Ok Clexakru, mes petits zombies en sucre d'orge, nous voilà déjà au chapitre 7 ! Le temps passe vite !
Je tenais à vous remercier particulièrement pour les retours de mon dernier chapitre ! Je dois dire que je ne m'attendais pas à autant et ça me touche énormément de lire à chaque vos reviews, vos impressions et vos réactions ! Merci également à tous ceux qui me suivent dans l'ombre ou sans laisser de trace :D
Cette histoire ne pourrait pas se faire sans vous tous !
Quelques mots sur ce chapitre : hum des zombies, du Clexa, de nouvelles rencontres ! ;)
Chapitre 7 :
Constater le vide qui habitait désormais les rues de Los Angeles était une chose étrange. Il y avait à peine quelques heures, ces mêmes quartiers étaient bondés d'une foule en délire et voilà qu'un étrange silence y régnait à présent. Comme si les émeutes n'existaient plus, et pourtant on parvenait encore à entendre les gens hurler à plusieurs bornes d'ici et les lueurs flamboyantes qui s'élevaient au loin ne laissait aucun doute sur leur provenance. Mais au moins, s'ils étaient là-bas en train de tout casser, alors ils n'étaient pas ici à nous pourchasser.
Clarke guida la moto entre les poubelles renversées et les vitrines fracassées, tâchant de faire le moins de bruit possible. Pourtant je voyais au travers des fenêtres des silhouettes, ces choses qui se traînaient lentement, sûrement à la recherche d'une nouvelle proie. Heureusement pour nous, ils avaient à peine le temps de nous repérer que nous quittions déjà la zone.
En seulement plusieurs jours, je venais de perdre ma vie toute tracée, abandonnée au profit d'un avenir où apparemment survivre serait le maître mot. Une partie de moi était terrorisée par tout ça mais l'autre ne comptait pas se laisser mettre à terre. Quoi qu'il se passe, que cette situation soit définitif ou non, il était hors de question que je laisse ces événements me terrasser. Et il fallait croire qu'assister à la fin du monde connu aidait à en apprendre plus sur les personnes qui nous entouraient. Mon frère avait décidé d'arrêter la drogue, Matt était aux abonnés absents et Clarke...
Je resserrai légèrement mes bras autour de sa taille. Clarke m'avait prouvé bien des choses en peu de temps. C'était une femme de parole. Bien plus que beaucoup de gens. Et cette façon qu'elle avait de me faire sentir spécial...Comme ces moments dans ma chambre. J'avais tellement besoin de décompresser, d'oublier pendant un instant que je m'étais une nouvelle fois fais poursuivre par un de ces monstres, oublier que désormais ça deviendrait mon quotidien. Alors quand elle s'était mise à dessiner sur mon dos, je me suis laissée emportée. J'avais simplement profiter du moment, laissant la sensation de ses doigts glissant contre ma peau, de la pointe fraîche du marqueur esquissant traits et cercles, à la manière dont son souffle chaud m'arrachait parfois quelques frissons. Et quand elle avait posé ses lèvres sur mon épaules...
- Merde !
Je revins brutalement à moi lorsque la moto zigzagua furieusement et je sentis les muscles de Clarke se contracter sous l'effort. Elle ne mit qu'un instant avant de la stabiliser et de l'arrêter complètement au milieu de la rue, les pieds de chaque côtés.
- Qu'est-ce qui se passe ? chuchotai-je en me pressant contre elle.
- C'est toutes ces conneries qui jonchent le sol. Ça a crevé le pneu arrière.
- Impossible de continuer alors ?
- Désolée Princesse, mais je n'ai pas de pneu de rechange sous ma selle.
Au son de sa voix, je devinai que cette situation imprévue l'agaçait. Tout son corps en était tendue au maximum et je parvenais presque à entendre son cerveau cherchant à résoudre ce problème.
La fatigue des derniers jours et l'absence d'une vraie nuit de repos depuis un moment se faisait cruellement ressentir. Je soupirai, posant mon front contre son épaule.
