Hello !

Voiçi le nouveau chapitre, très attendu. Un chapitre plus doux plus calme, parce qu'il en faut aussi.

J'en profite pour remercier... TOUT LE MONDE ! Vous êtes adorables ! Vos reviews me font très plaisir. Merci pour mes 103 reviews, mes 197 followers, mes 119 favoris, je n'en attendais pas tant ! Mais continuez je vous en prie ça me pousse à écrire plus et mieux =)

Merci à ma Bêta MarysolCx qui m'a fait remarqué le manque de rythme de ce chapitre et m'a aidé à le rendre plus agréable. En plus de corriger les nombreuses fautes bien sûr !

Donc voici le nouveau chapitre, un peu plus long que les autres. Bientôt la fin les copains !

Bonne lecture !


Chapitre 7 : Daddy

Severus se retrouva de nouveau en dehors de la Pensine. Sa fille connaissait son existence. Harry lui avait parlée de lui. Elle l'appelait daddy. Son cœur battait plus vite que jamais alors qu'il se rendait compte de ce qu'il avait perdu, mais, surtout, de ce qu'il allait tenter de ravoir.

Il en était sûr maintenant, c'était ça qu'il voulait !

Dans ce souvenir, à côté de cet homme et de cette petite fille, c'était comme s'il avait vraiment été là, aussi stupide que cela puisse paraître. Comme s'ils étaient vraiment une famille. La famille qu'il n'avait jamais eue. Et il était prêt à tout pour l'avoir réellement.

Regardant le fauteuil, il remarqua que Draco s'était endormi. Il était vrai que le temps passait plus vite dans une Pensine. Il avait vu plusieurs jours de souvenir au moins, mais il avait quand même dû rester quelques heures dedans en tout.

Ne se souciant pas plus que cela de son filleul, Severus rangea tous les précieux souvenirs dans la boite et prit la seconde. Il y avait une dizaine de fioles dans celle-ci. Elles aussi datées.

Grâce à elles, il put voir les moments marquants de la vie de sa fille. Certain souvenirs avaient dû être donnés par Miss Granger car Draco n'y apparaissait pas. Ainsi, il vit son premier sourire, sa première dent, ses premiers pas, son premier mot aussi, qui, au grand désespoir de son père, fut "Aco" pour son parrain "Draco" qu'elle avait l'air de vénérer.

Il put assister aussi à son premier accident de magie : elle devait avoir quatre ans et voulait absolument sortir dans le jardin. Harry avait refusé car il pleuvait trop dehors et la petite avait alors hurlé de toutes ses forces. Tout à coup, le salon s'était retrouvé couvert d'une magnifique pelouse, douce et parfaitement coupée. Cassiopée avait alors pu jouer dans l'herbe, comme elle en avait envie depuis la fin de sa sieste.

Harry s'était contenté de la regarder avec des yeux exorbités, avant de se tordre de rire. Le premier accident de magie était très attendu chez les sorciers et généralement célébré. Cassie n'avait apparemment pas remarqué quoi que ce soit d'étrange. Severus lui, avait les yeux plein de fierté.

Il fut surprit lorsqu'il tomba sur un souvenir très intime et qui, d'après lui, n'aurait pas dû se trouver là. Draco était en train de corriger les copies sur la table de la cuisine, dans la même petite maison que les autres souvenirs et Miss Granger était à côté de lui, faisant apparemment ses devoirs.

Elle avait bien changé, la petite Gryffondor à dents de lapin et aux cheveux broussailleux... Elle était belle, pas une beauté fatale, mais plutôt une beauté pleine de charmes. Draco avait l'air nerveux et lui jetait de fréquents coups d'œil au-dessus de ses copies. Après quelques minutes, il posa sa plume, soupira et mit la tête dans ses mains.

« Ça ne va pas Draco ? » demanda la jeune fille en levant le nez de sa copie.

« Hermione, j'aimerais te demander quelque chose. »

« Je t'écoute, » dit-elle en fermant le livre en face d'elle, montrant qu'elle comprenait que le sujet était sérieux.

« Tu sais, au début de toute cette histoire mon amitié avec Harry, son départ, la naissance de la petite... Nous n'étions pas en bons termes, même si nous nous supportions pour Harry. Eh bien, après toutes ces années, les choses ont changé. Nous nous sommes excusés : moi pour les insultes et les mauvais coups et toi pour cette gifle ô combien humiliante et douloureuse en troisième année. Nous nous sommes laissés une chance et, peu à peu... La colère s'est transformée en rancœur, puis en désintérêt, puis en attention, en affection et maintenant... Maintenant c'est plus fort que ça pour moi... Merlin, je suis un Malfoy ! Normalement je n'ai pas à faire ça ! Hermione je... »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, que la jeune fille lui ravageait la bouche dans un baiser ardent. Apparemment, elle attendait cela depuis quelques temps.

Severus n'était pas le moins du monde gêné de voir ce souvenir, mais il ne comprenait pas ce qu'il faisait là. C'était un moment précieux et intense entre son filleul et Miss Granger, et cela ne le regardait nullement. C'est à ce moment de sa réflexion, qu'une petite voix aiguë le surprit.

« PAPA !PARRAIN ET MARRAINE SE FONT DES BISOUS SUR LA BOUCHE ! ILS VONT BIENTÔT BAVER SUR LE TAPIS ! POURQUOI T'AS DIS QUE MOI J'AVAIS PAS LE DROIT DE FAIRE DES BISOUS SUR LA BOUCHE A DRACO SI HERMIONE LE FAIT ?! »

Cette tirade fit arrêter le nouveau couple et Hermione étouffa un rire gêné dans le cou de son nouveau compagnon.

« C'est pas trop tôt, » sourit Harry en entrant dans la pièce. « Cassie, laisse les tranquille. Ils sont amoureux. »

« Mais moi aussi je suis amoureuse de Draco, » bouda la petite fille.

« Toi, tu es trop jeune pour être amoureuse, » contra son père. « Mais ne t'inquiète pas, peut-être qu'un jour, ton parrain et ta marraine feront un bébé, et qu'il sera aussi beau que Draco et Hermione mais avec plus de cerveau que Draco. Ça serait un amoureux ou une amoureuse parfait, tu ne crois pas ? » Harry lança un coup d'œil malicieux à Draco qui grognait.

« Oui ! C'est décidé, je serais l'amoureuse de votre futur bébé ! Il arrivera quand ? » demanda la fillette au couple qui pâlit drastiquement à la question. Après une minute de silence abasourdit, Draco reprit avant que le souvenir ne s'estompe.

