièrement les liasses de galions qui lui étaient remises pour sa rétribution. Ce mot lui écorchait la bouche. C'était contre nature !
« C'est bon, Bidule, je t'écoute, abdiqua Harry, ne souhaitant pas que la petite créature aille se coincer délibérément les orteils sous les pieds de son lit pour se punir.
Bidule fit comme on lui demandait et posa ses gros yeux larmoyants de culpabilité sur Harry. Ce dernier remarqua avec amusement la pince à linge orange accrochée à son oreille.
« Le Maître Lord Voldemort vous demande, Maître. Il vous attend dans le parc, sous le plaqueminier. »
Harry resta un instant trop surpris pour réagir. Puis il se leva brusquement, dévoilant sa nudité à un Torki au bord de l'apoplexie.
« Dis-lui que j'arrive dans dix minutes, répondit-il en sortant précipitamment du bain pour se saisir d'une serviette et commencer à s'essuyer. »
Finalement, le Maître avait lui aussi oublié que c'était le jour de congé de Bidule, pensa le petit elfe avant de disparaitre.
Harry était empressé. C'était la première fois que Tom demandait à le voir. Mais il ne devait pas s'emballer. Il n'avait peut-être pas envie de le voir, mais simplement besoin de le voir. Pour il ne savait quelle raison. Sous le plaqueminier.
Bien qu'il essayât de se raisonner, le cœur d'Harry battait la chamade. Les cheveux encore dégoulinants, il sortit de la salle de bain en abandonnant sa serviette aux pieds de Torki, indifférent au regard énamouré de ce dernier.
Il ouvrit sa penderie et, pour la première fois depuis longtemps, il eut le sentiment de ne rien avoir à se mettre, ce qui était ridicule car, de toute sa vie, il n'avait jamais eu autant de choses à se mettre.
Il avait dit qu'il rejoindrait Tom dans dix minutes, ce n'était donc vraiment pas le moment de faire l'inventaire de ses possessions vestimentaires. Il attrapa une tunique à manches courtes bleue cobalt aux discrets reflets de soie. De superbes motifs celtiques jaune safran étaient brodés autour du col et le long de la boutonnière. Elle tombait parfaitement sur ses hanches, ne cachant rien de sa chute de rein qu'un pantalon noir ajusté mettait en valeur.
Il enfila ses chaussures à la hâte et, passant devant la psyché, il tenta de discipliner ses cheveux mouillés avec ses doigts. Peine perdue, constata t-il avec frustration avant de se détourner. Il faisait encore trop chaud pour s'embarrasser d'une cape, aussi transplana-t-il sans plus attendre dans le parc du château.
Torki vida la baignoire d'un coup de baguette magique. Puis il ramassa la serviette de son Prince, toujours à ses pieds. Elle était lourde d'humidité. Cela ne l'empêcha pas d'enfouir son visage à l'intérieur pour se gorger de son odeur. Puis, dégouté de lui-même, il la balança dans le panier prévu à cet effet.
Le plaqueminier tout en feuilles était piqueté de boutons de fleurs blancs dont la grosseur annonçait une éclosion imminente. A l'ombre de ses branches, dans la lumière du soleil déclinant, était étendue une nappe immaculée sur laquelle on avait dressé un pique-nique : sceau à champagne, toasts et mignardises en tous genres, boite de chocolats et fruits frais.
Cette fois, le cœur d'Harry avait une bonne raison de battre la chamade. Ses yeux fouillaient les alentours mais ils ne voyaient Tom nulle part. Alors qu'il s'apprêtait à faire un pas de plus vers ce petit coin de paradis, une main pâle apparut devant lui avec une coupe de champagne et une bouche l'embrassa longuement dans le cou. Son cœur s'arrêta un instant pour repartir de plus bel. Il se laissa aller contre le torse derrière lui.
