Hello la Clexakru !
Nous arrivons déjà au 8ème chapitre... Le temps passe vite ! Je tiens tout d'abord à m'excuser, je n'ai pas encore trouver le temps de répondre à toutes les reviews mais je me rattraperais ne vous en faite pas ! Merci beaucoup à vous tous pour continuer à me lire, à me dire ce que vous en pensez, vos ressentis... Vous me faites beaucoup rire à chaque fois alors merci !
Chapitre 8 :
Le silence régnait dans les couloirs de l'hôpital. Le canon de son arme toujours posé sur la nuque de Lincoln, Clarke n'avait pas bougé d'un pouce, la mine grave. Au vue de son regard, je savais de façon certaine qu'elle n'hésiterait pas à tirer si l'homme n'esquissait qu'un seul mouvement dans ma direction. Pourtant, un sourire amusé flottait sur ses lèvres. Il ne semblait pas effrayé le moins du monde par la situation.
- Tu sais te servir de ça au moins ? Ricana-t-il.
- Donnes-moi une raison d'essayer, on verra bien.
- Clarke, il n'est pas dangereux.
- Ça on en sait rien.
- Il a tué une de ces choses. Il aurait pu ne rien faire et se cacher.
- Il attend peut-être simplement une occasion de nous attaquer.
Je plongeai mon regard dans celui de Lincoln. Quelque chose au fond de moi me hurlait qu'il ne chercherait pas à s'en prendre à nous. Après tout, il était dans le même cauchemar, autant se serrer les coudes. Mon instinct me disait que je n'avais rien à craindre de lui et que il valait mieux l'avoir dans notre camps.
Un message silencieux, une compréhension mutuelle, passa entre nous et je m'approchai de Clarke pour poser une main sur son épaule. Elle tourna très légèrement la tête vers moi sans quitter le militaire des yeux.
- On peut s'entre aider Clarke. Il y a déjà trop à craindre de ces choses dehors, il faut qu'on puisse se faire confiance entre nous. Tu ne penses pas ?
- La fillette a raison. J'aurais pu la jeter en pature au rôdeur et me tirer d'ici depuis longtemps si je l'avais souhaité. Tout comme je pourrais me retourner et te faire regretter de pointer ton arme sur moi. Mais je ne vous veux aucun mal.
Ma blonde sembla réfléchir un instant, le doigt toujours sur la gâchette. Puis, lentement, elle abaissa son arme. Ses yeux bleus se posèrent sur moi et je lus sans problème sa question : est-ce que tu vas bien ?
Je hochai la tête tandis que Lincoln se tournait pour faire face à son ancienne agresseuse.
- Où est-ce que tu as trouvé ça ? Demanda-t-il en désignant le fusil à pompe.
- Dans un des couloirs. Je crois que cette aile est déserte.
- Ils ont dû tenter leur chance en sortant de ce piège à rat. La seule chose qui nous sépare des rôdeurs ce sont les chaînes sur les portes. Mais si le moindre bruit les attire par ici...
Il laissa sa phrase en suspens. Il n'y avait pas besoin de la terminer pour la comprendre. D'un commun accord, nous décidâmes de nous unir, au moins pendant un temps, et prîmes la direction de la salle de pause des médecins. Nous faisions attention à chaque couloirs, en passant devant chaque chambres mais rien de mauvais ne nous tomba dessus.
Je marchais aux côtés de Clarke dans un silence presque religieux, Lincoln un peu plus en avant, et lui jetais parfois quelques coups d'oeil en coin.
- Alors, que t'as dis ta mère ? Elle va bien ?
- Elle est saine et sauve mais tu avais raison. Elle n'était pas de gardes quand ça s'est dégradé à l'hôpital. Je suppose qu'elle a été chanceuse.
- C'est une bonne chose, lui dis-je avec un sourire.
- Elle va venir ici. Elle va trouver un moyen de me rejoindre. Elle m'a demandé de ne pas bouger et qu'elle venait me chercher mais avec tous ces trucs dehors...
