Salut !
Voici un nouveau chapitre. Nous sommes à la moitié de la fic maintenant. Sans compter l'épilogue.
Un chapitre intense. Je crois que j'ai fais pleurer ma Beta avec celui-ci xD
Je vous remercie infiniment pour vos reviews et vos encouragements.
Beaucoup d'entre vous trouve qu'Harry est totalement irresponsable, je suis entièrement d'accord avec ça et c'est ce que je voulais faire. Harry est complètement paumé, sa magie et chamboulé et donc, son esprit aussi. Hermione et Draco ne veulent pas le contredire de peur d'aggraver son état. De plus, ce sont des ados au milieu d'une guerre. Ils se pensent invisibles et pourtant dans un état d'insécurité terrifiant et ne savent pas à qui faire confiance.
Encore merci à ma Beta MaysolCx pour son super travail !
Bonne lecture.
PS : Je sais que le patronus d'Hermione est normalement une loutre mais j'ai changé parce que... J'avais envie ! ^^
Chapitre 5 : Accoucher ?
Le lendemain soir, Hermione et Draco transplanèrent côte à côte, depuis le ministère français, directement dans le jardin d'Harry. Leurs yeux se posèrent immédiatement sur la nouvelle piscine entourée de verdure, vers laquelle le Survivantse reposait sur un transat. En se rapprochant, ils constatèrent qu'Harry dormait.
Il avait les traits tirés.
Tous les deux savaient très bien que, même s'il n'en parlait pas, le survivant vivait mal la séparation avec son professeur. La trahison et la grossesse n'étaient qu'un ajout à son désespoir. Même si son futur enfant était un réel bonheur pour lui, il était un rappel constant de sa relation gâchée.
Draco ne savait pas comment réagir. Il savait que son parrain n'était pas du mauvais côté, il était du côté de la Lumière, c'était certain. Mais avait-il des sentiments pour Harry ? Draco ne savait pas. Severus n'avait pas eu l'air chamboulé par sa disparition, il n'avait pas laissé filtrer grand-chose derrière son masque de froideur. Alors il se taisait. Il observait en silence les réactions des deux anciens amants.
« Tu penses qu'il réussira à l'oublier ? » chuchota Hermione le sortant de sa réflexion.
« Non, » répondit sombrement Draco.
Et il le pensait vraiment. Potter avait une vision de la vie complètement différente de la sienne. Bien plus pure et rêveuse. Harrycroyait en l'amour. Et l'amour qu'il avait donné à Severus, Draco était sûr qu'une part de lui ne voulait pas le reprendre. Ne voulait pas croire que tout était fini. Car malgré leur relation étrange, elle avait compté pour lui. Elle avait été une bouffée d'oxygène durant quelques mois, une chose à laquelle se raccrocher, pour ne pas sombrer.
« Il va sûrement survivre, parce qu'il pense qu'il le doit. Pour son enfant, pour la guerre... Mais ensuite... » murmura Draco en serrant les poings.
Après un instant de silence, Hermione reprit vivement.
« Pour le moment, occupons-nous de lui ! »
Elle alla passer une main douce dans les cheveux d'Harry pour le réveiller avec lentement. C'était sans compter sur le diable blond qui entreprit de les éclabousser tous les deux.
oooooo
Les vacances se passaient incroyablement bien. Ils profitaient de ce petit coin de paradis, loin du monde extérieur. Harry sortait parfois en dehors de la propriété, caché sous sa cape et arpentait les nombreux chemins de l'île, respirant l'air iodé.
Il maîtrisait maintenant bien le français, même s'il avait un accent à couper au couteau et Hermione le parlait depuis l'enfance ayant de la famille ici. Par contre, Draco avait plus de mal. Cela dit, à force d'entendre les deux autres parler cette langue compliquée, il se familiarisait doucement.
Hermione allait de temps en temps chez ses proches en Bourgogne pour la journée. Ils avaient proposé de la loger, mais elle avait refusé, disant qu'elle souhaitait habiter seule pour apprendre à être autonome.
Draco aussi avait passé un peu de temps avec son cousin pour faire bonne figure, mais il était rentré plus d'une fois grognon et colérique. Harry et Hermione n'avaient encore jamais vu ça.
Un jour, Draco était entré dans la cuisine où ils prenaient leur thé et c'était adossé au mur, les joues légèrement gonflées, le regard baissé et les bras croisés sur son torse. Harry arborait un grand sourire et Hermione avait plissé les yeux avant de demander.
« Je rêve où il boude ? »
« Tu ne rêves pas 'Mione, il boude. Qui pourrait croire un truc pareil ?! » avait répondu Harry en ricanant.
« Je savais que c'était un enfant dans un corps d'homme ! » s'exclama Hermione en levant le poing bien haut en signe de victoire.
« Je ne crois pas frangine, » renchérit Harry en étirant ses jambes et mettant ses mains derrière sa tête. « Je crois juste qu'il est capricieux, et un Malfoy qui n'a pas ce qu'il veut peut apparemment bouder pour se faire plaindre. Il peut même peut-être pleurnicher qui sait... »
« Vous avez fini de vous payer ma tête ?! » avait coupé Draco. « Un Malfoy ne boude pas. »
« Que t'arrive-t-il Dray ? On t'a piqué ton doudou ? »
Une lueur malveillante s'alluma dans les yeux de Draco après la moquerie du Survivant. Survivant qui déglutit bruyamment, perdant peu à peu son sourire.
« C'est vrai. J'ai perdu mon doudou... » répondit lentement Draco en se rapprochant d'une démarche féline. Il se stoppa à quelques centimètres d'Harry avant de faire mine de réfléchir. « Mais j'y pense... Tu sais que mon doudou avait les poils noirs en bataille. Il n'était pas très grand, mais avait un ventre tout moelleux ! Exactement comme toi en somme ! »
Harry écarquilla les yeux et commença à ouvrir la bouche pour clouer le bec de Draco quand il se sentit relevé de sa chaise et traîné vers le couloir. Il commença à vociférer en essayant de se débattre contre la poigne du blond.