« Et voilà comment ta fille aura gâché le merveilleux souvenir de ma mise en couple, Potter. »

Severus n'eut pas le temps de s'amuser de la réplique, il fut embarqué dans un autre souvenir, l'un des derniers. Il apparut derrière Draco, dans un jardin aux herbes folles, avec une maison en arrière-plan. Il regarda la petite fille aux cheveux noirs courir jusqu'à son filleul et monter sur ses genoux. Elle n'était pas beaucoup plus jeune que lorsqu'il l'avait vu il y a quelques jours. Cette scène se passait sûrement cet été.

« Dray ? » interpella-t-elle d'une petite voix fluette et un peu timide. « Papa m'a dit que c'est à toi que je devais poser ma question... »

« Et quelle est ta question princesse ? » répondit Draco en remettant une mèche des doux cheveux noirs derrière son oreille.

« L'autre jour, papa m'a dit que j'avais pas de maman, mais deux papas. Il m'a dit que c'était possible chez les gens comme nous mais pas chez ceux qui sont dans ma classe. Je voulais savoir d'autres choses sur mon deuxième papa et il m'a dit de venir te voir. »

« Faux-frère, » grommela Draco.

« Pourquoi je dois venir te voir parrain ? »

« Ton papa... N'aime pas parler de ton deuxième papa. C'est un sujet qui lui fait du mal, qui le rend triste. »

« C'est mon deuxième papa qui lui a fait du mal ? » demanda innocemment la petite fille.

« Pas volontairement, je pense... »

« Papa dit toujours que si on fait exprès, c'est plus grave que si on a pas fait exprès. »

« Et il a raison. Mais ton deuxième papa lui a vraiment fait beaucoup de mal. »

« Alors il faut plus lui parler, » déclara Cassiopée avec une moue boudeuse, en croisant ses bras sur son torse. « Moi quand Jessica a essayé de me couper les cheveux, je lui ai plus parlé après, »

Le cœur de Severus se serra quand il entendit cette phrase si anodine. C'était dit avec un naturel déconcertant. Severus était complètement subjugué par sa fille et il essayait de retenir chaque détail à son sujet.

« Ce n'est pas si simple princesse... » reprit Draco. « Comme je te l'ai dit, il n'a pas fait du mal à ton papa volontairement. »

« Alors pourquoi ils se sont pas réscon... réconsqui... réconcilié ? » demanda Cassiopée en fronçant les sourcils de concentration. « Quand je me dispute avec Manon, c'est jamais longtemps et après je ne suis plus triste. »

« C'est compliqué, princesse... Ton deuxième papa fréquente des gens qui ne sont pas gentils. »

« Pourquoi ? »

« Parce que... Par Merlin... Il doit rester proche d'eux pour qu'il puisse nous prévenir, si ces méchantes personnes prévoient de faire des vilaines choses. »

« Des vilaines choses ? »

« Les personnes qu'il fréquente, veulent du mal à ton papa. »

« Mais pourquoi ? Il est gentil mon papa ! » s'indigna la petite fille.

« Oui, il est gentil, princesse. Mais ça n'empêche pas les gens de vouloir lui faire du mal. »

« Et mon deuxième papa le protège ? » demanda Cassie, des étoiles dans les yeux.

« Oui... Mais non. Attends, Cassie, ne prends pas ton deuxième papa pour un héros non plus. C'est vrai qu'il sauve ton papa depuis longtemps, mais il lui a aussi fait beaucoup de mal. Je ne sais pas si il l'a vraiment voulu, je ne sais pas ce qu'il ressent mais ce n'est pas forcément pour ton papa qu'il fait tout ça. C'est pour tout le monde. »

« Mais... Pourquoi il ne vient pas me voir ? »

« Il ne sait même pas que tu existes ma puce... » répondit douloureusement Draco. « Ton papa Harry est partit quand il a su que tu étais dans son ventre. Pour que ces méchantes personnes ne te fasse pas de mal. »

« Alors... Il ne veut pas de moi ? » demanda-t-elle d'une petite voix triste.

« Je ne sais pas princesse... Je ne sais pas ce qu'il dirait s'il connaissait ton existence... Il est particulier tu sais, il n'exprime pas ses émotions et je ne l'ai que rarement vu sourire. Il est distant, froid et souvent en colère. »

« Il travaille ? »

« Oui, il fait le même travail que moi. Il fait des potions. »

« Tu crois que je pourrais lui montrer comme je sais bien écrabouiller les scarabées pour faire la poudre de tes potions ? »

« Si un jour il souhaite passer du temps avec toi, je suis certain qu'il sera ravi que tu lui montres, » répondit Draco avec un sourire.

Il y eu un silence pendant que chacun réfléchissait à la situation. Severus était sous le charme de cette adorable gamine. Et il espérait avoir une chance de faire partie de sa vie.

« Tu crois que papa serait content si daddy revenait ? »

Draco parut surprit de voir la petite appelé son deuxième père daddy.

« Je ne sais pas, ça peut le rendre plus heureux, comme ça peut le rendre plus triste. »

« J'aimerais bien connaître mon daddy, mais je ne veux pas qu'il fasse de mal à mon papa, » déclara Cassiopée en se blottissant contre son parrain.

Severus se trouva de nouveau dans son salon. Il était surpris que Cassiopée veuille le connaître et lui avait très envie d'en savoir plus sur elle. Il était lui-même plus que prêt à revoir sa fille, à faire comprendre à Harry qu'il tenait à lui et qu'il voulait s'investir auprès de la petite, même s'il n'avait encore aucune idée de comment y parvenir.

Le dernier souvenir montrait la petite fille, heureuse et souriante, dans le jardin, malgré le ciel nuageux. Elle avait un bol dans les mains et touillait vivement. Elle se tourna vers Draco avec les yeux brillants de bonheur et de malice.

« Regarde parrain, je fais une potion ! Comme daddy ! » dit-elle en souriant franchement et tournant vivement son bout de bois dans son bol, s'éclaboussant elle-même des divers ingrédients du bol.

Draco lui sourit gentiment et se tourna pour voir Harry adossé à la porte d'entrée de la maison. Cassie le vit aussi et lâcha son bol pour se précipiter vers lui.

« Papa ! Tu me fais les papillons de Lily ?! Allez, s'il te plaît ! »

Harry eut un sourire et s'accroupit devant sa fille, elle regardait son père avec une admiration sans borne. Il ferma sa main devant son visage et demanda à sa fille de souffler dessus. Elle le fit, excitée à l'idée de ce qui allait se passer. Harry ouvrit la main doucement et sous l'œil émerveillé de sa fille, des dizaines de petits papillons bleus en sortirent, voletant dans tous les sens. Cassiopée se précipita pour les attraper et commença à sauter dans tout le jardin. Harry s'approcha de Draco et s'assit à côté de lui.

