Je m'excuse d'avance pour ce retard, deux trois petits soucis qui ont fais que je poste ce chapitre avec du retard ! Mais me revoilà :D Et non je n'ai pas abandonné ma fiction comme on me l'a demandé, je vous rassure. Je compte bien emmener cette histoire jusqu'au bout !

Chapitre un peu dur à la fin, je préfère vous prevénir !

Bonne lecture tout le monde !


Chapitre 17 :

Le soleil prenait doucement le pouvoir sur la nuit, ses rayons venant caresser chacun des bâtiments de Los Angeles. Quelques oiseaux chantaient leur bonheur de voir un jour nouveau se lever. Eux qui volaient haut dans le ciel ne se préoccupaient guère du malheur des hommes sur ce bas-monde. Les râles des morts ne les atteignaient pas et les corps en putréfaction les laissaient insensibles. Ils leur suffisaient d'écarter les ailes et de s'envoler pour planer loin des rues dont le cauchemar tardait à prendre fin. Le nôtre en revanche continuait jours après jours. Mais pour l'instant je profitai des derniers instants que je pouvais avoir en compagnie de Lexa. Si la peur de ce qui nous attendait était bien présente, je ne comptais pas me laisser paralysée ni par elle ni par Emerson. Me laisser aller à la terreur qui frappait aux portes de mon esprit serait comme lui accorder une victoire qu'il était hors de question que je lui offre. Je me délectai de la présence de ma brune au point que la tête m'en tournait. Pour encore quelques minutes je pouvais vivre dans ce rêve où il n'y avait qu'elle et moi. Nos corps nus entrelacés semblaient ne faire qu'un tandis que je caressais du bout des doigts sa joue. Je les laissai glisser le long de sa pommette, traçant les lignes de son visage avant d'achever leur parcours sur ses lèvres parfaites alors que mes yeux ne quittaient pas les siens. Dans tout le malheur que fut ma vie ces dernières années, qu'avais-je donc fait pour avoir le droit de tenir entre mes bras une femme comme elle ? J'avais volé, mentit, je m'étais battue et révoltée contre tout et tout le monde. J'avais maudis mon père pour être mort, renié ma mère et ignoré ses supplications pour mon pardon. À présent je pouvais ajouter le meurtre à la liste de mes crimes et pourtant, ma rédemption se tenait contre moi. Je ne la méritais sans doute pas mais je ne la laisserai s'échapper pour rien au monde. Lexa était ma paix.

- A quoi penses-tu ?

Sa voix n'était pas plus haut qu'un murmure. Je baissai le regard vers elle, mon cœur ratant un battement dans ma poitrine lorsque je croisai le vert de ses iris.

- Te souviens-tu de notre première rencontre ? lui demandai-je.

- Comment l'oublier ! La badass et libre Clarke Griffin, chevauchant une rutilante moto rouge, une pimbêche accrochée à sa taille comme à une bouée de sauvetage.

Je laissai échapper un rire tandis que ma main se perdait dans ses boucles brunes.

- Si je ne te connaissais pas, j'aurais pu croire à de la jalousie.

- Ne rêve pas trop Griffin, me répondit-elle avec un sourire. Je n'avais jamais rencontré de filles comme toi auparavant. Tu respirais l'indépendance, de ça oui j'en étais incontestablement jalouse. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre quand tu t'es installée à notre table. Tu étais tellement arrogante que j'en étais estomaquée ! Et puis...

- Et puis ?

- J'ai vu au delà du rôle, par delà le masque.

Elle prit tendrement ma main et porta mes doigts à ses lèvres pour les embrasser avec une délicatesse qui me coupa le souffle.

- Tu es tellement belle, chuchotai-je. Je n'avais jamais vu des yeux comme les tiens. Ils m'ont hypnotisé dès que j'ai traversé la porte d'entrée. Pour être honnête, je n'avais même pas retenu ton nom lorsque Matt t'a présenté à moi. J'étais bien trop occupé à te dévorer du regard.

- Je comprend mieux cet air ahuri que tu avais alors.