« Tom ! fit-il avec soulagement. »
« Bonsoir, lui répondit l'autre de cette voix si grave, presque caverneuse. »
Harry prit la coupe qu'on lui tendait avant de se retourner. Tom tenait une autre coupe et posa sa main libre dans le creux de ses reins, comme pour l'empêcher de trop s'éloigner.
Il était magnifique, ne portant par-dessus une chemise blanche que le gilet et le pantalon anthracite d'un de ces costumes trois pièces qu'il affectionnait tant depuis son amnésie. Son épaisse chevelure brune ramenée en arrière accentuait l'angélisme de son visage, mensonge éhonté que démentait la lascivité de son sourire.
« J'espère que tu n'avais rien de prévu ce soir ? s'enquit Tom. »
« Je devais diner avec mon amant du jeudi. Je lui enverrai un hibou pour m'excuser. »
« Ton amant du jeudi ? répéta-t-il, amusé. Il faudra que tu me le présentes. Ceux des autres jours aussi. Je manque de cobayes pour tester certains sorts. »
Harry éclata d'un rire clair, débordant de bonheur. C'était tellement lui, de répartir de telles choses. Les yeux brillants de joie, il se mordit la lèvre en amenuisant l'espace de leurs corps.
« Tu vas sûrement te dire que ton mari est un être dépourvu de tout sens moral, commença-t-il, joueur, mais si j'avais réellement des amants, j'espère que tu saurais les traquer, les trouver et les tuer. »
« Pas sans les avoir suppliciés, précisa Tom en serrant ses doigts sur sa hanche, la froideur de son visage démentant une quelconque plaisanterie. Quant à toi, je n'ose imaginer ce que je serai capable de te faire… »
Ces mots n'avaient certainement rien de romantique pour le commun des mortels. Mais pour eux, ils étaient tel le serment d'un amour absolu.
« Je lève mon verre à ton absence de morale, fit Tom avec un sourire amusé. »
« Et au tien, ajouta Harry en faisant tinter le cristal leurs coupes. »
Ils burent chacun une gorgée de champagne. Il était délicieusement frais. Harry aurait pu vider sa coupe d'une seule traite. Mais cela aurait manqué de classe.
Tom lui prit la main et le conduisit sous le plaqueminier. Ils s'installèrent et entamèrent une discussion sur les derniers évènements :
Le troupeau de sombrals qui s'était enfui de l'Ile de la Tarasque après qu'un couple de verts gallois ait décidé d'y nicher. Les sombrals avaient fait de nombreux dégâts au nord-est de l'Angletterre, dégâts que les équipes d'obliators dépêchées sur place avaient fait passer pour le résultat d'un petit tremblement de terre aux yeux de la population moldue locale.
Il y avait aussi eut la demande en mariage de Drago à Rabastan et la réaction quelque peu disproportionnée de Narcissa. Elle avait transformé la langue de Rabastan ainsi qu'autre chose en charbon ardant. Une femme effroyable, Narcissa, avait convenu Tom, admiratif.
Et enfin, la révolte des elfes de maison. Ils avaient manifestés devant le Ministère pour réclamer l'annulation de leur droit à une quelconque rétribution. Ils s'étaient affublés de pinces à linge à leurs oreilles en signe de protestation. Bidule ne quittait plus la sienne.
« Hermione leur a proposé de simplement déposer leurs économies à Gringotts, insistant sur le fait qu'ils n'étaient pas obligés de les utiliser. Résultat, depuis trois jours des gallions, des mornilles et des noises apparaissent sur le parvis de la banque. Des dizaines de sorciers se sont attroupés pour récupérer cet argent et les aurors ont du intervenir plusieurs fois pour mettre fin à des échanges de sortilèges, raconta Harry, à la fois consterné et amusé, en picorant des grains de raisin. »
Les coupes de champagnes se succédant, ils avaient fini par s'étendre sur la nappe, piochant les mets au gré de leurs envies, tel des citoyens de la Rome Antique.