« Tu vas me lâcher sale aristo de mes deux ! Fausse blonde décolorée ! Poufsouffle refoulé ! Strangulot manucuré ! »
« Quel grossier langage ! Tu sais qu'un moutard peut entendre ce que dit ça mère, même dans son ventre ?! »
Harry grommela quelque chose que l'autre jeune homme ne comprit pas et essaya encore de se débattre. Mais il fut projeté sur le lit de la chambre de Draco avec tout de même un peu de délicatesse avant de sentir un nez dans son cou, une longue jambe entre les siennes et un bras passer sous son énorme ventre.
« Mais qu'est-ce que... ? » commença Harry sans oser bouger.
« La ferme, Potter. J'ai eu une journée difficile et j'ai besoin d'une sieste. Alors dors ! »
« Mais on ne va pas dormir comme ça ! » S'exclama Harry.
« Pourquoi pas ? Je ne te plais pas assez ? »
« Mais... Je... N... » Bafouilla Harry.
« Stresse pas ! Je les aimes avec moins de poils aux pattes et plus de poitrine » ricana Draco. « En revanche, je te connais et je sais quand tu as besoin de câlins. Et étonnement, je suis quelqu'un de câlin. Je ne l'ai jamais montré car c'est une honte pour un Malfoy et que je ne le fait qu'avec les personnes en qui j'ai une absolue confiance. Et j'ai confiance en toi. Tu as besoin de câlin, moi aussi, il n'y aura jamais de tension d'ordre sexuelle entre nous, j'aime les femmes, tu aimes mon parrain, alors profite ! Et maintenant, dors ! »
Sur ces bonnes paroles, Draco se réinstalla confortablement et tomba directement dans les bras de Morphée. Harry lui, eut un peu plus de mal mais finit par succomber dans la chaleur des bras de Draco et la douceur des draps.
Hermione avait regardé la scène avec un sourire. Et depuis c'était assez régulier qu'il fassentune sieste ensemble.
Les vacances se passaient donc très bien. Pour autant, Draco et Hermione ne restaient jamais ensemble sans Harry il ne fallait pas exagérer.
Harry devait accoucher à la fin du mois de septembre et son ventre devenait de plus en plus bombé chaque jour. Il avait de plus en plus de mal à marcher et avait l'impression de passer ses journées à dormir. Cette attente commençait à être désastreuse et il avait de plus en plus de mal à le supporter. Et en même temps, étrangement, il n'avait pas du tout hâte d'être à la date de son accouchement.
oooooo
Ce fut bientôt la rentrée et Harry regarda tristement le départ d'Hermione, qu'il reverrait le soir même et celui de Draco avec le cœur serré. Il ne verrait pas Draco avant un long moment et après ces deux mois en sa compagnie, il ne voulait pas le voir partir.
Draco allait transplaner quand il vit les larmes contenues d'Harry, il posa sa valise et vint prendre le Survivant dans ses bras comme il le put avec le gros ventre faisant barrage. Il le serra très fort, lui promettant de revenir vite. Harry se laissa aller dans l'étreinte de celui qu'il considérait maintenant comme son meilleur ami.
La vie reprit sa routine pour Harry. Dobby s'occupait de lui à merveille. Hermione était toujours aux petits soins lorsqu'elle rentrait le soir. Elle avait bien meilleur mine maintenant. Les cours du début d'année étaient extrêmement faciles pour elle avec ce qu'elle avait accumulé au cours des derniers mois. Elle pouvait donc se détendre un peu et préparer la venue du bébé avec Harry.
Celui-ci avait passé son mois de septembre à aménager un petit coin dans sa chambre avec un berceau et des peluches, pour les premiers jours après la naissance de son bébé. La chambre de Draco aussi avait changé. Elle était devenue une chambre d'enfant pour le moment où ils devraient faire chambre à part, avec un lit à barreau, une armoire, une table à langer et tout un tas de jouets, de peluches et de vêtements. Tout était dans les tons neutres, car il n'avait pas voulu savoir le sexe du bébé. Hermione était la seule à savoir, bien que Draco l'ait maintes fois menacée pour savoir.
Tout était prêt quand effectivement, le jour J arriva. C'était le jeudi 17 septembre à 2 heures du matin qu'Harry se réveilla avec de très désagréables crampes d'estomac. Il resta éveillé deux heures avant d'appeler enfin Dobby pour lui demander de prévenir Hermione qui dormait dans le studio au-dessus.
Hermione arriva en une minute, en chemise de nuit rose pâle en flanelle et une robe de chambre pas fermée. Elle se précipita sur le lit de son meilleur ami et commença à lancer des sorts sur lui. Elle transpirait de concentration. Dix minutes après elle rebaissa sa baguette avec un air sérieux.
« Le travail a commencé Harry. Ton mal vient de tes muscles abdominaux qui bougent pour ouvrir le clapet qui était hermétiquement fermé depuis la création de la poche. Il devrait bientôt céder et le liquide amniotique va sortir » expliqua-t-elle en lançant divers sorts, dont un d'étanchéité sur les draps et le matelas.
Effectivement, environ dix minutes plus tard, Harry senti un liquide chaud sortir de son rectum et couler sur les draps pour finir sur le plancher. Rouge de honte, il regarda Hermione nettoyer la flaque d'un coup de baguette avec un petit sourire en coin.