« Pourquoi les papillons de Lily ? »

« Je ne sais pas... » répondit doucement Harry. « Les papillons sont un symbole d'espoir, un peu comme dans la boite de pandore. Ma mère est synonyme d'espoir pour moi. Et c'est tout ce qu'il me reste. L'espoir. »Il continuait à regarder sa fille qui sautillait et riait, agitant parfois les bras dans leur direction.

C'est plein de bonne résolution que Severus se releva. Le soleil était levé, il avait passé la nuit dans les souvenirs de Draco. Il s'approcha à nouveau de la grosse boite pour y trouver un minuscule body, des petits chaussons et plein de photos, Moldues ou sorcières représentant sa fille à différents âges. Draco s'était donné beaucoup de mal pour faire cette boite et conserver tous ces souvenirs. Severus lui en était reconnaissant, même si une part de lui était encore en colère.

Il ne lui avait pas dit qu'il était père. Il avait caché qu'il savait où était Harry. Il lui avait même caché sa relation avec Miss Parfaite Severus savait qu'il n'avait jamais montré à quel point il avait été touché par ce départ et que Draco ne savait pas sur quel pied danser avec lui. Mais il avait du mal à lui pardonner... Maintenant qu'il était au courant, il ferait tout pour voir grandir sa fille.

ooOOoo

Cela faisait plus d'une semaine que le professeur Snape avait refait irruption dans leur vies et Harry n'était pas sorti de sa chambre. Il acceptait les visites, notamment celles de sa fille, mais n'allait plus au travail et ne se nourrissait que si Dobby menaçait de se coincer les oreilles dans la porte du four.

Il pensait toujours à la visite de son professeur et avait compris que c'était Draco qui l'avait aidé à venir. Par conséquent il ne l'avait pas laissé rentrer lorsque celui-ci était venu le voir. Harry était fâché. Oh, il savait très bien que ça ne durerait pas et il savait qu'il lui pardonnerait vite, mais pour l'instant, il ne voulait pas le voir. Draco avait été peiné et il était resté longtemps derrière la porte à s'excuser, alors qu'un Malfoy ne s'excuse pas. Il était ensuite reparti la tête basse, les épaules légèrement voûtées.

Harry pensait sans arrêt à son professeur. Il n'avait pas changé si ce n'était qu'il avait l'air plus maigre, plus pâle. Mais il était toujours cet homme ténébreux qui lui plaisait tant. Severus n'était pas vraiment beau, mais il avait du charme. Un charme envoûtant, qui lui était apparu au fur et à mesure des jours, des semaines et des mois passés ses côtés. En le côtoyant il avait vu la grâce avec laquelle il effectuait chaque mouvement. La danse de ses gestes lorsqu'il faisait ses potions avec aisance. La lueur passionnée dans ses yeux. La force et l'acharnement lorsqu'ils combattaient. Son humour cassant. C'était tout cela qui l'avait envoûté. Ce tout. Et tout en Severus Snape était envoûtant.

Severus était revenu dans sa vie et Harry ne savait quoi en penser. Il lui avait dit qu'il l'avait cherché et qu'il voulait le voir. Pourquoi ? Et maintenant il savait qu'il avait une fille, comment allait-il réagir ?

Il ne put y réfléchir plus longtemps, car une enveloppe passa sous sa porte.

Il se dirigea vers elle sans crainte, cela ne pouvait être qu'Hermione ou Draco de toute façon. Il prit la lettre et regarda la belle écriture fine et légèrement penché. Cette écriture, il l'a reconnaîtrait entre mille. Celle qui avait distribué tant de venin sur ses copies. Snape. Il partit s'installer sur son lit en regardant cette enveloppe, ne sachant pas s'il avait vraiment envie de savoir ce qu'elle contenait. Peut-être voulait-il lui enlever sa fille...

Prenant enfin son courage à deux mains, Harry déplia la lettre et lut.

Harry,

j'aimerais tout d'abord te dire que tout ce que je vais t'écrire dans cette lettre est vrai, mais que cela sera sûrement la seule et unique fois ou je dirai ce genre de chose. J'ai dû boire une bonne quantité d'alcool de fée pour pouvoir laisser sortir chaque mot de mon esprit.

Ce soir de Noël, j'ai fait ce que j'avais envie de faire, de te donner. C'était un peu comme une première fois à moi aussi et ça a remué quelque chose en moi. J'ai aimé. Ce n'était pas qu'un coup, ce n'était pas pour évacuer la tension. C'était pour toi.

Depuis que tu es partit, je n'ai eu de cesse de te chercher. J'ai passé mon temps à penser et fouiller chaque endroit où tu pourrais être. Je pensais juste vouloir t'expliquer ce que tu avais vu dans ta vision mais je me suis rendu compte plus tard, qu'un tel acharnement pour seulement justifier mes paroles était ridicule et qu'il y avait plus.

Et puis j'ai vu Cassiopée. Notre fille. Ça fait bien longtemps que j'ai fait une croix sur la vie de famille. Un homme comme moi ne peut avoir une famille... Et je le pense toujours. C'est trop dangereux. Mais maintenant que cette petite fille est là... J'ai très enviede la connaître, de la protéger, de la chérir. J'aimerais passer du temps avec vous, apprendre à vous connaître et pourquoi pas, un jour, envisager ce dont je n'ai jamais osé rêver : une vie de famille.

Faire le tri dans des sentiments que je n'ai jamais connus n'est pas chose aisée. Ne plus les refouler en permanence non plus. Je ne vais pas te déclarer un amour inconditionnel, pas plus que je ne vais te promettre d'être un modèle de gentillesse. Tout ce que je peux te proposer, c'est moi. Le vieux grincheux, laid et irascible. Rien de très reluisant en somme.

Quoi que tu répondes, je veux que tu saches que je vous protégerai, au prix de ma vie s'il le faut.

Merlin... Je n'ai jamais rien écrit d'aussi dégoulinant de mièvrerie. Je pense bientôt faire une crise de Poufsoufflisme aiguë. Je vais vite appeler Draco pour qu'il prenne cette maudite lettre et te la donne avant que je ne la brûle.

J'aimerais que l'on se voie. Avec ou sans Cassie, comme tu le souhaite.

Dans l'espoir,

Severus Snape.

Ps : Cassiopée est un prénom magnifique, et j'ai été touché que son deuxième prénom soit Eileen. Merci.

Harry n'en revenait pas. Severus voulait le revoir. Apprendre à connaître Cassie. Former une... famille ? Était-ce seulement possible ?

