Chapitre 14 :

Je pensais avoir vu beaucoup d'horreur de la vie depuis que toute cette merde avait commencé. Je pensais pouvoir supporter les visions cadavériques, les cris d'agonies et ce lent, ce si lent espoir qui se tarissait dans mes veines à mesure que les jours passaient. Ma carapace était capable de contenir toute ma peur et ma panique face au monde qui à présent nous entourait. Mais pour ça, je n'étais pas prête. Je pensais que seuls les morts seraient nos pires ennemis. Je me trompais.

A cet instant, plus aucune pensées ne venaient éclater dans mon esprit, aucune phrase cohérente. Je ne pouvais que regarder le spectacle qui se dessinait sous mes yeux horrifiés tandis que je tenais Lexa contre moi, nos corps tremblant à l'unisson contre le mur auquel je m'adossais. Son dos reposant contre ma poitrine, j'étais incapable de discerner son visage mais je devinai sans mal que son regard restait fixé sur les cadavres allongés devant nous et sur la mare de sang qui se formait peu à peu. Les mains que j'avais fixé autour de sa taille pour la tirer contre moi relâchèrent leur emprise et mes doigts vinrent caresser son avant-bras, descendant toujours plus sur son poignet pour venir se poser sur sa poigne qui serrait toujours sa batte de base-ball ensanglantée. Je tentai de lui faire desserrer les doigts mais il me fallut de longues secondes avant qu'enfin je sente la pression se relâcher. L'arme tomba au sol et le son parut résonner à mes oreilles avec violence après le silence oppressant qui venait de nous entourer. Elle rebondit une fois, puis deux, avant de finalement s'immobiliser.

Mon cœur battait à tout rompre. Les coups que j'avais reçu me faisait souffrir et pourtant je serrai les dents et entrepris de tourner Lexa vers moi. Amorphe, elle se laissa faire sans opposer de résistance et je fus bientôt capable de voir son visage. Figé. Sans aucune expression. Ses yeux fixaient le vide comme si j'étais invisible.

- Lexa ?

Je voulus caresser son visage pour la faire revenir à elle mais à peine mes doigts eurent effleurer son visage qu'elle se recula violemment, la panique voilant son regard. Ce n'était pas moi qu'elle voyait, elle ne me reconnaissait pas et je savais pertinemment ce qu'elle discernait à travers mon corps.

- Lexa, ce n'est que moi...tentai-je de la rassurer. C'est fini... Tu m'entends ? C'est fini.

- Je...Clarke je...

Les bleus qui habillaient son œil, sa joue et ses lèvres animaient en moi une colère sourde mais je ne pouvais plus rien faire pour le moment. Ils étaient déjà morts.

J'enlevai délicatement ma veste et m'approchai sans mouvement brusque pour la passer sur son corps tremblant dont la chemise déchirée laissait entrevoir des brins de sa peau nue.

Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir et je récupérai sans réfléchir le pistolet qui reposait au sol, le braquant sans ménagement sur l'ouverture. Qui que ce soit, j'étais prête à lui loger une balle entre les deux yeux.

La haine que je ressentais était telle que mon doigts faillit presser la détente à l'instant même où le visage d'Abby et de Finn apparurent et je ne dus leur survie car un brusque sursaut de volonté de ma part. L'un et l'autre restèrent figés à l'entrée, leur regard passant de Lexa à moi, puis au spectacle qui s'étalait sous nos pieds. Ce fut ma mère qui la première rompit l'affreux silence.

- Bon dieu mais qu'est-ce qui s'est passé ?!

*Clexa*Clexa*Clexa*

Trois jours plus tôt :

Tout le monde connaissait son rôle à jouer dans le sauvetage du groupe de Monty et Jasper. Nous avions continué de leur parler à tour de rôle et Harper fut capable grâce à leur donné de les repérer dans le tumulte que représentait désormais la zone rouge. Il nous faudrait sûrement une heure ou deux de marche pour parvenir à les rejoindre et dieu sais encore combien de temps pour les sortir du sous-sol. Heureusement pour nous, ils se trouvaient dans un parking souterrain et cet endroit représentait une chance pour nous de sortir de là si nous parvenions trouver une voiture. Raven s'y connaissait assez en mécanique pour pouvoir en faire démarrer une, par conséquent il était évident qu'elle viendrait avec le groupe choisi pour cette mission sauvetage. Lincoln, Bellamy et Octavia s'étaient également portés volontaire, ainsi que Lexa bien entendu. Abby resterait à l'hôtel, ainsi que Finn et Jaha, toujours fortement opposés à cette idée. Harper serait chargée de surveiller la radio et préparer nos sacs pour notre départ.

