Vous êtes nombreuses à avoir deviné qui venait d'arriver chez Bucky, vous assurez. :)

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« Pepper ? »

Il la regarda avec effarement. Qu'est-ce qu'elle foutait là ? Bonne question, mais il avait des problèmes plus urgents, les têtes commençaient à se tourner vers eux. Pendant que les applaudissements mouraient, il se rapprocha vers Pep et lui murmura rapidement à l'oreille :

« Ne dis pas qui je suis. Promis, je t'explique tout après mais, pour le moment, joue le jeu, je t'en supplie. »

Pepper signifia son accord d'un mouvement de tête mais son regard était meurtrier. Steve arrivait déjà.

« Je ne savais pas que vous aviez une invitée, Tony. »

Il s'efforçait de garder une voix neutre mais le milliardaire perçut le reproche non formulé.

« Je... J'ignorais qu'elle serait dans le quartier. Steve, je vous présente Virginia, ma... ma cousine.

— Enchantée, Virginia. Je suis très heureux de rencontrer la famille de Tony. Je suis Steve et voici ma fille, dit-il en désignant Alma, qui fête son anniversaire.

— Mes bougies vont couler ! gémit Alma.

— On les rallumera, promit son père.

— Je suis navrée d'arriver ainsi en plein milieu d'une fête de famille, sans m'être annoncée, s'excusa Pep.

— Ce n'est rien, je vous assure. Nous allions souffler les bougies et couper le gâteau, mais restez, je vous en prie. Vous êtes la bienvenue, je serai ravi d'en apprendre un peu plus sur Tony, il est tellement secret...

— C'est tout à fait lui, un vrai petit cachottier », feignit de plaisanter Pepper, le regard toujours aussi noir.

Steve rassura Alma, ralluma les bougies et rajouta des feux de Bengale. La salle entama un « joyeux anniversaire, Alma » enthousiaste pendant que Tony donnait quelques précisions à sa « cousine ».

« Je m'appelle Tony Carbonell et je suis mécanicien. Je ne suis pas à la rue mais ma situation financière n'est pas exactement florissante. D'accord ? »

Virginia le regarda comme s'il était un insecte particulièrement répugnant mais continua de sourire.

« Bravooo ! », s'exclama la salle quand Alma réussit l'exploit de souffler ses six bougies d'un coup.

Steve embrassa sa fille et ce fut le signal de la distribution des cadeaux. Alma fut bientôt submergée de présents en tout genre, vêtements, livres, jeux et même un ballon de foot, cadeau qui sembla particulièrement réjouir la petite fille, au grand étonnement de Tony. Décidément, il n'était plus dans le coup.

« Et ça, c'est ton cadeau, Tony, déclara Alma avant de déchirer le papier. Oh ! s'exclama-t-elle devant une panoplie composée d'une tunique bleue frappée d'un éclair doré, d'une cape rouge, d'un masque bleu et d'une manchette dorée. Merci, Tony, merci ! Comment tu sais que je l'adore ?

— Ça te plaît, alors ? Je me suis dit que, puisque tu aimais les super-héros, il y avait des chances que Kamala Khan te plaise, répondit-il avec un clin d'œil.

— Elle est géniale, Kamala ! Et le costume est trop beau ! Merci, Tony ! »

Alma sauta dans les bras de Tony avant d'exhiber fièrement son costume devant ses copines.

« Merci, Tony, déclara Steve. Mais ça a dû vous coûter très cher...

— Ne vous inquiétez pas pour lui, Steve, ironisa Pep. Un bon mécanicien comme mon cousin ne sera jamais complètement à la rue.

— Cela me rassure, je ne voudrais pas que cela vous place dans une situation difficile.

— Il n'y a aucun problème, je vous assure.

— Puisqu'il vous le dit, Steve ! Et votre fille est trop mignonne en Kamala, dit Pepper en désignant Alma qui avait déjà passé la cape du costume et qui riait au milieu de ses amies, Tony a eu une excellente idée, pour une fois.

— Ella va probablement vouloir dormir avec, acquiesça Steve. Vous vivez à New York, Virginia ?

— Non, elle habite dans le Connecticut, s'empressa d'intervenir Tony. À... Milford.

— New Haven, déclara Virginia sans se troubler. J'ai déménagé il y a trois mois.

— Ah ?