- Hey...
Je l'attrapai gentiment par le bras pour la forcer à s'arrêter.
- On va guetter son arrivée. Il ne lui arrivera rien.
Elle sembla vouloir ajouter quelque chose mais se résolut à me sourire avant de se remettre en marche. Mon regard tomba sur sa main qui tenait le fusil à pompe et je remarquai le filet de sang séché me rappelant brusquement notre affrontement dans la ruelle et sa blessure. Dès que nous serons installées dans la salle de repos, je regarderais l'état de son bras, qu'elle le veuille ou non.
Devant nous, Lincoln avançait à pas de loup mais avec rapidité et j'étais certaine que tous ses sens devaient être aux aguets. Sa main droite ne quittait pas le manche de son couteau, replacé à sa place d'origine, prêt à être utilisé comme il se devait en cas de nécessité.
- Tu sais ce qu'il se passe dehors, annonça Clarke à notre nouvel allié. Tu sais ce que sont ces choses.
- On les appelle des rôdeurs. Ça a commencé à se répandre par l'Est, puis c'est venu jusqu'ici. Ça infecte les gens comme un simple rhume sauf que la maladie finit par les tuer. Et quand ils reviennent à eux, voilà ce qu'ils sont devenus. Ne les laisser pas vous mordre surtout.
- Pourquoi ? m'étonnai-je.
- Tu deviendrais comme eux. Pour les tuer, il faut viser la tête. Balle, lame, n'importe quoi.
Je retins un frisson d'horreur et me forçai à afficher un visage impassible comme Lincoln. J'étais la plus jeune du groupe, cela ne devait pas pour autant dire que je serais la plus apeurée. Clarke gardait le visage grave, les sourcils froncés, la main tenant fermement la crosse de son arme. Au vue de la conversation qu'elle échangeait avec le militaire, elle avait l'air de moins douter de ses bonnes intentions et j'en étais soulagée.
- Comment est-ce que tu t'es retrouvé ici ? lui demanda-t-elle.
Pendant un instant, je pensais que Lincoln n'allait pas répondre. Il affichait un air renfrogné et garda le silence de longues minutes.
- Mon unité a été envoyé dans une des villes qui a été touché avant Los Angeles. Quand j'ai vu ce qui se passait, quand j'ai compris que rien ne pourrait endiguer l'épidémie...
- Tu as déserté, acheva Clarke.
- J'ai un frère ici. Ma priorité à présent c'est de le retrouver et de le mettre en sécurité. Et puis de toute façon, ils ne cherchent pas à me retrouver avec tout ce qui arrive.
Plus aucun de nous ne prononça un mot mais j'aperçus le regard de ma blonde sur moi un instant et lui accordai un sourire qu'elle me rendit aussitôt. Nous finîmes par arriver sans problème à la grande salle de repos et pénétrâmes à l'intérieur avec un soupir de soulagement contenu. Au moins, nous n'avions pas croiser de rôdeurs jusqu'ici.
Je refermai la porte derrière nous, par mesure de sécurité, et faillis éclater de rire quand Clarke se précipita sur l'un des fauteuils d'apparence confortable et se laissa mollement tomber dessus.
- Après la ruelle, j'ai cru que mes fesses ne retrouveraient jamais le confort d'un bon fauteuil !
Je ne pouvais que l'approuver.
- Il ne resterait plus qu'un bon café et un repas chaud, et ce serait parfait pour attendre ma mère.
- Ça peut se trouver, rétorqua Lincoln en s'approchant du comptoir.
Il chercha rapidement dans les tiroirs et débusqua le précieux sésame. Un filtre et une boite de café. Il m'en proposa mais je refusais poliment et m'assis sur l'un des fauteuils pour l'observer. Il s'en prépara pour lui ainsi que pour Clarke puis finit lui aussi par s'installer en attendant que la boisson se prépare.