Appuyée contre le rebord de ma fenêtre, j'observais les alentours. Un autre groupe de casseur, à moins que ça n'en fut un autre, avait de nouveau pillé les boutiques proches de nous et l'idée de se séparer ne m'enchantait pas mais la décision était prise. Au loin, le jour commençait à poindre, signe que notre expédition était imminente. Il était encore temps de reculer mais Raven avait eu raison ce soir là dans la ruelle. Nous devions aider les gens et ne pas risquer de perdre nous même notre humanité.

Je me retournai finalement et récupérai ma veste en cuir de sur mon lit avant de passer mon sac sur mes épaules. Ma carabine se retrouva tout naturellement au creux de ma paume et je sortis de ma chambre sans un regard. Il était temps de partir d'ici et d'avancer.

Mes pas me menèrent jusqu'à la chambre de Lexa. Depuis ma décision de prendre du recul sur une éventuelle histoire avec elle, nous ne nous étions plus retrouvées seules. Elle me manquait terriblement mais cette rupture, si je pouvais l'appeler comme ça, était la meilleure chose à faire. Ou du moins l'espérais-je de toutes mes forces. Je priais pour avoir pris la bonne décision. Mais ma tête et mon cœur bataillaient l'un contre l'autre.

- ...tout lui dire Lexa. Tu aurais du te confier à elle.

La voix d'Octavia me figea à la porte de la chambre.

- Elle ne m'a pas soutenue O. Elle était d'accord avec les autres.

- Vraiment ? Arrêtes Lex. On sait toutes les deux que ce n'est pas vrai. C'était juste plus facile pour toi de tout garder et de ne rien dévoiler.

- N'essaies pas de m'analyser tu veux bien ?

Je pouvais entendre toute la tension dans le timbre de Lexa, colère et tristesse.

- Pourtant il n'y aurait rien de plus simple. Je lis en toi comme dans un livre, on est amie depuis longtemps et tu sais que je te considère comme ma sœur. Tu peux cacher qui tu es aux autres mais pas à moi.

- Arrêtes.

- Pourquoi ? C'est plus facile pour toi de te cacher ? Tu fais la fille forte pour ne pas t'attacher, pour garder du recul avec tout ça. Seulement dès qu'on creuse un peu sous cette carapace tu es la Lexa douce et attentionnée. Tu essaies toujours de faire croire aux gens que tout va bien, qu'il n'y a aucun problème pour éviter de les affecter ou de te montrer en position de faiblesse. Déjà à l'école tu étais comme ça mais depuis ton père et Nick...

- O !

- depuis ton père et Nick, poursuivit malgré tout Octavia, tu te renfermes de plus en plus. Sauf que là tu ne peux pas me dire que tu vas bien. Tu n'as pas réussi à t'ouvrir à Matt car il n'était pas fais pour toi. Tu le savais, je le savais. Mais...Mais avec Clarke c'est différent et tu le sais. Cette rupture t'affecte bien plus.

Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Toute mon attention restait fixée sur cette conversation et même si une partie de moi me hurlait que c'était un dialogue privé entre deux amies, je ne pouvais m'empêcher d'écouter et de m'imprégner de chaque parole.

- Ce n'est pas vraiment une rupture. On...on était pas vraiment ensemble.

- La faute à qui ? Clarke est folle de toi depuis votre rencontre mais juste parce que tu avais peur qu'elle puisse te blesser plus durement qu'aucun autre tu as préféré te renfermer dans un rôle de dure à cuir. Et pour quoi au final ? Te protéger de la seule personne qui ne te fera jamais consciemment de mal ?

Il y eut un long silence et je ne pouvais qu'imaginer Lexa et Octavia assises sur le lit, le regard perdu au loin. Prises au piège dans leurs propres pensées et leurs réflexions. Je retournai chaque phrases prononcées dans ma tête au point que je faillis louper la suite de la conversation. Mais je parvins tout juste à l'entendre. Cette simple question à peine murmurée et qui pourtant changerait tout à jamais.

- Tu es amoureuse d'elle, pas vrai ?

- … Oui. Oui, O,., je l'aime.

