Hello la Clexakru !

Vous êtes toujours plus nombreux à suivre cette histoire alors...Merci. merci beaucoup pour votre soutien, vos reviews, vos lectures !

Comme j'ai vu que vous étiez assez nombreux pour le POV de Lexa autant que celui de Clarke, et bien du coup le chapitre comportera les deux POV ! Pas beaucoup d'actions dans ce chapitre, je m'en excuse d'avance ;)

Bonne lecture et on se retrouve en bas !


Chapitre 9 :

POV Clarke :

Je tournai littéralement en rond dans la salle de pause, fulminant intérieurement contre la situation qui m'échappait sans que je ne puisse faire quoi que ce soit. Nous avions baissé les stores et chacun tentait de faire le moins de bruit possible. Raven discutait avec Alex et Atom tandis que Finn et Murphy riaient à voix basse de leur côté, me jetant parfois des regards insistants que j'avais choisis d'ignorer depuis un moment déjà. Je savais très bien ce qui trottait à cet instant dans la tête de chacun : pourquoi étions-nous encore ici ? Alors que les bruits de coups de feu avaient sûrement dû attirer des dizaines de rôdeurs dans les couloirs à proximité ? Alors que nous pourrions profiter de cette diversion pour prendre nos jambes à notre cou et nous tirer d'ici ?

Même moi, je n'arrivais plus à comprendre mes décisions. Pourquoi avoir accepté que ma mère vienne me rejoindre ici alors qu'il me suffisait simplement de sortir de l'hôpital et de nous éloigner de ce lieu infesté de monstres ? C'était une mission suicide. Était-ce une bonne idée d'accueillir d'autres personnes dans notre petit groupe, au risque que l'un d'entre eux attire l'attention sur nous et nous fasses tuer ?

Je réajustai ma veste sur mes épaules, grimaçant à la douleur de mon bras.

- Tout va bien ?

Je me retournai vers Raven. Elle me fixait avec compassion sans que je ne comprenne vraiment pourquoi.

- Tu es inquiète pour ta copine ?

- Ce n'est pas ma copine. Nous sommes seulement amies.

- Oh... et bien si un de mes amis me regardait de la façon dont vous vous regardez, je me poserais certaine question.

Je ne répondis rien.

Penser à Lexa ne faisait qu'accentuer mon sentiment d'impuissance, de colère et d'inquiétude. Chaque fibre de mon être était lentement ronger par cette multitude d'émotions et je bouillonnais de l'intérieur. Jamais je n'aurais dû accepter que ma brune s'en aille seule avec Lincoln. J'aurais dû venir avec elle ou au moins la convaincre d'attendre la matinée. Mais il faut croire que l'apocalypse nous fais faire des choix stupides et c'est exactement ce que je n'arrêtais pas de faire.

- Comment va ton bras ?

- Une simple coupure pendant un combat mais ça me fait un mal de chien.

- Attends, laisse-moi voir, proposa Finn en se rapprochant de nous. J'ai deux trois cours de secourisme dans la poche, entre autre chose.

Il m'accorda un sourire qui se voulait sûrement charmeur mais qui me laissa de marbre. Malgré tout je suivis son conseil et me débarrassai de ma veste pour qu'il puisse y jeter un coup d'œil. Une balafre sanguinolente s'étendait sur mon bras, dernier vestige de mon combat contre les rôdeurs dans la ruelle. J'avais de la chance d'avoir cette blessure plutôt qu'une morsure à la place. Il s'en était fallu de peu cette fois-ci, de peu et de l'intervention de Lexa...

- Tu t'es pas loupée, siffla Finn.

Il palpa ma peau, un peu plus que de raison, avant de finalement fouiller dans son sac à dos pour en ressortir un coton, une petite bouteille de désinfectant et un pansement.

- On a eu le temps de faire quelques pièces de l'hôpital avant que ces trucs nous tombent dessus, expliqua-t-il avant de s'affairer à la tâche.

- Vous n'avez pas chercher à être discret.

- Ouai, j'aurais pas dû vouloir prendre des bonbons mais que veux-tu, je suis gourmand. J'adore les gâteries.

Il ponctua sa phrase d'un clin d'oeil. Je l'attrapai par le poignet pour stopper les soins qu'il me prodiguait et le forçai à me regarder fixement.

- Des gens sont morts à cause de ton imprudence et tout ce que tu fais c'est en rire ? Tu es réellement stupide ou c'est un genre que tu te donnes ?

