Désolée du retard, je suis tombée bien malade (pour vous dire je suis complêtement aphone et ça empire ;) ). Alors entre mon épuisement lié à ça et mon boulot, je n'ai pas pu poster le chapitre avant et je m'en excuse. :)
J'ai de la chance de vous avoir comme lecteurs ! Vraiment !
Vos reviews, vos follows, vos favorites... Vous me comblez !
J'espère que ce chapitre vous comblera à votre tour.
Chapitre 5 :
La moto ralentit lentement lorsque ma maison apparut dans notre champs de vision. Jamais encore je ne pensais éprouver autant de soulagement à voir ses murs en bois blanc ou ce porche qu'on aurait dû réparer il ya longtemps. Et ce sentiment s'amplifia lorsque j'aperçus le pick-up de Travis se garer à l'instant où nous arrivions. Clarke coupa le moteur et plaça la béquille.
- Alexandria !
Ma mère sortit précipitamment de la voiture. Au ton qu'elle venait d'employer je savais que je passerais un sale quart d'heure pour m'être enfuie de l'hôpital mais les images de la plage, trop présentes dans mon esprit, me poussèrent à me précipiter dans ses bras, incapable de retenir les larmes qui coulaient à présent sur mes joues.
- Qu'est-ce qu'il se passe ma puce ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivée ?
- Un homme...On...On était sur la plage et...sanglotai-je au creux de son cou.
- Une femme était en train de se faire dévorer vivante, acheva Clarke.
Je croyais qu'ils allaient me traiter de folle, éclater de rire ou être choqués par nos paroles mais je surpris un échange silencieux entre Nick, Travis et ma mère. Et je compris alors. Je compris de quoi ils parlaient à l'hôpital avant de quitter ma chambre, je comprenais pourquoi mon frère s'était fait renversé en courant dans la rue.
Je me détachai lentement de son étreinte et les regardai un à un. Ils savaient depuis le début et ils n'avaient rien dis. Aucun d'entre eux n'avait jugé bon de m'avertir.
- Bonjour Travis !
Nous nous retournâmes dans un mouvement. Notre voisine se tenait dans leur jardin et au vu du château gonflable et des ballons, ce n'était pas une après-midi comme les autres.
- Vous préparez une fête ?
- Oui, passez faire un tour, répondit la femme en serrant sa fille contre elle. Gladys fête ses neuf ans. Vous vous rendez compte ? Ca fait peur.
Peur ? Elle n'avait aucune idée de la définition de la peur. Son ignorance me donna l'envie soudaine de la gifler de toutes mes forces. Comment pouvait-elle se soucier de ce genre d'événements avec ce qui se passait dehors ?
- C'est génial, l'encouragea faussement Travis.
- On a plein de restes. Les gens annulent à cause du virus qui traîne. Donc, tous à l'heure !
- Ok d'accord. Merci.
Elle agita la main pour nous dire au revoir.
J'étais estomaquée. Littéralement. Et j'avais envie de vomir.
- Rentrons maintenant, ordonna ma mère en passant un bras par dessus mes épaules.
- Clarke...
Je tournai la tête dans sa direction. Elle n'avait pas bougé de sa moto, la mine grave. Ses yeux rencontrèrent les miens et elle hocha la tête comme pour me rassurer, me dire qu'elle allait bien. Mais comment pouvait-elle bien aller après ce que nous venions de voir sur la plage ?
- Il faut que j'aille voir si le groupe va bien, m'informa-t-elle. Je te téléphone, ok ?
Je sentais les regards de ma famille derrière moi, fixés sur nous, mais je m'en fichais. Je me précipitai vers elle et nouai mes bras autours de son cou, l'attirant contre moi en une étreinte que jamais je ne voulais terminer. Elle ne bougea pas pendant un instant puis ses bras se refermèrent autours de ma taille. Son visage trouva le creux de mon cou.
- Fais attention, d'accord ? Lui murmurai-je au creux de l'oreille.
- Comme toujours Princesse.
