Bonjour.
Voici le dernier chapitre de cette histoire. Mais il y aura un épilogue !
Je voulais remercier tout le monde. Merci d'avoir suivit cette fiction depuis de début (ou pas d'ailleurs!), merci pour votre soutien et vos encouragements.
Merci à ma Bêta MarysolCx qui a réussit à rendre cette fiction plus agréable à la lecture et qui a bravement supporté le rythme d'un chapitre d'environ sept ou huit mille mot à corriger par semaine.
MERCI
PS : Attention ! Les semaines précédentes, il y avait un bug sur ffnet qui a empêché aux abonnés de recevoir un avertissement pour les nouveaux chapitres. Ne vous emmêlez pas les pinceaux ! J'ai bien publié mon chapitre vendredi dernier, comme d'habitude et il se peut que vous ne l'ayez pas lu !
Bonne lecture.
Chapitre 10 : La fin
Après une partie de jambe en l'air brutale et terriblement passionnée, Severus fit visiter ses appartements à Harry et fut satisfait de voir que les changements apportés eurent l'effet escompté.
Harry se sentait déjà chez lui dans cet endroit confortable et il ne perdit pas de temps pour aménager son bureau avec ses affaires que Dobby avait apportées. Il put ranger tous ses livres et objets magiques. Il sortit ensuite son matériel de potion et se demanda ce qu'il pourrait en faire.
Il quitta la pièce et se dirigea vers le bureau de Severus dans un coin du salon où celui-ci faisait son plan de cours. Harry se racla la gorge et attendit qu'il relève la tête.
« J'aimerais savoir si je pouvais m'installer un peu dans ton labo, » demanda-t-il timidement. Il vit très bien la grimace sur le visage de son vis à vis et reprit : « Je ne vais pas envahir ton espace ! Mais j'ai un peu de matériel et il serait mieux dans ton labo que dans mon bureau. Je ne fais pas souvent de potions, je n'y serai pas souvent. Je peux aussi avoir mon propre lieu de stockage pour ne pas déranger ta réserve. »
Severus hésita. Cela n'avait déjà pas été facile d'accueillir deux personnes dans son logement. Il avait toujours vécu seul et avait ses habitudes. Mais si son amant voulait en plus investir son laboratoire... C'était son lieu à lui, son endroit de calme où tout était rangé à sa place et où il faisait parfois des expériences dangereuses. Il avait peur que ce soit un sujet de dispute entre eux... Et en même temps, il n'avait pas vraiment de raison de refuser, il risquerait de le vexer. Peut-être y aurait-il un compromis...
« On peut faire un essai » dit-il lentement. « Mais il y aura des règles. »
Harry le regarda attentivement, attendant la suite.
« Tout d'abord, je veux en effet que tu me préviennes à chaque fois que tu y vas. Ce n'est pas par ce que je n'ai pas confiance, » ajouta tout de suite Severus alors qu'il voyait Harry ouvrir la bouche, sûrement pour protester. « Mais je fais parfois des expériences et elles pourraient mal réagir avec d'autres vapeurs. Je préfère que tu me préviennes pour que je te donne mon aval et qu'il n'y ait aucun risque. Ensuite, tu pourras te servir dans mes stocks. Prends tout ce dont tu as besoin, ma liste se met à jour automatiquement avec ce qu'il manque. En revanche si tu as besoin d'un ingrédient en grosse quantité, dit-le moi avant, pour que j'en achète plus. Je préfère tout de même que tu utilises mes ingrédients car Ils sont de bonne qualités et bien conservés. Ensuite je ne veux pas que tu touches à mes potions qui seront sur ma paillasse. Et si tu veux rentrer au labo lorsque j'y suis, toque deux fois et attend que je t'autorise à entrer. Si je ne le fais pas c'est que j'ai une bonne raison, comme des vapeurs toxiques. »
Harry lui fit un sourire lumineux.
« Ça me paraît équitable. De toute façon je ne risque pas d'en faire beaucoup. Avant je faisais surtout des potions pour les maux de tête ou de l'aiguise méninge mais entre Pomfresh, Draco et toi je pense que je n'en aurais plus tellement besoin. »
Severus acquiesça et l'accompagna dans son labo où il lui laissa l'une de ses trois paillasses pour y mettre son matériel. Ils discutèrent un moment au sujet du rangement le plus pratique, du matériel le plus utile avant qu'Harry ne retrouve le chemin de son bureau et Severus de ses feuilles de cours.
Cassie arriva quelques heures plus tard et Severus lui fit visiter, ainsi qu'à Hermione et Draco. La petite fille fut émerveillée par sa chambre. Sa chambre magique, comme elle l'appelait.
Même si Cassie connaissait très bien le monde de la magie, son ancienne maison était tout à fait moldue. Elle avait un elfe de maison et parfois les adultes autour d'elle lançait des sorts mais c'est tout. Elle allait aussi dans une école moldue. Elle n'avait donc pas été élevé dans ce monde et était émerveillée par toutes ses possibilités.
Elle passa toute la fin de la journée dans sa chambre à profiter de toutes les nouveautés. A l'heure du diner, ils décidèrent de rester ici, dans un cadre plus intime qu'avec toutes les personnes de l'Ordre. La journée avait été éprouvante et Cassie avait besoin de prendre des repères dans cette nouvelle vie. Ils se mèneraient ? aux autres petit à petit.
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Les jours commencèrent à défiler. Ils entamèrent une petite routine, Severus s'adaptant tant bien que mal à l'arrivée de deux personnes dans son quotidien si bien rangé. Si Harry faisait attention à ne pas trop le chambouler, ce n'était pas le cas de la petite Cassiopée qui n'hésitait pas à fouiller dans ses parchemins et ouvrir des livres de magie noire.