- Dominatrice, sourit Finn. J'aime ça.

Je le relâchai, exaspérée par sa façon de tout prendre à la légère. Et manifestement, Raven n'était pas non plus en reste car elle le fusillait du regard mais s'abstint de tout commentaires.

- C'est vous qui avez permis aux rôdeurs de pénétrer dans cette aile de l'hôpital.

- Mais c'est toi qui les a encore plus attiré avec ton super fusil à pompe, fit remarquer Murphy en jouant avec son couteau. Maintenant à cause de toi, il y en a dix fois plus dans les couloirs que lors de notre arrivée. Félicitations.

- Fous-lui la paix Murphy.

- Quoi ? C'est la vérité qui te dérange Raven ?

- Mon super fusil à pompes comme tu dis, il t'a sauvé le cul, répliquai-je avec hargne. Ne me force pas à l'utiliser sur ta jolie petite gueule pour que tu la fermes.

- Ah ouai ? Sinon quoi ?

Il se rapprocha brusquement de moi avec un air menaçant mais je n'étais pas prête à me laisser intimider. J'éprouvais bien trop de colère pour ça. Je voulus me dégager de la poigne de Finn mais ce fut la brune qui se mit entre nous deux, écartant les bras pour nous maintenir à distance.

- Ca suffit maintenant ! Tous les deux ! L'ennemi est dehors, pas ici. Nous battre entre nous ne va servir à rien. Continuer de gueuler comme ça et je ne pense pas qu'on sorte d'ici en un seul morceau.

- Je ne vois même pas pourquoi on reste dans cette pièce de toute façon. L'épidémie a commencé il y a des jours. On devrait se barrer avant que ça ne se répande partout et qu'on se retrouve coincé comme des rats.

Un silence pesant suivit l'intervention de Murphy. Même Finn continua d'achever les soins qu'il m'accordait sans rien ajouter. Et le pire dans tout ça, c'est que je savais qu'il avait raison. Nous devrions partir avant que l'endroit ne devienne plus infesté qu'il ne l'était déjà. Mais ma mère devait me rejoindre au matin et Lexa devait être de retour dans une heure. Je ne pouvais pas partir sans elle.

Les mains du garçon finirent par quitter mon bras et je le remerciai d'un mouvement de tête. Évidemment, je n'aurais pas dû être surprise qu'il y réponde par un clin d'œil séducteur. Je retins un soupir.

Frustrée, énervée et les nerfs mis à rudes épreuves à cause de l'inquiétude dévorante que je ressentais, je partis m'isoler dans un coin de la pièce sous le regard réprobateur du reste du groupe. Je m'assis à même le sol, les jambes relevées contre ma poitrine pour soutenir mes bras. J'avais à tout prix besoin de me calmer, calmer cette colère qui continuait de grossir en moi et menaçait d'exploser à tout moment. J'avais laissé partir Lexa. S'il lui arrivait quelque chose je la perdrai, je ne m'en relèverai pas. J'étais coincée ici, impuissante, parce que j'avais choisi de ne pas la suivre. J'aurais dû être plus ferme avec elle, ne lui laisser aucune chance de discuter. Mon cœur battait douloureusement, prêt à se briser. Il se fracturait rien qu'à la simple pensée d'Alexandria loin de moi.

Une présence s'installa à mes côtés et je redressai la tête. Raven imita ma position, gardant son regard rivé sur ses compagnons d'infortune.

- Provoquer Murphy ne t'aidera pas à te faire sentir mieux, tu sais. Ça n'enlèvera pas l'anxiété que tu éprouves. Bien au contraire. Tout ce que tu peux - faire, c'est attendre qu'elle soit de retour ici.

- Il a raison, concédai-je malgré moi. Rester ici est une erreur. On finira par être coincée, d'une façon ou d'une autre.

- Mais d'après ce que j'ai compris, ta mère doit te rejoindre, non ?

- Justement...A deux, ça a été assez difficile de rentrer. Et si ma mère se faisait tuer parce que je l'oblige à venir à l'hôpital ?

Raven fronça les sourcils. C'était facile de parler avec elle et bientôt je me surpris à lui expliquer ce qui nous avait amené ici en premier lieu. Par respect pour Lexa, je passai sous silence l'addiction de son frère et ne rentrai pas dans les détails. Pendant tout mon monologue, la brune ne fit qu'écouter puis vint le silence. À ce moment-là seulement, elle tourna le regard vers moi.

- Ca fait longtemps que tu es amoureuse de Lexa ?