— Oui, Tony. Tu verras, tu vas adorer. Ses théâtres, ses bibliothèques, ses plages... Tu seras bien là-bas, dans un environnement sain et relaxant. Et le garage marche du feu de Dieu, on refuse même du monde. Tu vois, tu vas pouvoir travailler l'esprit libre, dans l'atelier que je t'ai aménagé, finit-elle avec un sourire carnassier.

— Quoi ?!

— Oh, Tony, soupira Pep. Quand j'ai appris tes "difficultés", je me suis dit "Virginia, ma grande, hors de question qu'on dise que tu n'auras pas levé le petit doigt pour aider ton cousin ! Tu pars direction Big Apple, tu retrouves Tony et tu le ramènes à la maison, la famille, c'est sacré." J'ai mis le temps pour te localiser - tu ne voulais pas qu'on te retrouve, c'est ça ? mais j'ai fini par obtenir l'adresse de ta pension de famille. C'est tout lui, ça, dit-elle à Steve, trop fier pour demander de l'aide, même à sa famille.

— Oui, je sais, sourit Steve. Je n'arrête pas de lui dire qu'il faut savoir accepter une main tendue.

— Tu vois ? s'exclama Virginia, implacable. On se tue à te le dire ! Mais, maintenant, c'est fini, on rentre à Milford tous les deux.

— Je croyais que c'était New Haven ? demanda Steve.

— Bien sûr ! New Haven, je voulais dire New Haven, fit Pep avec un rire charmant. J'ai vécu tellement longtemps à Milford, je ne suis pas encore vraiment habituée. Mais je vais m'y faire ! Et Tony aussi...

— Je suis vraiment content que tout s'arrange pour Tony, même s'il va nous manquer, déclara Steve avec un petit sourire triste.

— Mais, je-

— Papa, tu m'aides à couper le gâteau ?

— Tout de suite, chérie. Virginia, Tony, on continuera cette conversation un peu plus tard, d'accord ? »

Tony regarda Steve rejoindre sa fille avant de se tourner vers la présidente de Stark Industries.

« C'est quoi, ce délire ?!

— Je te sauve juste la mise, cousin. Tu devrais me remercier. Grâce à moi, tu vas pouvoir quitter la scène sans inquiéter personne et te remettre au travail.

— On arrête tout, cousine. Depuis quand tu gères ma vie privée ?

— Depuis qu'elle déborde sur ta vie professionnelle, rétorqua Pep. Qu'est-ce que tu fous, exactement, Tony ? Tu arrives en retard aux réunions et, même quand tu y assistes, tu n'es pas vraiment là. Nos projets prennent du retard, nos actionnaires s'impatientent et je passe une partie de mes journées à rassurer nos partenaires. Et tout ça, pour quoi ? Pour que tu puisses jouer à être quelqu'un d'autre ? »

Il soupira. Pepper était impitoyable mais elle avait raison, il déconnait à pleins tubes.

« Je ne joue pas. Pas au sens où tu l'entends. Disons que la situation m'a échappé mais je n'ai pas délibérément voulu ça.

— C'est l'histoire de ta vie, Tony.

— Yep. Je suis un sale con, c'est pas nouveau. Écoute, Pep, de toute façon, j'avais prévu de tout dire à Steve ce soir. Dès qu'il saura la vérité, il ne voudra probablement plus me voir, alors, tu vois, aucune raison de t'inquiéter, je vais vite être de retour aux affaires. »

Le regard de Virginia s'adoucit légèrement.

« Tout ceci a quelque chose à voir avec les immeubles de Justin, n'est-ce pas ?

— Steve vit dans un de ses immeubles, confirma Tony. J'ai voulu l'aider et le truc a pris des proportions que je n'avais pas imaginées. Mais ce sera bientôt fini, alors... finit-il en haussant les épaules. Mais comment as-tu su que j'étais là ?

— Je t'ai fait suivre par Happy, déclara Pep comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Pas la peine de me regarder comme ça, Tony. Et pas la peine non plus de jouer l'indignation, ça ne te va pas. J'avais besoin de réponses, maintenant j'en ai.

— Parfois tu me fous les jetons, tu le sais, ça ?

— Apparemment, pas encore assez, Tony. »


Tout le monde se retrouva bientôt avec une part de gâteau et un verre et les invités s'assirent pour déguster leur morceau de super-héros - Tony hérita du poing de Hulk. Il réfléchissait à la meilleure façon d'attaquer ce morceau de choix, pendant que Virginia réduisait en pièces le bouclier de Captain America, quand Wanda vint s'installer à côté d'eux.

« Bonjour, je suis Wanda, se présenta la jeune femme à Virginia.

