Quand je vois le nombre de personne qui suivent cette histoire, que ce soit en laissant une trace de leur passage ou simplement en continuant de la lire chapitre après chapitre, ça me gonfle le coeur. Je ne pensais pas réussir à embarquer autant de monde dans cette fanfiction, surtout pas avec un cross-over je dois bien l'avouer, mais quand je vois que vous êtes toujours plus à venir la lire j'en perds les mots. Je crois que je ne vous remercierai jamais assez pour tout ça. Lire chacune de vos reviews est un réel délice dont je ne me passe pas ! J'adore lire vos réactions, c'est une super récompense pour le travail accomplis jusqu'ici. Alors une nouvelle fois un grand MERCI même si je dois sûrement me répéter.

Je poste ce chapitre un peu plus tôt que prévu pour me rattraper. J'espère vraiment qu'il va être à la hauteur de vos attentes car moi j'ai pris un grand plaisir à l'écrire ! Je ne vous en dirais pas plus, comme d'habitude, et je vous laisse à votre lecture !

On se retrouve en bas !


Chapitre 16 :

Le calme régnait en maître absolue dans la pièce. Aucun membre de notre groupe n'osait prendre la parole et chacun se contentait de dévisager ceux qui nous avaient attaqué. Je percevais la colère dans le regard d'Octavia et de Lincoln tandis qu'il venait de passer son bras valide autour de la jeune fille d'un geste protecteur. Abby, Jaha et Murphy se tenaient adossés contre le mur, Finn gardait la tête baissée. Raven avait hérité de son propre geôlier après avoir failli crever les yeux d'un des assaillants. On avait rapidement forcé Bellamy et Monty à rejoindre le reste et ne restait que Clarke, encore debout face à nous, la mâchoire et le poing serré. Ses yeux n'avaient quitté Emerson qu'un bref instant lorsqu'elle m'avait aperçu mais la menace était bien trop présente pour qu'elle tente de s'y dérober. Une arme toujours pointée sur sa nuque, les mains levées, elle finit par hocher la tête et s'empara doucement de la chaise qu'on lui avait proposé.

La bile me montait à la gorge tandis que j'essayai de faire abstraction des mains de l'homme sur moi, fermement accroché à ma taille comme il l'aurait fais avec l'un de ses propriétés. Mon visage me brûlait des coups reçus alors que je refusais de me soumettre. Sauf que j'avais perdu. Et qu'à présent, je ne pouvais plus rien faire qu'assister à cet échange.

- Bien, s'exclama Emerson avec un sourire. Je suis ravie de te rencontrer Clarke. Notre ami Mr Collins m'a dit tellement de bien de toi. Je dois avouer que ce que vous avez fais de cet endroit est...déconcertant.

Je la vis serrer les dents et jeter un coup d'œil quasi imperceptible en direction de Finn qui se recroquevilla sur lui-même.

- Je connaissais ce vieil hôtel. Je ne m'attendais pas à ce qu'il puisse devenir une espèce de centre de survie mais par les temps qui courent, je ne devrais pas être surpris par une chose aussi dérisoire n'est-ce pas ? Non ne réponds rien, dit-il avec un sourire alors que ma blonde s'apprêtait à prendre la parole. Je veux pouvoir profiter de ce silence encore un instant. Ton groupe ne s'est pas laissé faire si facilement tu sais. Tu aurais du les voir. Ils avaient fier allure en tentant de nous résister. La petite tigresse à mes côtes...

Il resserra son étreinte sur ma hanche et pencha la tête vers moi. Je sentais sa main caresser mes cheveux, son nez respirant à pleins poumons mon odeur. Je parvins à peine à dissimuler le frisson de dégoût qui me parcourut l'échine quand sa peau toucha la mienne.

