Hello,
Ce chapitre n'est pas passé chez ma Bêta pour le deuxième passage, alors il reste peut-être quelques petites fautes et incohérence, mais comme on est vendredi, je voulais vraiment le poster. Je ne vous fais pas attendre plus longtemps, bientôt la fin de PPP :,(
Bonne lecture.
Chapitre 8 : Rapprochement
Le repas se passa sans trop de problèmes, Harry et Draco étaient revenus en riant et comme Severus l'avait décidé, il n'avait pas regardé Harry tout de suite. Les conversations étaient légères mais il y avait un petit malaise dans l'air. Severus et Harry ne participaient pas beaucoup. Harry était gêné de la présence de son ancien professeur et amant, Severus n'avait pas grand-chose à dire.
A la fin du repas, ils décidèrent tous ensemble d'aller se promener sur l'île et Cassiopée se fit un plaisir de faire découvrir à son daddy les merveilles de ce petit coin de paradis. Severus se laissait traîner à droite à gauche, sous l'œil moqueur de Draco. Severus avait tout de même refusé de courir et Cassie se contentait donc de le tirer par la main à la recherche de plantes, de pierres, de paysages. Elle lui racontait les souvenirs qu'elle avait à certain endroit.
« Et là, je suis tombée en dehors du buisson et j'ai pleuré très fort ! Mais quand j'ai levé la tête, j'ai vu un énoooooorme hippro... hipporgr... »
Elle parlait tellement vite qu'elle avait du mal avec certains mots, alors elle fit comme son papa lui avait appris. Elle s'arrêta net, respira un grand coup en fermant les yeux, puis, après quelques secondes, s'écria :
« Hippogriffe ! Un très gros zhippogriffe juste devant moi. Et il avait l'air très méchant avec ses yeux tous jaunes. Il avait un grand bec et j'ai eu très peur. Mais quand il s'est avancé vers moi, mon papa il a sauté juste entre nous. Comme un super héros ! C'est Ed à l'école qui m'a dit que les supers héros ils faisaient toujours ça ! Et il s'est penché très très très trèèèès bas, devant l'hippogriffe et ça a duré très longtemps. Moi je pouvais plus bouger parce que papa, il m'avait fait le sort qui bouge plus. Après papa il s'est avancé et il a caressé le cheval à plumes jusqu'à ce qu'il se calme et qu'il retourne tranquillement manger dans la forêt. Papa il m'a beaucoup disputé parce que je m'étais éloignée alors qu'il m'avait dit de rester près de lui. Et j'ai même été punie. Et papa, il m'a fait les yeux qui gèlent. Ceux qu'il fait quand je fais une grosse bêtise. »
« Les yeux qui gèlent ? » demanda Severus en regardant Draco qui ricanait à proximité.
« Le regard noir made in Harry ! Si tu veux mon avis, il t'a volé ce petit effet, mais il est efficace. Que ce soit ici ou au lycée, personne ne le contredit lorsqu'il l'utilise. Il y ajoute une petite poussé de pouvoir, son aura remplit la pièce et s'en est oppressant. » Mieux ?
Severus se tourna à nouveau vers la petite qui était repartie dans une autre aventure, elle était tellement pleine de vie. On pouvait sentir son bonheur à chaque instant. Elle était aussi une sacré boule d'énergie. Severus avait toujours été très calme, très sage, même lorsqu'il était enfant. Et cela ne venait pas que de son père, avec qui il avait appris à être discret pour éviter d'être battu lorsqu'il était ivre. C'était son tempérament, il le savait.
Mais elle... Elle était tellement expressive, tellement pleine d'entrain. Ce côté-là venait d'Harry. Severus savait que le jeune homme n'avait pas eu une enfance très épanouie. Il n'avait pu s'ouvrir un peu qu'après son arrivée à Poudlard. Et maintenant, Severus regardait sa fille vivre comme Harry aurait dû le faire.
Elle était tellement incroyable. Un rayon de soleil. Et Severus en était sûr, une future Gryffondor ! Bon, cela ne l'enchantait pas spécialement, mais en ayant choisi pour amant, l'un des leurs... Il connaissait les risques. Il ne les connaissait pas vraiment, il ne pouvait pas se douter qu'il aurait un enfant avec un Gryffondor. « Il ne pourrait en tout pas être surpris de ce résultat vu l'identité de son amant » ? Il ne sait pas que son enfant serait un Gryffondor, mais il connaissait les risques. Le risque étant qu'il y a 50% de chance que son gosse soit Gryffondor.
« Et après il y a eu une grosse vague et papa a ri très fort... »
Et Harry l'avait bien éduquée. Elle était polie et serviable. Elle avait l'air de lui obéir. Surtout lorsqu'il faisait les yeux qui gèlent apparemment... Il l'avait aussi bien protégé si l'on en croyait les récits de la petite fille où Harry apparaissait en héros. Elle parlait de lui avec admiration, des étoiles dans ses beaux yeux noirs.
Lorsqu'ils rentrèrent de leur promenade, il était près de quatre heures et Harry partit préparer le repas du soir car il avait donné son congé à Dobby pour la fin de la journée. Bien qu'il ne faille pas autant de temps pour préparer un simple dîner, il espérait retarder le moment où il se confronterait à Severus. Celui-ci était toujours accaparé par Cassie, mais lui lançait sans arrêt des regards qui signifiaient clairement qu'ils devraient parler.
Malgré tout, Harry n'en avait pas envie. Il ne savait plus où il en était et avait décidé de se plonger dans la cuisine pour essayer de vider son esprit. Il avait toujours aimé cuisiner.
Même lorsque c'était une corvée chez les Dursley. Il inventait, expérimentait et ça lui plaisait beaucoup. Il n'était pas du genre à suivre une recette et ses préparations aboutissaient parfois à des choses très bonnes... D'autres fois, c'était immangeable. C'est pour ça qu'il était heureux de pouvoir compter sur Dobby et ses plats succulents préparés en quelques minutes. Juste au cas où...
A dix-neuf heures, Hermione fit manger Cassie pour pouvoir la mettre au lit rapidement et faire une soirée entre adultes, comme elle l'avait proposée. La petite fille demanda à Severus de lui raconter une histoire. Il accepta, bien que réticent, et suivit une petite Cassiopée dans sa grenouillère violette. Elle se mit au lit et lui tendit un livre. Severus le prit et lut l'histoire de la Dame Cheval, prisonnière du Dragon d'argent. Lorsque l'histoire fut terminée, elle lui tendit un autre livre qu'il prit mais qu'il reposa sur la table de chevet, avant de prendre la parole.