A quoi bon nier...

- Un an. Mais il ne se passera jamais rien entre nous.

- Pourquoi pas ? J'ai bien vu son regard sur toi. Je pensais même que vous étiez ensemble.

- C'est la copine d'un ami. C'est lui qui me l'a présenté.

- Et il est où, cet ami ?

Je m'abstins de répondre. Raven dû sentir que le sujet était sensible car elle poussa un profond soupir.

- Alors, qu'est-ce que tu as décidé ?

- Si on reste ici, on prend le risque de finir en pâture aux rôdeurs. Si on pars, on prendra des risques mais on pourrait aussi trouver un endroit plus sûre en attendant l'aube. Ma mère n'aura pas à risquer sa peau pour entrer dans l'hôpital.

- Si tu veux mon avis, tu devrais avertir Lexa et ensuite on se tire de cet endroit. On veux tous partir.

Sur ce, elle se releva et s'éloigna en direction de son groupe, me laissant seule avec mes pensées. Presque par réflexe, je sortis mon portable de ma poche. Je le regardai pendant un long moment, indécise quant à la décision que je devais prendre. Les autres étaient déjà prêts à partir semblait-il, leur sac à leur pieds, leur arme improvisée en main. Quoi que je décide, il était presque évident qu'ils partiraient.

Les doigts tremblants, je finis par composer le numéro de Lexa, la gorge serrée. Je portai le combiné à mon oreille, priant pour entendre le son de sa voix. A chaque tonalité, mon cœur se serrait.

- Décroches Lex'...Décroches.

- Salut, vous êtes bien sur le portable de Lexa, laissez-moi un message et je vous rappellerai.

- Lexa...C'est moi. Il y a de plus en plus de rôdeurs ici alors on a décidé de partir de l'hôpital pour trouver un endroit plus sûr. Je vais faire en sorte de rejoindre ma mère, peut-être qu'elle aura des médicaments sur elle.

Je cessai de parler une seconde, mes battements s'accélérant à chacune de mes respirations.

- Ne reviens pas ici... Dès que tu auras ce message, ne cherche pas à me retrouver. Tu dois penser à ta sécurité et retourner chez tes parents. Jaha lance des rumeurs, l'intervention des militaires, des zones de quarantaine. Attends d'être certaine que tu ne risques rien et pars rejoindre ta famille. Je te rejoindrai dès que ma mère m'aura retrouvé.

Un bip m'annonça l'interruption imminente de mon message. Il ne me restait plus que quelques secondes.

- Fais attention à toi, je t'en prie. J'étais sincère...Je ne peux pas te perdre. Je...

Était-ce le bon moment pour lui avouer mes sentiments ? Pouvais-je vraiment dire ça par téléphone, alors qu'elle était encore avec Matt ? Qu'elle était loin de moi ?

L'image de cette fille, Gina, s'imposa à mon esprit. Peut-être qu'elle était amoureuse de quelqu'un mais n'avait pas eu le temps de lui dire. Peut-être n'aurais-je pas d'autre occasion après tout...

- Lexa, je t' -

La boîte vocale m'interrompit avant que je n'ai eu le temps d'en dire plus. Les larmes me montèrent aux yeux malgré moi mais je fermai les paupières. J'aurais pu la rappeler, achever mon message. A la place, j'enfouis mes sentiments au fond de moi pour le moment, prête à les ressortir lorsque je verrais son visage.

Je me levai sans attendre. Je fis quelques pas pour récupérer ma veste en cuir, puis mon fusil à pompes. Je le jetai négligemment sur mon épaule et affichai une mine impassible.

- Allons-y.

*Clexa*Clexa*Clexa*

POV Lexa :

Je bifurquai dans l'allée indiquée par Lincoln et me planquai derrière un tas d'ordure, la main serrée autour du manche de ma batte, le souffle court. J'entendais les pas de Lincoln derrière moi se mêler à des bruits sourds que je supposai être le corps des rôdeurs tombant à terre, puis le silence.

Je tendis l'oreille encore quelques secondes et m'apprêtai à sortir de ma cachette lorsque l'imposante silhouette de mon alliée se dressa devant moi en m'arrachant un sursaut.

- Désolé, s'excusa-t-il en rangeant aussitôt son couteau. Je ne voulais pas t'effrayer.

- La prochaine fois, je ne devrais pas me cacher. Imagine que tu ais eu besoin de mon aide.

- Je t'aurais appelé. Mais pour le moment, tu m'aurais gêné plus qu'autre chose.

