Bonjour !

Voici un nouveau chapitre comme chaque vendredi. L'histoire avance petit à petit.

Je voulais savoir si vous aviez aimé la preview de la semaine dernière ? Une review = un extrait du chapitre suivant ? Je continue ou j'arrête ?

Merci encore pour tous vos encouragements et vos reviews qui me pousse à me donner à fond.

Bonne lecture.

Epsi.

Chapitre 3 : Lâche ? Non, réfléchit.

Voilà, c'était dit.

L'infirmière vit l'adolescent la regarder avec ses grands yeux verts, un peu cachés par ses lunettes. Il avait un air incrédule. Comme s'il se demandait si c'était une blague. S'il devait rire ou pleurer. L'infirmière continua.

« La raison pour laquelle tu te sent mal est que... Tu es enceint, depuis environ deux mois. Au alentour de noël, je pense. »

Harry continua à la fixer, sous le choc. Les hommes pouvaient tomber enceints. C'était impensable. Et lui... Lui l'était. Non. Non non non, c'était un possible. Un bébé ? Il en avait toujours rêvé, mais pas là, maintenant. Ils étaient en temps de guerre. Il était l'ennemi numéro un de Voldemort. Il avait un bébé avec un homme qui l'avait détesté pendant longtemps et qui maintenant... Il ne savait même pas ce qu'ils étaient maintenant !

« Je vois que cette nouvelle te perturbe, mais je me permets de te dire le plus important avant de te laisser te reposer. » Elle prit un ton professoral et commença le discours qu'elle devait avoir en réserve pour ce genre de problème. « Tout d'abord, les sorciers ne pratiquent pas l'avortement. Ils ne font pas non plus, les fécondations artificielles étranges que font les Moldus. Pour eux, un enfant est un don de la magie, on ne peut le forcer ou le refuser. Malgré tout, une potion illégale existe. Je ne devrais pas t'en parler, mais je connais ta situation et je veux que tu fasses ton choix en connaissant tout les paramètres. Cette potion peut se trouver dans l'allée des embrumes, mais tu auras du mal à y aller sans être en danger. Je peux sûrement demander à Severus de t'en faire une... Dans tous les cas, les grossesses mâles sont identiques aux autres. Elles durent 9 mois et tu seras sujet au même symptôme : nausée, maux de dos, remontées acide etc... Les seuls symptômes que tu ne connaîtras pas sont ceux purement féminin, le tiraillement des seins par exemple, étant donné que tu ne feras pas de lactation. Les grossesses mâles sont tout de même plus dangereuses vu que leurs apparitions et leurs maintient est uniquement magique. Elle prend énormément sur la magie du porteur et la rend instable. L'expulsion est par l'anus. C'est évidemment très douloureux, mais avec les potions anti-douleurs c'est supportable. Autant que pour une femme. Les rapports sexuels sont ensuite proscrits pendant la durée de réparation des tissus, toujours avec des potions, spécifiques cette fois. »

Elle se tue un moment et regarda avec attention le rouge et or qui était passé par toutes les couleurs. Blanc quand il fut question d'avortement, rouge au moment de la lactation, bleu en parlant de la potion du professeur Snape, sûrement dû à un manque de respiration, et vert lorsqu'elle avait parlé de l'expulsion.

« Je ne dis pas ça pour te faire peur bien sur, mais tu dois savoir, » dit-elle doucement. Elle se tourna un moment fouillant dans ses potions pour lui laisser le temps de réfléchir.

Harry était dans un autre monde. Il engrangeait ses informations sans vraiment penser que c'était pour lui. Il avait besoin de temps. Il ne pouvait pas penser à ce que ça impliquerait.

Et qu'allait penser le monde sorcier lorsqu'ils allaient savoir que non seulement, le Survivant était enceint, mais en plus, de son détestable professeur de potion ? Il avait besoin de calme. Et surtout pas d'avis extérieurs.

Il sortit doucement sa baguette et la pointa sur le dos de l'infirmière.

« Désolé... » Murmura-t-il.

« Pour quoi mon gar... »

« Oubliette. »

Le rayon de lumière frappa le corps de l'infirmière qui se rigidifia un moment avant de s'effondrer sur le sol.

Harry quitta son lit, marmonna quelques formules pour effacer toutes traces de son passage et partit, sans un regard pour le corps affalé par terre. Il sortit sa cape d'invisibilité de sa poche et la passa autour de lui pour pouvoir rentrer au dortoir sans être vu. Il ne voulait parler à personne. Pas même à Hermione.

Il s'enferma dans son lit à baldaquin qu'il cribla de sorts en pagaille pour être tranquille. C'est à ce moment-là que les larmes commencèrent à glisser sur ses joues. Il s'adossa à la tête de lit, replia ses genoux contre sa poitrine et les entoura de ses bras.

Il pourrait avoir un bébé. Un bébé à lui. Lui offrir la famille qu'il avait toujours rêvé d'avoir. Et être heureux par la même occasion. Mais il y avait la guerre. Il ne pouvait pas être enceint sur un champ de bataille. Mais même s'il arrivait à reporter le combat le temps de sa grossesse, Voldemort pourrait ensuite atteindre le bébé pour l'atteindre lui. Et si lui-même venait à mourir, il laisserait un bébé orphelin. Orphelin de père. Enfin... De mère...

Arg ! C'était si compliqué... Et Severus dans tout ça. Oui, Severus ! Il ne pouvait décemment pas continuer d'appeler le père de son enfant par son nom de famille. Qu'allait-il en penser. Il ne savait rien de lui. Voulait-il des enfants ? Avait-il le moindre sentiment affectif pour lui ? Le laisserait-il élever cet enfant ? Participerait-il à son éducation. Tout cela était bien trop complexe.

Et Dumbledore ? Allait-il voir encore en lui un sauveur, ou il ne deviendrait qu'un faible qui se laissait dominer. Allait-il le forcer à avorter ? Allait-il les protéger ? Lui, le bébé, Severus ?

Severus... Il fallait qu'il lui parle. Après tout, il n'était pas seul et la décision n'appartenait pas qu'à lui. Avec un peu de chance, Severus serait ouvert et répondrait à ses interrogations... Ou alors, il lui ferait avaler cette potion de force.

