ANNONCE IMPORTANTE ! Ce chapitre sera le dernier avant un bon mois car je pars en vacances aux Etats-Unis et je ne pourrais donc pas poursuivre les publications. Ce n'est qu'un arrêt temporaire, je tiens à préciser qu'en aucun cas je n'abandonne ma fiction et je serais de retour en Août avec la suite des aventures de Lexa, Clarke et du reste du groupe.

Deuxième petite annonce, je commence à réfléchir à une seconde fiction que je ne publierais qu'après la fin de Fear the Life. Pour cela, j'ai besoin de vous :

- Est-ce que vous préférez une AU ou une fiction dans l'univers de The 100 ? Sachant que j'ai déjà des idées pour une nouvelle AU qui ne sera pas un crossover.

Enfin, je voulais remercier comme d'habitude tout ceux qui ont pris le temps de me lire, de suivre cette histoire et de me laisser une review qui me fait toujours aussi plaisir ! :D

Chapitre un petit peu plus court que normalement, je m'en excuse !


Chapitre 18 :

La fumée de ma cigarette me brûlait les poumons, la cendre chassée par une légère brise. De là où je me trouvais, assise sur le rebord du toit de l'hôtel, je parvenais à voir une grande partie du quartier dont les rôdeurs frôlaient le bitume comme des fantômes. Ils ne se battaient plus pour trouver de la nourriture mais ne faisaient que errer sans réel but. Aucun objectif, aucun avenir. Pour peu, je pourrais presque me reconnaître parmi eux. D'ici, le silence semblait presque iréel et je tournai mon regard vers le ciel dont l'abscence de lumière humaine faisait ressortir les étoiles comme jamais.

- Besoin de compagnie ?

Je me retournai pour croiser Raven. Elle me fixait tranquillement, une radio à la main, deux bouteilles de bières dans l'autre. Elle posa l'objet et prit place sur le rebord de l'immeuble avant de me tendre l'une des boissons que je pris avec un hochement de tête.

- Où est-ce que tu les a trouvé ?

- Murphy les a ramené de la dernière ronde. Bellamy a essayé de les reprendre mais je suis plutôt douée pour dérober ce genre de trucs, me répondit-elle avec un sourire.

- Des traces d'Emerson ?

Elle ne parut pas étonnée par ma question. Depuis qu'il avait réussit à s'échapper de l'hôtel, cinq jours plus tôt, je lui demandais sans cesse la même chose. Je voulais descendre dans la rue et traquer cet animal jusqu'à ce que je le retrouve et que je lui colle une balle en pleine tête. L'unique chose qui me retenait se résumait à un nom. Lexa.

Raven secoua la tête.

- Il a disparu dans la nature. Clarke...tu devrais arrêter de chercher ce type. On a éliminé presque toute sa clique et lui il a fuit comme un chien la queue entre les jambes. C'est fini.

- Fini ? Ce qu'il a fait...ce qu'il lui a fait...

- Je sais que c'est difficile mais il faut que tu passes à autre chose. Ça fait cinq jours que tu n'as pas dormi, tu manges à peine et tu passes tes journées dehors. Tu vas finir par te faire tuer à chercher un homme qui est sûrement très loin d'ici. C'est comme...c'est comme chercher une chimère Clarke. Tu vas finir par devenir dingue.

- Ce n'est pas déjà le cas ?

La jeune femme abaissa la bouteille qu'elle venait d'approcher de ses lèvres et fixa son regard dans le mien avec tellement d'intensité que je faillis rompre le contact visuel.

- Ce qui est arrivé avec Finn, dit-elle sérieusement, ce n'était pas de la folie. Tu venais de subir de la torture. N'importe qui aurait réagit de la même manière.

- J'ai failli le battre à mort Raven. Et lui tirer une balle entre les deux yeux. Tu n'imagines même pas à quel point j'avais envie de presser cette détente. Il était là, à genoux devant moi en train de pleurer comme un enfant et pourtant j'avais cette...cette envie de le tuer. S'il n'y avait pas eu...Si...

- Lexa, acheva-t-elle. Elle a besoin de toi Clarke. Tu ne peux pas continuer de rester loin d'elle comme tu le fais.

- C'est mieux pour elle. Je suis dangereuse.

- À qui espères-tu faire croire ça ? Elle est en vie grâce à toi.

- J'ai levé la main sur elle. À chaque fois que je ferme les yeux, je me revois en train de la battre. Je n'ose même plus clore les paupières.

- Ecoute-moi.

Elle posa sa main sur la mienne et la serra.