« Maintenant tes douleurs vont être plus fortes mais plus brèves. Tes muscles vont se crisper pour faire descendre le bébé et ensuite le faire sortir. Elles seront de plus en plus rapprochées et douloureuses. »
Harry hocha la tête, le visage crispé. Il avait très peur. Il était deux heure et demi du matin et une longue attente allait commencer. Hermione lui donna plusieurs potions qui ne furent pas aussi immondes que d'habitude. En prévention de son accouchement, Draco devait avoir eu pitié de lui...
Elle ne fut pas si longue que ça, car à 7h30 du matin, les contractions commencèrent à se rapprocher. Hermione avait eu du mal à se mettre entre les jambes de son meilleur ami, son frère, pour regarder cette partie si intime d'où il expulserait le bébé. Elle dut bien s'y résoudre quand les contractions furent de plus en plus rapprochées. Elle était au bord de la panique. Tout se passait bien mais tout pouvait encore arriver. Elle pensait pouvoir faire ça toute seule, mais finalement elle se décida à demander à Draco de venir l'aider. Avec sa baguette, elle envoya un Patronus.
oooooo
Draco était à table lorsque, traversant les deux grandes portes, un petit animal poilu courut en direction de la table des professeurs. Le petit chat angora argenté, qui était un Patronus se stoppa devant lui et une voix féminine en sortit pour dire le mot « urgence » dans un français impeccable. Draco écarquilla les yeux et se leva d'un bond. Devant tous les professeurs et les étudiants de la Grande Salle, le grand Draco Malfoy bafouilla et s'excusa.
« Je... Monsieur le Directeur... S... Professeur Snape, je suis navré, mais c'est une urgence. Je vous envoie de mes nouvelles dans la journée. »
Sans attendre la réponse, se fichant de son image, il se mit à courir et franchit les portes de la Grande Salle. Il était sur le point de passer le portail de Poudlard qu'il entendit quelqu'un l'appeler. Il se retourna lentement, sachant qui il allait trouver mais ne sachant pas comment lui parler.
« Oui parrain ? » demanda-t-il poliment. D'un geste négligeant de la main, il fit apparaître un Patronus corporel qui prit la forme d'un aigle avant de s'évaporer dans les airs.
« Que ce passe-t-il Draco ? » demanda celui-ci en le rejoignant à grandes enjambées, les sourcils froncés.
« Une urgence » répondit-il, évasif.
« Qui était-ce ? As-tu des ennuis ? » insista Severus, inquiet pour son filleul.
« Non ! Je n'ai aucun ennui ! »
« Que me caches-tu ? »
« Mais rien! « Menti Draco.
« Alors pourquoi ne pas me dire qui c'était ? » demanda Severus comme un défi.
« C'est pour mon cousin. »
« Tu détestes ton cousin. »
« Oui, c'est vrai, mais pendant mes vacances, j'ai rencontré sa femme : Anémone. Une jeune femme très agréable, passionnée par la métamorphose. Nous avons fort sympathisé et, malgré qu'elle soit avec mon idiot de cousin, j'ai décidé que je pourrais m'en faire une amie. C'est ce que nous avons fait durant mon séjour et elle était enceinte de six mois lorsque je suis arrivé. Ce message était d'elle. Elle est apparemment en situation urgente avec sa grossesse et comme mon cousin est en déplacement en Grèce pour son travail à Gringott, elle a sûrement besoin de moi. Je peux y aller maintenant ? »
Draco garda un visage de marbre, bien qu'il ait l'impression de transpirer à l'intérieur même de sa tête. Si son parrain vérifiait dans son esprit, il était foutu. Tout était mensonge, de la femme de son cousin jusqu'à son travail à Gringott en passant par la métamorphose. Il ne savait même pas comment il avait pu inventer une telle histoire en si peu de temps.
Severus scanna son filleul du regard, cherchant le mensonge. Pour une fois, il décida de faire confiance. Il hocha la tête sèchement.
Draco fut envahi par une tristesse sans nom. Il se demanda s'il n'aurait pas préféré que Severus vérifie dans son esprit. Il aurait vu la vraie raison de son départ précipité. Il aurait même pu voir où cela se passait et il aurait peut-être pu assister à la naissance de son enfant. Mais ne sachant toujours pas comment réagirait Severus, ce que représentait Harry pour lui, il renferma son sentiment au fond de lui. Il avait l'impression de le trahir, mais en lui mettant le doute pour qu'il plonge dans son esprit, il aurait l'impression de trahir Harry.
« Alors va, mais je veux de tes nouvelles dans très peu de temps sinon je viens te chercher moi-même » dit enfin Severus en retournant dans le château.
oooooo
L'aigle de Draco, annonçant qu'il était retenu par son parrain était parti depuis plusieurs minutes maintenant. Hermione attendait qu'il arrive pour qu'il donne les potions alors qu'elle continuait les examens et les soins. Harry se tortillait dans les draps en proie à une grande douleur alors que son anus se dilatait bien trop vite à son goût, pour pouvoir faire passer le petit être qui allait bientôt voir le jour.
Environ une minute plus tard, Draco arriva, défonçant pratiquement la porte et se précipita sur son ami, ne cachant même pas son inquiétude. Harry le regarda dans les yeux et commença un long monologue un peu décousu, pour le conseiller de ne jamais, sous aucun prétexte, devenir homosexuel. Que peut-être les chrétiens -Draco ne savait absolument pas ce que c'était- et autres religieux avaient raison en pensant que l'homosexualité était un péché. Le Gryffondor arguait sous la douleur, que la seule chose dont il était sûr, était que les hommes n'étaient pas fait pour fabriquer des enfants et que ce trou n'était absolument pas conçu pour laisser passer un bébé.
Après un antidouleur, il s'était calmé et avait juste passé son temps à marmonner contre les chauves-souris graisseuses, les lions à cervelle d'huître et tout un tas d'autres insultes qui ne voulaient pas forcément dire quelque chose.
Vers 10h, il avait commencé à pousser et grâce aux potions et au bon soin d'Hermione ce ne fut ni trop long, ni trop douloureux.