- Hey ! Je n'avais pas l'air ahuri. J'étais simplement en train de contempler la fille la plus magnifique que je n'avais jamais vu.

- Loveuse, me taquina-t-elle avec un coup de coude. C'est comme ça que tu mets toutes les filles dans ton lit ?

- A quoi bon désirer toutes les filles si celle dont je rêve est juste ici avec moi ?

Je m'inclinai pour quémander un baiser que Lexa m'accorda aussitôt, sa main glissant sur ma joue pour me maintenir contre elle. Après de longues secondes qui nous coupèrent le souffle à l'une et l'autre, nous nous séparâmes. Son regard un instant encore lumineux se voilà soudainement et je fronçai les sourcils. Je n'eus pas besoin de demander, je savais. Elle reposa sa tête contre ma poitrine et entrelaça nos doigts. Nous restâmes dans cette position quelques minutes de plus, chacune cherchant chez l'autre la force et le soutien dont nous avions cruellement besoin à l'aube de ce jour nouveau. Mais ma belle finit par se relever pour s'asseoir au bord du lit. J'arrivais presque à lire ses pensées, même alors que la seule vision qu'elle m'offrait était son dos sublime sur lequel je mourrais d'envie d'apposer aussi bien mes lèvres que mes dessins. Comme ce jour-là chez elle.

Je percevais ses doutes, ses craintes et ses peurs. Elle cherchait sûrement au fond d'elle la force nécessaire pour affronter la tempête qui nous menaçait. Et ce qui me rendait folle de rage, c'était que je ne pouvais rien faire pour l'apaiser. J'avais tué le fils d'Emerson. J'allais payer pour ça mais j'aurais voulu que Lexa ne soit en rien mêler à cette histoire.

Je me penchai vers elle et embrassa le creux de ses hanches nues.

- Tout se passera bien.

Elle ne répondit rien.

Bientôt nous fûmes prêtes et attendions dans une affreuse impatience que nos ennemis pénètrent la porte pour nous emmener. Ma brune se tenait face à la fenêtre, le regard perdu dans le vide, tandis que je faisais les cents pas comme un lion en cage. J'en venais à espérer qu'ils débarquent afin de crever cette attente interminable que je ne supportais plus. Je regardai régulièrement le visage impassible de Lexa, me retenant de la rejoindre et de la prendre dans mes bras. Alors que j'allais céder à mes envies, la porte s'ouvrit violemment pour laisser entrer deux des chiens d'Emerson. Sans surprise ils vinrent nous empoigner pour nous traîner à leur suite jusqu'à ce que nous arrivions dans une chambre étrangement vide où seules résidaient des tables et des chaises. L'un des hommes me jeta sans douceur sur la première tandis que Lexa prenait place sur la seconde, située en face de moi et séparée par un ou deux mètres. Mes mains furent rapidement liées sur les accoudoirs, la corde entaillant ma chaire à chaque mouvements, ce qui me forçait à rester le plus immobile possible.

Pendant un instant, il ne se passa rien d'autre avant que la porte de la chambre ne s'ouvre, laissant cette fois-ci passer la dangereuse silhouette d'Emerson. Il portait une arme que je reconnus immédiatement comme étant la batte de Lexa, que nous avions légèrement modifié. Elle était à présent entourée par un fil barbelé qui ne laissait aucune chance aux rôdeurs lorsqu'ils décidaient de croiser son chemin. Il ne m'accorda tout d'abord pas un regard et attendit d'être placé à côté de ma brune pour enfin daigner me regarder. Son visage était impassible, ses yeux n'exprimaient aucune émotion. Un léger sourire flottait sur ses lèvres.

- Mesdemoiselles, bien le bonjour.

Il tira à lui une troisième chaise et s'assit aussitôt, le dossier contre sa poitrine. Il nous fixa tour à tour dans un silence presque religieux. Tout mon corps était tendu de par sa proximité avec Lexa. Hier il n'avait pas hésité à la frapper, à la toucher. Il était hors de question que je laisse une telle chose se reproduire aujourd'hui. Comme s'il avait lu dans mes pensées, Emerson étira son sourire avant de jouer avec la poignée de la batte de base-ball.