- Tu lui as sauvé la vie. Tu le sais, Lexa le sait. Il faut que tu sois près d'elle. Tu ne lui feras aucun mal. Plus jamais. Je sais que tu as peur mais il faut que tu sois forte pour elle car en ce moment c'est ce dont elle a besoin.

Mon regard se fixa de nouveau sur la rue où un groupe de rôdeurs venaient sans doute de trouver une proie à se mettre sous la dent car ils se dirigeaient d'un même mouvement vers l'une des allées adjacentes.

Je savais que Raven disait vrai. En cinq jours, j'avais seulement aperçu Lexa et en de très peu occasions. Elle avait tenté de me parler mais je feignais toujours d'être occupée, d'avoir des rondes à faire ou d'autres conneries pour ne pas voir son visage, pour ne pas lire dans ses yeux tout ce que je craignais d'y lire.

- Réfléchis-y. Tu devrais lui parler avant notre départ demain et en profiter pour une véritable nuit de sommeil. On en aura besoin pour quitter cette ville. Demande-lui pardon si cela peut soulager ta conscience, même si selon moi, il n'y a rien à pardonner.

Mon amie relâcha la main qu'elle tenait toujours dans la sienne et se releva, m'abandonnant sur ce toit où mes pensées deviendraient mes seules compagnes. En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, je descendis ma bière et fumai une dernière cigarette. Raven avait raison. Demain nous allions quitter la zone rouge pour tenter notre chance au dehors de la ville et rejoindre les camps de survivants. J'avais cruellement besoin de repos et au de-là de ça, j'avais besoin de la voir. Rester éloignée d'elle pendant autant de temps me donnait l'impression que mon cœur implosait jours après jours mais j'étais terrifiée.

Je me relevai, les pieds au bord du vide, et jetai ma bouteille aussi loin que je pouvais dans la rue. Le bruit attira les rôdeurs mais j'avais déjà tourné les talons pour rejoindre l'escalier de secours qui me ramena à l'intérieur de l'hôtel. Je croisais le chemin de Lincoln et Bellamy qui s'activaient à droite à gauche pour vérifier que tout était prêt pour le départ, ainsi que ma mère en grande conversation avec Jaha. Je lus dans son regard qu'elle aurait aimé que je lui parle, que je m'arrête un instant pour que nous puissions discuter mais la perspective d'une discussion avec elle était une épreuve en plus que je ne me sentais pas d'affronter pour le moment. Aussi, je lui fis un simple signe de tête, espérant qu'elle comprendrait, et poursuivit mon chemin vers la chambre de Lexa.

La porte était fermée et je faillis une seconde tourner les talons pour la laisser se reposer. Mais les paroles de Raven revinrent me percuter brutalement et je me forçai à toquer doucement contre le bois. Aucun bruit ne se fit entendre. Prudemment, j'activai la poignée et pénétrai à l'intérieur de la pièce. Seules quelques bougies brillaient dans la pénombre de la nuit et me permirent de distinguer la silhouette de Lexa déjà glissée sous les draps. Je m'approchai lentement, contournant le lit pour venir au plus près d'elle.

Elle semblait déjà dormir à poing fermé. Les paupières closes, je voyais sa poitrine se soulever régulièrement. La vision de son visage encore légèrement tuméfié par mes coups me serra la gorge mais je retins les larmes qui tentaient de remonter. Mon regard dévia vers son oreiller où l'une de ses mains reposait sur ce qui me semblait être la crosse d'une arme. C'en était fini de la Lexa insouciante que j'avais connu. Désormais elle aussi vivait dans la peur au point de dormir avec un pistolet sous la tête, prête à presser la détente en cas d'attaque.

Je la dévisageai un instant puis finis par m'asseoir sur le rebord du matelas. Je ne savais pas quoi dire, ni quoi faire. Je n'eus pourtant pas grand chose à faire car les yeux de ma belle s'ouvrirent brusquement et mon cœur s'emballa douloureusement lorsqu'y aperçus la peur. Mais sa terreur disparut aussitôt qu'elle me reconnut.

- Clarke ? Que se passe-t-il ? Il est l'heure de partir ?

- Non, ne t'en fais pas. J'étais juste... Je suis venue pour te voir.

- Oh.

- Tu sembles surprises ?

- Considérant le fait que tu m'as ignoré ces cinq derniers jours oui je le suis, répondit-elle d'une voix froide.

Ces mots m'atteignirent plus durement qu'ils n'auraient dû et je baissai la tête, honteuse de mon comportement.