« C'est idiot de s'entêter ainsi à vouloir faire de ces créatures des êtres libres puisqu'elles aiment être asservies, exposa Tom, une fraise à la main. »
Il la présenta ensuite à la bouche d'Harry, qui en croqua la moitié en rougissant. Tom se fit un plaisir de manger le reste, mais ce dont il se repaissait n'était pas tant le fruit que l'émoi plein de candeur de son jeune époux.
« Ce n'est pas qu'ils aiment ça, contra Harry. Les elfes ont un sens de l'honneur quelques peu disproportionné. Ils ont perdu un pari avec les sorciers, il y a des siècles. Selon les termes de ce pari, ils doivent se lier à une famille de sorciers et la servir loyalement jusqu'à leur mort. Ils considèrent comme un déshonneur le fait de ne pas tenir cet engagement, même après tous ces siècles. Mais personnellement, je trouve que cela déshonneur les sorciers que de continuer à traiter ainsi ces pauvres créatures, pour un pari n'ayant engagé que nos ancêtres. »
Tom resta silencieux, gardant son avis sur la question pour lui. Mais qu'importe, Harry savait très bien ce qu'il en pensait. L'amnésie ne changeait pas la nature d'un homme. Elle le déconstruisait simplement.
« Alors, puisqu'il s'agit de concilier l'honneur sorcier et l'honneur des elfes de maison, pourquoi ne pas établir que les familles sorcières possédant un elfe de maison devront payer une sorte de taxe au Ministère de la Magie. Ainsi, les sorciers payent mais les elfes ne sont pas payés. »
Cependant, l'amnésie avait eu cet effet de rendre Tom plus accommodant.
« C'est une idée…intéressante, biaisa Harry. »
« Elle te déplait au plus haut point, contra Tom en déplaçant le plateau de minis fondants au chocolat dont Harry était à présent en train de s'empiffrer. Mais si cette taxe était réinjectée dans les œuvres caritatives du Ministère de la Magie, peut être la trouverais-tu moins déplaisante, supposa Tom en se rapprochant.»
Du pouce, il essuya une trace de chocolat sur la lèvre d'Harry, avant de le porter à sa bouche.
« Il commence à faire sombre. Peut-être devrions-nous allumer quelques bougies, proposa Harry pour masquer son trouble. »
« Non. J'ai une surprise pour toi. Et il faut que nous soyons dans le noir, avoua Tom. »
Il n'avait cessé de se rapprocher, rendant Harry de plus en plus nerveux. A présent, Tom était si proche qu'il pouvait sentir la chaleur de son corps près du sien.
« Pourquoi faut-il que nous soyons dans le noir ? »
« Si je te le dis, ce ne sera plus une surprise, répondit-il comme s'il expliquait une chose évidente à un enfant de trois ans. »
Le regard d'Harry ne cessait de voyager entre la bouche et les yeux de Tom, arrachant un sourire espiègle à ce dernier.
« Je vais t'embrasser, annonça-il avec décontraction. »
A ces mots, les grands yeux émeraude se verrouillèrent définitivement sur sa bouche. Et, lorsque celle-ci fut à quelques centimètres de ses lèvres, Harry embrassa Tom de lui-même, trop impatient pour attendre d'avantage.
Pourtant, ce premier contact fut très tendre. Tom se redressa un peu pour prendre son visage en coupe. La bouche d'Harry était chaude contre la sienne. Ce garçon était à la fois si doux et passionné. Si timoré et courageux. Si sombre et lumineux… Ses paradoxes le charmaient comme jamais il ne l'avait été. Tout du moins dans ses souvenirs. Aujourd'hui, il croyait sans peine avoir voulu se lier par le mariage si c'était avec ce garçon. Il l'observa à travers ses paupières mi-closes. Harry avait fermé les yeux et s'abandonnait complètement dans le baiser. Cela lui donna envie de plus. De beaucoup plus. Il voulait enfin le voir éperdu contre lui. Il voulait connaitre le goût de sa sueur et de son plaisir. Il voulait rencontrer son corps nu et en apprécier chaque détail.