- Est-ce qu'on va rester là à se regarder dans le blanc des yeux ? Lançai-je froidement.

-Une telle fougue de bon matin. N'as-tu pas peur de ce qu'il pourrait t'arriver fillette ?

- Je n'ai pas peur de vous.

- Tu devrais, répliqua-t-il en perdant tout sourire. Hier j'ai envoyé des hommes chercher le cadavre de mon fils. Il reposait exactement là où tu l'avais dis. La gorge transpercée par une balle.

- N'attendez pas à ce que je pleure pour lui.

- Je veux savoir ce qu'il s'est passé.

Je regardai brièvement Lexa. Notre plan était simple. Tant que nous ne disions rien à propos de cet événement, Emerson ne nous tuerait pas. Avec de la chance, Lincoln, Octavia ou Bellamy trouverait un moyen de reprendre le contrôle de l'hôtel. Après tout, les ennemis étaient séparés en deux groupes tant que nous gardions le contrôle dans cette pièce.

Alors je serrai les dents et ne laissai plus échapper le moindre mot.

- Dis-moi ce qu'il s'est passé, demanda une nouvelle fois l'homme. Peut-être que je vous tuerais sans souffrance. Ce qui ne fut pas le cas de mon fils. Je sais ce qu'une balle dans la gorge fait. Il s'est sans doute noyé dans son propre sang. Alors dites-moi, laquelle a pressé la détente ?

Seul le silence lui répondit.

Emerson se releva lentement et mon ventre se serra d'angoisse lorsque je le vis une nouvelle fois jouer avec sa batte. Pourtant, il la posa presque sagement sur la table. Pendant un instant il resta ainsi, le dos tourné à mon regard, la tête baissée. Puis il se redressa brusquement et frappa violemment Lexa qui fut projeté contre le dossier de sa chaise avec un gémissement.

La corde m'entailla la peau jusqu'au sang alors que je me débattais furieusement, un flot d'insulte s'échappant de ma gorge.

- Même si je dois la défigurer pour que tu parles, je te jure que je ne m'arrêterai pas ! Hurla-t-il en la prenant par les cheveux.

- D'accord ! Je vais tout vous dire !

- Clarke...gémit Lexa pour me l'interdire mais il était hors de question qu'il la frappe à nouveau.

- Nous avions reçu un appel de détresse et nous y avons répondu. Lors de notre mission, Lexa et moi avons été attaqué par deux types. Nous n'avons fais que nous défendre, nous n'avions pas l'intention de les tuer.

- Qui a tué mon fils ? Laquelle d'entre vous ?

- C'est moi. Lexa n'a rien à voir avec sa mort. Il nous menaçait et je n'ai fais que défendre mon amie. Si je n'avais pas tiré la première, c'est nous qui serions mortes à l'heure qu'il est. Écoutez...Je sais ce que vous vous dites. J'ai tué votre garçon et vous voulez vous venger mais... Croyez-moi quand je vous dis que si j'avais pu faire autrement, je n'aurais pas hésité. Son visage me hantera jusqu'à la fin de mes jours. Et j'en suis désolée. Nous souffrons tous de la situation, le monde part en vrille. Tout ce qu'on veut, c'est une chance de vivre. S'il vous plait...

Je n'étais pas le genre à supplier et je ne regrettais aucunement ma décision de tirer dans la gorge de cet enfoiré. Pour sauver Lexa, je n'hésiterais pas un instant à le refaire. Mais je devais lui faire croire le contraire, me rendre faible pour qu'ils nous prennent en pitié.

Emerson ne me quittait pas du regard. Il me jaugeait, je pouvais le sentir au travers de la totalité de mon corps. J'espérai de toutes mes forces qu'il vacille et nous laisse partir.

