Chapitre 6 :

Jamais encore je n'avais assisté à un tel carnage. Évidement, voir ou participer à une manifestation était devenue chose courante mais ce qui se produisait sous mes pieds ressemblait à l'Apocalypse et je commençais vraiment à croire que c'était ce qui se passait. Partout où mon regard se posait, des gens hurlaient et courraient dans tous les sens comme un raz de marée infernal. Cagoulés, à visages découverts, honnêtes citoyens ou hommes de loi. Chacun semblait habité par une force surnaturelle qui les poussaient à envahir les rues de Los Angeles, s'armer de n'importe quel objet pouvant leur servir d'armes et anéantir ce qui se trouvait sur leur chemin. Un peu partout je voyais des bâtiments en flammes ou des magasins aux devantures brisées. Les sirènes des pompiers ou des voitures de police se mêlait au brouhaha incessant.

Un pied posé sur la rambarde du toit, un bras appuyé dessus, je ne quittais pas la scène des yeux. Au moins, à la hauteur où je me trouvais, je voyais tout et ne pouvais rien manquer. Mon regard dévia sur une agitation en contrebas et je serrais les dents au vue des armes pointés sur les gens. Je savais ce qui allait se passer, je l'avais déjà vu auparavant, mais entendre les coups de feu et voir des corps s'effondrer au sol n'était pas un spectacle auquel on s'habituait facilement.

Ça faisait une trentaine de minutes que je reposais à cet endroit avec le vent pour seul compagnon. J'étais venue ici juste après avoir quitté Lexa, cherchant à trouver Amanda, lui expliquer ce qui se passait. Mais ma copine m'avait devancé et le message qui était apparu sur mon portable était on ne peut plus clair.

« Je pars avec mes parents. On quitte la ville. Bonne chance. »

Je n'était pas amoureuse de Amanda mais le soulagement de la savoir en vie et loin de toute cette merde était le bienvenue. Matt m'avait avertit que ses parents et lui n'allaient pas tarder à suivre le même chemin et me conseillait de faire de même mais je ne pouvais pas partir d'ici. Pas tout de suite. Je vivais peut être seule depuis mes seize ans, émancipée du contrôle de ma mère, mais elle n'en restait pas moins ma seule famille et une partie de moi me hurlait d'aller la retrouver.

Et à cause de cette simple pensée, je restais bloquée sur ce toit, ignorant comment je devais agir avec ma mère. Je n'avais pas la force de lui pardonner, pas encore. Mais je ne pouvais pas la laisser dans l'ignorance sachant qu'elle n'avait pas hésité une seconde à venir en aide à Lexa la veille, alors que ça faisait des mois que nous ne nous étions pas vu.

« C'est son rôle de médecin. Elle n'a pas fais ça pour toi » susurrais cette voix pleine de rancœur mais je n'y prêtai pas plus d'attention. Maman avait changé, je pouvais au moins lui accorder le bénéfice du doute, non ?

Et Lexa ? Pouvais-je partir de Los Angeles sans lui dire au revoir ? Sans me retourner pour apercevoir son visage une dernière fois ? Ou l'emmener avec moi, quitte à affronter sa famille pour la protéger ? Je fermai les yeux, le vent chassant mes mèches blondes de part et d'autre de mon visage. Je n'avais pas le droit de penser tout cela d'elle. Matt l'aimait, et j'étais son amie. Je ne pouvais pas me permettre de ressentir ce que j'éprouvais actuellement pourtant je ne parvenais pas à m'en empêcher. Si on m'avait dit, quand je suis entrée dans ce bar presque un an en arrière, que je tomberais follement et irrémédiablement amoureuse de Alexandria Woods, j'aurais tout simplement éclaté de rire. Déjà, je m'intéressais pas aux filles plus jeunes que moi, même de seulement deux ans. Et puis franchement, moi, tomber sous le charme de Miss Parfaite du lycée et dont les deux parents bossaient dans le milieu ? Très peu pour moi.

Seulement mon cœur avait choisi d'ignorer mes a priori sur elle. Quand ses yeux d'un vert qui ne ressemblait à aucun autre, se teintant parfois d'un bleu léger, croisèrent les miens, je su que j'étais fichue. Sa nature réservée mais cachant une immense force de caractère, une détermination et une volonté avait réussi à me toucher. Son passé avait été un élément de surprise qui complétait parfaitement ce tableau. J'avais beau essayer de l'éviter, de ne lui accorder aucun intérêt, à chacune de nos sorties avec Matt je me retrouvais à la dévisager, à lui parler pour essayer d'en connaître plus sur elle, d'entendre le son de sa voix qui devenait plus rauque lorsque les sujets la touchaient particulièrement.

