Merci beaucoup pour l'accueil faite à ma fiction ! Je suis vraiment contente que vous ayiez apprécié, même ceux qui n'aiment pas particulièrement voir ne regarde pas Fear The Walking Dead.

Au programme dans ce 2ème chapitre : Je reste encore fidèle à certaines scènes de la série mais vous verrez, je prends un virage significatif en plein milieu ;) On en apprendra aussi un peu plus sur le caractère de Clarke et on assiste à un rapprochement Clarke/Lexa !

J'ai hâte de lire ce que vous en avez pensé :D

Merci également à Clem et Morgane pour vos reviews, ainsi que tous ceux qui suivent cette histoire !


Chapitre 2 :

De Woods : Ne m'attends pas pour le bus. Je suis à l'hôpital donc je vais encore venir avec ma mère.

De Blake : Ok. Comment va-t-il ?

De Woods : Il dort. Au moins je sais qu'on a pas à s'inquiéter dans ces moments-là. Quoi que avec lui je me méfie.

Je levai la tête de mon téléphone lorsque Travis passa la porte de la chambre de l'hôpital. Il avait compris que Maman avait besoin de passer un peu de temps seule avec son fils mais s'il était là, c'est que nous devions partir pour le lycée. Je le regardai s'approcher du lit où ma mère avait trouvé refuge dans les bras d'un Nick pour une fois apaisé. Son visage était niché dans le creux de son cou, un bras passé sur son ventre comme si, dans ce simple geste, elle pouvait le protéger du monde extérieur.

Travis se pencha pour déposer un baiser sur la joue de Maman, ce qui m'arracha un petit sourire malgré moi.

- Tu as une heure avant que la cloche ne sonne, lui chuchota-t-il en guise de réveil.

Sa phrase n'avait rien de romantique mais au moins elle eut l'effet escompté. Ma mère jeta un long coup d'oeil à Nick, qui dormait toujours paisiblement, avant de se redresser.

- Avant tout, j'ai besoin d'un café, déclara-t-elle en se levant.

De Woods : La belle au bois dormant vient de se réveiller. Je ne devrais pas tarder à partir d'ici.

- Tiens Maddy, voilà de quoi te changer.

J'aperçus Nick papillonner du regard, attirant l'attention de Travis qui posa une main rassurante sur son épaule. J'ai loupé un épisode entre eux ? Je fronçai les sourcils, aussitôt suspecte.

- Je reviens tout de suite.

Il passa à côté de moi sans m'accorder d'attention et je relevai enfin les yeux de mon téléphone. Nick me regardait pour la première fois depuis des jours. J'avais beau le haïr de toutes mes forces, je l'aimais tout autant et la façon dont ses yeux s'adoucissaient lorsqu'ils se posaient sur moi me serrait le coeur. Des souvenirs de notre vie avant ça, avant que Papa ne meurt et qu'il ne tombe dans la drogue, me revinrent avec force. Des images de nos excursions à deux, nous amusant d'un rien, inventant des histoires imaginaires dans lesquelles nous étions les héros. Les paroles qu'il me prononçait tout le temps lorsque j'avais peur ou que je me faisais mal. "Ne t'en fais pas Lex, je veillerai toujours sur toi. Il ne peut rien t'arriver tant que je suis là."

J'y avais cru longtemps. Mais c'était terminé.

Je remis mon masque froid et cruel en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire et le fixai à mon tour.

- C'était mignon, ironisai-je, Beau-papa et toi.

Avait-il déjà oublié notre père seulement cinq ans après sa mort ?

- C'est pas notre beau-père.

- Maman l'aime bien, répondis-je en me levant pour m'approcher du lit. Qui sait ? Il foira peut-être lui aussi.

Comme les deux autres avant lui mais je n'ajoutai rien. Je n'en avais pas besoin, Nick savait très bien où je voulais en venir. J'empoignai le plateau du petit-déjeuner et soulevai le couvercle de l'assiette. Quelle surprise, des œufs brouillés avec une saucisse et des toasts. Je fis rouler la table jusqu'au lit de mon frère avant de prendre place à ses côtés, incapable de résister au sourire qu'il me lança. Il avait beau être un camé, il restera toujours mon frère. Je me penchai pour atteindre la télécommande et l'aidai à se redresser un peu.