C'était étrange. Tout était étrange. J'avais presque l'impression de rêver depuis quelques jours et je n'arrivais pas à me réveiller. Mon moral passait d'un bien-être superficiel à la tristesse la plus grande, en passant par l'incompréhension totale et le déni des derniers événements. J'étais prise dans un maelström de sentiments et m'y noyais sans parvenir à me raccrocher au bord. Ce n'était pas normal que nous soyons bloqué dans un hôpital dont la moitié était remplie de monstre, ce n'était pas normal que je me promène avec une batte de baseball ensanglantée et que Clarke tienne contre elle un fusil à pompe.
Plus les secondes passaient, plus mon moral se retrouvait en chute libre. Je pensais à ma famille qui attendait mon retour. Est-ce qu'au petit matin ils allaient prendre la route en me laissant un simple mot pour leur demander de les rejoindre ? Est-ce que mon frère tiendrait le coup si je ne parvenais pas à rapporter assez de médicaments pour le sevrer ? Est-ce qu'il tiendrait la parole qu'il m'avait faite ?
Je songeais à Harper et Octavia. Bellamy devait veiller sur elles mais ça ne rendait pas mon inquiétude moins grande. Je désirais les retrouver, d'une façon ou d'une autre. Nous étions inséparables depuis notre enfance, elles étaient presque comme des sœurs pour moi et il était hors de question que je les laisse de côté sans me soucier d'elles.
Harper avait été la dernière à rejoindre notre petit groupe. C'était une fillette discrète, avec ses grandes nattes blondes cendrées et son air timide. Elle se faisait toujours embêté par un garçon un peu gras dont le nom m'échappait mais un matin, Octavia était venue lui mettre sa main en pleine figure et rendit son goûter à notre nouvelle amie.
Et Matt ? De tous, il était celui dont la réaction face à tout ça me surprenait le plus et le moins en même temps. J'aurais dû me douter qu'il ne serait pas du genre à se précipiter pour me sauver mais en avoir la preuve faisait bien plus mal que ce que je pensais. Ce n'était qu'une preuve de plus que lui et moi, toute notre histoire, n'étions pas fais pour être ensemble. Je le savais depuis un long moment mais il m'avait fallu attendre l'apocalypse pour définitivement l'accepter.
Je fermai les yeux. Quoi qu'il se passe, que cette situation dure ou non, rien ne sera plus jamais comme avant.
- Tout va bien ?
La voix de Lincoln m'arracha de mes pensées et je rouvris les paupières. Il se tenait en face de moi, les yeux plongés dans les miens.
- Ouai, ça va. Je pensais à tout ça. Tu crois que...tu crois que c'est comme ça maintenant que sera notre vie ? Qu'elle va se résoudre à survivre et combattre ces horreurs ?
- Je n'ai pas la réponse à ta question Lexa. Vois toute cette situation comme une épreuve dont tu sortiras plus forte et plus déterminée que jamais.
- Je ne suis pas comme toi, soupirai-je. Ou comme Clarke. C'est comme si vous aviez la survie dans le sang. Moi jusqu'à hier encore je pensais être élue Major de ma promo, faire un super discours et tourner les talons à cette vie pour aller à Berkeley.
- Tu es plus forte que tu en as l'air.
J'eus un rire sans joie et baissai les yeux sur mes doigts qui jouaient avec le bas de mon tee-shirt.
- Et tu peux dire ça grâce à nos dernières quinze minutes passées ensemble ?
Lincoln eut un sourire mystérieux mais s'abstint de répondre. Il se leva pour se diriger vers la cafetière, me laissant de nouveau seule avec mes pensées.
Pendant de longues minutes, un épais silence régna dans la salle de repos. Clarke semblait plongée dans ses réflexions, les genoux relevés sur le siège, le fusil à pompe entre ses cuisses. Le militaire se tenait dans un coin et jetait quelques coups d'œil par les fenêtres.