- L'hôpital n'est qu'à quelques pâtés de maison. On a qu'à faire le reste du chemin à pieds.
- J'ai pas vraiment envie de prendre le risque que ta mère me tue parce que tu auras encore trouvé le moyen de t'attirer des ennuis, Lexa, ria Clarke.
Je retins un rire. Malgré tout ça, sa présence à mes côtés m'apportait réconfort et apaisement. Elle rendait tout ça...un peu moins dur.
- Et bien à moins que tu ne caches un pneu de secours quelque part ici..., soufflai-je en me redressant, joueuse.
Je descendis mes mains sur ses hanches, appuyant un peu comme pour mimer une fouille au corps. Je la sentis se tendre immédiatement, son corps réagissant au quart de tours à mon contact.
- Ou bien ici...
Mes doigts glissèrent le long de son ventre et je me pressai contre elle, atteignis la fermeture éclair de son blouson et la descendis doucement. Le bruit résonna dans la ruelle distinctement, sûrement aussi cœur que les battements de mon coeur. Je désirais simplement constater que cette attirance, ce sentiment que j'éprouvais, n'était pas qu'à sens unique.
- Lexa, qu'est-ce que tu -
- Ou là...
Ma bouche frôla son oreille, prenant bien soin à garder son lobe une seconde entre mes lèvres avant de le relâcher. J'écartai les pans de son vêtements et entrepris de glisser mes doigts sur ses abdos. Je n'aurais pas dû me laisser emporter et il y a encore trois jours, je n'avais même pas la force de supporter son regard plus de quelques secondes. Mais avec tous les événements, les fois où le danger nous avait frôlé de près, je n'avais plus envie de gâcher mon temps.
- Y aller à pieds est peut-être une bonne idée, admit Clarke, crispée sur les poignées.
J'aurais aimé continuer mon exploration d'avantage et repousser les limites de l'interdit mais chaque minutes nous étaient comptées et j'en avais déjà gaspillé avec mes envies. Je m'éloignai donc à contrecœur, non sans percevoir le soupir qu'émit ma blonde en se remettant enfin à respirer, et tâchai de faire disparaître la brume de mon cerveau.
Nous mîmes pieds à terre et de fouler le bitume nous ramena brutalement à la réalité et ses dangers. Je savais que nous aurions beaucoup de chance si nous ne croisions personne durant notre petite balade mais je préférai prendre mes précautions et m'approchai du premier magasin qui s'offrait à moi. Les pas de Clarke résonnaient derrière et je pris soin de ne pas briser de morceaux de verre en entrant à l'intérieur.
- Je ne suis pas certaine qu'on ait le temps pour faire des achats.
Je me retins de rire et enlevai ma chemise pour la nouer autour de ma taille.
- Attends-moi là je reviens.
Je récupérai la lampe de poche que j'avais pris soin d'emmener avec nous et l'allumai, déambulant entre les différents rayons à la recherche de ce que je voulais.
- Parfait, murmurai-je en trouvant enfin la bonne allée.
Je n'étais pas particulièrement assidue pendant les cours de sport mais je n'en était pas dispensée pour autant et je tachais toujours de me dépasser. Aussi je n'hésitai que quelques minutes avant de prendre l'une des battes de baseball exposées. Je l'essayai un peu, la faisant tournoyer deux trois fois dans les airs. Au moins en cas d'attaque, je pourrais me défendre de façon correct.
- Sexy, siffla Clarke alors que je ressortais de la boutique.
Elle m'attendait, les mains posées sur les hanches, la tête légèrement inclinée. Une bouffée de chaleur me monta aux joues lorsque son regard descendit jusqu'à mes pieds pour ensuite remonter jusqu'à mes yeux.
Pourtant, son expression changea tout à coup.
- Matt est un chanceux.
Sa phrase me heurta de plein fouet mais je n'eus pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'elle s'éloignait déjà, m'invitant silencieusement à la suivre. Pendant près de dix minutes, aucune de nous n'ouvrit la bouche. Pas de bavardage, pas de blagues ou de réflexions digne de Clarke Griffin. Ma voisine semblait murer dans un silence, l'air renfrogné, les mains dans les poches. Elle avançait d'un pas rapide et je me demandai même si elle prêtait vraiment attention à ce qui se passait autour d'elle.