Je la relâchai à contrecœur et Clarke adressa un mouvement de tête à ma famille avant de redémarrer sa moto. Après un dernier regard, elle enfila son casque et s'éloigna dans la rue.
- Viens Lexa, rentre.
A l'intérieur de la maison, Nick regardait par la fenêtre tandis que je me préparais déjà à la dispute qui allait suivre. Mais, contre toute attente, elle ne vint pas. Ma mère quitta sa veste et la balança sur le canapé.
- Maman, dit mon frère, toujours en train d'écarter les stores. Tu vas lui dire ? A Madame Cruz.
- Lui dire quoi ? Demandai-je.
- Ce qui se passe.
- On ne sait pas ce qui se passe Nick, répliqua Maman.
- On en sait plus qu'elle.
- D'accord, j'irais lui parler. Je lui dirais.
- Est-ce que je peux savoir ce qui se passe à la fin ?!
J'avais crié sans m'en rendre compte. Ils se tournèrent vers moi mais comme d'habitude, gardèrent le silence. Finalement, ce fut mon frère qui reprit la parole.
- Personne ne fait attention. On dirait que c'est pas réel.
- La femme que j'ai vu se faire dévorer sur la plage semblait assez réelle pour moi, dis-je en m'avançant vers lui.
- Ca l'est.
Ma mère nous rejoignit sur le canapé. Elle semblait à bout de nerfs et je culpabilisai brutalement. Si je comprenais bien et qu'ils étaient au courant depuis plus longtemps que moi, alors ils avaient dû se faire du soucis par ma faute.
Le temps des confessions étaient venus. Elle prit ma main dans la sienne et commença à me raconter toute l'histoire, aidée de Nick. Pourquoi il s'était fait heurter par une voiture ce jour-là, ce qu'il avait vu à l'église. Ce que Travis et ma mère avait découvert et tous les événements jusqu'à cet instant où mon frère avait roulé sur son ami pour se protéger. Tout devenait plus clair. Plus terrifiant. J'eus brutalement l'impression d'avoir plongé dans un cauchemar mais je savais que je ne m'en réveillerais pas cette fois.
Je voulus les remercier de m'avoir enfin raconté la vérité mais je me relevai et me précipitai aux toilettes où je vomis tout ce que mon estomac contenait. Je vomis jusqu'à en avoir les larmes aux yeux et la gorge en feu et même quand j'eus finis, je me glissai le long du mur. Je ne tentais pas de retenir les larmes qui coulaient librement. Je n'étais pas prête à affronter tout ça. Je n'étais pas assez forte.
*Clexa*Clexa*Clexa*
- Lexa ? Lexa j'ai besoin du seau !
La voix de ma mère retentit dans la maison. Nick avait besoin de nous mais je n'arrivais pas à détacher mon regard du miroir. Il me renvoyait l'image d'une fille apeurée qui ne comprenait plus rien au monde qui l'entourait.
J'avais tenté de joindre Octavia et Harper, j'avais besoin de les savoir à l'abri, qu'elles me disent qu'elles allaient bien et que je les prévienne. Mais je tombais sur répondeur à chaque fois. Aucune nouvelle de Clarke non plus, ni même de Matt. Et j'avais un mauvais pressentiment.
- Alexandria ! Le seau !
Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu mon frère aussi mal. Il se tordait de douleur sur le canapé, gémissant, en sueur tandis que ma mère tentait vainement de joindre le docteur qui avait suivit Nick depuis le début de son addiction.
- Dr Han, bonjour, c'est encore Maddy Woods. Ecoutez, Nick souffre énormément. Pouvez-vous juste me faire l'ordonnance pour que je la récupère ? Nick m'inquiète. Je pense qu'il en a vraiment besoin.
Supporter la vue de mon frère en plein sevrage n'était jamais facile. Mais ce qui me remplissait de fierté, c'était que cette fois il l'avait choisis de son plein gré. Il respectait la promesse qu'il m'avait fait à l'hôpital.