- Elle a refusé de se soumettre, acheva-t-il. J'aime sa combativité. Il brûle dans chaque parcelle de son corps comme dans celui d'un animal sauvage. J'étais chasseur avant que tout ceci ne commence. Pour le plaisir. Jusqu'à ce que je me rende compte que je préférais les mâter plutôt que de les tuer. Celle-ci ne fera pas exception à la règle.

Je croisai le regard de Clarke. Je voyais les milles tortures qu'elle désirait faire à Emerson en cet instant mais je lui fis comprendre sans un mot qu'elle ne devait rien faire. Tant que son attention était fixée sur moi, au moins il ne pouvait s'en prendre à elle.

- J'aurais préféré ne pas abîmer son si jolie visage. Blesser une telle beauté est un véritable crime. Mais parfois, il faut rappeler à la meute qui est le mâle alpha. Monsieur Colins m'avait prévenue qu'elle serait dangereuse mais je ne m'attendais pas à une telle fougue de la part d'un corps si jeune et si frêle.

Tout mon corps était tendu à l'extrême tant l'effort pour ne pas me dérober à cet homme était puissant. Son odeur, mélange de sueur et de parfum bien trop fort, me donnait la nausée.

- Qu'est-ce que vous voulez ? Demanda finalement Clarke, sûrement au bord de l'explosion.

- J'ai rencontré Finn il y a quelque jours. À en juger par son accueil, il était bien trop content de tomber sur des gens normaux et surtout vivants. Il n'a pas hésité une seule seconde avant de commencer à nous expliquer comment vous aviez survécu jusqu'à maintenant, sans doute trop fier de son petit exploit personnel. Il n'a pas lésiné sur les détails concernant votre groupe. Combien vous étiez, ce que vous possédiez comme armement, ce que vous aviez mis en place pour vous défendre. Il a été, je dois dire, une admirable source d'informations. Mes hommes et moi sommes dehors depuis bien trop longtemps. Nous avions besoin d'un endroit où nous reposer.

- Il y a des appartements libre partout en ville. Trouvez le vôtre et dégagez d'ici.

Emerson éclata de rire et Clarke se tendit aussitôt, incapable de retenir sa frustration. Ses yeux ne cessaient de voyager entre le groupe, l'homme et moi. J'arrivais presque à entendre ses pensées d'où je me trouvais. Quant à moi, mon cerveau tentait à tout prix de trouver une solution à ce problème. Sept hommes lourdement armés nous menaçaient, nous n'avions aucun moyen de prendre le dessus contre eux pendant une attaque frontale. Nous ne pouvions qu'attendre et espérer qu'une occasion se présente.

Manifestement, ma blonde était du même avis. Je la voyais observer chacun des ennemis qui nous entouraient.

- Sauf que nous sommes bien ici. Vous avez des vivres, des armes et d'autres trésors qu'il me tarde de découvrir, ajouta-t-il avec une nouvelle caresse sur mon visage. Au début, Finn appréciait nos échanges. Et puis quand il a compris où mèneraient mes questions, il a essayé de se rétracter. Mais c'était trop tard évidement. Il m'avait déjà parlé de la grande et impressionnante Clarke Griffin qui n'abandonnerait jamais cet hôtel sans combattre. De tous, il m'a dit que tu étais la plus dangereuse. Il m'a dépeint un tableau de toi plutôt élogieux, je mourrais d'envie de te connaître.

- Écoutez, j'ignore ce que vous voulez. J'ignore d'où vous venez ni quelle est votre histoire mais la vérité c'est que je m'en contrefous. Vous voulez cet hôtel minable ? Vous voulez nos provisions et nos armes ? Prenez-les. Nous partons, nous vous laissons tout. Libérez les autres et vous ne nous verrez plus.

La proposition sembla intéressée Emerson car il cessa soudain de me regarder et fixa son attention sur Clarke. C'était une fille intelligente, elle savait que si elle donnait ce qu'elle voulait un homme comme lui, peut-être avions-nous une chance de quitter cet endroit sans être blessé d'avantage. Ne pas opposer de résistance, se soumettre gentiment.

