DESOLEE ! Vraiment désolée. Je n'aurais jamais dû vous promettre un post régulier le Mardi car ça a été un mauvais timing. Je n'ai quasiment pas eu de repos en quatre semaines mais ça y est je peux enfin profiter de mes jours de repos et rattraper le retard ! Donc je vous livre enfin le chapitre tant attendue, et le prochain est quasi déjà prêt pour Mardi prochain !
Je vais également prendre le temps de répondre à ceux qui m'ont laissé des reviews et auxquelles je n'ai pas encore eut le temps de dire merci ! J'y vais d'ailleurs de ce pas !
J'espère que ce chapitre vous plaira malgré tout et que vous n'êtes pas encore prêt à lâcher cette histoire ! Merci à tous ceux qui continuent de me lire, que ce soit dans l'anonymat ou dans ceux qui me laissent des reviews !
Tout pleins de bisous à mes lecteurs !
Chapitre 12 :
En un mois, nos vies avaient complètement changé. J'étais passée d'une fille détestant l'école et ne vivant ou presque que pour le dessin, à cette espèce de tueuse de rôdeurs qui commençait à connaître chaque recoins de cette foutu zone rouge à force de l'avoir exploré. La crosse de ma toute nouvelle carabine Winchester piquée dans l'appartement de vieux reposait désormais au creux de ma main, là où mon fusil à pompe avait brillamment fais son temps.
Je tournai légèrement le poignet pour vérifier l'heure affichée sur la montre de mon père et fis un bref signe à mes coéquipiers. Finn me répondit avec un hochement de tête et se déplaça prudemment de derrière la benne à ordure, Atom se rapprocha de moi et Murphy avança de quelques pas en avant. Nous ne disposions plus que d'une demi-heure pour rejoindre l'hôtel et les choses venaient de se compliquer au vue d'une quinzaine de monstres qui nous séparaient de notre objectif. Faire le tour serait sans aucun doute le plus prudent des choix, mais rallongerait notre avancée et nous aurions peu de chance d'arrivée à l'heure prévue. Or, s'il y avait bien une seule rêgle à ne pas déroger, c'était celle de l'horaire.
Lorsque nous avions compris deux semaines plus que tôt que nous ne pourrions pas sortir de cette zone pour rejoindre les camps Verts, comme nous les appelions, nous avions décidé d'imposer des rêgles à respecter. Les tours de gardes s'étaient naturellement mis en place et l'obligation d'être de retour pour 19.00 tapante devait être respectée, au risque de voir les portes fermées pour la nuit. Et nous avions déjà fais la triste expérience qu'un groupe de trois ou quatre, une fois le soleil couché, avait moins de chance de survivre.
Normalement, je ne me serais pas plus inquiétée que cela de devoir passé la nuit dehors. Mes coéquipiers et moi aurions sans doute trouvé un abri pour dormir en attendant le matin. Seulement ces derniers jours, le nombre de rôdeurs avait fortement augmenté de manière considérable et faire un pas dans la zone devenait de plus en plus risqué.
Je me glissai sans bruit près de Murphy, dont le regard restait fixé sur le groupe de non-vivants titubant dans l'allée.
- Il nous reste à peine trente minutes pour rejoindre l'hôtel, me chuchota mon compagnon.
- Je sais.
- Tu crois qu'elle laissera les portes ouvertes malgré le dépassement du couvre-feu ?
- Ce serait contre nos règles et elle en est consciente.
- Même si cela signifiait te condamner ?
Il tourna les yeux vers moi pour chercher la réponse dans les miens que je pris soin de détourner.
Je n'étais pas la seule à avoir changé en seulement un mois. Lexa était devenue plus forte, plus imposante. Elle avait naturellement pris la tête de notre petit groupe, instauré les tours de garde, les différentes missions d'excursions et veillait à la sécurité de chacun. Souvent je la voyais s'isoler avec Lincoln, parlant longuement de choses qu'elle ne partageait qu'avec lui ou s'entraînant au combat. La nuit, elle avait de plus en plus de mal à trouver le sommeil et passait d'interminables heures debout près de la fenêtre à regarder la marche incessante des rôdeurs. Parfois, je me réveillais et trouvais son côté du lit froid de son absence, Lexa au milieu de la chambre, penchée sur nos cartes représentant la zone et ses secteurs avoisinants.