- Je sais ce que tu penses.

- Quoi donc, frérot ?

- Je le sais.

- Qu'est-ce que je pense ? demandai-je en m'emparant du pot de gelée orange pour l'ouvrir.

- Que tu es parfaite et moi non. Tu vas aller à Berkeley et moi je me suis fais virer de...

Je tendis une cuillerée que mon frère prit ans rechigner, amusé par la situation.

- De ma fac pourrie, acheva-t-il.

Je ne pu empêcher un nouveau sourire d'étirer mes lèvres. Même sur des sujets aussi sensible, il parvenait à me faire rire.

- Je suis hospitalisé et toi non.

- Je ne me compare pas aux autres.

Bon, ce n'était pas tout à fait vrai. Disons que je ne m'embarrassais pas de la vie des autres. J'avais assez de problème dans la mienne.

- Impossible, me taquina Nick en continuant d'avaler la gelée.

- Disons que je ne me compare pas aux fous.

Je ne savais pas si je pensais réellement ma phrase ou si je m'en amusais mais mon frère perdit tout d'un coup son sourire et refusa la cuillère que je lui tendais. Je ne l'avais rarement vu aussi sérieux depuis bien longtemps.

- Je ne suis pas fou, me dit-il en plongeant ses yeux dans les miens.

- Tu agis de la même manière en espérant une autre fin. C'est la définition même de la folie. Tu continues de prendre ces conneries qui te bousillent le cerveau et tu pries pour qu'au final il ne t'arrive rien. Tu ne te soucies pas de ce que les gens ressentent autour de toi, tant pis s'ils souffrent. Ce qui est important pour toi c'est toutes ces merdes que tu t"injectes.

Je savais que je n'aurais pas dû laisser parler mes émotions mais c'était plus fort que moi. Je ressentais tellement de haine pour toute cette situation. Tellement de colère.

La main de mon frère encercla la mienne pour attirer mon attention. Il voulait que je le regarde, chose que j'avais du mal à faire sans avoir envie de pleurer ou de lui hurler dessus.

- Ca ne sera plus comme ça, m'annonça-t-il.

- Si.

- Non.

- Ce sera pire.

Son pouce caressa l'intérieur de mon poignet. Il tentait de me rassurer mais ses mots glissaient sur moi sans m'impacter. J'avais beaucoup trop entendu cette promesse pour y croire à nouveau. C'était trop douloureux.

- Je vais mettre un terme à tout ça. C'est décidé.

- Ok.

- "Ok" ?

Je ne le croyais pas. Je ne pourrais plus jamais lui faire confiance. Alors je me contentai de répondre la seule chose qui me vint une nouvelle fois à l'esprit.

- Ok.

*Clexa*Clexa*Clexa*

Confortablement installée dans les bras de Matt, je laissai mon regard errer sur la vue devant moi. Je trouvais apaisant de voir s'étirer le stade du lycée, vide à cette heure-là de la journée. Personne n'osait s'aventurer derrière la rambarde qui entourait les hautes lampes et je me félicitai d'avoir trouvé cet endroit pour bouquiner, me réfugier et, auparavant, profiter de quelques instants seule avec mon petit-ami. A cette hauteur il n'y avait aucun bruit pour nous déranger, pas de problèmes. Pas de Nick, ni de souffrance.

- J'en ai vraiment marre, soupirai-je. Encore un an, plus qu'un an et je me casse.

La promesse de mon frère tournait en boucle dans mon cerveau et pour une fois je ne parvenais pas à taire ma douleur. J'avais besoin de soutien, d'en trouver dans la personne qui partageait ma vie depuis presque un an.

- Et moi ? me demanda-t-il. Je ne compte pas ?

- Le programme d'Arts de Berkeley est bon, répondis-je en me calant un peu plus dans ses bras.

- Cite-moi un artiste que j'aime qui vient de Berkeley.