Il avait envie de le revoir. Maintenant qu'il savait que ce n'était pas un piège, que cette nuit avait aussi compté pour lui. En supposant que ceci n'était pas un piège ou un mensonge, c'était merveilleux.

« Dobby ? »

L'elfe de maison apparu dans un petit bruit caractéristique. Il ne s'abaissa pas, il n'était plus un esclave, mais fit un signe de tête poli.

« Oui, Maître Harry ? »

« C'est toi le Gardien du Secret, j'aimerais que tu le révèles au professeur Snape, quand tu seras sûr qu'il est seul et que tu ne peux être entendu par personne. Dis-lui ensuite de venir ce week-end, s'il te plaît. »

L'elfe paru être surexcité un court instant.

« La petite Maîtresse Cassie va retrouver son père ? »

« Oui, » soupira Harry « je sais qu'elle le souhaite et apparemment Severus aussi. »

« Dobby est heureux. Le professeur Snape est un homme bon, malgré les apparences. »

Il disparut ensuite, laissant Harry dans ses réflexions.

ooOOoo

Severus sortait de deux heures de cours Serpentard et Gryffondor et il avait un mal de crâne impressionnant. Il s'installa immédiatement sur le sofa comme à son habitude et regarda le feu pour s'apaiser.

Il ouvrit brusquement les yeux, lorsqu'un elfe de maison transplana devant lui.

« Professeur Snape, Harry Potter habite dans la chaumière du Phœnix Noir, au 416 sur l'île Léonis Gautier, en France. Vous y êtes attendu ce week-end, à l'heure qu'il vous plaira. »

Il disparut immédiatement après son message, laissant le professeur abasourdit. Après quelques secondes, il secoua la tête, désespéré. Il n'y avait que ce stupide Gryffondor pour faire d'un elfe de maison, un gardien du secret. Mais il devait avouer que c'était une bonne idée. Personne ne songerait à ça, et certainement pas un Sang-Pur.

En tout cas, il était invité à aller les voir et il allait y aller. Pour libérer son week-end, il avait juste à passer la nuit sur les corrections qu'il n'avait pas avancées et accessoirement, il ne devait pas donner de devoirs le lendemain...

C'est ce qu'il fit. Il resta concentré sur ses copies jusqu'à 3h30 du matin. Il ne dormit que quatre heures cette nuit-là, mais fut d'attaque pour une nouvelle journée de cours. Il s'appliqua à torturer les élèves comme à son habitude, retirant une quantité de points non négligeable. Mais à la grande stupéfaction de tous, il ne donna aucun travail pour la semaine suivante.

Le samedi, à dix heures il était prêt. Il avait mis un pantalon noir et une chemise bleue nuit, la seule couleur de sa penderie, ainsi qu'une fine cape noire. Il se regarda une dernière fois dans le miroir et grimaça à son reflet. Il n'était pas beau, et ne le serait jamais. Il n'avait aucune chance qu'Harry l'accepte, mais une fois, juste encore une fois... Il baissa les yeux et serra les poings.

Il allait faire face. Il n'était pas n'importe qui ! Il était Severus Snape, digne représentant de la maison de Salazar Serpentard, maison des ambitieux et il allait le prouver. Peu importe le temps que cela prendrait, peu importe ce qu'il endurerait, il retrouverait son petit lion. Il savait ruser et manipuler aussi bien qu'un Malfoy et il s'en servirait pour qu'Harry lui revienne.

Avec un dernier coup d'œil dans le miroir, il vit son visage décidé et prédateur. Il s'était beaucoup trop apitoyé sur son sort ces derniers temps et il ne supportait plus cela. Quand il était plus jeune, il se lançait quotidiennement des défis, pour aller toujours plus loin, il était ambitieux. Aujourd'hui, il avait un nouveau challenge, et ce challenge était Harry Potter.

Severus Snape partait en chasse.

Il traversa le château d'un pas décidé et, après avoir franchi les barrières, attrapa son Portoloin. Il arriva directement face à l'arbre marqué d'un 4, mais cette fois ci, le paysage bougea pour laisser apparaître une jolie chaumière en pierre, entourée d'un jardin un peu sauvage mais très fleuri.

Severus s'avança sur le petit chemin de cailloux et frappa à la porte. Il était franchement nerveux mais ne le montrait pas. La porte s'ouvrit sur l'elfe de maison qu'il avait vu quelques jours auparavant. Dobby s'il se souvenait bien.

« Bonjour, Professeur Snape, » commença-t-il de sa petite voix grinçante, en le faisant entrer. « Maître Harry est encore au travail, il en sort onze heures et Princesse Cassie est partit faire des courses avec Miss Hermione. »

« Princesse Cassie ? » demanda Severus avec un sourcil levé.

Dobby se mit à rougir. Severus ne savait même pas qu'un elfe de maison pouvait rougir.

« Monsieur Malfoy a un jour demandé à Dobby d'appeler la petite maîtresse « Princesse Cassie ». Maître Harry a dit à Dobby que c'était une blague, mais Dobby a trouvé que ça allait tellement bien que Dobby a continué à l'appeler ainsi de temps à autre. »

« Je vois, » ricana Severus. « Tu dis que Harry est au travail ? »

« Oui, Professeur Snape ! »

« Et où travaille-t-il ? »

« Dans un lycée, Professeur Snape. »

« Pourrais-tu m'y faire emmener ? » demanda le professeur.

Quelques minutes plus tard, ils apparurent derrière des fourrés et Dobby lui indiqua la direction pour se rendre au lycée.

Severus métamorphosa sa cape en manteau noir puis ce dirigea vers le lycée ou Harry devait se trouver. Il devait être 10h30 lorsqu'il arriva enfin. Il se tînt à distance, regardant les quelques adolescents qui plaisantaient devant l'entrée.

Il attendit une demi-heure avant d'entendre la sonnerie.

ooOOoo

Harry entendit avec soulagement la sonnerie retentir. Il était enfin en week-end et se sentait incroyablement stressé. Son ancien amant allait peut-être venir les voir et il ne savait même pas pourquoi il l'avait invité. Peut-être un reste d'impulsion Gryffondorienne...

En tout cas, il n'avait arrêté d'y penser et il se disait de minute en minute que c'était une idée abominable. Il sortit de la salle de permanence et passa au bureau pour récupérer son sac et dire au revoir à ses collègues qui ne finissaient qu'à midi.

Il sortit rapidement du bâtiment, respira un grand bol d'air frais puis reprit sa route pour traverser la cour et passer les grilles. Il regarda autour de lui pour repérer les élèves qui pourraient enfreindre le règlement. C'était assez ironique que lui, parmi tant d'autres, surveille des élèves. Lui qui avait tant de fois enfreint les règles, lui qui avait si souvent été punit.