- Il y a tant de cruauté en ce monde, murmura l'homme en s'avançant vers moi. J'ai perdu ma femme dans cette épidémie. Nous étions en train de profiter d'un lever de soleil sur notre terrasse quand un fou furieux s'est jeté sur elle et l'a mordu au bras. J'ai vu son état s'aggraver de minutes en minutes. J'ai été à ses côtés lorsqu'elle est morte. Je pense qu'à ce moment, j'ai perdu ma raison. Je suis désolée de ce que je vous ai fais subir. Après tout, vous n'êtes que des gosses.

Il me sourit, presque avec compassion. Son discours était emplit de sincérité et j'y aperçus une lueur d'espoir. C'était la première fois que le ton de sa voix n'était ni arrogant, ni supérieur. Pendant un instant, il ressemblait juste à l'un d'entre nous. Aussi paumé.

- Je te remercie de m'avoir dis la vérité sur la mort de mon fils, reprit-il. Il n'était pas très intelligent et n'aurait pas dû s'en prendre à vous.

Lexa me fixait sans un mot. Sa lèvre déjà abîmée la veille s'était rouverte sous la puissance du coup reçut. Je la voyais secouer presque imperceptiblement la tête de gauche à droite comme pour me prévenir.

- Est-ce que vous allez nous laisser partir ? Lui demandai-je.

- Bien sûr ! Je n'ai plus aucune raison de vous retenir ici. Même si je préfère te prévenir, toi et tes amis devront quitter l'hôtel en laissant les armes et les provisions.

- Pas de problème.

- Bien ! Alors dans ce cas le problème est résolu.

Il s'éloigna en direction de la porte et je sentis un poids s'enlever de mes épaules. Cette journée n'était pas si pourrie finalement.

- Il y a pourtant un minuscule détail à rêgler, s'exclama Emerson en se tournant vers moi. Daniel était peut-être un idiot. Mais c'était mon fils unique. Mon garçon. Et toi, tu es la fille qui lui a ôté la vie. Je suis un homme de parole, vous allez pouvoir partir d'ici. Mais je compte bien te faire souffrir autant que je souffre à cet instant.

Je compris à cet instant que le piège venait de se refermer sur moi. J'espérais tant que je venais d'avoir eu la bêtise d'avoir de l'espoir. Un espoir fou que cet homme avait gardé en lui une once d'humanité. J'avais eu tord. Il allait me tuer, cela ne faisait aucun doute. Et sûrement à petit feu, que je souffre et puisse assouvir son besoin de vengeance.

- Quoi qu'il me fasse Lexa, tu ne regardes pas. Tu m'entends ? Tu détournes les yeux !

- Je crois que je n'ai pas été assez clair, ria Emerson en se rapprochant, son souffle caressant désagréablement mon visage. Tu m'as enlevé la dernière personne qui comptait pour moi. Je vais faire la même chose avec toi. J'espère que vous avez bien profité de votre dernière nuit ensemble.

- Attendez ! Lexa est mon amie mais ce n'est pas la personne à qui je tiens le plus ! Si vous comptez me faire souffrir en la touchant vous avez tord !

- Tu peux arrêter tes mensonges. Vos interactions d'hier ont été plus que clair.

- Je...balbutiai-je en tentant de trouver une solution. Vous...

- Je vais t'accorder la chance que je n'ai pas eu. Tu peux lui dire au revoir.

Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. J'étais persuadée que Lexa devait lire ma terreur et pire que tout, j'étais incapable de trouver la moindre chose pour inverser la tendance. Mon cerveau ne fonctionnait plus, ma respiration quittait mes poumons.

L'un de mes gardiens coupa mes liens et m'attrapa par la peau du coup, me projetant à genou devant la chaise de Lexa dont les yeux ne quittaient pas les miens. Emplis de larmes qu'elle ne voulait pas laisser couler, cachant une détresse et une peur derrière un sourire de façade dans lequelle elle tentait malgré tout de me rassurer. J'arrivais presque à l'entendre me dire que ce n'était pas de ma faute, que je n'y étais pour rien. Mais la vérité, c'était qu'il n'y avait qu'une seule personne responsable de cette situation et c'était moi.

- Dis-lui, chuchota Emerson à mon oreille. Fais lui tes adieux. Ce sera ton unique chance.