Ses sanglots redoublèrent dans l'intimité de son lit à baldaquin. C'est à bout de forces, après des heures de larmes, qu'il s'endormit. Malheureusement avec ce bouleversement émotionnel, ses barrières d'Occlumancie étaient à leur niveau le plus bas et il ne pensa pas à les consolider avant de dormir, trop perturbé.

Et des émotions, Voldemort avait l'air d'en ressentir tout un tas. Durant son sommeil, Harry ressenti une colère noire et il sut qu'un des Mangemorts avait échoué. Il ressentit ensuite une jubilation malsaine et comprit que le Mangemort en question se faisait torturer pour son échec.

Un élan d'intérêt douteux le propulsa directement dans la tête de Voldemort. Il était assis sur son trône face à tous ses Mangemorts. Il était encore en colère, mais sa curiosité malsaine avait atteint son paroxysme lorsqu'il avait vu l'un de ses Mangemorts favoris.

« Severussss... Approche. »

Harry eut peur quand il vit Severus s'approcher du trône et s'agenouiller devant. Allait-il le torturer lui aussi. Il n'était pas sur de supporter la vue de son amant souffrant le martyre. D'un mouvements de main le masque de Mangemort s'estompa et Harry put voir le visage dur et impassible du professeur.

« Comment avance ta misssssion cher ssssserviteur. »

« Très bien Monseigneur, » répondit Severus avec une grimace de dégoût.

« Alors tu as réussssssis... » Répondit Voldemort songeur. « Dit-moi Severussss, comment as-tu pu t'acquitter de cette tache avec ton physique repoussant ? »

« C'est Hagrid qui se fou des dragons ! » Pensa Harry.

Comment un homme aussi laid, pouvait tenir un tel discours ? Entre ses cheveux et son nez absents, sûrement parti bronzé en Roumanie, sa peau pale et bleutée presque transparente à l'allure globuleuse et ses longs membres sans muscle s'échappant de part et d'autre de sa robe troué, il n'était certainement pas éligible au concours Veela de Playwitch !

« Je le connais depuis des années maintenant, je savais ce qu'il recherchait. Un moyen d'évacuer sa frustration et son stress, un minimum de caresse qu'il n'a jamais reçu auparavant et il ronronne comme un chaton dans le lit de n'importe quel Mangemort, » cracha Severus avec un sourire perfide. Les Mangemorts se mirent à rire autour d'eux.

Harry se sentait mal. Il y avait deux choses à comprendre dans cette discutions : soit Severus l'avait trompé sur ordre de son... Maître. Soit il était lui-même l'objet de cette mission. Et dans les deux cas, ça faisait mal. Très mal.

« Et alors, » reprit Voldemort, s'installant confortablement sur son trône en étendant ses jambes devant lui, les mains entrelacées sur ses cuisses. « Comment ce cher sssssurvivant se débrouille-t-il dans un lit ? »

Harry sentit la terre se dérober sous lui. Une mission, tout ça n'avait été qu'une mission... Ce sentiment de tendresse qu'il avait perçu ses derniers temps n'était que mensonge. L'homme qu'il en était venu à apprécier, pour ne pas dire un autre mot qui lui faisait encore peur jusqu'à présent, l'avait manipulé. Il ne s'était jamais senti aussi trahi.

« Je dois dire que, bien que je l'exècre, il a un physique appréciable et il bouge ses hanches comme une véritable chatte en chaleur, » répondit l'homme en noir avec un sourire cruel.

Les rires gras des Mangemorts redoublèrent derrière lui.

« Alors il est sssssi doué que ça ? » Demanda Voldemort avec une pointe de curiosité malvenue et une jubilation écœurante.

« Oui Maître. Il est peut-être un peu trop féminin pour moi, mais il reste un joli cul à fourrer, » déclara Severus toujours impassible.

« Et bien... Il sssssemblerait que j'ai trouvé une autre utilisation à notre cher sssssurvivant une fois que j'aurais instauré mon règne. Je comptais le tuer, mais il pourrait après tout ssssservir comme défouloir à tous mes Mangemorts. Je suis ssssûr qu'il sera délectable et que vous vous bousculerez tous à accomplir mes ordres pour avoir un peu de temps avec l'Elu du monde ssssorcier. » Les Mangemorts autour eurent l'air de frétiller d'excitation. « Et qu'en est-il des informations que tu devais lui sssssoutirer ? Les confidences sur l'oreiller, » demanda Voldemort, le front plissé.

« Rien pour le moment Monseigneur, j'ai préféré lui laisser le temps pour avoir pleinement sa confiance, et mieux le détruire après. »

Voldemort fit un sourire bizarre, comme s'il n'en croyait pas un mot mais qu'il trouvait cette idée plaisante.

« Bien Severusssss tu peux t'amuser encore un peu, mais ne tarde pas trop... Tu n'aimerais pas me voir en colère... » Répondit-il, d'une voix menaçante. L'atmosphère s'était soudainement alourdi et aucun des Mangemort ne mettait sa parole en doute. Severus hocha sèchement la tête et retourna dans les rangs.

« Préparez-vous Mangemorts ! Demain 14h, attaque de Prè-au-Lard ! »

Harry s'arracha soudainement de ce cauchemar. Il tremblait de partout et ses joues étaient à nouveau baignées de larmes. Severus l'avait trahi. Il était désemparé. Il y eut un gargouillement de son estomac et il écarquilla les yeux, la main sur son ventre. Le père de son enfant. Il attendait un enfant d'un Mangemort qui l'avait manipulé. Il devait partir d'ici. Tout à coup, son dortoir lui paru étouffant. Poudlard lui paru étouffant.

Titubant jusqu'à la salle de bains, il rendit son dîner dans la cuvette. Il resta accroupi plusieurs minutes devant les toilettes qui s'étaient vidées d'elles-mêmes comme à chaque fois que quelqu'un l'utilisait. Il se releva précipitamment pour se passer de l'eau sur le visage et se rincer un minimum. Une fois fait, il sortit sa baguette, toujours dans sa poche et de quelques sorts, prépara un sac, contenant le minimum. Quelques vêtements, ses livres avancés -dernier cadeau de Remus-, sa cape d'invisibilité, sa carte des Maraudeurs, son album photo, le cadre avec la photo de ses parents et son miroir double sens.

Il ouvrit précipitamment la porte de son dortoir, puis celle de la salle commune et sans faire attention au bruit ou aux rencontres qu'il pourrait y faire, dévala les marches en direction de la grande porte. Sur le chemin se heurta à un Draco Mafoy, préfet en chef, en train de faire sa ronde.