J'apportai le seau près du canapé.
- Accroche-toi frérot.
Il ouvrit sa veste, trempée par la transpiration. Il avait beaucoup trop chaud. Ma mère passa une main sur son front comme pour l'encourager à tenir le coup.
- On va te trouver tes médicaments, ok ?
- Plus attend, pire ce sera, lui dis-je avec inquiétude.
- Oui je le sais bien.
- Il ne va pas pouvoir voyager.
Nous avions décidé de nous éloigner de la ville le temps que les événements se tassent. Le désert nous apparaissait comme la meilleure des solutions. Travis était parti chercher son ex-femme ainsi que son fils, Chris et ensuite il nous rejoindrait ici pour débuter la route. Je n'avais rien dis, mais mes craintes pour mes amis me dévoraient de l'intérieur.
- Je peux avoir la couverture ? Demanda Nick en se redressant.
Et voilà, maintenant il gelait.
Je fis le tour du canapé, ne quittant pas ma mère des yeux.
- Tu comptes faire quoi ?
- Le Dr Han ne répond pas et j'arrive plus à joindre Travis.
- C'est comme après un tremblement de terre : toutes les lignes sont occupées.
J'étalai la couverture sur le corps tremblant de mon frère. Le voir aussi mal me brisait le cœur.
- On a rien en stock ?
- Non.
- Le Vicodin, pour mes dents de sagesse.
- J'ai tout jeté, répondit ma mère avec agacement.
- C'est dangereux pour lui d'être en état de manque comme ça. Le médecin peut venir le prendre. Maman ?
- Je ne sais pas Lexa ! Je crois qu'elle est fermée, elle ne me rappelle pas et...
Elle se coupa brutalement. Une idée venait de lui traverser l'esprit, je le reconnaissais à la façon dont son regard se fixait dans le vide avant de revenir vers moi.
- Surveille-le. Ne quitte pas la maison !
- Oui, d'accord.
- Lexa promets-le moi !
- Je m'occupe de lui !
Ma mère n'en dit pas plus et se hâta de récupérer ses affaires. En seulement quelques secondes, elle quitta la maison et démarra la voiture pour s'éloigner dans l'allée.
Comme promis, je surveillais mon frère pendant plus d'une heure. Son état ne s'améliorait pas, passant du chaud au froid, se tenant le ventre ou vidant son estomac déjà vide dans le seau posé à ses pieds. Je finis par me réfugier dans la cuisine. Au moins, préparer une soupe m'empêchait de trop penser. Mon esprit se tordait dans tous les sens pour se débattre de tout ce qu'il avait à assimiler. Ce que Nick avait vu, ce qu'ils avaient fais, l'inquiétude que je ressentais pour lui, pour Octavia, pour Harper et même Matt. Est-ce qu'il allait bien lui aussi ? Est-ce qu'il était en route pour venir me chercher, s'assurer que je n'étais pas blessée ? Et Clarke...
Lorsque je repartis dans le salon, mon frère se trouvait à même le sol.
- Tiens.
Je déposai le bol de soupe sur la table.
- Le chaud, ça passera pas.
- La prochaine fois je ferais du gaspacho. Bois un peu d'eau.
- J'ai pas soif, c'est pas de l'eau qu'il me faut.
- Oui je sais ce dont tu as besoin, Nick . Maman s'en occupe.
Il s'intéressa quelques secondes au contenu du bol, assez longtemps pour qu'une nouvelle nausée le terrasse et qu'il replonge la tête dans le seau.
J'observai les Cruz au travers de la fenêtre. Ils commençaient à débarrasser leur jardin de toutes les attractions prévu pour l'anniversaire de leur fille.
- Gladys a bien fêter son jour pour fêter son anniversaire...
Tout partait de travers.
Je ne pouvais plus rester ici. Je ne pouvais plus attendre les bras croisés qu'il se passe quelque chose, que je reçoive des nouvelles des gens à qui je tenais. Je quittai le salon pour récupérer mon sac à dos, sachant pertinemment que Nick n'approuverait pas mais il fallait que je parte à leur recherche. La maison d'Octavia n'était pas très éloignée de la nôtre. Il ne me faudrait que vingt minutes à pieds pour la rejoindre.