« Cassie... J'aimerais te raconter une histoire plutôt que de te lire un livre. C'est l'histoire d'un jeune homme. Il était beau, vraiment très beau, très fort et très courageux. Il était adulé par toute son école. Mais personne ne le connaissait vraiment. Personne ne voyait qu'il n'allait pas très bien... »
Severus continua et raconta un peu l'histoire d'Harry. Très édulcorée bien sûr. Cassie était passionnée par la parole de son Daddy et cela dura une quinzaine de minutes avant que Severus ne lui explique que si elle voulait la suite, il fallait qu'il revienne un autre jour. Une petite ruse Serpentard pour être sûr que la petite demande à son père de le laisser revenir.
Severus passa sa main dans les cheveux de Cassiopée qui le regarda avec les yeux pleins d'étoiles. Il lui souhaita bonne nuit et repartit en laissant la porte entre-ouverte. Il arriva à la cuisine pour rejoindre les autres et aperçu par la porte entrebâillé, Draco et Hermione vêtus de leurs manteaux, qui parlaient à Harry.
« Tu dois avoir une discussion avec lui... »
« Pas maintenant... »
« Tu recules ça depuis des années, Harry ! Où est le Gryffondor, là ? » s'énerva Draco.
« Il est caché derrière le Serpentard, la fouine ! »
« Arrête de m'insulter. Je ne vais pas me disputer avec toi et te donner une bonne raison pour partir d'ici fâché en abandonnant Severus et la discussion que tu repousses encore et toujours... » Draco était furieux après son ami qui cherchait des excuses pour ne pas affronter la réalité.
« Nous allons dîner au restaurant et toi, tu restes ici et tu parles enfin au professeur Snape, » continua Hermione.
« Si ça ne se passe pas comme je le souhaite, je ne m'en remettrai pas cette fois, » répondit faiblement Harry. « Depuis six ans je vis dans l'illusion que tout va s'arranger... J'ai perdu Sirius, j'ai perdu Remus... J'ai vu trop de malheurs, cette fois... »
« On sera là Harry, comme toujours. Mais il faut faire face ! » répondit Hermione. « Tu es l'homme le plus courageux que je connaisse. Tu es un lion ! Et tu vas affronter ça tu m'entends ?! »
Elle secouait à présent Harry par les épaules et celui-ci réagit enfin. Ses yeux s'emplirent de détermination et, bien que tremblant, il acquiesça. Hermione le serra brièvement dans ses bras et prit la main de Draco pour l'entraîner dehors.
Severus sortit de l'ombre du couloir à ce moment-là et regarda un instant Harry mettre la table pour eux deux. Il se racla la gorge pour faire connaître sa présence et aida Harry comme il le put pour finir de préparer le repas.
Une fois installés devant leur assiette dans un silence inconfortable, Severus prit la parole :
« Ce rôti est excellent. »
« Merci... » répondit timidement Harry.
« Je pense qu'il est temps pour nous de parler maintenant. Qu'en penses-tu, Harry ? »
Le jeune homme eu un petit sursaut à l'entente de son prénom. Jamais son professeur ne l'avait appelé comme cela, sauf dans la lettre. Mais il n'avait encore jamais entendu son prénom sortir de cette bouche. Son ton bas et vibrant le faisant frissonner de plaisir.
« Je le pense oui... » répondit-il d'un ton bas. « J'espère que vous comprenez pourquoi je suis partie il y a six ans... »
« Oui, je comprends... Ça ne me plaît pas, mais je comprends. »
« Ça ne vous plaît pas ? »
« J'aurais préféré que tu restes, que tu me confrontes. J'aurais pu t'expliquer et j'aurais pu être présent pour notre fille... Et pour toi aussi... »
« Si je restais un peu plus longtemps je la mettais en danger ! » s'insurgea Harry. « Je pensais que vous étiez un Mangemort ! Vous auriez pu vous en prendre au bébé. Me l'enlever pour en faire un parfait Mangemort ! »
« As-tu réfléchi deux minutes à la stupidité de tout ça ? » s'énerva Severus à son tour. « Je t'ai entraîné pour te rendre plus fort, pourquoi l'aurais-je fait si j'étais un véritablement Mangemort ? »
« Vous croyez vraiment que j'avais ça en tête ?! J'ai appris ma grossesse un soir, alors que je ne savais même pas ça possible et que je pensais que j'étais pour vous, qu'un coup pour décompresser. Quelques heures après, j'ai entendu ses mots odieux sortir de votre bouche, votre visage reflétant votre dégoût. Oh non, je n'ai pas réfléchi ! J'avais les hormones en ébullition, un bébé dont le père ne m'aimait pas dans le ventre et un psychopathe sur le dos. »
Harry était maintenant debout et respirait difficilement. Il se calma en prenant de profondes inspirations pour se rasseoir et regarda son professeur qui l'observait aussi, le visage calme et serein, fermé. Il reprit :
« J'y ai réfléchi plus tard. Une fois que ma magie et mes hormones se sont calmées. Une fois que j'ai accouché, que j'ai trouvé un travail et que j'ai commencé une petite routine. »
« Pourquoi tu n'es pas revenu me voir à ce moment-là ? » demanda Severus doucement, pour ne pas brusquer Harry. Il voulait savoir, il devait savoir.
« La peur... Dans mon monde, dans ma routine, je me suis imaginé que vous étiez un fantastique héros qui ne pouvait se permettre d'avoir un enfant à charge. Que le jour où je vous annoncerais la nouvelle, vous seriez heureux et vous seriez avec moi pour toujours. Pour me soutenir et m'aimer... » Harry chuchotait presque à présent. « Mais tout ça n'était qu'une illusion et j'en étais conscient. Et c'est lâche mais je ne voulais pas briser ce rêve. Je voulais continuer de croire que vous seriez ravi d'avoir cet enfant et que le jour où je reviendrais vers vous, tout se passerait bien. Je ne voulais pas que mes espoirs se brisent... Non... Pas encore... »
Severus regardait son ancien amant se libérer de tout le poids qui pesait sur ses frêles épaules.