Glissant une main dans son dos, il colla son torse contre le sien, renversant Harry sur le dos. Celui-ci se laissa aller en toute confiance, passant ses bras autour de son cou et ouvrant sa bouche pour un baiser plus profond.
C'était leur premier baiser de ce genre et Tom fut à la fois ravi et déconcerter de voir combien leurs langues s'accordaient à merveille. Mais il réalisa ensuite que si c'était un premier baiser pour lui qui avait oublié tous les autres, ce n'était pas le cas pour Harry. Il bénéficiait donc de son expérience, constatant que son jeune époux le connaissait parfaitement bien. Cela n'enleva rien à son plaisir de le découvrir.
Le baiser ne cessait de s'intensifier, gagnant en ardeur et en passion. Harry avait passé ses mains dans ses cheveux, les décoiffant. Et, alors que Tom n'avait pas voulu aller si loin si vite, il sentit Harry écarter les jambes pour frotter son sexe déjà dur contre lui.
Voulant calmer le jeu et reprendre la maîtrise du déroulement de cette soirée qu'il avait calculée au millimètre près, Tom mit fin à leur baiser. Mais ce fut pire alors car Harry avait cet air affreusement lascif sur le visage. Ses yeux verts pleins de désir l'incendièrent tandis que ses doigts s'attaquaient déjà à défaire les premiers boutons de son gilet.
Autant pour son programme. Il pouvait parfaitement s'accommoder de celui-ci, décida Tom en embrassant le cou de son partenaire. Harry défaisait maintenant les boutons de sa chemise. Lui-même avait glissé ses mains sous la tunique du jeune homme et caressait son ventre ferme et sa poitrine.
Harry était fébrile. Il poussa Tom à se redresser pour faire glisser les vêtements de ses larges épaules. Impatient, il embrassa son torse pâle, retrouvant l'odeur tant aimée de sa chair. Sa langue traça un sillon brulant depuis sa clavicule jusqu'à sa gorge, à son menton et à ses lèvres. Ils échangèrent un nouveau baiser, plein de frustration pour Harry qui désirait sentir la peau nue de son partenaire contre la sienne. Peut-être Tom en avait-il tout autant envie que lui car il souleva le bas de sa tunique pour la faire passer par-dessus sa tête, ne s'embarrassant pas de la déboutonner. Sans attendre, Harry le serra dans ses bras, montant à califourchon sur ses genoux.
Tom le sentit trembler contre lui, alors qu'ils ne faisaient rien d'autre que s'enlacer. Mais il s'entait bien dans l'étreinte du jeune homme et dans son souffle saccadé qu'il était bouleversé. Ça le toucha. Il n'avait jamais connu ça, ce sentiment d'avoir tant manqué à quelqu'un. Alors il le serra plus fort, pour lui montrer qu'il était là, que c'était vrai.
Puis il le rallongea doucement sur le sol. Sa bouche se mit en quête de son corps, découvrant la douceur de son grain de peau. Ses doigts caressèrent ses tendres petits tétons. Il les suça ensuite l'un après l'autre, ouvrant dans le même temps la fermeture de son pantalon. Il sema de petits baisers tout le long de son ventre, faisant frissonner Harry.
Tom attrapa l'un de ses pieds pour délasser sa chaussure. Harry resta étendu, les joues roses de plaisir, les tétons humides, son sexe tendant le tissu de son caleçon. Dès que son premier pied fut nu, il le posa au niveau de l'entrejambe du pantalon de Tom pour caresser son sexe durci.
Celui-ci ne le quittait pas des yeux alors qu'il s'occupait de lui ôter sa deuxième chaussure. Sous son regard assombri de désir, Harry se mordit la lèvre. Lentement, il fit glisser ses orteils sur toute la longueur de l'érection de son amant.
