« Enfoiré ! Tu savais, hein ? »
Installé à sa table habituelle chez Tiny, Tony releva la tête, abandonnant provisoirement la lecture de son article.
« Je savais quoi, Justin ? Que tu aimais te donner en spectacle ? », répondit-il d'une voix vaguement ennuyée.
Hammer écumait littéralement de rage - un peu de bave lui coulait au coin des lèvres. Il prit un moment pour se calmer - sans oublier de s'essuyer les lèvres du dos de la main - avant de tendre un document à Tony.
« Tu savais que ton terrain serait déclaré inconstructible quand tu me l'as vendu ?
— Pourquoi ? Tu voulais y construire quelque chose ?
— Ne te fous pas de moi, en plus !
— Alors là, ce n'est pas mon genre, Justin. Mais comme Hammer Industries sont en plein greenwashing, j'ai pensé que tu avais prévu d'ouvrir un parc où les citoyens du New Jersey pourraient venir profiter de la verdure et du grand air. Je me suis trompé, alors ? dit-il avec une petite moue digne d'un enfant de cinq ans.
— Cela t'amuse, hein ? Tu t'es bien foutu de ma gueule mais, crois-moi, tu ne l'emporteras pas au paradis, Tony Carbonell. »
À la mention du nom de sa mère, Tony accusa le coup tandis que Justin s'approchait :
« Tu vois, Tony, dit-il d'une voix dangereusement douce, je trouvais surprenante ta soudaine poussée de philanthropie. Alors, quand Heimdall m'a averti qu'un homme correspondant à ta description était venu rendre visite à Steven Rogers et qu'il se faisait appeler Tony Carbonell, je me suis dit que l'explication devait être à chercher de ce côté. Je pensais que tu les préférais bruns et capitaines d'industrie mais, apparemment, tes goûts ont évolué... Remarque, il n'est pas mal, ton petit infirmier, dans son genre. »
Tony lutta contre l'envie de lui coller son poing dans la figure pour faire disparaître ce petit sourire satisfait. Ce serait confirmer Justin dans ses conclusions.
« Je te comprends, Tony, continuait la fouine à visage presque humain. On veut tous le meilleur pour nos proches, c'est humain. Vraiment, je te comprends. Mais, tu comprendras aussi que je ne puisse pas laisser passer sans réagir, ou tu ne me prendrais plus jamais au sérieux », dit-il avec un sourire qu'il voulait diabolique.
Le milliardaire grimaça intérieurement.
« Accouche. Qu'est-ce que tu veux, Justin ? »
Hammer prit le temps de picorer une frite dans l'assiette de Tony, de s'essuyer les mains avec sa serviette avant de dire, avec un grand sourire :
« Mais je ne veux rien de toi, Tony. Bonne journée ! »
Justin tourna alors les talons, l'air très satisfait de lui. Aux clients du restaurant qui avaient tourné la tête vers lui, Tony adressa un clin d'œil et un sourire amusé. Il finit son repas comme s'il avait déjà oublié Justin. Pourtant, manger quand on a l'esprit noué n'est pas chose facile. Tout en sauvant les apparences, il réfléchissait à toute vitesse. Justin avait été très clair, il allait le lui faire payer. Ce n'était pas la première fois que l'homme cherchait à prendre sa revanche mais, jusqu'à présent, Tony avait observé ses pitoyables tentatives avec amusement, Justin ne réussissant qu'à se ridiculiser davantage. Mais, cette fois, Justin avait un bel atout dans sa manche. je ne veux rien de toi, Tony. Le message était clair, Hammer allait chercher à l'atteindre à travers Steve. Oui mais, comment ? Ce débile avait insinué que Steve et lui entretenaient une relation, allait-il balancer à la presse leur supposée love affair ? S'il ne s'était agi que de lui, Tony ne s'en serait pas préoccupé. S'il faisait son possible pour rester discret, il n'avait parfois pas pu empêcher que sa vie soit jetée en pâture à un public avide de sensations, que ce soit lors du décès de ses parents ou de sa relation avec Ty. Il savait comment réagir, seul ou avec l'aide de ses avocats. Mais Steve n'avait pas demandé à voir sa vie privée s'étaler en public. Il fallait vraiment qu'il le prévienne.
Steve ne répondit pas davantage à ses messages que les autres fois. Les jours suivants, Tony scruta la presse avec inquiétude. Ni lui, ni Steve ne firent la une mais, quatre jours après sa rencontre avec Justin, il décida qu'il était grand temps de faire quelque chose de plus concret.
Bucky mettait de l'ordre dans la salle du restaurant quand Tony arriva. Il tourna la tête vers l'intrus, le dévisagea longuement avant de lâcher du bout des lèvres :
« Steve n'est pas ici. »
Sur ce, Bucky tourna le dos au milliardaire et finit de retourner les chaises sur les tables. Manifestement, la discussion était close. Tony prit une grande inspiration. Ce n'était pas le moment de perdre son calme.