- Juste comme ça ?

- Juste comme ça. Je suis une femme de parole. Tout ce que vous avez à faire c'est de libérer mes amis et on vous laissera faire ce que vous voulez de cet endroit.

- Tu es plus intelligente que ce que tes cheveux laissent deviner.

- On évite les blagues nulles sur les blondes et on en revient à notre discussion. Vous êtes d'accord oui ou non ?

Pendant un instant, l'homme se mura dans le silence.

- Je dois dire que je m'attendais à plus de combativité de ta part Clarke. Mais je -

Il s'arrêta brutalement. Ses yeux semblèrent se fixer sur un point en dessous de la taille de Clarke et je vis son visage se crisper, sa mâchoire se serrer. Sa poigne autour de mes hanches se fit plus insistante au point que je retins un gémissement de douleur quand ses doigts s'enfoncèrent dans ma chaire.

- Où est-ce que tu as eu ça ? Gronda-t-il. Marc, tu ne sais même pas désarmer une fille correctement ?

L'homme de main qui la tenait en joue s'approcha brusquement d'elle et récupéra l'arme dissimulée sous ses vêtements. Mon cœur s'arrêta quand je reconnus celle du type, ce Dan. Les images de mon crime me revinrent aussitôt en mémoire mais je me forçai à ne pas y penser. À cet instant, je ne pouvais que rester concentrée sur ce qui se déroulait.

Emerson tendit la main pour récupérer le pistolet et l'étudia sous toutes les coutures, ses doigts glissant sur les initiales gravées sur la crosse.

- Désolée. J'aurais dû vous donner toutes mes armes mais vous savez comment c'est. En tant de survie, on fait tout pour se protéger, nous et ceux qu'on aime.

Elle prononça ces paroles en me regardant fixement mais détourna vite le regard avant que mon voisin ne s'en aperçoive.

- Tu as totalement raison. On ferait tout pour les protéger. Le seul problème c'est que... cette arme n'appartient qu'à une personne. Tu vois les initiales ? D.E. D pour Daniel et E...pour Emerson.

Mon sang se glaça dans mes veines. Je lus la surprise très vite suivie par la compréhension dans les yeux bleus de Clarke et son masque imperceptible laissa entrevoir une faille dans laquelle s'engouffra notre ennemi.

- Où est-il ?

- Emerson je -

- Où est-il ? Tonna-t-il, tout sang-froid perdu.

- … Il est mort.

- Comment ?

- Il m'a attaqué. Je n'ai fais que me défendre.

- Ce n'est pas vrai ! M'écriai-je alors. Elle ment, je suis la seule responsable. Si vous devez vous en prendre à quelqu'un, prenez-vous en à moi !

L'instinct de la protéger avait été le plus fort, j'étais prête à mentir pour elle, pour toutes les fois où c'était Clarke qui avait pris soin de moi. Seulement mon intervention ne plut pas à Emerson. Sa main vint enrouler ma nuque et il me précipita contre la table la tête la première, mon crâne heurtant sans ménagement le bois. Le goût du sang envahit aussitôt ma bouche tandis qu'il me redressait aussi vite et je vis ma blonde prête à se lever si un homme ne la maintenait pas assise sur sa chaise, les mains solidement fixées sur ses épaules. Elle tenta de se débattre sans succès mais le regard qu'elle lança à mon assaillant aurait fait frémir n'importe qui en ce bas-monde.

- Touche-là encore une fois et je te jure que je te tue, siffla-t-elle.

- L'une de vous a tué mon fils et je compte bien découvrir laquelle. Une fois que ce sera fait, soyez certain que je prendrais grand plaisir à vous torturer avant de vous achever. Enfermez le groupe dans une pièce et ces deux-là dans une autre !