Comment pouvait-il tout à la fois le provoquer ainsi, rougir comme une pucelle et braquer sur lui ce regard incendiaire ? Tom commença lui-même à se sentir nerveux. C'était incroyable ce qu'Harry pouvait susciter en lui. Il voulait le prendre sans attendre, se repaitre de ses gémissements, le faire supplier, le faire pleurnicher. Mais il voulait aussi embrasser avec dévotion chaque parcelle de son corps, caresser sa peau pendant des heures, se sentir fondre en lui, le faire chavirer en douceur.
Fébrile, il tenta de maîtriser ses gestes pour tirer sans brusquerie sur le pantalon d'Harry et le lui ôter entièrement. Avec la même retenue, il fit lentement glisser le caleçon le long de ses jambes, en profitant pour les caresser au passage. Sans attendre, Harry enserra ses hanches entre ses cuisses, comme effrayé de le voir partir. Dans des gestes empressés, il commença à défaire sa braguette. Tom l'arrêta gentiment, prenant ses mains dans les siennes pour les embrasser.
« Je me maîtrise à peine, Harry. Alors reste tranquille. S'il te plait. »
« Pardon, fit Harry en tentant de se calmer. »
« Ne t'excuse pas. Tu es terriblement désirable, avoua Tom en s'étendant sur lui pour venir embrasser sa joue. Est-ce que je peux te caresser ici ? demanda t-il en faisant remonter le bout de ses doigts le long de sa verge tendue. Avec ma bouche ? précisa-t-il. »
Harry était un peu dérouté. Il n'avait pas imaginé que Tom se montrerait si prévenant. Voldemort ne demandait pas. Voldemort prenait. Mais Tom avait dit qu'il se maîtrisait. C'était certainement ce qu'il convenait de faire pour une première fois. Et c'est exactement ce dont il s'agissait. Harry n'était pas avec Voldemort. Il était avec Tom, si semblable et si différent. C'était réellement une première fois.
« Oui, répondit t-il, presque timidement. »
Tom embrassa sa clavicule avec adoration, ses mains réapprenant chaque courbe de son corps. Harry se détendait, soupirant de plaisir. Il caressait les épaules de son amant dans des mouvements de lent ressac. Et puis la main de Tom fut de nouveau sur son sexe. Elle le prit et testa quelques manœuvres, pour savoir comment il aimait être tenu, où il aimait être pressé ou simplement effleuré, si son gland était aussi sensible que le dessous de ses bourses…
Toutes ces attentions mettaient Harry au supplice. La dévotion de Tom était touchante, embrouillant son désir et ses sentiments, le mettant sans dessus dessous. Petit à petit, Tom s'était redressé, laissant Harry alangui sur le sol, les jambes largement ouvertes pour profiter au mieux des caresses sur son sexe. Les yeux verts brûlants de désir l'observèrent alors qu'il suçait un de ses doigts, annonçant explicitement ce qu'il prévoyait de lui faire ensuite. Inconsciemment, Harry se lécha les lèvres.
« Tu veux ? lui demanda Tom en présentant son doigt humide à ses lèvres. »
Sans répondre, Harry l'attrapa entre ses dents avant de le faire disparaitre dans sa bouche. Sa langue joua avec un moment alors que Tom le masturbait toujours, juste assez rapidement pour renouveler son plaisir, mais pas assez pour le faire jouir.
Affreusement frustré, Harry relâcha le doigt de Tom et ses mains guidèrent la sienne plus bas sur son corps, beaucoup plus bas.
« S'il te plait… gémit-il en la poussant contre ses fesses. »
« Comme ça ? demanda Tom en caressant son anus pour y laisser un peu de salive. »
« Nonnnnnn ! se plaignit Harry en remuant son bassin de façon suggestive. »
« Comme ça ? redemanda Tom avant de glisser entièrement son doigts dans son étroit petit trou. »
« Hummmmouiii, soupira-t-il de contentement. »
Son amant lui adressa un sourire doux. Il embrassa son genou et l'intérieur de sa cuisse. Sans retenue, il plongea son visage dans son aine pour y respirer profondément.
