Hello !
Voici le nouveau et avant dernier chapitre, sans compter l'épilogue.
Je sens déjà que cette histoire va me manquer !
Bonne lecture.
Chapitre 9 : Retour
Severus câlina un bon moment son amant, profitant de ce moment de calme et de sérénité où il semblait que rien ne pourrait l'atteindre. Il passait et repassait ses doigts sur la peau veloutée du jeune homme, enfouissant parfois ses longs doigts dans la chevelure emmêlée, attendant que celui-ci redescende un peu sur terre.
« Ça n'avait jamais été... comme ça. » murmura Harry.
« C'était intense, » répondit Severus d'une voix profonde.
« Alors ça t'as plu que pour une fois... je... prenne les choses en main ? »
« Je n'ai jamais rien vu de plus beau. »
« J'en avais besoin, je pense. Pour me prouver que ce n'était pas comme avant. »
« Et tu as raison, ça ne l'est pas. »
« Je te crois, Severus... » Après quelques minutes de calme et de silence, Harry reprit, « Refais-moi l'amour. »
Severus roula doucement sur le côté pour se tenir maintenant au-dessus d'Harry, le surplombant de toute sa hauteur.
« Acceptes-tu que je reprenne les choses en main maintenant ? » demanda-t-il dans un murmure rauque.
« J'en ai besoin. Je ne me suis jamais senti aussi protégé que dans tes étreintes. Toute ma vie j'ai cherché un cocon, un endroit intime ou laisser tomber le masque, cet endroit je l'ai trouvé, c'est dans tes bras. »
Severus, ému, commença à se mouvoir au-dessus de son amant pour réveiller leur désir. Il entreprit de l'embrasser longuement, voulant graver ce moment dans sa mémoire à jamais.
Cette nuit-là, ils firent plusieurs fois l'amour. Parfois lentement, profitant des sensations, parfois avec force, pour se repaître de leurs corps trop longtemps désirées.
Au petit matin, avec seulement quelques heures de sommeil au compteur, Severus se lança et proposa à Harry ce qu'il attendait depuis des mois.
« Harry... Je sais que tu as ta vie ici, et que tu y es heureux, mais j'aimerais te proposer de revenir en Angleterre et t'installer avec moi. » Voyant que son amant ne montrait pas d'objection, Severus continua. « Je ne sais pas si tu as envisagé de revenir un jour, mais je sais que le Lord noir reprend en puissance, de jour en jour et j'ai peur pour toi et Cassie. Je sais que tes protections sont bonnes et que tu es un puissant sorcier mais vous ne serez jamais autant en sécurité qu'à Poudlard, avec Albus. Et... avec moi. Je donnerais ma vie pour sauver les vôtres. De plus, j'aimerais vous voir chaque jour, voir Cassie grandir, t'aider à t'entraîner et te soutenir quand ça ne va pas. J'aimerais que tu sois à mes côtés tout simplement... »
Harry ne réagissait toujours pas, les yeux perdus dans le vague. Severus joua toutes ses cartes pour que son compagnon réfléchisse à la question. « Aussi, Miss Granger passe son diplôme dans quelques jours, elle pourra postuler à Saint-Mangouste ou à Poudlard, elle se rapprocherait de Draco. Et puis, quand la guerre sera finie je quitterai mon poste à Poudlard et nous reviendrons ici si tu le souhaites. »
Un silence s'installa et Severus n'était même pas sûr que le Survivant l'ait réellement entendu. Il continua d'attendre en silence masquant son stress et son inquiétude.
« C'est bon, tu as fini ? » demanda Harry avec un sourire doux. Severus haussa un sourcil interrogateur. « D'abord, je suis très flatté par l'effort que tu as fait en préparant ton petit discours, même si je m'inquiète un peu du fait que tu utilises Hermione pour m'amadouer... Enfin bon... Figure-toi que je comptais déjà rentrer en Angleterre. Voldemort a presque retrouvé toute sa magie et je devrai bientôt l'affronter, » continua Harry la mine un peu plus sombre. Il se serra un peu plus dans les bras de son amant et soupira de plaisir en sentant les muscles puissants se refermer sur lui.
« Je t'ai dit que le seul endroit où je me sentais protégé c'était dans tes bras et c'est vrai. Si tu nous accepte dans ta vie, alors nous partirons avec toi. Je donnerai ma démission pour la fin des classes, le 29 juin. »
Après quelques minutes de silence où Severus prit le temps de digérer les nouvelles, il embrassa les cheveux en pagaille.
« Je te protégerai Harry. Je vous protégerai tous les deux. »
ooOOoo
Le lendemain Harry annonça la nouvelle à Hermione, Draco et Cassiopée.
« Nous avons discuté avec Severus et nous avons décidé de nous installer ensemble en Angleterre. »
« Génial ! » s'écria Hermione en bondissant de son siège pour serrer son frère de cœur dans ses bras. « Je suis si contente pour vous. Vous serrez heureux tous les trois. »
« Et moi je suis contente pour toi car je pense que maintenant, tu pourras t'installer avec ta fouine d'amour sans avoir peur pour Cassie et moi, » rétorqua Harry avec un grand sourire pendant qu'Hermione prenait une teinte rouge brique.
« Je verrai plus mes copines ? » demanda la petite Cassiopée, les yeux pleins de larmes. Les adultes quittèrent leur sourire joyeux, comprenant que si pour eux c'était une sorte de retour aux sources, pour elle c'était quitter le seul endroit qu'elle n'ait jamais connu.
« Nous pourrons revenir pour les vacances, Cassie, qu'en penses-tu ? Tu vas aimer Poudlard. Nous demanderons au professeur Dumbledore de nous accepter au château. Tu sais, le même que tu as en puzzle, » répondit Harry.
« Là-bas, tout est magique, » reprit Hermione. « Les tableaux bougent, les armures aussi, les bougies volent au plafond et il y a parfois des animaux magnifiques comme des licornes. »
La petite fille avait déjà les yeux plein d'étoiles alors que Draco reprenait.
« En plus je travaille là-bas, et ton daddy aussi. Hermione y travaillera peut-être aussi donc tu nous verras tout le temps. Nous pourrons nous voir tous les jours, princesse. »
« C'est vrai ? » demanda-t-elle encore plus heureuse.