Je tentai de lutter contre la fatigue qui commençait à me gagner mais je finis par abandonner et fermai les paupières, sombrant dans un sommeil qui se relèverait agité.
*Clexa*Clexa*Clexa*
Ce fut la fraîcheur d'une main sur ma bouche qui me réveilla en sursaut. Les yeux bleus de Clarke apparurent dans mon champs de vision avant que je n'ai eu le temps de me débattre et elle posa l'index sur ses lèvres pour m'intimer le silence.
- Il y a quelque chose dehors, murmura-t-elle en me relâchant prudemment.
Mon cœur déjà agité par ce brusque réveil accéléra plus encore. J'ignorais si j'avais dormi une heure ou une nuit.
- Où est Lincoln ?
- Il est allé jeté un œil à l'extérieur.
- Tout seul ? Mais, si ce sont des rôdeurs.
Elle ne répondit rien. Elle pensait sûrement à la même chose que moi.
L'horloge accrochée au mur m'indiqua que cela faisait seulement dix minutes que j'avais piqué du nez. A croire que la fin du monde gelait littéralement le temps.
Comme pour me rassurer, je m'emparai de ma batte et me redressai dans mon siège, étirant mes jambes endoloris, avant de finalement me lever complètement. Clarke ne me quitta pas du regard et un sourire mutin vint se poser sur ses lèvres.
- Tu es grognon quand tu viens de te réveiller, ria-t-elle doucement. C'est mignon.
- On est entourée par des monstres, j'ai tous les droits du monde d'être grognon.
Elle laissa échapper un petit rire et mon cœur se serra joyeusement. C'était fou la façon dont ce simple rire parvenait à enlever ce poids sur mes épaules l'espace d'une seconde. Je n'arrivais pas à la quitter des yeux, me laissant admirer sa beauté naturelle jusqu'à ce qu'elle finisse par croiser mon regard et qu'elle finisse par se calmer, sans pourtant se départir de son sourire magnifique.
- Quoi ? me demanda-t-elle au bout d'un moment.
- Tu es belle.
Les mots m'avaient échappé sans que je ne parvienne à les retenir. Je sentis mes joues chauffer, sûrement rougies par la honte, mais la façon dont Clarke me fixa fit de nouveau accélérer les battements dans ma poitrine.
Elle me sourit tendrement et leva sa main devant elle, me remettant une mèche de cheveux derrière mes oreilles.
Un bruit sourd rompit cet instant et notre instinct de survie prit aussitôt le dessus sur tout le reste. Je resserrai brusquement ma prise sur la batte tandis que Clarke mettait la porte en joue, prête à tirer. Nous avançâmes lentement côte à côte avant qu'elle ne m'indique le coin de la pièce d'un mouvement de menton. Il fallait que je reste calme, que je ne laisse aucune émotion transparaître sur mon visage. Clarke m'interrogea du regard et je hochai la tête. J'étais prête.
Avec précaution, je tendis la main vers la poignée mais avant même que j'ai eu le temps de l'actionner, la silhouette imposante de Lincoln s'imposa devant moi. La moitié de son visage était recouvert de sang et la lame de son couteau ne laissait aucun doute sur ce qu'il venait d'en faire.
- Il faut partir, gronda-t-il. Tout de suite.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- On est plus seul dans cet aile de l'hôpital.
- Rôdeurs ?
- Ils ne sont plus un problème pour le moment mais ce ne sont pas eux qui m'inquiètent. A moins qu'ils ne sachent comment briser des chaînes.
- Tu veux dire que la porte condamnée est désormais ouverte ?
Il me regarda sans rien répondre. Il n'en avait pas besoin pour que je comprenne.
Une vitre explosa brutalement dans le couloir et nous réagîmes aussitôt, chacun avec nos armes. Clarke se positionna devant moi, le fusil à pompes braqué en direction du bruit, et suivit Lincoln qui s'approchait déjà.