« J'aime ton odeur, dit-il à un Harry rougissant de gène. »
Sans le quitter des yeux, il lécha son sexe, de la base jusqu'au gland.
« Merlin… Tu veux ma mort ! fit Harry en dissimulant son visage sous un de ses bras. »
Un rire chaud lui répondit. La langue revint sur son érection, traçant des motifs sans signification sur ses veines gonflées. Et, enfin, les lèvres le serrèrent et la bouche l'engloutit tout entier. Harry cria, froissant la nappe blanche dans son poing. Ce fut le début d'une longue litanie de plaisir. Il était branlé, sucé et doigté tout à la fois de la plus experte des façons, réduisant son vocabulaire à un seul mot : « Oui, oui, ouiiiiiiii…. »
Il fut heureux de recevoir un second doigt en lui. Et plus heureux encore lorsque sa prostate fut touchée. Tom sentit son anus se resserrer aussi calma-t-il le jeu, ne voulant pas le faire venir de cette façon. Il resta sourd aux pleurnicheries d'Harry alors qu'il évitait de le pénétrer trop profondément, se contentant d'écarter de plus en plus ses doigts pour le préparer à sa venue.
Enfin, alors qu'Harry pensait mourir de frustration, Tom laissa ses doigts glisser hors de lui. Harry l'observa défaire sa braguette et sortir son sexe de son caleçon. Sous ses yeux, il se masturba un peu, terminant de le rendre fou.
« Tooomm, se plaignit-il en tortillant ses fesses. »
L'autre lécha l'intérieur de sa main, y laissant assez de salive pour lubrifier son érection.
« J'arrive, murmure-t-il en faisant rouler son gland dans sa paume. »
Il s'appuya ensuite sur une main pour se pencher sur Harry. Donnant de petits baisers à sa bouche, il guida son sexe tout contre son anus. Et il poussa, jusqu'à faire céder le petit orifice pour y loger son gland. Le visage d'Harry se froissa. Pour lui faire oublier son inconfort, il agaça son méat du bout du doigt tout en massant son gland avec son prépuce. Ce n'est que lorsque son sexe fut entièrement logé dans l'étroitesse de son séant qu'il accorda une pause à Harry.
« Tu es exquis, chuchota-t-il contre ses lèvres. »
Harry plongea ses mains dans ses cheveux et l'embrassa profondément. Encore, et encore. Doucement, sans se défaire de cet intense baiser, Tom commença à aller et venir en lui. Puis de plus en plus vite, à mesure que l'anus d'Harry s'adaptait à lui. Ce n'est que lorsqu'il percuta sa prostate qu'Harry relâcha l'étreinte de ses lèvres pour crier librement. Il se laissa alors entièrement aller, accueillant les venues de Tom avec un plaisir évident.
Alors qu'il le sentait au bord de la jouissance, Tom porta sa main à son sexe demandeur. Mais Harry la repoussa.
« Non… Tu peux le faire sans…sans me toucher. »
« Sans te toucher ? »
« Oui, s'il te plait, quémanda Harry dans un gémissement. »
« D'accord... Tout ce que tu voudras. »
Tom prit alors fermement ses hanches dans ses mains et le pénétra de plus en plus fort, de plus en plus vite, percutant sa prostate sans relâche. Et bientôt, c'est totalement émerveillé et follement excité qu'il sentit l'anus d'Harry se resserrer durement et pulser autour de lui alors que tout son corps se tendait et que son sperme se répandait sur son ventre. Les convulsions de son orgasme entrainèrent sa propre jouissance.
Allongé l'un contre l'autre, ils laissèrent le temps à leurs respirations de se calmer.
« Tu es… incroyable, souffla Tom. »
Le rire d'Harry se répercuta dans sa poitrine.
« C'est vrai ! insista Tom en nichant un peu plus son visage dans son cou. »
Sans lui répondre, Harry passa ses doigts dans ses cheveux avant de les faire glisser sur son dos. Elles restèrent là à le caresser un long moment, l'endormissant presque.