« Et maintenant ? » demanda-t-il enfin. « Maintenant que tu sais que je vous accepte, Cassie et toi, tu ne devrais plus avoir peur. »
« Et pourtant... » murmura Harry. Il releva la tête qu'il avait baissée et planta ses orbes vertes dans celle noires de son vis à vis. « Pourtant je souhaite beaucoup plus que ça. Je ne veux pas que vous fassiez acte de présence un week-end pour disparaître ensuite. Je ne veux pas vous imaginez autrement qu'avec moi en tant que couple. Imaginer autre chose que vous et moi avec un enfant, une famille heureuse et aimante... »
« Qu'est-ce qui nous en empêche ? »
« Je n'étais qu'un coup pour vous ! » répondit Harry avec hargne. « Depuis le soir de Noël j'ai développé des sentiments pour vous. J'ai essayé de décrypter les vôtres mais je n'y ai vu que de la glace et du froid. »
« Cette nuit-là a été importante pour moi aussi, » contra Severus. « J'ai moi aussi commencé à éprouver d'autres choses pour toi. Le problème c'est que je m'en suis rendu compte bien trop tard. »
« Comment vous croire ? »
« Accepte-moi ! » répondit Severus. « Fait moi entrer dans ta vie, dans celle de Cassiopée et apprenons à être ensemble ! »
Harry hésita. Severus reprit :
« Je sais qu'après notre... Relation... Assez déplorable et basée sur le sexe, tu n'as pas confiance en moi, mais Cassie est née de cette relation et elle mérite d'avoir ses parents avec elle. Nous pouvons au moins essayer de nous entendre. Être des parents pour elle, des amis pour nous, ou peut-être plus... » Severus fit une pause bien calculée pour laisser ses mots s'imprégner. « Je ne te promet pas de changer, de te chérir ou de te déclarer mon amour éternel, » reprit Severus avec une grimace à l'idée d'être, ce que certain appelait "romantique", « mais je te promets d'essayer de construire quelque chose à trois. J'aimerais que ça marche moi aussi. Je n'avais pas envisagé d'avoir un enfant mais maintenant qu'elle est là, je ne veux pas qu'elle vive ce que j'ai pu vivre pendant ma jeunesse. »
Harry resta muet quelques instants, touché par ses mots qui n'étaient pas des mots tendres comme il l'aurait voulu, mais des mots vrais. Il aurait voulu que tout se passe comme dans son rêve. Être pris dans une étreinte passionnée, entendre des mots d'amour et des promesses de vie meilleure. Mais le discours que venait de faire Severus était empli de sincérité. Et il voulait y croire.
« Nous pourrions essayer oui... Je veux dire... Vous pourriez venir ici certains jours, les week-ends peut-être, et partager notre quotidien. Si vous l'acceptez... »
« J'en serais ravi, » répondit Severus avec un sourire en coin. « Je viendrai ici tous les week-ends, du vendredi soir au lundi matin, si tu es d'accord. »
« B... Bien sûr, » balbutia Harry qui n'en revenait pas. Il allait vraiment passer tout son temps libre ici ? « Mais, comment ferez-vous pour Poudlard ? Vous ne devez pas être présent pour surveiller ? »
« Je m'arrangerai avec Albus, » répondit Severus avec un geste vague de la main. « Je n'ai pas pris de vacances en vingt ans, je suis sûr qu'il m'accordera ça. »
« Et pour vos cours ? »
« J'ai la chance d'avoir un assistant en potions qui se fera un plaisir de corriger tous les devoirs que je donnerai » dit-il avec un sourire sadique. Draco allait souffrir et ça serait une petite vengeance pour ses cachotteries.
Harry pouffa derrière sa main et Severus fut ravi d'avoir pu tirer ce si joli bruit de son, probablement, futur compagnon.
L'atmosphère se détendit alors considérablement et la soirée se passa très bien. Le rôti fut un succès et le vin coulait à flot. Ils parlèrent du travail d'Harry, Severus se révélant curieux de savoir comment Harry en était arrivé là. Ils parlèrent beaucoup du monde magique français. Le Survivant proposa au maître des potions de visiter le lendemain le Paris sorcier.
Harry lui fit visiter la maison, puisqu'il avait été décidé qu'il y viendrait souvent. Et Severus était heureux de voir le grand laboratoire qui servait d'habitude à Draco. Ils restèrent un moment à parler dans le couloir à voix basse, pour ne pas réveiller la petite fille, avant que chacun ne retrouve sa chambre.
La chambre de Severus était une simple chambre d'ami. A la naissance de Cassie, Harry avait demandé à Dobby d'ajouter une annexe pour faire une chambre à Draco, vu qu'il avait pris la sienne pour sa fille. Mais maintenant que Draco dormait avec Hermione, la pièce était vide. Elle venait à présent de trouver un nouveau locataire.
Le lendemain, dimanche, ils allèrent tous les cinq faire un tour dans le Paris sorcier comme promis. Les magasin étaient fermés, bien sûr, mais ils firent visiter à Severus les lieux historiques, comme la statut de Grapik le gobelin ou les anciens locaux de Barnabas le Venin. Ils lui racontèrent toutes les histoires et légendes qu'ils avaient appris à connaître au fil des années. Ce fut une journée ponctuée de rires et d'histoires.
Severus partit le soir même pour s'entretenir au sujet de ses futurs week-ends hors Poudlard avec Albus, et Harry resta un moment, l'air rêveur devant le feu de cheminée, repensant aux merveilleux moments qu'il avait passé avec son ancien professeur.
Il le vouvoyait toujours. Il était assez gêné à l'idée de le tutoyer. C'était idiot vu ce qu'ils avaient déjà fait ensemble mais malgré lui, son ancien professeur l'intimidait toujours.
Harry avait donc pu retrouver le calme de sa maison et sa meilleure amie. Ils avaient discuté longtemps, Harry avait pu parler de ses peurs et de ses doutes, Hermione avait été là, comme d'habitude, et avait su le rassurer.
ooOOoo
Les jours, les semaines et les mois passèrent. Severus venait chaque week-end et partageait peu à peu la vie de famille d'Harry et de Cassiopée. Hermione et Draco étaient de moins en moins présents pour leur laisser de l'espace. Cassie était ravie d'avoir son daddy à ses côtés. Elle ne cessait de lui poser des questions et de l'accaparer, laissant un peu de côté un Harry déboussolé.