« Ben alors Potty, on sort après le couvre-feu ? C'est m... » Il s'arrêta dans sa raillerie en voyant l'état du Survivant. Le teint pâle, le corps tremblant, les joues humides. Son masque d'aristo se fissura et il s'avança vers son ami avec inquiétude. « Harry ? Ça ne va pas ? »

Harry se releva et s'éloigna de Draco, il voulait que personne ne l'empêche de partir. C'était lâche, mais il devait partir. Non. Il n'était pas lâche. Il était réfléchi. Il bredouilla quelque chose dans ses larmes et ses sanglots. Draco reconnut les mots "Severus" "vision", "cauchemars" et "trahi". Avant qu'il ne comprenne la situation, Harry était parti en courant, son sac sur le dos.

Une fois hors des limites de Poudlard, Harry transplana au Square Grimmaurd. Il n'était pas venu depuis si longtemps. Il entra rapidement et ferma les accès avec plusieurs sorts puissants. Une fois fait, il s'adossa à la porte et se laissa glisser au sol.

Il passa des heures à réfléchir sur ce qu'il devait faire. Et c'est déterminé qu'il mit un plan au point. Deux heures plus tard, il se releva et appela d'une voix claire « DOBBY ! » et dans un "pop", le petit elfe de maison à accoutrement ridicule apparut dans le hall.

« Monsieur Harry Potter, Dobby est si heureux de vous revoir ! Dobby était inquiet pour vous, et même si Dobby veillait de loin, Dobby n'était pas sûr de pouvoir vous aider et... » Commença le petit elfe en triturant ses oreilles de façon compulsive.

« Stop, » le coupa Harry. « Je vais bien. Enfin... J'irais mieux dans quelque temps... J'ai besoin de toi Dobby. »

« Tout ce que Harry Potter, monsieur, voudra, » répondit Dobby, les yeux bourrés d'admiration.

« J'ai besoin que tu me trouves un coin tranquille, loin d'ici, ou personne ne pourrait me trouver. » Dobby écarquilla les yeux, il n'avait pas l'air de comprendre, mais hocha néanmoins la tête.

« Mon état de santé est... Préoccupant, et personne ne doit le savoir. Je dois me cacher en attendant d'aller mieux. »

C'était une chose à ne pas dire. Dobby avait alors fondu en larmes et proposé à faire appel à tous les spécialistes de la planète.

« Écoute Dobby, je vais bien... Mais... Il me faut un endroit calme. Pourrais-tu me trouver ça ? »

« Bien sûr monsieur Harry Potter, monsieur. »

« Le problème, c'est que je n'ai pas de temps devant moi. Je dois partir demain, vers 15 heures » Dobby écarquilla les yeux.

« Si je peux me permettre, Harry Potter monsieur, si vous voulez que je puisse honorer votre demande, il faudrait me lier à vous. » Ce fut au tour de Harry d'écarquiller les yeux.

« Quoi ? Pourquoi ? »

« En devenant l'elfe de Harry Potter, monsieur, j'aurais accès aux coffres de Harry Potter. Je pourrais signer pour Harry Potter, monsieur, et accéder à la propriété qu'il va acheter pour l'aménager avant que Harry Potter arrive. » Dobby laissa ses paroles flotter un moment avant de reprendre. « De plus, si la santé d'Harry Potter est fragile, il aura peut-être besoin d'aide au quotidien. »

Harry réfléchit un moment, il regarda l'elfe, son ventre, la maison poussiéreuse dans laquelle il était puis pris sa décision.

« Très bien. Mais il y aura quelques petites mises au point ! »

« Je vous écoute futur Maître Harry Potter. »

« Voilà, déjà, tu enlèves le terme de "Maître Harry Potter" de ton vocabulaire. »

« Dobby ne peut pas... » Chouina l'elfe en commençant à paniquer.

« D'accord, d'accord ! Que penses-tu de Maître Harry, pour le moment ? » L'elfe hocha vivement la tête, faisant balancer ses immenses oreilles. « Ensuite, je veux que tu sois payé. Je veux aussi que tu portes des vêtements descend. »

Après plusieurs négociations et un rituel de formation de lien, l'Elfe disparu pour trouver la nouvelle maison d'Harry en suivant ses quelques indications. C'est-à-dire : chaleureux, grand sous-sol et loin. Pas très exigeant. Il devait être plus de trois heures du matin et Harry était épuisé, il se coucha sur le canapé pour attendre que son plan se mette en place. Inconsciemment, il mit une main sur son ventre qu'il caressa doucement.

OoOOoo

Severus transplana devant les grilles de Poudlard et conscient que personne ne le voyait, il s'appuya sur un mur de pierre et libéra sa respiration erratique. Il s'était rarement senti aussi mal. Il avaient dit des horreurs sur Potter. Il pensait que ça serait facile, et effectivement, les dires avait été plutôt simples. Mais entendre les commentaires et les idées perverses du Lord et ses Mangemorts l'avaient drôlement secoué. Et l'idée de Voldemort de faire du garçon l'esclave sexuel de ses suivants... Rien que l'idée lui retournait le ventre, et étonnement le cœur. Au moins, il avait gagné du temps, si Potter venait à être capturé, il serait fait prisonnier et non tué, il pourrait le délivrer...

Respirant plusieurs fois, il reprit un air impassible et se dirigea vers le château à grand pas. Il rêvait de se glisser dans son lit douillet et pourquoi pas contre le corps chaud de son jeune amant. Il ne l'aura sans doute pas attendu si longtemps et devait maintenant être dans sa tour de Gryffondor. Dommage... Il passa par un raccourci et arriva en quelques minutes devant la porte de ses appartements. Il fut surpris d'y voir Draco, l'air préoccupé. Il se racla la gorge pour attirer son attention.

« Un problème ? » Demanda-t-il ensuite.

Draco lui désigna la porte pour lui indiquer que la conversation était confidentielle. Severus hocha sèchement la tête et ouvrit pour faire entrer son filleul. Il s'installa sur le canapé au lieu de son fauteuil. Il avait pour habitude de se mettre ici maintenant que son lionceau personnel venait se coller à lui pour lire. Draco le remarqua mais ne dit rien.

« Je pense qu'on a un problème... »

« Parle, » répondit sèchement Severus qui voulait juste aller se coucher.