Je tâchai de suivre son allure sans réfléchir. Peut-être qu'elle avait tout simplement besoin de calme, d'être seule avec ses pensées. Mais quelque chose, sans doute le fait qu'elle n'était plus la même depuis que j'étais sortie de ce magasin, me poussa à désirer des réponses à mes questions.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? Finis-je par demander.
Clarke ne répondit rien. Elle continua d'avancer de son côté et j'attrapai son bras pour la forcer à s'arrêter.
- Clarke. Dis moi ce qui se passe.
- On a pas vraiment le temps pour discuter. J'ai dis à ta mère que je te ramènerai dès que nous aurons ces médicaments. Plus vite on les trouve, plus vite tu rentres chez toi.
Son ton froid et distant me fit froncer les sourcils. Elle se remit aussitôt en marche, comme pour m'empêcher d'en demander d'avantage.
Le poids de ma batte au bout de mon bras était inhabituel mais sa présence me rassurait tandis que nous changions de rues et que nous croisâmes quelques silhouettes éparpillées sur le sol.
- On ferait mieux d'accélérer. L'hôpital n'est plus très loin.
J'aurais dû être soulagée mais plus nous nous rapprochions, plus le nombre de...cadavres ? Personnes inconscientes ? augmentait. Nous dûmes même nous cacher à plusieurs reprises de ces choses qui commençaient à grouiller un peu partout. C'était d'ailleurs ce que nous faisions à l'instant présent.
Nous venions de trouver refuge derrière un amoncellement de poubelle et regardions les lumières de l'hôpital qui scintillaient dans la nuit pour nous inciter à nous précipiter jusqu'à ses portes grandes ouvertes. Seulement entre nous et notre salut se trouvait un rassemblement de créatures. On les entendait pousser des râles inhumains et ils se traînaient lamentablement, se heurtant parfois sans même s'en rendre compte.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demandai-je à Clarke.
Elle se tenait derrière moi et réfléchissait à la question, ses sourcils froncés.
- Il faut trouver un moyen de les contourner mais ce sont plutôt ceux qui entrent et sortent du hall qui m'inquiète. On ne sait même pas combien il y en a au juste et peut-être que l'hôpital en est rempli. Si c'est le cas...
Elle s'arrêta de parler. Je compris aussitôt qu'elle s'inquiétait pour sa mère et pris sa main dans la mienne pour la forcer à m'accorder toute son attention. Son regard se détacha du spectacle macabre et se ficha dans le mien. Clarke avait beau être forte et tenter de cacher ce qui la préoccupait, je pouvais voir la peur au fond de ses yeux bleus.
- On va trouver ta mère. Quoi qu'il arrive, on ne repart pas sans elle. Tu as ma parole.
Ma blonde hocha la tête puis nous reportâmes notre concentration sur la manière d'entrer. Pendant un instant, nous ne trouvâmes aucune idée.
- On pourrait utiliser l'entrée de l'aile Est, on aurait plus qu'à rejoindre le bâtiment principal.
- Impossible. L'accès est fermé à cause des travaux et on ignore complètement si il n'y a pas de danger là-bas.
- Et pourquoi on utiliserait pas l'accès des ambulances ?
Son intérêt fut piqué au vif par ma remarque et elle plissa les yeux pour étudier cette éventualité.
- Il n'y en a as beaucoup, poursuivis-je en montrant l'objectif. Si on arrive à être invisible et silencieuse on pourra les éviter sans trop de problèmes. La porte est toujours close, ce qui veut dire qu'au moins, on ne risque rien jusqu'à là. Ils ont l'air bien trop stupide pour être capable d'activer l'ouverture du sas donc une fois ces sept là passé il ne nous reste qu'à pénétrer dans le sas et voir ce qu'il adviendra à ce moment-là. Dans tous les cas, une fois les portes passées, on sera en sécurité le temps de réfléchir à la suite.