Il avait toujours été le centre du monde de sa fille et venait de se faire éjecter au deuxième plan. Bien sûr, il n'en voulait ni à Cassie, ni à Severus, mais c'était tout de même déroutant. Il en profitait pour s'entraîner dans sa cave aménagée, plus longtemps, plus durement. Il se savait maintenant de taille à affronter le mage noir. Il savait qu'il avait fait beaucoup de progrès et seul Draco connaissait l'étendu de ceux-ci.
Harry était heureux de voir que Severus s'investissait dans la vie de Cassiopée, qu'il faisait des efforts pour être aimable, notamment avec Hermione et qu'il semblait réellement s'intéresser à sa vie.
Par contre, il n'avait pas entamé de rapprochement physique avec Severus. Oh, il en avait envie. Très envie. Mais il ne voulait pas retourner dans l'ancienne relation qu'ils avaient partagée.
Cependant, plus il le voyait et plus il avait envie de se rapprochement. Il n'avait eu personne depuis Severus et s'il avait souvent manqué de contact intime avec un homme depuis toutes ses années, ce n'était rien par rapport à toutes ses semaines avec Severus à proximité.
Le maître des potions lui, commençait à désespérer de ne pouvoir approcher le Gryffondor. Il avait décidé qu'il ne ferait pas le premier pas. Il laisserait Harry venir à lui. Mais maintenant, il se demandait si c'était une bonne idée. Il en était arrivé à un point où juste le fait de voir Harry lui apportait tout un tas d'images obscènes en tête.
Depuis plusieurs semaines maintenant, il laissait quelques-unes de ses affaires traîner négligemment dans la maison d'Harry. Tel un serpent il s'insinuait doucement et lentement dans les pensées d'Harry. Se rendant omniprésent et indispensable. Il voulait que chaque endroit, chaque objet, lui fasse penser à lui.
Il força sa chance un jour où il invita Harry dans un restaurant dans la capitale. Harry le tutoyait enfin et n'hésitait plus à le taquiner. Il l'appelait Severus et riait ouvertement avec lui. Il étalait toujours ses émotions et Severus en était toujours. stupéfait de voir comment il était simple pour lui de se lâcher et de projeter ses émotions à la face de tout le monde.
Ils étaient donc dans un bon restaurant, un peu chic, et Severus commanda un apéritif, une bouteille de vins ainsi qu'une bouteille de champagne pour le dessert. C'est donc un Harry particulièrement éméché qu'il dû soutenir pour le transplanage de retour. Ils atterrirent dans le jardin et Severus le guida jusque dans le salon où il l'installa dans le sofa et lui enleva sa cravate et ses chaussures pour qu'il soit à l'aise.
« Tu sais Sev'us. J'ai très envie de toi ! » déclara Harry en essayant d'attraper l'homme par les épaules pour le rapprocher de lui. Tentative qui échoua lamentablement, vu son état.
Severus se stoppa net. C'est dans cette optique qu'il l'avait un peu fait boire, mais il ne s'attendait pas à une telle franchise. Harry reprit :
« Ça fait des semaines que je veux te voir me déshabiller et me prendre n'importe où dans cette maison. »
Severus déglutit difficilement.
« J'aimerais beaucoup aussi Harry » souffla-t-il. « Mais nous ne ferons pas ça ce soir... »
« Oh, » murmura Harry, véritablement déçu. « Je ne te plaît plus ? Je sais que je suis toujours aussi maigre, mais je pensais tout de même avoir pris quelques muscles... »
« Oh non, Harry. Ça n'a rien à voir. Tu es... parfait. Crois-moi. » C'était véritablement difficile de se contrôler.
« Non, je sais, ce n'est pas grave... » répondit sombrement Harry. « Je suis trop petit et trop maigre... On me prend pour une fille dans les magasins avec mes cheveux longs. C'est pour ça que je me laisse pousser la barbe... »
Ainsi, c'est comme ça qu'Harry se voyait. Severus était un peu surprit. Il s'approcha et lui carrossa la joue piquante de sa main.
« Tu es magnifique Harry, vraiment. Certes, tu es petit et pas très épais mais ça me plaît. Tu es musclé et cette barbe, par Merlin... » souffla Severus en caressant la fameuse barbe de trois jours qui l'obsédait depuis qu'il l'avait vue la première fois. « J'ai vraiment envie de te prendre là, sur ce canapé et de te faire l'amour comme jamais. »
Harry ronronna un instant et se rapprocha de lui.
« Mais nous ne pouvons pas faire ça. D'abord, Cassie n'est pas très loin, et en plus tu n'es pas dans ton état normal et tu m'en voudras demain au réveil. »
« Non, je te promets ! Je ne t'en voudrais pas ! Parole de Gryffondor. Tu sais qu'on tient toujours notre parole chez les griffons. » déclara Harry en se levant, vacillant légèrement.
« Crois-moi Harry, » répondit Severus d'une voix rauque et sensuelle. « Le jour où tu accepteras de me revenir, je te ferrai tout ce que je n'ai pas pu te faire durant toutes ces longues années. Je pourrai enfin te faire l'amour comme j'en ai tant rêvé. Te lécher et te caresser sur tout le corps jusqu'à ce que tu me supplies de te prendre. Oh, je le ferai, Harry, je te prendrai sauvagement, jusqu'à casser chaque meuble de la maison. Et, Harry, tu auras besoin de toutes tes facultés à ce moment-là. Je veux que tu sois conscient de tout. De mes doigts sur ta peau, à la goutte de sueur qui roulera le long de ton dos. Je veux que tu te souviennes de chacun de mes soupirs et chacun de mes râles car ils seront uniquement pour toi. »
Ce fut au tour d'Harry de déglutir. Severus s'était rapproché jusqu'à ce que leurs torses se touchent presque. Haletant l'un comme l'autre, ils se regardèrent pendant de longues secondes avant que Harry n'agrippe brusquement la chemise de Severus et l'attire contre lui pour écraser ses lèvres sur les siennes.
Severus fut tout d'abord surprit et mit quelques secondes à réagir. Mais une fois qu'il fut sûr de ce qu'il se passait, il posa ses mains sur les hanches d'Harry et l'attira fermement contre lui. Le baiser était intense et fougueux. Chacun embrassait l'autre comme si c'était la dernière fois.
Severus passa sa langue sur les lèvres d'Harry qui les ouvrit prestement pour que son compagnon s'engouffre dans sa bouche avec force. Il avait toujours les mains serrées sur la chemise de son vis à vis pendant que Severus avait passé les siennes sous sa chemise pour toucher la peau chaude et veloutée qui s'y cachait.