Lorsqu'il sentit enfin tous ses muscles se relâcher, il entendit tout à coup un petit cri strident. Harry sourit. Son bébé était là. Allongé, il ne pouvait rien voir, mais il regarda Draco qui avait les yeux rivés sur le bout du lit. La bouche ouverte dans un « o », la main devant, les cheveux en bataille, les yeux humides, il avait l'air très ému.
Après un moment, une Hermione en larmes apparut dans son champ de vision, un petit paquet dans les bras, emmailloté dans une couverture beige. Hermione lui fit un sourire resplendissant avant de lui mettre le paquet dans les bras.
Harry baissa les yeux et en quelques secondes ne vit plus le petit visage rouge et fripé de l'enfant qu'il tenait dans ses bras. Les larmes avaient envahi ses yeux. Il avait son bébé. Son bébé. Il avait réussi. Il avait accouché de son enfant et, malgré les larmes qui brouillaient sa vue, malgré les différents fluides recouvrant son bébé, il le trouvait magnifique.
« Félicitation Harry, tu viens de mettre au monde une magnifique petite fille. »
« Une fille ? J'ai une fille ? » répéta Harry, complètement émerveillé.
« Tu sais déjà comment tu vas appeler cette merveille ? » demanda Hermione, les yeux rivés sur le bébé.
« Comment s'appelait la mère de ton parrain Dray ? » demanda doucement le jeune père.
« Eileen. Pourquoi ? » souffla Draco.
« Parce que cette petite fille pourrait porter le prénom de ses grands-mères qu'elle ne connaîtra jamais... » Il fit une pause avant de reprendre. « Alors que pensez-vous de Cassiopée ? Cassiopée Eileen Lily Potter Snape ? »
« Oh c'est magnifique Harry ! » s'exclama Hermione en pleurant plus encore.
Draco n'avait encore rien dit, fixant le petit être gigotant dans les bras de son meilleur ami.
Hermione vit les yeux d'Harry partir un peu dans le vague et retourna pour l'examiner. Elle remarqua rapidement qu'il y avait un problème, vu le sang qui commençait à couler.
Harry de son côté commençait à avoir des taches noires devant les yeux. Luttant, il se tourna vers Draco et dit d'une voix faible.
« Dray, prends la petite. »
« Non...J... » bafouilla le Serpentard en sortant de son état apathique.
« Dray, grouille prend là... » gémit Harry le visage crispé sous la douleur et l'effort.
Draco comprenant finalement la situation, prit la petite en tremblant, de peur faire une maladresse. Une fois sa fille en sûreté, Harry s'autorisa à tomber évanoui. Draco regarda le nourrisson qu'il tenait étroitement contre lui. Cassiopéecommençait apparemment à s'endormir. Il fronça les sourcils en se reconnectant avec le monde extérieur. Hermione s'agitait sur Harry, jetant des compresses sales, des fioles vides à terre et lançant des sorts sur le corps inconscient d'Harry.
« Que ce passe-t-il ? » demanda-t-il d'une voix tremblante.
« Il fait une hémorragie et je n'arrive pas à l'arrêter ! » cria Hermione.
« DOBBY ?! » hurla Draco alors que la petite dans ses bras gigotait.
L'elfe apparu immédiatement, regardant avec terreur son maître inconscient et le sang qui coulait.
« Prépare-toi à aller chercher un médicomage. Dès le signal d'Hermione, tu ramènes les meilleurs en moins dix secondes, c'est clair ? » demanda-t-il fermement en berçant la petite de façon inconsciente.
« Oui Maître. » C'était la première fois depuis des années que Dobby appelait Draco « Maître » mais en ce moment, il était sûr d'obéir à n'importe quelle demande, pourvu qu'Harry Potter soit sauvé. « Peut-être que Dobby pourrait envoyer son énergie à Maître Harry ? »
« Tu peux faire ça ? » s'exclama Draco avec stupeur.
« Le lien est entièrement ouvert avec Maître Harry. L'énergie circule comme je le désire. »
« Alors fais ! » ordonna Draco. Aussitôt, une lueur bleue sortie de l'elfe qui avait fermé les yeux, pour s'installer dans la poitrine d'Harry dans un flot continu.
Hermione s'agitait toujours, usant de toutes ses connaissances pour aider son ami. Elle avait peur de le perdre et ne pensait même plus à faire venir quelqu'un pour l'aider. Elle ne pensait qu'à sauver son frère de cœur. Elle devait réussir !
Peu à peu, elle remarqua que de moins en moins de sang coulait, elle força des fioles de régénération sanguine dans le gosier d'Harry. Trois, la dose maximale. Après plusieurs minute de soins, Hermione s'écroula, épuisée. Harry était sauvé.
Draco n'avait pas lâché la petite et Dobby n'avait pas relâché le flux. Harry était maintenant dans un coma réparateur et tout le monde était épuisé. Dobby s'autorisa enfin à arrêter son don et s'écroula aussitôt.
Après avoir dit à Draco qu'il fallait baigner la petite et la nourrir, Hermione s'écroula à son tour, endormie, toujours assise sur le canapé.
Draco se retrouva donc comme un idiot, seul, avec un bébé dans les bras et aucune idée de la façon de s'en occuper. Si seulement son cousin était vraiment marié avec une femme appelé Anémone et qui serait enceinte, il le lui aurait confié, pensa-t-il.
« Voilà pourquoi il ne fallait pas mentir, » grogna Draco, complètement perdu dans son délire.
L'heure suivante fut un épisode de sa vie dont Draco se souviendrait pour toujours, comme étant un moment de solitude absolu. Il avait tant bien que mal, et avec une grimace de dégoût, donné son bain à Cassiopée qui avait hurlé tout le long. Après réflexion... L'eau était peut-être un peu froide... Il avait lu attentivement la notice sur le lait en poudre et, après trois essais, avait réussi à donner un biberon à la petite qui s'était endormi paisiblement dans ses bras après quelques gazouillements rassasiés.