- Attendez, murmurai-je en retenant le bras de ma blonde. Écoutez.
Ils m'obéirent sans discuter jusqu'à ce qu'ils parviennent à entendre les rires que j'avais détecté. Comment des gens pouvait rire sans retenue alors que l'hôpital était infesté de rôdeurs ? J'étais partagée entre l'exaspération et la colère, agrémenté par cette peur qui ne cessait de me tordre l'estomac depuis que tout avait commencé. Il était hors de question que je me fasse bouffer parce que des idiots étaient incapable de la fermer.
Mes deux compagnons durent penser la même chose mais des hurlements se firent entendre. Sans réfléchir je me précipitai vers la source, suivit par mes compagnons, et parvins devant l'horreur.
Jamais je ne pourrais m'habituer à la vision qui s'étala sous mes yeux. Une dizaine de rôdeurs entourait un petit groupe de personnes, bloqués au milieu du couloirs. La vitre d'un distributeur de bonbons était brisé et craquait sous les pas des agresseurs et des victimes. Au vue des deux corps qui traînaient déjà sur le sol, moitié en train de se faire dévorer, nous arrivions trop tard.
L'un des monstres agrippa le bras d'une des filles avant de plonger vers la chair, arrachant la peau comme un vulgaire morceau de viande.
- Gina !
Le cri d'une de ses amies me tira de ma léthargie . Lincoln se rua vers les assaillants, couteau en main, et s'occupait déjà des premiers rôdeurs quand les coups de feu débutèrent. Je n'avais pas besoin de tourner la tête pour savoir que Clarke venait d'user de son arme. Quant à moi, j'évoluais dans une brume assassine. Ma batte se levait et s'abaissait, brisant les os, faisant répandre le sang sur le sol tandis que je cherchai à éloigner ces choses du groupe, toujours aux prises avec leurs propres démons.
Peu à peu, les corps sans vie s'amoncelaient sur le sol sans que je ne sache si c'étaient des amis ou des ennemis. Je vis du coin de l'œil Clarke frapper l'un des rôdeurs avec sa crosse mais un second surgit derrière elle. Je réagis aussitôt et fonçai droit sur lui, l'envoyant par terre d'un coup d'épaule qui nous précipita tous les deux dans la chute. Il tenta aussitôt de m'attraper mais le pieds de ma blonde vint percuter sa tête avec violence et son talon s'enfonça dans son crâne. Elle prit ma main et m'aida à me remettre debout, sa main s'attardant une seconde sur ma joue comme pour être certaine que je n'avais rien. Aucune parole, aucun mot n'était nécessaire.
Lincoln s'approcha de nous et ficha son couteau dans un autre rôdeur avant de finalement s'immobiliser, le souffle court, les muscles encore tendus par l'effort. Je pensais que tout était terminé, qu'il n'y en avait plus aucun en vie, mais quand il se plaça devant nous comme pour faire bouclier avec son corps, je compris qu'une nouvelle menace venait de s'abattre sur nous. Et celle-ci était inattendue.
Plusieurs pistolets étaient braqués dans notre direction, certains vacillant légèrement. Les râles des monstres ne se faisaient plus entendre et laissèrent la place aux gémissements des blessés. La rousse qui venait d'être mordue était appuyée contre un mur, entourée de deux autres personnes. Un homme à la peau sombre, sûrement le plus âgée du groupe, et une fille brune à la peau typée.
Le garçon qui me braquait directement semblait un peu plus âgée que moi. Les cheveux sombres, son visage et sa posture me rappelait vaguement celle d'une fouine, sans compter sur son nez légèrement écrasé.
- Posez vos armes sur le sol, ordonna-t-il d'une voix hautaine.
Je haussai un sourcil. On venait de leur sauver la vie et voilà tout ce qu'il trouvait pour nous remercier ?
Lincoln se déplaça légèrement pour venir se placer entre le canon et moi.