- C'est un bon plan Lexa.
Je me retournai pour lui sourire mais je retins un hurlement d'horreur en apercevant une forme sombre debout derrière elle. Clarke comprit aussitôt et se retourna brusquement. Une de ces choses venait de se glisser jusqu'à nous sans faire aucun bruit. Au vue de l'angle de son cou, il devait avoir été sévèrement tordu mais ça ne l'empêchait pas de continuer à avancer dans notre direction. Ils nous avaient vu, il nous sentait et il n'y avait aucun doute sur ce qu'il comptait faire de nous s'il nous mettait la main dessus.
Nous n'avions pas le choix. Nous ne pouvions pas nous enfuir de l'autre côté sans prendre le risque d'être repéré par la bande de l'hôpital. Nous pouvions simplement tenter de lui échapper.
- Lexa...j'espère que tu sais te servir de ta batte, me murmura Clarke.
Une deuxième silhouette émergea de l'ombre, cette fois nettement moins silencieuse. Puis une troisième, une quatrième...
- Je crois qu'on ne va pas tarder à le savoir...
Le premier n'était plus qu'à quelques pas quand tout dégénéra.
Le poing de Clarke percuta la mâchoire du plus proche qui craqua avec un bruit écœurant. Son adversaire tenta de l'attraper mais elle fut plus rapide et lui faucha violemment les jambes pour l'envoyer à terre et m'attrapa la main pour me précipiter à sa suite. Je donnai au passage un coup dans la tête de ce monstre et la suivit sans réfléchir.
Nous pensions réussir à leur échapper, à éviter chacun d'entre eux, bien trop lents, et atteindre la fin de la rue pour aller se cacher.
Nous avions tords.
Une forte poigne s'empara de mes cheveux et me tira brutalement en arrière avec une force hors du commun et je me retrouvai projeté à terre, le souffle coupé. Par réflexe, je relevai les mains et maintins le visage de mon agresseur dont l'odeur putride et le claquement glacial de ses mâchoires me donna envie de vomir. Dans ma chute, ma batte s'était échappée à un mètre de moi, bien trop loin pour que je puisse l'attraper sans devoir le lâcher.
- Lexa !
Clarke voulut se précipiter vers moi mais se retrouva bloquer par son propre cauchemar. Je l'entendais se défendre, l'imaginais en train de donner des coups. Mon ennemi griffa le sol autour de moi avant de m'attraper férocement les poignets et me les écarta sans ménagement. Toute la force que j'y avais mis pour l'empêcher de me dévorer se retrouva réduite à néant et j'eus seulement le temps de pencher la tête sur le côté. Sa mâchoire heurta le bitume, manquant ma peau de quelques centimètres mais déjà il cherchait à me mordre à nouveau.
Je relevai encore une fois les bras et serrai mes doigts autour de son cou, serrant de toutes mes forces. J'aperçus une deuxième chose s'avancer vers moi et relevai mon genou avant de l'écraser furieusement contre ses jambes qui se dérobèrent sous son propre poids. Il s'écrasa à terre avec un bruit sourd avant de se mettre aussitôt à ramper dans ma direction. Je le frappai à la tête, encore et encore, ma prise toujours serrés sur mon premier agresseur, et ne cessai que lorsque son nez se brisa sous mes coups, que ses dents se répandirent sur le bitume et que son visage soit méconnaissable.
Je poussai alors un cri de rage et roula sur le côté, surplombant la créature qui tendit ses bras vers moi. Je le relâchai juste assez de temps pour lui écraser mon poings sur le visage et me relevai pour me précipiter sur ma batte. J'armai mon coup avant même de me retourner et eut la satisfaction d'entendre un bruit écœurant lorsque le bois heurta la chair.
Il paraît que c'est seulement en situation de survie qu'on découvre qui on est vraiment.