« J'ai croisé Harry... » Severus se fit plus attentif.

« Et ? »

« Il pleurait. » Severus releva vivement la tête pour encrer ses yeux dans ceux orageux de son vis-à-vis.

« Pourquoi ? »

« Je n'ai pas compris grand chose à part "Severus", "vision" et "trahi"

Severus pâlit brusquement. Il savait ce qu'étaient les visions du garçon. Celui-ci assistait parfois aux démonstrations de colère du Lord, mais plus depuis qu'il avait appris l'Occlumancie. Que c'était-il passé ?

Il pâlit d'autant plus quand il se souvint de ses propres mots, de ce qu'il avait dit au Lord. Il ferma douloureusement les yeux alors qu'un vide mémorable prenait place dans sa poitrine. Il l'avait traité de "cul à fourrer". Sur le moment, ses mots n'avaient pas été difficiles à dire. Il devait contenter son Maître et ce genre d'anecdote l'amuserait assez pour qu'il oublie de lui lancer un maléfice.

Malheureusement, lorsque le Lord avait insisté, que les Mangemorts avaient exulté à l'idée d'avoir le survivant pour eux, il s'était rendu compte que leurs mots à eu le touchaient d'avantage. Il avait distinctement entendu McNair énumérer toute les choses répugnantes qu'il pourrait faire au survivant et il avait eu envie de se retourner pour lui arracher la tête à main nue.

Oh oui... Il tenait beaucoup plus au jeune homme qu'il ne voulait bien se l'avouer. Ses aventures étaient d'habitude des Mangemorts, ou des personnages un peu louches de l'allée des embrumes. Ces histoires-là n'était que des coups, de la baise. Il n'avait jamais eu de relation aussi suivit. Merlin, il voyait Harry depuis 4 mois déjà. Il avait fait l'amour avec tendresse pour la première fois avec ce jeune homme. Et depuis ils étaient plus proches, plus doux plus... Aimant. Et cette réalisation le frappa de pleins fouets lorsque Draco lui apprit ensuite qu'il ne retrouvait plus Harry.

Il devait s'expliquer avec Harry. Il devait lui dire que tout ce qu'il avait pu voir et entendre n'étaient que des mensonges. Qu'il tenait vraiment à lui. Qu'il s'était même mis à l'appeler Harry dans son esprit, et non pas Potter. C'était ridicule vraiment... Mais il fallait qu'il le voie. Néanmoins, il ne se laissa pas envahir pas un sentiment Gryffondoresque. Déjà, il était épuisé, il fallait qu'il dorme. Ensuite, il ne savait pas ou chercher et même s'il arrivait à trouver le Gryffondor, il était sûr qu'il se prendrait un sort entre les deux yeux avant d'avoir ouvert la bouche, il fallait qu'il le laisse se calmer. Et pour finir, il devait laisser Harry caché jusqu'à la fin de l'attaque de demain. Cela éviterait qu'il s'invite sur le champ de bataille et risque sa vie.

« Je vais me coucher » Dit-il alors à son filleul d'une voix las.

« C'est tout ? » Demanda celui-ci abasourdi.

« Je ne peux rien de plus Draco... Ne sors pas du château demain après midi. »

Sur cette dernière phrase, il laissa le jeune homme en plan au milieu de son salon. Dans sa chambre, il s'appuya contre la porte. Il ne pouvait pas perdre Harry, pas maintenant. Il ne se le pardonnerait pas.

Il savait bien que ce lionceau n'était pas pour lui. Il était trop jeune, trop beau, trop fougueux, trop lumineux, trop naïf... Mais comme il se le répétait sans arrêt, il n'était pas raisonnable. Il voulait le garder encore un petit peu pour lui. Sentir son odeur, lui faire l'amour, le serrer dans ses bras, fourrager ses cheveux. Rien qu'une fois, une toute petite fois. Non, il n'était pas quelqu'un de raisonnable.

Il regarda sa chambre et remarqua pour la première fois des petits détails, prouvant que toute cette folie était bien arrivée. Un tee-shirt noir posé négligemment sur le fauteuil, le bougeoir sur sa table de nuit qui avait légèrement bougé pour faire de la place pour une paire de lunettes, un livre sur les plus grands attrapeurs du siècle sur la commode. Lui qui était incroyablement maniaque n'avait même pas réalisé que son quotidien changeait pour faire un peu plus de place à son amant. Dans sa maison comme dans sa vie.

Il se maudit une fois de plus pour avoir dit des choses aussi cruelles. Il savait que cette maudite mission serait un problème. Lorsque le Lord avait appris l'homosexualité de Potter, il avait tout de suite décidé de "s'amuser" et lui avait demandé de séduire le survivant, de le mettre dans son lit et de découvrir tous ses secrets, ses doutes, ses peurs, ses envies, pour pouvoir l'affaiblir et l'humilier.

Bien sûr, il n'avait eu aucune intention de faire ça. Il voulait tout simplement dire à Voldemort qu'il avait échoué. Même si celui-ci lui avait avoué que s'il n'arrivait pas à ses fins il enverrait Lucius séduire le survivant. Mais leurs entraînements forcés, les avaient obligé à se rapprocher et quand Harry l'avait embrassé, il n'avait pu résister.

Ensuite devant le Lord, il avait vu une occasion de prouver sa loyauté en laissant voir quelques images torrides et brutales, de leurs ébats à son Maître. Qu'il voit qu'il avait accompli sa mission. Qu'il ne le prenne plus pour l'espion qu'il était. Et ça aurait fait gagner du temps. C'était une bonne idée avant. Avant...

Bon sang, pourquoi Harry n'avait-il pas mis ses boucliers en place ?! Pourquoi avait-il fallu qu'il se retrouve dans l'esprit du Lord, pile à ce moment-là ?! Pourquoi à chaque fois qu'il avait un peu de bonheur, il le perdait. Toujours à cause du Lord.

Avec des gestes las, Severus se retourna et retira ses vêtements les laissant par terre, chose qu'il ne faisait jamais. Il avait juste besoin de calme et de solitude. Il se glissa sous les draps et enfoui son grand nez dans les oreillers, cherchant malgré lui à y retrouver l'odeur de son griffon.

