Et oui nous sommes mardi ! J'ai décidé d'espacer un peu mes dates de post qui du coup seront programmées pour le Mardi, ce qui inclus évidement celui-ci. On se retrouve donc pour le 10ème chapitre qui sera lui aussi marqué par un double POV, celui de Lexa et Clarke. Je ne sais pas si je vais garder ce schéma encore longtemps, on verra ce que les autres chapitres donnent et surtout si vous préférez avoir les deux POV ou juste un seul. Dites-moi ce que vous en pensez !

Je le dis à chacun de mes chapitres mais merci beaucoup à tous ceux qui prennent le temps de lire cette fiction. Quand je vois combien vous êtes nombreux, ainsi que ceux qui me laissent leur impression, ça me fait chaud au cœur. Je ne pensais pas qu'elle vous plairait quand j'ai commencé à l'écrire !

Bref trêve de bavardage ! J'espère vraiment que ce chapitre vous plaira et j'ai hâte de lire vos impressions :D On se retrouve en bas !


Chapitre 10 :

POV Lexa

Le déluge nous avait pris par surprise. Les premières gouttes s'écrasaient sur nous alors que la sonnerie de mon téléphone résonnait dans un silence quasi total, attirant sur notre petit groupe l'attention des rôdeurs. À présent, le bruit de nos pas résonnant dans les flaques d'eau, notre respiration haletante, continuaient de les mener jusqu'à nous alors même que nous prenions la fuite. Ne pas tenter de les affronter apparaissait comme le choix le plus sécurisant mais plus nous tentions de nous éloigner, plus nous en attirions d'autre à nos trousses. Et tout ça à cause d'une pluie diluvienne.

L'hôpital n'était plus très loin. Même poursuivie, nous avions l'avantage de notre vitesse. Tant que nous ne nous laissions par surprendre, tout irait bien et nous pourrions nous mettre à l'abri.

- Comment on va passer ceux devant l'hôpital ? Demandai-je à Lincoln alors que nous venions de nous arrêter.

Nous reposions contre un mur, prêt à repartir sitôt qu'un de ces monstres se montrerait. Nous devions malgré tout rester prudent et faire des pauses régulièrement pour être certain de ne pas aggraver notre cas.

- Comment ça ceux de l'hôpital ? Rétorqua aussitôt Bellamy. Tu veux dire qu'il y en a là-bas aussi ?

- Ils sont sûrement partout vu la vitesse à laquelle l'épidémie se diffuse. C'est pour ça qu'il faut qu'on quitte la ville dès que possible. Sinon on se retrouvera piégés ici.

- Surtout que l'armée a sûrement déjà envoyé des unités pour tenter de tout garder sous contrôle, ajouta le militaire. Ils n'hésiteront pas à boucler toute la ville si ça peut les aider.

Un bruit attira notre attention et nous nous figeâmes, prêts à prendre nos jambes à notre cou. Mais ce n'était rien d'autre qu'un chat qui traversait la rue au pas de course. Octavia poussa un soupir de soulagement.

- Vous pensez que c'est comme ça dans tout le pays ? Ou même...

Personne ne répondit mais on pensait sûrement tous à a même chose. Cette épidémie touchait-elle le reste du monde ?

- Il y aura bientôt un vaccin, rassura Bellamy.

- Tu es certain de ça ?

La voix de Harper s'élevait, tremblante et mon cœur se serra. Le frère de O s'approcha d'elle avant de prendre ses mains dans les siennes, plongeant dans son regard.

- Je suis sur qu'il va y en avoir un, si ce n'est pas déjà fais. Il faut qu'on garde espoir que c'est juste passager. On va tous s'en sortir et une fois que ce sera fini, on reprendra nos vies.

- Mais ce ne seront plus jamais les mêmes.

- On va s'en tirer Harper, dit Octavia avec un sourire. On va aller se faire bronzer dans le désert le temps que les choses se tassent.

J'aurais aimé partager sa vision des choses. J'aurais aimé avoir ce même espoir mais lorsque des pas lourds se firent entendre, je sus que rien ne serait plus jamais comme avant, que cette épidémie prenne fin ou non.

- Il faut qu'on bouge, ordonnai-je. Maintenant.

Lincoln approuva mais n'eut pas le temps d'esquisser un geste que de nouveaux poursuivants pénétraient dans l'allée, leur souffle erratique redoublant d'intensité avec l'excitation de voir des humains.

- Il faut rejoindre l'hôpital tout de suite ! Dis-je d'une voix ferme.