Un cri me fit tourner la tête et mon cœur cessa de battre lorsque j'aperçus Clarke acculée contre un mur. Je serrai les dents et couru vers elle, gratifiant au passage un autre monstre d'une rencontre avec mon arme. Je ne ralentis pas une seconde et passai la batte par dessus la tête de son agresseur pour la placer au niveau de son cou. Je tirai brutalement vers moi pour l'éloigner de ma blonde en danger et le relâchai à temps pour le précipiter sur le sol sans qu'il ne tente de m'entraîner avec lui. Puis, à l'instant précis où il tourna sa face hideuse vers moi, je le frappai avec toute la force que je possédais, répétant mon mouvement. Son crâne finit par exploser, son sang me giclant au visage sans que je ne cherche à l'essuyer, et il retomba mollement.
- Ne t'avises plus de poser tes mains sur elle, fils de pute, lui dis-je avec colère.
Je levai les yeux vers Clarke. Je m'attendais à ce qu'elle soit dégoûtée, choquée, horrifiée par ce que je venais de faire mais son regard était remplie d'autre chose. Le bleu se teinta de noir tandis qu'elle fixa mes lèvres quelques secondes, un petit sourire flottant sur ses lèvres. L'adrénaline courrait dans mes veines, je pouvais la sentir parcourir tout mon corps, rendant mes muscles tremblant et mon souffle rauque mais la façon dont ma blonde me regardait me donna seulement envie de lâcher cette batte et de la plaquer contre ce mur pour l'embrasser sauvagement. Ce que je m'apprêtais à faire lorsque de nouveaux bruits se firent entendre.
- Il faut partir, m'indiqua-t-elle.
Je hochai la tête mais une tâche de sang à ses pieds me fit froncer les sourcils.
- Tu es blessée ?
- Juste une égratignure sur le bras. Rien d'inquiétant.
- Laisse-moi regarder.
- Plus tard Lexa...On doit partir d'ici avant que les autres n'arrivent.
Elle s'empara de ma main et m'entraîna vers la sortie, crachant au passage sur l'un des corps de la ruelle. Courir était devenue une nécessité. Être silencieuse aussi. Mais plus je m'éloignai, plus la réalisation de ce que je venais de commettre me heurta. Le son des coups, celui des os que je venais de briser, résonnait dans mes oreilles. La vision du sang qui gicle ou de ce que je supposais être de la matière grise se répandant sur le sol me donna une brusque nausée et je nous forçai à nous arrêter, les jambes tremblantes.
- Lexa, il faut y aller.
- Je vais être malade.
A peine eus-je prononcé ces mots que la bile me monta dans la gorge et je m'éloignai de Clarke pour m'accroupir vers un mur. Mon estomac se tordait violemment, requérant toute ma volonté pour ne pas le laisser se vider sur le sol.
Une fois encore, j'avais laissé parlé le monstre en moi. Comme avec Peter avant que ma mère ne me fasse rentrer.
- Je suis une meurtrière, soufflai-je pour moi-même.
- Tu n'avais pas le choix, murmura Clarke en s'agenouillant près de moi. Lexa, ces choses ne sont même pas vivantes. Tu n'as fais que te défendre. Tu m'as sauvé.
Je savais qu'elle avait raison mais ça n'en rendait pas la chose plus simple à accepter. Je n'avais même pas sourciller tandis que je fracassais la tête de cette chose. Une nouvelle vague nauséeuse s'empara de moi et je me penchai en avant, prête à tout rendre, tremblante.
Des mains douces virent se poser sur mes joues pour me forcer gentiment à lever les yeux dans sa direction. L'intensité de son regard me coupa le souffle.
- Tu m'as sauvé Lexa, chuchota-t-elle en appuyant sur chaque mot.
Elle me sourit et ses doigts abandonnèrent mon visage pour venir se nicher dans mes mains.
- Allez, viens. Il faut qu'on se remette en marche.
Clarke avait raison. Le bien et le mal était devenue brusquement une question de point de vue et je ne pouvais pas me permettre d'être faible dorénavant. Je devais enfermer mes regrets, mes peurs et mes peines, derrière le masque d'impassibilité que j'abordais au quotidien. Je me relevai alors.