Severus avait dû poser des règles et parfois disputer sa fille, chose qu'il n'avait encore jamais fait. D'habitude, Harry était toujours celui qui la grondait. Severus était celui qui lui apprenait des choses et lui faisait des tours de magie pour l'émerveiller, et ça lui allait très bien !
Mais maintenant que la famille était réunie sous le même toit, Harry avait décidé de laisser une part de ce travail à Severus, il ne voulait pas passer pour le méchant et son compagnon devait s'imposer un peu pour se faire obéir, ce qu'il savait très bien faire à l'école.
Mais là, c'était différent. Ses élèves n'étaient que des enfants quelconques qui faisaient fondre ses chaudrons et gaspillaient ses ingrédients. Ce n'était pas sa chair et son sang qui le regardait avec des yeux larmoyants. Oh Severus Snape n'était pourtant pas homme à s'attendrir ! Mais briser l'illusion des yeux d'une enfant, briser l'espoir qu'elle avait trouvé un père parfait, un héros, un demi-dieu, c'était trop pour lui. Il avait un cœur par Salazar !
Alors, doucement, il avait dû s'ajuster à ce nouveau mode de vie, ce nouveau concept de l'éducation. Il l'avait parfois fait pleurer, l'avait parfois câlinée, consolée. Et il avait réussi à s'imposer. Après une petite phase de rébellion, un mois plus tard, Cassie écoutait aussi bien son papa que son daddy. Et même si le chemin était encore long, Severus était fier d'avoir réussi à gérer.
Tout à la découverte des joies de la paternité, Severus n'avait pas vu qu'Harry devenait plus soucieux de jour en jour. Il passait beaucoup de temps dans le bureau du directeur et partaitmême parfois dans des endroits inconnus, toute une après-midi, avec le vieux fossile.
Severus se posait des questions, mais il avait d'autres choses en tête pour se pencher vraiment sur le sujet. Tant que son griffon était dans ses bras le soir, il pensait que rien ne pouvait les atteindre.
Pourtant, Harry était vraiment soucieux, Voldemort était au meilleur de sa forme et avait beaucoup de plans en tête. Harry le savait car, ses dernières années, il avait réussi à se frayer un chemin dans la tête de son ennemi juré.
Lorsque la magie de Voldemort avait été détraquée, son esprit avait aussi reçu un sacré coup. Harry en avait profité pour manipuler son propre esprit pour le glisser discrètement dans le sien, à l'aide du lien entre eux. Il était donc un espion parfait. Rien ne pouvait lui être caché, même les moments intimes, comme Voldemort aux toilettes, ce dont il se serait bien passé. En même temps... Cela avait eu le mérite de démystifier le personnage et de le rendre moins... fort... aux yeux d'Harry.
En tout cas, il savait que Voldemort avait plein des plans sanglant pour l'Angleterreet il comptait bien l'arrêter bien avant qu'il mette tous ses projets à exécution. Mais avant ça, il devait trouver les objets... Des objets contenant une partie de l'âme de Voldemort, qui le rendaient immortel.
Harry avait confirmé les doutes de Dumbledore en lui racontant cette histoire de réceptacles. Il l'avait vu un jour dans la tête du Seigneur des Ténèbres. Il n'y restait jamais très longtemps car, à être dans l'esprit d'un autre, on pouvait perdrele sien et mêler les personnalités. Mais, ce jour-là, il avait entendu une conversation étrange entre Voldemort et Nagini, son fidèle serpent. Il avait fait des recherches et en avait tiré des conclusions. Il en avait parlé à Albus dès son retour et, ensemble, ils avaient réfléchi, élaboré des plans et des suppositions.
Ils avaient quelques petites choses de concrètes. Voldemort avait sept Horcruxes. L'un était le journal qu'Harry avait détruit en deuxième année. Un autre était le médaillon de Serpentard et un troisième devait être la bague des Gaunt et Harry lui-même était l'un d'eux et devrait sacrifier sa vie.
Voilà pourquoi Harry était soucieux, voilà pourquoi il se mettait en retrait par rapport au développement de la relation entre Severus et Cassie. Il allait les abandonner... Albus voulait mettre Severus au courant mais Harry lui avait demandé de ne pas le faire. Presque comme une dernière volonté. Albus, la mort dans l'âme, avait accepté.
Depuis un mois, ils cherchaient les autres Horcruxes et avaient pas mal de pistes. Ils étaient presque sûrs de l'emplacement de deux d'entre eux et pendant que le directeur, maintenait l'Ordre du Phoenix et accès leur progression sur la défense, Harry cherchait des objets, des lieux, ou tout autre indice sur les Horcruxe.
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Le 31 juillet arriva vite et Harry dû se rendre sur le Chemin de Traverse avec ses amis pour feindre une joyeuse fête d'anniversaire, voguant entre les magasins.
Il avait fait quelques apparitions depuis son retour et Voldemort en avait eu vent. De plus, Severus avait annoncé lui-même la nouvelle à son « Maître » pour ne pas être coiffé au poteau par les autres et recevoir une punition. Il était donc parfaitement normal que le Survivant passe la journée avec ses amis qui lui avait tant manqués.
Malgré tout, il était tendu. C'était la première fois qu'il utilisait sa nouvelle maîtrise de la magie dans un véritable combat. Hermione était tout aussi stressée même si elle avait le soutien de Draco qui la tenait étroitement contre lui. Neville était venu sans Luna pour ne pas risquer la vie de leur enfant à naître. Les jumeaux Weasley était là eux aussi, toujours aussi exubérant et courait partout de rayons en rayons, de magasins en magasins. Ron avait l'air de traîner des pieds derrière eux. Il avait réussi à convaincre son binôme chez les Aurors qui n'était autre que Seamus Finnigan.