« C'est vous que je voulais voir. »
Sans se presser, Bucky finit de ranger avant de se tourner enfin vers Tony.
« Ah. »
C'était clair, James n'allait pas l'aider. Très bien.
« J'ai peur que Steve ait bientôt des problèmes.
— Plus graves que ceux qu'il a connus en fréquentant un milliardaire mythomane ? »
Première pique en moins d'une minute chrono, ça commençait bien.
« Écoutez, James, que vous me détestiez, c'est votre droit mais ce n'est pas le propos. Ce qui importe, c'est que Steve pourrait bientôt se retrouver dans une situation qu'il n'aura pas désirée... Il ne veut pas me parler, je le comprends mais vous, vous êtes son ami, si vous le prévenez, il vous écoutera. »
Le visage toujours impassible, Bucky resta encore silencieux quelques secondes. Quand il parla, ce fut manifestement à contrecœur.
« Très bien. Parlez. Mais faites vite. »
Tony parla de son premier dîner avec Steve et Alma, de l'état de l'appartement, de son désir de faire quelque chose pour aider le père et sa fille. Il raconta comment il avait amené Hammer à faire les travaux nécessaires et à reloger les habitants de l'immeuble. Il finit en évoquant la colère de son rival quand il avait réalisé que Tony l'avait floué, et son inquiétude à l'idée que la rancune de Justin se retourne contre Steve.
« Je trouvais bizarre que le proprio de Steve veuille tout à coup faire les travaux que ses locataires lui réclamaient depuis des mois. Je comprends mieux. Et vous croyez donc que, pour se venger, il va aller raconter à la presse que Steve et vous êtes ensemble ?
— Croyez-moi, je le connais bien. Je suis sûr qu'il va impliquer Steve là-dedans.
— Pourquoi êtes-vous là, Stark ? Pour Steve ou pour vous ?
— Je vous l'ai dit, je-
— Ouais, je sais ce que vous avez dit. Mais êtes-vous sûr de ne pas avoir plus à perdre que Steve, si votre concurrent met ses menaces à exécution ?
— Vous savez ce que c'est, que d'être traqué jour et nuit par les journalistes en quête d'un scandale bien juteux ? Moi, je le sais, je suis passé par là. Je sais laisser glisser quand il faut et me défendre au besoin. Mais Steve ? Et Alma ? Ils n'auront aucun répit, ces gens-là vont retourner toute leur vie pour trouver de quoi vendre du papier. Je peux les aider, les conseiller si ça arrive. »
Bucky soupira avant de sourire, un petit sourire ironique qui ne présageait rien de bon.
« Vous avez raison, Stark, Steve est bien impliqué. Mais pas de la façon que vous croyez.
— Que voulez-vous dire ?
— Tous les locataires de l'immeuble viennent de recevoir un courrier d'Epsilon Group, les informant que, en raison des travaux engagés, travaux qui relèvent considérablement le standing de l'immeuble, leur loyer va se retrouver sensiblement augmenté.
— Mais il n'a pas le droit !
— Le droit, c'est bien pour ceux qui connaissent les lois, et comment les contourner. En attendant, les habitants de St Nicholas se retrouvent avec un loyer révisé à la hausse. Il y a peu de chances que Steve puisse rester.
— C'est impossible, il est trop attaché à cet endroit, il-
— Il n'a pas exactement les mêmes revenus que vous, vous savez ?
— Je peux l'aider ! Hammer a d'excellents avocats, mais les miens sont meilleurs, ils trouveront la faille et-
— Et vous allez faire tout ça dans le dos de Steve, encore une fois ?
— Il ne veut plus me parler ! Comment pourrais-je...
— Ce n'était pas des paroles en l'air, alors ?
— Vous savez que j'ai du mal à vous suivre ? fit Tony, sa résolution de garder son calme commençant à sérieusement s'effriter.
— Quoi qu'il arrive, je vous le promets, si vous avez besoin de moi - pour quoi que ce soit - je serai là », cita Bucky.
Tony resta sidéré. Ce type osait lire le courrier des autres ?
« La lettre était restée sur son bureau, je cherchais du brouillon et je suis tombé dessus », dit nonchalamment James.
Et moi, je suis le pape François ! pensa Tony.
« Vous ne me croyez pas ? Je m'en tape, ce n'est pas le propos, pour reprendre votre expression. Le fait est que Steve - et les autres résidents de l'immeuble - ont besoin d'aide et que vous êtes sûrement leur meilleur atout. Mais...
— Mais ?
— Si vous m'interrompez tout le temps, on ne va pas avancer, déclara James avec une mauvaise foi assumée. Mais vous ne pouvez pas jouer les bienfaiteurs anonymes sur ce coup-là. Vous devez exposer ce que vous comptez faire, à tous les résidents, et à Steve, en premier lieu.