- On ne cherche pas les ennuis.
- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué mon pote, ce sont les ennuis qui nous trouvent. On ne vous connais pas, vous pourriez être avec eux.
- On n'a pas été mordu, intervint Clarke d'une voix forte. On est pas contaminé.
- Il n'y a que vous qui le dites.
Il semblait résolu à nous affronter et manifestement ses deux amis aussi. Ils nous fixaient comme si nous étions sur le point de nous transformer en rôdeurs d'un instant à l'autre. Derrière eux, la dénommée Gina continuait de gémir de douleur malgré les paroles réconfortantes de la brune.
- Vous ne pourrez rien pour elle, dit Lincoln.
- Ta gueule toi ! Raven, comment elle va ?
La fille secoua la tête.
- Fous leur la paix Murphy. Regarde un peu autour de toi. Ils sont venus nous aider.
Il sembla hésiter un moment, son regard passant sur chacun de nous trois, puis il finit par baisser son arme avant d'être imité par les autres.
Clarke s'approcha de la blessée, s'agenouillant près de Raven.
- Tu ne peux pas la laisser comme ça, chuchota-t-elle.
La brune hocha la tête mais je vis une larme rouler sur sa joue. Manifestement, elle savait très bien ce qu'une morsure de rôdeurs signifiait.
Le coup de feu me fit sursauter. Il résonna dans le couloir encore longtemps tandis qu'un silence morbide prenait peu à peu le dessus. Tous les regards étaient tournés vers l'homme à la peau noire. Sa main encore levée, l'arme encore pointé sur le corps désormais dans vie de Gina. Une balle dans la tête venait de lui ôter sans le moindre état d'âme.
*Clexa*Clexa*Clexa*
L'exécution de Gina scinda leur groupe en deux. La discussion qui mena a cette décision dura longtemps dans la salle de repos et je les laissai choisir entre eux de la meilleure chose à faire. Notre petite apparition avait convaincu certains de rester avec nous et de tenter leur chance dans le désert dès que nous aurions rejoins ma famille tandis que pour le reste, le mieux à faire était de rejoindre le centre-ville ou encore d'attendre les renforts de l'armée qui viendrait forcément.
Au final, Raven, Jaha, Murphy, Atom, un jeune garçon du nom de Alex et Finn choisirent notre côté. À présent, chacun prenait un repos bien mérité, installé dans les fauteuils ou à même le sol sur des vêtements étalés par terre.
J'avais trouvé refuge dans les bras de Clarke. Ils m'apportaient un réconfort que je ne trouvais nul part ailleurs et calmaient les battements de mon cœur, apaisaient la peur qui continuait de me tirailler malgré l'absence de la moindre émotion sur mon visage. Ma tête reposait au creux de son cou tandis que j'écoutais sa respiration lente et régulière. Elle dormait. Elle en avait besoin. Sa mère n'avait envoyé qu'un seul texto pour lui dire qu'elle était bloquée également et tâcherait de venir le plus vite possible. Alors en attendant, dormir semblait la meilleure solution.
Mais moi, je n'y parvenais pas. Je regardais chacun des visages de mes nouveaux compagnons, les étudiant avec soin, tâchant de savoir ce que dissimulait ce froncement de sourcils ou ces traits tirés. Mes pensées me ramenaient inlassablement vers ma famille que j'espérais en sécurité, à l'abri et sauve. Ou bien à Octavia et Harper.
Lincoln restait posté devant la porte. Il veillait. Les monstres étaient lâchés et ce bref instant de paix et de calme pouvait être rompu à tout moment. Pourtant, je voyais bien l'inquiétude s'étirer sur son visage.
Je me levai le plus silencieusement possible, tâchant de ne pas réveiller Clarke, et m'approchai du militaire.
- Tu n'arrives pas à dormir ? Me demanda-t-il sans quitter l'extérieur du regard.
- Je n'arrêtes pas de penser. Ma famille, mes amies, tout ça. Ça repasse en boucle dans ma tête.