— Bonjour, moi c'est Virginia, enchantée, répondit Pep avec un sourire forcé.

— Je suis tellement contente de vous rencontrer ! Nous avions tous peur que Tony soit seul, alors savoir qu'un membre de sa famille se soucie assez de lui pour lui tendre la main, c'est vraiment rassurant.

— Je ne laisserai jamais tomber mon cousin, grinça Pep en coulant un regard meurtrier en direction dudit cousin.

— Bien sûr, nous allons regretter son départ. Tony est adorable et de si bon conseil, dit Wanda avec un sourire radieux.

— Tiens donc ? On me l'aurait changé ? Quels conseils donnes-tu, cousin ? Comment disparaître quand les autres te cherchent ? Comment remettre au lendemain ce que tout le monde attend pour hier ? »

Indifférente au climat électrique et au ton venimeux de Pepper, Wanda répondit gentiment, pendant que Tony levait les yeux au ciel :

« Tony m'a fait comprendre que je devais avoir confiance en moi et ne pas chercher à vouloir être quelqu'un d'autre pour plaire aux autres.

— Oh. Si c'est lui qui dit ça, vous pouvez le croire, il sait de quoi il parle, cracha Pep.

— Mais oui, continua Wanda. Il a raison, je le sais.

— Qui a raison ? demanda Sam en proposant à boire.

— Tony, lui sourit Wanda. Tu savais qu'il allait partir à Milford ?

— New Haven, rectifièrent en chœur Pepper et Tony.

— Ah ? C'est... bien.

— Oui, approuva Tony du ton réjoui du condamné qui monte à l'échafaud.

— Cela n'a pas l'air de vous faire plaisir ?

— Si, si, bien sûr. Qui n'aimerait pas aller vivre à New Haven ? répondit Tony avec une gaité forcée. Ses plages, ses bibliothèques et son air pur...

— C'est très bien, New Haven, intervint Bucky. Vous y serez sûrement mieux là-bas qu'ici. »

Tony s'attendait à voir Bucky jubiler mais son expression était indéchiffrable. Encore une énigme. Il tenta de soutenir le regard du restaurateur mais fut rapidement découragé. Bucky ne cillait pas et son visage restait impassible, une vraie statue de cire. Tony était convaincu qu'il aurait pu rester ainsi, sans bouger, à le fixer du regard, jusqu'à la fin des temps. Il rompit le contact visuel et s'efforça de s'intéresser à la conversation.

« Vous reviendrez nous voir de temps en temps, quand même ? demandait Wanda.

— Pas tout de suite, je le crains. Il va être très occupé, le temps qu'il comprenne notre organisation et qu'il prenne le pli, répondit Virginia avant que Tony ait pu ouvrir la bouche.

— Oui, mais je-

— Depuis quand tu ne t'es plus imposé d'horaires ou de règles ? Tu verras, Tony, se remettre dans le moule n'est pas si évident, tu vas avoir beaucoup de choses à rattraper. »

Il aurait bien voulu rétorquer quelque chose, n'importe quoi, mais un regard vers Pepper l'en dissuada. Elle le tenait par les couilles, ils le savaient tous les deux. Soit il jouait le jeu du pauvre paumé heureusement secouru par sa bienveillante cousine du Connecticut, soit Virginia déballait tout, sans moyen pour lui d'adoucir les angles.

« Tony, il était beau mon gâteau, hein ?

— Très. Très original. J'ai failli demander pardon à Hulk pour lui avoir mangé le poing.

— Ah, ah, moi, j'ai eu le masque d'Iron Man, c'est cool, non ?

— Super cool, Miss Marvel. »

Ravie, Alma prit la main de Tony et l'entraîna vers la piste de danse, donnant ainsi le signal à DJ Bucky. Les affaires reprenaient sur le dancefloor.


Même l'irascible Pepper avait fini par se lever pour se mêler aux danseurs. Il faut dire qu'elle n'avait pas eu le cœur de dire non à Alma quand la petite était venue lui demander de les rejoindre. Mais, quand les premiers invités partirent, non sans avoir chaleureusement remercié Alma et son père, mademoiselle Potts commença à manifester des signes d'agacement et à lancer des regards impérieux en direction de Tony qui comprit le message.

« C'est bon, on va y aller, Pep. Donne-moi juste un moment pour parler à Steve.

— Tu es sûr de vouloir faire ça ? New Haven t'offrait une belle porte de sortie, tu n'es pas obligé de...