« C'est vrai, » répondit Severus qui n'avait encore rien et dit. « Et tu habiteras avec ton papa et moi, dans mes appartements. »
« Dans les cachots ? »
« Dans les cachots, » répondit Severus avec un sourire alors que Cassie se précipitait dans ses bras.
ooOOoo
Severus arriva par Portoloin devant le portail de Poudlard et partit à grandes enjambées dans le parc pour rejoindre le château. Il se fit un chemin parmi les élèves qui s'entassaient dans les couloirs à coup de regards noirs. Il donna le mot de passe en grinçant des dents :
« Bonbon au cassis »
Il était persuadé que le directeur connaissait toute l'histoire et avait choisi le mot de passe pour sa fille. Comment ce vieux sénile était toujours au courant de tout ?! Il se laissa porter par les escaliers lorsque la statue pivota et frappa à la porte en bois. Il n'attendit pas la réponse et entra d'un pas pressé.
« Ah, bonjour, Severus ! » l'accueillit le directeur avec son sourire malicieux et ses yeux bleus pétillants.
« Albus, » répondit sobrement Severus.
« Quel bon vent vous amène cher ami ? »
« Je suis sûr que vous le savez, » grommela Severus. « Je viens vous demander d'accepter mon compagnon et ma fille à Poudlard. »
« Eh bien, félicitations, Severus, je ne m'y attendais pas ! Qui est l'heureux élu ? »
Il avait l'air tellement heureux que Severus s'attendait à ce qu'il sautille sur sa chaise et tape dans ses mains comme un gamin.
« Vous le savez très bien, » grommela-t-il. « Mon compagnon est Harry Potter, ma fille à 5 ans et demi et se nomme Cassiopée Eileen Lily Potter Snape et j'aimerais qu'ils viennent tous les deux habiter dans mes appartements à Poudlard afin de les protéger. J'aimerais aussi que vous logiez Miss Granger dans les appartements de Draco. Même s'il ne sera plus mon apprenti à la fin de l'année, j'espérais qu'il puisse loger ici, il sera l'une des cibles principales des Mangemorts pour sa fuite, au même titre que Miss Granger pour son statut de meilleure amie du Survivant. »
« Eh bien, que de bonnes nouvelles, » jubila le directeur. « Je pensais justement à trouver une assistante pour Pompom. Elle n'est pas loin de la retraite et voudrait quelqu'un à former pour reprendre sa place. Miss Granger conviendra parfaitement. Mr Malfoy, quant à lui, pourra être votre assistant Severus. Vous lui déléguerez les classes de première et deuxième années et pourrez ainsi passer plus de temps avec votre famille. Harry, quant à lui, aura, je pense beaucoup à faire en revenant en Angleterre. Même si je suis persuadé qu'il serait parfait pour le poste de professeur de Défense, je ne pense pas qu'il aura beaucoup de temps... »
« Qu'aura-t-il à faire ? » demanda Severus, les sourcils froncés.
« Nous verrons ça plus tard. En attendant, hâtez-vous dans vos appartements. J'y fais ajouter de se pas une chambre supplémentaire pour Cassiopée et un bureau pour Harry. »
Sachant qu'il était congédié, Severus le salua d'un hochement de tête avant de partir dans une envolé de robe noire. Il descendit dans ses cachots et ouvrit le portrait avant de regarder ses appartements d'un œil critique. Ils étaient propres et rangés, certes, mais terriblement ternes et sombres. Il allait devoir y remédier s'il voulait qu'Harry et Cassiopée s'y sentent bien.
Après quelques minutes il se décida.
« Winky ? » appela-t-il.
La petite elfe qu'il aimait particulièrement arriva. Elle était la seule de tous à aimer venir pour le professeur Snape. Les autres avaient peur. Elle, aimait prendre soin de lui. Elle était toujours présente, surtout lorsqu'il s'entraînait trop et se blessait ou lorsqu'il buvait trop, un jour par an. Elle, ne s'alcoolisait plus. Albus lui avait demandé de veiller sur le sombre professeur et ça lui avait permis d'avoir un but et d'arrêter les bêtises.
« Comment Winky peut aider le Professeur Snape ? »
Il mit un genou à terre pour être à sa hauteur.
« Dans quelques semaines, je vais accueillir ici mon compagnon et notre fille. » Winky inspira brutalement et plaqua une main sur sa bouche, ses yeux écarquillés. « J'aimerais que cet endroit soit convenable pour eux mais je ne sais pas comment m'y prendre. Pourrais-tu m'aider ? »
« Bien sur professeur Snape, » pleura la petite elfe, ému par cette révélation et cette confiance. « Winky peut demander au professeur Snape qui est le compagnon de monsieur ? »
« C'est Harry Potter. »
Winky devint alors surexcité. Elle se mit à frapper dans les mains et sautiller partout.
« Winky, calme-toi, » ordonna Severus. L'elfe se calma immédiatement.
« Je ne veux pas de rouge Gryffondor, ni de jaune ou de violet. Mais j'aimerais que ce soit plus clair, plus confortable et adapté à une petite fille de six ans. » Il fit une pause pour réfléchir. « Et je veux garder mon sofa. »
« Que penserait le professeur Snape si Winky ajoutait des fenêtres magique ? »
« Tu peux faire ça ? » demanda Severus en relevant un sourcil.
« Winky est connecté à la magie de Poudlard. Winky peut demander à Poudlard de mettre des fenêtres. »
« Ça serait très bien Winky. »
Aussitôt, Winky ferma les yeux et elle sembla entrer en transe. Quelques secondes plus tard, deux fenêtres apparurent sur le mur de la cuisine et celui du salon. La pièce fut soudainement éclairée par le soleil. Severus se déplaça et put voir une magnifique vue sur le lac. C'était la vue depuis une des tours du château. Harry allait adorer.
Winky se mit en mouvement et modifia l'appartement petit à petit. Elle ajouta des coussins bruns clairs sur les canapés en cuir, les murs peints en bordeaux et beige, plusieurs tapis couleur crème. Quelques tableaux de paysages colorés pour égayer le tout, sans enlever l'aspect calme de la décoration.
Winky changea aussi la table basse et la table de la salle à manger pour qu'elles ne soient plus carrées mais rondes et ainsi éviter des angles trop seyants à hauteur de la petite fille. Elle ajouta aussi une chaise avec un rehausseur et un marchepied. Tous les meubles qu'elle ajoutait étaient poussiéreux en arrivant, ils devaient venir d'une pièce spéciale ou étaient entreposés tous les meubles dont les occupants n'avaient plus l'utilité.