- Il faut que tu arrives à compartimenter tout ce que tu ressens.
- Comment ?
Il tourna enfin ses yeux vers moi. Il semblait me juger, évaluer ma force et mon esprit.
- Il faut que tu arrives à séparer ta tête de ton cœur. Les décisions que tu prends en temps de guerre, en temps de survie, doivent être prise avec ton esprit. Tu ne peux pas laisser tes sentiments guider toutes tes actions au risque de voir arriver ce que tu redoutes le plus. Tu dois être forte, impassible. Il en va des vies que tu protèges. Quand des gens comptent sur toi pour veiller sur eux, considère cela comme un devoir.
- Est-ce que ça veut dire que je dois apprendre à ne plus rien ressentir ?
- Non. Ressentir peut être une force autant qu'une faiblesse. Tu dois simplement choisir le meilleur moment pour écouter l'un et l'autre.
Je n'étais pas certaine de bien comprendre mais ses mots me touchèrent plus que de raison. Il faisait plus que me parler, il m'enseignait.
- Tu arrives à compartimenter ? À propos de ton frère.
- Aden est fort. Je sais qu'il m'attend quelque part. Ce n'est qu'une question de temps avant que je ne le retrouve. Je reste focalisé sur mon objectif et je ne me laisse pas embrouiller l'esprit.
Pendant un instant, je réfléchis à ses paroles. Mon regard dévia en direction de Clarke. Elle dormait toujours à poings fermés et les soucis semblaient l'avoir quitté pour le moment. Elle était paisible, elle qui avait choisis de me rejoindre plutôt que de se mettre à l'abri.
- Mes deux meilleures amies sont dehors. Elles...elles sont comme ma famille.
- Et tu es inquiète pour elles.
- Je ne veux pas qu'il leur arrive quelque chose. Je sais qu'elles sont chez un ami à vingt minutes d'ici.
Je n'ajoutai rien de plus mais Lincoln braqua ses yeux dans les miens. Il avait déjà compris, je n'avais pas besoin d'en dire d'avantage.
- Tu sais que si tu choisis de sortir d'ici...
- Je sais. Mais qu'est-ce que tu ferais à ma place si Aden se trouvait à vingt minutes de toi et que tu pouvais aller le retrouver ?
Je pouvais clairement voir dans ses pupilles que sa tête et son cœur se battaient férocement. Un grognement attira notre attention et je regardai Murphy ronfler la bouche ouverte, s'attirant un coup de coude de la part de Finn.
- Elle vient ? M'interrogea Lincoln.
- Non. Je ne veux pas lui en demander plus que ce qu'elle ne fais déjà.
- Quand souhaites-tu partir ?
- Immédiatement. J'ai déjà trop attendu.
Lincoln hocha silencieusement la tête avant de s'emparer de son manteau et de le passer. Je voulus lui demander ce qu'il faisait mais ça semblait plutôt clair et mon cœur se serra de reconnaissance. Rien ne l'obligeait à m'aider. Il le faisait sans rien attendre.
Je partis récupérer mon sac à dos mais je n'eus pas le temps de retourner vers le militaire que je croisai les yeux bleus de Clarke. Elle venait de se réveiller et au vue de son regard, elle ne comprenait pas pourquoi je m'agitais soudainement.
- Qu'est-ce qui se passe ? Des rôdeurs ?
- Non, tout va bien. Tu peux te rendormir, lui assurai-je avec un sourire.
- Alors pourquoi est-ce que tu es en train de te préparer ?
Devant mon silence, elle se leva, les sourcils froncés.
- Où est-ce que tu vas ?
- Je dois trouver Octavia et Harper.
- Hors de question. Lexa, je sais que tu t'inquiètes mais on ne peut pas sortir pour le moment. Il faut attendre que ça se tasse un peu. Dès que le soleil se lèvera, on partira je te le promet. On ira les chercher.