OoOOoo

À 14h, une explosion soudaine fit sursauter tous les habitants de Pré-au-Lard. Les Mangemorts transplanaient dans tous les coins et lançait des sort au hasard dans le but de faire le plus de victime possible. C'était clairement une attaque pour narguer le directeur de l'école. L'Ordre était arrivé très vite et protégeait la population comme il le pouvait.

Severus, du côté des Mangemorts, avait trouvé sa proie. McGonagall. Il y avait plusieurs personnes dans l'Ordre, à qui il vouait, soit disant une haine profonde et qui était des cibles parfaites. Lorsqu'il était convié aux raids -ce qui était assez rare- ils avaient convenu d'un signe pour que ceux-ci le reconnaisse et ils se battaient avec acharnement sans pour autant se faire du mal.

Cette ruse marchait plutôt bien. De toute façon, les Mangemorts étaient bien trop occupés pour faire attention, il ne voyait que la puissance colossale de Severus qui explosait dans tous les coins.

Tout un coup, le silence se fit sur le champ de bataille. Voldemort venait d'arriver et tous les combats avaient cessé et tous regardaient la silhouette décharnée du Seigneur des Ténèbres. Celui-ci jeta un regard satisfait sur les dégâts causés par ses Mangemorts et leva sa baguette.

Il ne put rien faire de plus néanmoins car un bruit de transplanage résonna derrière lui. Il se retourna doucement pour faire face à un Harry Potter de fort méchante humeur. Il y eut plusieurs halètements dans les rangs des Mangemorts, comme dans les rangs de l'Ordre.

Le sang de Severus se glaça dans ses veines. Que faisait se petit crétin ici ?! Il n'avait donc aucun sens de l'auto-préservation ?! Lui qui croyait lui avoir enseigné un peu de bon sens durant ses quelques mois d'entraînement. Il jeta un coup d'œil à Minerva qui était aussi pale que lui devait l'être.

« Potter, » susurra le Lord Noir.

« Tom, » répondit négligemment le jeune homme.

« Que me vaut le déplaisir de ta visite ? » Demanda Voldemort avec irritation.

« T'arrêter. »

« Tu veux donc mourir ? »

« Je n'ai plus rien à perdre. »

« Tien donc... Ton amant t'aurait-il rejeté ? » Railla l'homme serpent. Harry le regarda en silence.

« Tu es bien renseigné, » susurra Harry avant de commencer le duel.

Severus avait envie de rendre son déjeuner. Si Harry était là, c'était de sa faute. Il était venu par ce qu'il l'avait trahi. Severus regardait le combat entre le Survivant et le Lord Noir, prêt à se jeter dans le combat pour sauver son amant.

Harry n'était clairement pas de taille, et il le savait très bien. Il esquivait les sorts et les bloquait de justesse alors que Voldemort ne bougeait pas de sa place. Il devait être ridicule à s'agiter comme un strangulo hors du lac. Mais il avait passé du temps à mettre son plan au point, il pouvait réussir.

Toutes les personnes regardant le combat le voyaient très bien elle aussi. Le survivant n'allait pas faire long feu. Il lançait des sorts qui s'écrasaient un peu partout sans aucune logique. En esquivant un sort, le survivant fourra sa main dans une de ses poches et sortit un petit objet. Ça ressemblait à une poivrière en argent, frappé aux armoiries des Black et la laissa tomber par terre. Il lança un sort qui eut pour effet de faire réagir certain autre sort qu'il avait lancé précédemment.

Tous les sorts qui s'étaient apparemment écrasé trop loin de leurs cibles étaient à retardement. Avec un sort, il avait pu tous les enclencher. Des bulles de protection violette entouraient alors la plupart des groupes, amis ou ennemis -car ils étaient trop proche les uns des autres. Certaine n'avait apparemment pas fonctionné, car des groupes étaient toujours libres.

Dans le même temps, le Gryffondor jeta un sort à la poivrière, enchanté de multiple sort ce matin même et s'assit en tailleur par terre. Les sorciers autour de lui ne pensèrent même pas à enlever les bulles de protection, trop éberlués par l'attitude du survivant. Une bulle argentée l'entourait de très près, elle semblait venir de la poivrière. Et tout le monde reconnaissait ce sort, c'était celui qui protégeait les habitations. Qu'est-ce que fabriquait le survivant ? Il commençait à psalmodier à voix très basse.

Le Lord Noir éclata d'un rire cruel quand il vit la pauvre tentative de son rival.

« Je vois que tu as réfléchi cette fois. C'est bien... Mais ça ne te sauvera pas ! Je connais ses protections par cœur, je peux les défaire en quelques secondes. » Sur ces mots, il incanta un sort qui toucha la sphère argenté. Celle-ci ondula sous la puissance, mais ne bougea pas.

Voldemort fronça les sourcils qu'il n'avait pas et recommença. Son sort eu le même effet. C'est alors qu'il comprit. Cette protection était généralement mise sur des lieux, des endroits plus ou moins vastes. Entre la puissance de Potter et la concentration du sort sur un espace si réduit, il était beaucoup plus dur à désamorcer.

Si cette utilisation était ingénieuse, elle n'était pas franchement utile lors d'un combat, puisqu'elle ne permettait pas de faire passer les sorts d'un coté ou de l'autre. Peut-être si le lanceur avait besoin de repos, mais la dépense occasionnée n'était pas tout à fait comblé par les 2 ou 3 minutes de gagné. Et que faisait-il là ? Il incantait... Une très longue incantation en latin...

Voldemort écarquilla les yeux quand il se rendit compte que le Survivant était en train de pratiquer de la Magie Ancienne. La même Magie qui l'avait empêché de toucher le garçon, la même Magie qui l'avait empêché de s'approcher de sa maison dans le Surrey. Il n'allait pas laisser faire ça.

Tout le monde vit le Lord enchaîné les sorts d'une puissance dévastatrice sur le bouclier qui tenait bon malgré tout. Son front devenait luisant de sueur et plissé par la contrariété. Chacun était arrivé à la même conclusion que lui, et les Mangemorts commencèrent à s'acharner sur leurs propres boucliers pour aller aidé leur maître à briser l'argenté. Ils y arrivèrent plus ou moins rapidement. Cela dit, les membres de l'Ordre avaient eux aussi comprit la manœuvre de Harry et réengagèrent le combat avec les Mangemorts pour les empêcher d'aider leur Maître.