Bellamy prit la main de Harper et l'entraîna à sa suite tandis que nous les suivions aussitôt, nous éloignant aux pas de courses des rôdeurs affolés par notre odeur. Je pensais que ce ne serait qu'une fuite de plus. Je me trompais.

Nous traversâmes la rue sans même prendre le temps de regarder, croyant que nous n'étions plus que les seuls survivants de cette ville en pleine déchéance. Personne n'était préparé à ce qu'une voiture percute Harper et Bellamy. Le crissement de pneu résonna dans le silence de la nuit et je poussai un hurlement, imitée par Octavia, quand ils s'effondrèrent. Le véhicule sembla vouloir s'arrêter mais le regard que me lança la conductrice, apeurée, terrifiée, me donna la réponse à ma question. Ses lèvres esquissèrent un simple mot avant qu'elle ne démarre en trombe, insensible au fait qu'elle venait de renverser deux piétons. « Désolée ».

- Harper ! Bell !

Nous nous précipitâmes à leur chevet. Heureusement pour tout le monde, la voiture ne roulait pas assez vite pour les blesser grièvement mais Bellamy grimaçait de douleur, une main appuyée sur ses côtes, l'autre toujours liée à Harper dont la moitié du visage était ensanglanté. Elle avait durement heurté le sol et semblait sonnée. Mais au moins, ils étaient en vie.

- Allez, faut qu'on parte, intima Lincoln. Il faut y aller !

Des grognements nous firent tourner la tête et mon cœur s'accéléra dans ma poitrine en apercevant les rôdeurs se rapprocher inlassablement. J'aidai péniblement Harper à se remettre debout mais elle chancelait dangereusement et s'accrocha à moi pour ne pas s'effondrer. Il fallait absolument se remettre en route. L'hôpital était pleinement visible, il était juste là, dressé dans la pénombre de la ville toujours sans courant. Clarke se trouvait à l'intérieur.

Je passai le bras de Harper par dessus mon épaule et l'entraîna avec moi, suivit de O et Lincoln qui soutenait Bellamy. Nous avancions beaucoup trop lentement, ralenti par le poids de nos blessés. Mais le pire restait à venir lorsque je vis se dresser devant nous une nouvelle horde de rôdeurs.

Non, pas une nouvelle. Le bruit de la voiture et toute notre agitation avait attiré l'attention des monstres de l'hôpital qui s'avançaient maintenant vers nous de toutes part. Où que mon regard se porte, je ne voyais plus aucune issue.

Instinctivement, je levai mes yeux vers les vitres du bâtiment. J'aurais aimé voir Clarke à l'une d'elle. J'aurais aimé que tout cela ne soit qu'un malheureux cauchemar.

- Par ici !

La voix de O me tira de mes pensées et nous tentâmes de nous éloigner de nos poursuivants, nous collant contre une voiture. Lincoln nous regarda les un après les autres avant de fixer mon visage.

- Il faut se battre. On a pas le choix.

- Ils sont trop nombreux. On y arrivera pas !

- On a pas le choix !

J'adossai Harper contre la carrosserie et resserrait ma poigne sur la batte de baseball. Octavia avait raison, il y en avait beaucoup. Mais on pouvait réussir. Une grande partie de la bande de l'hôpital était très éloignée de nous et nous ne les avions pas attiré jusqu'à nous. J'affichai un masque impassible mais la peur me tiraillait furieusement et je sentais une terrible nausée s'emparer de moi.

Je me surpris moi-même lorsque je courus en direction du rôdeur le plus proche et écrasa mon arme sur son crâne. Un violent instinct de survie m'animait et tout ce à quoi je pensais était de vivre. Ne pas mourir, pas comme ça. Protéger mes amis blessés qui ne pouvaient pas se défendre.

Une substance visqueuse me gicla au visage mais je n'y prêtai pas la moindre attention et me tournai vers un autre de mes assaillants. Lincoln et Octavia combattaient eux aussi, je pouvais entendre leur respiration irrégulière, la façon dont O frappait les rôdeurs avec sa barre de fer. Si elle était terrifiée, elle n'en laissait rien paraître et semblait tout aussi féroce que nous. Le militaire à lui tout seul parvint à éliminer une grosse partie de notre cauchemar.