— Il-
— Il ne veut plus vous parler, je sais. Il est têtu, ça aussi, je le sais. Mais, dans l'affaire, il ne s'agit pas que de lui. Alma et tous les habitants de l'immeuble sont également concernés. Je vais lui parler.
— Euh... merci.
— Ne me remerciez pas, je ne fais pas ça pour vous.
— Je m'en doute.
— Et moi, j'en doute. D'abord, si Steve apprenait que j'ai trempé là-dedans, même indirectement, sans lui avoir demandé son avis, il me le reprocherait jusqu'à mon lit de mort. Ensuite, c'est moi qui vous ai balancé à Steve », avoua James avec un petit sourire satisfait.
Ce mec ne manquait vraiment pas d'air mais Tony n'était même plus sûr de lui en vouloir.
« Ça, je m'en doutais aussi, répondit-il en lui retournant son sourire.
— Vraiment ?
— Steve n'a pas cité votre nom mais j'ai bien compris que ce "il" dont il parlait ne pouvait être que vous. Comment avez-vous découvert... tout ça ? Et quand ?
— J'ai eu des doutes sur vous depuis le début. Certains détails ne cadraient pas et je me suis promis de vous tenir à l'œil. Quand votre "cousine" est entrée dans mon restaurant, j'ai noté votre réaction. Vous aviez l'air tout sauf ravi de voir un membre de votre famille. En fait, vous aviez l'air complètement paniqué. Alors, j'ai fait les poches de la cousine Virginia et j'ai trouvé une carte de visite au nom d'une certaine Virginia Potts, PDG de Stark Industries. Une rapide recherche sur Internet m'a confirmé que votre cousine ne dirigeait pas exactement un garage dans le Connecticut ET que son "cousin" était trop modeste pour parler de son diplôme du MIT comme d'un simple certificat en mécanique.
— Les explications les plus simples sont toujours celles auxquelles on pense en dernier, sourit Tony.
— Oui. Mais, même avec ça, j'ai eu du mal à convaincre Steve que vous n'étiez pas Tony Carbonell.
— C'était le nom de ma mère, confia Tony.
— Pourquoi lui avoir menti ? »
Le milliardaire observa un moment le restaurateur. Il fut surpris de lire une réelle interrogation dans les yeux de Bucky. Il n'était pas en colère, juste perplexe. Alors, il lui raconta. Le manteau-serpillière, l'écharpe et le bonnet, l'assiette de ragoût, la promenade au parc et le dîner chez Steve. Bucky fronça les sourcils au début de son récit, avant de se mettre à ricaner quand Tony évoqua ses tentatives pour convaincre l'infirmier qu'il était très riche et très influent et les réactions incrédules du blond.
« Cela ne m'étonne pas de lui. Quand Stevie a une idée en tête, il faut y aller très fort pour l'en faire sortir. Mais, quand même, vous aviez largement les moyens de le convaincre de votre identité, lui reprocha-t-il. Cela vous amusait à ce point de venir voir comment vivent les prolos ?
— Je ne me suis jamais moqué de personne, souffla Tony. Mais vous avez raison, j'aurais pu - dû - dire la vérité bien avant... C'est vrai, Steve ne voulait pas me croire, mais je pense que ça m'arrangeait et que j'ai inconsciemment repoussé le moment de tout avouer. En clair, j'ai merdé. Mais je suis sincère, j'ai apprécié chaque instant passé avec lui... avec vous tous, corrigea-t-il, soucieux d'éviter de braquer davantage Bucky contre lui.
— Ah. Même quand je vous ai coincé dans la cuisine de Steve ? »
Tony grimaça avant de sourire.
« Vos inquiétudes étaient légitimes, même si vous êtes plutôt direct dans votre façon de les exprimer.
— Pourquoi perdre du temps à tourner autour du pot quand on peut dire les choses simplement ? D'ailleurs, tant qu'on y est, que ressentez-vous pour Steve ? »
Droit au but, en effet. Bucky semblait toujours aussi impassible mais, sur ce sujet, il ne pouvait pas tromper Tony.
« Et vous ? rétorqua-t-il avec hargne.
— Steve est mon meilleur ami », répondit l'autre sans se troubler. Devant la moue incrédule et légèrement dégoûtée de Tony, il ajouta :
« Que croyez-vous savoir, Stark ?
— Steve pense que vous aviez un crush sur Peggy au lycée mais il se trompe, n'est-ce pas ?
— Margaret était une belle personne, sur tous les plans. Qui n'en aurait pas été amoureux ?