- Hé, hé ! Tu vas où ? Hé !
- Je vais chez Octavia. Je fais vite.
- Non, tu peux pas aller dehors ! Tu peux pas y retourner ! Faut pas que tu y retournes !
- Je dois y aller !
- Tu as promis à Maman ! Lexa !
Une colère me submergea brusquement en entendant ces mots. Elle se répandit à l'intérieur de mon corps, dans mes veines comme un poison brûlant. Je me retournai vers lui, les poings serrés.
- Tu passes ton temps à faire des promesses toi.
Il tenta de se mettre à genoux pour me parler mais la rage que j'éprouvais était sans frontière. Je ne le laisserai pas me sortir ces belles paroles sans réagir. De quel droit osait-il parler de promesses alors qu'il n'avait aucune idée de ce dont il parlait ?
- Restes par terre ! Hurlai-je lorsqu'il voulut se redresser.
- T'as raison, je suis qu'un con, gémit-il en m'obéissant. Lexa, si tu pars...Si tu pars tu reviendras pas. Je t'en supplie...
- T'as laissé partir Maman.
- Dehors c'est dangereux !
Il se tortillait sur le parquet, la voix étranglée. Jamais encore je ne l'avais vu me supplier ainsi. J'aurais dû l'écouter mais il me faisait pitié à cet instant précis et je ne pouvais plus être dans la même pièce. Aussi je tournai les talons et me dirigeai vers la porte, insensible aux cris qu'il poussait pour me retenir.
- Lexa je t'en prie ! Ne sors pas de cette maison ! Lexa !
Ses hurlements furent étouffés par la fermeture de la porte. Il avait raison, je le savais. Je devrais rester à l'intérieur et attendre le retour de ma mère ou de Travis mais mon instinct me poussait à faire autre chose. Mon instinct, ou mon côté incroyablement têtu.
- Ils vont te faire du mal Lexa ! Ils vont te tuer ! Je...
Un bruit sourd m'empêcha d'avancer plus en avant. Mon frère ne criait plus et je n'entendais plus aucun son. Ma colère et mon entêtement se muèrent tout à coup en inquiétude et je courus en direction de la porte d'entrée qui s'ouvrit à la volée sous mon poids.
Mon frère convulsait sur le sol, vomissant tout ce que son estomac lui permettait encore de rendre. Je savais exactement ce que ça signifiait.
- Non ! Non, non, non ! Pas maintenant !
Les gestes de secours a appliquer dans cette situation étaient gravés au fer rouge dans ma mémoire. Ma mère me les avais fais apprendre lors des premières crises de Nick.
Je me jetai à ses pieds et le tournai le plus vite possible sur le côté pour éviter qu'il ne s'étouffe avec ce que son organisme rejetait violemment.
- Ne me fais pas ça Nick ! Pas maintenant ! Je t'interdis de me faire ça espèce de fils de pute !
Je tentai de contrôler ses convulsions et glissai mes doigts pour ouvrir sa mâchoire, prenant garde à ne pas les mettre dans sa bouche pour éviter toutes morsures. Il continua pendant des secondes interminables, jusqu'à ce qu'il n'ait plus rien à vomir et que son corps cesse de se tordre dans tous les sens.
Je ne m'aperçus même pas que des larmes roulaient sur mes joues.
- Shh...ça va aller Nick...
Le porter jusqu'au canapé fut plus difficile que prévu mais heureusement pour moi il ne s'évanouit que lorsque ses fesses touchèrent le tissu. Il perdit aussitôt connaissance et c'était mieux ainsi. Il reprendrait des forces au moins. Ce repos forcé lui ferait le plus grand bien.