Plus je levais ma batte et plus mon bras me faisait souffrir mais je me forçais à continuer. Je me retournai à temps pour voir un des monstres se précipiter vers moi et eut à peine le temps de réagir. Ses dents se plantèrent dans le bois de mon arme, à quelques centimètres de mon visage. Sans réfléchir, je lui assénai un violent coup de poings avant de retirer la batte de sa bouche et retins un haut le cœur lorsque la moitié de sa mâchoire s'arracha de son visage.

Ne pas penser. Ne pas ressentir.

J'armai mon bras et frappai brusquement. Les os craquèrent, le sang gicla et pourtant je passai déjà à un autre ennemi. Mes coups devenaient plus puissant, plus assurés à mesure que je gagnais en assurance. Survivre était tout ce qui m'importait.

- Lex !

Je me retournai à temps pour voir O se débattre avec un rôdeur et fauchai ses jambes avec force. Son crâne heurta le bitume lorsqu'il s'effondra au sol et Octavia n'attendit pas une seconde avant de lui planter sa barre de fer. À cet instant elle ressemblait à une véritable guerrière.

La horde se réduisait peu à peu et mon espoir revenait. Nous allions vaincre, nous allions survivre à ça.

Je jetai un coup d'œil par dessus mon épaule et voulus sourire pour rassurer nos amis mais je me figeai brutalement. Bellamy avait sorti une arme de son sac et la pointait vers les rôdeurs, le canon tremblant à cause de la douleur. Son visage ruisselait de sueur tandis qu'il essayait de viser. S'il faisait ça, le reste de la horde qui se tenait encore assez éloignée viendrait par ici.

- Bell ! Non !

Il appuya sur la détente.

La balle se logea entre les yeux du rôdeur qui s'approchait de sa sœur et le son se retrouva prisonnier de la rue, résonnant contre les murs des bâtiments.

Pendant un instant, tout sembla se passer au ralenti. Je regardai, les yeux écarquillés, le cadavre s'effondrer au sol. Je fixai le visage de Lincoln qui exprima soudainement de l'inquiétude. C'était la première fois depuis notre rencontre que je le voyais ainsi. Et puis je me tournai enfin. Toujours avec ce temps qui se figeait, qui s'étirait. J'observai toutes les figures des rôdeurs de l'hôpital se tourner vers nous dans un même mouvement. Leur bouche s'ouvrir sur des grognements. Ils se mirent à avancer vers nous et cette fois, l'espoir me quitta. Ils étaient infiniment plus nombreux que ceux que nous venions d'affronter et nous étions fatigués de notre dernière bataille. Cette fois, l'issue serait totalement différente.

Le visage de Clarke s'imposa brutalement à mon esprit.

Si ces instants devaient être mes derniers, j'aurais aimé la revoir une dernière fois.

*Clexa*Clexa*Clexa*

POV Clarke

Nous avions enfin décidés de bouger de cet endroit. Nous étions prêt, chacun d'entre nous préparé à affronter ce qui se tramait dans les couloirs de l'hôpital. Je terminai de charger mon fusil à pompes, consciente que je n'avais plus qu'un nombre de balle très limitée et que je ne devrais pas m'en servir sauf en cas d'extrême urgence. Murphy avait raison, c'était à cause de moi si les rôdeurs infestaient à présent ces murs, je ne pouvais me permettre de faire deux fois la même erreur. Je devais jouer la carte de la prudence.

Je réajustai mon sac sur mon épaule et jetai un dernier regard au groupe. Murphy vérifiait la pointe de son couteau, comme il le faisait constamment cette dernière heure, Finn gardait le visage fermé, tandis que Jaha et Alex se préparaient mentalement à ce qui allait suivre. Atom, lui, observait les couloirs au travers des stores.

- J'en vois aucun, murmura-t-il après quelques secondes. On devrait partir maintenant.

Je hochai la tête mais ne put empêcher mon cœur de se serrer douloureusement. Et si jamais je quittais l'hôpital et que Lexa n'avait pas eu mon message ? Si jamais elle revenait ici et se faisait...Si jamais je n'étais pas là pour la protéger ? Que je la perdais parce que je décidais à nouveau de prendre des décisions ?

- Il faut qu'on y aille, me suggéra Raven. Elle aura ton message.

Je serrai les dents puis m'avançai enfin vers la porte, aussitôt suivit par les autres. Je mis quelques secondes avant d'actionner la poignée, légèrement tremblante. A extérieure, tout était calme. Les seuls bruits provenaient des couloirs éloignés, sûrement les mêmes que lorsque Lexa, Lincoln et moi étions venus en aide au reste du groupe.