Le baiser féroce et avide se transforma au fil du temps en une danse langoureuse et calme. La lutte avait été abandonnée pour un témoignage d'émotions intenses, chacun savourant le premier rapprochement depuis plus de six ans.
Severus se fit violence pour se séparer légèrement de celui qui, il en était sûr, causerait sa perte. Il resta néanmoins collé à lui et laissa ses mains traîner sur ses hanches en faisant de petites arabesques imaginaires. Ils prirent un instant, Harry blottit contre le torse de Severus, pour reprendre leurs souffles et calmer leurs battements de cœur.
« Je crois que nous devrions aller nous coucher maintenant... » murmura Severus qui ne voulait pas gâcher ce moment de calme.
« Reste avec moi... » répondit Harry sur le même ton.
« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. »
« S'il-te-plaît. Nous ne ferons rien. Je veux juste... me serrer contre toi, ça fait si longtemps. »
« D'accord. Je t'accompagne à ta chambre et je vais chercher mon pyjama. »
Harry ricana.
« Un pyjama, Severus ? Depuis le temps que je t'ai connais je ne t'ai encore jamais vu en pyjama... Pourtant je ne compte plus les fois où je t'ai vu dans un lit. »
« Eh bien, Monsieur Potter, apprenez que je porte effectivement des pyjamas, mais qu'en présence d'un homme avec un physique aussi distrayant je préfère finalement les laisser dans mon placard. »
Harry rougit et suivit Severus jusque dans sa chambre. Il tanguait légèrement mais son compagnon le tenait fermement contre lui.
Comme promis, Severus l'accompagna à sa chambre et partit chercher ses affaires. Lorsqu'il revint, un Harry Potter joyeux s'acharnait à essayer d'enlever ses chaussettes. Il avait apparemment commencé avec la chemise mais avait abandonné car deux boutons étaient resté ouvert.
Severus, amusé, le regarda un moment se débattre tout seul, avant de venir à sa rescousse. Il lui enleva donc ses chaussettes, tout en caressant ses chevilles sans vraiment en avoir conscience. Il passa ensuite à la chemise et eut besoin de tout son self contrôle devant le corps à demi-nu de l'homme en face de lui. Harry n'avait pas beaucoup changé, si ce n'était qu'il s'était légèrement étoffé.
Il laissa ensuite le soin à Harry de finir et s'enferma dans la salle de bain pour ses ablutions mais surtout afin de ne pas sauter sur le Gryffondor. Malheureusement, au bout de quelques minutes, il entendit Harry l'appeler entre deux éclats de rire. Il se rinça la bouche en grognant et reposa sa brosse à dent avant d'ouvrir la porte.
Apparemment, Harry avait du mal à se déshabiller. Il avait toujours son pantalon et avait entreprit de descendre la fermeture lorsque celle-ci s'était prise dans le tissus de son sous-vêtement. Il forçait dessus comme un âne tout en étant pris d'un fou rire incroyable.
« Descend ton boxer en même temps que ton pantalon idiot, tu répareras ça demain, » proposa Severus sur le pas de la porte en le regardant s'acharner.
Le visage d'Harry s'illumina et il fit un grand sourire à son sauveur avant de descendre le sous-vêtement sans cérémonie. Severus ne put s'empêcher de suivre le mouvement des yeux et sa bouche s'assécha devant le corps, maintenant nu de l'homme qu'il rêvait de posséder à nouveau.
Il repartit s'enfermer dans la salle de bain et passa de l'eau très fraîche sur son visage pour enlever toute envie passagère. Chose tout à fait inutile vu que ce n'était pas son visage qui était irrigué de sang à ce moment précis. Il passa plusieurs minutes dans la salle d'eau à calmer ses ardeurs et revint un peu plus serein dans la chambre d'Harry. Celui-ci était déjà couché du côté gauche du lit et semblait l'attendre.
Severus, vêtu de son pyjama noir en coton, se coucha et sentit immédiatement le corps d'Harry se coller contre lui. Il était en boxer et tee-shirt pour l'occasion et à peine sa tête fut posée sur le torse de Severus, qu'il s'endormit comme un bienheureux.
Severus passa plusieurs minutes à réfléchir tout en passant la main dans les cheveux épais, comme il en avait l'habitude il y a longtemps.
Il avait fait un pas de géant dans sa relation avec Harry aujourd'hui et il espérait que cela ne reculerait pas à nouveau demain au réveil. Il était actuellement dans un état de calme qu'il n'avait pas ressenti depuis tellement longtemps, qu'il en vint à se demander si ce n'était pas ça, le bonheur. Mais seul l'avenir le lui dirait.
ooOOoo
Le lendemain, Harry se réveilla bien au chaud dans l'étreinte de Severus. Il mit quelques temps à se remémorer sa soirée et, surtout, ce que faisait Severus dans son lit. Ses souvenirs étaient brumeux mais il avait tout de même les grandes lignes. Il n'avait rien fait avec son ancien amant. Si ce n'était un baiser hautement excitant et une mise à nue intégrale.
Harry rougit instantanément à se souvenir et enfonça son nez dans le cou de Severus qui émit un petit ricanement, prouvant qu'il était réveillé et qu'il s'amusait beaucoup de la gêne de son amant.
« Par quoi es-tu le plus gêné ? Mon discours, la stupidité dont tu as fait preuve ou le fait de t'être mis nu face à moi sans aucune gêne ? »
« Oh Merlin... » se mit à geindre Harry en réalisant tout ça. Il s'enfonça un peu plus dans l'étreinte et poussa un petit soupire de bonheur totalement involontaire.
« Tu tiens chaud Potter, je vais me liquéfié si tu continues... »
« Dommage... » marmonna Harry qui commençait à se rendormir.
Il se réveilla de nouveau une heure plus tard en sentant son oreiller vivant gigoter. Il marmonna et s'agrippa un peu plus.
« Laisse-moi me lever Harry... »
« Non... »
« Cassie va se lever. Tu veux peut-être qu'elle me trouve ici ? »
Cet état de fait réveilla totalement Harry qui se leva d'un bond. Les yeux à moitié fermé, commença à mettre son pantalon d'hier par-dessus son boxer. Son caleçon de la veille étant encore dedans, coincé dans la braguette, il se retrouva entortillé dans toutes les couches de vêtements et s'écrasa lamentablement sur le sol.