Il nous fallut encore une vingtaine de minutes pour revenir aux abords de l'hôpital, plus silencieuses que jamais. Heureusement pour nous, les choses avaient quelque peu bougé, nous rendant le chemin jusqu'au sas plus abordable. Sans un mot, nous nous mîmes d'accord et commençâmes à avancer. Les carcasses de voitures nous servaient d'abris improvisés tandis que nous progressions sans jamais lâcher nos ennemis du regard, prêtes à courir pour notre vie si la situation l'exigeait. Le stress présent nous aida à nous fondre dans le décor.
Lorsque j'activai les portes du sas et qu'elles s'ouvrirent pour nous laisser entrer,je ne pu retenir le soupir de soulagement. Au moins cette partie du plan venait de se dérouler sans encombre. Et la chance restait de notre côté quand nous constatâmes que cette partie de l'hôpital était vide de créatures. D'ailleurs, elle était vide tout court. Comme si les patients avaient soudainement quitté leur lit et les médecins précipités ailleurs. Il régnait un silence presque oppressant dans lequel chaque battement de cœur ressemblait à un roulement de tambour assourdissant.
- Ma mère ne répond pas, m'avertit Clarke en rangeant son téléphone.
- Elle est peut-être dans une autre partie de l'hôpital.
- Dans ce cas, je crois qu'on va avoir un problème.
Nous nous arrêtâmes. Les portes battantes menant à l'autre partie du bâtiment était condamnée, les poignées liées ensemble pas une chaîne cadenassée et un amoncellement de chaises. Manifestement, on avait essayé d'empêcher ces choses de rentrer ici, ce qui voulait seulement dire que le cauchemar avait envahi l'établissement.
Clarke tenta une nouvelle fois de joindre sa mère et son visage se décrispa brusquement lorsqu'une voix répondit à l'autre bout du téléphone.
- Maman ! Tu vas bien ?
Je m'éloignai afin de lui laisser l'intimité nécessaire. Notre conversation dans ma chambre me revenait en mémoire et je l'observai, mi soulagée que sa mère aille bien, mi inquiète qu'elle puisse les dire des choses dures. Matt m'avait expliqué qu'elle n'avait pas de bonnes relations avec Madame Griffin, qu'elle habitait seule depuis quelques années mais je n'imaginais pas alors que Clarke s'était émancipée à à peine seize ans. Elle avait vécu la perte de son père et son dernier parent avait choisi de la mettre à la porte à cause de la préférence de son cœur.
Le temps de leur conversation je choisis de visiter les autres pièces. Au moins là, il n'y avait plus besoin d'ordonnance pour récupérer des médicaments. J'en glissai plusieurs flacons dans mon sac à dos ainsi qu'une lampe de poche qui traînait dans le bureau d'un médecin. Un petit kit de premier secours ne tarda pas à les rejoindre et je trouvai même une matraque, sûrement abandonné par un des agents de sécurité.
Peu à peu, mes pas me menèrent loin de Clarke, l'instinct de survie prenant le pas sur tout le reste. Je ne pensais qu'à ce qui pourrait nous être utile, nous soigner, nous défendre. Il n'y avait pas de place dans mon esprit pour le reste. Les salles me livrèrent leurs secrets et je me rendis compte, au bout de la dix ou douzième, que j'agissais comme si j'avais fais ça toute ma vie. Ça en était presque effrayant.
J'ouvris une énième pièce et en fit rapidement le tour pour voir si je pouvais récupérer des choses mais rien ne m'apparut. J'en ressortis aussitôt et aperçus du coin de l'oeil une ombre se glisser dans le couloir suivant.
Mon cœur s'accéléra aussitôt, ma tête imaginant déjà ce qui pouvait se cacher là-bas, mes doigts serrant le manche de ma batte. Je m'approchai avec précaution. J'étais prête à me défendre dans tous les cas.