« C'est parfait Winky, » déclara Severus lorsqu'elle eut terminée. « Pourrais-tu t'occuper des autres pièces ? Tu as très bien réussis ici, je te fais confiance. Et si certaines choses ne vont pas, je les changerais moi-même ne t'inquiète pas. »
Winky se précipita vers la chambre en bombant le torse, heureuse d'avoir effectué la mission avec brio.
Lorsque Severus entra dans sa chambre, il constata que son armoire avait disparu et qu'à la place, il y avait une porte. Il l'ouvrit et tomba sur un dressing, de taille modeste mais confortable, pour deux personnes. Son lit n'avait pas bougé mais il avait maintenant deux magnifiques tapis, une deuxième table de chevet muni d'un chandelier, et une commode. Les murs avait été repeints en beige et les draps était d'un joli vert Serpentard. Encore une fois, de petites choses avaient été ajoutées, rendant l'endroit plus vivant, plus douillet, dont une grande fenêtre avec des rideaux verts.
La salle de bain n'eut pas besoin de beaucoup de changements. Elle était déjà grande et claire.
Le bureau qui avait été ajouté était dans des teintes de bois et de bordeaux avec de grandes étagères encore vides.
La dernière pièce que Severus visita fut la chambre de Cassie. Il en eut le souffle coupé. La pièce n'avait pas de fenêtre, la lumière d'aspect naturelle venait de partout à la fois. Les murs était des répliques mouvantes d'un sous-bois. On pouvait parfois voir une licorne passer ou un centaure. Des fées ou des lutins virevoltaient de ci de là. Il n'y avait rien d'oppressant, c'était juste calme et féerique. Le sol était une moquette ressemblant à si méprendre à de l'herbe ou de la mousse.
Il y avait aussi une bibliothèque déjà fournit en contes pour enfant. Un coffre regroupait une quantité de figurines, jeux de construction et peluches. Il y avait un bureau avec des feutres, des feuilles et de la peinture. Son armoire avait l'aspect d'une petite cabane et son petit lit était à moitié caché par des voilages. Elle pouvait accéder à la salle de bain de ses pères par une porte qui se verrouillait automatiquement si l'un ou l'autre était déjà dedans.
Mais, le plus surprenant et aussi le plus magique, selon Severus, était la réplique exacte du Poudlard Express voyageant dans toute la chambre sur son chemin fer. Il crachotait un peu de fumée qui s'estompait presque immédiatement et faisait un petit bruit reconnaissable entre mille.
« Winky n'a rien fait, » s'écria la petite voix aiguë de l'elfe de maison. « Poudlard à l'air d'être heureuse. Ça fait très longtemps que Poudlard n'a pas eu la chance d'accueillir un enfant. »
« Poudlard à fait tout ça ? » demanda Severus septique.
« Sa magie, monsieur ! »
« Très bien, tout est parfait Winky, je te remercie pour ton aide. Tu as bien mérité d'aller te reposer. Tu as du dépensé une quantité de magie exceptionnelle pour faire tout ça. »
« Winky est heureuse de faire ça pour le professeur Snape. Le professeur Snape est un grand sorcier. Monsieur Harry Potter est aussi un grand sorcier. Winky a hâte de voir le fruit de leur amour. La petite maîtresse sera une sorcière exceptionnelle. »
Sur ces mots, Winky disparut laissant un Severus un peu abasourdit.
Le fruit de leur amour...
Ce n'était pas vraiment ça au début... Et pourtant il ne la voyait pas autrement maintenant.
ooOOoo
« Nous habiterons au château, même pendant les vacances. Albus a déjà ouvert ma cheminée et j'ai posé un sort sur l'impasse du Tisseur. Au cas où un Mangemort vienne chez moi. Je serai prévenu et je pourrais aller là-bas par cheminette. Elle est par contre fermée en sens inverse, je devrai transplaner pour revenir, ça mettra plus de temps. » expliqua Severus alors qu'il était dans le lit de son amant en le tenant fermement dans ses bras.
« Pourquoi les Mangemorts viendraient te voir ? » demanda Harry traçant des formes invisibles sur la peau de Severus qui frissonna.
« Je suis toujours leur fournisseur de potions pour le Seigneur des Ténèbres. Il est maintenant en forme mais doit toujours prendre quelques potions. Sans compter qu'il va bientôt reprendre les raids... Tu nous as donné un temps de paix, mais je crains qu'il se finisse bientôt... »
« C'était à prévoir... J'aurais aimé avoir plus de temps mais je me sens prêt. »
« Je ne crois pas non ! »
« Pardon ? »
« Tu seras prêt quand j'aurai vu tes progrès et que je dirais moi même que tu es prêt. »
Harry ricana. Il n'avait toujours pas montré l'étendue de ses pouvoirs à Severus.
« De toute façon, » reprit Severus, « il est hors de question que tu partes seul comme un stupide Gryffondor. Je serai avec toi, quoi qu'il arrive. »
Harry eut un rire amer, tout sauf joyeux.
« Bien sûr... Et laisser notre fille orpheline. Au moins l'un de nous deux dois survivre pour elle. »
La prise de Severus se serra encore plus sur son amant et il fourra son nez dans ses cheveux.
« J'aime notre fille Harry, n'en doute jamais. Mais il est hors de question que je te laisse partir en guerre seul. Je serai à tes côtés. Tu as choisi un parrain et une marraine pour Cassie. Elle n'aura jamais la même enfance que toi, ni la même que la mienne, Merlin merci. Moi par contre, je ne supporterai pas de te voir partir une deuxième fois. Pas encore... »
« Tu ne me verras pas partir, Severus... » souffla-t-il après plusieurs longues minutes.
Ce ne fut qu'un murmure dans la chambre silencieuse, et Severus ne l'entendit pas. Il avait sombré dans le sommeil.
ooOOoo
« Wouhaaaaaa ! C'est comme mon puzzle ! » s'extasia Cassie lorsqu'elle apparut devant le château de Poudlard. Harry pouffa derrière sa main. Draco, derrière lui, ricana et se fit pincer par une Hermione pleine de joie d'être de retour à Poudlard.
« Princesse Cassie est-elle heureuse ? » demanda Severus avec un petit sourire.