Le souffle me manqua brutalement et je m'adossai un peu plus au mur, la tête collée contre lui, les yeux fermés. Lexa m'aimait. Elle était amoureuse de moi. Ce n'était pas juste un petit béguin ou une histoire de passage pendant une dure épreuve. Je ne cherchai pas à retenir le sourire qui se dessina sur mes lèvres et soudain, tout me parut bien plus simple. J'avais l'impression que je pourrais survivre à cette apocalypse rien qu'en entendant ces simples mots qui représentaient tant pour moi.

- Tu devrais lui dire. Arrêtes de te cacher Lex. Tu mérites d'être heureuse, beaucoup plus que la plupart des gens. Tu as vécu trop d'épreuves et donnée bien trop de toi. Il est temps que tu puisses souffler un peu.

Le grincement du lit m'indiqua qu'Octavia venait sûrement de se lever du lit et je me forçai à sortir de ma bulle de bonheur si je ne voulais pas être prise en flagrant délit d'espionnage. Je bougeai rapidement et m'avança vers la porte entrouverte sur laquelle je toquai faiblement. Comme prévu, Lexa était assise sur son lit, prête pour le départ, tandis que son amie venait de passer sa veste et s'apprêtait à sortir.

- Tiens salut Clarke ! Me lança-t-elle joyeusement.

- Je suis juste venue vous avertir qu'on va y aller, répondis-je en ne quittant pas ma brune du regard.

- Il faut que j'aille voir Lincoln avant de partir. On se retrouve en bas.

Elle s'avança vers la porte mais se figea à l'entrée, me fit un sourire avant de finalement se tourner vers sa meilleure amie.

- Penses à ce que je t'ai dis Lexa.

Puis elle sortit sans rien ajouter d'autre. Pendant quelques secondes il n'y eut plus que Lexa et moi dans un silence inconfortable. Je ne pouvais m'empêcher de la dévisager, d'observer la façon dont ses yeux restaient fixés sur le bout de ses manches qu'elle tirait sur ses mains. Les soucis et le manque de sommeil avaient quelque peu tiré ses traits et creusés des cernes mais pour moi elle restait parfaite.

- On devrait rejoindre les autres, s'exclama-t-elle en se levant.

- Lexa attends.

Je l'empêchai d'avancer et son regard se planta dans le mien, brillant avec tellement de sentiments et d'émotions que je me sentis agréablement faiblir devant elle. Devais-je lui dire que j'avais entendu leur conversation ? Devais-je la laisser me parler et m'avouer ce que je venais d'apprendre ?

- J'espère qu'on ne fait pas une erreur en allant récupérer le groupe de Jasper et Monty.

- On ne peut pas leur tourner le dos, répondit Lexa avec douceur mais fermeté. Ils ont besoin d'aide. De notre aide.

- Je sais. Tu veux me rendre service ?

Elle hocha la tête et je récupérai le pistolet que j'avais glissé à l'arrière de mon jean. Sans un mot je lui tendis, espérant qu'elle comprenne ce que je tendais de lui faire comprendre.

- Clarke ? J'ai ma batte et -

- Prends-le s'il te plait. Je sais bien que tu es armée mais je...je me sentirais plus rassurée de savoir que tu le portes. On ne sait jamais, en cas d'imprévu.

- Je ne sais pas me servir de ça...

je m'approchai un peu plus d'elle et pris doucement sa main pour lui glisser l'arme. Je ne pouvais l'imaginer avec seulement une petite batte de base-ball pour seule défense. C'était inconcevable.

- C'est exactement comme ce soir-là à la fête forraine. Tu suis les mêmes conseils et fais toujours attention.

Lexa réfléchis quelques secondes puis finit par hocher la tête et le poids qui obstruait ma poitrine disparut.

Pour plus de sécurité, il avait été décidé que deux groupes se formeraient parmis ceux qui allaient aider Jasper et Monty. Le premier me voyait accompagnée de Lincoln et de Murphy. Le second serait composé de Raven, Bellamy, Octavia et Lexa. L'idée même d'être de nouveau séparée de mes amis, séparée de la fille que j'aimais, me déchirait le cœur mais mieux valait être prévoyant et un gros groupe attirait plus facilement les rôdeurs. Dans le pire des cas, au moins l'un des deux atteindrait le sous-sol.