Je serrai les dents sous l'insinuation mais n'ajoutai rien. Une partie de moi savait qu'il avait raison mais ma fierté venait d'en prendre un coup et je n'aimais pas ça.

- On devrait bientôt atteindre la maison de Bellamy, annonçai-je. Elle se trouve à deux pâtés de maison.

Nous nous remîmes en marche en silence, tous les deux aux aguets. Depuis notre sortie de l'hôpital, nous n'avions croisé que quelques rares groupes de rôdeurs que Lincoln avait fini par anéantir en peu de temps. Je tentais de l'aider du mieux que je pouvais mais il me trouvait trop lente et pataude, m'ordonnant à la place de me cacher. Évidemment, tout le monde ne pouvait pas savoir combattre comme un militaire aguerrie.

J'aimais croire que jusqu'à présent nous avions eu énormément de chance et je me demandais si les choses se passaient aussi bien pour Clarke... Je revoyais encore son regard, la déception que j'y avais perçu quand elle a compris que je partais sans elle, la tristesse qui en émanait au moment de nos aux revoir...Je priais silencieusement pour que rien de mal ne lui arrive. Ne pas la revoir, ne pas respirer son parfum ou me plonger dans le bleu de ses yeux était une idée insupportable que tout mon être rejetait.

- Restes concentrée, me chuchota Lincoln en se rapprochant de moi. Ne laisse pas tes pensées te faire baisser ta garde. Ne relâches ton attention que lorsque tu seras en sécurité.

Je hochai la tête en suivant son conseil et repoussai Clarke loin de mon esprit pour le moment. Bientôt, tout devint absolument calme autour de nous et je croisai même certains voisins de Bellamy qui marchaient tranquillement dans la rue, comme si rien d'horrible n'était en train d'arriver. Ils nous saluèrent même poliment avant que leur regard ne se baisse sur nos armes et nos vêtements tâchés de sang. Lincoln leur ordonna de rentrer chez eux sans attendre, ce qu'ils firent sans s'attarder, bien trop apeurés par la vision que nous leur offrions.

- Comment peuvent-ils agir comme si de rien n'était ? Ils n'ont pas regardé les infos ces derniers jours ou quoi ?

- Dis moi fillette, comment as-tu réagis la première fois que tu as entendu parler de ça ?

- Je...J'ai cru à un canular.

Alors, ces gens aussi pensaient que ce n'était qu'un coup monté ? Une plaisanterie inventée de toutes pièces ? Pourtant, l'horreur se déroulait sous leurs yeux, à quelques pâtés de maisons de ce quartier ! L'épidémie se répandait partout et à une vitesse folle, je concevais mal l'idée qu'ils acceptent de rester dans leur ignorance sécurisante plutôt que d'ouvrir les yeux sur l'atroce vérité.

Les rues étaient quasiment désertes, la plupart des maisons débarrassées de leur voiture, ce qui me laissait présager que certains avaient malgré tout pris la décision de quitter Los Angeles. Il était tellement étrange de déambuler dans ces rues. Pas de rôdeurs pour l'instant, pas de cauchemars.

- Restes sur tes gardes, me conseilla Lincoln.

À ces mots je serrai plus encore ma batte mais je ne pu retenir un soupir de soulagement lorsque la façade de la petite maison de Bellamy se dressa devant nous. Cela me semblait une éternité la dernière fois que nous nous étions retrouvés ici. Je n'étais pas spécialement proche du jeune homme mais Octavia aimait venir squatter cet endroit. Ce fut le lieu de nos première beuveries, parfois sans même que son frère ne soit au courant. Sa chambre a été le théâtre du premier baiser de Harper, ce qui attira les foudres de Bellamy et les rires de O pendant une semaine.

- C'est ici.

Je grimpai les quelques marches du perron et toquai contre la porte, le cœur battant. Aucunes lumières ne filtraient à travers les rideaux tirés, pas le moindre son ne se faisait entendre.

- Tu es certaine que tes amies sont là ?

Je réitérai mon geste en priant intérieurement pour qu'ils finissent par m'ouvrir. Finalement, après plusieurs minutes interminables, des bruits de pas se firent entendre et le battant en bois laissa place au visage grave de Bellamy. Son regard passa du mien à Lincoln, posté derrière moi.

- Qui c'est ?

- Un ami, répondis-je aussitôt. On peut lui faire confiance.