- Désolée...Clarke je suis désolée. Je ne voulais pas le dire comme ça. Le pire c'est que je ne t'en veux pas.

- Tu devrais. Lexa depuis ce jours-là, après...après ce qui est arrivé, je n'arrive plus à me regarder dans un miroir. Je n'ai pas voulu t'ignorer, je te le jure, mais comment avoir la force de te faire face après ce que je t'ai fais ? Qu'est-ce que je pourrais trouver à dire ? Désolée ne me semble pas assez fort. Et quand je vois...

Je tendis la main vers elle, prête à glisser le bout de mes doigts sur son visage, mais Lexa eut un mouvement de recul précipité et j'aperçus dans ses pupilles un éclat de peur. Blessée mais peu surprise par sa réaction, je laissai retomber mon bras. Peut-être que son esprit pouvait prétendre me pardonner mais son corps lui n'oubliera jamais la violence que je lui avais fais subir malgré moi.

- Je suis désolée Clarke, murmura ma brune. Ca a été un réflexe, je ne voulais pas...

- Tu n'as pas à t'excuser. Je t'ai...Je t'ai battu. Ta peur est justifiée.

- Je n'ai pas peur de toi. J'ai besoin de temps pour accepter tout ce qu'il s'est passé mais en aucun cas je n'ai peur de ce que tu es.

- Tu mens très mal, soufflai-je avec l'ombre d'un sourire.

- Je n'ai pas peur de ce que ces mains peuvent me faire, murmura Lexa en se redressant.

Avec tendresse, elle prit mes mains dans les siennes avant de continuer.

- J'ai peur de ce qu'elles ne voudraient plus me faire. Caresser mon visage, entrelacer ces doigts aux miens...parcourir mon corps.

Ses lèvres frôlèrent mes phalanges et je ne pus retenir un frisson devant ce spectacle. Les émotions et les sentiments bataillaient en moi avec une rage tumultueuse mais je ne pouvais pas les laisser hurler dans mon esprit quand la seule chose qui m'importait était Lexa. La douceur de sa bouche contre les poings qui l'avaient brutalisé firent naître les larmes que je contins malgré tout.

- Ce qu'on doit faire pour survivre et qui l'on est vraiment sont des choses différentes Clarke. Je te connais, j'ai confiance en toi.

Les souvenirs de cet instant-là me frappèrent avec force et je me revis lever la main sur elle, encore et encore, jusqu'à la faire tomber à la limite de l'inconscience. Sans pouvoir m'en empêcher, j'éclatai en sanglot, assailli par la culpabilité que je gardais en moi depuis cinq jours. Mon moral venait de s'effondrer en même temps que mes nerfs.

Lexa réagit en quelques secondes et m'attira contre elle. J'enfouis ma tête au creux de son cou tandis que je m'aggripais à son tee-shirt comme à une bouée de sauvetage. Mes larmes coulaient sur mes joues et je savais que je trempais son maillot mais je ne parvenais pas à m'arrêter. Je m'excusais en boucle, incapable de dire autre chose, tandis que ma bien-aimée caressait mes cheveux avec des paroles apaisantes. Elle me berça longtemps, bien après que j'eus parvenu à me calmer. Mes yeux se fermèrent peu à peu alors que Lexa s'allongeait dans le lit, m'entraînant avec, et ce fut tout habillé et le cœur souffrant que je parvins à trouver le sommeil aux creux de ses bras.

*Clexa*Clexa*Clexa*

Je regardai Raven bidouiller les fils de la machine, les sourcils froncés par la concentration. Derrière nous, les autres commençaient à rassembler les affaires dans les voitures pour le grand départ. Lincoln, Bellamy, Octavia et Murphy s'étaient séparés en deux groupes afin de bloquer les allées et éviter la moindre attaque de rôdeurs.

- J'y suis presque, murmura la mécanicienne. Encore un peu de patience et...

Un vrombissement de moteur lui arracha un rire victorieux et elle se releva prestement avant de me montrer la moto noire avec un immense sourire.

- Le carrosse de Madame est avancé !

- Je te remercie énormément Raven. Ça me touche.

- T'inquiète. Je sais que ça n'a pas été facile pour toi ces derniers temps alors je me suis dis que c'était la moindre des choses.

Je ne répondit rien mais l'enlaça contre moi. Réparer une moto pour moi pouvait être insignifiant pour beaucoup de monde mais ce petit geste représentait beaucoup. Une touche de couleurs dans mon tableau noir.

Raven me serra en retour mais finit par se séparer rapidement.