Pourtant, il se plaisait dans son travail. C'était simple et il voyait du monde, il avait des responsabilités mais pas beaucoup. Ce qu'il prenait le plus à cœur, c'était la sécurité des élèves. Il passait parfois des heures à observer tel ou tel adolescent, essayant de repérer des signes de maltraitance, d'abus ou de harcèlement. Il avait déjà signalé plusieurs cas, et les surveillait de près ensuite. Harry avait été particulièrement touché par l'un des élèves. En lui parlant de sa propre enfance, il avait réussi à lui faire avouer l'enfer dans lequel il avait grandi. Cet élève avait par la suite été enlevé de chez ses parents et placé dans un foyer. C'était difficile, la vie en foyer, mais au moins, maintenant, il n'était plus battu.

Harry était connu pour être à l'écoute et certains élèves n'hésitaient pas à se confier à lui. Que ce soit des histoires de cœur ou de n'importe quelle difficulté. S'il ne résolvait pas tous les problèmes, il les écoutait toujours avec une grande attention. Il était heureux comme ça.

Harry regarda le flot d'élèves sortir. Certains partaient tout de suite, d'autres restaient un peu pour parler avec leurs amis. Il vit Lucas, un grand garçon bien battit, passer les portes et l'interpella.

« Lucas ! Tu n'étais pas en cours de maths ce matin, je me suis fait un plaisir d'appeler ta mère qui t'attend de pied ferme. Bizarrement, elle n'en a pas cru un mot quand on lui a expliquée que tu faisais de l'urticaire mathématical. Tu es attendu lundi à neuf heures dans le bureau de Madame Milbore, ne soit pas en retard. »

Il avait dit ça d'un ton léger en souriant mais chacun savait qu'il n'était pas question de répliquer. Le grand blond serra les lèvres et les poings face à son surveillant qu'il surnommait « la demi-portion » et hocha sèchement la tête avant de déguerpir rapidement.

Une fois les élèves un peu plus dispersé, Harry se permit de souffler et s'avança vers l'un des groupes qu'il connaissait bien. Ils étaient en dernière année et n'étaient pas du genre à faire les quatre cents coups mais savaient tout de même s'amuser. Il serra la main au quatre garçons et fit la bise aux deux filles. Chose qu'il ne faisait qu'une fois sortit du lycée, après son travail. Il faisait la même taille qu'eux malgré qu'il soit plus âgé d'environ cinq ans.

« Salut, tout le monde. »

« Salut, Orion, » répondirent la plupart.

Dans le monde Moldu, il était Orion Evans.

« Alors, quoi de neuf ? » demanda Harry.

« Contrôle, » répondit le plus petit avec une moue dégoûté. Harry sourit.

« Ne me dit pas que tu n'as pas révisé Zack, je n'y crois pas une seconde. » L'autre garçon grimaça à nouveau puis gêné, fourra les mains dans ses poches.

« Ben... En fait... J'ai invité Jessica hier et... »

« N'en dit pas plus, je veux pas savoir, » coupa Harry en souriant de toutes ses dents.

« Et toi ? Quoi de nouveau ? » demanda Sarah, à côté de lui.

« Oh... Pas grand-chose. Je n'ai pas une vie très palpitante, » répondit-il négligemment. Même en discutant calmement avec eux, il était toujours nerveux et ne savait quoi faire pour se détendre, il sortit de sa poche un paquet de cigarette et en alluma une avant de tendre son briquet à Zack qui voulait fumer lui aussi.

« Tu viens avec nous ce soir ? » demanda Matt, un grand au crâne rasé et aux yeux bleus clairs. « On va boire quelques bières au Mèliz. »

« C'est gentil à vous, mais je reçois peut-être un... ami, » répondit Harry avec un sourire crispé.

« Tu viens au parc avec nous dimanche alors ? »

« Non plus... Je ne sais pas quand cet ami doit venir, ni même s'il va venir. En plus, vous savez bien que je dois m'occuper de ma fille. »

« Quand même, » dit Sarah, ses grands yeux bleus le fixait, alors qu'elle se blottissait un peu plus dans les bras de Matt. Elle avait un air rêveur et faisait parfois penser à Luna. « Il faudra que tu m'expliques comment tu as eu une fille alors que tu es gay. »

« J'aimerais t'apprendre ce genre de choses mais il me semble que la question : "Comment on fait les bébés ?"tu devrais la poser à Matt. Et pour "comment j'ai pu faire ça avec une fille" alors c'est simple : phase de recherche. J'avais dix-sept ans et j'étais un jeune crétin vous comprenez ? »

Il en était là dans ses explications lorsqu'il vit ses amis regarder derrière lui, les yeux légèrement écarquillés. Il allait leur demander une explication lorsqu'il entendit, derrière lui, une voix. Sa voix.

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Severus Snape était dans un coin discret à regarder le Survivant converser avec d'insignifiants adolescents. Il le regardait depuis quelques minutes déjà, essayant d'enregistrer le moindre indice susceptible de l'aider dans sa quête pour qu'Harry soit de nouveau à lui.

Il le vit discuter avec certains étudiants, saluer des professeurs, mettre une heure de retenue à un autre élève. Severus regarda Harry s'approcher d'un groupe de jeunes et discuter amicalement. Il le vit ensuite, avec stupéfaction, tirer un paquet de cigarettes de sa poche et en allumer une.

L'homme en noir le regarda faire des sourires à ses amis et plaisanter avec eux. La jalousie s'insinua lentement en lui, mais il tenta de la repousser, ne voulant pas se laisser embrumer par des émotions qui interféreraient dans sa mission. Il avait l'impression de reprendre son rôle d'espion.

Il eut tout de même du mal à contenir un grognement lorsqu'il vit l'un des jeunes de la bande, faire un sourire charmant à Harry. Heureusement, celui-ci avait l'air de ne rien remarquer et ne répondait absolument pas aux avances qu'il recevait.

Son griffon était soit stupide, soit aveugle. Dans les deux cas ça l'arrangeait.

Severus eut tout de même envie d'aller montrer à tous ses gamins bourrés d'hormones qu'ils avaient de la concurrence et d'un pas sûr et conquérant, il s'avança.

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« Tu étais un jeune crétin dis-tu ? Cela sous-entend-t-il que tu ne l'es plus ? »

Harry pâlit drastiquement en entendant cette voix suave qui l'avait tant de fois fait frissonner. D'un mouvement très lent, il se retourna pour faire face à l'homme dont il s'était follement épris depuis plusieurs années.

« Professeur ? » murmura Harry. Le jeune homme écrasa précipitamment sa cigarette sous son pied avant de s'immobiliser. Ils se regardèrent quelques secondes dans les yeux avant que Severus ne fasse un petit sourire sarcastique.