Les deux hommes se jaugèrent un instant avant que le frère de n'accepte de nous laisser entrer. Je n'eus pas le temps d'appeler mes amies qu'une tornade brune et blonde mon fonça dessus et m'écrasa littéralement, manquant de m'étouffer dans leurs étreintes. Je ne cherchai pas à me dégager et les serrai contre moi. Le poids qui m'oppressait la poitrine et m'empêchait de respirer s'allégea brusquement et je fermai les yeux pour mieux ressentir leur présence.

Ces deux filles étaient bien plus que des amies à mes yeux. Leur présence m'avait aidé à dépasser les mauvaises périodes de ma vie et chacune de nous soutenait les autres comme seule une famille pouvait le faire.

Nous finîmes par nous éloigner à contrecœur. Bellamy ne quittait pas Lincoln des yeux et celui-ci se tenait droit, sa musculature impressionnante comparé au frère de O.

- Je vous présente Lincoln, dis-je en me posant à côté de lui. Il nous a aidé avec ces choses.

- « Nous » ?

- Clarke et moi.

- Où est Clarke ? Demanda aussitôt O. Pourquoi est-ce qu'elle n'est pas ici ? Est-ce qu'elle...

- Non, elle est à l'hôpital pas loin d'ici. C'est une longue histoire. Je vous la raconterai plus tard.

Octavia dévisagea Lincoln un long moment avant de me faire signe de la suivre jusqu'à la salle de bains. Harper nous suivit également et, pour la première fois depuis que je l'avais récupéré, ma batte se trouva loin de moi. Sans parole, nous nous enfermâmes, appréciant de nous être retrouvées. O me fit asseoir sur le rebord de la baignoire, s'empara d'un gant de toilette et s'affaira à me nettoyer le visage, sans doute pour me débarrasser de tout le sang qu'il contenait.

- Explique-nous.

Je m'exécutai. Je repris tout depuis le début, depuis ce moment où nous nous étions séparées à l'hôpital et que j'avais pris la fuite en compagnie de Clarke. Je leur racontai la plage, le rôdeur aperçut en train de dévorer cette femme. Les événements s'enchaînaient et plus je leur dévoilais ce qui nous était arrivé, plus j'avais moi même du mal à le croire. La vérité me semblait bien trop grosse et inacceptable, et pourtant elles me crurent sans même une once de doute.

Je poursuivis avec notre combat dans la ruelle et ce qui nous avait amenées à l'hôpital. Puis la rencontre de Lincoln et des autres, avant d'achever sur ma décision de partir.

- Ca m'étonne que Clarke t'ait laissé partir, intervint Harper. Vu vos sentiments l'une pour l'autre, je l'aurais plutôt vu refuser que tu sois hors de sa vue plus de dix secondes.

Un silence suivit sa phrase et j'échangeai un regard avec O.

- Quoi ? Ce n'est pas parce que vous ne m'en parliez pas que je ne l'avais pas deviné. Lexa est comme ma sœur alors quand ses yeux ont commencé à lancé des cœurs à la vue de Clarke, j'ai bien compris.

J'avais toujours fais confiance à Harper mais je savais pertinemment qu'elle avait souvent eu du mal avec l'homosexualité. Ce fut pour cette raison que j'avais décidé de ne pas lui en parler immédiatement, de garder ça entre O et moi. La peur de perdre son amitié avait été plus forte que mon envie de me confier.

- Je sais pourquoi tu ne m'as rien dis Lexa et ça va, je ne t'en veux pas. Je l'ai remarqué il y a un moment de toute façon.

- Je comptais te le dire, répondis-je doucement. Je ne savais juste pas comment.

- J'espère que tu comptais me l'avouer avant que je ne sois invitée à votre mariage !

Nous éclatâmes toutes les trois de rire. J'avais été stupide de croire que notre lien se briserait à cause des sentiments que j'éprouvais pour Clarke. Nous continuâmes à discuter pendant encore une dizaine de minutes quand de légers coups sur la porte nous obligèrent à sortir.

Manifestement, Lincoln avait expliqué deux trois choses à Bellamy car celui-ci était désormais prêt à partir, un sac à dos sur l'épaule. Le son d'une radio se faisait entendre en fond.

- Vous devriez venir écouter ça, nous conseilla-t-il en nous invitant à le suivre.

Je suivis le petit groupe jusqu'au salon et tendis l'oreille.