- Allez, rit-elle, tu vas finir par rendre ta femme jalouse. D'ailleurs, elle est où ? Depuis que vous êtes arrivées ensemble ce matin, je ne l'ai pas revu.

- Octavia et elle ont pris un instant pour dire au revoir à Harper... Elles avaient besoin de temps pour elles. Maintenant que Octavia est en patrouille, je suppose qu'elle doit régler deux trois affaires. Ou qu'elle a besoin d'être seule.

- Tu veux un conseil Clarke ? Je pense que la solitude n'est pas ce dont elle a besoin en ce moment.

Je compris son message implicite et hochai la tête pour la remercier avant de m'éloigner en direction de l'hôtel où je croisai Jaha, Finn et ma mère. Finn baissa la tête en m'apercevant mais pour l'instant ce n'était pas de lui dont je voulais m'occuper.

Je traçai jusqu'à l'une des pièces où j'aperçus Lexa occupée à rassembler le reste des armes.

- Toc toc, m'annonçai-je. Tout est prêt pour le départ ?

- Tout est prêt. Je voulais m'assurer qu'on ne laisse rien derrière nous. La moindre arme pourra nous être utile pour rejoindre les camps à l'extérieur de la ville.

- Besoin d'aide ?

Je récupérai les quelques fusils qu'elle me tendit et m'apprêtai à sortir lorsqu'un appel de sa part me fit me retourner. Ses yeux verts s'ancrèrent dans les miens, faisant brutalement accélerer les battements de mon cœur, et je l'observai s'approcher de moi jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres. Son regard descendit un instant sur mes lèvres. J'étais figée, incapable de faire le moindre mouvement, mais Lexa ne me laissa pas le temps de réfléchir plus et combla l'espace entre nous pour me donner un baiser tendre et doux qui me coupa pourtant le souffle. La dernière fois que ma bouche avait touché la sienne était la veille de ce jours noire.

Elle finit par se reculer après de longues secondes.

- N'oublie pas ça, murmura-t-elle. D'accord ?

- C'est promis...

- Alors maintenant tout est prêt. On peut y aller.

Nous rejoignîmes rapidement le reste du groupe alors qu'ils commençaient à monter dans les voitures. Mais lorsque je vis Finn ouvrir à son tour la portière, mon sang ne fit qu'un tour et je m'approchai à grands pas, claquant ma main contre la tôle pour la refermer avec force.

- Clarke, qu'est-ce -

- Tu ne montes pas avec nous.

Nos compagnons cessèrent leurs activités pour nous regarder. Si j'avais tourné la tête, j'aurais peut-être aperçu le froncement de sourcils de Lexa ou la mine déconfite de ma mère mais à cet instant j'étais concentrée sur le garçon en face de moi.

- Je ne monte pas ? Mais -

- Tu vas prendre l'un des sac à dos qui contient la nourriture et une arme. Quand ce sera fait, tu vas t'éloigner d'ici sans te retourner. Je t'ai peut-être épargné mais je ne pardonnerai jamais la trahison que tu nous as faite. Nous sommes une communauté et tu es allé la détruire avec le premier inconnu, entraînant la mort de l'un d'entre nous et les blessures d'autres. Je ne vais pas te tuer, mais il est hors de question que tu restes avec nous plus longtemps.

- Clarke, balbutia Finn les yeux écarquillés de terreur, sans le groupe je vais me faire tuer.

- Alors tu n'auras que ce que tu mérites. Lexa !

Ma petite-amie s'approcha de nous et je récupérai l'un des fusils pour le précipiter dans les bras du garçon.

- Estimes-toi heureuse que j'ai assez de pitié pour toi pour te laisser des vivres et une arme.

Je n'attendis pas plus longtemps et tournai les talons pour rejoindre la moto que Raven avait rallumé. Ma colère face à Finn ne parvenait pas à s'éteindre. Alors je chevauchai l'engin sans un regard en arrière, concentrée sur la route qu'il nous restait encore à faire. Le claquement des portières m'indiqua que le reste du groupe montait dans les voitures mais un poids se fit peser sur ma selle et je me retournai pour croiser le regard déterminé de Lexa. Si elle était en désaccord avec ma décision elle n'en laissa rien paraître et se contenta de serrer ma taille de ses bras. Elle se pencha une seconde vers moi et déposa un baiser sur ma joue.

- Allons-y, m'ordonna-t-elle.


Je vous l'accorde, un chapitre sans action mais ça faut du bien après le dernier chapitre qui en a choqué plus d'un...

J'ai hâte de lire vos réactions sur ce mini chapitre et je vous dis à bientôt pour la suite !

Bonnes vacances !