Quant à moi, le reste de ma journée consista à frotter férocement le parquet pour le débarrasser du vomi laissé par NicK J'ignorais combien de temps cela m'a pris mais j'étais encore en pleine activité lorsque mon frère finit par émerger de sa sieste.
- Je suis désolé.
Pourquoi s'excusait-il ? Pour cette nouvelle crise ? Parce que je ramassais derrière lui ou bien pour le fait qu'il se soit drogué et m'est abandonné quand nous étions gosses ? Est-ce qu'il s'excusait de n'avoir encore jamais tenue ses promesses ?
Je frottai le sol plus fort.
- Maman devrait être revenue depuis longtemps, dis-je pour toute réponse.
- Oui, je sais.
- Ils auraient dû appeler. Depuis longtemps.
Du coin de l'oeil je vis Nick se redresser légèrement pour me regarder. Il garda le silence pendant un moment avant de finalement prendre la parole.
- Merci.
J'aurais préféré ne rien entendre. Les sentiments que je ressentais pour mon frère étaient trop confus et je n'arrivais plus à décider lequel primait. La colère, la haine ? L'amour, l'inquiétude ? La rancoeur ?
Je cessai de frotter et vrillai mon regard dans le sien. Les gouttes de sueur suivaient la ligne de ma colonne vertébrale alors que je me redressai un peu plus. J'enlevai lentement mes gants avant de les poser sur mes genoux.
- Je te hais.
- Je sais.
*Clexa*Clexa*Clexa*
Ma mère rentra tard. La nuit était déjà tombée depuis un moment lorsque la porte d'entrée s'ouvrit enfin sur son visage épuisé.
- T'en as mis du temps, lui dis-je aussitôt.
- Vérouille la porte.
Je m'exécutai sans poser de questions.
- Comment va ton frère ?
- Je pète la forme !
- Il m'a fait une crise d'épilepsie, répondis-je en m'adossant à l'encadrement de la porte.
- Je suis désolée, s'excusa ma mère.
Elle connaissait assez ce genre de crise pour savoir ce que je venais de vivre.
- Travis a appelé ?
- Non.
Maman soupira avant de se débarrasser de son manteau. Elle farfouilla quelques secondes dans son sac avant d'en sortir une boite de médicaments duquel elle retira quelques précieuses pilules. Finalement, elle les tendit à Nick.
- On les rationne. Je n'ai trouvé que ça et si on ne fait pas attention, il n'y en aura pas assez pour te sevrer durant le trajet.
Mon frère les récupéra avidement, en parfait bon drogué, et les posa sur la paume de sa main pour les examiner. Je détestais le voir faire ça.
- De l'Oxy ? Super. Combien ?
- ...Pas assez pour traverser le désert.
- Comment on va faire ? paniqua brusquement Nick.
Il ne prêtait plus aucune attention à nous, écrasant ses pilules à l'aide de son verre. Ce simple geste me donnait envie de vomir et de pleurer en même temps. Il semblait tellement à l'aise.
- Elle a essayé de partir, chuchota-t-il à ma mère pour détourner l'attention mais je levai les yeux au ciel.
- Je t'entends Nick tu sais.
- J'ai réussi à t'en empêcher.
Je pensais que Maman allait me demander des explications, exiger des réponses et me remonter les bretelles sur le fait que j'allais encore lui désobéir mais elle ne chercha pas à en savoir plus et ne fit que s'emparer de son manteau pour s'enfermer dans la salle de bain. Pendant un moment, seul le bruit de l'eau qui coule fut perceptible puis je distinguai plus nettement sa voix. Elle devait avoir Travis au téléphone.
Inquiète, je regardai mon frère qui se contenta de hausser les épaules en signe d'ignorance. Je jouai distraitement avec les attaches de mon atèle jusqu'à ce que le verrou s'ouvre enfin et que ma mère sorte de la pièce. Les traits tirés, la mine défaite et les yeux rougies.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
Elle ne me répondit pas.
- Maman ? Maman, ça va ?