Je leur fis signe de me suivre et nous nous glissâmes l'un après l'autre, nos lampes torches en main. Depuis que toute la ville était privée d'électricité, elles étaient notre seule source de lumière. Les faisceaux éclairaient les murs blanchâtres et les ombres chinois qui s'y dessinaient étaient effrayantes mais je ne pouvais pas me laisser surprendre par des choses aussi stupides.

J'empoignai donc plus fermement mon arme et continuait mon avancée sans me retourner. Il ne nous fallut que peu de temps pour rejoindre le hall d'entrée. Murphy s'avança avec nonchalance, le sourire collé aux lèvres.

- Il faut croire que ces trucs se sont tirés.

J'allai répondre mais le son d'un coup de feu m'en empêcha. Mon souffle se perdit dans ma poitrine et je me figeai, leur intimant l'ordre de ne pas bouger. Le bruit était éloigné de l'hôpital mais ne devait pas se situer au delà de la rue.

- Qu'est-ce que c'était ? Demanda Atom en s'approchant. La police ?

- La police a sûrement foutu le camps à l'heure qu'il est, répondit Murphy. Comme tout le monde dans cette foutue ville qui a encore un cerveau.

- Alors l'armée ? Jaha a dit que -

- Ce n'est pas l'armée, le coupai-je.

- Comment tu le sais ?

- Si c'était eux on aurait entendu bien plus qu'un coup de feu.

Mon cerveau tournait à plein régime. Mon cœur battait furieusement contre ma poitrine. Ce bruit venait sûrement d'attirer la plupart des rôdeurs de dehors vers eux et venait de nous laisser une unique chance de nous enfuir sans avoir à combattre. Je ne pouvais pas prendre le risque de m'engager dans une bataille alors que je me devais de rester en vie pour Lexa et pour ma mère.

- Profitons de cette diversion pour nous tirer d'ici, ordonnai-je.

Ne pas penser à ces gens. Ils étaient condamnés. Ils venaient de se condamner et quoi que je tente je ne pouvais sûrement plus rien pour eux. Je devais me concentrer sur notre survie.

Murphy m'approuva d'un hochement de tête et nous nous mîmes en route vers la porte du sas. Je regardai par prudence au dehors mais comme je l'avais prévu, les rôdeurs s'éloignaient déjà en direction du bruit qui devait trouver sa source au milieu de la rue. Cette vague de cadavre ambulant m'empêchait de voir le groupe qui n'avait sûrement plus longtemps à vivre et je remerciai silencieusement qui conque nous protégeait. Je n'aurais sans doute pas pu vivre en apercevant le visage de ces gens que je condamnais à mourir sans apporter la moindre aide.

- Par ici ! Nous indiqua Finn, me sortant de mes pensées.

- Attendez !

La voix de Raven s'éleva avec force.

- Alors quoi on va laisser ces gens-là ? On pourrait au moins faire quelque chose pour les aider !

- Tu vas risquer ta vie pour des gens déjà mort ? Non mais enfin regarde ce qui s'approche d'eux ! Je doute qu'on puisse faire quoi que ce soit pour eux.

- Je pourrais trouver quelque chose.

- On a pas le temps pour ça. C'est soit eux soit nous ! Annonça Finn sans aucun remord. On ne peut pas sauver tout le monde.

- On ne peut pas les sauver si on n'essaie même pas !

Je flanchai. Raven avait raison. Nous ne devions pas laisser notre instinct de survie aspirer notre humanité. Je n'étais pas le genre de personne qui se souciait véritablement des autres. Solitaire, renfermée, je ne m'inquiétais que des gens qui me tenaient à cœur. Mais malgré tout je ne voulais pas devenir un monstre et rester les bras croisés. Je ne pouvais pas.

- Tu veux aller les sauver ? Parfait ! Va-y toute seule, ça nous donnera encore plus de temps pour nous tirer, répondit le garçon avec rage. Va jouer au héro Raven.

Murphy lui jeta un regard désabusé.

- On peut essayer de faire quelque chose non ?

- Tu es sérieux ? Non ! On se tire d'ici et c'est tout !

Un hurlement s'éleva soudainement dans le silence de la nuit et mon cœur implosa. Je saurais reconnaître ce hurlement entre tous. Mon sang se glaça littéralement dans mes veines et j'étais certaine que je devais être blanche comme un linge. Sans réfléchir, je grimpai sur le capot d'une voiture et atteignis sans problème le toit pour que mon regard se porte sur le petit groupe piégé au milieu des rôdeurs.