« Severus, » corrigea-t-il, avant de darder son regard noir sur les jeunes gens intimidés qui lui faisaient face.

« Oui... » marmonna Harry, en fourrant les mains dans les poches de son jeans. Il ne savait pas comment se comporter, il était légèrement embarrassé et impressionné. « Laissez-moi vous présenter les jeunes gens que je surveille au quotidien et qui sont maintenant de bons amis, » dit-il en désignant les étudiants d'un geste vague de la main. « Et je vous présente Severus Snape, l'ami qui devait me rendre visite ce week-end. »

Tous les amis d'Harry regardaient l'homme avec une expression un peu craintive, impressionnée et intriguée. Cet homme était plus vieux qu'eux, il avait l'air sévère et avait des yeux si sombres qu'ils ressemblaient à des puits sans fond.

« Alors c'est ici que vous travaillez ? » demanda Severus, le plus poliment possible, cherchant à connaître un peu la vie d'Harry, il était venu pour ça après tout. Il regarda le bâtiment relativement moderne quoiqu'un peu défraîchi.

« Oui ! » répondit l'un des garçons, visiblement enthousiaste. « C'est un lycée sympa, nous ne sommes pas beaucoup d'étudiants et on s'y sent bien. »

« Et Orion est-il un bon surveillant ? »

« Oui très ! Il est toujours gentil avec les autres ! Sauf ceux qui ne le méritent pas, et il essaye toujours d'aider tout le monde. »

« Ah oui ? » demanda Severus faussement surpris. Comme si le Sauveur n'allait pas essayer de défendre la veuve et l'orphelin... Risible. « Serait-il sévère ? »

« Oh il peut l'être ! » répondit une jeune fille. « Il n'aime pas les gens qui enfreignent le règlement, et nous sermonne toujours pour nous expliquer que les règles sont là pour nous protéger. »

Severus émit un petit bruit de gorge qui pouvait signifier qu'il s'étranglait de surprise, ou alors qu'il se retenait de rire. Harry quant à lui, avait baissé la tête et tenait l'arête de son nez entre son pouce et son index, hésitant entre frapper son professeur, ses amis ou partir en courant. Il n'eut pourtant pas le temps d'élaborer son plan d'évasion.

« Ça c'est étrange, lorsque tu étais à l'école, si mes souvenirs sont bons, tu étais le premier à sortir après le couvre-feu, aller dans des endroits interdits, voler des produits dans le labora... »

« Si vous pouviez éviter de détruire le peu d'autorité que j'ai ici, » coupa Harry en sifflant de rage alors que son ancien professeur s'amusait apparemment beaucoup, même s'il n'en laissait rien paraître.

« Le peu d'autorité ? » s'étrangla Matt. « La dernière fois, tu es entré dans les toilettes en même temps que Lucas Martin, l'un des meilleurs rugbymans de la région, il est ressortit en pleurant ! Personne n'a jamais su ce que tu lui avais fait mais depuis, il n'a plus jamais racketté personne. T'inquiète pas que tu as plus d'autorité ici que le directeur lui-même. »

« Tiens donc ? » dit Severus en levant un sourcil. « Auriez-vous un don particulier ? »

« Pas plus que vous professeur. » répondit Harry, lui faisant un sourire arrogant.

« Vous êtes professeur de quoi ? » demanda timidement Audrey.

« Physique-chimie, » répondit succinctement Severus en utilisant la couverture mise en place par le directeur pour les Moldus.

« Je ne vous ai jamais vu dans ce lycée, » affirma Sarah.

« Effectivement, je suis professeur dans une école pour surdoués en Angleterre. Celle-là même où Orion a étudié, » dit-il avec un rictus.

Les jeunes gens regardèrent Harry, les yeux exorbités.

« Tu as été dans une école pour surdoués ? Mais qu'est-ce que tu fous dans ce lycée pourri ? » demanda Zack.

Harry fusilla Severus du regard en cherchant une explication plausible. Le professeur lui, avait toujours un horripilant sourire en coin plaqué sur les lèvres.

« J'aime ce lycée et j'avais envie d'un travail simple et loin de mon ancienne vie, » se défendit l'ancien Gryffondor.

« Mais à chaque fois qu'on te demande de l'aide pour nos devoirs tu nous dis que tu ne sais pas ! »

« Oui et bien... Poudlard était une école particulière, je n'avais pas les mêmes matières que vous et je préfère ne pas me souvenir de cette époque qui a été particulièrement difficile, » répondit Harry en jetant un regard mortellement sérieux à son ancien professeur.

Le jeune homme qui avait l'air de s'être épris du Survivant commença à avancer, très certainement pour rassurer Harry qui semblait sur les nerfs, mais il fut pris de vitesse par le professeur.

« Je pense que nous devrions y aller, » proposa Severus en envoyant un regard glacial au jeune homme blond qui avait stoppé net son avancé.

Harry regarda sa montre et acquiesça. Il était déjà presque onze heures et demie et Dobby, qui avait pris de l'assurance, savait montrer son mécontentement lorsqu'ils arrivaient en retard pour le repas.

Il dit au revoir à ses amis alors que Severus se contentait d'un signe de tête bref, puis ils partirent tranquillement, longeant le lycée pour trouver un coin à l'abri des regards.

« Eh bien, Potter, tu me donnes rendez-vous et tu ne viens pas ? » demanda Severus de sa voix de velours, après un cours silence.

« Ben... » répondit très intelligemment Harry.

« Mais encore ? » demanda Severus en essayant de ne pas faire preuve de son sarcasme habituel.

« Je ne pensais pas que vous viendriez, surtout pas si tôt... » répondit Harry en baissant le yeux sur ses chaussures.

« Je vous ai dit dans cette stupide lettre que je voulais connaître ma fille, » grogna Severus, pas très à l'aise avec tout ce qu'il avait pu écrire, après s'être mis la tête en vrac.

« C'est vrai... Mais vous n'étiez pas dans votre état normal et je me suis dit que, peut-être, vous regrettiez. »

« Nullement. J'aimerais vraiment passer du temps avec vous. Et voir comment vous vivez depuis tout ce temps. »

« D'accord... »

Les deux marchèrent plusieurs minutes en silence, le temps de trouver un endroit à l'abri des regards indiscrets et Harry agrippa le bras de son professeur pour le faire transplaner dans sa maison. Il le lâcha bien vite pour ne pas savourer plus que de raison, le premier contact physique avec lui depuis plus de six ans.

Aussitôt une petite tornade noire lui sauta dans les bras. Il eut juste le temps de s'accroupir.