Ce n'était pas la première fois que je la voyais dans cet état, la plupart du temps à cause de Nick, mais cette fois là était différente. Et mon cœur se serra d'angoisse à la pensée qu'il ait pu lui arriver quelque chose. Qu'elle ait pu croisé un de ces monstres de dehors.
- Maman ?
Ma mère passa à côté de moi sans me répondre, ni même me voir et partit s'enfermer dans sa chambre. Je voulus la suivre, m'assurer qu'elle allait bien mais un bruit attira mon attention dans le jardin et je me figeai. Nick avait dû l'entendre lui aussi car il ne bougeait plus d'un millimètre, son regard passant de la fenêtre à moi.
- Qu'est-ce que c'était que ça ?
Je m'abstins de répondre et éteignis aussitôt la lumière du salon. Tout mon instinct me hurlait de faire le moins de bruit possible, de ne pas attirer l'attention sur nous. Avec prudence, je m'emparai d'une lampe torche et avançai vers la fenêtre dont j'écartai lentement les stores.
- Fais attention Lexa...
D'abord, le faisceau ne capta rien. Je ne voyais que la maison des Cruz, leur voiture et cette masse informe qu'était devenu leur château gonflable. Peut-être que ce n'était rien après tout.
Je bougeai ma lampe de droite à gauche, essayant de discerner la moindre chose qui sortait de l'ordinaire lorsque je le vis. L'un de nos voisins, un ami de Travis. Il avançait en direction de Madame Cruz, trop occupée à ranger son jardin pour s'apercevoir de quoi que ce soit mais la façon dont il se mouvait...la pâleur de sa peau...
Je cessai de respirer en comprenant la situation et voulut réagir mais un hurlement à glacer le sang me bloqua sur place, incapable de faire quoi que ce soit. Je regardai sans réagir, tel la spectatrice d'un film, cette chose se jeter sur la pauvre femme et la faire tomber dans les débris du château.
- Lexa ! Éloignes-toi de cette fenêtre ! Me cria ma mère en sortant brusquement de sa chambre. Ne regardes-pas !
Mon cerveau se remit soudainement en marche.
Je m'écartai sans réfléchir et courus vers la porte que j'ouvris en quelques secondes seulement. Mais à l'instant où j'allais passer le pas, une main m'attrapa par le bras et me ramena sans délicatesse à l'intérieur, manquant de me projeter contre le mur au passage. Ma mère ne me laissa pas le temps de réagir et referma aussitôt, s'adossant contre le bois pour être certaine que je ne tenterais rien.
- Mais enfin qu'est-ce que tu fais ! Maman !
- Tu ne quittes pas cette maison, tu m'as comprise ?
- Il faut aller l'aider !
- Non ! Je te l'interdis !
- Ne comptes pas sur moi pour rester planter là à regarder quelqu'un se faire dévorer ! Pas cette fois !
J'étais consciente qu'elle ne cherchait qu'à me protéger mais je ne pouvais plus rester sans rien faire. Il fallait que j'agisse, que je sorte d'ici et que je vienne en aide à Madame Cruz. Je ne me rendis même pas compte que je bousculai ma mère et m'échappai de cette maison. Je sentais mon cœur battre lourdement dans ma poitrine, frappant ma cage thoracique à m'en faire mal. Il résonnait dans mes oreilles, irrégulier et frénétique. Une symphonie impétueuse dont les maîtres d'orchestre n'étaient que peur et effroi. Est-ce que ma mère tentait de m'appeler ou alors sa voix n'était que le fruit de mon imagination ?
Le bruit de mes pas sur le bitume me semblait tonitruant et je tentai de ne pas prendre garde à cette peur insidieuse qui me glaçait le sang. Ma voisine se débattait à bout de bras, repoussait son agresseur avec toute la force et la survie qu'elle possédait. D'un coup de pieds, elle réussit à s'extraire de sa poigne et se essaya de se relever mais à peine se mit-elle debout que cette chose lui attrapa les jambes et la plaqua de nouveau au sol.