Nous avions perdu le contact avec l'extérieur. Sa famille pouvait à présent se trouver n'importe où, vivante ou morte, proche ou lointaine. Elle tentait de ne rien laisser paraître mais l'inquiétude et les questions la rongeaient jour après jour.
- Lexa fera ce qu'il faut pour protéger le reste du groupe. Elle sait ce qu'elle a à faire, achevai-je fermement.
La vérité, c'était que j'ignorais la réaction de Lexa si mon groupe arrivait en retard. Était-elle déjà postée devant les portes, le regard fixé sur l'horloge de l'entrée, à compter le nombre de minutes qui restait avant la fermeture pour la nuit ? Priait-elle intérieurement pour que je me dépêche de lui revenir où je serais accueillis avec un sourire en coin, tellement dissimulé qu'il passerait inaperçu pour tout le monde, sauf pour moi ? Serait-elle prête à renier ses propres règles pour m'empêcher de passer la nuit dehors, loin de la sécurité réconfortante de l'hôtel et la chaleur de ses bras ?
- Pour ma part, souffla Finn qui acheva enfin de nous rejoindre, j'ai pas envie d'avoir ces trucs pour compagnons de chambrée alors si on pouvait se manier le cul, ce serait sympa.
- Quoi que l'on décide, il faut le faire rapidement.
- Parce que tu es le chef maintenant ? Déjà qu'avoir Lexa comme leader est au-dessus de mes forces mais toi en plus, ce serait insupportable.
- La ferme ! leur ordonnai-je brutalement. Tous les deux.
Ils m'obéirent sans protester mais continuèrent à se lancer des regards assassins. Quant à moi, je tentais de trouver le moyen de sortir de cette situation et de retourner dans l'hôtel avant la fin du temps prévu.
Atom se glissa jusqu'à moi.
- Je peux passer en éclaireur, me dit-il avec assurance.
- Non. On ne fait plus ce genre de truc. La dernière fois ça a failli mal tourné.
- Il ne nous reste pas beaucoup d'option Clarke si on veut arriver à temps. Je me glisserai le premier et ne vous ferais signe que quand la voie est complètement dégagée. Ils sont lents à réagir, même s'ils finissent par nous voir, on peut les distancer. Ça vaut au moins le coup d'essayer tu ne trouves pas ?
Je restai silencieuse un instant, à jauger le bon comme le mauvais d'une telle décision. Partir en éclaireur était une mission suicide. Se glisser parmi les rôdeurs exigeait une discrétion absolue et une capacité à se mouvoir sans le moindre bruit.
- Très bien. Mais au premier signe qu'ils t'ont repéré soit tu cours te mettre à l'abri, soit tu rappliques ici en vitesse et on trouvera un autre moyen. Si tu ne le sens pas, tu n'y vas pas. C'est compris ?
- Oui chef.
Il évalua quelques secondes l'allée devant lui, sembla repérer un endroit qui lui convenait pour son insertion et me lança un ultime regard. Atom avait l'avantage d'être grand mais mince et silencieux, ce qui convenait tout à fait pour ce genre de situation. Il se cacha sans problème, attendit un instant, puis nous invita à le rejoindre d'un signe de main.
Pas à pas, nous évoluâmes ainsi, le garçon nous donnant le feu vert et nous qui avancions ainsi, alerte au moindre changement, au moindre signe qui pourrait signifier que notre présence avait été révélée. Et pendant un temps, je crus vraiment que nous parviendrons à rejoindre l'hôtel de cette façon. Pendant un temps, je crus vraiment que nous allions réussir.
Pourtant j'aurais du prévoir. J'aurais dû savoir qu'une telle prise de risque n'était que rarement récompensée d'un succès et lorsque Finn envoya malgré lui une bouteille de verre s'écraser au loin, attirant l'attention d'Atom et des rôdeurs, je ne pu rien faire pour empêcher la suite.
Notre éclaireur se retourna brusquement, prêt à piquer un sprint jusqu'à une cachette mais l'un des monstres se jetait déjà sur lui, gueule grande ouverte, les dents attaquant la chaire de son visage. Il hurla, me glaçant aussitôt le sang dans les veines. Je ne parvenais plus à esquisser le moindre geste, mes yeux ne quittant pas un seul instant l'horrible spectacle qui se déroulait sous mes yeux. Je n'étais pas spécialement proche d'Atom mais le voir se faire dévorer vivant à cause du manque de prudence de notre part à tous était au-dessus de mes forces.