Severus était resté paisiblement sur le lit, les deux mains derrière la nuque et regardait le fabuleux spectacle d'un Gryffondor au saut du lit. C'était réellement divertissant. Il l'aida tout de même à se relever lorsqu'il l'entendit ronchonner, des poils de tapis dans la bouche.
« Je ne t'ai pas souvent fait de compliment Harry mais ce coup-là était vraiment très amusant. »
Harry grogna en réponse. Severus le garda contre lui un peu plus longtemps que prévu et leurs yeux se perdirent un moment dans ceux de l'autre. Severus baissa légèrement sa tête pour venir capturer les lèvres d'Harry. Le baiser fut tendre et doux. Un baiser pour se dire bonjour le matin, un baiser amoureux, un baiser de routine.
« Bonjour, » murmura Severus en se reculant un peu.
« Hey, » répondit Harry en rougissant légèrement. « C'est... agréable, d'être comme ça. J'ai l'impression que c'est... normal. »
« Je dois avouer, que je pourrais m'habituer à ce genre de réveil, » répondit Severus en l'embrassant à nouveau. Il recula ensuite, de peur de se laisser emporter. « Je vais chercher une potion pour soigner les gueules de bois dans ma chambre. Va prendre ta douche. »
Une demi-heure plus tard ils étaient tous les deux dans la cuisine. Harry préparait de la pâte à pancakes alors que Severus pressait les oranges.
« Comment peux-tu être si bon cuisinier et si mauvais en potion ? »
« Draco a bien essayé... Je me suis un peu amélioré sans toi pour me harceler ou les Serpentards pour jeter des ingrédients dans mon chaudron, mais je n'arrive toujours pas à faire es potions un peu plus compliqué, pas au-delà des potions de septième année. J'ai tendance à... expérimenter... Comme en cuisine. Je ne suis jamais les recettes et je fais comme j'ai envie. Avec les potions ça ne marche pas comme ça. »
« Je ne te le fais pas dire, » ricana Severus. « Mais dis-moi... Les entraînements que tu as fait ces dernières années ont été utiles ? Où en es-tu ? »
« On pourra faire un duel bientôt, » répondit Harry avec un clin d'œil. Severus fit un sourire en coin et ils continuèrent leur travail. Severus reprit après quelques minutes de silence :
« Tu sais... J'aime venir ici chaque week-end. Cassie est merveilleuse et j'aime apprendre à te connaître. »
« Moi aussi j'aime beaucoup te voir tous les week-ends. Mais ce que j'ai préféré, c'était me réveiller à tes côtés, » avoua Harry en rougissant.
« C'est pas vrai ? » fit une voix ironique derrière eux. Ils se retournèrent d'un bloc pour faire face à un Draco Malfoy en grande forme, avec un sourire moqueur. « Alors comme ça vous avez passé la nuit ensemble ? »
« La ferme, Dray... » bougonna Harry.
« Oh, allez, Harry, ne soit pas gêné ! C'était bien ? »
« Figure-toi que le lionceau qui est là était ivre et j'ai donc pris soin lui, » répliqua Severus en posant discrètement sa main dans le bas du dos du Survivant, lui faisant passer la tendresse de ce moment pour qu'il ne s'offusque pas de ses paroles.
« Ce qu'il ne dit pas, » répondit Harry avec un sourire taquin, « c'est que c'est ce vieux serpent qui m'a fait boire plus que de raison. »
Severus fit mine d'être outré ce qui fit rire les deux plus jeunes. Cassiopée arriva dans cette bonne ambiance et la journée pu commencer dans la bonne humeur générale.
Ce jour là, Severus et Harry étaient plus proches que jamais mais personne n'y fit vraiment attention. Ils se contentaient de se frôler ou de se lancer des regards intenses. A chaque fois que le maître des potions passait derrière Harry, il en profitait pour mettre une main au creux de ses reins, ou lorsqu'il passait à côté, mettait une main sur sa hanche. Parfois, en se croisant, si personne n'était autour, ils en profitaient pour s'embrasser.
C'était toujours des contacts délicats et chastes. Presque un flirt d'adolescent. Ils n'avaient effectivement pas vécus ça au début de leur relation et se rattrapaient un peu maintenant. Ils se faisaient l'impression d'être un véritable couple.
Le soir venu, ils partirent se coucher les derniers, ne sachant pas quelle attitude adopter. Ce fut finalement Harry qui prit son courage à deux mains.
« Tu veux bien dormir avec moi ce soir ? »
« Je n'attendais que ta demande, » sourit Severus. « Je vais me préparer, je te rejoins aussitôt » assura-t-il avait de disparaître dans le couloir.
Harry sourit à son tour et alla se mettre en pyjama. Mais, tout comme Severus, il ne mit que le bas. Passer sa nuit contre un autre homme donnait chaud et ils ne voulaient pas se réveiller tout en sueur.
Harry put alors redécouvrir le torse bien sculpté de son amant. Il y avait plus de cicatrices que dans son souvenir, elles avaient l'air assez récentes. En tout cas, elle n'était pas là six ans auparavant. Il était tellement beau. Bien sûr, il n'était pas d'une beauté classique... C'était un charme, ténébreux et envoûtant. Quoique ses derniers temps, il semblait faire plus attention à son physique. Ses cheveux n'étaient plus aspergés de lotion grasse protectrice qui évitait les désagréments causés par les vapeurs de potion. Il avait les dents plus blanches et bien alignées, il avait repris du poids et ses ongles étaient parfaitement manucurés. Tant de petits détails qui le rendaient maintenant nettement plus attrayant. Bien qu'Harry n'ait pas besoin de ça pour être attiré.
Severus le tira de sa contemplation lorsqu'il se glissa dans les couvertures et vint se coller au corps chaud qui y était déjà. Il le poussa un peu sur le côté pour le basculer sur le flanc et se coller dans son dos. C'est à ce moment-là qu'il aperçut le phœnix noir. Il plaqua Harry sur le ventre pour admirer à nouveau le merveilleux tatouage qu'il aimait tant.
Harry entendit un léger grognement et frémit en imaginant le regard de pur désir de Severus. Celui-ci caressa légèrement sa hanche avant de baisser doucement la tête pour lécher du bout de sa langue, le cou du phœnix.