« Tu imagines si Rabstan ou Lucius nous trouvaient culs nuls dans la parc demain matin ? murmura Harry. »
Cette fois, ce fut le rire de Tom qui raisonna dans la poitrine d'Harry.
« Tu as raison, approuva-t-il en se redressant sur ses bras. Habillons-nous, conclut-il en embrassant rapidement ses lèvres. »
Tom fut prêt le premier, n'ayant pas ôté tous ses vêtements. Il s'étendit sur la nappe, un bras derrière la tête, attendant qu'Harry le rejoigne. Celui-ci ne se fit pas prier pour venir se blottir contre lui. La nuit était tombée mais il faisait encore doux. Harry entendait le cœur de Tom battre sous son oreille. Il aurait voulu que ce moment ne finisse jamais.
Pourtant, Tom sortit sa baguette pour la pointer vers le ciel.
« Vaporis papilio, murmura-t-il en effectuant un complexe mouvement de baguette. »
Aussitôt, un épais jet de fumée blanche fusa de sa baguette et se répandit au dessus d'eux.
« Qu'est-ce que c'est ? l'interrogea Harry. »
« Ma surprise, lui répondit Tom de façon énigmatique. Regarde, ajouta-t-il en pointant la fumée du doigt. »
Le nuage blanchâtre commençait à se clairsemer, d'intenses couleurs fluorescentes apparaissant dans des flashs lumineux. Petit à petit, de splendides papillons de fumée aux couleurs irréelles se dessinèrent et volèrent dans la nuit noire au dessus d'eux. C'était absolument féérique et on ne peut plus romantique.
« C'est magnifique ! s'émerveilla Harry. C'est Rabastan qui t'as appris ce sort ? »
« Non, je l'ai trouvé dans un livre. »
« Et tu as appris tout seul ?!, s'étonna Harry, impressionné.»
« Oui. Ce n'était pas très dur. Je voulais faire quelque chose de joli, que tu aimerais. Enfin, qui te plairait. Je ne savais pas trop quoi. Je me sens en un peu démuni avec tous ces souvenirs qu'il me manque. J'ai parfois l'impression que je suis aussi autonome qu'un enfant. Je ne saurais pas réserver une table dans un restaurant sorcier ou t'emmener dans un endroit moldu que je connais, comme tu l'as fait. Je ne sais même pas comment sortir de ce parc. Mais je voulais essayer de faire quelque chose pour toi, par moi-même, avoua Tom. »
Lorsqu'il était amnésique, Harry n'avait jamais essayé de faire ce genre de choses pour Voldemort. Cela lui serra le cœur.
« Merci… Merci infiniment, dit-il simplement avant de reporter ses yeux sur le spectacle que Tom lui avait offert. »
Harry était amoureux. Et il se sentait aimé comme jamais.
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« Que lui as-tu dis ? »
Hermione reposa sa tasse de thé, attendant qu'il lui réponde.
Elle était venue d'elle-même le trouver dans son bureau du Ministère, pour parler des difficultés rencontrées avec les elfes de maison. Elle avait approuvé sa proposition de leur laisser la possibilité de garder l'argent de leur salaire ou de le reverser à l'association de leur choix. Il s'était attendu à ce qu'elle s'en aille sitôt la question réglée. Mais elle était restée.
Harry aurait du y penser plus tôt. Lui proposer de lui rendre visite à Morsonge était une erreur. Le Ministère était un terrain plus neutre. Elle avait fait le premier pas. Il ne devait pas la décevoir, aussi décida-t-il d'être honnête. N'était-elle pas, après tout, sa meilleure amie ?
« Qu'on s'était rencontrés durant un match de quidditch. Que notre rêve était de construire un monde meilleur, lui répondit-il, penaud »
« Harry, commença-t-elle avec ce petit ton qu'elle prenait toujours pour lui faire la leçon. Tu as bien conscience qu'il finira tôt ou tard par apprendre la vérité ? La censure ne dure jamais qu'un temps… »
Mine de rien, il était heureux de voir qu'elle se permettait toujours de lui parler comme ça. Ça lui permettait d'être, l'espace d'un instant, seulement Harry. Harry Potter.