Je levai les yeux au ciel. Comme d'habitude il n'y en avait que pour sa passion, qu'importe le reste. Il ne comprenait rien à ce que j'essayais de lui dire. Il n'y faisait même pas attention.

Je m'abstins de répondre et me contentai de tourner la tête pour regarder une nouvelle fois le paysage.

- Exactement ! dis Matt, prenant mon silence pour une réponse.

- C'est à seulement quelques heures, tentai-je une nouvelle fois. Même Etat, même fuseau horaire. Je n'aurais pas l'occasion de te manquer.

- Si tu me manqueras beaucoup. Mais je n'aurais plus une seconde à moi entre mes cours et notre projet de B.D avec Wells. Avec de la chance, elle fera un carton !

Excité par cette idée, il m'embrassa rapidement sur la joue sans même s'apercevoir que je ne partageais pas sa joie.

- J'ai juste besoin de changer d'air, Matt.

- T'as revu ton frère ?

Evidemment que je l'avais revu. S'il n'était pas aussi occupé avec ses dessins, peut-être l'aurait-il remarqué. Je secouai malgré tout la tête en guise d'affirmation.

- Il va mieux ?

- Mieux qu'il y a 48h ? Oui. Mieux qu'une fois qu'il sera sortit de l'hosto ?

- Ce n'est pas de ta faute, Lexa. Nick est un grand garçon. Ce n'est pas à toi de veiller sur lui.

Le silence se fit pendant un instant. Les mains de Matt se baladaient sur mes hanches et il commença à embrasser ma nuque, me rapprochant de lui.

- Retrouve-moi après les cours, me demanda-t-il après un énième baiser. J'arrangerai les choses.

- Ah oui ? Comment ? T'es magicien ?

Comme d'habitude il ne remarqua pas l'ironie dans ma voix et se mit à rire. C'était presque irréel. Je me tenais là, au creux de ses bras à tenter de m'ouvrir à lui, de lui confier mes problèmes et mes peines mais il ne pensait qu'à l'Art et au sexe. Se rendait-il seulement compte du fossé qui se creusait inlassablement entre nous ? Nous nous éloignions l'un de l'autre, tenter de le nier serait une erreur et je commençais à être fatiguée par tout ça. Fatiguée de ce couple qui ne faisait plus mon bonheur et qui me donnait l'impression de continuer à me noyer.

- Rejoins-moi à la plage ce soir, me dit Matt. On regardera le coucher de soleil et puis on ira chez moi. T'échapperas à ta famille et moi, je t'aurais pour moi tout seul.

Je me décalai de lui pour le regarder. J'avais aimé ce garçon mais mon coeur ne battait plus pour lui désormais et une part de moi était chagrinée par ce constat. J'avais besoin d'être sûre...certaine d'une chose.

- On est là l'un pour l'autre, pas vrai ?

Matt ne me répondit rien et je compris alors. On n'était pas là l'un pour l'autre, j'étais seule.

Il se pencha vers moi et posa ses lèvres sur les miennes en un baiser qui ne m'arrachait plus de frissons depuis bien longtemps. J'y répondis sans réel engouement et ne me dégageai de son étreinte que lorsqu'il tenta de passer ses mains en dessous de mon tee-shirt.

- Il faut que j'y aille, j'ai promis à Octavia de déjeuner avec elle.

- Restes, j'ai l'impression que ça fait une éternité qu'on ne sait pas vu.

- Peut-être que tu si tu ne me posais pas de lapin pour traîner avec Wells on se verrait plus souvent, rétorquai-je brusquement en me levant.

Je ne lui laissai pas le temps de répondre et m'emparai de mon sac pour descendre de ma cachette.

Il ne me fallut que quelques minutes pour rejoindre le réfectoire, désormais bondé à cette heure-là. Je me dirigeai directement vers Octavia, en grande conversation avec Harper et Bellamy. Le frère d'O était plus âgé d'un an et je savais qu'il suivait les cours dans la même classe que Matt, Wells et Clarke. Ma meilleure amie ne m'avait jamais caché qu'il était très attirée par la jeune artiste mais malheureusement pour lui, elle sortait avec Amanda depuis deux mois.