Je plongeai mon regard dans celui de la femme que j'aimais. Je devais trouver une solution pour nous sortir de là, je le devais !

- Je vais trouver quelque chose, lui dis-je.

- Piètre au revoir tu ne trouves pas Clarke ? Allons, elle mérite mieux que ça !

- Elle sait tout ce que je veux lui dire et ça ne vous regarde absolument pas !

Je reçu un violent coup dans les côtes qui me laissa essoufflée et je serrai les dents pour ne pas gémir de douleur.

- Chandler un peu de tenu. Il faut qu'elle soit en forme pour la deuxième partie de notre jeu.

- Vous n'avez pas besoin d'elle, soufflai-je. C'est moi qui ai tué votre abruti de fils.

- Frappe-la.

Je relevai les yeux vers lui. Je pensais qu'il s'adressait à l'un de ses hommes mais la réalité me frappa dans toute son horreur lorsque je compris qu'il ne parlait qu'à moi.

- Quoi ?

- Je veux que tu frappes ta copine. Je veux que tu t'en prennes à la personne que tu aimes le plus dans ce foutu monde. Il n'y aura pas pire comme douleur et pour toi et pour elle. Mon fils mérite ça.

- Va te faire voir sale con ! Crachai-je. Il est hors de question que je pose la main sur elle.

- Je m'attendais à cette réaction. Très bien, si tu ne veux pas coopérer, j'ai un cadeau pour toi.

La porte s'ouvrit pour laisser entrer un spectacle inhumain. Deux hommes encadraient un rôdeur dont le visage et surtout la blessure à la gorge ne laissait aucun doute quant à son identité. Je n'avais pas visé dans la tête, j'avais laissé Daniel se transformer et son psychopathe de père venait de le ramener ici.

- Puisque mon fils est devenu comme ça, le mieux à faire est de laisser ta copine entre ses mains tu ne trouves pas ? Emmenez-le vers elle.

Lexa tenta de se débattre mais ses poignets étaient fermement maintenus sur les accoudoirs. J'ignore laquelle criait le plus. Moi ou elle. La peur me donnait envie de vomir tandis que je voyais ce monstre s'approcher d'elle, claquant des dents avec férocité, ses yeux morts braqués sur ma brune. Je le voyais avancer presque au ralenti comme si j'étais bloquée dans le pire des cauchemars et le hurlement que je poussai sembla venir d'une autre personne.

- Je vais le faire !

Emerson leva les yeux du spectacle pour les poser sur moi, l'ombre d'un sourire satisfait flottant sur son visage.

- Je vais le faire mais je vous en prie, éloignez ce truc d'elle...

Ma voix se brisa. Je n'étais pas prête pour tout ça.

Les hommes me relevèrent et je me retrouvai à présent debout devant Lexa. Je tremblai de tous mes membres. J'étais incapable de faire le moindre mouvement. Tout ce que je pouvais faire c'était la regarder. Est-ce que j'allais me réveiller pour m'apercevoir que tout ceci n'était qu'un horrible rêve ?

- Tu peux le faire Clarke.

La voix de Lexa me mit les larmes aux yeux. Elle paraissait effrayée et si calme à la fois.

- Fais ce qu'ils te disent et quand tout sera fini tu partiras d'ici avec le groupe.

- Lex...

- Ecoutes-moi ! M'ordonna-t-elle d'une voix forte. Tu vas sortir de cette zone rouge et tu vas retrouver un des camps de survivants. Cherches mes parents et dis-leur...Dis-leur que je suis désolée.

- Je vais trouver une solution Lexa...Je vais nous sortir de là...Je...

- Tic Tac Clarke ! M'interrompit Emerson. Assez parlé.

Je serrai le poing. Je devais l'abattre sur son visage, je devais la frapper alors qu'elle représentait tout pour moi. Je voulais retourner dans ses bras, je voulais sortir de tout ça.

- Fais-le Clarke, m'encouragea Lexa, une larme roulant sur sa joue.

-Je ne peux pas...

- Fais-le !

Je levai mon bras. Mes joues étaient trempées par les pleurs, ma gorge tellement serrée que j'avais l'impression de m'étouffer.