J'avais du mal à respirer, à réfléchir. J'aurais dû reconnaître l'ami de Travis, Peter, mais je ne voyais plus que cet animal qui dévorait cette femme à la plage. Où le malade qui avait tenté de s'en prendre à moi. Les mêmes symptômes, les mêmes traits. Ils se ressemblaient beaucoup trop.
Je m'emparai de la première chose qui me tomba sous la main et armai mon poignet valide, ignorant la douleur de celui encore blessé, et frappai de toute mes forces. Un hurlement ponctua mon attaque mais ce n'était pas le moment d'y prêter attention.
- Allez courez ! Hurlai-je à ma voisine en la prenant par l'épaule. Allez !
J'agrippai son vêtements et la forçai à se relever pour me suivre. Elle se mit aussitôt en mouvement, passa devant moi tandis que je jetai un coup d'œil au malade. Il tentait déjà d'attraper l'une de nous.
Cruz fut plus rapide que moi. Elle se jeta sur la poignée de la porte et l'actionnai pour s'engouffrer à l'intérieur de la maison. Je voyais les larmes qui coulaient le long de ses joues et ses jambes écorchées, la morsure sanglante qui s'étalait sur son tibia. Mais je ne pouvais pas me permettre de penser à autre chose que la menace qui reposait maintenant à quelques mètres de moi. J'avais connu cet homme quatre auparavant. Je le croisais tous les matins en me dirigeant au lycée et il m'avait même aidé une fois, lorsque j'avais déraillé en vélo. Pourtant, il tentait aujourd'hui de me mordre, les dents claquant entre elle comme une chanson macabre, ponctuée par ses râles à peine humain.
- Lexa !
Ma mère m'avait suivis dehors. Elle voulut me rejoindre en courant mais Peter m'attrapa par la cheville et je poussais un cri de surprise et de peur mélangée. Je me débarrassai de lui à coup de pied, violent. Meurtrier. Jamais encore je ne pensais posséder une telle rage en moi et pourtant voilà que je le frappai sans relâche jusqu'à ce je sente enfin sa poigne me libérer. Ce ne fut que lorsqu'un craquement écœurant se fit entendre que je cessai brusquement.
- Ne regarde pas Lexa ! M'ordonna ma mère en me rejoignant.
Mais c'était trop tard. Le visage de mon agresseur n'était qu'un amas de chair et de sang. Je l'entendais respirer mais était-il vivant ? Mes coups lui avaient brisé le nez, arrachés des dents.
- Rentrons ! Lexa, viens.
On me tira par le bras pour m'inciter à rejoindre la sécurité de ma maison et je ne tentai pas de me débattre. Je n'arrivais pas à regarder ailleurs que ce que j'avais fais sans aucun remords ni aucune hésitation. Le corps allongé sur le sol, atrocement défiguré, Peter tendait lamentablement les mains dans ma direction comme pour me rappeler qu'il souhaitait les refermer sur moi. Ce fut cette image que je gardai lorsque la porte se referma sur nous.
Est-ce que je venais moi aussi de devenir un monstre ?
Et voilà, fin de ce chapitre !
Je sais je sais, il n'y a pas beaucoup de Clexa dans ce chapitre...J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop :/
Petite anecdote, la scène où Lexa retrouve Nick par terre et essaie de calmer ses convulsions (surtout la partie où elle crie en fait) je vous la conseille en V.O...J'ai adoré cette scène, Alycia est super quand elle crie :p ... ok dit comme ça, ça fait bizarre ! Désolée XD
Est-ce que l'histoire vous plait toujours malgré la présence toujours plus présente des zombies ? Est-ce que vous voudriez plus de Clexa ou est-ce que l'histoire vous plait comme telle ? N'hésitez pas à me le dire si quelque chose ne vous convient pas :)
Pour le reste, je suis impatiente de lire vos reviews et de constaster vos réactions qui me font toujours plaisir et rire !
A bientôt pour la suite !
Pour répondre à mes guests :
Clem : Ravie de savoir que le dernier chapitre à été à la hauteur :D
