Dieu que c'était clinquant. À faire passer la Trump Tower pour un modèle de bon goût et de sobriété. Bah, maintenant que certains journalistes n'hésitaient plus à comparer la tour du président-milliardaire au château de Versailles, il ne fallait pas non plus s'étonner que Justin Hammer soit allé débaucher ce qui se faisait de pire en matière d'architectes d'intérieur. Restait juste à espérer que la Hammer Tower ne soit pas qualifiée de « Trianon new-yorkais » ou, en représailles à cette attaque intolérable à leur patrimoine, les Français finiraient par réclamer aux Américains la restitution de la statue de la Liberté.

Tony grinça des dents devant cette débauche de marbre et de dorures et sentit arriver un monstrueux mal de crâne. Et il n'était encore que dans le hall de l'immeuble, putain ! Le regard suspicieux du gardien le dissuada de mettre ses lunettes de soleil dans l'entrée. Le gars - Heimdall, selon son badge - l'avait déjà observé sous toutes les coutures avant de vérifier que son nom figurait bien sur le registre des invités de M. Rogers alors, maintenant qu'il avait été autorisé à mettre un pied dans le sanctuaire, autant ne pas se faire remarquer. Il eut un bref sourire et se dirigea vers l'ascenseur, sentant toujours le regard inquisiteur de Heimdall posé sur lui. Il se demanda vaguement s'il allait trouver des boutons d'appel en diamant et un boîtier de commande en platine mais l'ascenseur était relativement sobre, comparé au reste. L'appareil s'éleva sans bruit avant de s'arrêter au vingtième étage.

Avant qu'il ait pu frapper, la porte s'ouvrit sur un Steve rayonnant.

« Bonjour, Tony. Vous avez trouvé facilement ?

— Je ne traîne pas souvent dans le quartier mais l'immeuble ne passe pas... inaperçu, finit-il avec un clin d'œil.

— C'est vrai, répondit Steve en riant. Je me demande comment je fais pour éviter de déclencher une migraine ophtalmique à chaque fois que je traverse le hall.

— Portez des lunettes de soleil, ce sera plus sûr. »

Riant toujours, Steve l'invita à entrer.

Tony retint un sifflement. Sol en marbre, check. Plafond miroir, check. Fausse commode Louis XV, check. Un sans faute du mauvais goût dès l'entrée. Il suivit son hôte jusqu'au salon, en se demandant s'il ne serait pas inspiré de semer des petits cailloux pour retrouver son chemin jusqu'à la sortie. Steve s'arrêta - enfin - au centre d'une pièce immense et ouvrit les bras en prononçant un timide « voilà ».

Beau résumé. Tony, devant ce délire de mégalomane, ne sut quoi dire. S'adossant à une colonne « à l'antique » terminée par des feuilles d'acanthe dorées, il prit son temps pour observer les lieux. Devant lui, plusieurs canapés crème à l'aspect pas franchement confortable, couverts de coussins au monogramme de Justin. Un bureau d'inspiration Louis XIV. Une cheminée sur laquelle trônaient des vases de style athénien. La pièce ressemblait à un hall d'exposition où on aurait entreposé les meubles et accessoires les plus chers, sans souci de cohérence. C'était froid, impersonnel et franchement hideux. Continuant son exploration, il leva la tête et retint un fou rire. Cette fois, le plafond n'était pas un miroir mais une peinture représentant une scène mythologique dont Hammer, juché sur un char et couronné de laurier, tenait le rôle principal. Steve et Alma avaient donc hérité - temporairement - du futur appartement de leur propriétaire ? Tony ne savait pas si c'était une chance, étant donné le caractère kitchissime de l'endroit. Le seul point positif de l'appartement était la vue à couper le souffle sur la ville.

« C'est moche, hein ? demanda timidement Steve.

— Non, moche n'est pas un mot assez fort pour décrire ce que j'ai sous les yeux. Que pensez-vous d'affreux ?