Il n'avait pas osé bouger depuis. Juste s'asseoir avec une lenteur exagérée pour ne pas que cette petite chose rouge et hurlante ne se réveille.
Il avait ensuite réalisé l'ampleur de ce qu'il se passait. Son ami avait eu un bébé, il avait accessoirement failli en mourir, et tout ça dans le plus grand anonymat. À 18 ans, Harry était le père d'un petit bébé et amoureux de son parrain, un Mangemort de deux fois son âge surnommé « la chauve-souris des cachots ». Toute cette situation était complètement absurde.
Mais une chose était sûre, ce tout petit bébé, bavant et pleurant avait déjà conquis son cœur. Il fit le serment, là, sur sa petite chaise au milieu de la cuisine, qu'il protégerait cette petite fille contre tous les problèmes qui la guettait déjà, rien que par ses deux noms apposés côte à côte : Potter-Snape.
Il avait eu le temps de la détailler pendant qu'il s'occupait d'elle : elle était plutôt petite, mais ce n'est pas comme s'il avait vu beaucoup de bébés jusqu'à maintenant... Pas très lourde dans ses bras. Draco avait même pris le temps de comparer son poids à celui du poulet qu'il avait trouvé dans le garde mangé froid, avec beaucoup d'intérêt. Il faudrait faire en sorte qu'Harry ne découvre jamais qu'il avait étudié son bébé de façon presque scientifique, tant il était intrigué par le phénomène de la naissance.
Elle était rouge et fripée, mais quoi de plus normal, après 9 mois passés à se baigner et avait une petite touffe de cheveux noirs tous doux et fins sur le sommet du crâne, un petit nez retroussé et de grands yeux noirs. Les yeux des bébés changeaient généralement de couleur les six premiers mois pour se fixer à leur teinte définitive. Mais Draco était certain que ceux-là ne changeraient pas. Ils étaient du même noir d'encre que ceux de Severus, même s'ils paraissaient plus en amande et surtout plus grands sur cette petite tête ronde.
Depuis un moment maintenant, la petite dormait dans les bras de Draco. Elle commença à gigoter d'inconfort et se mit à hurler à pleins poumons, sous l'œil paniqué du Serpentard. C'est à ce moment que Dobby se réveilla et qu'il comprit rapidement le problème. Il expliqua alors à Draco qu'un bébé devait faire son rot après un biberon de lait et lui apprit comment faire.
Le jeune blond se retrouva couvert de régurgitation laiteuse avec une grimace de dégoût. C'était aussi à ce moment-là que la couche qu'il avait accroché de façon précaire avec du ruban adhésif trouvé sur le bureau commença à fuir. Draco crut qu'il allait fondre en larmes en cet instant. Il dut alors de nouveau baigner et habiller le bébé, cette fois sous les conseils et les recommandations de Dobby qui s'amusait beaucoup de voir un Malfoy se donner autant de mal pour une autre personne que lui-même. Il put ensuite poser la petite dans un berceau tout près de son père et Draco put ensuite envoyer un Patronus à son parrain pour lui dire qu'il allait bien et qu'il lui enverrait bientôt une lettre avec plus d'explications. Il se posta ensuite auprès d'Harry et le veilla longuement, avant de s'endormir lentement.
Hermione, Draco et Dobby se réveillèrent sous les pleurs de la petite trois heures plus tard. C'est Hermione qui s'en chargea cette fois, les larmes aux yeux à nouveau. Son meilleur ami était papa et c'est elle qui l'avait fait accoucher. C'était merveilleux. Après s'être occupée de Cassiopée et avoir félicité un Draco grognon pour avoir pris soin de la petite, elle était retournée au chevet d'Harry pour lui lancer des sorts de diagnostic.
Avec un sourire, elle put dire à tout le monde qu'Harry se réveillerait dans la journée du lendemain. Il devrait rester alité, mais se rétablirait plutôt vite.
oooooo
Harry se réveilla le lendemain, en milieu d'après-midi. Il paniqua totalement en sortant de son sommeil, ne sachant pas comment allait sa fille et croassa :
«Cassie ...»
Cela alerta les trois autres habitants de la maison qui accoururent. Hermione fut la première à parler et se jeta dans ses bras.
« J'ai eu si peur pour toi Harry... As-tu mal quelque part ? Tu veux une potion ? »
« Comment va ma fille... » souffla Harry avec difficulté.
Hermione se redressa alors, pendant que Draco sortait de son champ de vision.
« Elle va bien Harry ! Elle va très bien même. Après que tu te sois évanouie, je t'ai soigné pendant un long moment et elle est restée très calme dans les bras de Draco. Ensuite, je me suis moi-même évanouie sous la fatigue et Dobby n'était guère en meilleur état... C'est donc Draco qui s'est occupé de Cassie. Et il s'en est très bien sorti ! » finit Hermione avec un sourire resplendissant sous l'œil abasourdi d'Harry.
« Malfoy s'est occupé d'un autre être humain qui ne pouvait pourtant pas parler de fringues ou de potion et qui, en plus, pouvait lui vomir dessus à tout instant ? » murmura Harry bien que tout le monde l'ait entendu.
« Non seulement, elle m'a vomi dessus, mais elle s'est aussi un plaisir de m'uriner dessus, de me percer les tympans et je me suis ébouillanté en goûtant son biberon. D'ailleurs, ce truc est immonde, » déclara Draco avec une petite couverture jaune dans les bras d'où dépassait un petit poing serré. « Mais ça ne m'a pas empêché de craquer complètement pour ta fille, Potter ! »
Harry émit un rire cristallin avant de tendre les bras pour attraper son bébé. Une fois dans ses bras, il l'observa un moment, laissant couler les larmes librement sur ses joues. Après quelques minutes de silence, il l'embrassa sur le front et regarda ses deux amis. Dobby était déjà en cuisine.