Non. La décision était prise. Je ne partirai pas sans elle, d'une manière ou d'une autre je resterais avec Lexa jusqu'à ce que cet enfer se termine. S'il se terminait un jour.

Bien décidée à la retrouver, je sortis mon téléphone et composa son numéro. Les tonalités se succédèrent sans que jamais elle ne réponde et mon estomac se tordit douloureusement mais il était hors de question que je laisse de mauvaises pensées m'envahir. Je me devais de garder les idées claires.

Quand le répondeur se mit en route, je n'en attendis pas la fin et le rangeait dans ma poche avant de m'éloigner du rebord du toit et de descendre les nombreux étages qui me séparaient du sol. Mes clés bien en mains, j'ouvris la porte et la scène a laquelle j'assistais depuis mon perchoir me sembla brutalement beaucoup plus apocalyptique. Je me forçai à ne pas prendre garde aux corps allongés çà et là et dont beaucoup se retrouvaient assaillis par des gens qui les dévoraient comme des vautours auraient béqueter des animaux morts et me dirigeai d'un pas rapide vers ma moto. La nuit rendait les incendies encore plus impressionnants et piloter entre les groupes de personnes avides d'en découdre avec les forces de polices était plus que difficile. Heureusement, je gérais mon véhicule et il ne me fallut pas très longtemps pour enfin sortir de ce merdier et rejoindre des rues plus calme.

Il ne me fallut qu'une vingtaine de minute pour atteindre le quartier de Lexa. Un silence presque paisible régnait sur la ruelle pourtant je ne pouvais m'empêcher de ressentir cette étrange impression. Cela venait sans doute de ces quelques voitures dont le coffre était encore ouvert. Quelques valises étaient posées ça et là, attendant qu'on finisse de les charger. Mais il n'y avait personne aux alentours.

J'arrêtai ma moto devant l'entrée de sa maison et tendis un instant l'oreille. Ici non plus il n'y avait aucun bruit et tout le quartier semblait privé d'électricité. Pas la moindre lumière à aucune fenêtre. Peut-être que Lexa et sa famille se cachait à l'intérieur...

Je descendis de ma bécane et m'aventurai prudemment le long de son allée. J'aurais peut-être frapper avant d'entrer mais je m'abstins et poussai doucement la porte d'entrée, sans faire aucun son. Si mon instinct venait à confirmer ce que je craignais, mieux valait être prévoyante.

- Lexa ?

Personne dans le salon, ni même dans la cuisine. Et si je me trompais et qu'au final je m'en faisais pour rien ?

Un bruit me fit soudainement sursauter. Je m'emparai aussitôt de la première chose qui me tombait sous la main -autrement dit un vase- et m'approchai à pas de loup. Quoi que ce soit, j'étais prête à le réduire en bouille. Pas à pas, je contournai le canapé, mon arme improvisée bien serrée dans ma main. Ce ne fut qu'à ce moment-là que je laissai échapper un grand soupir.

Ce n'était rien d'autre qu'un chien, un magnifique berger allemand qui avait dû trouver refuge ici, sans doute pour échapper à ce monde qui partait en vrille. Comme s'il avait senti que je ne lui voulais aucun mal, l'animal s'approcha de moi pour renifler ma main tendue.

- Alors mon pote, murmurai-je avec un sourire, qu'est-ce que tu fais là ?

Je voulus lui caresser la tête mais un hurlement retentit tout à coup et je me retournai, le cœur battant. J'aurais reconnu cette voix entre toutes.

- Lexa !

Je me précipitai en dehors de la maison jusqu'à l'endroit d'où venaient ses cris et je crus mourir lorsque je l'aperçus enfin. Elle se tenait là, à cheval sur une barrière en bois et je n'avais aucun doute de ce qui la maintenait de l'autre côté.

Mon sang ne fit qu'un tour et je courus dans sa direction. Il était hors de question que je reste là sans rien faire.

- Lexa ! Donnes-moi ta main !

Elle donnait des coups de pieds à son agresseur, tentait à tout prix de se défaire de son emprise. Je l'attrapai par le poignet et la tirai vers moi, l'aidant du mieux que je pouvais. Avec un cri de rage, Lexa se libéra enfin de sa prise et glissa brutalement das ma direction, s'étalant sur moi de tout son long. Pendant de longues secondes aucune de nous ne bougea. Je la laissai reprendre lentement sa respiration, son visage au creux de mon cou, son poignet toujours serré dans ma main. Je sentais son souffle chaud d'abord erratique se calmer peu à peu tandis que derrière la palissade de bois grognait toujours cette chose, sûrement frustrée que son dîner se soit échappé. Finalement, après quelques instants, Lexa se redressa légèrement.