Seamus ne faisait pas partit de l'Ordre mais étant Auror, il saurait réagir. Il n'était absolument pas au courant de l'attaque. Il venait juste parce que Ron l'avait invité pour l'anniversaire d'Harry Potter. Tonks était là aussi et s'amusait beaucoup avec les jumeaux.
Draco, Harry et Hermione étaient au milieu et parlaient discrètement.
« Ne stresse pas Harry... Tu es fort, tu le sais, nous allons les repousser. »
« Je sais... C'est juste que... C'est la première fois que je vais me retrouver face à Voldemort ou ses Mangemorts depuis tant d'années. » Il fit une pause et regarda autour de lui, avant d'ajouter d'un rire nerveux « Et si je reviens avec la moindre éraflure, je vais me faire scalper en rentrant. »
« D'ailleurs Potty, comment as-tu convaincu mon parrain de te laisser partir seul ? » demanda Draco.
« Je ne l'ai pas convaincu, » ricana le Survivant, « C'est Albus qui lui a ordonné de rester. Il a bien insisté sur le fait qu'il devait s'occuper de sa fille et Mister Ronchon a fini par céder. »
Draco ricana, imaginant très bien la scène.
« Il va te sauter dessus en rentrant et t'examiner sous toute les coutures. »
« Il y a des chances... » soupira Harry.
Ils ne virent pas les yeux gris les observer de loin.
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La fumée, les sorts, les cris. Tout était confus sur le champ de bataille.
Les Mangemorts étaient arrivés depuis quelques minutes seulement. Aussitôt, les jeunes s'étaient mis en formation. Hermione derrière, érigeant un champ de protection solide pour les soins des blessés. Draco s'était immédiatement placé devant elle et avait commencé à ériger un bouclier qui pourrait abriter les civils.
Les jumeaux Weasley lançaient déjà des fumigènes pour brouiller les pistes et Tonks envoyait des patronus à l'Ordre alors que Neville distribuait des graines qui, une fois sous la langue, permettaient de voir à travers la fumée. Il avait d'abord servit Harry qui était partit aussitôt à la recherche des civils pour les mettre à l'abri. Les deux Aurors combattaient les Mangemorts car leur métier les y avait préparés.
Harry avait bien pris soin de crier ses ordres pour que les Mangemorts ne voient pas que tout était planifié. Il était partout à la fois, secourant le plus de monde possible. Les sorts le frôlaient et les Mangemorts, qui s'étaient figés un moment de stupéfaction en voyant les jeunes gens réagir aussi efficacement, s'acharnaient maintenant à tirer dans toutes les directions pour toucher la plus de monde possible. Ils se moquaient bien de toucher les autres disciples du Lord Noir. Pour eux, le plus important était de ramener Potter à leur maître.
Harry entendait le rire fou de Bellatrix qui le cherchait. Elle n'avait toujours pas digéré le faible doloris qu'il lui avait lancé au ministère et elle voulait tellement faire plaisir à son maître. Elle s'amusait à exploser ou incendier tout ce qui se trouvait sur son passage et riait d'une joie malsaine lorsqu'elle entendait des cris. Harry avait très envie d'aller à sa rencontre, de lui faire payer les trop nombreux morts. C'est ce qu'il se disait mais au fond de lui, il savait qu'il n'avait qu'un seul but : venger Sirius. Ensuite il partirait à la recherche de Fenrir Greyback qui avait tué Remus.
Mais ce n'était pas le plan. Il devait d'abord sauver le plus de monde possible et évacuer les lieux.
Refoulant ses envies, Harry s'acharna à guider tout le monde alors que la fumée disparaissait peu à peu. Il put apercevoir Hermione qui, complètement échevelée, soignait de la petite coupure à l'amputation avec talent et rage. Draco protégeait et escortait les départs tout en gardant sa petite amie à l'œil.
L'Ordre du phœnix arriva finalement et les Mangemorts, déjà déstabilisés par les jeunes combattants, voulurent fuir sans en attendre le commandement. Les bruits de transplanages retentirent alors, avant même que les membres de l'Ordre ne puissent intervenir.
Seule Bella n'avait pas vu toute l'agitation. Ses yeux étaient fixés sur la silhouette d'Harry Potter, il parlait à une petite fille qui pleurait en cherchant sa maman. Bella jubilait. Elle l'avait enfin. Elle leva sa baguette et lança un sort de découpe qui toucha le jeune homme à la hanche.
Harry sentit sa peau se fendre dans un mouvement net et précis et une douleur intense lui vriller le ventre. Il sentit le sang jaillir d'un coup bref et éclabousser le sol. Il se plia en deux, tout en se décalant sur le côté pour se mettre devant la petite fille qui était déjà terrorisée et éclaboussée du liquide rouge.
Ils étaient un peu à l'écart et personne n'avait vu Bellatrix se rapprocher. Harry leva la tête et regarda dans sa direction. Elle sautillait telle une enfant... Elle avait les yeux foux et un sourire qui aurait fait frémir Satan en personne. Elle était un mélange de naïveté, avec son visage fin, perdu dans un espace qu'elle seule connaissait et terrifiant avec ses yeux noirs et ses sourires sadique, telle une Luna Lovegood démoniaque.
Harry la revit il y a plusieurs années, en train de chanter sa chanson morbide « j'ai tué Sirius Black ». Une rage intense le prit et faisant fi de la douleur qu'il ressentait il se tourna entièrement vers elle dans un mouvement souple et pointa sa baguette pour lui lancer un sort.