Armes en mains, les hommes forcèrent mes amis à se lever et si certains obéirent sans réfléchir, ce n'était pas le cas de tout le monde. Octavia et Bellamy reçurent un coup de crosse dans le ventre qui les plia aussitôt, le souffle coupé, avant d'être traînés sans ménagement en dehors de la pièce.

On me releva violemment de ma chaise mais à l'instant où je voulus me débattre quelque chose percuta l'arrière de mon crâne et je sombrais dans l'inconscience.

*Clexa*Clexa*Clexa*

Ce fut la sensation de l'eau sur mon visage qui me tira de mon évanouissement. J'ouvris péniblement les yeux, la tête lourde, et j'aperçus le visage de Clarke penché sur le mien. Les sourcils froncés par l'inquiétude, elle passait le plus délicatement possible un gant de toilette sur mon front tandis que de son autre main, elle caressait mes cheveux en un geste réconfortant. Le sol n'était pas dur et inconfortable ce qui me fit rapidement conclure que je devais reposer sur ses genoux.

- Ne bouge pas, m'ordonna-t-elle avec douceur. Si tu te redresses trop vite tu risques de t'évanouir à nouveau.

Je fermai les paupières, savourant pour quelques minutes la chaleur de sa peau contre la mienne, la danse de ses doigts sur mes joues. J'avais l'impression que cela faisait des siècles que je ne m'étais retrouvée seule avec elle et surtout si proche. Ce simple contact m'avait manqué au point que mon estomac se serra devant ce constat.

- Tu n'aurais pas dû intervenir Lexa... Il aurait pu te tuer.

- C'est toi qu'il allait tuer. Je l'ai vu dans sa manière de te regarder. Je ne pouvais pas laisser ça arriver. Je ne laisserai jamais une telle chose se produire.

- Alors tu es une idiote.

Sa voix légèrement amusée me fit sourire mais je grimaçai aussitôt sous mon action. Ma lèvre fendue me faisait un mal de chien, de même que le reste de mon visage.

- Il ne t'a pas loupé.

- Est-ce que je suis devenue moche ? Demandai-je avec une pointe d'amusement.

- Tu seras toujours belle à mes yeux.

Ma blonde se pencha pour venir effleurer de ses lèvres mon front et je me laissai aller à cette étreinte. Pendant un instant, mes pensées restèrent fixées sur elle et son action sans penser à la situation dans laquelle nous nous trouvions. Mais très vite la réalité nous rattrapa et elle se sépara de moi. J'en profitai pour me redresser. Clarke m'aide à m'adosser contre le mur, guettant le moindre signe de rechute.

- Je croyais que c'était ta mère le médecin, riai-je faiblement.

- Alors quoi, tu n'apprécies pas d'avoir ton infirmière personnelle ?

- Je crois que j'aurais préféré l'avoir ailleurs et dans une autre tenue.

Ma réponse sembla l'amuser et je ne pus m'empêcher de rougir furieusement devant le sous-entendu que je venais de soulever.

- Où sont-ils ?

- J'ai entendu Emerson ordonner à deux de ses hommes d'aller fouiller l'endroit où se trouvait Dan. D'ici une heure ou deux ils auront retrouvé son corps. Après ça... Je pense qu'il va nous faire payer cher notre légitime défense.

- Clarke il... Ils ont tué Harper...

Mon cœur se brisa sous ce souvenir. D'un signe de tête elle m'encouragea à lui expliquer et je commençai alors à narrer d'une voix tremblante comment nous étions arrivés à l'hôtel. Abby s'était aussitôt chargée de Lincoln et de son bras mais notre répit avait été de courte durée lorsque Murphy et Finn, partis en mission de reconnaissance, étaient revenus accompagnés par Emerson et ses sbires. Si le premier portait sur son visage des marques semblables aux miennes, le second n'en arborait aucune et j'avais rapidement compris qu'il avait coopérer sans opposer aucune résistance. Très vite la situation était devenue incontrôlable, chacun refusant de se rendre. Lorsqu'ils avaient découvert que Harper tentait de joindre le groupe de Clarke...