Je les saluai tous les trois et m'assis sur la chaise aux côtés de Harper.

- Tu ne passes pas par la case "file d'attente pour le repas" ? me taquina aussitôt celle-ci en remarquant l'abscence de plateau.

- Pas faim.

- Ca c'est mal passé avec ton fiancé ? lança Bellamy en riant.

- Ce n'est pas mon fiancé et je n'ai aucune envie d'en parler.

Personne n'ajouta quelques choses et ce fut Octavia qui vola à mon secours.

- Vous avez vu tous les élèves absents ces temps-ci ? A croire que cette épidemie de grippe ravage le lycée tout entier. Dommage que Mrs Sanchez ne soit pas touchée elle.

Nous éclatâmes tous de rire.

- Au moins les petits chanceux qui sont touchés n'ont pas besoin de venir aux dernières semaines de cours.

- Je n'ai aucune envie d'être malade, objecta Harper. L'un de mes voisins a chopé ce virus et quand je le vois il me fait plus penser à un zombie qu'autre chose. Il est tout pâle avec les cernes noires. Il me fait vraiment flipper.

Nous continuâmes à discuter de tout ça pendant un moment et mon coeur s'allégea un peu, mettant de côté ses problèmes. Je me sentais bien, et ce sentiment s'accentua quand Octavia lia ses doigts aux miens et qu'elle posa sa tête sur mon épaule.

*Clexa*Clexa*Clexa*

Même à cette heure avancée de la journée, Venice Beach restait un endroit fréquenté et je regardai les passants aller et venir. Le temps n'était pas spécialement beau mais ça n'empêchait pas les jeunes de venir se balader ou de faire du roller le long de la plage. Même les marchands de glace parvenaient à faire aisément leur profit.

Je fixai ma montre avant de m'emparer de mon téléphone et de rédiger un texto à Matt.

De Lexa : Je suis là.

Et la longue attente commença. J'aurais dû me douter qu'il ne tiendrait pas sa parole et pourtant je gardais espoir qu'il finisse par se montrer et me prouve que j'avais tord à propos de lui. Que notre couple méritait d'être sauvé après tout.

De Lexa : Où es-tu ?

Trente minutes maintenant que je patientais sans aucune nouvelle de Matt. Pas un message, pas un appel, rien.

De Lexa : Tu ferais mieux d'être mort ! Je rentre chez moi.

J'enlevai brutalement mes écouteurs de mes oreilles et descendis du banc sur lequel j'avais trouvé refuge mais mon portable vibra brusquement. Tiens, quand on parlait du loup.

- Matt, mais qu'est-ce que tu fiches ? Ca va faire une heure que je t'attends !

- Bébé, je suis désolé, je suis avec Wells. On devait travailler sur notre maquette et je n'ai pas vu le temps passé. Excuses-moi.

- Tu m'as encore posé un lapin pour aller dessiner avec Wells ?

- Je t'assure que je vais arriver, laisse-moi le temps de terminer ça et je te rejoins à la plage. Accorde-moi encore une heure d'accord ?

- Tu crois que je vais poireauter ici en t'attendant encore longtemps ? Je ne peux plus supporter ça Matt, terminai-je d'une voix las. J'en ai marre de tes promesses que tu ne tiens jamais.

- Je vais venir Lexa ! On parlera de tout ça face à face. Il faut que j'y aille, je t'envois un message dès que je pars.

- Matt non !

- Je t'aime, à tout à l'heure.

- Attends, Matt !

Non mais il se foutait de moi ou quoi ? Non seulement il me laissait sans nouvelles mais en plus voilà qu'il me raccrochait au nez ?

Je retins un cri de rage mais donna un coup de pieds furieux dans une malheureuse et innocente canette qui traînait là, l'envoyant valser à quelques mètres de moi.

- Rappelle-moi de ne jamais te contrarier, ria une voix derrière.