« Oh oui ! Daddy, on ira dans la forêt ? Et tu me montreras les bêtes dans le lac que papa m'a racontée ? Je veux voir une vraie sirène ! Et le gros camala... camalar ! Et je veux voir le tout petit professeur ! Et aussi le très grand professeur ! Oh, Et le très vieux professeur ! Et les fantômes, je n'ai jamais vu de fantômes. Tu crois qu'on peut voir des licornes ? Et... »
« Cassiopée ! » appela Harry d'une voix forte qui fit taire l'enfant instantanément. « Respire princesse. Parle lentement et attends que l'on réponde à tes questions. »
« Pardon papa, » répondit la petite en baissant les yeux.
« Je ne te dispute pas Cassie. Je dois juste te reprendre quand tu deviens surexcitée comme ça. Ce n'est bon. Ni pour toi, ni pour nous. »
« Allons-y, » déclara Severus pour ne pas laisser la petite dans l'embarra. Ils avancèrent à grand pas vers le château sous la chaleur de plomb du mois de juillet. Severus regarda son compagnon.
Il avait arrêté le maquillage sur sa cicatrice, il avait coupé ses cheveux pour revenir au bordel ébouriffé qu'il avait avant. Il avait aussi remis ses lunettes en changeant les verres pour en mettre des simples, sans correction, et s'était rasé de près. Tout ce qui faisait la marque de fabrique « Harry Potter » était de retour. Y compris le masque du Survivant qui l'avait bluffé pendant des années. Il suintait la confiance en soit, la force avec un peu d'arrogance.
Pourtant, Severus savait ce qu'il se passait au fond de lui. Il était terrifié, ému, triste. Revenir ici lui rappelait tant de souvenirs et malheureusement, il n'y en avait que peu de joyeux...
Il regarda de l'autre côté. Sa fille les suivait tant bien que mal. Elle courait presque. Ses longs cheveux noirs flottaient derrière elle et ses yeux étaient brillants de curiosité. Ses joues commençaient à être délicatement rosées.
En un geste, elle se retrouva dans ses bras, lui laissant le temps d'admirer tout ce qu'il y avait dans son champs de vision. Elle fit un bisou à son daddy et posa sa tête sur son épaule en profitant de la faible brise et du paysage merveilleux qui passait.
Ils entrèrent tous les cinq dans le hall. Harry et Hermione se regardèrent pour se donner du courage.
« Dans la Grande Salle, » déclara Severus en reprenant la marche.
« Pourquoi la Grande Salle ? » demanda Harry. « Il n'est pas encore l'heure du dîner. »
« Réunion de l'Ordre, » répondit simplement Severus alors qu'Harry s'étouffait.
« Et tu ne m'as pas prévenu ?! »
« Non c'était plus drôle comme ça, » répondit Severus en ouvrant les portes de la grande salle.
Une grande table ronde était installé en son centre et plusieurs personne, une bonne trentaine, étaient assises autour. Immédiatement, tous les regards se tournèrent vers eux et tous s'élargirent plus ou moins sauf le regard brillant du vieux directeur.
Harry scanna les lieux en une fraction de seconde. Il repéra les Weasley, ils étaient tous là, sauf Ginny et Percy. Il reconnut la plupart de ses anciens professeurs ainsi que Tonks, une femme ressemblant trait pour trait à Bellatrix qui devait être Andromeda, Fleur Delacourt, Kingsley et quelques autres.
Le temps s'était comme arrêté. Ça faisait beaucoup d'informations pour les membres de l'Ordre. Tout d'abord, il voyait entrer le professeur le plus détesté de Poudlard l'air serein, portant une fillette adorable dans ses bras. La petite lui ressemblait d'ailleurs beaucoup trop. De longs cheveux noirs mais légèrement bouclés, des yeux tout aussi noirs mais beaucoup plus expressifs, un visage tout aussi pâle que Severus mais des traits plus fins sous ses rondeurs d'enfant. Elle était vraiment superbe et tout le monde brûlait d'envie de savoir qui elle était.
Puis leurs yeux se posèrent sur la silhouette qui l'accompagnait. Harry Potter. C'était un jeune homme splendide au visage fermé et déterminé, il n'avait guère changé si on se referait aux lunettes, aux cheveux en bataille et à sa cicatrice, mais tout le monde pouvait voir un corps bien mieux sculpté et mis en valeur dans son jean et sa chemise moldue.
A côté de lui, venait ensuite une jeune femme que beaucoup avaient connue comme quelconque et négligée. Une Miss-Je-Sais-Tout à dents de lapin. Aujourd'hui, elle n'avait plus rien à voir avec cette image erronée. C'était une jeune femme magnifique tout en grâce et finesse. Elle était vêtue comme une Moldue avec une jupe noire arrivant au-dessus des genoux et des escarpins noirs également et un chemisier beige aux manches courtes et un magnifique collier en argent qui descendait sur sa poitrine de bonne taille. Ses cheveux étaient coiffés et formaient de belles boucles.
A ses côtés, l'héritier Malfoy dans toute sa splendeur, fusillait du regard de façon aléatoire. Enfin, c'est ce que pensait tout le monde. En vérité il assassinait du regard chaque personne qui osait mater sans vergogne sa petite amie.
Le professeur Dumbledore se racla la gorge et tout le monde revint sur terre.
« Hum... Eh bien, bonjour. Je suis ravi de vous revoir mes enfants et je suis ravi de connaître enfin le merveilleuse Cassiopée, » dit-il doucement.
Albus se leva pour rejoindre le petit groupe. Plus il avançait et plus la petite fille se réfugiait dans l'étreinte de son père. Celui-ci ricana avant de dire sans la moindre parcelle de méchanceté, ce qui étonna beaucoup de monde :
« Eh bien, je croyais que tu étais pressée de voir le très vieux professeur ? »
Le directeur pouffa doucement et parla d'un air conspirateur à l'enfant.
« Vois-tu Cassie, je ne suis pas un très vieux professeur, je suis un très très très vieux professeur ! »
La petite pouffa à son tour en mettant la main devant sa bouche et se détendit considérablement.
« Tu veux un bonbon Cassiopée ? » demanda le professeur Dumbledore.
Cassie regarda son père qui acquiesça et tendit sa petite main vers un Albus ravis qui lui donna une poignée de bonbon sortie de ses poches.
Albus se concentra ensuite sur Harry.
« Je suis content de te revoir en si bonne forme, Harry. »
« Professeur, je m'excuse pour mon départ précipité... »
« Ce n'est rien Harry. » coupa le vieux sorcier. « Il faut parfois prendre le temps de réparer ce qui est cassé... » ajouta-t-il avec un clin d'œil. « De plus je dois dire que tu as fait une sortie remarquable. »
« Merci, professeur. »
« Appelle-moi Albus, mon garçon, je ne suis plus ton professeur. » Il se tourna ensuite vers Hermione. « Je suis ravis de vous revoir Miss Granger, merci d'avoir veillé sur lui. »
Hermione rougit et hocha la tête.