Mes jambes faillirent céder sous mon propre poids. Lexa se battait violemment, luttant pour sa survie à coup de poings et de batte de baseball. Je voyais les monstres l'encercler de plus en plus, refermant leur étreinte mortelle sur elle et ses amis.

- Lexa !

Mon cri fut un réflexe. Il attira son attention et celui des monstres dans ma direction et pendant une seconde sa batte ne s'écrasa plus sur ses ennemis. Pendant une seconde son regard se perdit dans le mien. Une seconde. C'est tout ce qu'il fallut pour qu'un des rôdeurs ne se jette sur elle, l'entraînant à terre dans son élan et qu'elle ne disparaisse de ma vue.

- Non !

Je sautai de la voiture, manquant de me fouler la cheville et voulut me précipiter vers elle mais des bras se refermèrent sur moi, m'empêchant d'avancer.

- Arrête ! Hurla Murphy en essayant de me contenir. Tu peux plus rien pour elle c'est trop tard !

- Dégage Murphy !

Je me débattis avec toute la rage que je possédais. Les larmes entravaient ma vue mais je ne pouvais me permettre de les laisser couler. Lexa était là, elle avait besoin de moi. Je réussi presque à me défaire de son emprise mais d'autre bras vinrent s'ajouter aux siens pour m'immobiliser.

- Il faut qu'on parte d'ici ou on va se faire bouffer, me dit Finn. Laisse-là Clarke !

Ma réaction ne se fit pas attendre et mon coude percuta son nez qui craqua sous le choc. Son étreinte se déssera et je me dégageai brutalement de celle de Murphy. Je me vis m'élancer vers Lexa mais le corps de Raven, Jaha et Atom me barrèrent aussitôt le chemin.

Une colère sourde s'insinua dans tout mon corps. Ils m'empêchaient de la sauver. Ils m'empêchaient d'aller au secours de la personne que j'aimais plus que tout sur cette fichue planète !

Mes mains redressèrent le canon de mon fusil à pompe et je le pointai sans une once de regret en direction de Jaha.

- Dégagez de mon passage, ordonnai-je d'une voix froide.

Derrière eux, Lexa poussa un nouveau hurlement et cette fois-ci ce fut la terreur qui s'empara de mon corps. Je ne pouvais pas la perdre.

- Si tu y vas tu te feras tuer, me dit Raven. J'ai une idée, fais-moi confiance. Tu n'as pas le temps de réfléchir.

- Il faut...

- Je peux la sauver Clarke ! Fais-moi confiance.

Je ne pouvais pas me permettre d'hésiter. Je hochai la tête et la jeune femme prit aussitôt son sac à dos. Elle s'empara d'une bouteille d'alcool et enfonça dans le liquide un morceau de chiffon. Murphy tendit aussitôt un briquet et enflamma la mèche improvisée.

- Laisse, dit-il en s'emparant du cocktail Molotov.

Il n'hésita qu'une fraction de seconde avant de l'envoyer de toutes ces forces en direction du parking de l'hôpital, éloigné de notre groupe et de celui de Lexa. D'abord il n'y eut presque rien à part un peu de fumée. Désespérée, j'armai mon arme et m'apprêtai à me précipiter vers ma brune lorsqu'une explosion nous souffla brutalement, résultat de l'embrasement d'une voiture qui ne tarda pas à en enflammer une autre.

Je vis les rôdeurs se détourner de leurs victimes, éternels insatisfaits, et se diriger vers le parking pour y trouver sans doute la raison d'un tel vacarme. Je peinai à croire qu'ils puissent se délaisser si facilement de ce qu'ils tentaient de tuer quelques secondes auparavant et retins mon souffle. L'épaisse fumée ne tarda pas à se répandre dans la rue, cachant ma vue et cette fois je ne pu me retenir. Qu'importe qu'il reste des monstres, qu'importe le risque. Je devais la retrouver.

La gorge me piqua aussitôt que je pénétrai dans le nuage noirci balayé par le vent et la pluie qui tombait sur la ville. Mon cœur battait comme un dératé à m'en arracher des grimaces de douleurs. Je croisai la route d'un rôdeur et ça ne me prit qu'une demi seconde avant d'écraser ma crosse sur son crâne de toutes mes forces. Le sang me gicla au visage mais je ne ralentis pas pour autant. Je ne pouvais pas.

- Clarke !