J'aurais voulu lui dire ces mots, ceux que je pensais si forts et qui pourtant me terrifiaient, mais je n'ajoutai rien et m'apprêtai à sortir de la chambre lorsque la poigne de Lexa m'en empêcha.

- Juste...murmura-t-elle. Fais attention et reviens-moi, d'accord ?

- Tu sais très bien que je suis toujours prudente, riai-je doucement.

Ma réponse lui soutira un sourire.

Magnifique.

*Clexa*Clexa*Clexa*

- Tu es certaine que c'est ici ?

- C'est en tout cas les coordonnées qu'ils m'ont donné.

- Pas étonnant qu'ils ne parviennent pas à sortir du sous-sol.

Plusieurs voitures bloquaient les entrées, rendant toute sortie impossible. La vague de panique et de casseurs qu'avait provoqué le début de l'épidémie y était sûrement pour beaucoup dans tous ces accidents et à présent nos trois cerveaux tournaient à plein régime pour trouver un moyen d'accéder à Jasper et Monty. Nous venions déjà de faire le tour du bâtiment et la seule issue potable était une vitre brisée. De là, on pourrait sûrement les atteindre.

- Une question me taraude quand même un peu, intervint Murphy. Si on peut entrer, pourquoi eux ne peuvent pas sortir ?

Nous y avions déjà tous pensé mais aucun n'avait osé en parlé. L'idée qu'il puisse s'agir d'un piège quelconque était une chose qu'on ne pouvait dénigrer pourtant toutes ces discussions avec Monty me donnait envie de croire que ce n'était rien de tout ça. Qu'ils avaient vraiment besoin de notre aide.

- Je suppose qu'on aura la réponse bien assez vite, répondit Lincoln. Il ne faut pas qu'on traine. On avertit le deuxième groupe.

Il récupéra le talkie-walkie et actionna le canal prévu pour nos communications.

- Octavia ? Tu m'entends ?

- On est là. Vous avez trouvé une entrée ?

- Il y a une fenêtre brisée qu'on pourrait utiliser. Retrouvez nous à la face Nord.

- Ok on arrive.

- Faites attention, on a perçu quelques rôdeurs en chemin.

- Compris !

Il ne leur fallut que peu de temps pour nous rejoindre et je faillis soupirer de soulagement en apercevant Lexa saine et sauve. Nous échangeâmes un sourire timide mais à ma grande surprise, Lincoln prit Octavia dans ses bras. L'étreinte fut breve pourtant elle n'échappa à personne et Bellamy les fusilla du regard.

- On ferait mieux d'avancer, proposa-t-il aussitôt, conscient que le temps n'était pas à la discussion.

Lexa me jeta un regard amusé et je compris qu'il devait se tramer entre ces deux-là quelque chose que personne n'avait vu venir.

Un à un, nous escaladâmes la voiture qui nous servirait à atteindre la fenêtre et pénétrâmes dans le bâtiment. Il régnait à l'intérieur un silence de mort mais la présence sécurisante de ma Winchester au creux de ma main me rassurait. J'étais tendue à l'extrême, prête à parer à la moindre éventualité. Nos pas résonnaient dans le couloir et me donnaient l'impression de résonner.

- Tu vas bien ? Chuchotai-je à Lexa tandis que nous marchions l'une à côté de l'autre.

- Ca va. J'ai eu Harper à la radio et tout va pour le mieux. Jasper et Monty continue d'émettre, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Mais...

- Mais ?

- Je ne sais pas. J'ai un mauvais pressentiment.

Le reste du trajet se fit en silence et très vite nous atteignîmes le troisième sous-sol où ils étaient censés être bloqués. Sauf que rien ne les empêchait de sortir. Et ce petit détail était plus que suspect.

- Clarke ?

J'intimai à Murphy de ne pas parler et ajustai ma carabine sur mon épaule. Octavia attendit mon signal et poussa finalement la porte qui menait au parking mais à peine mit-elle un pied à l'intérieur qu'une arme se braqua sur sa tempe et la figea aussitôt.

- Ne bougez pas, ordonna une voix masculine.

- Tout doux Cow-boy.

- J'ai dis ne bougez pas !

Le tireur se dévoila quelques peu, nous regardant l'un après l'autre pour être certain que nous lui obéissions sans opposer de résistance. Il était un peu plus grand que moi. Ses cheveux noirs de jais collaient sur son front à cause de la crasse et de la sueur. Ses yeux légèrement bridés nous fixaient mais son air sur de lui était trahit par la façon dont la main qui tenait le revolver tremblait. Manifestement, il n'était pas prêt à faire feu.