— Je pensais à monstrueux.

— Immonde, proposa Tony.

— Dégueulasse ! », s'exclamèrent-ils en chœur, avant de piquer un fou rire.

« Je sais bien que je devrais être reconnaissant au propriétaire pour nous avoir relogés. Et je le suis. Mais, franchement, tout cet argent et aussi peu de goût ? Quel gâchis, dit Steve en secouant la tête. La personne qui m'a fait visiter l'appartement a même essayé de me faire croire qu'il s'agissait du portrait de l'arrière-grand-mère du propriétaire, dit-il en désignant un tableau dans un cadre doré affreusement chargé. Comme si je ne savais pas qu'il s'agit d'une mauvaise copie de la Rêverie de Renoir, soupira-t-il.

— Oui, cela m'étonnerait beaucoup que le propriétaire soit un descendant de Jeanne Samary », sourit Tony.

Au regard curieux de Steve, Tony se demanda quelle gaffe il avait bien pu commettre.

« Vous vous intéressez à la peinture, Tony ?

— Euh... Comme tout le monde. J'avais lu une biographie de Renoir, il y a longtemps, et je me rappelle ce tableau. »

Il n'ajouta pas qu'il avait admiré l'œuvre au musée Pouchkine de Moscou. Autant éviter l'appel aux urgences psychiatriques.

Heureusement, Alma arriva au salon à ce moment-là, empêchant Tony de mentir davantage.

« Tony, t'es là ! T'as vu ? Ça brille, hein ? On dirait la salle de bal dans la Belle et la Bête !

— Ça, pour briller, ça brille, lui sourit Tony. Tu vas bien, Alma ?

— Très bien. Je vais te montrer ma chambre, t'as jamais vu ça : pour aller de mon lit aux toilettes, je prends ma trottinette ! », annonça l'enfant avec un clin d'œil.

Décidément, Tony adorait cette gosse.

« M'en parle pas, j'angoisse à l'idée que le GPS déclare forfait et que je ne puisse pas retrouver la sortie, répondit-il en riant.

— Bah, ça, ce serait pas grave, il y a une chambre d'amis, tu n'aurais qu'à dormir ici.

— Faudra que tu me prêtes une trottinette, alors.

— Tu prendras le vélo de papa, ce sera mieux.

— En attendant, viens, Alma, on va faire visiter l'appartement à Tony », intervint Steve.

Le petit visage d'Alma se plissa de contrariété.

« Maintenant ? Mais, papa, c'est l'heure de My Little Pony ! C'est la nouvelle saison en plus ! déclara-t-elle avec une moue tremblante. Je te l'ai dit encore tout à l'heure, je ne veux pas rater le nouvel épisode ! En plus, tu m'avais dit oui !

— Alma...

— Vu la taille de l'appartement, nous pouvons peut-être commencer la visite et Alma me montrera sa chambre... et sa trottinette, dès que l'épisode sera terminé, déclara diplomatiquement Tony.

— Dis oui, papa, dis oui !

— D'accord, capitula son père. Mais juste My Little Pony. Tu ne restes pas hypnotisée devant Discovery pendant deux heures.

— Promis ! »

Toute excitée, Alma s'installa dans l'affreux canapé crème pour suivre les nouvelles aventures de Twilight Sparkle et de ses amies.

« Je ne comprends pas comment elle peut aimer ce truc, soupira Steve, dès qu'ils furent dans le couloir.

— Question de génération, Steve. Mes parents trouvaient bien idiot mon amour des comics.

— Batman ? X-Men ?

— Plutôt Captain America, sourit Tony.

— Vraiment ? Je ne vous imaginais pas fan d'un personnage aussi... conventionnel.

— Je pourrais vous écrire une thèse vous expliquant en quoi Captain America est loin d'être un héros conventionnel mais ça m'intéresse : j'ai une tête à lire quoi ? Wolverine ? Deadpool ?