Je me retournai brusquement et rencontrai le regard amusé de la dernière personne que je pensais croiser ici aujourd'hui. A cheval sur son éternelle moto rouge, vêtue d'un jean clair et d'un débardeur immaculé seulement recouvert par une veste en cuir entrouverte, Clarke me regardait de ses grands yeux bleus que je trouvais magnifique. Le bout de ses doigts, que je voyais au travers de ses mitaines, étaient légèrement tâchés de noirs et je compris qu'elle avait dû travailler sur sa fresque avant de venir ici.

De la voir ainsi, à moitié allongée sur le réservoir devant elle, m'empêcha de respirer malgré la colère que je ressentais envers Matt. La première fois qu'il m'avait avoué que son amie se révélait être le genre de fille badass qui pouvait impressionner, j'avais littéralement explosé de rire. Je n'avais vu de Clarke que des photos et je n'arrivais pas à la discerner autrement que comme une douce figure angélique. Je l'imaginais fleur bleue, romantique avec son âme d'artiste et peut être un peu torturée mais la réalité me frappa de plein fouet lorsqu'elle était arrivée au bar sur son engin, une demoiselle soigneusement accrochée à sa taille. J'avais alors appris en une minute sa préférence pour l'alcool fort, les filles et les motos rouges.

Clarke Griffin était loin d'être ce que je pensais d'elle. Et j'adorais ça.

- Salut Clarke.

- Qu'est-ce que cette pauvre boîte de conserve t'a fais pour que l'envoie valser comme ça ?

Je voulais lui sourire mais je ne parvins qu'à grimacer avant de m'asseoir sur le banc, prenant ma tête entre mes mains. Décidément, Matt gâchait même mes instants en compagnie de la blonde, aussi furtifs étaient-ils.

Clarke dû comprendre que je n'étais pas d'humeur à plaisanter car elle n'insista pas et je l'entendis descendre de sa moto pour venir me rejoindre. Elle posa son casque à côté et appuya ses coudes sur ses cuisses pour se retrouver à ma hauteur. Je sentais ses yeux qui me scannaient, m'observaient attentivement et le vent amenait son parfum jusqu'à moi. Dieu qu'elle sentait bon.

- Tu veux en parler ? me demanda-t-elle doucement.

- Ce n'est rien. C'est Matt.

- Qu'est-ce qu'il a encore fait pour te mettre dans cet état ?

- Des promesses. Comme d'habitude. Il m'a donné rendez-vous il y a une heure et il vient de me dire qu'il a "oublié" car il travaille avec Wells. Je me demande bien ce que j'attendais de sa part. De tenir sa parole ? Cela fait des mois que j'ai arrêté de croire à ce qu'il me dit.

Je relevai brusquement les yeux vers la jeune fille silencieuse en me rendant compte de mes paroles. Pour qui allait-elle me prendre maintenant ? Une gamine pleurnicheuse ? Surtout que Matt et elle étaient proches.

- Pardon Clarke, je ne devrais pas te parler de ça. Tu es son amie et moi je ne suis que la pièce rapportée.

Je devais partir d'ici avant d'exploser littéralement. Entre ma colère et ce que me faisais ressentir Clarke, j'avais du mal à réfléchir correctement. Je fis mine de me lever mais une main gantée se referma sur mon bras pour m'en empêcher et la jeune fille se pencha d'avantage vers moi.

- Tu n'es pas une pièce rapporté Lexa. Tu ne l'a jamais été. Pas pour moi en tout cas. Ce que fait Matt depuis quelques temps, ce n'est pas une attitude que j'approuve et je lui ai déjà fais remarquer plusieurs fois. Tu mérites qu'on te traite autrement. C'est peut-être mon ami mais ces dernières semaines c'est surtout un vrai con.

Ses yeux m'hypnotisaient et je ne pus m'empêcher de me perdre en eux. Ils étaient doux, rassurant même si une autre émotion couvait. De la colère peut-être. En tout cas je la voyais virvolter dans le bleu de son regard. Clarke le baissa une micro-seconde en direction de mes lèvres et je frissonnai, incapable de décider si je venais de fantasmer ou si ça c'était vraiment passé.