Elle esquiva habillement le sort, puis un autre, et encore un. Elle n'avait que le temps de se déplacer et lorsqu'elle tourna son regard vers le sorcier qui lui faisait face, elle remarqua que celui-ci, malgré la grimace de douleur, souriait. Il s'amusait.
Hermione, qui observait la scène de loin, voyait aussi le sourire sadique et le visage morbide d'Harry. Elle avait voulu se rapprocher pour soigner son frère mais elle avait été repoussée par un bouclier puissant. Elle continuait donc de soigner ses patients tout en gardant un œil sur lui.
Draco aussi avait remarqué la scène, il s'était approché au plus près du bouclier et essayait de dire des choses à Harry, mais celui-ci, prit dans sa chasse, n'entendait pas.
De temps en temps, le Survivant enchaînait un sort un peu plus vite que les autres pour toucher réellement la femme haletante face à lui. Il lui avait infligé quelques sorts cuisants, des sorts de découpe légers, un sort de mutisme qu'il rêvait de lui lancer depuis des années pour ne plus jamais l'entendre chanter ses chansons morbides. Il aurait voulu utiliser le sort de magie noire qu'il avait appris juste pour elle, pour lui arracher la langue, mais il savait qu'Albus ou le ministère auraient besoin de l'interroger.
Il continua son petit jeu jusqu'à ce que Bellatrix soit à terre. Elle transpirait abondamment, elle peinait à respirer mais riait toujours. Elle essaya de lui lancer un sort, mais n'avait plus assez de force.
Harry s'approcha et se pencha sur elle.
« Ça, c'est pour mon parrain, » dit-il avant de lui mettre un énorme coup de poing en plein visage. Il sentit la mâchoire se fracasser sous la force du coup alors que du sang jaillissait de sa pommette saillante.
Il allait la tuer. Peu importe les besoins des différentes personnes derrière lui pour avoir des informations, il voulait voir son sang se répandre sur le sol qu'elle n'avait plus le droit de fouler. Elle avait commis trop de crime, elle avait semé le malheur autour d'elle. Elle n'avait plus le droit de vivre et d'être heureuse.
Il leva sa baguette dans un état second. Il allait venger son parrain. La tuer.
La tuer.
La tuer...
Il la regarda à nouveau et vit que son visage déformé, pleurait maintenant. Des sanglots presque imperceptibles. Ses épaules sautaient. Les larmes coulaient. Ses lèvres tremblaient.
Il leva sa baguette pour la pointer sur le cœur de la femme et croisa un instant son regard et se souvint de la mort de son parrain de ce qu'il avait ressenti. A son tour, il sentit une larme couler le long de sa joue.
Il respira et se prépara pour la formule qu'il allait prononcer.
« Incarcerem »
Une corde sortit de sa baguette pour s'enrouler fermement autour de Bellatrix.
Il ne l'avait pas fait. Il n'avait pas pu.
Après tous ces entraînements il ne pouvait toujours pas tuer.
Il leva le regard et croisa ceux inquiets de ses amis. Il regarda ensuite vers la petite fille qui était toujours prostrée derrière lui, elle allait bien.
Il transplana.
En arrivant dans ses appartements, il fut pris de vertiges. Il avait totalement oublié sa blessure, il jeta un œil inquiet à la pièce et fut soulagé de ne pas voir sa fille. Par contre, Severus était sur le canapé et le regardait, les yeux légèrement écarquillés.
En l'espace d'un instant il fut à ses côtés et remonta son tee-shirt pour toucher la peau abîmée et examiner la plaie.
« Que s'est-il passé ? Harry ? Harry ?! »
Il agrippa le jeune homme chancelant par les bras pour ne pas qu'il s'écroule.
« J'ai pas réussi... » murmura le Survivant.
« De quoi parles-tu ? » grogna Severus en le dirigeant vers le canapé pour l'y allonger et laver sa plaie.
« Je n'ai pas pu la tuer... »
« Qui ? »
« Lestrange... Je voulais la tuer et je n'ai pas pu... Je suis faible. Comment je pourrais... »
« Ferme-la... » maugréa Severus ce qui surprit tellement Harry qu'il en oublia complètement son combat intérieur.
« Tu as... »
« Tu n'es pas faible, » coupa le Maître des potions. « Tu es fort et tu es pur. Tuer un être humain, si l'on peut qualifier Bellatrix d'être humain, n'est pas facile. Surtout la première fois. C'est un acte qui entache l'âme. »
« Comment je vais bien pouvoir le tuer... »
« Tu y arriveras Harry. Pour le bien être de ta fille, pour son futur et pour son bonheur. Tu ne peux pas avec Bellatrix car tu ne peux pas entacher ton âme pour elle. Mais avec mon aide, et celle des autres, tu viendras à bout de ce monstre. » Severus était maintenant en train de faire cicatriser la profonde entaille de son flanc.
« Tu me consoles ? » demanda Harry avec ironie.
« Pas du tout Potter, je m'efforce de calmer ton cœur de Gryffondor stupide pour que Cassie ne te retrouve pas dans cet état en se réveillant. »
« Elle dort ? »
Severus haussa un sourcil.
« Toujours aussi perspicace. Oui elle dort... Elle a fait des cauchemars cette nuit mais en entendant "des bruits bizarre dans la chambre de papa", elle n'a pas osé entrer. » ricana Severus.
Harry devint rouge pivoine et enfouit sa tête dans les coussins.
« Oh non... »
« Oh que si ! C'est vrai que j'aime quand tu fais des vocalises mais il faudra penser a mettre des sorts sur la porte la prochaine fois. »
« Merlin... »
« C'est justement ce que tu disais hier, non ? » questionna faussement Severus, se délectant de la gêne de l'ancien Gryffondor.