Harry dans sa bulle, transpirait beaucoup, il savait que l'incantation en latin était à répéter plusieurs fois et que ça prenait environ 2 minutes. Il espérait que le bouclier tienne assez longtemps. Il avait déjà testé cette technique avec Hermione. Face à elle, le bouclier durait plus de 15 minutes d'attaques constantes. Voldemort était beaucoup plus puissant. Il espérait que les boucliers autour des différents groupes auraient permis aux membres de l'Ordre de comprendre son plan et de d'empêcher les Mangemorts d'intervenir.

Tout à sa concentration, il ne voyait plus rien, n'entendait plus rien. Il sentait les coups sur son bouclier. Il transpirait abondamment, mais ne prêtait pas attention au reste, il avait bientôt fini...

Sur le champ de bataille, les combattants s'échangeaient des sorts sans vraiment faire attention, jetant des coups d'œil fréquent aux deux acteurs principaux de cette bataille. Ils virent alors le survivant se relever en mettant un coup de pied à la poivrière qui partit s'échouer dans un coin, près d'une ruelle. Le bouclier s'évanouit immédiatement alors que le jeune homme récitait les derniers mots en un hurlement.

« ...magicae iram suam »

Une violente vague de magie déferla sur Voldemort qui invoqua un bouclier juste avant que le rayon ne le touche. Malheureusement pour lui, la Magie Ancienne n'était pas du genre à se bloquer devant un bouclier si simpliste pour elle. La magie pénétra dans le corps du Lord noir qui brilla un moment avant que tout ne redevienne comme avant.

Le mage noir regarda ses mains, ses bras, il avait l'air intact, si ce n'est une force un peu oppressante au niveau de la poitrine. Il jeta un regard à tous les autres combattants, tout le monde se regardaient avec incompréhension. Le sort n'avait-il pas marché ? Il se retourna vers Potter qui haletait péniblement.

« Ton sort aurait-il échoué Potter ? » Demanda Voldemort d'un air narquois.

« Essais pour voir ? » Répondit Harry d'un ton arrogant, en ouvrant les bras.

C'était du bluff. Il ne savait absolument pas si son sort avait réussi, mais pour rien au monde il ne laisserait voir ses doutes.

Severus regardait de loin sans comprendre. À vrai dire, il ne cherchait pas vraiment à comprendre. Ses yeux étaient fixés sur Harry. Il était inquiet pour le jeune homme, mais dans sa plus grande honte, ce n'était pas pour ça qu'il le regardait. Il était fixé sur cet air de défi, ses cheveux ébouriffés, ses fesses rondes. Merlin, il bandait au milieu d'un champ de bataille... Il reconnaissait là son Gryffondor, rebelle, fougueux et coléreux et il le voulait. Maintenant qu'il avait vu à quoi servait se caractère dans un lit, il le voulait encore et encore...

Voldemort, loin d'être fou, ne tenta pas. Si le morveux avait mis la même protection que sa mère, il ne voulait pas finir comme la dernière fois.

« Bella, attaque le. »

Bellatrix, loin de se rendre compte du danger, tellement plongé dans sa folie, s'avança de sa démarche chaloupée en sautillant presque. Arrivée face à lui, elle lui fit un sourire fou qui fila des frissons à beaucoup de personnes.

« Comme on se retrouve bébé Potter, » dit-elle d'une voix chantante.

Elle attaqua à une vitesse folle et Harry n'eut que le temps d'esquiver. Elle était déchaînée et lui était fatigué après sa décharge de magie. Elle lui entailla le bras avec un sort de découpe. Harry, sachant qu'il ne tiendrait plus très longtemps, et tenta sa chance en envoyant un sort en direction de Voldemort, un petit sort. Juste un bloque-jambe. N'ayant presque plus de magie en réserve, il ne pouvait guerre faire plus.

Le sort fusa en direction de Voldemort qui lança un bouclier rapidement. Devant les yeux ébahis de tout le monde, ce ne fut pas le charme normalement d'une jolie couleur bleu ciel, englobant le lanceur, qui sortit de la baguette. Par contre, une détonation retenti et un jet de magie vert pomme sorti pour s'écraser contre le mur, qui se couvrit de champignon rouge. Le bloque-jambe de Harry le percuta et Voldemort chuta en arrière, regardant sa baguette sous le choc, comme tous les autres spectateurs. Même Bellatrix en avait oublié sa folie. Harry fit un sourire ironique avant de se racler la gorge, attirant son attention.

« Je t'ai déréglé ta magie Voldy. Vois-tu, la magie utilise des canaux différents selon les endroits où elle se trouve, ou elle va, avec quelle force... Toutes ses données sont innées, un peu comme le fonctionnement du cerveau. Et bien... J'ai tout déréglé ! » S'exclama-t-il comme un enfant fier de sa bêtise. « Les sorts que tu as l'habitude d'utiliser vont te paraître très complexe et tu vas mettre beaucoup de temps à trouver ses nouveaux canaux et savoir comment les utiliser. Je savais que je n'étais pas prêt à te battre, il me fallait du temps ou que ta Magie soit réduite. Mais je vais m'entraîner, et je vais te tuer, si tu survis jusqu'ici. Je n'ai malheureusement plus assez de force pour essayer de te tuer maintenant, mais si quelqu'un veut essayer... » Dit-il faiblement, sentant ses forces le quitter, en se tournant vers l'assemblée de Mangemorts et de combattant de l'Ordre.

Voldemort le regarda avec des yeux exorbités et avant que quiconque ait pu réagir, il hurla.

« Bella ! Transplane moi ! » En quelques micro-seconde, Bellatrix était auprès de son maître et les faisaient transplaner.

Ce fut alors un immense capharnaüm, les Mangemorts désorientés se sauvaient et les membres de l'Ordre essayaient de les rattraper. Seules deux personnes ne bougeaient pas. Harry et Severus. Ils s'observaient, et ce qu'il leur parut plusieurs minutes ne fut finalement qu'une seconde. Avant que Severus n'ait eu le temps d'esquisser un geste, il fut touché par un stupefix dans le dos. La dernière image qu'il ait eu de Harry fut son visage triste et désemparé avant que celui-ci ne transplane.