Je voulus armer ma Winchester lorsque les mains fermes de Murphy m'en empêchèrent.
- C'est trop tard Clarke !
Les hurlements de notre compagnon résonnaient dans l'air, attirant toujours plus de rôdeurs autour de lui. J'aurais dû l'achever, par pitié pour ce qu'il était en train d'endurer, mais les deux autres me forcèrent à bouger.
Ils profitèrent de ce bref instant pour se précipiter en direction de l'hôtel qui nous apparaissait maintenant dégagé, me tirant avec eux jusqu'à ce que mes jambes se remettent à fonctionner. Les oreilles emplies des cris de souffrance d'Atom, je me forçai à rester concentrée sur le but ultime de cet acte et couru à leur suite, nous rapprochant toujours plus de la porte de notre refuge.
La course parut durer une éternité mais nous atteignîmes enfin notre destination. Le battant s'ouvrit avant même que nous ayons actionné la poignée et nous nous retrouvâmes à l'intérieur, entourés par nos amis, armes aux poings, prêt à frapper si un des rôdeurs tentait de pénétrer notre enceinte. Des bras puissants m'attirèrent en sécurité à l'intérieur.
Les coups de dix neuf heures sonnèrent.
Mais moi, je gardais les yeux rivés au sol, tremblante. J'entendais encore les gargouillis agonisant d'Atom, à seulement quelques mètres de là, et j'étais persuadée que chacun de nous pouvait clairement les distinguer dans le silence oppressant qui venait de s'installer.
Les bras me relâchèrent, remplacés en de brefs secondes par une poigne forte mais infiniment plus douce que j'aurais reconnu les paupières closes. Et si mon envie de vomir ne s'apaisa pas, ce contact accorda à mon cœur un subtil moment de paix.
- Verrouillez la porte. Installez les premiers tours de garde et demander à Raven d'envoyer une fusée pour les éloigner d'ici. Il ne faut pas leur laisser le temps de se rassembler.
Sa voix était dure et affirmée, ses doigts doux et réconfortant contre ma taille. Deux attitudes, une même personne.
- Clarke ?
J'aurais aimé la regarder dans les yeux et lui dire que j'allais bien, mais mon instinct réagit de lui-même et je me défis brutalement de sa poigne sans même un regard pour m'éloigner en direction de notre chambre. Le brouhaha des ordres donnés ne m'atteignait pas et je refermai la porte avant de me caler dos à elle.
Atom était discret, volontaire et me faisait confiance. Il comptait sur moi pour le protéger. J'avais échoué. Il était mort.
Je me dirigeai vers la salle de bain et m'appuyai contre le rebord du lavabo le temps de vaincre la nausée qui menaçait de m'envahir. L'eau froide que je pris soin de m'appliquer sur le visage ne m'apaisa pas.
- Que s'est-il passé ?
Je n'avais pas besoin de me retourner pour reconnaître la voix de Lexa. Un bref coup d'oeil au miroir la fit apparaître debout derrière moi, le visage arborant l'air anxieux qu'elle affichait avant chacune de mes sorties. Je savais que si je ne répondais rien, elle ne tenterait pas de me faire cracher le morceau. Elle attendrait que je sois prête à en parler, que je vienne la trouver de moi-même.
- Nous manquions de temps...avouai-je à demi-mots. Atom est parti en éclaireurs.
- Il connaissait les risques Clarke.
- Nous avons manqué de prudence et Finn de discrétion. Si nous n'étions pas si pressés, si nous avions pris plus de temps pour analyser les choses.
Lexa voulut s'approcher de moi mais je l'en empêchai d'un mouvement de main. Si elle fut blessée par mon rejet, son visage n'en montra aucun signe et elle se contenta d'attendre.
- Tout ça à cause de ce stupide couvre-feu, crachai-je malgré moi. Si nous n'étions pas si pressés de rentrer ici à cause de lui, Atom serait encore parmi nous. Il est mort parce que tu nous force à être rentrés à une heure précise sous peine d'être condamnés à errer la nuit dans cette jungle.
- Ces rêgles sont là pour nous protéger.