Je pris son visage entre mes mains et la forçai doucement à me regarder.

- Tu es blessée ?

- Non, me répondit-elle. Non, ça va.

Tout à coup nous éclatâmes de rire. Parce que nous allions bien, parce nos nerfs venaient de nous lâcher. Elle appuya son front contre le mien et je sentis les battements de mon cœur se faire plus désordonnés que jamais pourtant je ne la repoussai pas, bien au contraire. Je fermai les yeux et profitai de ce contact, de nos nez qui se frôlaient.

Nous fûmes pourtant vite ramené à la réalité lorsque des pas précipités se firent entendre et que nous aperçûmes la famille de Lexa au complet courir vers nous. Nous nous mîmes aussitôt debout et sa mère vint la serrer contre elle. J'ignore où était sa famille pendant qu'elle se faisait attaqué mais savoir qu'ils l'avaient laissé seule faisait monter en moi une colère sourde. S'ils étaient incapable de la protéger, alors elle n'avait rien à faire avec eux.

- Merci Clarke, me souffla Madame Woods.

Je reconnus Nick et Travis, ainsi qu'une autre femme et un garçon que je supposais être l'ex femme de Travis et Chris, son fils. Lexa m'en avait parlé une fois mais je ne les avais jamais rencontré.

- Allons-y, ordonna son beau-père. Rentrons. Mettons-nous à l'abri.

- Clarke viens avec nous, répondit aussitôt Lexa en se libérant de l'étreinte de sa mère.

Elle vint se placer près de moi et prit ma main dans la sienne.

Travis et Maddie échangèrent un long regard puis finalement hochèrent la tête.

- Oui bien sur. Venez.

*Clexa*Clexa*Clexa*

- Tu as eu des nouvelles de tes amies ?

Lexa hocha la tête avec un sourire.

- Un message d'Octavia. Elle a essayé de me joindre plus tôt mais les lignes étaient coupés. Harper et elle vont bien. Elles se sont réfugiés chez Bellamy le temps que tout se calme.

C'était la première fois que j'entrais dans sa chambre et je dois dire que ça collait bien à sa personnalité. Ici pas de chichi, pas de murs roses ou de peluches en forme d'oursons qui trônaient sur le lit.

J'étais assez intimidée de rentrer ainsi dans son espace personnel mais je n'en laissai rien paraître et pris place sur la chaise de bureau.

- Il fallait vraiment que ce soit la fin du monde pour que ta mère accepte que je restes ici.

- Tu sais comment elle est, toujours à vouloir nous surprotéger.

- C'est une bonne mère. J'aurais aimé que la mienne soit comme ça.

Lexa baissa les stores et s'assit sur le lit, plongeant son regard dans le mien comme si nous n'étions plus que les deux seules personnes sur terre.

- Tu n'en parles jamais, me dit-elle en croisant ses jambes.

- Disons qu'il n'y a pas grand chose à en dire. Après la mort de mon père, elle a complètement pété les plombs. Son psy a jugé bon de la bourrer de médocs, pensant sûrement que ça l'aiderait à remonter la pente.

- Dépression ?

- Ouai. Et faut croire que découvrir que sa fille est lesbienne ne l'a pas aidé. Les derniers souvenirs que j'ai de ma mère et moi sous le même toit c'est quand elle a viré ma copine par les cheveux et qu'elle me hurlait de dégager de chez elle.

Je baissai les yeux pour ne plus avoir à croiser les siens. Je ne voulais pas lire dans son regard de la pitié.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ?

- La routine dans ce genre de situation je suppose. Elle a essayé de s'excuser mais certaines paroles ne s'effacent jamais. J'ai demandé mon émancipation et nos chemins se croisent de moins en moins. Ma mère a sorti la tête de l'eau et retrouvé son job à l'hôpital.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas partagé cette histoire mais ça me faisait toujours autant de mal. J'avais beau y mettre tout le détachement que je possédais, la douleur n'en était pas moindre.

Comme pour chasser ses pensées loin de moi, je me levai et me débarrassai de ma veste, la jetant négligemment sur le lit.

- Bon et toi, comment se fait-il que tu te sis encore retrouvé en train de faire amie-amie avec un de ces trucs ?

- Tu me connais, me répondit Lexa avec un sourire. Toujours à chercher les ennuis.