« Je ne vous remercierais jamais assez pour ce que vous avez fait pour moi jusqu'à présent. Et je crains de devoir vous en demander encore plus... » Il prit un moment pour regarder ces deux amis curieux avant de continuer. « J'aimerais que vous acceptiez d'être le parrain et la marraine de ma fille. »
Il eut tout juste le temps de finir sa phrase qu'Hermione les avait enlacés, lui et Cassiopée, dans une étreinte douce.
« Oh bien sûr Harry ! J'en serais comblé. »
Après quelques câlins et déclarations d'amitié enflammée, Harry releva les yeux vers Draco qui avait une lueur de tristesse dans les yeux.
« Tu ne veux pas Dray ? Je sais que c'est beaucoup de responsabilités, que je suis en sursiset qu'elle sera sûrement une cible dans l'avenir. Ce que je te demande est dangere... » tenta de justifier Harry, peiné, avant d'être interrompu.
« Tu n'y es pas du tout... » dit tristement Draco. « Je serais honoré d'être le parrain de ta fille Harry... Mais... Il ne faut pas que ta famille soit associée au nom des Malfoy... Jusqu'à maintenant, mes parents s'en sont plutôt bien sortis, mais ils finiront bien par se faire prendre. Et si tu n'es plus là... Je serai l'un de ses gardiens et elle pourra en souffrir... »
« Ne dis pas de conneries Dray, » coupa Harry, le visage dur. « D'un, je ne mourrai pas ! Du moins... J'espère. De deux, nous prouverons au monde que tu mérites d'être adulé, espèce de petit con prétentieux. De trois, tu es l'un des plus proches de son... Autre père... Et pour finir, » son visage s'adoucit « Je ne vois pas qui d'autre que toi pourrais prendre soin d'elle, vu la façon dont tu t'occupes de moi. »
Draco, ému, se retrancha derrière son attitude arrogante pour ne pas montrer de faiblesse face à eux.
« Bien sûr, personne n'est mieux que Draco Malfoy, » remarqua-t-il en levant le nez.
Cassiopée se réveilla sous les rires de son père, son parrain et sa marraine. Elle gazouilla un moment avant de sangloter. Elle avait faim. Son père tourna aussitôt les yeux vers elle et s'extasia devant elle. Il avait un but dans la vie. Autre que celui que tout le monde attendait de lui. Il allait protéger cette merveille. Maintenant plus que jamais, Harry se dit qu'il avait fait le meilleur des choix.
oooooo
Draco ne rentra que quatre jours après. À son arrivé à Poudlard, il se sentit un peu morose, il n'aimait pas avoir à quitter Harry, ne sachant pas quand il pourrait revenir. Aujourd'hui, c'était encore plus dur. Il ne voulait pas quitter sa filleule. Il voulait rester pour voir comment Harry se débrouillerait.
Il passa le portail et se dirigea immédiatement dans les cachots. Ses appartements étaient à côté de ceux de son parrain et il comptait aller le voir avant tout pour s'excuser d'être parti. Dumbledore... Il verrait plus tard. Il avait comme le besoin de voir son parrain qui était devenu père il y a quelques jours, sans le savoir. Serait-il heureux de l'apprendre ? Serait-il heureux d'avoir une famille ? Draco le pensait. Après tout, son parrain avait toujours été aimant avec lui. Peut-être pas de manière très démonstrative, mais il savait qu'il l'aimait. Et il était sa seule famille... Alors oui, Severus aimerait sûrement avoir une véritable famille.
Mais voilà... Cette guerre qui bouffait la vie de son parrain et lui apportait de nombreux ennemis avait bien pu avoir des conséquences sur lui... Il ne l'avait jamais vu si froid et distant qu'en ce moment même. Draco savait que sa tante demandait des potions de plus en plus compliquées, le menaçait parfois s'il n'était pas assez rapide. Cela lui brisait le cœur, mais il devait protéger Cassiopée et pour ça, le mieux était peut-être que personne ne connaisse son existence, pas même son père. Surtout qu'il avait promis à Harry.
Draco toqua enfin à la lourde porte en bois des appartements du professeur de Potion. Celle-ci s'ouvrit seule, laissant apparaître Severus Snape, assis à son bureau, griffonnant sur un paquet de copie. Quand il releva la tête, un éclair de soulagement passa dans ses yeux en reconnaissant son visiteur. Il se leva gracieusement et s'approcha de son filleul.
« Bonjour Draco, comment vas-tu ? »
« Très bien Sev' » répondit-il doucement, utilisant le surnom affectueux qu'il lui donnait depuis tout petit, lorsqu'il ne savait pas prononcer son prénom.
Dans un élan d'émotion, repensant à ce qu'il venait de vivre et que son parrain aurait dû vivre à sa place, il se rapprocha et enroula ses bras autour de la taille de Severus pour se blottir contre lui, comme lorsqu'il était encore enfant. Le professeurse crispa un moment avant de répondre à l'étreinte dont il avait sûrement besoin lui aussi.
Effectivement, Severus avait besoin de réconfort. Le départ d'Harry Potter lui pesait encore six mois après. Il n'avait pas cessé ses recherches, mais n'avait pas eu le moindre indice. Il savait qu'il était irrationnel. Que son envie de le retrouver n'était pas uniquement pour se défendre, pour expliquer ses paroles. Et même ça, il ne le comprenait pas. Il avait toujours fait ce qu'il lui plaisait sans se soucier de ce que les autres en pensaient. Il n'avait pas à s'expliquer auprès du morveux et pourtant, toute cette histoire le bouffait de l'intérieur.