- Ah oui ? Et alors quoi ? Tu trouves que ça a marché ? Il est mort Lexa !
Je me retournai face à elle. Toujours aussi droite, toujours aussi stoïque.
- Est-ce que ça ne te touche même pas un peu ?
- Il connaissait les risques, répéta-t-elle. Ce couvre-feu est là pour nous empêcher d'en prendre plus encore. Sa perte est terrible mais -
- Il n'y a pas de « mais » ! c'était un être humain ! Demain quand le prochain groupe foulera la zone, ils devront veiller à ce qu'Atom ne les dévore pas à son tour !
- Je suis désolée Clarke...
Elle était sincère, je le savais. Et la nausée qui s'empara de moi fut d'autant plus violente que je ne pouvais m'empêcher de lui en vouloir à elle, plus qu'aux rôdeurs. Je n'aurais pas dû, nous avions tous voté pour que ces règles soient instaurées et s'appliquent à tous. La peur que je ressentais lorsque Lexa devait partir en reconnaissance était présente à chaque fois et toujours avec la même intensité mais c'était durant mes patrouilles qu'Atom venait de perdre la vie, et elle était là, avec ce regard compatissant et inquiet que je ne désirais pas voir à cet instant.
Je fermai les yeux, culpabilisant d'avoir une telle réaction et encore plus de ne pas être capable de m'en empêcher.
Le son d'une porte que l'on referme doucement me tira de mes pensées et lorsque je rouvris les paupières pour tomber sur la chambre vide de toute présence, mon sentiment se décupla. Elle m'avait laissé dans cette solitude dont j'avais besoin, elle m'avait comprise sans que je ne lui ai parlé. Encore une fois, elle faisait en sorte que j'aille bien, alors que je venais de m'en prendre à elle sans aucune raison valable.
*Clexa*Clexa*Clexa*
Je ne quittai pas la chambre ce soir-là. Je souhaitais seulement m'endormir et me réveiller lors de jours meilleurs qui n'arriveraient jamais. Ma mère avait tenté de me parler mais comme pour Lexa, je ne l'avais pas laissé m'approcher. Et à présent je me retrouvais seule dans ce lit, avec mes pensées pour seule compagne.
Je regardai ma montre. Il était deux heures du matin, Lexa ne m'avait toujours pas rejointe. La colère des derniers événements se dissipait un peu plus à chaque minutes et je devais faire face à mes réactions, à cet isolement que j'avais souhaité. Je me tournai et me retournai dans les draps, sans plus parvenir à trouver le sommeil. Je finis par me lever et sortis de la chambre pour prendre la direction de la cuisine. Finn était attablé, le regard dans le vide, un verre à la main.
- Toi non plus tu n'arrives pas à dormir ?
Il sursauta légèrement, tiré de sa rêverie par mes paroles, et me sourit tristement.
- Il faut croire que Morphée nous a abandonné.
Un geste de sa part m'invita à m'installer près de lui et il poussa dans ma direction la bouteille d'alcool déjà bien entamée. Je ne me fis pas prier et m'emparai d'un second verre afin d'y verser le liquide ambrée. Il brûla ma gorge dès la première gorgée me je me forçai à en prendre d'autre.
- Le commandant ne va rien dire que tu viennes boire ici avec moi ? railla le jeune homme. D'ailleurs où est-elle ?
- Je ne sais pas.
- Troubles au paradis ?
Je serrai les dents et bu une nouvelle gorgée. Je n'aimais pas l'entendre appelé Lexa « commandant » avec cet air amusé, je détestais qu'il me pose des questions sur nous, quoi que nous soyons l'une pour l'autre.
- Je n'ai pas envie de parler de Lexa.
A ma grande surprise, Finn sembla comprendre et n'insista pas plus, se contentant de me resservir un verre. Nous restâmes en silence pendant de longues minutes avant qu'il ne le perturbe à nouveau.
- Tu crois qu'il est comme eux maintenant ?
- J'espère juste qu'il n'a pas souffert longtemps. J'aurais dû l'achever quand j'en ai eu l'occasion au lieu de le laisser se faire dévorer.
- Si tu avais fais ça, les rôdeurs ne nous auraient laissé aucune chance. Nous n'aurions jamais pu rentrer à temps.
- On aurait dû faire quelque chose...