— D'accord, je tire encore des conclusions hâtives, rit Steve. Mais, pour ce que je sais de vous, vous ne semblez pas être le genre d'homme fasciné par l'autorité et la discipline, alors votre choix m'étonne.

— Je vous le dis si vous promettez de ne pas rire, soupira Tony.

— Promis.

— Gamin, j'avais accroché des posters de Captain America dans ma chambre et je lui parlais. Je m'étais mis en tête que, si Captain America protégeait le monde, il pouvait bien me protéger aussi. Avant de dormir, je lui demandais d'éloigner les monstres de sous mon lit, des choses comme ça. Je sais, ça a l'air débile.

— Non, c'est mignon. Sérieusement, c'est adorable.

— Ouais, fit Tony, mal à l'aise. J'avais 9 ans, la dernière fois. Ça fait longtemps que Captain America ne dort plus au-dessus de mon lit », termina-t-il en haussant les épaules.

Plus depuis que Howard avait décrété que Tony était trop grand pour ces enfantillages. Du jour au lendemain, comics et posters avaient été rangés dans un carton et entreposés au grenier du manoir Stark. Tony se demanda soudain si le carton y était toujours.

« Et voici ma chambre », dit Steve en ouvrant théâtralement les bras et en s'efforçant de ne pas rire.

Putain d'Adèle ! Tony aurait pourtant dû s'y attendre. Le reste de l'appartement était une ode au mauvais goût et à la démesure, pourquoi la chambre parentale aurait-elle été différente ? Les décorateurs de Justin avaient juste atteint l'apothéose du kitch dans cette pièce.

Le sol en marbre noir et l'écran géant au mur juraient affreusement avec les meubles en marqueterie. Le lit - immense, évidemment - semblait trôner au centre de la pièce et sa tête de lit en cuir noir contrastait curieusement avec une couette en coton. Levant la tête, il découvrit son regard incrédule dans le plafond-miroir.

« Mais qu'est-ce que... réussit-il à articuler.

— Vous ne trouvez pas ça beau ? pouffa Steve.

— Vous faites comment pour réussir à dormir dans ce lupanar ? demanda Tony avec effarement.

— D'abord, je suis infirmier, je suis habitué à dormir n'importe où, n'importe quand.

— C'est une chance, oui, sourit Tony.

— Ensuite, poursuivit Steve, luttant pour garder son sérieux, j'ai procédé à quelques petits "aménagements" pour rendre cette pièce un peu moins, comment dire ?

— Cauchemardesque ? proposa Tony.

— Froide, trancha Steve. J'ai rangé les draps dans la penderie et j'ai mis les miens à la place. Venez, je vais vous montrer. »

L'infirmier incita Tony à le suivre dans le dressing attenant à la chambre et lui désigna des draps de soie soigneusement rangés sur une étagère. Il en déplia un, révélant ainsi le monogramme de Justin. Ce crétin signait tout, des coussins à sa literie. Il avait peur d'oublier son propre nom ou quoi ?

« La soie, c'est froid et ça glisse, expliqua Steve. Alors, j'ai préféré prendre ma couette, même si elle n'est pas aux dimensions du lit.

— Vous avez bien fait. Et ça, c'est quoi ? », demanda-t-il en pointant une silhouette fantomatique recouverte d'un drap.

Sans attendre la réponse à sa question, il tira d'un coup sec sur le drap et resta stupéfait.

« Je ne suis pourtant pas prude mais je n'ai pas envie qu'Alma voie ce truc à chaque fois qu'elle rentre dans ma chambre », dit calmement Steve.