Au bout de quelques minutes, les deux sorciers se relâchèrent, un peu embarrassés bien qu'ils ne l'avoueraient pour rien au monde.
« Ton voyage s'est bien passé ? » demanda Severus en se rasseyant à son bureau et enjoignant Draco à s'installer lui aussi.
« Très bien. Ma cousine avait commencé le travail quand je suis arrivé. Son mari n'était pas disponible, c'est pour ça qu'elle a fait appel à moi, » répondit Draco se rapprochant le plus possible de la réalité. « Il y a eu une complication, elle a fait une hémorragie, mais finalement tout est rentré dans l'ordre. »
« Tant mieux alors... » répondit sincèrement Severus.
« Je suis désolé d'avoir été absent si longtemps, je me rattraperai en corrigeant toutes les copies si tu veux. »
« Draco, tu n'étais pas là avant et je m'en sortais très bien. Crois-moi, je n'ai pas besoin de toi pour terrifier mes élèves, » répondit Severus avec un sourire sadique. « Par contre, si tu le proposes si gentiment, je veux bien que tu corriges les copies. » dit-il en abattant une énorme pile de parchemin sur le bureau. Draco déglutis en regardant le nombre de devoirs.
Après quelques banalités, Draco se leva et prit la pile de parchemin sous son bras pour commencer son dur labeur. Il salua poliment son parrain et se tourna vers la porte. Il était sur le point de franchir le seuil quand il se stoppa. Sans se retourner, il murmura à l'intention de son parrain.
« C'est une fille. »
« Pardon ? » demanda le professeur qui était déjà retourné dans ses préparations de cours.
« Le bébé... C'est une fille. »
« Tu t'en es occupé Draco ? » demanda Severus qui croyait comprendre l'émotion de son filleul par l'attachement pour le bébé.
« Oui... » souffla le jeune homme avec un sourire. Il fit une pose avant de reprendre. « Elle s'appelle Cassiopée. C'est joli n'est-ce pas ? »
« Oui, très, » répondit Severus avec un sourire en coin.
Draco se sentait mal, mais au moins, comme ça, il avait l'impression de partager un peu de son secret avec son parrain.
oooooo
Les jours et les mois passèrent. Cassiopée avait presque trois mois et Noël approchait. Harry s'occupait de sa fille à merveille. Celle-ci grandissait bien. Elle était d'un petit gabarit, et pas très potelée, mais mangeait très bien. Il semblerait que la carrure d'Harry se soit transmise à sa fille. Ses yeux restaient noirs, pour le plus grand malheur et plaisir d'Harry. Il adorait ses yeux, mais ils lui faisaient bien trop penser à son ancien professeur.
Cassiopée était une petite fille sage, elle ne pleurait pas beaucoup, était très éveillée et curieuse. Elle était, par contre, très têtue ce qui ne manquait pas de faire glousser Draco. Quand elle fronçait les sourcils, elle lui faisait beaucoup penser à Severus. En revanche lorsqu'elle était très concentrée, elle sortait le bout de sa langue de façon plus qu'adorable qui lui faisait penser à Harry.
Harry passait beaucoup de temps à se balader avec elle sur la côte. Mais surtout, maintenant qu'il n'avait plus son gros ventre, il en profitait pour visiter la France. Souvent en compagnie d'Hermione, parfois de Draco qui venait leur rendre visite. Les excursionschez les Moldus en compagnie de Draco avaient été vraiment très amusantes. Harry avait rarement autant rit de toute sa vie. Quand il avait un coup de blues, il repensait toujours à la réaction de Draco lorsqu'il avait découvert les facteurs à vélo. C'était inconcevable pour lui qu'une personne gagne de l'argent en suant toute la journée, manquant de se faire renverser par des voitures, pédalant par n'importe quel temps, juste pour permettre aux gens d'avoir des cartes postales débiles ou des factures. Pourquoi ne pas utiliser des hiboux ?!
Hermione et Harry avaient mis du temps à lui expliquer que, n'ayant pas de magie, les animaux qui pourraient servir à l'envoi de courrier étaient peu fiables et trop lents. Il lui avait expliqué le téléphone et c'était fait une joie de lui montrer une télé. Draco n'avait jamais autant appris que lors de ses sorties avec eux.
Un moment très drôle aussi avait été lors d'une sortie dans la capitale. C'était une journée entièrement moldue qu'ils avaient instauré. Ils avaient leurs baguettes en cas de problème, mais ne les utiliseraient pas. Draco avait ronchonné, mais Hermione avait tenu bon. Malheureusement, elle avait été bousculée à la sortie du métro et s'était écorchée le genou. Ce n'était rien de grave, mais elle devait tout de même nettoyer et panser sa blessure. Ils avaient donc été dans une pharmacie où elle avait pu acheter de l'antiseptique et des pansements.
Draco avait disparu dans les rayons et c'était mis à lire toutes les boîtes de médicaments, la composition et l'utilité. S'émerveillant des composants qu'il ne connaissait pas. S'offusquant de ne pas trouver les ingrédients essentiels dans certains produits. Il avait demandé beaucoup d'indications au pauvre pharmacien qui ne comprenait pas forcément les élucubrations de cet homme bizarre qui lui proposait de mettre des pattes de scarabée dans les pilules de somnifère et qui ne comprenait que ce n'était pas lui qui les fabriquait, mais de grandes firmes se faisant concurrence et vendant leurs produits dans toutes les pharmacies.
Le pharmacien, de plus en plus perdu, avait encore moins compris quand un autre homme avec une poussette avait dit au blond que c'était un peu comme les balais, il y avait plusieurs marques, plusieurs performances. Cela avait eu l'air de convaincre le blond qui était parti en disant que sa boutique était trop blanche pour un apothicaire.