- Je t'aime Lexa...

- Je sais.

Le premier coup me brisa le cœur. Les suivants me brisèrent moi. Je me voyais frapper encore et encore. Même alors que ma main me faisait mal, même alors que mes jointures rougissaient du sang de la femme que j'aimais. Plus je cognais, plus les larmes coulaient sur mes joues.

J'ignore combien de temps Emerson me força à faire ça. Peut-être une minute, peut-être toute une vie. Mais lorsqu'il m'ordonna d'arrêter, mes jambes me lâchèrent et je m'effondrai sur le sol, aux pieds de Lexa, agitée par le tremblement de mes pleurs qui redoublaient.

- Bien ! Je dois dire que tu m'as convaincu Clarke. Je ne pensais pas que tu en serais capable et j'avais presque peur de devoir utiliser les restes de mon -fils sur ta chérie.

- Laissez-là partir... J'ai fais ce que vous vouliez...Laissez-là et gardez-moi. C'est moi la meurtrière.

Je relevai difficilement les yeux, affrontant l'horrible acte que je venais de commettre. Ma brune peinait à retrouver son souffle, le visage marqué par mes coups. Je voyais des filets de sang gouter sur ses vêtements. Ses paupières étaient encore closes et je préférais cela. Je ne pourrais pas supporter de devoir affronter son regard. Comment avais-je pu faire ça ? Lever la main sur elle ? Je l'avais fais pour empêcher Emerson de laisser son rôdeur la mordre mais ça ne m'apparaissait pas comme une raison valable, une raison suffisante.

Je retins la violente nausée qui menaçait de m'envahir et m'apprêtais à me relever lorsqu'un coup de feu retentit dans l'une des pièces voisines, suivit de plusieurs autres. Au vue des yeux écarquillés de mes adversaires, ça ne devait pas faire partie de leur plan.

- Souillez la plus jeune autant de fois que vous le voulez, ordonna-t-il. Quand ce sera fait, tuez-les toutes les deux. Chandler tu viens avec moi.

Il quitta aussitôt la pièce avec son acolyte, ainsi que le rôdeur, alors que deux gorilles venaient me relever pour m'entraîner loin de Lexa, me débattant et hurlant aussi fort que je pouvais. Le dernier homme eut un sourire sadique et détacha en quelques secondes les mains de ma brune pour la soutenir jusqu'à la table sur laquelle il l'allongea sans ménagement, la ramenant brutalement à elle. Quand elle comprit ce qu'il comptait lui faire, elle tenta de résister mais son assaillant était plus fort qu'elle. Il lui arracha sa chemise sans le moindre ménagement avant de maintenir ses bras de chaque côtés de sa tête, sa bouche cherchant avidement sa poitrine comme le porc qu'il était. Ce furent les cris de ma Lexa qui me firent réagir.

Dans un sursaut d'énergie, je projetai mon pied dans le genou d'un des types qui me tenait. Il me lâcha en hurlant de douleur mais je ne laissai pas le temps à l'autre de réagir. Mon poing endolori trouva son visage.

Le combat soudain attira l'attention de l'agresseur de ma brune et celui-ci relâcha son étreinte sur elle. Avec un cri de rage, elle s'empara de la batte qui reposait encore sur la table et frappa l'homme à la tête, l'envoyant s'effondrer au sol. Je voulus lui venir en aide mais un coup me déstabilisa et je failli tomber à terre. Heureusement pour moi, la rage que je ressentais semblait décupler mes forces. Je me baissai alors qu'il tentait de me frapper à nouveau et m'écartai. Entraîné par son poids, il perdit l'équilibre. Sans réfléchir je me jetai sur l'arme qu'il portait à la ceinture et appuyai sur la détente. La balle l'atteignit derrière le crâne.