Elle était là. Devant moi. Trempée, la batte sanguinolente serrée dans sa main, ses vêtements et sa peau tâchés d'hémoglobine et d'autre choses que je ne voulais pas identifier.

Elle était là. Devant moi. Vivante.

Mon arme s'écrasa au sol à l'instant où je courus vers elle et je ne ralentis que lorsque son corps se pressa contre le mien, mon visage au creux de son cou tandis que je la serrais contre moi, la soulevant littéralement du sol. Ses bras se nouèrent derrière ma nuque.

Je sentis des larmes s'échapper des mes paupières closes et ne fit rien pour les retenir. Je retrouvai enfin la respiration que je retenais depuis qu'elle m'avait quitté. Plus rien autour de nous n'avait la moindre espèce d'importance. Elle était la seule chose dont je me souciais. Je n'en avais rien à faire qu'elle soit trempée, je m'en fichais du sang qui la couvrait.

Je tremblais mais ce n'était en rien à cause du froid ou de la pluie.

Je finis par la reposer sur le sol mais aucune de nous ne chercha à se défaire de l'étreinte de l'autre.

- J'ai cru que...je croyais...balbutiai-je. Je pensais...

- Shhh...Je suis là.

- Tu as failli...

Ma phrase mourut dans ma gorge quand elle se recula légèrement, assez pour que je puisse me perdre dans le vert de ses yeux. Lexa posa ses mains de chaque côtés de mon visage et je dû faire appel à toute ma volonté et mon bon sens pour ne pas l'embrasser.

- Serres-moi Clarke, chuchota-t-elle. Serres-moi.

Je ne me fis pas prier et l'attirai une nouvelle fois contre moi. Plus jamais je ne prendrais le risque de la perdre. Plus jamais je ne la laisserais s'éloigner de moi. L'imaginer à terre, l'imaginer sans vie, dévorer par les rôdeurs... Je n'y survivrais pas. Je me tirais plutôt une balle dans la tête que de voir mon monde sans elle.

Ma mère m'avait toujours dis qu'on ne possède qu'une seule âme sœur sur cette Terre. Qu'importe quelle vie nous étions en train de mener, nous ne pouvions être complet que lorsque nous avions trouvé cette personne. Alexandria était cette personne. Je le sentais dans chaque fibre de mon être.

- Harper et Bellamy sont blessés, m'indiqua Lexa en se retirant une nouvelle fois de mon étreinte. Il faut qu'on trouve un endroit ou se reposer et surtout s'éloigner des rôdeurs.

Elle avait raison. Nous ne pouvions rester à cet endroit plus longtemps.

En quelques minutes, les deux groupes se rejoignirent et j'aperçus Harper, le visage ensanglantée, ainsi qu'un Bellamy mal en point. Lincoln paraissait éreinté mais ne semblait pas blessé. Tout le monde avait eu énormément de chance et je doutai que ça se reproduise un jour.

- Alex a filé, nous informa Atom. Il a profité du chaos pour tenter sa chance tout seul.

- Maintenant, à nous de nous tirer, répondit Murphy. Je n'ai pas envie que ces trucs reviennent nous bouffer.

*Clexa*Clexa*Clexa*

Nous avions décidé d'un commun accord de nous arrêter dans un petit hôtel désormais abandonné de tout client, assez éloigné de l'hôpital pour ne pas avoir de mauvaises surprises tout en restant dans les environs pour que je puisse guetter l'arriver de ma mère au petit matin. Nous prîmes le temps de barricader les ouvertures, de tirer tous les rideaux pour ne pas attirer l'attention sur notre refuge. Nous avions tous besoin de repos et je ne me rendis compte de la fatigue que j'éprouvais que lorsque je me posais sur le lit de la chambre qui allait m'accueillir pour le reste de la nuit. Tout mon corps me faisait un mal de chien et je ne pensais plus qu'à une douche bien chaude.

Mais la coupure de courant m'enlevait probablement ça aussi.

Malgré mon éreintement, je ne parvenais pas à penser à autre chose qu'aux derniers événements. Raven et Murphy m'avaient aidé à sauver Lexa. J'avais pointé une arme sur un homme, j'avais brisé le nez de Finn. J'avais failli la perdre...

Mon cœur se serra douloureusement. J'avais besoin de la voir, d'être certaine qu'elle allait bien.