Hermione et Harry avaient ris pendant une bonne dizaine de minutes en sortant de là, sous l'œil noir de Draco qui avait fini par prendre sa filleule de la poussette et partir en déclarant qu'elle était la seule à le comprendre. Cassie riait beaucoup de ces petits échanges. Elle ne comprenait pas, bien sûr, mais les grimaces qu'ils faisaient étaient vraiment très drôles.
Draco, bien qu'il grogne, adorait ces moments ensemble. Il avait toujours le cœur lourd lorsqu'il revenait à Poudlard après un week-end comme celui-là. Il avait l'impression d'être en famille et n'aimait pas les laisser. Bien qu'il soit content de passer du temps avec son parrain.
Hermione continuait ses cours en médicomagie et elle adorait cela. Elle se débrouillait très bien et avait de très bonnes notes. Elle passait beaucoup de temps avec Harry et Cassie, mais prenait aussi du temps pour elle et pour sortir avec ses nouveaux amis. Elle avait un peu culpabilisé au début de s'amuser alors qu'Harry restait à la maison, mais il lui avait certifié qu'il préférait. Il voulait qu'elle profite de sa jeunesse et de la pause dans cette guerre, et lui ne voulait pas sortir. Il restait tranquillement dans son cocon avec sa fille. De plus, il ne voulait pas encore se confronter au monde magique. Il lui avait juste demandée de ne ramener personne à la maison, elle avait évidemment accepté. Elle ne l'aurait, de toute façon, pas fait. Mais cela ne l'empêchait pas de flirter et sortir avec des garçons, profitant de sa nouvelle vie et de son avance dans les cours.
Ils avaient passé le réveillon de Noël tous les quatre. Harry, Hermione, Dobby et Cassiopée. Même si celle-ci était partie ce coucher très vite. Draco était resté avec son parrain ce jour-là. Le choix avait été dur, mais il ne voulait pas le laisser seul. Le lendemain, il était tout de même venu chez Harry pour l'ouverture des cadeaux. Il avait plus que gâté sa filleule. Des vêtements, des jouets, des peluches. Il était complètement gaga face à elle et savait s'en occuper à la perfection.
Harry avait passé de magnifiques fêtes de Noël en compagnie de ses proches et avait affiché un sourire tout du long. Pourtant, tout le monde avait pu voir sa tristesse lorsqu'il pensait être seul.
Le soir de Noël, avait été la première fois qu'il avait réellement fait l'amour avec Severus. Cela faisait un an. C'était peut-être même ce soir-là qu'ils avaient conçu Cassiopée. Il ne le saurait jamais. Il repassait sans arrêt dans sa tête, les mots cruels que son professeur avait crachés. Son visage reflétant son dégoût. Il comparait ces images avec celles de ce fameux soir de Noël ou Severus avait été doux et tendre. Il ne comprenait pas.
Ces questions qu'il essayait de ne pas se poser revenaient dans sa tête en permanence. Tournaient sans cesse. Comment un homme pouvait être aussi manipulateur, vil et égoïste. Comment encore maintenant, il n'arrivait pas à voir la supercherie. Pourquoi, alors qu'Harry acceptait totalement le côté bestial et sans lendemain de leur relation, il avait tout à coup été tendre, il lui avait fait croire qu'il comptait ne serait-ce qu'un peu pour lui... Harry avait pleuré ce jour-là encore, chose qu'il n'avait pas fait depuis la naissance de sa fille.
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Le 5 janvier, Harry commença le nouveau travail qu'il avait trouvé. Il avait répondu à une annonce pour être surveillant dans un lycée Moldu et après un entretien, il avait été embauché. C'était quasiment le seul job auquel il pouvait prétendre. Il avait réussi à falsifier des documents par magie pour son identité. Il était embauché sous le nom d'Orion Evans. Mais il n'avait pas voulu inventer une qualification qu'il n'avait pas. Il avait arrêté l'école Moldu à onze ans... Il ne connaissait rien en histoire, chimie et autre de ces matières. Il avait donc dit qu'il avait arrêté l'école à l'âge légal et enchaîné les petits boulots depuis.
Le lundi matin, il emmena sa fille à la garderie pour la toute première fois et il eut vraiment du mal à la laisser. Il viendrait la retrouver à midi, mais cinq heures de séparation lui paraissaient déjà énormes. Le personnel de la garderie avait été touché par ce père célibataire qui murmurait à l'oreille de sa fille pendant qu'elle jouait avec ses cheveux en bataille.
Harry arriva à son poste avec sa dégaine d'ado, ses fringues trop grandes et usées. Il avait l'air d'être un élève qu'il était censé surveiller. C'était un petit lycée d'environ cinq cent élèves. Tout le monde connaissait tout le monde et son arrivée ne passa pas inaperçue. Surtout auprès de certaines étudiantes qui fondaient instantanément en regardant ses grands yeux verts dépourvus de lunettes.
L'intégration fut difficile. Il était petit et mince, n'imposait donc pas le respect par sa corpulence. Il dut trouver une méthode pour se faire obéir et il la trouva au bout de quelques semaines grâce à un certain professeur Snape.
Après une énième remise en question de son autorité, Harry avait essayé le regard qui tue Made in Snape. Il apparut donc que sans ses lunettes, il était beaucoup plus crédible et il avait déjà vu des élèves déglutir lorsqu'il leur lançait un tel regard.
Il devint moins timide et réservé, plus froid et autoritaire lorsqu'il le fallait, tout en étant le pion sympa avec qui on pouvait discuter franchement.
Cassiopée s'était bien habituée à la garderie, même si les débuts avaient été difficiles. Elle avait fini par remarquer qu'il y avait toujours quelqu'un pour venir la chercher, soit Hermione, soit Harry.
Draco venait les voir souvent et ils étaient toujours heureux de se retrouver. La vie était plaisante.
Et c'est ainsi que les mois, puis les années défilèrent.