Je m'installai près d'elle.

- Mon voisin, Peter. Il est devenue comme cette chose à la plage. Il s'en ai prit à ma voisine et ensuite il a commencé à rôder autours de la maison alors Nick a proposé d'aller chercher le fusil des Tran. Je suis allée chercher les balles et c'est là que je l'ai vu.

Je hochai doucement la tête. Elle n'avait pas besoin d'en dire plus, j'imaginais très bien la suite des événements.

Lexa se laissa tomber en arrière en soupirant. Je savais qu'elle devait se faire du soucis pour ses amies malgré tout mais je ne parvenais pas trouver les mots pour la réconforter. Après tout dans une telle situation, il n'y avait rien que je puisse dire pour l'apaiser.

- Amanda a quitté la ville, finis-je par dire. Et Matt va faire pareil. Il s'en fiche de toi, sinon il serait déjà venu te chercher pour t'emmener avec lui.

- Comme toi ?

Je me retournai légèrement. Évidemment, elle connaissait déjà la réponse à cette question.

- On devrait se changer les idées, annonça-t-elle en se redressant sur ses coudes. Si je me souviens bien, tu me devais un tatouage Mademoiselle l'Artiste, non ? Je crois qu'on aura pas de meilleurs moments.

Elle se leva joyeusement et ouvrit l'un de ses tiroirs pour en ressortir un marqueur indélébile noir. Elle parvenait presque à m'en faire oublier toutes ces conneries d'apocalypse.

- Que voulez-vous Miss Woods ? Un papillon ? Une fleur ?

Lexa me jeta un regard désabusé et vint s'asseoir près de moi.

- Surprends-moi.

- Ok. Dis moi simplement où tu le veux.

Ma brune réfléchit pendant une minute ou deux puis retira son haut avec un petit sourire. Ses joues prirent une légère teinte rose tandis qu'elle restait ainsi, sa nudité seulement cachée par son soutien-gorge.

J'aurais dû détourner les yeux mais je ne pu m'empêcher de laisser mon regard glisser sur les courbes parfaites de son corps et une intense chaleur se répandit dans mes veines.

- Et bien, il y a toujours eu un endroit en particulier où j'aurais aimé me faire tatouer, murmura-t-elle.

Elle se tourna presque timidement et m'offrit son dos, basculant ses cheveux sur son épaule pour me le dégager entièrement. Malgré ma bouche sèche et mes doigts quelques peu tremblants, je me forçai à déboucher le marqueur. J'ignorais combien de temps nous restâmes ainsi mais dès lors que mes doigts se posèrent sur sa peau, le temps sembla s'arrêter. C'était comme si plus rien ne pouvait nous atteindre, ni passer la porte de sa chambre. Il n'y avait que Lexa et moi et je laissai mon crayon dessiner le long de sa colonne vertébrale, esquissant des traits sur cette toile vierge.

Finalement, une minute, une heure ou une semaine plus tard, je terminai mon dernier cercle et rebouchai mon stylo.

- Terminé.

- Montre-moi.

Je pris mon portable et me reculai légèrement pour pouvoir prendre mon œuvre en photo avant de lui tendre.

- C'est magnifique Clarke...

Lexa tourna légèrement la tête vers moi, son menton reposant à présent sur son épaule dénudé. Ainsi positionnée dans la lumière de sa chambre, elle était magnifique.

Mon corps agit contre ma raison et je déposai délicatement mes lèvres sur son épaule, embrassant sa peau avec toute la douceur dont je pouvais faire preuve. Je devrais agir en amie et m'éloigner de la copine de Matt, partir de cette maison et laisser cette tentation derrière moi mais c'était impossible.

Alors je l'embrassai encore, me rapprochant de sa nuque à chacun de mes baisers. Si j'étais vraiment en train de rêver alors je souhaitais que personne ne me réveille.

Lexa laissa échapper un soupir et je l'aperçus, les yeux fermés, la bouche entrouverte. Ses lèvres à seulement quelques centimètres des miennes. Je n'avais qu'à combler cette infime espace entre nous...

- Lexa il faudrait que...

La porte s'ouvrit brusquement et nous sursautâmes, cet instant magique rompu définitivement. La main toujours sur la poignée, Chris nous regardait, les yeux écarquillés, tandis que Lexa se dépêcha brusquement de remettre son haut.

- Sors d'ici Chris !

Le garçon obéit sans demander son reste et je me remis debout, gênée d'avoir été surprise dans un tel instant. Encore une fois je m'étais presque perdue.

Un silence s'installa entre nous alors qu'elle terminait de se rhabiller.