Je n'eus pas besoin d'expliquer les faits. La main de ma blonde vint trouver la mienne pour enlacer nos doigts alors que les larmes s'accumulaient aux bords de mes yeux. J'avais perdu l'une de mes meilleures amies. Elle était morte sans que je ne puisse rien faire. Très vite les pleurs dégringolèrent le long de mes joues sans que je puisse ni ne cherche à les retenir. Chaque souvenirs, chaque moment passé avec elle me heurtaient plus durement que le moindre coups que j'avais reçu. Clarke m'attira contre elle, m'enfermant dans une étreinte protectrice. Avec elle je pouvais être faible, avec elle je pouvais exprimer toute la peine que je ressentais. Je ne saurais dire combien de temps nous restâmes ainsi ; moi blottie dans ses bras et ma blonde me caressant les cheveux, murmurant des paroles réconfortantes en me laissant pleurer ma tristesse. Même lorsque mes larmes se tarirent, elle me garda tout contre elle.

Pourtant très vite notre bulle éclata lorsqu'un homme pénétra dans la chambre, fusil dans le dos, portant deux assiettes.

- Mangez, ordonna-t-il. Emerson veut que vous gardiez des forces pour demain.

- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il va se passer demain ?

- Viendra le temps de répondre à ses questions. Et je doute que vous appréciez.

Il ponctua sa phrase d'un sourire qui me fit frémir. Sans attendre il déposa notre repas sur le lit et repartit sans rien ajouter. La porte se referma sur sa silhouette avec un cliquetis bien singulier.

Le jour laissa bientôt place à la nuit. Aucune de nous n'avions touché à nos assiettes par crainte d'un empoisonnement, aussi peu probable fut-il. Nous étions à présent allongées dans le lit l'une en face de l'autre, nos mains entrelacés dans un faible espoir de rassurer l'autre.

- On va s'en sortir, me chuchota Clarke. On trouvera un moyen de sortir de tout ça, comme on a toujours fais. On a combattu des morts. Ce n'est pas pour nous retrouver à la merci d'une bande de psychopathes. Il y a forcément une solution.

- Demain...

- Demain sera comme tous les autres jours. Ce ne sera qu'une journée de plus à survivre dans ce monde de fou. On est assez fortes pour surmonter tout ça.

Je hochai la tête, avide de partager son espoir. Je voulais y croire. Je n'avais pas d'autres choix.

Sans réfléchir je vins me blottir contre elle, ma tête au creux de son cou, et poussai un soupir de contentement. Je savais que tant que Clarke serait à mes côtés, j'aurais la force nécessaire pour tout affronter. À la façon dont elle me tenait, j'étais certaine qu'elle pensait la même chose.

Le silence nous enveloppa pour un temps. J'aurais pu croire qu'elle s'était assoupie si ses doigts ne caressaient pas doucement mes cheveux pour m'inciter à dormir. Seulement je ne pouvais pas. Je n'en avais pas le droit. Je parvenais presque à entendre le déchaînement de pensées qui faisait rage en elle et j'aurais tout donné pour pouvoir l'apaiser. Je me doutais que Jasper devait faire partie de celle-ci. En ne le voyant pas arrivé, j'avais très vite compris ce qu'il en était.

- Tu crois que ce sera toujours comme ça ? Des combats, des morts. De la peur en permanence ?

- Tu l'as dis toi-même, chuchotai-je. Nous surmonterons toutes ces épreuves. Ensemble.

Je me redressai sur un coude et plongeai son regard dans le mien. Pour la première fois je voyais toute la détresse qu'elle s'interdisait de ressentir. Je voyais la fragilité dans ses beaux yeux bleus. Pour une fois, je devais être le roc sur lequel elle pourrait se raccrocher.