Harry arriva directement dans la cuisine du Square Grimmaurd. Aussitôt, il posa ses mains à plat contre la table poussiéreuse, laissant son sang couler contre celle-ci. Avec un sanglot, il consentit enfin à laisser couler les larmes qu'il avait courageusement retenues. Il entendit le "ploc" de chacune des gouttes salées s'écrasant lamentablement contre le bois. Au bout de longues minutes, il commençait à voir des points noirs devant les yeux. Un bruit de transplanage à côté de lui, lui apprit que Dobby était là. Il sentit sa blessure se refermer délicatement et une petite main fripée et poilu se posa sur son bras avec douceur.

« C'est bon Maître Harry, tout est prêt. »

« Transplane moi Dobby, je n'ai plus de force. Brouille les pistes, je veux que personne ne sache où nous allons. » Murmura Harry.

L'elfe acquiesça et dans un tourbillon, ils transplanèrent loin de tout.

OoOOoo

Severus débarqua dans la sombre maison des Black, défonçant presque la porte, il se précipita dans le salon, puis dans les chambres. Personne. Il avait fallu du temps pour être relâché par les membres de l'Ordre qui ne voulait pas le laisser partir sans le consentement de Dumbledore. Celui-ci était arrivé plus tard, avec les Aurors. C'était sensé être une petite bataille et pour ne pas éveiller les soupçons de Voldemort par rapport à un espion dans ses rangs, Dumbledore devait faire comme il était prévu et donc se rendre au ministère. Malheureusement, il n'avait pas prévu que les Mangemorts couperaient les moyens de communication et le message d'alerte avait mis plus de temps que prévu à arriver.

Dans le brouhaha général, Minerva lui avait expliqué la situation avant qu'il n'ordonne de relâcher Severus qui était parti immédiatement, sans la moindre explication. Il était maintenant dans cette vieille maison sale et cherchait Harry. Pour le soigner, pour lui expliquer.

Il arriva dans la cuisine et se figea. Il était venu. Sur la table poussiéreuse, on pouvait clairement voir la marque de ses mains. À coté de l'une d'elles, une petite flaque de sang avait coulé et entre elles, des gouttes. Ce n'était pas du sang. Severus se rapprocha. Des gouttes d'eau. Des larmes. Il se sentit encore plus mal.

Où était-il maintenant ? Il sortit sa baguette et après un rapide scan des lieux, il conclut qu'il n'y avait personne dans la maison. Le sang était concentré ici. Ça signifiait que, soit-il c'était soigné avant de partir, soit il avait transplané à nouveau. Mais alors, pourquoi venir ici ? Avait-il des affaires à récupéré ? Pour aller où ? Dans la maison abandonnée de Lupin ? Chez les Weasley ?

Severus utilisa tous les sorts qu'il connaissait pour savoir ou était Harry. Il ne réussit qu'à sentir qu'un elfe de maison était avec lui. Il fut rassuré, au moins Harry n'allait pas mourir baignant dans son sang. Mais impossible de savoir ou il était parti, ni aucun de ses déplacements. S'il était ici depuis hier soir, il avait très bien effacé les traces. Il prit une des fioles qu'il avait toujours avec lui et récupéra une petite quantité du sang qui n'avait pas encore coagulé. Il était souillé, car il n'avait pas été récupéré avec un couteau en argent, directement depuis la peau, il n'était pas sûr qu'il puisse réellement servir, mais il fallait tenter le coup. Avec un grognement, il partit chercher un endroit ou Harry aurait pu se cacher.

OoOOoo

Harry c'était évanoui dans les bras de Dobby qui l'avait installé sur le sofa. Il c'était activé pour le soigner comme il pouvait. Il dormait depuis environ 12 heures, rechargeant son énergie vitale et sa magie lorsqu'il ouvrit les yeux.

Il mit plusieurs minutes à comprendre ou il était, pourquoi et avec qui. Les larmes recommencèrent à couler doucement et Dobby, bien moins excité qu'avant lui tint la main en signe de soutien.

Dobby était devenu un elfe très calme avec la formation du lien. Il avait expliqué qu'un elfe de maison avait besoin d'un maître pour stabiliser sa magie. Il se servait alors lui-même dans les réserves de son maître pour stabiliser la sienne, et lui rendait dans un échange constant et inconscient. Malheureusement, certains sorciers comme les Malfoy ne comprenaient pas ça. Il coupait le lien avec l'elfe, lui causant beaucoup de douleur et créant ce qu'il avait qualifié d'une tornade magique dans son être. Il restait son elfe de maison, il devait obéir, mais ne pouvait gérer son flot de magie. Avec Harry, il se sentait calme et serein pour la première fois de sa vie. Il puisait dans sa magie pour réguler la sienne et de se fait-il pouvait connaître son état de santé.

C'est d'ailleurs comme ça qu'il avait découvert qu'il était enceint. Il avait sauté de joie, les larmes aux yeux et avait babillé un moment avant de se rendre compte que Harry avait l'air sombre. Le Gryffondor lui avait alors expliqué toute l'histoire. Et Dobby avait encore pleuré, mais pas de joie cette fois. Il avait essayé de parler du professeur et de comment Dumbledore lui faisait confiance, mais Harry l'avait coupé, lui demandant de ne plus en parler... Jamais. Alors il exécutait les ordres. Même s'il était persuadé d'un malentendu.

Harry lui avait avoué qu'il ne savait pas quoi faire pour l'enfant. Il se donnait une semaine pour décider de prendre la potion. Il la trouverait bien quelques part. Même si ça lui arracherait probablement le cœur, il ne pouvait pas envisager que son enfant ne soit torturé pas Voldemort ou grandisse sans parent comme lui. Que dirait-il quand ce petit enfant lui demanderait ou est sa maman ? Tant de questions...

Au moins maintenant, il avait du temps. Le temps que Voldemort retrouve le contrôle de sa magie, il en aurait bien pour quelques années. Il aurait le temps de devenir plus fort, plus puissant. Il pourrait protéger ou mettre en sécurité son enfant... Et avoir une famille.

« Maître Harry doit manger, monsieur. »

« Pas faim... » Murmura Harry.

« Si monsieur ne le faite pas pour lui, il pourrait le pour cet enfant, monsieur. Il a besoin de force. »

« Je ne sais pas Dobby... »

« Dobby vous supplie, Maître Harry, » commença à chouiner l'elfe de maison.

« D'accord, d'accord Dobby... Ne pleure pas s'il te plaît... J'ai vu assez de larmes pour les dix prochaines années. »

Avec un sourire, l'elfe lui tendit un bol de bouillon. Tout en mangeant, Harry demanda ou ils se trouvaient. L'elfe de maison devint alors extatique et se mit à parler très vite.