Je me levai sans vraiment penser à mes actes et sortis de ma chambre pour rejoindre la sienne. Une douce lueur s'échappait d'en dessous la porte. Timidement, je toquai contre le bois et n'eus à attendre que quelques secondes avant que Lexa ne vienne m'ouvrir. Elle s'était lavée le visage et ses cheveux volaient maintenant librement sur ses épaules. Sans queue de cheval, elle était belle. Si naturelle, dénuée de toute artifice, elle était magnifique. Elle me coupait littéralement le souffle et je dû me souvenir de respirer.

- Clarke ?

- Désolée je...j'avais besoin...

Elle ouvrit la porte en grand et me laissa entrer sans attendre la fin de ma phrase. Comprenait-elle ce que j'avais essayé de lui dire ? J'avais besoin de la voir, d'être certaine que je ne rêvais pas.

L'intérieur de sa chambre était éclairée par des bougies et je haussai un sourcil.

- Je les ai trouvé dans la remise, m'expliqua-t-elle avec un sourire. Elles m'apaisent.

Je ne répondis rien. Maintenant que je me trouvais ici, je me sentais ridicule. Lexa devait avoir besoin de repos et je débarquais pour l'en empêcher.

Je me retournai, prête à m'excuser pour être venue sans raison, quand j'aperçus une coupure sur sa jambe droite. À ce moment précis, deux choses percutèrent mon esprit. La première, elle était blessée. La seconde, elle ne portait que sa longue chemise bien trop grande pour elle mais qu'elle semblait tant apprécier. Le bas lui arrivait en haut des cuisses, assez pour cacher son intimité, mais pas assez pour empêcher mon regard de glisser sur ses jambes nues. À la lueur vacillante des chandelles je ne pouvais qu'être soufflée par sa beauté. Sa peau brunie de façon exquise par les rayons du soleil, le galbe de chacune de ses formes, la façon dont elle tirait sur ses manches pour couvrir la moitié de ses mains. La manière dont elle se tenait, dont ses cheveux glissaient sur ses épaules, dont ses yeux cherchaient les miens.

Le désir s'empara de moi sans que je ne cherche à le retenir mais je priai pour qu'il lui soit invisible. Je ne me voyais pas expliquer à la petite-amie d'un de mes meilleurs amis à quel point j'avais envie d'elle.

Je m'éclaircis la gorge.

- Tu es blessée...

J'avais beau la désirer de tout mon être, à cet instant sa santé était bien plus importante que tout le reste.

- Une égratignure, me sourit-elle doucement. Ce n'est rien. Je comptais la nettoyer avec ce que j'ai rapporté de l'hôpital.

- Est-ce que...Est-ce que tu as besoin d'aide ?

Lexa me fixa quelques secondes et je crû qu'elle allait refuser poliment. Mais elle hocha doucement la tête et se retourna pour s'emparer du flacon de désinfectant et d'un gaze. Elle me les tendit avant de s'avancer pour prendre place sur son lit.

Je tâchai de ne pas prendre garde à la façon dont sa position remontait sa chemise jusqu'à la limite de son intimité et m'agenouillai devant elle. Je versai le liquide sur la compresse et m'appliquai lentement à la nettoyer. L'estafilade n'était pas grave mais assez profonde pour qu'elle laisse au final une cicatrice sur sa peau. J'enlevai le sang et tapotai le plus délicatement possible pour ne pas lui faire mal.

- J'ignorais que c'était toi.

Le son de ma voix nous surprit toutes les deux. Je savais que Lexa devait garder son regard rivé sur moi et que je n'aurais qu'à lever la tête pour le croiser mais au lieu de ça je redoublai de concentration sur ma tâche.

- J'ai failli quitter l'hôpital sans te venir en aide. Je pensais que ce n'était que des gens sans importance et qu'ils me donnaient l'opportunité de m'enfuir de l'hôpital sans risquer les rôdeurs. J'ai failli devenir un monstre. C'est Raven qui m'a fait réfléchir. Je ne voulais pas perdre mon humanité et je ne savais pas quoi faire. Mais quand j'ai compris que c'était toi...

Ma voix dérailla et je dû éclaircir ma gorge pour continuer.

- Je ne pouvais plus réfléchir correctement. À cause de moi, tu as faillis être tué. Je t'ai appelé, je t'ai déconcentré.

- Ne fais pas ça, m'ordonna doucement Lexa. Ne te blâme pas pour une chose qui n'est pas arriver.

- Mais à cause de moi -

- Vous nous avez sauvé. Et maintenant on est ensemble. Il n'y a que ça qui compte, tu ne crois pas ?