- Allez, souris, m'incita-t-elle après quelques secondes. S'il te plait.

Je tentai de ne pas lui obéir mais sa petite moue était tellement adorable que ma bouche décida d'agir toute seule et un sourire apparut sur mon visage.

Clarke avait sa manière à elle de me rassurer, de me faire sentir spéciale. La première fois qu'elle m'avait vu déprimé après une dispute avec Matt, elle m'avait invité à une soirée pizza/jeux vidéos où j'avais pu extérioriser ma colère grâce à Tekken 6. Une autre fois encore, elle s'était contentée de s'asseoir près de moi en silence et de dessiner. Ce ne fut que lorsqu'elle me tendit son croquis que j'y aperçus mon reflet. Elle avait esquisser chacun de mes traits avec un détail impressionnant et son message ce jour-là était clair : Je te vois. Tu n'es pas invisible.

Je savais que je n'aurais jamais dû commencer à éprouver autant de bien-être auprès d'elle, ni toutes ces émotions qui emplissaient mon cœur et ma tête en sa présence mais c'était plus fort que moi. Je n'arrivais pas à m'en empêcher. Elle réveillait en moi des choses enfouies que je parvenais de plus en plus difficilement à taire. Et ça se révélait encore plus dur lorsque Octavia tentait de jouer les entremetteuses.

- Voilà qui est mieux ! Maintenant on va te faire oublier tes soucis.

- Non je ne veux pas te retenir ici, tu as mieux à faire. Je t'assure, ça va aller. Matt va arriver dans une petite heure.

- Il est hors de question que tu attendes ici encore une heure. Tant pis pour lui, s'il passe son tour pour te voir, alors je le prends sans hésiter !

Elle se leva soudainement, récupéra son casque et me tendit la main pour la suivre. J'aurais dû refuser mais encore une fois mon corps agit contre le bon sens et je m'en emparai.

Je pensai qu'elle allait simplement marcher avec moi sur la plage en discutant de tout et de rien jusqu'au moment où elle m'aurait annoncé devoir partir mais Clarke en avait décidé autrement. Elle se dirigea vers sa moto et souleva la selle pour en sortir un deuxième casque qu'elle me tendit aussitôt. Une vague d'appréhension me figea sur place. Je n'étais jamais montée avec elle et je n'étais pas certaine de le vouloir. Je ne me sentais pas à l'aise avec ce genre de transport, surtout à cause de tous les accidents qu'on lisait dans les journaux, et m'imaginer me tenant presser contre elle me donna immédiatement chaud.

- Je ne mords pas tu sais, ria-t-elle en me voyant immobile. Ou alors juste dans des circonstances spéciales.

Elle me lança un clin d'oeil qui agita mon pauvre petit coeur et j'achevai de peser le pour et le contre. D'un côté, je pouvais choisir d'attendre encore une heure ici que mon petit-ami daigne enfin se montrer et respecter sa parole. De l'autre m'attendait une magnifique blonde qui se préoccupait réellement de moi et me proposait de passer du temps avec elle.

Je me décidai enfin. Timidement, je m'emparai du casque noir et le passai sur ma tête, aussitôt imitée par ma pilote. Elle clipsa la sangle en une seconde tandis que je me battais avec la mienne, ce qui lui arracha un rire cristallin. Ce n'était pas ma faute si je n'étais pas habituée à ce genre de chose !

- Laisse-moi faire, m'ordonna-t-elle gentiment en repoussant mes doigts.

Elle s'approcha de moi, pliant légèrement les genoux pour lui offrir une vue dégagée et je me retins de frissonner lorsque sa peau effleura mon cou. Beaucoup trop rapidement à mon goût, ou bien trop lentement je n'avais pas encore décidé, Clarke s'écarta, la sangle du casque bouclée.

- En selle Cow-boy.


Et voilà c'est tout pour aujourd'hui !

Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé ? Est-ce que vous voulez que l'action se déclenche un peu plus vite ? Pour ceux qui regardent la série, est-ce que mixer de vrais passages avec de la fiction ne vous perturbe pas trop ?

A bientôt ;) !