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Severus était inquiet. Harry avait emménagé chez lui depuis quatre mois maintenant. Il était sur tous les fronts alors que Severus le défendait et le protégeait comme il pouvait. Mais il savait qu'Harry ne lui disait pas tout, il le voyait rentrer parfois avec des blessures plus ou moins graves. Mais Harry ne disait rien. Il était de plus en plus distant. De plus en plus froid avec lui, comme avec sa fille. De plus en plus triste aussi. Il l'avait questionné mais n'en avait rien tiré. Il sentait la tension s'intensifier au fil des jours
Il n'aimait pas ne pas comprendre. Il ne pouvait pas rester inutile.
Depuis tout ce temps, il s'occupait de sa fille. Il se surprenait à adorer ça. De plus, Cassie était une petite fille très active mais elle était aussi très curieuse et il lui apprenait plein de choses, notamment en potions. Il aimait ces moments, même si il n'y était pas habitué.
Le problème, c'est que Cassie vivait mal la distance de son papa. Elle était souvent triste et angoissée et Severus ne savait absolument pas comment gérer cela. Il n'avait jamais réconforté quelqu'un et ne savait pas comment faire. Surtout avec une si petite fille qui le regardait avec des étoiles dans les yeux, comme s'il était un héros.
Il ne savait pas quoi lui dire, il ne pouvait expliquer la distance d'Harry. Il lui avait parlé de la guerre, des problèmes de son papa face à ça, mais ça n'expliquait pas pourquoi il passait de moins en moins de temps avec elle alors qu'il avait toujours tout fait pour travailler lorsqu'elle était à l'école ou couchée.
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« Harry, tu dois lui dire. »
« Non. »
« Il aimerait le savoir, » plaida Albus.
« Je sais qu'il aimerait, mais c'est mieux ainsi, » répondit Harry d'une vois lasse.
« Tu ne pourras pas lui cacher éternellement. S'il l'apprend de Voldemort, il le prendra mal. »
« Je sais, mais Voldemort ne compte pas lui en parler, je le sais. Il ne lui fait pas entièrement confiance. »
« Harry... »
« C'est non Albus ! » cria le jeune en se levant de sa chaise. Il avait le visage défait et tremblait. « J'ai passé des mois à traquer les Horcruxes, je les ai tous détruits ! J'ai pris mes distances, je les ai laissé se rapprocher et apprendre à se connaître. Ils auront quelqu'un sur qui compter quand je serais plus là et je ne vais pas détruire ça. Je ne veux pas qu'ils soient tristes quand je partirai. Ils pourront être fâchés, furieux contre moi si ils le veulent, mais surtout pas tristes. »
« Ils seront tristes Harry… Peu importe ce que tu fais pour les repousser, ta mort leur fera du mal. »
« C'est pour ça que je préfère m'éloigner en douceur. Je ne peux pas expliquer à une enfant de six ans que son père va se sacrifier, qu'il va devoir mourir pour qu'elle puisse vivre sereine. Elle ne comprendrait pas. »
« Mais Severus... »
« Severus ferait tout pour m'en empêcher... » coupa Harry. « Il se plongera dans ses livres pour trouver une solution et ce sera lui qui s'éloignera de nous. Je ne veux pas. Je suis égoïste, mais je veux continuer de l'avoir pour moi, pour nous. Nous savons tous les deux qu'il n'y a aucun moyen d'y échapper. Je dois mourir pour tuer l'Horcruxe qui est en moi. Je le ferai. La prochaine bataille sera la dernière. »
Albus regarda tristement son protégé.
« Tu ne pourras pas l'éloigner de cette bataille, et il saura... »
« Tout est prévu. Mercredi, ils seront en sécurité dans les cachots et moi, je marcherai vers Voldemort. »
« Réfléchit encore Harry, je t'en conjure. »
« Non c'est fini... » murmura le jeune homme. « Et vous m'avez juré de ne rien révéler à personne. Je vous ai fait confiance pour que vous m'aidiez dans la chasse aux Horcruxes, ne me trahissez pas maintenant. »
Après un dernier signe de tête à Albus, Harry tourna les talons.
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Le mercredi, Harry était prêt. Il avait vu dans l'esprit de Voldemort qu'il attaquerait ce soir-là, à 20h. Il avait tout préparé. Après avoir toqué, il entra dans le laboratoire de potion où Severus s'était enfermé avec Cassie pour lui apprendre à couper les feuilles de menthe dans le bon sens.
« Bonjour vous deux... » dit-il timidement alors que Severus dardait sur lui un œil sévère.
Cassie, bien loin de cette rancœur, courut vers son père et se jeta dans ses bras.
« Papa ?! Tu as fini de travailler ? Tu vas rester avec nous ? »
« Oui ma puce, » répondit Harry avec un sourire tendre. « Je pensais que nous pourrions aller boire un verre dans le salon, pour nous retrouver un peu. »
Cassiopée sautillait de joie et avait un sourire jusqu'aux oreilles. Elle partit comme une furie jusqu'au canapé bien que son Daddy le lui ai souvent interdit de courir dans l'appartement.
Celui-ci était resté dans le laboratoire avec son amant. Il regardait d'ailleurs le jeune homme qui se tortillait d'inconfort en face de lui. Il reprit son travail tout en continuant de la regarder.
« D'abord la plus incroyable nuit de sexe jamais vécue hier soir et ensuite une petite soirée en famille, aurais-tu réalisé que nous existions Harry ? »
« Je sais que je n'ai pas été très présent mais vous me manquez et j'aimerais profiter un peu de vous aujourd'hui. » répondit Harry en souriant timidement.