« Severus... » murmura Harry d'une voix rauque. Severus comprit et après un dernier coup de langue se réinstalla tout contre son compagnon, enfouissant son long nez dans ses cheveux et serrant sa taille de façon possessive.
ooOOoo
Les semaines recommencèrent à défiler. Severus et Harry dormaient ensemble mais n'échangeaient rien de plus que quelques caresses.
Ce fut durant un week-end, un mois plus tard qu'Harry fut réveillé par une petite main qui tirait la sienne.
« Ca... Cassie ? » souffla Harry. Il ouvrit péniblement les paupières pour voir les grands yeux noirs de sa fille embués de larmes. « Eh, Princesse, que se passe-t-il ? » demanda-t-il en la tirant vers lui.
« J'ai fait un cauchemar, » répondit-elle d'une petite voix tremblante.
« D'accord, viens là. » Elle grimpa sur le lit pour se mettre à côté de lui mais s'arrêta net lorsqu'elle vit que la place était déjà occupée.
« Daddy aussi à fait un cauchemar ? » demanda-t-elle innocemment.
Harry soupira. Cette conversation allait être longue...
ooOOoo
Finalement, Cassie avait bien compris que ses deux papas formaient à nouveau un couple. Même si elle ne comprenait pas vraiment ce que ça changeait par rapport à avant, si ce n'était qu'elle avait moins de place dans le lit de son papa lorsqu'elle faisait des cauchemars.
C'est le week-end suivant qu'Harry prit son courage à deux mains. Draco et Hermione étaient sortis, Cassie dormait dans sa chambre et Severus et lui venaient de finir un bon repas tout en discutant de choses et d'autres. Des écoles dans lesquelles ils travaillaient, d'innovations sorcières, de la guerre qui reprenait doucement mais sûrement... Ils débarrassèrent la table ensemble, firent la vaisselle et Severus s'avança dans le salon pour, comme d'habitude, s'installer devant le feu et lire ou discuter mais Harry le prit par le bras et d'un air déterminé, le traîna vers leur chambre.
Severus se laissa faire, ne sachant pas trop où Harry voulait en venir et n'osant pas trop espérer. Cela faisait plusieurs mois qu'ils s'étaient retrouvés. Plusieurs semaines qu'ils formaient à nouveau un couple et Severus n'en pouvait plus d'attendre ce corps qu'il désirait si ardemment.
Une fois dans la chambre, Harry ferma la porte et fit quelques mouvements de main pour apposer un sort de fermeture, un de silence et un autre d'alarme au cas où Cassie se réveillerait. Severus resta debout au milieu de la chambre, droit comme un piquet. C'était l'une des rares fois dans sa vie ou il ne savait pas quoi faire.
Il avait peur de gâcher ce moment. De s'emporter et de rappeler à Harry leur relation passée. Pour lui ce n'était pas la même chose, loin de là. Ils avaient une relation solide, non basée sur le sexe. Mais il devait bien avouer que pour lui, le sexe était important dans le couple et une relation épanouie l'était aussi sur ce point. Il avait l'impression de jouer sa vie de couple ce soir.
Harry, voyant son aîné figé, prit les choses en main. Il se plaça devant le lit et fixa ses prunelles vertes dans celle de Severus. Avec un regard langoureux, il commença à se dévêtir, enlevant tout d'abord sa chemise, la faisant glisser sur ses épaules doucement, très doucement. De quoi attiser l'envie de son compagnon.
Son compagnon qui ne voulait, d'ailleurs, toujours pas bouger. Son regard en disait pourtant long sur l'envie qui le traversait. Mais Harry avait appris au fil des jours à décrypter ce regard et il y lu aussi de l'appréhension. Harry comprenait car ils en avaient déjà parlé, à demi-mot, de cette étape importante de leur relation et Severus lui avait en quelque sorte confié ses craintes.
Mais Harry avait envie, avait besoin de sentir Severus sur lui, en lui. Il n'avait pas eu de relation sexuelle depuis des années et même s'il appréhendait, l'envie était plus forte. Et heureusement, il savait comment faire fondre le Serpentard retissant.
Dans un mouvement de hanche séducteur, Harry tourna sur lui-même et, faisant face au lit, leva sa jambe pour la poser sur le rebord du meuble afin d'y défaire chaussure et chaussette. Il se pencha pour que ses doigts rejoignent les lacets et commença à les défaire doucement.
L'effet fut immédiat. A la vue du dos splendide et orné de ce magnifique tatouage débordant de magie pure, de cette chute de reins parfaite avec son pantalon tombant, de ses deux petites fossettes adorable en haut des fesses le cerveau de Severus se déconnecta et, en deux enjambés, il fut pressé contre ce corps parfait qui l'attisait tant.
Il enroula un bras autour de la taille d'Harry pendant que l'autre dégageait ses cheveux de sa nuque pour qu'il puisse, à son aise, l'embrasser avec dévotion. Harry arrêta sa tâche et profita de ses douces caresses. Il sentit Severus le redresser pour qu'il soit debout, bien droit et faire glisser sa langue le long de son dos dans un mouvement sensuelle et aérien.
Severus retraça de sa langue les plumes du phœnix, comme il aimait déjà le faire six ans auparavant. Ressentant par moment de petites décharges de magie. Il continua de descendre jusqu'à se retrouver à genoux devant le mignon petit derrière du Gryffondor.
D'un geste de main, il déboutonna le pantalon d'Harry et le fit glisser lentement le long des jambes fines et musclées. Il embrassa, lécha ou mordilla chaque morceau de peau découvert, subliment ce corps tant rêvé. Il se redressa enfin et fit disparaître par magie le pantalon resté en bas des chevilles, les chaussures et les chaussettes du Survivant. Il l'attrapa fermement par les épaules et le retourna doucement pour voir ses cheveux ébouriffés, son visage rosé, sa poitrine se soulevant de façon irrégulière.
« Tu es tellement beau Harry... » souffla-t-il.
Ceci eu l'air de réveiller le jeune homme qui rougit et baissa la tête.
« C'est faux... Je le sais. Je suis trop petit, trop maigre, trop... » il fut coupé par la bouche de Severus qui vint piller la sienne avec passion.