Du bruit dans une chambre confirma la position de la chose et je passai la tête pour en apercevoir l'origine. Puis, après un soupir, je fis un pas dans la pièce, la batte levée et prête à frapper. Mais l'inconnu se retourna brusquement vers moi et je me figeai lorsque son regard croisa le mien. Vu la vivacité qui y régnait, ce n'était certainement pas un de ces monstres. Le type était grand, il devait bien me dépasser d'une tête, et musclé. Sa peau tannée par le soleil arborait différent tatouage tribal aux lignes épaisses qui s'étalaient soit dans son cou, soit sur son bras droit. Bras qui tenait d'ailleurs un tube en ferraille qui devait remplir le même rôle que ma batte. Son crâne rasé, son menton carré et son air sévère étaient intimidant mais je ne comptais pas le laisser m'impressionner et je relevai le menton. Mes yeux captèrent un scintillement sur sa poitrine. Des plaques militaires. Je voulus lui demander son identité mais il capta brusquement quelque chose et se précipita sans bruit vers moi, me plaquant contre le mur avec force mais douceur. Sa main couvrit ma bouche pour m'empêcher de crier tandis qu'il posait son index sur ses lèvres pour m'inciter à rester silencieuse.
Pendant une minute je gardai les yeux écarquillés. Cet inconnu venait de se jeter sur moi et me maintenait avec son corps puissant, n'ayant manifestement pas l'intention de me relâcher. Mais soudain je l'entendis. Un long râle. Un pas lent.
« Rôdeur » m'informa-t-il sans silencieusement.
Je hochai la tête en signe de compréhension.
Le militaire me relâcha prudemment et attendit que la créature s'éloigne de nous avant de sortir un long couteau du fourreau qu'il portait à sa ceinture et de le rejoindre, surgissant derrière la créature sans démontrer aucune peur. Il n'eut aucune hésitation lorsqu'il planta sa lame dans le crâne de sa victime et accompagna son corps le long de sa chute. Ce ne fut qu'une fois certain qu'il ne bougeait plus que l'homme se releva pour me faire face.
- C'est dangereux de rester ici.
Sa voix était grave, caverneuse, mais calme. Comme le reste de sa personne d'ailleurs.
- Pourtant tu es ici.
- J'avais besoin de matériel et d'un endroit sûr où dormir pour la nuit.
- Je cherche des médicaments.
J'ignorais totalement pourquoi je lui expliquais mes motivations, ni pourquoi il m'expliquait les siennes, mais cela se faisait naturellement. Et je n'avais pas peur de lui, ce qui me surprenait encore plus. Était-ce parce qu'il m'avait « sauvé » ?
- Tu l'as utilisé ? me demanda-t-il en désignant ma batte, encore recouverte de sang.
- Tu t'es servi de ton couteau ?
Ma réponse le fit sourire.
- Tu me plais fillette.
- Tu es militaire ?
- Oui. Mais ça n'a plus aucune importance aujourd'hui.
Il s'avança vers moi et ne s'arrêta que lorsqu'il fut à quelques pas. Il était définitivement bien plus grand que moi. Ses yeux sombres semblèrent m'évaluer pendant un long instant avant qu'il ne tende le bras dans ma direction.
- Lincoln.
J'aurais pu lui serrer la main. Au lieu de ça, j'empoignai son avant-bras et sentis ses doigts enserrer le mien.
- Lexa.
- Tu es seule ?
J'allais répondre mais le canon d'un fusil à pompe se posa tout à coup sur la nuque de Lincoln et nous nous figeâmes.
- Non mon pote. Elle n'est pas seule.
Clarke !
TADAM ! Fin de ce chapitre 7 ! Bon logiquement il était plus long mais du coup j'ai choisis de le couper ici ^^
Pas trop déçu ? :p Désolée pour les fautes qui persistent peut-être, quand je suis dans le truc j'ai du mal à les voir les coquines.
Alors ! Qu'avez-vous pensez de ce chapitre ? Ma Lexa est devenue badass ^^ en même temps, il est temps de survivre !
Quelques instants Clexa, j'espère qu'ils vous aurront plus !
J'ai hâte de lire vos retours qui me donnent toujours un grand sourire !
Cette fiction elle est pour vous !
Je vous dis à bientôt pour le chapitre 8 :D