Il fallait que Severus accepte, sinon son plan était foutu. Il était 19h, et s'il ne faisait rien, il partirait bientôt dîner dans la grande salle.
Severus le regardait suspicieusement. Il sentait que quelque chose n'allait pas, mais satisfait de voir enfin son amant, il accepta.
En arrivant dans le salon, Harry servit un Whisky Pur feu à Severus, une vodka volante pour lui et un jus de citrouille pour sa princesse.
Ils trinquèrent et burent tranquillement leurs boissons.
Severus but son verre presque cul-sec et sentit tout de suite un effet qu'il n'aurait pas dû ressentir. Il regarda son verre, puis Harry. Il sentait sa tête devenir lourde.
« Qu'as-tu fais Harry ? » murmura-t-il.
« Je t'aime Severus, » entendit-il avant de plonger dans les ténèbres.
Harry regarda Severus lutter avant de s'effondrer sur le canapé, au côté de sa fille qui était partie dans le sommeil bien plus vite. La potion de sommeil était indétectable dans le Whisky pur feu, Severus n'avait pas pu la sentir avant d'en ressentir les effets.
Harry se leva et commença à s'activer. Il avait un peu moins d'une heure pour être dans la forêt interdite, il devait tout mettre en place. Il sortit du dressing, cachée derrière ses robes, une boite en bois. Il enleva les divers sorts qui protégeaient la boite et souleva le couvercle.
Il l'emmena avec lui et la posa sur la petite table du salon.
Il était calme et posé lorsqu'il sortit les différentes lettres de sa boite. Il y en avait une pour Severus, une pour Cassie, une autre pour Hermione et une pour Draco. Il hésita un instant mais sortit aussi celle pour Dumbledore. Il les aligna proprement sur la table.
Des gestes simples et nets, qui éloignaient ses peur et ses doutes, comme si c'était habituel.
Sa main trembla un peu lorsqu'il sortit l'enveloppe testament à remettre au gobelin. Il y avait écrit toutes ses dernières volontés et tout ce qui concernait les droit de Severus sur leur fille, faisant de lui officiellement second père. Il sortit aussi un paquet noir entouré de rubans d'argent et le posa plus loin, avec les lettres de Severus et Cassiopée. Il posa aussi plusieurs fioles de souvenir étiquetées aux personnes à qui elles étaient destinées.
Il se redressa et se dirigea vers le canapé. Il installa correctement Severus pour qu'il ne dorme pas dans une position trop inconfortable. Il souleva Cassie et l'installa dans les bras de son père pour qu'elle ne soit pas déstabilisée en se réveillant.
Harry resta un moment à genoux devant ses deux amours. Il passa un instant à caresser les cheveux de Cassiopée en lui murmurant des mots doux. Il aimait tellement sa fille. La prunelle de ses yeux. Il savait qu'elle serait heureuse avec Severus. Même s'il ne savait pas s'y prendre, il apprenait vite.
Il se pencha ensuite sur Severus pour replacer un de ses mèches de cheveux derrière son oreille et l'embrasser doucement sur les lèvres. C'était la dernière fois. Il recula et s'assit sur la petite table. Il resta quelques minutes à les regarder puis se releva
Il alla dans sa chambre et prit une tenue qu'il avait depuis longtemps. Il avait dégoté un magasin en France, spécialisé dans les tenues de combat et avait dépensé une quantité non négligeable de Gallions pour une tenue parfaite pour son dernier combat. Il allait faire un duel avec Voldemort et il devait le tenir jusqu'au bout.
Il enfila son pantalon en tissus très fin, ses bottes hautes en peau de dragon, une tunique regorgeant de potions en tous genres sans être encombré, une cape courte et légère, protégeant des sorts mineurs sans entraver les mouvements et des brassards en peau de dragon également. Il rangea sa baguette dans le holster caché dans ses brassards. Toute la tenue était noire, élégante, souple.
Il se couvrit de sa cape d'invisibilité, et après avoir embrassé du regard la scène du salon, il partit.
Il avait un plan.
Et il allait le suivre à la lettre.
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Il arriva à quelques mètres de la clairière et se cacha derrière un arbre. Malgré sa cape, il avait peur que Voldemort le repère, comme pouvait le faire Dumbledore avec un Homenum revelio informulé. Il attendit les deux minutes restantes, essayant de calmer le rythme de son cœur et de sa respiration.
La peur s'insinuait dans chacune de ses pensées. Il allait mourir, mais il devait emmener Voldemort avec lui.
Il allait mourir.
Harry était plongé dans ses angoisses lorsqu'il entendit les bruits de transplanage. Pile à l'heure.
Il passa la tête derrière le tronc et regarda l'arrivé de Voldemort et ses Mangemorts.
Ils étaient tous prêts à prendre l'école d'assaut. Harry savait qu'ils avaient trouvé un moyen d'entrer, il savait lequel et il avait bien prit la peine de le bloquer avant de venir, au cas où son plan ne fonctionne pas.
Cela servait énormément d'avoir un chemin facile d'accès dans le cerveau du Seigneur des Ténèbres.
« Severus ne répond pas à l'appel... » siffla Voldemort, manifestement en colère.
« C'est un traître ! Je le savais ! » hurla Rodolphus, apparemment toujours secoué par l'arrestation et l'exécution de sa femme, soumise au baiser du Détraqueur.
« On dirait bien... Il n'avait aucune information compromettante... Mais il verra ce qu'il en coûte, de trahir Lord Voldemort ! »
« C'est là que tu te trompes Tom, » déclara Harry en sortant de derrière les arbres et de sa cape d'invisibilité par la même occasion.
« Potter... » siffla le Lord.