« Mais installez-vous, je vous en prie, la réunion commence. » Albus repartit s'asseoir sur sa chaise et fit apparaître quatre sièges, deux de chaque côté.
Harry se tourna vers le public qui n'avait toujours pas bougé.
« Eh bien... Bonjour... » dit-il mal à l'aise.
Ce fut le déclencheur pour une bombe à retardement rousse. Molly se leva et se jeta sur Harry pour l'étreindre en sanglotant dans un discours indistinct. Il lui fallut plusieurs minutes pour se calmer et finalement tous les proches des cinq nouveaux arrivant se levèrent pour les saluer ou les serrer dans leurs bras.
Severus regarda d'un mauvais œil ce qu'il appelait le « tripotage de son Griffon » et il était sur le point de piquer une colère quand sa fille le ramena sur terre en poussant un petit cri de joie.
« C'est comme marraine m'a dit ! » dit-elle en désignant de son doigt les bougies flottantes.
« Oui, et tu vois là-bas ? » demanda Severus en lui montrant des petites fenêtres en hauteurs. « C'est par là que passent les hiboux qui apportent le courrier à tous les élèves, il y en a des centaines parfois. »
« Et quoi d'autre ? » demanda la petite fille les yeux pétillants de joie.
« Quoi d'autre... » réfléchit Severus. « Là-bas sur l'estrade, c'est là où je mange avec les autres professeurs. »
« Et papa ? Et parrain ? Et marraine ? » demanda encore la petite, des questions plein la tête.
« Normalement, il y a quatre grandes tables, dans ce sens-là » dit-il en lui expliquant de sa main libre. « Ton papa et ta marraine, lorsqu'ils étaient encore étudiants, ils étaient sur celle qu'il y a là normalement, avec l'emblème du lion. Et ton parrain était à celle qui doit être là, comme moi quand j'étais étudiant, avec l'emblème du serpent. »
« J'aime bien les serpents. Ils sont gentils dès qu'ils savent que je peux parler avec eux. »
Severus soupira. Il avait appris ça il y a peu. Sa fille était Fourchelang et s'il adorait entendre Harry siffler, il avait peur que sa fille se fasse rejeter pour ça.
« Tu sais ce qu'on a dit princesse, c'est un secret ! »
« Oui ! »
« Bon, je vais te poser, nous devons parler de choses pour les grandes personnes. Tu peux explorer la salle mais n'en sort pas. Nous visiterons après. Et... tu peux avoir confiance en ses gens, mais reste plutôt près de nous, d'accord ? »
Tout au long de son chemin où il expliquait des choses à sa fille avec une voix calme et douce, plusieurs personnes l'avaient suivi des yeux. Ils n'entendaient pas ce qu'il racontait mais voyaient son air serein et presque tendre et tous étaient sans voix devant ce phénomène. Ils le virent poser la petite fille et lui parler en écartant quelques mèches noires de son joli visage. C'était touchant.
Lorsqu'il revint à la table, Severus avait de nouveau son air agacé et railleur qu'il avait en permanence, comme si il n'avait pas câliné une enfant il y a quelques instants.
Tout le monde était enfin installé et attendait qu'Albus prenne la parole. Harry n'avait pas répondu aux questions sur sa disparition, il avait juste salué tout le monde et prit quelques nouvelles. Surtout lorsqu'il avait remarqué Neville qui tenait la main d'une Luna enceinte d'environ sept mois.
Albus prit la parole :
« Bon, je suis ravi de revoir nos anciens élèves. Voldemort va recommencer ses attaques et nous devons être plus que jamais unis dans l... »
« UN CRAPAUD ! » s'écria une petite voix surexcitée derrière lui.
« C'est pas vrai... » dit Harry avec un sourire vers Neville. « Tu as encore Trevor ? »
Son ami rougit en se rendant compte qu'effectivement, Trevor avait réussi à se glisser dans sa poche et s'incruster dans une réunion de la plus haute importance.
« Cassiopée, ne nous interromps pas s'il te plaît... » grogna Severus.
La petite fille baissa la tête l'air coupable. Elle avait un énorme crapaud dans les mains.
« J'ai une idée, » dit Harry en se levant. Il s'accroupit devant la petite fille et tendit son poing vers elle. « Souffle. »
La petite fille surexcitée n'attendit pas, sachant ce qu'il se passerait et souffla sur le poing fermé de son père. Celui-ci rouvrit doucement la main et une vingtaine de petits papillons bleus, fait de magie pure, s'échappèrent pour volter en tous sens, passant devant un Trevor glouton qui se mit à sauter pour gober les insectes. La petite fille se mit à le suivre en l'encourageant et à applaudir dès qu'il réussissait à en attraper un qui se volatilisait aussitôt.
Harry revint à table en ignorant les regards, après avoir jeté un sort de silence sur une partie de la salle pour qu'elle n'entende pas la conversation. Il faisait de la magie sans baguette, c'était une sacrée prouesse. Il avait aidé la fille qui semblait être celle du professeur Snape. Incompréhensible.
« Merci Harry. Je disais donc que c'est maintenant que nous devons rester uni et faire face à la menace. Severus a eu des informations pour une attaque le 31 juillet au Chemin de Traverse, pour marquer le coup pour l'anniversaire d'Harry. Nous ne voulions tout d'abord pas intervenir tout de suite. Si Voldemort s'aperçoit qu'il y a un espion dans ses rangs nous mettons la vie de Severus en jeux. Très peu de Mangemorts sont au courant de cette attaque. »
« Nous ne pouvons pas non plus laisser des gens ce faire tuer ! » S'exclama Arthur Weasley.
« C'est là que Harry intervient ! » répondit Albus, les yeux pétillants. Severus grogna, ce que les autres interprétèrent comme du dédain face à l'intervention du Survivant dans le plan. En fait, Severus était très mécontent que le directeur se serve de son amant en première ligne. Albus reprit :
« Donc Harry sera, par le plus grand des hasards, évidemment sur le Chemin de Traverse avec ses amis pour fêter son anniversaire. Il faudra que tu te montres dans les jours à venir pour que ton retour en Angleterre ne soit pas ce jour-là exactement. »
« Vous voulez mettre nos enfants en première ligne Albus ? Les sacrifier ? » s'exclama Molly Weasley.