- Il arrivera un jour où nous n'aurons plus à nous soucier de si des rôdeurs tentent de s'en prendre à nous, de si des gens essaient de voler ce que nous avons construit. On partira de cette stupide zone rouge et on rejoindra les camps dans le désert. On mettra les voiles loin de ce cauchemar. On repartira à zéro. Parce que... Parce que la vie devrait être tellement plus qu'une histoire de survie. On mérite mieux que ça, tu ne crois pas ?

Clarke hocha la tête et ses yeux se posèrent une fraction de seconde sur mes lèvres. Mon cœur bondit dans ma poitrine alors qu'une vague de sentiments s'emparait brutalement de moi.

- Tu as peut-être raison, approuva-t-elle d'une voix faible.

Elle leva la main pour remettre une mèche de cheveux derrière mon oreille, son regard ne lâchant jamais le mien. Un frisson me parcourut devant toute la douceur dont elle faisait preuve et je ne pus m'empêcher de me laisser aller à cette caresse. Comme dans un rêve, Clarke m'attira tendrement à elle et je lui obéis sans opposer la moindre résistance. J'ignore laquelle de nous combla la distance mais nos souffles se mélangèrent alors que nos lèvres s'unirent. Les battements de ma poitrine se firent plus fort que jamais tandis que nous partagions ce baiser, les doigts de ma blonde toujours glissés dans ma chevelure. Je sentais la douceur de sa bouche contre la mienne, la façon dont elle se retenait de l'approfondir par peur de me blesser. Je devinais presque son envie de se retirer, incertaine sur sa façon d'agir. Après tout, c'était elle qui avait décidé de prendre du recul et voilà qu'elle m'embrassait.

Elle se retira au bout de quelques secondes et se contenta de me fixer.

- Lexa je suis désolée... Je -

Je ne lui laissai pas le temps d'achever sa phrase et me penchai pour venir réclamer une nouvelle fois ses lèvres. Un soupir de contentement lui échappa tandis qu'enfin elle se laissait aller dans mes bras. Toute ma peur, toute ma peine et toutes mes craintes s'envolèrent dès lors qu'elle approfondit notre baiser. Je n'étais plus que Lexa dans cette étreinte. Il n'existait plus d'apocalypse, plus de menace. Seulement nous deux.

Nous nous embrassâmes à en perdre le souffle et j'en perdis la raison. Ce fut à cet instant précis que je me rendis compte que ma vie sans Clarke n'existait désormais plus. Jamais je ne pourrais regarder en arrière sans voir l'un de ses sourires qui me faisait chavirer, jamais je ne voudrais regarder devant sans y voir notre avenir ensemble. Avec elle, le mot présent n'existait pas. Elle me transportait au-delà de tout ça.

L'une de ses mains se posa sur ma taille, m'incitant à venir m'allonger sur elle et je ne me fis pas prier. Le contact de nos deux corps m'électrifiait comme jamais tandis que notre baiser se faisait plus fougueux, plus désespéré. Nous avions faillis nous perdre tellement de fois.

Lorsque l'air se fit indispensable, nous nous écartâmes à peine, nos fronts reposant l'un contre l'autre. Nos poitrines se soulevaient à l'unisson dans le rythme soutenu que seuls deux amants pouvaient partagés.

- Nous devrions arrêter maintenant, murmura-t-elle. Sinon je ne pourrais plus.

- Demain est peut-être notre dernier jours Clarke.

- Je ne veux pas penser à demain.

- Moi je le veux.

Je me redressai, nos yeux ne nous quittant jamais, tandis que j'attrapai le bas de mon maillot et le fis passer par dessus ma tête. J'aperçus aussitôt les pupilles de ma blonde se teinter de désir mais elle tentait de garder une once de lucidité.

- Lexa... Qu'est-ce que tu fais ?