« ...mouvement de foules. Cette épidémie est extrêmement contagieuse et nous conseillons à tous les habitants de rester chez eux jusqu'à la mise en vente du vaccin. Des groupes d'individus violents ont également été aperçus aux alentours des hôpitaux et des centres d'accueil aux personnes sans domicile fixe. »

- Ils ont annoncé un déploiement de l'armée dans les prochains jours, ajouta Bellamy en croisant les bras. On ferait mieux de se barrer d'ici avant que ça ne dégénère.

D'un commun accord, nous décidâmes rapidement de faire le chemin inverse pour rejoindre Clarke et je laissai mes pensées dériver vers elle tandis que nous récupérions nos affaires. Bientôt, je serais de nouveau devant elle et cette fois, je ne laisserai pas ma chance m'échapper. Je lui parlerai de ce que je ressens, je lui ouvrirai mon cœur.

- Tu as eu des nouvelles de ta famille ? Me demanda Harper après m'avoir rejoint.

- J'ai envoyé un texto à ma mère pour la prévenir que nous ne reviendrons qu'au matin.

- Lexa est-ce que...Comment est-ce que tu as fais pour accepter l'idée que notre monde est en train de changer ?

Je me tournai vers elle. Son regard exprimait une peur timide qu'elle tentait de ne pas laisser percevoir. Elle était bien plus forte que ce qu'on pensait d'elle.

- Je ne l'ai pas accepté, répondis-je. J'ai l'impression de vivre dans un cauchemar et j'attends de pouvoir me réveiller.

- J'ai peur de sombrer en sortant d'ici.

- Raccroche-toi à ce qui compte le plus pour toi. Je crois que c'est la seule chose qui nous permettra de garder la raison dans ce monde de fou.

- Et pour toi qu'est ce que c'est ?

- Ma famille. Ma mère, Nick, O et toi. Et puis...

- Clarke, acheva Harper avec un sourire.

- Oui. Clarke.

Un silence confortable s'installa. Bellamy terminait de remplir son sac à dos de quelques provisions pour la nuit tandis que Lincoln et O discutaient près de la porte d'entrée. Les lumières de la maison s'éteignirent tout à coup et je me tendis aussitôt.

- Qu'est-ce qui se passe ? Lança Octavia.

J'écartai légèrement le rideau du salon. Plus aucune maison n'était éclairée, pas plus que les lampadaires. Toute l'électricité semblait coupé et je me demandai si cette panne touchait le quartier ou la ville entière.

- On devrait partir, ordonnai-je.

Je récupérai ma batte et mon sac à dos tandis que les autres m'emboîtaient le pas. Je sentis la main de Harper se lier à la mienne et je lui offris un sourire rassurant. Nous n'avions pas beaucoup de chemin à faire pour rejoindre l'hôpital. Demain, nous partirons pour le désert avec ma famille et nous serons enfin débarrassés de tout ce merdier. Je regardai furtivement Lincoln. J'étais certaine que O et Harper viendraient avec moi et par conséquent Bellamy, qui ne quitterait pas sa sœur. Mais pour le militaire, il n'accepterai pas de quitter Los Angeles sans son frère. Je me sentais redevable envers lui d'une dette qu'un simple merci ne parviendrait pas à payer.

- Tout le quartier a l'air privé d'électricité.

- Tout part en vrille, ronchonna Bellamy. C'est n'importe quoi.

Pendant près de dix minutes, rien ne vint troubler notre marche. Je guettai le moindre bruit qui aurait pû annoncer les rôdeurs mais nous avions de la chance. Lincoln marchait en silence, comme toujours la main sur la poignée de son poignard. Je failli m'étouffer de rire lorsque je captai les yeux de O rivés sur le fessier du militaire.

J'allais lui faire la réflexion lorsque Bellamy nous força à nous arrêter et nous plaqua contre le mur le plus proche. Il rejoignit aussitôt Lincoln qui avait déjà le poing levé. Il nous fit comprendre de ne faire aucun son et pointa le doigt en direction de l'avenue que nous nous apprêtions à prendre. Plusieurs rôdeurs, apparemment d'anciens sans abris au vu de leurs vêtements, se déplaçaient sans but. La main de Harper se resserra dans la mienne et je lui offris un sourire rassurant. Tout allait bien se passer tant que nous restions silencieux. Ils allaient passer sans nous voir. Tout simplement.

C'est du moins ce qui aurait dû se passer si mon portable ne s'était pas brusquement mit à sonner avec force et que l'attention des rôdeurs se fixa sur notre groupe.


Chapitre 9 terminé !

Ne vous inquiétez pas, le Clexa ne restera pas séparé très longtemps ! ;)