« Molly... Ce ne sont plus des enfants. Harry, Draco et Hermione ce sont entraînés seuls, de leur côté et ils sont redoutables. Ronald à fait une formation pour être Auror. Miss Lovegood a une Maîtrise en sortilège, Mr Londubat pourra, je suis sûr, avoir dans ses poches des graines et des plantes très utiles, Fred et Georges sont les plus rusés et ont un stock de sales coups inépuisables. Je ne dis pas que nous sommes inutiles mais il faut peut-être songer à ses jeunes gens comme la relève et la nouvelle génération. »
Il y eut un long silence. Tout le monde digérait ce qui avait été dit avant que les protestations ne commencent à s'élever. Harry prit la parole d'une voix forte.
« Je ne me suis pas entraîné pour rien. Je veux combattre et je le ferai. Depuis six ans Draco et moi apprenons sans relâche. Ma bibliothèque est plus remplie que celle de Poudlard. Nous sommes majeurs et si je ne forcerai personne à venir avec moi sur le Chemin de Traverse. Je ne leur dirais pas de ne pas venir si l'on peut sauver des vies et gâcher la petite fête à Voldy. »
Son discours eut le mérite de calmer tout le monde. C'était avant qu'un rouquin bien connu ouvre sa bouche, chose qu'il n'avait pas fait depuis l'entrée remarqué des nouveaux arrivant.
« Tu as passé six ans avec Malfoy ? » demanda Ron. « Alors que tu n'as pas dit à ton meilleur ami où tu étais ?! »
« Tu as perdu ce droit lorsque tu as perdu ma confiance lors de ma septième année en révélant ma vie privée. Confiance que tu avais déjà bien effritée lors de ma quatrième année. »
« Et tout le reste ne compte pas ? La partie d'échec, la chasse au serpent, la course poursuite au ministère. »
« Oh si, bien sûr... » murmura Harry. « J'ai eu beaucoup de mal à me détacher de tout ça. Mais il faut ce faire une raison, nous n'avons plus les mêmes buts. Tu te bats pour ton futur, pour avoir un avenir sain et libre, je me bats pour mon passé, pour mes parents, pour Sirius. J'ai vécu plus de choses que tu n'en vivras jamais Ron et ça me va. Je ne souhaite pas que tu vives tout ça, mais nous ne voyons plus les mêmes choses. C'est fini. »
Il y eut de nouveau un silence pendant que les deux ex-meilleurs amis se défiaient du regard. Dumbledore reprit calmement.
« Je disais donc, Harry sera avec ses amis sur le Chemin de Traverse pour fêter son anniversaire. Dès l'apparition du premier Mangemort, vous formerez un groupe qui donnera l'alerte bien en vue des Mangemorts et un autre qui défendront les villageois. Nous arriverons tous relativement vite mais pas tous d'un bloc. Miss Granger je compte sur vous pour rester derrière et il faudra mettre des combattants pour la protéger. »
« Et pourquoi je vous prie ? Si elle n'est pas capable de se défendre elle n'a rien à faire sur le terrain ! » s'exclama d'un ton méprisant un homme assez âgé qui avait l'air d'avoir connu plusieurs guerres. Encore l'un de ses vieux sorciers qui pensait qu'une femme n'avait rien à faire sur un champ de bataille.
Albus allait prendre la parole mais Hermione fusilla l'homme du regard avant de lui répondre.
« Si ça vous ennuie que je sois diplômé d'une des meilleures écoles en médicomagie du monde avec une spécialité en chirurgie, dites-le moi, ça en fera toujours un que je n'aurai pas à soigner. »
Severus se régalait. Décidément, les deux lionceaux montraient les dents. Il aimait regarder Harry comme ça. Il était si attirant, si magnétique. Il était magnifique. Il regarda Cassie qui était en train de somnoler en regardant Trevor essayer mollement de gober les papillons restants et jeta un coup d'œil à Harry avant de se lever. S'approchant de la petite, il la prit doucement dans ses bras avant se rasseoir sur sa chaise, Cassie bien calée contre lui. Il jeta un sort d'intimité sur elle pour qu'elle ne soit pas dérangée par les bruits.
« Mais enfin qui est cette gamine ? » renchérit l'homme qui avait apostrophé Hermione.
« C'est ma fille, vous avez aussi un problème avec ça ? » grogna le Survivant.
Minerva McGonagall eu un petit glapissement en regardant l'enfant puis Severus, puis Harry avant de revenir sur Severus. Il y eut un silence pesant alors que tout le monde se posait des dizaines de questions tout en mesurant l'implication de ce qu'ils venaient d'entendre.
« Harry... Je... Ha... » bégaya Molly qui était pourtant rarement à court de mots.
« Notre fille Harry, » dit alors Severus, se délectant de la mine stupéfaite de tous les membres de l'Ordre.
« Désolé Severus, mais je ne savais pas si tu voulais... enfin bref... Je vous dois apparemment des explications, » se résigna Harry. « Je vous présente donc Cassiopée Eileen Lily Potter Snape. Elle est la fille que j'ai eue avec Severus. Elle aura bientôt six ans. Eh oui, j'ai eu des relations sexuelles avec un professeur, oui je suis tombé enceint pendant ma scolarité et oui, c'est la raison de ma fuite. Severus n'a rien à se reprocher, laissez-le tranquille. Nous sommes en couple et si ça pose problème à quelqu'un, ça me fait une belle jambe. »
Severus ricana aux mines ébahies qui les regardaient mais fut tout de même touché qu'Harry dise qu'il n'avait rien à se reprocher... Merlin savait à quel point c'était faux...
« Severus ! »
« Minerva rentrez vos griffes, » grogna Severus.
« Vous avez eu des rapports avec un élève ?! Par Gryffondor, c'était un enfant ! »
Severus n'éleva pas la voix, de peur que les vibrations de son thorax ne réveillent Cassie, il essaya de se calmer et répondit en serrant les dents.