« Dobby était sûr que cette maison plairait à Maître Harry, monsieur. Maître Harry à dis à Dobby qu'il voulait partir loin alors Dobby à trouvé loin. Nous sommes sur une île sorcière, à côté de l'île d'Hoedic, en France. »

« La France ? » Demanda Harry avec un sourire éblouissant.

« Oui monsieur, en Bretagne, » répondit Dobby, ravi. « Dobby sait que Maître Harry à besoin de calme, l'île est sorcière et ne peu être trouvé par les Moldus. Et en France personne ne connaît vraiment le visage de Harry Potter. A part la cicatrice, mais pour ça Dobby a acheté du maquillage sorcier, ça sera facile. Dobby savait aussi que Maître Harry, monsieur, n'a jamais vu la mer et Dobby pense qu'il préférera les vagues fougueuses de la mer celtique, plutôt que le calme de la mer méditerranéenne. »

« Et tu as eu tout à fait raison, je ne te remercierais jamais assez Dobby. »

« Si Maître Harry n'est pas trop fatigué, Dobby pourrait lui faire visiter. »

« Je te suis ! » S'exclama Harry en se levant prudemment.

La maison était ravissante. Tous les murs étaient dans des tons chauds de beige, brun, taupe ou ocre. Il y avait donc une atmosphère plus chaude, mais incroyablement douillette. Le salon où ils étaient, était composé d'une grande bibliothèque vide pour le moment, un canapé en cuir marron assorti à deux fauteuils, une cheminée ou un feu crépitait doucement en ce mois de février, un tapis moelleux et une table pour six personnes. Dans un coin de la pièce un bloc fait d'une verrière en fer forgé et de verre sublimait le coin cuisine.

Une petite arche à côté de la cheminée menait à un couloir où l'on pouvait voir cinq portes. L'une menait à sa chambre aux couleurs bordeaux et beige avec un immense lit et un dressing dont il ne saurait que faire. En face de sa chambre, une porte menait à une chambre d'ami. La décoration y était très délicate, du beige, du blanc, du gris, des coussins poilus et des tapis douillets. La porte d'à côté, enfermait une salle de bain grise et bleue pale, avec une baignoire, une douche et un lavabo. La porte à côté de la salle de bains menait aux latrines et celle au bout du couloir allait au sous-sol.

« Et ta chambre Dobby ? » Demanda Harry en fronçant les sourcils.

« En bas, monsieur. »

« Quoi ?! Mais non, tu dois dormir à mon étage, tu seras bien plus confortablement installé, et tu auras une fenêtre ! » S'exclama Harry.

« Oh, Maître Harry est trop bon avec Dobby. Mais Dobby aime dormir au sous-sol. C'est ce qu'aime les elfes de maison. Si Maître Harry le veut, Dobby peu lui montrer sa chambre. » Harry lui fit un sourire.

« J'en serais ravi Dobby. »

L'elfe lui prit alors la main et le tira vers les escaliers. En bas, il y avait trois portes. L'une était une petite pièce qui ne servait pour l'instant à rien. Une autre était une vaste pièce qui pourrait servir de salle d'entraînement une fois qu'elle serait bourrée de sort de protection. La dernière porte était plus petite que les autres et Harry dû se plier pour y entrer. Il se retrouva alors dans une sorte de grand placard. Les murs étaient couverts de tenture colorée, certaine pendait du plafond pour retomber souplement à terre, il y avait beaucoup de bougies et une chaleur oppressante. Harry remarqua qu'une petite planche était accrochée au plafond par des chaînes et dessus, il y avait au moins une dizaine de couvertures et de coussins. Au-dessus de la planche, des voilages avaient été accrochés et Harry supposa qu'ils pouvaient couvrir l'intégralité de la planche pour faire un genre de baldaquin. Il en conclut que c'était le lit de Dobby. À vrai dire, ça ressemblait beaucoup plus à un nid.

« Tu vas vivre ici Dobby ? »

« Oh oui et c'est la plus jolie chambre dont Dobby puisse rêver. » Répondit l'elfe les yeux brillants.

« Oh... Alors je suis content pour toi. »

« Maître Harry avait dit à Dobby de se faire plaisir, alors Dobby a obéit » Répondit-il fièrement.

« Et tu as très bien fait. » Sourit Harry.

OoOOoo

Severus était rentré dans ses cachots exténués. Il avait visité tous les lieux ou Harry pourrait être en commençant par les Weasley qui s'étaient montré très inquiet. Il avait même demandé à la Miss-Je-Sais-Tout qui était dans tous ses états... Tellement qu'il l'avait même accompagné -pour ne pas dire poussé- à l'infirmerie avec une potion calmante.

Personne ne savait où le Gryffondor était passé, il le cherchait depuis une douzaine d'heures. Il était maintenant quatre heures du matin et il rentrait seulement. Il avait testé tous les sorts qu'il connaissait pour le retrouver, mais le Gryffondor avait brouillé les pistes. Quelle idée il avait eu en lui apprenant à se cacher ! Cet abruti de lionceau ne comprenait jamais rien à rien, mais évidemment là, il avait compris !

Severus était fatigué. Fatigué de ressentir toutes ses choses qu'il ne comprenait pas. Fatigué de perdre tout ce qui lui importait. Fatigué que sa vie aille toujours de travers.

Harry avait dit au Lord qu'il reviendrait, mais il n'allait pas attendre ! Oh non ! Il allait le chercher, il allait fouiller cette maudite planète de long en large pour le trouver. Il allait lui prouver qu'il pouvait être aussi acharné que l'un de ses stupides Gryffondor et par Salazar, il retrouverait son lionceau et lui expliquerait ses paroles, que celui-ci le veuille ou non. Après ça, le Gryffondor pourrait bien le jeter si ça lui chantait, au moins, il aurait fait ce qu'il fallait.

Après cette journée intense et stressante le potionniste parti se coucher. En arrivant à son lit, il fit brusquement marche arrière jusqu'à la chaise et prit délicatement le tee-shirt noir qui s'y trouvait. Il lui jeta un sort pour préserver les odeurs, le plia doucement et revint jusqu'à son lit. Il le déposa sous son oreiller et se coucha en essayant de ne pas penser à son geste. Il y réfléchirait, mais plus tard.