- Peut-être bien, approuva-t-il. Mais c'est à cause de moi qu'il est mort. Si j'avais été plus discret et que j'avais fais attention où je mettais les pieds, je n'aurais pas attiré l'attention de ces trucs sur nous. Il était en première ligne mais il serait sans doute avec nous si je n'étais pas aussi stupide.
Je vis dans son regard sa propre culpabilité et je me rendis soudainement compte que je n'étais pas seule dans cette histoire. Finn s'en voulait sans doute beaucoup plus que moi. Et pou la première fois depuis notre rencontre, la compassion à son égard m'envahit.
Sans réfléchir, je posai ma main par dessus la sienne et laissa mon pouce caresser sa peau en signe de réconfort. Il eut un sourire sans joie mais je vis dans son regard que ce simple contact l'apaisa légèrement.
Je ne saurais dire combien de temps nous restâmes ainsi, à lire la douleur de l'autre, mais notre bulle explosa soudainement lorsqu'un raclement de gorge se fit entendre. Nous nous retournâmes d'un même mouvement pour trouver Bellamy, Octavia et Lexa.
- Désolée de vous déranger, s'exclama O, les sourcils froncés. On a entendu des voix et comme on pensait que tout le monde dormait...
Son regard passa de mes yeux à nos mains encore jointes et je me dépêchai de la retirer avant de chercher le regard de Lexa. Celle-ci gardait son attention fixée sur Finn et n'importe qui aurait pu croire à une absence totale d'expression. Pour tout le monde, sauf pour moi. La micro seconde où sa mâchoire se serra me fit comprendre que le spectacle auquel elle venait d'assister était loin de la laisser indifférente.
- Qu'est-ce que vous faites encore debout ? Demanda Finn.
- Nous préparons l'excursion de demain, répondit Bellamy. Nous devons redoubler de prudence. Malgré la fusée éclairante de Raven, la tragédie de ce soir a attiré de nouveau rôdeurs. Il va être de plus en plus difficile de sortir sans risque.
- On devrait attendre alors, non ?
- Nous manquons de nourriture et Abby a besoin de nouveaux médicaments pour Harper. Nous ne pouvons pas nous permettre des jours de repos.
- Vaut mieux ça que perdre encore des gens.
- Ça suffit !
La voix de Lexa claqua dans l'air. Pendant un instant, je crus que Finn allait obéir, comme il le faisait habituellement, mais la boisson l'aida à passer au dessus de cet ordre et il se leva.
- Atom est mort. Je suppose que ça ne te fais rien puisque tu ne l'as pas vu mourir et que tu nous prouve assez souvent que tu es dépourvue de cœur.
- Finn, arrête, ordonnai-je.
Il était hors de question qu'il se permette la moindre réflexion la concernant.
- Non Clarke. Tu sais comme moi que si le commandant n'était pas tant obsédée par ces stupides règles de survie, il serait encore parmi nous. Je n'ai pas voté pour ce couvre-feu. Mais aujourd'hui je dois vivre avec le fait qu'un de mes amis est mort par sa faute. Elle veut jouer au petit chef, mais elle est incapable de nous protéger.
Sa fureur se décuplait avec l'alcool et il s'approchait maintenant dangereusement de Lexa qui ne perdait pourtant rien de sa superbe et de sa froideur. Elle gardait la tête relevée vers lui, royale.
- Calme-toi Finn, tenta d'intervenir Bellamy en s'avançant mais le garçon rejeta sa main d'un coup sec.
- Ne me demande pas de me calmer ! Tu n'étais pas avec nous, tu ne l'as pas vu se faire déchiqueter par les rôdeurs. Vous étiez bien tranquillement planqué dans l'hôtel.
- Tu devrais aller dormir, conseilla Octavia. Avant que je me décide à te refaire le portrait.
- C'est ça, maintenant le pitbull s'y met aussi. On finira tous comme Atom avant même d'avoir pu sortir de cette putain de zone.
Il sortit enfin de la cuisine, bousculant Lexa d'un violent coup d'épaule qui me fit serrer les dents.
Pendant un instant il n'y eut plus que le silence et moi je ne cherchais qu'à capter le regard de la femme que j'aimais et qui restait obstinément tournée en direction de Finn. Enfin, après ce qui me parut une éternité, ses yeux verts se posèrent dans les miens.
- Tu devrais aller dormir Clarke. Tu as besoin de repos.