« C'est moi... » répondit Harry avec un calme olympien qu'il était loin de ressentir. « Sache que Snape est en ce moment même assommé et ligoté dans un des placards de l'école. » Il ne voulait pas confirmer la position de traître de Severus au cas où son plan ne marcherait pas. « Je me suis dit qu'un de tes chiens en moins serait toujours ça de pris. »
« Et comment es-tu au courant de cette attaque Potter ? Personne n'était au courant avant quelques minutes. Tu ne pouvais pas savoir ! »
« Oh que si je sais ! Je sais aussi que tu as pris du porridge au déjeuner et que tu es très, très fâché que j'ai envoyé ta maîtresse à Azkaban. »
Un silence plana dans la clairière alors que tous les Mangemorts se regardaient, ne sachant pas trop comment agir. Rodolphus regardait son Maître avec stupéfaction.
« Oups, aurais-je révélé un de tes secrets ? Rodolphus ne savait pas que c'est pour ça qu'il était s'en arrêt en mission ? Pour que tu t'envoies en l'air avec sa femme ? » demanda Harry avec une naïveté feinte.
Tout se passait comme prévu. Il avait trouvé les bons mots pour énerver le Lord plus que de raison. Il allait vouloir le tuer maintenant et seul.
« Espèce de petit veracrasse, » s'énerva le Lord qui sortit sa baguette, jusque-là resté dans son holster, en toute confiance en ses capacités et de ses Mangemorts.
Il lança un sort qu'Harry esquiva immédiatement. Voldemort resta un moment à le fixer dans les yeux. Lui aussi voulait l'ultime duel. Il se redressa et toisa ses Mangemorts.
« Le moment est venu mes amis. Je vais enfin débarrasser cette terre de cet infâme vermisseau. Aujourd'hui je vais l'écraser. Et le vieux fou sera le prochain. Poudlard sera à moi. Que personne n'intervienne, Potter est à moi, je le tuerais moi-même. »
Les Mangemorts hochèrent la tête et Harry se mit en position. Il n'avait rien à ajouter, il avait eu ce qu'il voulait. Le silence était étrangement assourdissant dans la clairière. Chacun retenait son souffle en attendant que le duel commence. Les deux protagonistes se fixaient, attendant le moindre mouvement de l'autre.
Et puis tout s'enchaîna.
Les sorts fusèrent de chaque côté. Voldemort, malgré son ambition débordante, sa noirceur et sa confiance exacerbée, était un mage exceptionnel. Il avait récupéré toutes ses facultés et le montrait par son aisance et sa puissance incroyablement maîtrisées.
L'entraînement de Harry, n'avait pas été inutile car il suivait le rythme, bien qu'avec plus de difficulté. Il se servait de tout ce qu'il avait appris au cours des dernières années pour maintenir le combat. Il devait prouver qu'il n'avait pas fait tout cela pour rien, qu'il n'avait pas sué pour mourir tel un être sans défense.
Harry utilisait des sorts blancs, mais aussi des sorts noirs, à la surprise de Voldemort. Il bougeait habillement. Il avait appris que son agilité et sa petite taille étaient bien souvent plus utile pour esquiver que de contrer avec un bouclier.
Voldemort lança plusieurs sorts de torture et parvint à toucher son adversaire à plusieurs reprises. Un sort de découpe particulièrement puissant parvint à toucher sévèrement Harry à la cuisse.
Lui aussi avait touché le Seigneur des Ténèbres. Un sort de découpe lui avait frôlé la joue, ce qui avait tranché une fine ligne de peau. Il lui avait cassé le poignet gauche avec un sort pour broyer les os et lancé quelques sorts cuisant.
Mais le Lord Noir n'avait pas sourcillé. Il avait toujours le même visage, la même expression de rage et de folie.
Le combat monta d'un cran, Harry n'avait plus le droit à l'erreur. Il suait à grosses gouttes, ses membres étaient engourdit, c'était le moment.
Harry fut touché par un stupefix sournois et s'effondra à terre. Il ne bougeait plus. Voldemort s'approcha de son ennemi juré d'un pas princier. Il avait gagné. Il se mit au-dessus de sa victime avec un sourire terrifiant, et, voulant en finir, leva sa baguette.
« C'est fini pour toi Potter, Avada Kedavra. »
ooOOoo
Severus sentait qu'il n'était pas dans son état normal. Il était pâteux et avait du mal à ouvrir les yeux. Il dut rassembler toute sa concentration pour faire revenir ses souvenirs. Il avait vu Harry, et celui-ci lui avait proposé de boire un verre au salon, après presque trois mois de silence. C'était étrange, et il voulait découvrir ce qu'il se passait. Il avait donc accepté.
Son coté griffon curieux le perdra...
Ils s'étaient installés sur les canapés et avaient bu des boissons. Ensuite, plus rien. Il se souvenait qu'il c'était sentit mal. Il avait tout de suite deviné qu'une potion avait été versée dans son verre.
Harry !
Il lui avait demandé. Et tout ce qu'il avait eu, c'était une déclaration d'amour ! Une déclaration d'amour ?
Oui c'était ça... Il l'avait entendu. Je t'aime Severus. C'est bien ce qu'il avait dit.
Severus se réveilla complètement. Qu'est-ce que son stupide Gryffondor avait préparé pour lui dire une telle chose ? Une chose qu'il ne lui avait encore jamais dite.
Car Severus était sûr qu'il y est une raison importante à tout ça. Harry les avaient drogués pour les éloigner. Certainement d'un danger. Crétin...
Ce qu'il n'avait pas prévu par contre, c'était que Severus était quasiment immunisé contre la potion de sommeil sans rêve. Il en avait pris tellement au moment de la mort de Lily, qu'il était devenu dépendant, et pour se sevrer, il avait fabriqué une autre potion qui l'avait débarrassé de sa dépendance. Malheureusement, elle avait aussi eu effet de rendre la potion presque inefficace. Il s'endormait, certes, mais une heure, tout au plus.