- Désolée pour cet idiot, s'excusa-t-elle. Je ne pense pas qu'il soit au courant qu'il vaut mieux frapper avant d'entrer.

- Tu devrais aller voir ce qu'il te veux. C'est sûrement important.

Elle sembla vouloir ajouter quelque chose mais se ravisa et hocha la tête avant de sortir de la chambre. Chris nous fixa l'une après l'autre, cherchant sans doute une explication à ce qu'il venait de voir mais le regard que je surpris lorsque ses yeux se posèrent sur Lexa fit monter une brusque bouffée de jalousie.

- Qu'est-ce qu'il y a Chris ?

- On a un problème avec ton frère.

Elle se précipita aussitôt dans le salon et je la suivis sans attendre, ben décidée à surveiller ses arrières. Toute sa famille était réunie, son frère assit sur un canapé. Il y avait également trois autres personnes présentes, un homme et sa femme ainsi que sa fille je supposais.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

- J'ai fais tombé les cachets, annonça Madame Woods, une main sur son front. Avec tout ce qui s'est passé quand on a quitté la maison, j'ai dû les égarer quelques parts.

- Ce serait trop risqué de retourner les chercher vu le voisinage, intervint Chris avec un sourire.

Je croisai les bras, m'accoudant contre le mur. Bien que je ne me sentais pas à ma place, je ne bougeai pas d'un pouce, mon cerveau travaillant à toute vitesse.

- Comment on va faire ? Nick ne pourra pas prendre la route s'il n'a pas ses médicaments.

- On aurait dû partir à l'aube, approuva Travis. Mais Lexa a raison. Ce serait trop dangereux pour lui de faire la route dans cet état.

Chacun exposa son avis durant les minutes qui suivirent mais je voyais Lexa se renfrogner peu à peu. Elle remettait le masque impassible aux yeux des autres mais je voyais au delà. Elle se faisait du soucis pour son frère et ça la rongeait.

- J'ai peut-être une solution, intervins-je.

La famille Woods accorda leur attention à mes paroles.

- Ma mère bosse à l'hôpital à trente minutes d'ici. Elle pourrait m'avoir les médicaments pour Nick. Assez pour que vous puissiez être tranquille.

- Pourquoi tu ferais ça ? demanda Travis en plongeant son regard dans le mien.

Je jetai un bref coup d'oeil à Lexa mais la façon dont Chris me fixait, comme son père, me mit mal à l'aise. Comme si tout le monde avait deviné pourquoi j'acceptais de leur venir en aide.

- Est-ce que ça vous intéresse, oui ou non ?

- Oui, répondit Lexa. Mais je viens avec toi.

- Il en est hors de question, répondit immédiatement sa mère.

- Et alors quoi ? Je vais laisser Clarke aller chercher toute seule des médicaments dont Nick a besoin ?

- Je ne compte pas te laisser risquer ta vie. Je peux très bien y aller à votre place.

- Tu l'as entendue ? Ce n'est qu'à trente minutes d'ici. Tout ce qu'on a à faire c'est y aller.

- Lexa...

- Maman, je peux te parler ?

Je les suis du regard alors qu'elles s'éloignaient. Au vu de leur visage, je me doutais que c'était une conversation houleuse mais Lexa finit par revenir quelques instants plus tard.

Je viens avec toi, me dit-elle.

Je hochai la tête et me dirigeai vers la porte d'entrée. Le petit groupe nous suivit et je les vis enlacer ma brune tandis que je m'installai sur ma moto, regardant partout autour de nous pour m'assurer que la voie était libre.

- Clarke ?

Maddie Woods s'approcha de moi.

- Veille sur ma fille, d'accord ?

- C'est promis.

- On vous attend ici.

Lexa enlaca son frère une dernière fois avant de monter derrière moi. Ses mains enlacèrent directement ma taille et je ne pus empêcher un énième frisson de me parcourir, comme à chaque fois qu'elle se trouvait près de moi.

- Prête ?

Si elle souhaitait faire machine arrière et rester auprès de sa famille, c'était le moment ou jamais. Pourtant sa prise se raffermit autour de moi et elle se colla plus encore.

- Prête.


Un chapitre un peu plus court et avec beaucoup moins d'actions que les précédents ! J'espère qu'il vous plaira quand même !

Alors concernant le tatouage que Clarke dessine à Lexa, c'est bien évidement le vrai tatouage de Lexa dans the 100. Un peu difficile à décrire dirons-nous alors ça restera du subjectif ;)

Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Il vous a plut ?

A bientôt tout le monde !