Ces derniers mots résonnèrent en moi. Parlait-elle du groupe, ou juste de nous deux ? Je déglutis avec difficulté et relevai enfin les yeux vers elle. Sa beauté me coupa une nouvelle fois le souffle et l'intensité de son regard fut une délicieuse décharge dans tout mon corps.

- J'aurais voulu que ce soit moi, chuchotai-je sans vraiment m'en rendre compte.

La surprise se dessina sur son visage. Elle tentait de comprendre le sens de mes paroles, d'en comprendre le message caché.

- J'aurais voulu te rencontrer avant Matt... J'aurais voulu que tu sois à moi...

Les mots franchirent mes lèvres sans que je ne parvienne à les retenir. Sans que je ne cherche à les retenir. J'étais fatiguée de garder cette simple vérité au fond de moi, de la dissimuler à ses yeux. Je voulais qu'elle sache vraiment ce que je ressentais.

Pendant un instant, Lexa ne prononça aucun mot. Elle se contenta de me regarder avec cette intensité qui me faisait frissonner. Puis, elle leva une main et caressa mon visage. Ses doigts se posèrent sous mon menton et mon cœur manqua un battement à ce simple contact. Elle devait sentir les tremblements de ma main sur sa cuisse, entendre mon souffle difficile et pourtant je restai ainsi, agenouillée à ses pieds, la tête levée vers elle. Je venais de m'offrir sans aucune retenue.

Elle se pencha vers moi, accentuant la pression de ma main sur sa cuisse, et ne s'arrêta qu'à quelques centimètres.

- Je suis à toi, souffla-t-elle avant de combler le dernier espace qui nous séparait.

Le contact de ses lèvres sur les miennes était une sensation bien au delà de ce que j'osais imaginé. Sa douceur, sa tendresse et ses mots résonnèrent en moi, incomparable musique dont elle était seule détentrice des notes. Je me perdis dans ce baiser, mes paupières closes pour ressentir la moindre sensation que j'éprouvais contre elle. Comment était-il possible que je tombe une nouvelle fois amoureuse de Lexa dans cette simple étreinte ?

Elle ne rompit le contact que pour incliner la tête de l'autre côté, son nez effleurant délicatement le mien avant de mieux s'emparer de ce qui était déjà sienne. Sa main quitta mon menton pour se glisser dans mes cheveux, me rapprochant plus encore de son corps, me faisant perdre la raison.

Mes mains remontèrent sur ses cuisses jusqu'à ses hanches, entraînant dans leur sillage le bas de sa chemise. Je sentis la douceur du tissu sous mes doigts, me laissai aller à imaginer ce qu'il recouvrait, m'accordai le droit d'approfondir notre baiser jusqu'à en perdre le souffle. Je me relevai légèrement sur mes genoux pour mieux l'attirer contre moi et caresser son dos. La simple pensée qu'elle puisse m'appartenir, que la peau que je caressais fébrilement portait encore le dessin que je lui avais fais me rendait folle.

Nous nous séparâmes à contrecœur, cherchant l'oxygène que nous venions de nous ôter avec tant de passion. Pendant un instant je n'osais pas la regarder, ni même bouger, de peur que tout ne soit qu'un rêve. Terrifiée à l'idée que Lexa puisse ressentir le moindre regret.

Mais mes peurs furent balayées lorsque ses lèvres caressèrent une nouvelle fois les miennes en un baiser court mais infiniment doux. Je rouvris alors les yeux et découvrit ses pupilles scintillantes.

- Restes avec moi cette nuit...

je ne cherchai même pas à dire non. Je savais qu'il ne se passerait rien de sexuel entre nous mais je ne pouvais définitivement pas la quitter. J'avais besoin de sentir son corps contre le mien, sa peau sous mes doigts et me dire que enfin, enfin, je ne rêvais pas.

Alors je hochai la tête et laissai Lexa m'attirer dans son lit.


Et voilà ! Enfin les retrouvailles entre Lexa et Clarke, ponctuées d'un premier baiser !

J'ai hâte de lire vos impressions sur ce chapitre qui est plus long que ce qu'il aurait dû être mais je ne me voyais pas couper à un autre endroit que celui-là...

On peut vraiment dire que ce chapitre est constitué de zombies et de Clexa ! J'espère vraiment que ça vous a plut je crois les doigts !

Je vous laisse là pour cette semaine mais on se retrouve Mardi prochain pour la suite !

Et bien évidemment, merci encore à tout le monde pour votre lecture, votre temps et peut-être vos reviews :D