Severus ouvrit les yeux et papillonna un moment avant de faire la mise au point. Il regarda les fenêtres, il faisait toujours aussi sombre. Il regarda ensuite sa fille, blottie dans ses bras, puis la table basse.
Il mit encore quelques secondes à vraiment réaliser ce qui se trouvait dessus. Avec beaucoup de précautions, il se redressa et installa Cassie correctement avant de s'approcher de la table. C'est lorsqu'il vit le mot "testament" qu'il comprit.
Ses yeux passèrent sur chacune des lettres sans plus y faire attention et il sortit de ses appartements en courant comme jamais il ne l'avait fait. Il lança un patronus qui prit la forme d'un lion de brume argenté et qui partit immédiatement dans les couloirs chercher Draco pour lui demander de garder Cassie.
Il n'y avait personne dans les couloirs pour voir la terreur des cachots courir comme s'il avait le Lord Noir aux trousses. Mais, très honnêtement, il n'en aurait rien eut à faire.
Il se dirigeait directement dans le bureau du directeur. Le vieux fou savait, c'était évident. Il passait beaucoup de temps avec Harry et ils complotaient tous les deux en permanence.
Il fit une entrée fracassante dans le bureau et ses yeux se posèrent immédiatement sur Albus qui regardait pensivement par la fenêtre, depuis le fauteuil de son bureau. Il avait l'air triste et inquiet.
Severus n'y fit pas attention.
Il était en colère.
Il s'approcha vivement du bureau et claqua la paume de ses mains sur le bois clair, faisant sursauter le vieillard qui ne l'avait apparemment pas entendu malgré son entrée bruyante.
« Où. Est. Il ? » demanda Severus d'une voix dangereuse en détachant chaque mot.
« Je ne peux pas... » répondit faiblement Albus. Pour une fois il ne jouait pas, il n'avait pas envie d'être malicieux ou blagueur. Il était juste triste.
« Dites-moi immédiatement où il est ! » s'énerva le Maître des potions.
« Severus... » murmura Albus.
« J'ai tout donné pour cette guerre, tout ! Je suis resté toutes ces années dans la solitude, sachant pertinemment que j'allais mourir. Je suis aux yeux du monde, un homme froid, cruel, vil... un Mangemort. Et je n'ai jamais changé cette façon de me voir car je savais que ce serait un atout. Je me suis blindé en attendant son retour, j'ai forgé mon propre cercueil. J'ai été torturé à de nombreuses reprises, ma santé y est passée. J'ai tout abandonné. Mais pas Harry. Je n'abandonnerai pas Harry ! »
Severus ferma brièvement les yeux pour prendre une profonde respiration et calmer ses nerfs. Il reprit alors plus posément.
« Maintenant, dites-moi ou il est. »
« Il doit mourir Severus... » murmura à nouveau le directeur. Severus pâlit un peu plus.
« Non... »
« S'il ne le fait pas, Voldemort sera indestructible. »
« Ça m'est égal ! Le monde sorcier peut bien crever à genoux, je ne laisserai pas Harry mourir. »
Les yeux bleus du directeur affrontèrent les yeux d'encre de Severus.
« La clairière de la grotte bleue... Mais il est trop tard. »
« C'est ce que nous verrons... »
Severus partit dans un nuage de fumée noir. Il ne savait même pas qu'il pouvait utiliser cette capacité spéciale de Mangemort dans Poudlard. Mais ce fut une bonne chose car il rejoignit la clairière de la grotte bleue, un peu plus d'une minute après son départ du bureau de son directeur.
Il arriva aux abords d'une scène qui le cloua sur place.
« Avada Kedavra. »
Voldemort, grand majestueux, était en train de lancer le sort de mort sur Harry.
Harry qui était apparemment stupefixé, car il était inconscient sur l'herbe humide. Il avait des coupures sur la peau et du sang sur ses vêtements.
Mais à la stupeur de tout le monde, le jeune homme ouvrit les yeux et leva sa baguette, avant même que les mots de son interlocuteur soit fini.
Au lieu d'esquiver le sort, ce qu'il aurait pu faire aisément, il resta sur place et lança très vite le sort de mort à son tour.
La scène passa comme au ralentit. On vit le sort vert émeraude plongé dans la poitrine de l'élu du monde sorcier et le projeter en arrière, alors que son propre sort atteignait lui aussi sa cible, quelques secondes plus tard.
Les deux hommes tombèrent en arrière. Morts.
Les Mangemorts, paniqués, s'approchèrent de leur Maître et constatèrent sa mort, c'était la fin du règne de Lord Voldemort. Ils se mirent tous à transplaner dans un bordel incommensurable.
Seul Severus ne fit pas cas de tout cela.
Ses yeux fixés sur le corps inerte de son amant, il avança tel un inféri pour s'arrêter juste devant lui. Il se laissa tomber à genoux et prit la tête d'Harry entre ses deux mains. Un infime espoir de le voir ouvrir les yeux résonnait au fond de son cœur. L'espoir que Celui-Qui-a-Survécu, survive à nouveau.
Ramenant ses lèvres à quelques millimètres des siennes, il attendit le souffle.
C'est à ce moment précis que Severus laissa une larme glisser le long de sa joue.
Une seule et unique larme, pour l'unique amour de sa vie.
Une larme de joie ou de peine ? Mystère... N'oubliez pas que les menaces n'y changeront rien. Vous n'aurez pas l'épilogue plus vite ;)
À vendredi.
Epsi.