« Papa ! »

Cassiopée, contente de se retrouver dans l'étreinte de son père se blottit dans son cou, sans remarquer l'homme qui l'accompagnait. Hermione par contre, qui arriva derrière elle, le vit et se figea.

Severus lui, n'avait d'yeux que pour sa fille et ne la lâchait pas du regard. Il ne savait absolument pas comment se comporter avec elle. Plus jeune, il s'était beaucoup occupé de Draco bien sûr, mais c'était différent, il le connaissait depuis tout petit et n'était pas son père caché...

« Tu sais papa, marraine elle m'a acheté une belle robe dans un magasin. On a été chez les sorciers cette fois et le monsieur il était tout petit, il m'a dit de l'appeler Marcus. Après, il m'a fait une robe moldu bleue claire avec des fleurs rose, qui va jusqu'aux genoux et par-dessus une belle robe sorcière bleue foncé que je dois laisser ouverte, qu'il m'a dit. Et tu sais... »

« Cassie calme-toi, » demanda son père en embrassant sa tempe. « Tu as tout le temps pour me raconter tout ça. Pour l'instant, j'aimerais que tu dises bonjour à notre invité. Ok ? »

La petite tourna alors son regard vers l'homme sombre et se fit timide tout à coups. Elle se pencha à l'oreille de son père pour chuchoter fort peu discrètement :

« C'est mon daddy ? Comme l'autre jour ? »

« Oui c'est ça ma puce, c'est daddy. Va lui dire bonjour s'il te plaît. Il est venu juste pour te voir alors ne t'inquiète pas et va le saluer, » souffla Harry.

La petite regarda l'homme curieusement, puis se dégagea des bras de son père, et se posta devant Severus. Elle se dandina d'un pied sur l'autre un moment avant de planter ses yeux dans ceux, si semblable aux siens.

« T'es mon deuxième papa alors ? Parrain m'a beaucoup parler de toi et tu as rendu mon papatrès triste. Pourquoi t'as fait ça ? » demanda-t-elle innocemment, inconsciente du tourbillon d'émotions qu'elle créait chez chacun des adultes présent.

Severus s'agenouilla devant sa fille. Elle était courageuse de se dresser devant un adulte, surtout lui. Il se savait intimidant. Elle se tortillait toujours, même en voulant être forte, imitant un peu Draco en relevant le nez, sans même le vouloir. Il prit la parole d'une voix un peu plus rauque que d'habitude.

« Ce n'était pas volontaire, » dit-il simplement, ne voulant pas se justifier devant une petite fille. Il voulait s'expliquer avec Harry. Personne d'autre. Mais cette simple phrase parut satisfaire la petite qui se détendit et fit un sourire éblouissant.

« C'est ce que m'a dit parrain, je voulais juste être sûre, » dit-elle avant de lui claquer une bise sonore sur la joue.

Cassiopée lui prit alors la main pour l'entraîner avec elle.

« Dray, il m'a dit que tu faisais des potions, et même que parfois je l'aide à faire les siennes. Je vais chercher des plantes sur l'île avec lui et j'écrabouille les scarabées. Viens, je te montre ma chambre. »

Un Severus raide et abasourdit disparut dans le couloir à la suite de sa fille qui continuait de babiller. Harry s'appuya sur le dossier du fauteuil et baissa la tête en soufflant longuement. Les émotions contradictoires se mêlaient pour lui donner un mal de crâne étourdissant.

Il avait peur, de ce qui pourrait se passer ensuite. Peur de perdre sa fille au profit de quelqu'un d'autre. Peur qu'il lui arrache. Peur de ne pas savoir ou tout ça allait le mener. En même temps, voir Cassie et Severus ensemble, lui faisait du bien, comme si tout était redevenu comme ça aurait dû l'être.

Hermione vint le serrer dans ses bras, sentant son angoisse.

« Tu ne la perdras pas, Harry. Le professeur Snape ne fera pas ça. S'il est venu jusqu'ici c'est pour vous. »

« Peut-être... » murmura Harry.

« Tout se passera bien Harry... »

« Comment peux-tu en être sûre ? »

« Je n'en suis pas sûre. Mais c'est mon rôle de te rassurer non ? » lui dit-elle avec un sourire.

« Merci, marmotte, » répondit-il avec un petit sourire taquin. Elle leva les yeux au ciel et se mit à rire.

« Le repas est prêt, Maître Harry, » fit la petite voix criarde de Dobby derrière lui.

« Je vais les chercher, » répondit Harry en s'armant de courage.

Il rejoignit la chambre de sa fille à pas de loup, soufflant lentement pour avoir l'air nonchalant et entra dans la pièce. Il regarda son ancien professeur accroupi par terre sur le tapis. Il était face à Cassiopée qui lui montrait le nouveau jeu qu'elle avait eu récemment. C'était un magnifique puzzle magique en 3D représentant l'école de Poudlard, flottant à quelques centimètres du sol.

« Papa m'a dit que lui, il dormait là, » dit-elle en montrant la tour Gryffondor. « Et Dray, il m'a dit que lui, il était là, » fit-elle en montrant les cachots. « Et il m'a dit aussi que papa, il faisait plein de bêtises et que tu lui donnais souvent des punitions. Et toi tu dors où dans le château ? »

« Là, » répondit doucement Severus en désignant les cachots.

« Tu dormais dans le lit de parrain ? Mais si tu as fait un bébé avec papa, tu n'aurais pas dû être dans son lit plutôt ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« Non ! » cria presque Severus sous les insinuations de la petite. Il reprit plus doucement. « Je ne dormais pas avec Draco. Lui était dans les dortoirs, dans son lit. Il y avait d'autres lits avec d'autres garçons. Mais moi je suis professeur, je ne suis pas dans les dortoirs, j'ai un appartement à moi, à côté des dortoirs. »

« Eh ben moi, quand je serai grande, je dormirais avec le bébé de Draco ! »

« Pardon ? » s'étrangla Severus.

« Cassie a décidé qu'elle voulait se marier avec Draco, mais comme il est déjà pris elle veut se rabattre sur son futur enfant... » intervint Harry. Severus se retourna et se releva prestement. Il se rappela alors du souvenir qu'il avait vu, relatant cette histoire.

« Eh bien, ce n'est pas pour maintenant, » grogna Severus qui ne pouvait pas s'imaginer que la fille qu'il venait de connaître couchant dans le lit de quelqu'un d'autre, même si ce quelqu'un n'était pas encore né.

« Nous passons à table, » dit Harry, retenant un sourire.

Cassie sauta sur ses pieds et prit ses deux pères par la main, pour les tirer jusqu'à la table. Severus regarda Harry qui lui fit un petit sourire d'excuse.