Je ne répondis rien.
L'incompréhension passa sur son visage, puis à l'étonnement. Lorsqu'elle comprit enfin, la colère passa dans son regard. Colère et peine.
- Tu comptais partir sans rien dire ? Tu comptais prendre ton sac et sortir d'ici sans rien dire à personne ?
- Elles sont ma famille Clarke. Je ne peux pas rester les bras croisés. Il n'y en a que pour une heure tout au plus et Lincoln sera avec moi. Bellamy habite à côté.
- Très bien, alors je viens avec toi.
Elle récupéra sa veste en cuir mais je posai ma main sur son bras pour l'en empêcher.
- Clarke s'il te plait, écoute-moi.
- Ne compte pas sur moi pour rester ici les bras croisés pendant que tu seras dehors ! C'est hors de question Lexa je ne peux pas ! Je ne peux pas ! Tu ne peux pas me demander ça ok ?! Ne me demande pas ça...
Sa voix se brisa soudainement. Les autres se réveillaient peu à peu, tirés du sommeil par notre dispute, et se demandait sûrement ce qui se passait.
- Il faut que tu restes ici, finis-je par dire en prenant sa main dans la mienne. Ta mère va arriver. Tu ne peux pas partir.
- Laisses-moi venir avec toi...Je t'en prie.
Je la tirai contre moi et passai mes mains autour de son cou pour la maintenir en une étreinte que j'espérais rassurante. Je la sentais trembler contre moi, ses bras autour de ma taille.
- Tout ira bien, lui chuchotai-je au creux de l'oreille. Je vais revenir avec Harper et O. Ensuite on attendra ta mère et on retournera tous ensemble chez ma famille. On sortira de cet enfer. Mais tu dois me faire confiance.
- Juste...reviens-moi...d'accord ?
Elle rompit notre étreinte et plongea son regard dans le mien. Il était voilé, inquiet. C'était la première fois que je la voyais dans un tel état et mon cœur se serrait douloureusement. La voir ainsi n'était pas mon but.
Ses yeux descendirent jusqu'à mes lèvres.
- Pitié si vous comptez coucher ensemble, au moins faites-moi participer, railla le dénommé Finn, ce qui provoqua de grands éclats de rire.
Je ne répondis rien et regardai ma blonde une dernière fois avant de finalement m'éloigner à contrecœur en direction de Lincoln. Il me demanda silencieusement si j'étais certaine de vouloir faire ça et pendant un moment je me demandai si je le souhaitais vraiment. Je sentais le regard de Clarke dans mon dos et ses paroles étaient gravées au fer rouge. Pourtant, je remis mon masque et appliquai le premier conseil de mon allié. Séparer le cœur de la tête.
- Allons-y.
Nous sortîmes de la salle de repos avec prudence et commençâmes à nous éloigner. Le bruit des pas de Clarke me suivirent une seconde et je me forçai à ne pas me retourner. Si je le faisais, jamais je ne pourrais la quitter.
- Ta petite-amie restera inquiète pour toi jusqu'à ce que tu reviennes.
Je levai le menton, la gorge serrée.
- Je sais.
Et voilà, le chapitre 8 s'achève ici !
Qu'en avez-vous pensez ? Est-ce qu'il vous a plut ?
Je sais que certains d'entre vous attendent un premier baiser entre Lexa et Clarke mais patience, ça va se faire ;)
A présent, je vous laisse un choix significatif ! Voulez-vous suivre le POV de Clarke ou le POV de Lexa pour le prochain chapitre ? Nos deux héroines étant séparées, vous pouvez choisir le POV qui vous intéresse le plus et celui qui aura le plus de "voix" sera mis à l'honneur !
Voilà, je vous dis à bientôt tout le monde et si vous avez besoin de parler (pour ceux qui ont vu l'épisode 9 ou ceux qui veulent parler de tout et de rien), ma boite est ouverte ;) !
Encore merci !