Si la froideur de sa voix ne me surprit pas, elle m'atteignit pourtant en plein cœur. Je l'avais mérité, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi. Mais ça ne rendait pas la chose plus facile pour autant. Je ne bougeai pas et restai debout face à Lexa, les quelques mètres nous séparant ressemblant à un fossé qui ne cessait de s'élargir.
J'aperçus Bellamy et Octavia s'éloigner discrètement pour nous laisser seules et je les aurais sûrement remercier si je parvenais à penser à autre chose qu'à la conduite que j'avais eu avec elle.
- Je suis désolée Lexa, murmurai-je sans pour autant me rapprocher.
- Ne le sois pas. Tu as vécu une épreuve difficile aujourd'hui, tu n'as pas à t'excuser pour quoi que ce soit.
Pourquoi fallait-il qu'elle soit aussi compréhensive ?
- Je n'aurais jamais dû t'accuser d'être responsable de la mort d'Atom.
- Tu n'es pas la seule à le penser ici.
- Finn est un con. Il n'avait aucun droit de te parler comme il l'a fait.
- Il compte pour toi ?
La question voulut être posée avec détachement mais l'infime tremblement de sa voix me fit écarquiller les yeux. Elle me parut soudainement aussi fragile et démunie que moi quelques semaines auparavant, quand j'étais terrifiée à l'idée que Matt puisse compter plus que moi aujourd'hui pour elle.
Je m'approchai enfin de Lexa et pris tendrement ses mains dans les miennes, certaine d'avoir toute son attention avant de prononcer mes prochains mots.
- J'ai voulu lui apporter du réconfort, mais il ne compte pas pour moi. C'est un idiot et même si je partage sa culpabilité, je ne l'oublie pas pour autant.
- Il t'apprécie beaucoup. Et vous partagez le même point de vue sur beaucoup de choses.
- Lexa...ce n'est pas pour lui que je m'inquiète à chaque fois qu'il pose le pieds hors d'ici. Ce n'est pas pour lui que mon cœur se serre d'angoisse lorsque je vois l'heure du couvre-feu se rapprocher. Ce n'est pas dans ses bras que je souhaite me réfugier.
- Pourtant, tu étais avec lui ce soir, au lieu d'être avec moi.
Il n'y avait pas de reproche dans sa voix, seulement une simple constatation qu'il m'était impossible de nier. Les mots seraient une perte de temps dans ce que je tentais de lui faire comprendre.
D'une simple pression, je la forçai doucement à se rapprocher de moi et collai mon front contre le sien, mes yeux se fermant dans ce contact. Comment avais-je pu oublier l'apaisement qu'un tel geste m'apportait ?
Un soupir s'échappa de l'une de nous sans que je ne sache à qui il appartenait et les mains de Lexa quittèrent les miennes pour venir accrocher l'arrière de ma nuque.
- J'étais inquiète, murmura-t-elle dans un souffle. J'étais prête à me précipiter dehors si Bellamy et O. ne m'avait pas retenu.
- Je suis désolée Alexandria...
- Ne le sois pas.
Je m'écartai légèrement, assez pour pouvoir enfin poser mes lèvres sur les siennes. Ses doigts m'incitèrent à m'approcher plus encore de son corps, jusqu'à ce que nous soyons collées l'une à l'autre.
- Et maintenant ? Dis-je une fois que notre douce étreinte prit fin.
- Maintenant, il est temps d'aller se reposer. Une grosse journée nous attend demain.
- Pourquoi ? De nouvelles excursions ?
- Non. Finn a raison, on ne peut pas rester éternellement dans la zone rouge. Ce serait nous condamner.
Je m'écartai légèrement pour plonger dans son regard déterminé.
- Tu veux dire que -
- Oui Clarke. Il est temps que nous partions d'ici.
Et voilà ! L'histoire reprend son cours et nous continuons d'avancer ! La décision de sortir de la zone rouge est enfin prise, ce qui veut dire de nouveaux ennuis en perspective !
Qu'en avez-vous pensé ? Est-ce qu'il vous a plut ? Ou alors déçue ? Pas trop perturbée par une ellipse de trois semaines ça va ? :p
Je n'ai plus qu'à vous souhaitez une très bonne journée ! J'ai hâte de lire vos reviews et je vous dis à Mardi pour le prochain chapitre !