« Elle a de l'énergie... » fit-il remarquer. Severus acquiesça et s'assit à l'endroit désigné par sa fille.

Dobby apporta le plat et s'assit à table avec eux, comme il en avait maintenant l'habitude. Severus le regarda étrangement puis haussa les épaules, pour concentrer à nouveau son attention sur Cassiopée. Celle-ci babillait joyeusement à propos des magasins qu'elle avait fait avec sa marraine, le matin même. Elle fut interrompue par l'entrée princière de Draco Malfoy. La petite fille voulut sauter de sa chaise pour aller saluer son parrain, mais elle fut retenue par la voix douce mais ferme d'Harry.

« Cassie, tu n'as pas le droit de sortir de table sans permission. »

La petite se tassa un peu sur elle-même et resta bien en place sur sa chaise. Severus fut agréablement surpris, aussi bien par la règle assez stricte que par l'autorité d'Harry. Il n'avait apparemment pas négligé l'éducation de l'enfant.

« Pardon, papa... Je peux aller voir Dray ? »

« Vas-y, » répondit doucement son père.

Cassiopée sauta de la table et alla enlacer son parrain.

« Bonjour, princesse. Tu vas bien ? »

« Oui, regarde Dray ! Daddy est là ! » Draco blanchit et regarda en direction de la table. Il vit tout d'abord Severus attablé, puis son regard passa sur Hermione qui avait l'air un peu mal à l'aise mais heureuse de le voir, et enfin Harry, qui tout à coup, paraissait très en colère.

Celui-ci se leva et posa calmement sa serviette sur la table.

« Dray, je pourrais te parler un moment ? » demanda-t-il d'une voix faussement polie. Draco déglutit avant de lui répondre d'un sourire crispé.

« Tu sais, j'ai très faim et je crois qu... »

« Maintenant ! » coupa Harry d'une voix plus sérieuse.

Draco baissa la tête et Harry le traîna à sa suite pour s'enfermer dans sa chambre.

« Comment as-tu pu me faire un coup pareil Draco ? » asséna-t-il d'emblée.

« Quoi donc ? » demanda poliment l'ancien Serpentard, d'un air faussement candide.

« Arrête un peu de te payer ma tête ! Tu as révélé à ton parrain ma localisation. »

« Et je me suis excusé à de nombreuse reprises pour ça ! » s'exclama Draco excédé.

« Ça ne change rien. Tu m'as trahi alors que tu étais sous serment ! »

« Les serments se détournent Harry, et tu ne crois pas que tu y vas un peu fort ? »

« En terme de trahison tu veux dire ? Non je ne pense pas. Tu lui as dit où me chercher et il m'a trouvé ! Il a trouvé Cassie. Tu l'as mise en danger. »

Draco, furieux, attrapa Harry par le col de son pull et le tira vers lui pour que leur visages se touchent presque.

« N'oses plus jamais me dire que j'ai mis ma filleule en danger Harry. Je donnerais ma vie pour elle et tu le sais. »

« Il aurait pu me la prendre et l'emmener, les Mangemorts auraient pu la retrouver, » dit durement Harry.

« Il était malheureux et je savais qu'il était de notre côté. Je l'ai toujours su ! »

« Alors pourquoi ne m'as-tu rien dit ? »

« Parce que nous ne pouvions pas parler de lui ! Son prénom était tabou ici et tu n'as jamais accepté que je t'en parle, » répondit Draco en relâchant un peu sa poigne, voyant le visage de Harry redevenir peu à peu celui du gamin paumé qu'il avait été.

« Pourquoi maintenant ? » demanda Harry, légèrement calmé.

« Par ce que j'ai enfin vu sa tristesse. J'ai arrêté de me voiler la face et je l'ai vraiment regardé. J'ai fait appel à la très faible parcelle de courage typiquement Gryffondor en moi, et j'ai pris une décision difficile. »

« Tu as pris un risque énorme. »

« Et je ne le regrette pas une seule seconde. »

« Tu penses que je peux espérer ? » demanda Harry.

« Tout ce que je sais, c'est que mon parrain est quelqu'un de bien, qu'il a beaucoup réfléchit suite à ces révélations, et surtout qu'il tient à toi, » répondit Draco en regardant son ami droit dans les yeux.

« D'accord... » murmura Harry.

Draco lui sourit et se détourna pour ouvrir la porte et sortir de la chambre mais il fut retenu par la voix douce du Gryffondor.

« Draco ? »

« Oui ? » dit-il en se retournant. Il ne put faire un mouvement supplémentaire, qu'il reçut un oreiller duveteux en pleine face. C'était maintenant l'heure des réconciliations.

ooOOoo

Resté à table, Severus engagea la conversation avec Hermione.

« Miss Granger, je crois savoir que vous êtes toujours à l'école de médicomagie. Cela vous plaît-il ? »

« Oui professeur, » répondit poliment Hermione. « Ces études sont passionnantes et les professeurs y sont vraiment bons. J'ai quelques difficultés pour les potions avancées mais Draco m'aide beaucoup. »

« Il est vrai qu'il est plutôt doué. Quand serez-vous sur le marché du travail ? »

« Je passe les examens à la fin de cette année. »

« Et vous souhaiterez trouver un poste en France ? » demanda Severus le plus poliment possible.

« A vrai dire je ne sais pas... J'aimerais retourner en Angleterre pour être plus proche de Draco, mais je ne veux pas laisser Harry et Cassie ici... »

« Et si eux aussi revenaient en Angleterre ? » demanda Severus soudainement très intéressé. Il pourrait peut-être tirer sur la corde sensible en proposant à Harry de se rapprocher de lui.

« Alors je postulerai à Saint-Mangouste sans hésiter, peut-être même à l'infirmerie de Poudlard ! » répondit Hermione excitée à cette perspective.

« Marraine ? » intervint la petite voix de Cassie. « Pourquoi ils se disputent ? »

« Draco a fait quelque chose qu'il croyait être bien pour ton papa et toi. Le problème, c'est qu'Harry n'y était pas préparé et il est un peu en colère mais il va se rendre compte lui aussi, que c'était ce qu'il y avait de mieux finalement, et il va se calmer, » répondit doucement Hermione. « En plus tu les connais ces deux benêts, dans quelques minutes ils vont sortir de cette chambre haletants et ébouriffés après une intense bataille d'oreiller. »

Severus plongea alors son regard dans son assiette, s'assurant de ne pas relever la tête à l'arrivée de Harry dans la pièce. Il ne voulait pas que l'image d'Harry haletant et ébouriffé se superpose avec celle d'un ancien souvenir... Avoir une érection ici et maintenant serait inconvenant. Sa fille était tout de même assise à côté de lui...