- Si cette nuit doit être notre dernière, je veux la passer avec toi. Je ne veux plus faire semblant de ne rien ressentir, je ne veux plus attendre un futur qui n'arrivera peut-être jamais. Je veux sentir ta peau contre la mienne, chacun de tes frissons, chacune de tes caresses. Je veux que tu m'aimes comme s'il n'y avait aucun lendemain possible pour nous et que je grave ces instants dans ma mémoire comme aucun autre.

Clarke ne me laissa rien ajouter de plus. Elle se redressa brusquement, ses mains enserrant ma taille et plaqua sa bouche contre la mienne en un baiser fiévreux. Très vite, nous perdîmes la raison. Nous nous perdîmes l'une dans l'autre. Jamais encore je n'avais éprouvé un désir aussi puissant que celui que je ressentais pour Clarke et je ne le ressentirais pour personne d'autre qu'elle.

Elle me fit basculer sur le côté pour venir se positionner au-dessus de moi. Ses doigts hésitaient presque à me toucher et je dû l'encourager pour qu'elle finisse par caresser ma peau. Ses lèvres relâchèrent les miennes pour venir glisser le long de ma nuque. Je me sentais défaillir, perdue dans ces sensations qu'elle me faisait ressentir.

Jamais je ne me suis sentie autant aimé que cette nuit-là. Ce n'était pas précipité, guidé par le désespoir d'un lendemain qui n'existait peut-être pas. C'était une promesse silencieuse gravée sur nos deux corps unis, dans chaque gouttes de sueur qui perlait sur nos peaux enflammées. C'était un aveu dans nos souffles mélangés, dans nos mains liées. Notre nuit était une promesse chuchotée dans le moindre de nos gémissements, murmurée dans chacun de nos baisers. Nous nous sommes aimées au-delà du possible, nos cœurs battant comme un seul être, une seule vie. Et tandis que le plaisir nous submergeait, encore et encore, je savais que la réalité venait de nous frapper dans toute sa splendeur. Clarke m'appartenait et j'appartenais à Clarke. Aussi longtemps que subsisterait en nous cette étincelle d'existence. Rien ne pourrait jamais nous séparer car comment séparer le jour et la nuit ? Comment séparer ce qui ne pouvait être défait ? Comment séparer deux âmes soeurs qui s'étaient cherchées pour enfin se retrouver... ?

Alors que le jour se levait, rien n'aurait pu venir troubler la paix que nous ressentions à cet instant. La tête de Clarke reposant sur ma poitrine, nous peinions à retrouver le souffle que nous nous étions mutuellement arrachés. Ses doigts glissaient délicatement le long de mon bras en une caresse apaisante.

- Je t'aime Lexa.

Son soudain aveu me fit ouvrir les paupières. Elle se redressa légèrement pour plonger ses yeux dans les miens. Je ne lui demanderai pas de me répéter ces mots, tout comme je ne lui demanderai pas de m'en dire plus. Tout ce que je désirais savoir se trouvait là dans ce regard et tout ce que j'aimais reposait au creux de mes bras. Le sourire qui se dessina sur mes lèvres fut sans doute l'un des plus sincère de ma vie. Je penchai tendrement la tête pour venir sceller cette déclaration en un baiser dans lequel je mis mon propre amour. Et quoi qu'il arrive à présent, quoi qu'Emerson ait prévu pour nous, jamais personne ne pourrait m'enlever ce bonheur que je ressentais.


Ce chapitre 16 s'achève et je suis certaine qu'il aura contenté beaucoup de monde ! N'est-ce pas Junkie ? :p

J'ai beaucoup hésité sur la fin de ce chapitre mais je me suis mise à leur place et si je risquais vraiment de mourir demain, j'aurais voulu partager cette nuit avec mon âme soeur donc il était normale pour moi de leur donner cet instant de bonheur !

Qu'en avez-vous pensé ? N'hésitez pas à me donner votre avis ou même si des fois vous voudriez voir des choses dans la fiction ;) ça pourrait être sympa d'inclure quelques unes de vos idées !

Je vous dis à la semaine prochaine :D

XoXoo