« Il n'a jamais été un enfant Minerva. Vous êtes si protectrice avec vos lions. Vraiment ! C'est stupéfiant ! Pourtant vous n'avez pas remarqué que votre Gryffondor préféré s'entraînait seul dans des salles vides jusqu'à l'évanouissement, vous n'avez pas vu les marques sur son corps, les glamours qui les cachaient, le fait qu'il ne mangeait qu'une fois par jour ou qu'il ne dormait pas plus de trois heures d'affilées. Vous n'avez pas remarqué qu'il n'a pas une seule fois dormi dans son lit les deux derniers mois mais dans le mien, au sommet de la tour d'astronomie ou dans la Salle sur Demande avec Miss Granger. »
« Severus... » coupa Harry. Mais son amant ne l'écouta pas, il était en colère.
« Non bien sûr, vous n'avez rien vu. Tout comme vous n'avez rien vu pour moi. Tout comme je n'ai rien vu pour lui. Personne n'a remarqué que le célèbre Harry Potter était bien trop maigre et trop petit, qu'il n'avait confiance en aucun adulte ? Je veillais à se sécurité par rapport à Voldemort, j'étais un espion qui passait son temps à être torturé tout en m'occupant de dizaines de Serpentard pris dans une guerre qui n'était pas la leur. J'ai signalé cinq cas de maltraitance rien que cette année-là. Et vous, c'est quoi votre excuse ? Vous n'avez vu que le Sauveur, comme tous les autres. Le Sauveur ne peut pas être faible pas vrai ? Le Sauveur ne peut pas être malheureux. Le Sauveur va vous sauver... Mais non... Harry Potter n'a pas eu d'enfance, tout comme je n'en ai pas eu. Non seulement il n'était plus mineur lorsque nous avons commencé notre relation, mais il était plus mature que la plupart d'entre vous aujourd'hui. Dois-je vous rappeler qu'à 17 ans il avait affronté le Seigneur des Ténèbres six fois, été possédé par lui une fois, affronté un basilic, aurait dû mourir deux fois, sans même compter les fois où il a frôlé la mort. J'ajouterai, pour finir, que ma relation avec Harry ne vous concerne en rien. »
Le silence se fit encore plus lourd alors que Severus crachait ces mots. Il était tellement en colère contre le monde entier et cette tirade était aussi bien pour défendre Harry que le défendre lui. Ils étaient de ceux qui avaient le plus souffert dans la guerre et ne laisserait personne dire le contraire.
« C'est bon Severus... » murmura Harry en lui prenant la main pour calmer la colère qu'il sentait planer autour d'eux.
« Maintenant que vous avez toutes les explications sur des points qui ne vous concernaient pas, nous pourrions revenir aux choses essentielles, » déclara Dumbledore d'un ton qui ne soufflait aucune réplique. « Harry, je te laisse organiser la journée du 31. Nous réglerons les détails plus tard avec Severus. L'essentiel n'est pas de capturer des Mangemorts ou d'avoir des informations, c'est de sauver des vies, ne l'oubliez pas. Ceux qui voudront participer, adressez-vous à Harry. Il faut que ce soit crédible comme groupe. Je compte sur vous les jeunes... Bien... maintenant, sur une note plus joyeuse, je dois vous annoncer que Mr Malfoy sera en charge des premières et deuxièmes années en potion et Miss Granger sera la médicomage de l'infirmerie avec Mme Pomfresh pour que celle-ci puisse prendre sa retraite sereinement l'année prochaine. Ensuite... »
Et la réunion dura deux heures. Ils abordèrent beaucoup de points sur la situation actuelle. Harry s'était levé un moment et avait commencé à jouer avec des avions en papier pour se distraire, tout en écoutant, il n'avait pas l'habitude de rester assis aussi longtemps. Et Hermione était apparemment dans le même état vu qu'elle alla le rejoindre au bout d'une heure et demie sous le regard moqueur de Draco et Severus et dubitatif des autres.
Cassie se réveilla au moment où tout le monde se levait et se rassemblait près du buffet pour des rafraîchissements. Elle descendit tout de suite des genoux de son daddy ? après lui avoir claqué un gros bisous sur la joue pour retrouver Harry et Hermione qui jouaient toujours à diriger des avions en papier sans baguette.
Après quelques temps à les observer, Ron prit son courage à deux mains pour aborder Hermione et la prendre à part. Ron avait encore grandit, il la dépassait maintenant d'une bonne tête, et il avait l'air plus musclé et il s'était coupé les cheveux très courts.
« Salut, Hermione ! »
« Bonjour, Ronald, » répondit-elle poliment.
« Ça me fait plaisir de te voir. Tu m'as beaucoup manqué. Tu... tu n'as jamais répondu à mes lettres. » dit-il en rougissant.
« Je sais... Je devais me couper de ce monde. Harry avait besoin de moi. »
« Oui, je comprends... Mais... maintenant ? »
« Quoi, maintenant ? »
« Eh bien... Tu es là... Et moi aussi. Et... »
« Et quoi, Weasley ? » demanda une voix froide dans son dos.
« Occupe-toi de tes mandragores Malfoy, » répondit le rouquin, rouge pivoine.
« Il se trouve que mes mandragores sont ici, à partir du moment où tu proposes un rancard à ma petite amie. »
« Je propose un rancard à qui je v... TA QUOI ?! »
« Tu as bien compris, Weasley, » répondit Draco en le contournant pour passer un bras possessif autour de la taille de Hermione. Celle-ci rosit et fit un sourire tendre.
« 'Mione, tu sors avec la fouine ? » demanda Ron d'une voix blanche.
« C'est Draco, » répondit-elle en lui lançant un regard noir.
« De plus Weasley aux dernières nouvelles tu sortais avec Miss-Pipelette-Brown. Aurais-tu rompu ? » demanda Draco avec une politesse feinte.
« Je... No... C'est compliqué... Et c'est pas tes affaires, Malfoy ! »
« Alors tu oses me proposer un rancard alors que tu sors déjà avec une autre ? »
« Ce... C'était pas un rancard, il ne m'a pas laissé finir ! »
« Très bien, Ron. Alors à plus tard, » dit-elle en partant au bras de Draco qui fit un petit sourire mesquin.
Pendant ce temps, Fred et Georges parlaient avec Harry.
« Alors Harry... Snape hein ? » commença Georges.
« Tu as bon goût, » continua Fred avec un sourire goguenard.
« Je suis déçu qu'il soit pris ! »
« Depuis quelques mois il a l'air épanoui et plus séduisant, »
« Et quand il est avec sa fille il est à croquer ! »
« Hé ! » interrompit Harry faussement outré. « Il est pris, faites-vous une raison ! »
« Ne t'inquiète pas, frangin ! » calma Georges.