Je le gardai pourtant en joue, comme le reste de mon équipe. Il était hors de question que je baisse ma garde devant lui.

- On ne cherche pas les ennuis, annonça Lexa en avançant d'un pas.

- Lexa arrêtes !

Je ne pouvais pas la laisser se mettre en danger et ma voix résonna dans les couloirs avec force. Mais le garçon ouvrit de grands yeux et nous fixa plus encore.

- Tu es Lexa ? Demanda-t-il.

- Oui. On a reçu un appel radio de la part de gars coincé ici. Tu les connais peut-être, Jasper et Monty ?

- Je...C'est moi Monty !

Il baissa aussitôt son arme et je retins Bellamy de se jeter sur lui d'un mouvement de bras.

- Je suis désolé, des gens rôdent un peu partout et beaucoup moins sympathiques. Je ne pouvais pas les laisser nous atteindre.

- Des gens ?

- On a entendu beaucoup de coups de feu et au début on pensait qu'ils tiraient sur ces trucs qui grouillent un peu partout mais on s'est vite rendu compte que...qu'ils descendaient des gens.

- C'est pour ça que vous êtes restés cachés ? Intervins-je.

- Non, j'aurais pu partir mais Jasper a eut un problème.

-Quel problème ?

- Il y a eut une explosion. Pas assez forte pour détruire le bâtiment mais assez pour qu'une partie du plafond s'écroule. On essayait de braquer une voiture pour sortir et il s'est retrouvé coincé dessous...

- Tu veux dire que vous n'avez pas tenté de sortir depuis ? Questionna Bellamy, les sourcils froncés. Je trouve ça bizarre.

- Je n'allais pas l'abandonner !

- Et comment vous avez survécu ?

- On a pillé le bâtiment. Eau, nourriture. Mais on a plus rien et l'état de Jasper empire. Vous pouvez nous aider ?

Nous gardâmes le silence pendant un instant avant que Lexa ne lui répondre par l'affirmative. Cela ne semblait pas plaire à Bellamy mais puisque nous étions là, nous pouvions tenter de sortir Jasper de sous cette voiture.

- Conduis-nous à lui, ordonna-t-elle.

Le chemin fut rapide et bientôt un empilement de lampes et de couvertures apparut. Je remarquai très vite le plafond défoncé et les tas de gravas qui entouraient ce camps de fortune mais mon regard se fixa sur une voiture retournée et le corps qui reposait en dessous. Si j'avais su qu'il y avait un blessé, j'aurais demandé à Abby de nous accompagner mais je devinais la raison du silence de Monty. Si Bellamy ou même Lincoln avait eu vent de ce détail, ils auraient sûrement pensé que le risque n'en vallait pas la peine. C'était exactement ce que je pensais à cet instant.

Le blessé avait une mine affreuse. Ses joues étaient creusées de façon cadavérique, sa peau tirait plus du gris mais ce qui me choqua ce fut de voir ses jambes écrasées par la taule. Je n'étais pas médecin mais je m'étonnai de sa survie.

- Alors voilà nos sauveuses ? Plaisanta Jasper.

Les présentations se firent rapidement. En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, un plan de sauvetage se mit en place. Les garçons tentèrent tout d'abord de soulever la voiture mais la force de trois hommes n'était pas suffisante. Même après une heure de lutte acharnée et l'aide de tout le groupe, tout ce que nous avions réussit à obtenir étaient des cris de souffrance et quelques centimètres de libre.

- On n'y arrivera jamais comme ça, finit par annoncer Lincoln, en nage. Il faut trouver une autre solution.

Il avait raison et tandis que je les laissai tenter de trouver un moyen de le sortir de là, je récupérai le talkie-walkie et m'éloignai quelque peu. J'avais entraperçu la blessure de Jasper et au vu de l'état de ses jambes, ça n'envisageait rien de bon.

Quand j'eu trouvé un endroit un peu plus tranquille, j'activai le canal.

- Harper ?

- Clarke ! Vous les avez trouvé ?

- Oui mais Jasper est coincé sous une voiture. On cherche un moyen de l'en sortir. Est-ce que Abby est vers toi ?

Il y eut un instant de silence puis j'entendis la voix de ma mère résonner dans la radio.

- Je suis là Clarke.