« Oui, tu es plutôt petit, tu es minces aussi, mais ça me plaît, » commença Severus après son baiser. « Tu es l'un des hommes les plus beaux qu'il m'est été donné de voir. J'aime ta taille car elle me donne l'impression de pouvoir te protéger dans mon étreinte. J'aime tes hanches étroites car je peux les agripper fermement pour te garder auprès de moi pour toujours. J'aime tout de toi. Laisse-moi te montrer, » finit-il d'une voix rauque et basse.
Il embrassa à nouveau Harry avec toute la douceur et l'amour qu'il pouvait transmettre. Il descendit dans son cou, mordilla un moment ses tétons avant de descendre encore pour passer deux doigts dans l'élastique de son boxer et le faire rejoindre les autres vêtements sur le sol.
Il remonta avec élégance et admira l'homme nu et rougissant face à lui. Il le saisit par la taille et le dirigea sur le lit pour l'allonger avant de se redresser et d'enlever lui-même ses vêtements avec lenteur. Harry le regardait comme hypnotisé. Cet homme était la perfection.
Une fois nu, Severus vint le rejoindre sur le lit et lui écarta doucement les jambes pour se placer entre elles et ainsi, coller son amant au plus près. Lorsque leurs érections dressées entrèrent en contact, ils poussèrent à l'unisson un soupir tremblant. Severus commença un mouvement lascif des hanches pour augmenter la friction et l'excitation déjà bien entamée.
Ce fut Harry qui mit fin à ces agréables mouvements. Surprenant Severus, il le fit basculer en quelques coups de hanche et se retrouva, la seconde d'après, assis sur le dessus des cuisses de son amant. Celui-ci arqua un sourcil, il avait toujours été celui qui prenait les choses en main lors de leurs ébats. Il vit alors Harry se pencher pour embrasser son cou et descendre très lentement, sa bouche le long de son corps, léchant, suçant, mordillant tout ce qu'il pouvait. Harry déglutit en arrivant devant l'érection tout de même conséquente du Serpentard et y fit courir timidement sa langue.
C'était la première fois qu'il faisait ça. Severus ne lui avait jamais demandé de fellation lors de leurs chevauchées enflammées. Il lui en avait déjà fait mais n'avait jamais demandé à Harry de le faire, et comme c'était lui qui dirigeait tout au lit...
Harry continua se traitement pendant quelques temps avant de prendre son courage à deux mains pour enfourner le sexe lourd et chaud de son amant au fond de sa bouche. Il détendit sa gorge et commença de petits et brusques allers-retours, avant de prendre un peu de confiance sous les gémissements de son compagnon et de faire des gestes longs et langoureux.
Ses mains caressèrent les bourses tendues et les cuisses musclées, remontant parfois jusqu'au torse bien sculpté et strié de cicatrises blanches. Sa bouche et sa langue s'activaient sur le muscle épais, répliquant avec exactitude ce qu'il avait lui-même apprécié lors de ses caresses.
Severus se retenait de toutes ses forces pour ne pas avancer ses hanches en avant, de peur de blesser Harry. Il était très doué. Cela ne pouvait pas être la première fois qu'il faisait pareil caresse, impossible. Une bouffé de jalousie l'atteignit de plein fouet mais il la fit taire et profita du moment.
Il baissa les yeux pour tomber sur le spectacle le plus érotique qui lui ai été donné de voir : son membre disparaissant dans la merveilleuse bouche de ce diable aux yeux verts. Cette vision faillit le faire venir sur le champ. D'une caresse poussée sur le visage d'Harry, il le fit remonter pour prendre possession de ses lèvres gonflées.
Severus murmura un sort de lubrification sur ses doigts et voulut renverser Harry mais celui-ci ne voulut pas bouger. Harry envoya un regard plein de luxure à Severus qui attendit de savoir ce que son Griffon avait en tête.
Harry, toujours à califourchon sur les hanches de Severus se suréleva un peu un ? prit la main de Severus pour la poser sous lui, un doigt contre son entrée. Le maître des potions comprit et se positionna correctement pour laisser Harry descendre lui-même sur son doigt tendu. Ce qu'il fit quelques secondes plus tard.
Il ne ressentit qu'une légère gêne et fit rapidement signe à Severus de rajouter un doigt. Celui-ci, par contre lui infligea quelques douleurs, vite remplacé par du plaisir. Le troisième doigt lui fit encore un peu plus mal mais il ne le signala que par une légère grimace.
Severus se contentait d'admirer son amant. Notant chacune de ses expressions, chacun de ses soupirs, de ses sourires.
Lorsqu'Harry se positionna au-dessus de son membre tendu et lubrifié, il eut toutes les peines du monde à ne pas s'enfoncer d'un coup sec dans ces chairs tendres. Il regarda avec la même fascination, son sexe disparaître millimètre par millimètre entre les belles fesses rondes de son homme.
Après quelques secondes sans bouger, Harry se mit à faire onduler ses hanches de façon bien trop sensuelle pour son propre bien. Correction : la scène la plus érotique qu'il lui a été donné de voir se déroulait en ce moment même, sous ses yeux.
« Magnifique, » souffla-t-il.
Harry avait les joues rougit, les lèvres gonflées alors qu'il martyrisait l'une d'elles de ses dents blanches. Ses yeux à demi-fermés reflétaient toute la luxure dont il faisait preuve. Sur ses tempes, des petites gouttes de sueur commençaient à perler. Il soulevait ses hanches de manière régulière pour se laisser retomber sur la verge rouge et suintante de son amant. Ses bras étaient tendu vers l'avant et ses mains pétrissaient le thorax de l'homme, s'aidant de se torse dur pour s'empaler lui-même.
Severus n'y tenant plus, leva les bras pour attraper fermement les hanches de son compagnon et l'aider à se soulever alors qu'il bougeait maintenant ses hanches au même rythme pour s'enfoncer plus profondément dans ses chairs.
« Harry... Harry... » murmurait-il dans une litanie rauque.
Les enfoncés ce firent plus profondes, les coups de reins plus violents. Sentant qu'il ne tiendrait pas beaucoup plus longtemps, Severus prit le sexe suintant de son amant en main et imprima des mouvements brusques et erratiques.
Ils jouirent à quelques secondes d'intervalle libérant leur semences blanches et crémeuses, l'un dans les entrailles de son compagnon, l'autre sur le torse puissant de son amant. Severus fut sûr que c'était le plus bel orgasme de sa vie. Jamais il n'avait connu pareil extase. Harry s'écroula pantelant sur le Serpentard qui enroula immédiatement ses bras autours de se taille fine et douce.