Tu m'étonnes ! Tony croyait se souvenir que, dans l'Antiquité, les Romains plaçaient ce genre de statue dans leur jardin pour éloigner le mauvais œil et protéger les vergers mais il doutait que Justin possède beaucoup d'arbres fruitiers ou croie au mauvais sort. En regardant plus attentivement la statue, il lui sembla noter une certaine ressemblance entre les traits du dieu et Hammer. Sérieux ? Il savait que la mégalomanie de Justin n'avait pas de limites mais de là à se représenter sous les traits du dieu Priape... Et pour le reste, il avait fait comment ? Il avait avalé une boîte entière de Viagra ? Tony essaya d'imaginer la scène, Justin Hammer posant nu devant un sculpteur complaisant, un sourire triomphant aux lèvres. L'artiste avait sûrement eu besoin d'une loupe pour repérer le gnocchi de l'homme d'affaires.

Riant, il leva la tête vers Steve qui semblait lui aussi sur le point d'éclater de rire.

« Vous pourriez en faire un charmant porte-serviettes, réussit-il à dire.

— C'est une idée. Ou une jolie lampe de chevet, si je réussis à placer un abat-jour au bon endroit », renchérit Steve.

Tony se demanda comment il avait pu prendre Steve pour un boy-scout, rigoriste et intransigeant. Il était assurément un père attentif et soucieux de l'éducation de sa fille, mais il n'était pas un moine pour autant. L'humour et la répartie facile du père de famille le ravissaient.

« Regardez-moi ça, fit Tony en attrapant l'objet du délit. Je ne sais pas comment fait la statue pour rester droite. Elle devrait basculer en avant !

— Je me suis aussi posé la question jusqu'à ce que je réalise que le socle était renforcé pour contrebalancer l'effet de la gravité, répondit Steve, le plus sérieusement du monde.

— Depuis quand êtes-vous expert en gravitation ?

— Depuis que j'ai soulevé ce truc pour le ranger hors de la vue de ma fille. Allez, rendez-le moi. C'est moche, d'accord, mais je suis sûr que son propriétaire y tient. Ce n'est pas parce qu'il a mauvais goût qu'il faut risquer de la casser, dit Steve en tendant la main.

— Nan. Je veux examiner de plus près ce chef d'œuvre », rétorqua Tony en sortant du dressing pour se diriger vers le mur vitré de la chambre.

À la lumière du jour, la chose était plus hideuse encore mais les derniers doutes de Tony s'envolèrent, le sculpteur avait représenté Priape sous les traits de Justin. Un Justin rêvé par lui-même. L'artiste avait tracé des abdominaux que le propriétaire de Hammer Industries était loin de posséder, avait grandi l'homme d'affaires et lui avait fait arborer un sourire à la fois triomphant et lubrique. Gâcher ainsi du marbre pour satisfaire l'ego d'un milliardaire délirant, quelle tristesse. Il faudrait quand même que Tony explique à Justin que Priape devait sa particularité physique à une punition des dieux. Et que Priape était si laid que sa mère l'avait abandonné à sa naissance.

« Verdict ? demanda Steve, derrière lui.

— Imbitable, sans mauvais jeu de mots.

— Tony, soupira Steve, je veux bien laisser passer pour cette fois parce qu'Alma ne peut pas vous entendre... et parce que vous n'avez pas tort », conclut-il en éclatant de rire, suivi de près par Tony.

Ils rirent ensemble pendant de longues secondes. Tony commençait à avoir mal aux côtes mais, à chaque fois qu'il tentait de reprendre son souffle, il lui suffisait de regarder l'infirmier pour que le fou rire le reprenne. Steve ne ressemblait plus du tout à un moine. Les yeux brillants et les joues roses, son rire franc lui donnait l'air de l'adolescent insouciant qu'il n'avait peut-être jamais été.

Riant toujours, Tony recula pour aller s'asseoir sur le lit, l'affreuse statue à la main.

« Donnez-la moi, Tony, je vais la remettre dans le dressing. Je vais peut-être carrément l'enfermer dans le coffre. Alma est si curieuse, elle aurait vite fait de tomber là-dessus. Je me vois mal expliquer le priapisme à une enfant de cinq ans », dit Steve en luttant pour reprendre son sérieux.

À cette remarque de Steve, le rire de Tony redoubla. Il se laissa tomber en arrière, sur la couette en coton, et se mit littéralement à pleurer de rire.