« Oui… Je… je n'y ai pas encore réfléchi, mais oui, je suppose qu'il saura un jour. J'improviserai à ce moment-là, expliqua-t-il avec légèreté. C'est ce que je sais faire de mieux, non ? »
Levant les yeux au ciel, elle secoua la tête, faisant balancer ses lourdes boucles brunes. Puis, plus sérieusement, elle ajouta :
« Et s'il essaye de te tuer ? »
« Il ne le fera pas, Mione. »
« Comment peux-tu en être si sûr ?! Il ne s'agit pas de n'importe qui. Il s'agit de Voldemort. Enfin, de celui qui était Voldemort, précisa-t-elle. »
« Justement ! fit Harry en se passant une main dans les cheveux, frustrés. Même… même lorsqu'il était encore Voldemort, il n'a pas essayé de le faire, Mione. J'avais ma baguette pointée sur lui, j'étais prêt à le tuer. Je te le jure, Mione. J'avais presque prononcé l'Avada Kedevra ! raconta-t-il avec emportement. »
« Je te crois… »
« Mais il ne m'a pas lancé le sortilège de mort, termina-t-il plus calmement, comme s'il le réalisait à nouveau lui-même. Il a simplement essayé de me désarmé avec un expelliarmus. Il savait que j'avais retrouvé la mémoire bien avant que je ne pointe ma baguette sur lui. Mais jusqu'à la fin, il n'a pas voulu me tuer. »
Bien que cela soit difficile à admettre pour elle, Harry avait des sanglots dans la voix. Il se reprit cependant rapidement, sans verser la moindre larme. Peut-être qu'Aïzih, se glissant hors de sa manche à ce moment là, l'avait distrait. Hermione, elle, ne savait pas quoi dire.
« Il ne me tuera pas. Au pire, il tentera de m'évincer du pouvoir, poursuivit Harry en guidant sa vipère sur le plateau de son bureau. Mais j'espère que nous serons déjà loin lorsqu'il apprendra la vérité. »
Ils observèrent Aïzih ramper entre leurs tasses de thé. Si Hermione fut effrayée que l'animal se rapproche d'elle, elle n'en montra rien. Elle resta mutique, avec cette expression qu'Harry connaissait si bien: elle réfléchissait. Lorsque les écailles vertes d'Aïzih disparurent sous le bureau, elle lui fit part de ses pensées.
« Mais… Et la prophétie, Harry ? Aucun de vous ne peut vivre tant que l'autre survit… »
Harry la jaugea un instant un silence, débattant de ce qu'il pouvait lui révéler.
« Nous ne vivons pas, Mione. Nous survivons. »
C'était une déclaration effroyable, mais Hermione ne pouvait pas en douter.
« Jusqu'à quand ? demanda-t-elle, la gorge nouée. »
Il ferma les yeux, lui faisant redouter le pire. Puis il répondit :
«Ad vitam aeternam.»
(1) Pierce Greenbay est un personnage créé par Umbre77 dans sa fic Alpha Potentiel. Je prie chaque jour pour qu'elle finisse cette fabuleuse histoire !
(2) Les initiales de Sarah Peterson Andrews sont SPA. On s'amuse comme on peut^^
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Un extrait de l'épilogue vous attend d'ores et déjà sur mon LJ : groumde . livejournal (enlevez les espaces et vous trouverez^^)
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Matsuyama: Merci :)
R: Une nouvelle revew, voilà qui me ravie! Effectivement, Tom est moins sombre que Voldemort. Il n'a pas le poids des atrocités qu'il a commise sur la conscience. Il ignore quel être abjecte il a pu être. Du coup même Harry est tout chamboulé^^ J'espère que ce dernier chapitre t'aura plu!