Un cri me fit me retourner mais le second assaillant n'eut pas le temps de m'atteindre que la batte de Lexa venait fracasser sa nuque dans un bruit sec. Elle ne lui laissa aucune chance et se mit à le frapper de toutes ses forces, encore et encore, même lorsqu'il était évident qu'il était mort depuis le premier coup. Des larmes mélangées au sang qui tapissait son visage coulaient le long de ses joues alors qu'elle relevait le bras et l'abaissait sans faiblir, ses cheveux détachés tombant sur ses épaules. Lorsque la tête de l'homme ne fut plus qu'une masse informe, elle se tourna vers le type qui avait tent d'abuser d'elle et recommença son action, m'arrachant un haut-le-coeur. Il fallait que je l'arrête, que je calme sa folie meurtrière et que je la ramène à moi.

Sans réfléchir je bondis jusqu'à elle et l'attrapa par la taille pour l'attirer avec moi contre le mur, ses pleurs me crevant le cœur.

Je pensais avoir vu beaucoup d'horreur de la vie depuis que toute cette merde avait commencé. Je pensais pouvoir supporter les visions cadavériques, les cris d'agonies et ce lent, ce si lent espoir qui se tarissait dans mes veines à mesure que les jours passaient. Ma carapace était capable de contenir toute ma peur et ma panique face au monde qui à présent nous entourait. Mais pour ça, je n'étais pas prête. Je pensais que seuls les morts seraient nos pires ennemis. Je me trompais.

A cet instant, plus aucune pensées ne venaient éclater dans mon esprit, aucune phrase cohérente. Je ne pouvais que regarder le spectacle qui se dessinait sous mes yeux horrifiés tandis que je tenais Lexa contre moi, nos corps tremblant à l'unisson contre le mur auquel je m'adossais. Son dos reposant contre ma poitrine, j'étais incapable de discerner son visage mais je devinai sans mal que son regard restait fixé sur les cadavres allongés devant nous et sur la mare de sang qui se formait peu à peu. Les mains que j'avais fixé autour de sa taille relâchèrent leur emprise et mes doigts vinrent caresser son avant-bras, descendant toujours plus sur son poignet pour venir se poser sur sa poigne qui serrait toujours sa batte de base-ball ensanglantée. Je tentai de lui faire desserrer les doigts mais il me fallut de longues secondes avant qu'enfin je sente la pression se relâcher. L'arme tomba au sol et le son parut résonner à mes oreilles avec violence après le silence oppressant qui venait de nous entourer. Elle rebondit une fois, puis deux, avant de finalement s'immobiliser.

Mon cœur battait à tout rompre. Les coups que j'avais reçu me faisait souffrir et pourtant je serrai les dents et entrepris de tourner Lexa vers moi. Amorphe, elle se laissa faire sans opposer de résistance et je fus bientôt capable de voir son visage. Figé. Sans aucune expression. Ses yeux fixaient le vide comme si j'étais invisible.

- Lexa ?

Je voulus caresser son visage pour la faire revenir à elle mais à peine mes doigts eurent effleurer son visage qu'elle se recula violemment, la panique voilant son regard. Ce n'était pas moi qu'elle voyait, elle ne me reconnaissait pas et je savais pertinemment ce qu'elle discernait à travers mon corps.

- Lexa, ce n'est que moi...tentai-je de la rassurer. C'est fini... Tu m'entends ? C'est fini.

- Je...Clarke je...

J'enlevai délicatement ma veste et m'approchai sans mouvement brusque pour la passer sur son corps tremblant dont la chemise déchirée laissait entrevoir des brins de sa peau nue.

Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir et je récupérai sans réfléchir le pistolet qui reposait au sol, le braquant sans ménagement sur l'ouverture. Qui que ce soit, j'étais prête à lui loger une balle entre les deux yeux.

La haine que je ressentais était telle que mon doigts faillit presser la détente à l'instant même où le visage d'Abby et de Finn apparurent et je ne dus leur survie car un brusque sursaut de volonté de ma part. L'un et l'autre restèrent figés à l'entrée, leur regard passant de Lexa à moi, puis au spectacle qui s'étalait sous nos pieds. Ce fut ma mère qui la première rompit l'affreux silence.

- Bon dieu mais qu'est-ce qui s'est passé ?!


A mardi !

XoXoo