- L'un d'entre eux est bloqué. Au niveau du bassin. Ces jambes sont coincées sous la tôle. Mais je...je ne sais pas si c'est une bonne idée de l'en sortir. Je ne sais pas quoi faire.

- Dans quelle état sont ces jambes ?

- Il ne peut plus les bouger et j'ai vu que la voiture la profondément entaillé.

- C'est peut-être simplement dû au poids. Depuis combien de temps est-il bloqué ?

- Trop longtemps Abby...

Nouveau silence. J'étais consciente qu'elle détestait m'entendre l'appeler par son prénom mais je ne pouvais m'en empêcher. Ce qu'elle m'avait forcé à subir était encore bien trop présent dans mon esprit et le pardon pas accordé.

- De quelle couleur est le sang de sa blessure ?

- Elle tire plus vers le noir.

- Clarke...Quoi que vous fassiez...

- Je sais. Je m'en suis doutée.

- Clarke ?

La voix de Lexa me fit tourner la tête dans sa direction. Je coupai court à la discussion avec Abby et rangeai la radio.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Me demanda-t-elle les sourcils froncés.

- Rien.

- Ne me mens pas.

Son ton était sans appel, tout comme son regard. Elle avait raison, je ne pouvais pas lui mentir.

- Jasper est condamné. Quoi qu'on fasse, et même si on arrive à le sortir de là, il ne va pas s'en sortir. Il souffre d'une scepticémie. Tu as vu son état Lexa. Il n'a aucune chance.

- On peut au moins essayer. On peut le ramener jusqu'à ta mère.

- Et ensuite quoi ? Tu penses vraiment qu'on va réussir à soulever cette voiture ? Qu'il tiendra le reste du chemin ? Ouvre les yeux !

Je sortis du sous-sol pour rejoindre le couloir. J'avais seulement besoin d'air mais les pas de Lexa derrière moi persistait.

- Tu vas le laisser ? C'est ça ?

- On ne peut rien faire de plus ! Tu savais qu'il y avait un risque pour qu'on ne parvienne pas à tous les sauver !

- Mais je pensais qu'on tenterait ! Pas qu'on leur tournerait le dos au moindre problème !

Je me retournai brutalement, manquant de me faire percuter par ma brune.

- Ecoutes-moi bien Lexa. Quoi qu'on fasse, il va mourir. C'est comme ça. Il faut accepter l'idée que des gens meurent et que parfois on ne pourra pas les sauver. On ne peut pas sauver tout le monde ! Il faut qu'on récupère une voiture qui fonctionne et qu'on foute le camps d'ici sans tarder. Monty viendra avec nous mais pour Jasper on ne peut rien faire ! Tu comprends ça ?

C'était la première fois que j'élevais la voix sur elle. Je n'étais même pas sur de comprendre la raison de ma colère mais je la sentais bouillonner en ne pouvais rien y faire. Nous avions pris des risques inconsidérés.

- Ces gens comptent sur nous Clarke. On ne peut pas les abandonner.

- Si je dois choisir entre eux et toi ce sera toujours toi ! Je ne vais pas prendre le risque de rester ici et de te perdre, même pour garder ma part d'humanité !

Ma déclaration la figea sur place. Je n'osai pas la regarder dans les yeux et entrepris à la place de fouiller les couloirs à la recherche de quelque chose d'utile, simple excuse pour ne pas avoir à affronter ce que je venais de dire.

- Clarke, regarde-moi.

- Lexa...

- Regardes-moi !

J'obéis à contrecoeur. Ses yeux cherchèrent les miens et elle s'approcha lentement.

- Tu n'as pas à choisir entre eux et moi Clarke... Ces gens ont besoin d'aide. Tu ne peux pas leur refuser pour me protéger.

J'allais lui répondre lorsque quelque chose me percuta violemment, m'envoyant contre le mur que ma tête fracassa brutalement. J'entendis à peine le cri de Lexa alors que je sombrais dans l'inconscience.


Merci à tous pour vos lectures, vos reviews, vos messages ! Je vais tâcher de continuer à faire en sorte de vous livrer une FF qui vous plaise !

Vous êtes toujours plus à me suivre et franchement ça me fait super plaisir ! Alors je vous remercie énormément pour votre soutien. J'espère que ce chapitre vous aura plut et bien évidemment les réponses vont arriver en temps voulu !

A la semaine prochaine !