— Vous. Vous étiez amoureux de Steve à l'époque, et vous l'êtes toujours. C'est tellement évident que je me demande comment Steve fait pour ne pas s'en rendre compte. »
Il s'attendait à ce que Bucky lui rie au nez, lui dise qu'il avait trop d'imagination ou qu'il se lève pour régler ça aux poings mais l'homme le surprit, une fois encore.
« Je suis son meilleur ami, cela ne lui vient tout simplement pas à l'esprit, répondit Bucky avec un petit sourire résigné. Il ne peut pas imaginer que le garçon avec qui il a joué enfant puisse ressentir autre chose qu'une profonde amitié pour lui. Et c'est très bien comme ça, finalement. Oh, je sais ce que vous pensez. Vous vous dites, ce pauvre type crève d'amour depuis des années, il a trop tardé à avouer ses sentiments, résultat, Steve a rencontré et épousé Peggy. Ce n'est pas faux. Je me suis tu. J'aurais peut-être dû tout lui dire, avant que les choses deviennent trop sérieuses entre Peg et lui. Mais si vous croyez que je me suis réjoui du décès de Peggy, vous êtes un pauvre type. C'était une fille géniale, généreuse, intelligente et déterminée. Avant de la rencontrer, Steve était plutôt timide et mal dans sa peau, Margaret lui a donné confiance en lui et l'a toujours soutenu. Je ne l'ai jamais vu aussi heureux que lorsqu'il m'a appris qu'il allait être père et jamais aussi désespéré que lorsqu'il a compris que Peg était condamnée. Alors, si vous croyez que j'ai vu dans la mort de Margaret l'occasion que j'espérais depuis des années, vous êtes totalement à côté de la plaque ! D'abord, parce que j'ai été trop occupé à l'empêcher de s'écrouler. Ensuite, parce que je les ai bien observés, Peg et lui. Je ne pourrai jamais lui apporter ce qui existait entre eux. Cela ne fonctionnerait pas entre nous, même si... on essayait. On se connaît trop, je le stresserais avec mes attentes, il m'énerverait avec ses conceptions idéalistes des gens et de la vie, on finirait par se détester... Mais cela ne signifie pas que je sois prêt à voir le premier connard venu piétiner ses illusions, cracha-t-il enfin. Que ressentez-vous pour lui ? répéta-t-il.
— Je n'en sais rien. »
Tony leva les mains en geste d'apaisement devant le regard noir de Bucky.
« Je... Je pensais que Steve avait été l'homme d'une seule femme. Oui, je sais, c'est débile, mais je l'ai cru. Je n'ai jamais imaginé qu'il puisse être amoureux de moi, ou penser l'être. J'aimais discuter avec lui, rire avec lui, ou juste être avec lui, mais je ne me suis jamais interrogé sur... Je n'ai pas cherché à mettre un mot sur ce que j'éprouvais pour lui.
— Et aujourd'hui ?
— Je ne sais toujours pas ce que c'est, répondit honnêtement Tony. Mais il me manque.
— Vous lui manquez aussi, dit à regret Bucky.
— Cela m'étonnerait. Il n'a répondu à aucun de mes messages, ni à ma lettre.
— Il est trop fier pour ça mais je sais qu'il morfle. Pourquoi croyez-vous qu'il ait gardé cette putain de lettre au lieu de la mettre au vide-ordures ?
— Pour que vous la trouviez sur son bureau, peut-être ? », cracha Tony.
Il se donna intérieurement des baffes au moment où les mots franchirent ses lèvres. Il s'était rendu chez Bucky comme on va à Canossa. Il avait besoin du soutien du meilleur ami de Steve pour pouvoir enfin lui parler, ce n'était pas en s'énervant qu'il y parviendrait. Il s'apprêtait à temporiser mais Bucky se contenta de sourire.
« Peut-être, oui. Il savait peut-être que je ne l'aurais pas écouté m'expliquer que vous n'étiez pas un connard fini, alors il a laissé traîner cette lettre pour que je la trouve. En la lisant, j'ai compris que vous étiez juste idiot.
— Vous vous foutez de ma gueule ?
— Un peu. Avouez que vous avez failli y croire ? Steve a juste laissé votre lettre sur le bureau, le temps d'aller ouvrir la porte d'entrée. Si c'était intentionnel, moi je suis Captain America », rétorqua Bucky. Il sourit encore quelques secondes et Tony fut une nouvelle fois frappé par la transformation physique du restaurateur. Dr. Barnes & Mr. Buck...
« On parle, on parle, mais ça ne fait pas avancer les choses, dit finalement James. Vous pensez vraiment pouvoir aider les résidents de St Nicholas contre Epsilon Group ?
— Oh oui, sourit Tony. Si ce connard croit pouvoir me menacer, je vais lui montrer de quoi je suis capable quand je suis vraiment énervé.
— Très bien. Stark, avant que j'oublie...
— Oui ?
— Foutez-vous encore de lui et je vous démonte. Compris ?
— Compris. »