— Non, Pep, je lui dois bien ça. Je m'étais promis de tout dire à Steve ce soir, je vais le faire. Il est temps que je me montre honnête.

— Et s'il se sent trahi et qu'il réagit mal ?

— Il ne sera sûrement pas ravi mais je vais essayer de lui faire expliquer comment les choses en sont arrivées là. C'est un homme raisonnable, il comprendra », répondit Tony avec une assurance qu'il était loin de ressentir.

Il ne précisa pas que, d'être entouré des invités d'Alma lui donnait un petit sentiment de sécurité. Steve ne voudrait certainement pas gâcher la fête par des éclats de voix. Quant à se livrer à certaines... voies de fait, c'était risible, Steve ne ferait jamais ça. Il tapait dans des sacs de sable, ça s'arrêtait là. Non ?

« Steve, je peux vous parler ? En privé ?

— Bien sûr, Tony. Allons dans la réserve, on s'entendra mieux qu'ici. »

Tony sentit sur sa nuque les regards de Pepper et de Bucky pendant qu'il s'éloignait avec Steve.


Quand Steve eut refermé derrière eux la porte de la remise, Tony se racla la gorge.

« C'était vraiment une belle fête, Steve. Alma était ravie et je crois que tout le monde s'est bien amusé, moi le premier.

— J'en suis ravi. Nous avons fait au mieux pour que tout le monde participe, je suis content que cela vous ait plu. »

Ils discutèrent encore un peu de l'organisation de l'anniversaire d'Alma avant qu'un silence gêné s'installe entre eux. Imaginant déjà Virginia s'impatienter derrière la porte, Tony décida qu'il était grand temps de se lancer.

« Je voulais vous dire- , commencèrent-ils en même temps.

— Désolé, Tony. Allez-y.

— Non, je vous en prie, je vous écoute », répondit Tony, soulagé d'obtenir un peu de répit.

Steve se mordit la lèvre et le fixa longuement avant de parler.

« Tony, c'est assez délicat. Comment dire ça ? D'abord, sachez que je suis très content que vous vous rapprochiez de votre cousine. La famille est ce qu'il y a de plus important et Virginia a l'air de quelqu'un de très bien. Vraiment. Et je suis sûr qu'à vous deux, vous allez vous lancer dans une entreprise qui deviendra vite prospère. Votre cousine est volontaire, ça se voit, je suis sûre que rien ne l'arrête quand elle est décidée. »

Ça, tu peux le dire.

« Et New Haven est une ville très agréable, j'y suis passé une fois, c'est sûrement plus sain comme environnement que New York, de très loin.

— Steve, je ne-

— S'il vous plaît, Tony, ne m'interrompez pas, c'est déjà assez dur comme ça, fit Steve en baissant les yeux un instant. Ce que je veux vous dire, c'est... c'est que je suis content pour vous. Sincèrement. Mais... »

Il releva la tête et dit, comme on se jette à l'eau :

« Je sais que je ne devrais pas vous dire ça. Pas maintenant. Mais... je dois vous le dire. J'aurais dû vous le dire bien avant, je repoussais sans cesse, j'attendais le bon moment mais je trouvais toujours une mauvaise raison pour me taire. C'est de ma faute si on en est là. »

Il sait, se dit Tony. Il sait depuis longtemps et il va me présenter la note.

« Non, Steve. C'est uniquement de ma faute. J'ai gardé le silence alors que-

— Je ne vois pas comment vous pourriez être responsable, Tony. À moins que... Oh, Tony, vous aviez deviné, alors ? »

Tony lui lança un regard complètement perdu. Qu'était-il censé avoir deviné ? Il n'en avait aucune idée mais il était sûr que Steve et lui parlaient de deux choses bien différentes.

« Oh, merde. Tony, je sais que je vais vous paraître égoïste en vous disant ça mais, je vous en prie, réfléchissez avant de prendre une décision comme celle-ci. Il existe de nombreuses opportunités dans cette ville pour quelqu'un avec vos capacités, vous pourriez... Oh, putain, putain, je suis nul, ce n'est pas du tout ce que je voulais vous dire. »

Tony résista à l'envie de souffler « langage ! ». Ça devait être effectivement important pour que l'infirmier s'oublie ainsi, plusieurs fois dans la même phrase, se dit-il avant de réaliser que Steve s'était rapproché.

« Euh... Steve ?

— Ne partez pas », répondit Steve avant de poser les lèvres sur les siennes.