« C'est vrai qu'on a trouvé mieux ! »
« Votre fille est à croqué. »
« Elle sera magnifique plus tard ! »
« N'y comptez même pas jeunes gens, » coupa une voix rauque derrière eux.
Ils pâlirent considérablement et se retournèrent très lentement pour faire face à un Severus Snape qui les foudroya du regard.
« Personne ne touchera à ma fille, et surtout pas deux dangers publiques comme vous ! »
« Bonjour professeur, » dirent les jumeaux en cœur, leurs deux visages angéliques.
« Messieurs Weasley, » salua sobrement Severus il se tourna vers Harry avec un petit sourire en coin. « Tu as vu ta fille ? »
« Heu... Non. Elle est partie tout à l'heure. » répondit Harry cherchant des yeux sa fille qu'il trouva finalement au milieu de Minerva McGonagall, Pomona Chourave, et Poppy Pomfresh qui fondaient totalement devant son visage d'ange.
Severus posa une main au creux des reins de son compagnon, seul geste qu'il se permettait en public. Harry lui fit un sourire rayonnant et ils regardèrent tous les deux leur fille charmer son monde.
Severus se pencha et chuchota à l'oreille d'Harry.
« Que penses-tu qu'on laisse Cassie à Draco et Hermione jusqu'à ce soir et qu'on profite de ce moment pour décompresser et se défouler un coup ? »
Harry lui fit un sourire lubrique avant de courir chercher Hermione ou Draco dans la foule.
ooOOoo
Ils arrivèrent devant le grand tableau d'un vieil homme penché sur un chaudron. Severus était derrière Harry et lui dévorait le cou. Il releva la tête juste pour donner le mot de passe.
« Espoir d'émeraude »
« C'est... » haleta Harry alors que Severus était de nouveau dans son cou.
« Pour toi, » marmonna-t-il entre deux baisers, « Ça a toujours été... pour toi... Tout pour toi... » Il grognait presque en pressant son bassin contre le bas du dos de son amant. Ces mots électrisèrent Harry au-delà du possible.
Ils pénétrèrent dans la pièce et Harry entreprit de déshabiller son compagnon mais celui-ci le stoppa.
« Hein ?! » grogna stupidement le Survivant.
« Toujours aussi éloquent, » ricana Severus. « J'ai dit qu'on allait décompresser et se défouler, je n'ai pas dis comment... »
« Tu n'oserais pas... »
« Oh que si Potter ! Ça fait plusieurs mois que je te demande de me montrer tes progrès, c'est l'occasion. »
Il entra dans la salle vide, et y entraîna Harry sans lui laisser l'occasion d'admirer la nouvelle décoration. La porte fut refermée et il y eut un moment de flottement. Les souvenirs assaillirent le couple. Toutes les fois ils s'étaient sautés dessus dans cette même pièce...
Harry se rappela de cette relation qui le faisait souffrir. C'était malsain, il s'en était rendu compte bien plus tard, mais cette relation était mauvaise... Et si cela recommençait ? Si Severus redevenait l'homme acariâtre et stressé qu'il avait été ?
Sentant le trouble de son compagnon, Severus s'avança doucement. Il ne voulait pas être brusque, lui rappelé ce qu'il s'était passé ici. Il prit donc ses précautions pour ne pas le surprendre et il enleva les lunettes du jeune homme. Il saisit doucement le visage de Harry entre ses deux mains chaudes, le leva vers lui et le força à rencontrer ses yeux. Il essaya d'y faire passer toute les émotions qu'il ressentait. Tout l'attachement qu'il avait pour lui. L'amour, même si il n'osait y croire. Il l'embrassa ensuite terriblement lentement, tout en l'enlaçant, marquant à quel point leur relation était différente. Faisant passer par des gestes, ce qu'il aimerait dire à haute voix.
Au bout de quelques minutes, ils se séparèrent et restèrent un moment dans le calme avant que Severus s'éloigne, enlève sa robe et déboutonne les premiers boutons de sa chemise. Il sortit sa baguette.
« Allez Harry, montre-moi ce que tu sais faire ! »
« Prépare toi à manger la poussière Sev' »
Le dit Sev' resta abasourdit une seconde par se diminutif ridicule de son point de vue. Ce fut une seconde de trop car elle permit à Harry d'attaquer sans que Severus ait le temps de le voir sortir sa baguette.
« Petit serpent ! » ragea Severus qui eut tout de même un petit sourire lorsqu'il esquiva le sort à la dernière seconde.
Severus répliqua aussitôt avec un autre sort et l'échange commença. Ce fut une lutte acharnée qui dura un moment. Ils s'amusaient plus qu'autre chose, testant l'autre sans vraiment lui faire mal.
Le combat dura une vingtaine de minutes jusqu'à ce que Severus se fasse assommer par un sort et tomba au sol. Harry réanima son amant et l'aida à se relever. Avant d'avoir pu dire quoi que ce soit, Severus se jeta sur lui et l'embrassa comme jamais. Il lui parlait entre deux baisers.
« Je suis si fier de toi... Harry... Tu es si... beau... sexy... Si puissant... »
Il se recula vivement lorsqu'il prit conscience de ce qu'il avait dit.
« Je suis désolé Harry, je ne voulais pas... »
« De quoi parles-tu Severus ? »
« Je... La puissance m'a toujours attiré. C'est comme ça que je suis devenu Mangemort. C'est depuis que j'ai remarqué ta puissance que tu m'attires, même si tu m'as toujours intrigué et que j'ai toujours été attiré d'une certaine façon... »
Harry se rapprocha et caressa doucement la joue de Severus.
« Je sais ce qui t'attire Severus... Je l'ai remarqué dès notre première fois. C'était toujours après les entraînements où j'avais dépensé le plus de magie que tu me sautais dessus. Tout le monde doit avoir quelque chose qui l'excite. Je sais que pour toi, c'est ma puissance, mon tatouage et la langue des serpents. »
Harry colla son corps contre celui de son amant et continua d'une voix sensuelle :
« Moi ce qui m'attire, c'est ta voix, tes yeux et ce qui m'excite par-dessus tout, » Harry passa ses bras autour du cou de Severus et se mit sur la pointe des pieds pour lui susurrer à l'oreille, « c'est quand tu deviens incontrôlable et que tu me sautes dessus pour me faire l'amour sauvagement. »
Il n'en fallut pas plus pour que Severus laisse toutes ses réticences de côté, saute sur le Survivant et lui montre à quel point il était dingue de lui et de son corps.