Le matelas s'affaissa légèrement et le milliardaire rouvrit les yeux pour voir Steve penché au-dessus de lui, l'air un peu inquiet.

« Vous allez bien, Tony ?

— J'ai mal aux côtes à force de rire comme ça, avoua Tony.

— Inspirez et expirez, ça va passer. Calquez votre rythme sur le mien », dit-il en se penchant davantage.

Dans sa position, Tony eut tout le loisir de plonger le regard dans celui du blond. Il réalisa que le bleu des yeux de son hôte n'était pas uniforme, quelques touches de vert venaient troubler les iris de Steve. Il fut presque rassuré de découvrir enfin une légère imperfection chez son hôte.

« Tony ? »

Merde. Il espérait qu'il n'avait pas parlé tout haut, perdu dans sa contemplation.

« Respirez avec moi, Tony. »

L'infirmier lui souriait gentiment, le nez pratiquement contre le sien. Tony lui retourna son sourire et s'efforça de respirer au rythme de Steve. Il devait avoir l'air ridicule, allongé sur un lit trop grand, à côté d'une statue grotesque, son hôte pratiquement à cheval au-dessus de lui. Il préféra ne pas se regarder dans le miroir du plafond, l'idée qu'il se faisait de la scène lui suffisait.

« C'est bien, Tony. C'est très bien, dit Steve en venant lui saisir le poignet. Je m'assure que votre rythme cardiaque est normal, expliqua-t-il devant le regard surpris du brun.

— Je ne crois pas qu'il faille prendre au pied de la lettre l'expression "mourir de rire", répondit Tony, mal à l'aise.

— Détrompez-vous, Tony. Il y a trois jours, une femme a été hospitalisée après avoir subi un arrêt cardiaque après un fou rire qui a duré plus de trois minutes.

— Vous plaisantez, là ?

— Pas du tout, fit Steve, les doigts toujours sur le poignet du milliardaire. Chez les personnes rencontrant des difficultés respiratoires, il peut même y avoir des risques d'asphyxie.

— Vous savez comment faire retomber l'ambiance, soupira Tony.

— Ne vous inquiétez pas, ce sont des cas extrêmes. La plupart du temps, le rire n'a que des effets bénéfiques.

— Heureusement que j'ai un infirmier sous la main, plaisanta Tony.

— Je m'occupe de vous, Tony. Détendez-vous.

— Je suis détendu.

— Alors, taisez-vous », dit gentiment Steve.

Le milliardaire se tut et s'obligea à se relaxer. Plus facile à dire qu'à faire, quand 90 kilos de muscle vous chevauchaient. Porter le regard sur un point fixe pouvait l'aider, alors il regarda Steve dans les yeux, à la recherche d'autres nuances de vert.

« C'est mieux, Tony. Je sens votre rythme se stabiliser, c'est bien », continua Steve.

Étrangement, le ton légèrement infantilisant - déformation professionnelle ? - ne suscita chez Tony aucune remarque sarcastique. Le calme de la pièce et le sourire chaleureux de Steve lui firent même oublier sa position ridicule et achevèrent de le détendre. Concentré sur sa respiration, ses pensées parasites - les actionnaires qui lui mettaient la pression, son projet d'exosquelette qui n'avançait pas comme il l'aurait voulu - disparurent progressivement. Pour un peu, il se serait endormi tant il se sentait bien. Il retourna son sourire à Steve tout en se demandant distraitement s'il fallait vraiment autant de temps pour contrôler un rythme cardiaque.

« Tony, je voulais vous dire-, commença son hôte, sortant le milliardaire de sa bienheureuse torpeur.

— Je dérange, peut-être ? », l'interrompit une voix glaciale.

Tony et Steve tournèrent tous les deux la tête vers le seuil de la chambre et rougirent comme deux enfants pris la main dans la boîte de bonbons en avisant Bucky, la mâchoire crispée et l'œil noir.